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Full text of "Beauharnois, paroisse Saint-Clément, 1819-1919: histoire religieuse; histoire civile; Fêtes du Centenaire"

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R.  P.  AUGUSTIN  LEDUC 

DES  FRÈRES  PRÊCHEURS 


Paroisse  Saint-Clément 
1819  -  1919 

Histoire  religieuse   '•  -    Histoire  civile 

Fêtes  du  Centenaire 


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En  Vente: 

Au  Presbytère  de 
Beauhamois 
Que. 


Le  Canadien  suit  les  églises 

A.  N.  MoNTi'pniT. 


Imprimé  par 

La  Cie  d'Imprimerie 

d'Ottawa 

3  et  5  Mosgrove 


1920 


Approbations 


4: 


APPROBATIONS 


Par  ordre  du  T.  R.  P.  Provincial,  nous  avons  lu  l'ouvrage  intitulé 
"Beauharnois"  (Paroisse  Saint-Clément),  du  R.  P.  Augustin  Leduc, 
et  nous  V avons  jugé  digne  de  l'impression. 

Fr.  M.-Albert  Marion,  O.P. 
Fr.  C.-A.  Chamberland,  O.P. 

Ultaua,  en  la  fête  de  saint  Clément,  23  novembre  1920 


Imprimi  potest: 

Ottawse,  in  conventu  nostro  Sti  Joannis  Btae 

die  23â  Novembris  1920. 

fr.  Raymundus  Ma.  Rouleau,  O.P. 

Pr.  Prov.  S.  Dom.  Canad. 


Imprimatur: 

t  JOSEPHUS   MeDARDUS, 

Epus  Campivallensis, 
die  15â  dec.  1920. 


DÉDICACE 


DÉDICACE 


A  Monsieur  le  Chanoine  Théodule  Nepveu,  V.F., 
Dixième  Curé  de  Saint-Clément 
de  Beauharnois 
et 
A   la  mémoire  de   ses  prédécesseurs, 
Messires 
Pierre-Eucher    Lussier,    Martin  Caillé- Jasmin, 
Louis-David  Charland,  Pierre  Viau, 
Jean-Zéphirin    Carron,    Michel    Quintal, 
Hubert  Tétreau,  François  Labelle, 
Pierre  Clément. 


Un   paroissien   reconnaissant. 


vi 


Table  des  Matières 


XiTi* 


Table  des  Matières 


PAGES 

Lettre  de  S.  G.  Mgr  J.-M.  Émard,  évêque  de  Valleyfield i 

Préface iii-iv 

Introduction  (La  Seigneurie  de  Beauharnois) v-xix 

PREMIÈRE  PARTIE 
Histoire  religieuse  de  la  Paroisse  Saint-Clément 

Chapitre  premier:  Fondation  de  la  Paroisse 1-16 

Chapitre  second:    Evolution  de  la  Paroisse 17-134 

I. 

La  Paroisse 

Art.  1er:  Démembrements  successifs 17-24 

Art.  IIe:  Le  Personnel  paroissial 24-71 

I— Clergé:    Curés 25-38 

Vicaires 38^5 

Prêtres  nés  à  Beauharnois 45-53 

Religieux  nés  à  Beauharnois 53-54 

Religieuses  de  Beauharnois 54-63 

ïl — Laïques:  Marguilliers 64-69 

Syndics 70 

Bedeaux 70-71 

Constables 71 

Chantres 71 

Organistes. 71 

AiiT.  IIIe:  Les  Etablissements  paroissiaux: 72-94 

Églises 72-89 

Presbytères 89-91 

Cimetières 91-94 


^l/' Table  des  Matières 


II. 

Compléments  de  la  paroisse 

Art.  Ter:  Les  Ecoles 95-123 

Art.  IIe:  L'Hospice 123-126 

III 
Vie  paroissiale 

Quelques  faits. — Quelques  dates 126-131 

Appendice:  Les  Protestants  à  Beauharnois 131-134 

DEUXIÈME  PARTIE 

Histoire  civile  de  Beauharnois 

Chapitre  premier:       Beauharnois  municipal 137-156 

Chapitre  deuxième:    Beauharnois    politique 157-162 

Chapitre  troisième:    Beauharnois  judiciaire 162-170 

Chapitre  quatrième:  Beauharnois  militaire 170-178 

Chapitre  cinquième:  Beauharnois  agricole 179-182 

Chapitre  sixième:        Beauharnois  commercial  et  industriel 183-215 

Chapitre  septième:     Vie  sociale 217-228 

TROISIÈME  PARTIE 

Centenaire  de  Beauharnois 

Chapitre  premier:  Les  préparatifs  du  Centenaire 231-242 

Art.  1er:  Préparation  éloignée 231-232 

Art.  IIe:    Préparation    prochaine 232-242 

Chapitre  second:  Les  Fêtes  du  Centenaire 243-304 

Art.  1er:  Journée  du  14  juin 243-253 

Art.  IIe:  Journée  du  15  juin 253-304 

Appendice 305 

Table  alphabétique  des  noms  propres  et  des  gravures 307-321 


Lettre  de  Monseigneur  Êmard 


Lettre  de  S.  G.  Mgr  J.  M.  Émard 


Valleyfield,  P.Q.,  9  décembre  1920 

Révérend  Père  A.  Leduc,  O.P. P. 
Ottawa,  Ont. 

Révérend  et  cher  Père, 

Je  vous  ai  fait  retourner  la  troisième  -partie  de  votre  manuscrit  que  vous  aviez  eu  V ama- 
bilité de  me  soumettre  en  primeur,  et  je  vous  remercie  cordialement  pour  cette  délicate  attention 
envers  votre  évêque  d'origine.  J'ai  hâte  de  voir  votre  livre  imprimé,  et  je  n'ai  aucun  doute 
que  toutes  les  familles  liées  de  quelque  façon  à  la  paroisse  de  Beauharncds  tiendront  à  l'avoir  pour 
le  lire  en  commun  au  foyer. 

C'est  vous  dire  combien  je  l'estime  intéressant  et  bien  écrit.  Après  ses  fêtes  jubilaires, 
marquées  par  tant  d'entrain  et  de  généreuse  harmonie,  la  belle  et  noble  paroisse  de  Saint- 
Clément  de  Beauharnois  a  cette  bonne  fortune  de  se  voir  racontée  et  décrite  par  l'un  de  ses  fils 
les  plus  distingués,  et  dont  elle  a  le  droit  d'être  le  plus  fière.  Beauharnois  est  plus  qu'une 
localité  dans  la  vallée  du  Saint-Laurent.  Son  nom  est  un  cachet,  et  son  histoire  rentre  dans 
celle  du  Canada  et  par  là  se  relie  directement  à  celle  de  France,  avec  le  régime  féodal,  dont  la 
seigneurie  de  Beauharnois  présente  une  des  applications  les  plus  récentes.  Ce  n'est  donc  pas 
une  simple  monographie,  mais  une  véritable  histoire  qv£  vous  allez  nous  donner. 

Sans  franchir  les  limites  du  sujet  suffisamment  agrandi,  vous  avez  su  le  rendre  captivant 
par  le  charme  du  récit  joint  à  la  plus  minutieuse  exactitude,  parmi  tant  de  détails  oil  il  fallait 
prévenir  toute  erreur  et  tout  reproche.  Ce  n'est  pas  un  mince  mérite.  .  .  Je  me  félicite  qu'un 
livre  si  beau  et  si  bon  soit  dû  à  la  plume  d'un  de  nos  anciens  élèves,  et  que  le  Collège  de  Valley- 
filed  ait,  comme  votre  évêque  lui-même,  à  se  réjouir  d'une  produx^tion  littéraire  qui  s'ajoute 
à  tous  ces  ouvrages  sérieux  publiés  par  des  Canadiens,  et  qui  sont  un  témoignage  rendu  à 
l'enseignement  des  humanités  dans  nos  Collèges. 

Il  est  juste  d'ajouter  que  dans  l'Ordre  de  Saint-Dominique  le  talent  et  la  formation  pre- 
mière ont  vite  subi  un  régime  intellectuel  qui  rend  ses  membres  capables  de  nous  donner  sans 
arrêt,  des  productions  savantes  et  édifiantes  que  nous  admirons  chaque  jour  davantage,  et  dont 
nous  faisons  tous  notre  profit. 

Veuillez  agréer,  mon  Révérend  et  cher  Père,  avec  mes  félicitations  les  plus  sincères, 
l'assurance  de  mon  affectueux  dévouement  en  Notre-Seigneur. 


\  JOSEPH  MÉDARD, 

Evêque   de    Valleyfield. 


4. 


Préface 


III 


Préface 


T^EPUIS  quelques  années,  il  est  de  mode, 

iM  au  Canada  français,  d'écrire  l'histoire 

des  paroisses;  chaque  année  s'allonge 

la  liste  des  monographies  paroissiales.    C'est 

un  mouvement  louable  pour  plusieurs  raisons. 

Tout  d'abord,  c'est  un  hommage  à  la  plus 
méritante  de  nos  institutions  religieuses  et 
nationales.  C'est  devenu  une  vérité  admise 
que  la  paroisse  a  été  le  salut  de  la  race  cana- 
dienne-française: les  nôtres  et  les  étrangers 
en  conviennent.  Dès  lors,  faire  connaître 
l'évolution  d'une  paroisse,  c'est,  croyons-nous, 
du  patriotisme  de  bon  aloi. 

En  outre,  l'histoire  générale  du  Canada  et 
l'histoire  particulière  de  la  province  de  Québec 
ne  seront  parfaitement  possibles  que  lorsque 
seront  connus  et  dépouillés  tous  nos  dépôts 
d'archives;  il  sera  difficile  d'apprécier  à  toute 
sa  valeur  le  rôle  de  la  paroisse  canadienne- 
française,  aussi  longtemps  qu'une  histoire 
impartiale  et  exacte  de  chaque  paroisse  n'aura 
pas  été  faite.  Que  chaque  paroisse  ait  sa  mo- 
nographie, et  alors,  quel  magnifique  tableau 
d'ensemble   l'historien   pourra   écrire! 

C'est  pour  aider  à  ce  travail  de  construction 
historique  que  nous  avons  écrit  l'histoire 
d'une  paroisse,  la  nôtre. 


Nous  n'avons  pas  l'illusion  de  croire  que 
nous  avons  tout  trouvé  sur  Beauharnois; 
mais  nous  avons  conscience  de  n'avoir  rien 
épargné  de  ce  qui  pouvait  nous  renseigner 
sur  les  éléments  essentiels  de  son  histoire. 
La  perte  du  premier  registre  paroissial  des 
délibérations  de  fabrique  est  une  lacune  que 


rien  ne  peut  compenser;  nous  y  avons  suppléé 
autant  qu£  possible,  par  la  correspondance 
des  curés  de  Beauharnois,  déposée  aux  ar- 
chives diocésaines,  et  par  la  correspondance 
des  évêques  de  Québec. 

La  composition  de  cette  histoire  a  été 
facilitée,  d'abord,  par  un  travail  de  feu  M. 
C.-A.  Santoire,  ex-vicaire  général  de  Valley- 
field  lequel,  s'aidant  de  notes,  recueillies  par 
feu  l'abbé  M.  Mainville,  a  écrit  un  Précis 
HISTORIQUE  sur  la  seigneurie  de  Beauharnois; 
ensuite,  des  notes  et  statistiques  recueillies  par 
M.  le  curé  Nepveu  et  par  l'un  de  nos  ex- 
vicaires, M.  l'abbé  J.-E.  Gauthier,  nous  ont 
beaucoup  aidé.  En  divers  dépôts  d'archives, 
la  bienveillance  des  autorités  nous  a  permis 
de  glaner  abondamment:  aux  archives  dio- 
césaines de  Valleyfield,  l'on  a  mis  à  notre 
disposition  la  correspondance  de  la  paroisse 
de  Beauharnois;  au  Palais  de  Justice  de 
Valleyfield,  les  greffes  de  nos  vieux  notaires 
Sarault,  Leblanc,  Léonard  et  Hainault  nous 
ont  été  ouverts  par  Messieurs  Brodeur  et 
Lapointe.  Aux  Archives  du  Palais  de  Jus- 
tice de  Montréal,  M.  Z.  Massicotte  nous  a  fait 
connaître  les  premières  concessions  de  terres 
dans  la  seigneurie  de  Beauharnois.  A  Beau- 
harnois même,  l'on  nous  a  communiqué  les 
registres  de  la  Fabrique,  des  Conseils  muni- 
cipaux et  scolaires.  Aux  Archives  Fédérales 
d'Ottawa,  tout  particulièrement,  nous  avons 
trouvé,  en  M.  F.-J.  Audet,  un  guide  compétent 
et  dévoué;  grâce  à  lui,  nous  avons  pu  avoir 
accès  à  des  documents  originaux  d'une  très 
grande  valeur,  comme  l'original  des  recense- 
ments décennaux,  l'original  des  Rapports  des 
Inspecteurs  d'écoles  du    Bas-Canada,    vers 


IV 


Préface 


1830,  la  correspondance  militaire  de  1812, 
les  Rapports  annuels  de  la  milice  depuis 
1793;  les  chefs  préposés  aux  différents  ser- 
vices— des  Manuscrits  (M.  Parker),  des 
Cartes  géographiques  (M.  Holmden),  des 
Gravures  (M.  Kenny),  de  la  Bibliothèque 
(M elle  Casey)—avec  la  bienveillante  auto- 
risation du  Directeur  Général  des  Archives, 
M.  Doughty,  nous  ont  communiqué  tous  les 
renseignements  désirables:  là  aussi,  M.  A. 
Daigle  et  M.  Saint-Amour,  M.  J.  Tarte, 
Melle  Bigras  et  Madame  Patry  nous  ont 
grandement  aidé  dans  la  recherche,  la  photo- 
graphie ou  la  copie  des  documents. 

Au  Département  des  Recensements  et  Sta- 
tistiques, M.  le  Secrétaire  E.-H.  Saint-Denis 
a  bien  voulu  nous  faire  préparer,  d'après  les 
recensements  décennaux  postérieurs  à  1861, 
un  état  général  détaillé  (nominal)  de  la  popu- 
lation. 

Aux  Départements  du  Secrétariat  d'État, 
des  Postes,  et  des  Canaux,  nous  avons  aussi 
trouvé  d'utiles  statistiques. 

A  la  Bibliothèque  du  Parlement,  des  vo- 
lumes importants  ont  été  gracieusement  mis 
à  notre  disposition. 

Partout  nos  demandes  de  renseignements 
ont  été  bien  accueillies.  A  tous  ceux  qui  nous 
ont  ainsi  rendu  service,  nous  tenons  à  expri- 
mer ici  notre  plus  vive  gratitude;  spécialement 
à  des  anciens  de  Beauharnois,  Messieurs 
Leduc  et  Fortin,  Lapointe,  Seers  et  à  Mes- 


dames Julien  Leduc  et  D.-A.  Saint- Amour, 
qui  ont  bien  voulu  nous  communiquer  des 
souvenirs  remontant  à  1852.  Avant  tout 
notre  reconnaissance  est  due  à  Monsieur  le 
Chanoine  Théodule  Nepveu,  curé  de  Beau- 
harnois; c'est  à  son  inlassable  générosité 
et  à  ses  incessants  encouragements  que  nous 
devons  d'avoir  pu  achever  ce  volume 

Nous  devons,  ensuite,  une  reconnaissance 
spéciale  à  la  compagnie  Howard-Smith  qui 
a  fait  don  du  papier  nécessaire. 

Merci  aussi  aux  personnes  dévouées  qui  ont 
bien  voulu  se  charger  de  l'ingrate  tâche  de  la 
copie  de  documents,  de  la  correction  des 
épreuves,  et  de  la  confection  d'une  table 
alphabétique. 

L'Auteur. 

Ottawa,  en  la  fête  de  saint  Clément, 
le  23  novembre  1920. 

N.B. — Au  sujet  des  photographies  repro- 
duites dans  ce  volume,  nous  croyons  opportun 
de  faire  remarquer  que  pour  ne  pas  augmenter 
les  dépenses  déjà  énormes  de  photogravure, 
nous  avons  évité  des  répétitions.  Certains  por- 
traits devraient  se  trouver  sur  plusieurs 
groupes,  les  mêmes  hommes  ayant  été  p.  ex. 
marguilliers,  conseillers,  commissaires  d'é- 
coles, commerçants,  etc. 

D'autres  portraits,  trop  détériorés,  n'ont 
pu  être  insérés. 


Introduction 


Introduction 


OUS  avons  peu  de  renseigne- 
ments sur  l'état  de  Beauhar- 
nois  avant  son  érection  en 
seigneurie,  en  1729.  La  pré- 
sence des  sauvages  an  Buisson 
est  attestée  par  les  toma- 
hawcks  ou  casse-têtes,  les  flèches  et  les 
divers  ustensiles  en  pierre  qu'on  y  a  trouvés; 
et  comme  ces  instruments  ne  sont  pas  en 
fer,  les  ethnographes  pensent  que  les  peu- 
plades de  ces  lieux  étaient  plus  anciennes 
que  les  Hurons  et  les  Iroquois,  que  rencon- 
tra Jacques  Cartier  en  1534,  et  par  suite,  que 
leur   présence  à   cet   endroit  remonte  au- 


delà  de  l'apparition  des  Blancs  en  Amé- 


(1) 


nque 

En  outre,  un  sentier  existait  autrefois, 
entre  Beauharnois  et  Valleyfield,  et  l'on 
conclut  que  ce  devait  être  la  route  suivie 
par  les  Sauvages  et  les  Blancs  obUgés  de 
faire  portage  à  cause  des  rapides/^* 

Ce  sont  là  des  documents  qui  témoignent, 
tout  autant  qu'un  écrit,  de  l'habitation 
très  ancienne  de  Beauharnois,  sans  toutefois 
livrer  aucun  fait  déterminé  et  précis. 

Et  voilà  comment  l'histoire  de  Beau- 
harnois ne  commence  guère  qu'avec  l'his- 
toire de  la  seigneurie. 


(1)  La  présence  des  sauvages  appelés  Mounl  Builders  est  attestée  par  l'invention,  à  Chateauguay,  de  cimetières  caracté- 
nstiques.  Les  Mount  Builders  doivent  leur  nom  à  la  coutume  de  construire  des  monticules  en  terre  et  en  pierre  où  ils  entas- 
saient leurs  morts.  A  Chateauguay,  il  y  a  deux  de  ces  monticules,  l'un  à  l'extrémité  sud-ouest  de  l'Ile  Saint-Bernard, 
l'autre  en  face,  sur  le  littoral. 

(2)  D'après  les  notes  du  Précis  historique  de  M.  Santoire. 


VI 


La  Seigneurie  de  Beauharnois 


LA  SEIGNEURIE  DE  BEAUHARNOIS 


Pour  bien  comprendre  l'histoire  de  Beau- 
harnois, il  faut  la  situer  dans  son  cadre, 
qui  est  la  seigneurie  de  Beauharnois;  c'est 
d'une  partie  de  cette  seigneurie  qu'ont  été 


formés  la  paroisse,  la  ville  et  les  villages 
situés  dans  la  paroisse  Saint-Clément,  d'où 
la  nécessité  d'en  retracer  au  moins  som- 
mairement  l'évolution. 


1°  De  Beauharnois 


Jusqu'en  1729  Beauharnois  était  do- 
maine royal.  Le  12  avril  1729,'"  le  roi  de 
France  Louis  XV  concéda  au  Marquis 
Charles  de  Beauharnois,  gouverneur  du 
Canada,  et  à  son  frère  Claude  de  Beau- 
harnois, "six  lieues  de  front  sur  six  lieues  de 
'profondeur  nord-est  et  sud-ouest,  joignant 
la  seigneurie  de  Cliateauxjuay  le  long  du 
fleuve  Saint-Laurent,  avec  les  islets  et  islots 
adjacents,  pour  en  jouir  conjointement  et 
en  total  par  le  survivant  des  deux,  leurs  en- 
fants nés  en  légitime  mariage,  et  leurs  héri- 
tiers à  perpétuité  comme  de  leur  propre  à  titre 
de  fief."  C'est  donc  un  domaine  de  six 
Ueues  carrées,  à  partir  de  la  ligne  seigneu- 
riale de  Chateauguay,  que  le  roi  concédait 
aux  frères  Charles  et  Claude  de  Beau- 
harnois. 

La  concession  était  sous  le  nom  de  Ville- 
chauve,  probablement  en  souvenir  d'un 
domaine  des  Beauharnois  en  Orléanais.'^' 
Elle  était  aux  conditions  ordinaires  de 
foy  et  hommage,  de  droits  de  taille  de  bois 


(1)  Le  texte  intégral  de  l'acte  est  publié  dans  les  Edils, 
Ordonnances,  déclarations  et  arrêts  relatifs  à  la  tenure  sei- 
gneuriale (1851),  p.  260.  Sur  la  seigneurie  de  Beauharnois, 
ce  serait  tout  un  volume  qu'il  y  aurait  à  écrire.  M.  Robert 
Sellar,  de  Huntingdon,  a  écrit  sur  ce  sujet,  en  1888,  un  volume 
de  584  pages,  et  encore  ne  donnait-il  pas  le  texte  des  actqe 
de  concession.  Disons  une  fois  pour  toutes  que  nous  j;  avons 
trouvé  de  très  utiles  renseignements.  Dans  notre  travail,  nous 
ne  voulons  que  rappeler  les  dates  et  les  faits  essentiels  de 
l'histoire  de  la  seigneurie. 

(2)  Il  est  probable  que  le  nom  de  Villechame,  donné  aux 
concessions  de  1729  et  1750,  est  un  souvenir  de  Villechauve, 
commune  de  Loir-et-Cher,  en  France  (Orléanais);  comme  les 
Beauharnois  étaient  originaires  de  l'Orléanais,  il  est  possible, 
d'après  M.  P.-G.  Roy,  qu'ils  aient  été  propriétaires  de  la 
commune  de  Villechauve,  d'où  le  nom  donné  à  leur  seigneurie 
du  Canada. 


pour  les  vaisseaux  royaux,  de  chemins 
nécessaires  pour  l'utilité  publique,  de  li- 
berté des  grèves  aux  pêcheurs,  de  liberté 
d'occupation  pour  fins  militaires,  et  d'obli- 
gation à  faire  connaître  les  mines  et  miné- 
raux du  terrain.  Sous  ces  réserves  de  droit 
les  seigneurs  avaient  haute,  moyenne  et 
basse  justice,  droits  de  chasse  et  de  pêche 
et  autres  droits  seigneuriaux,  sans  aucune 
indemnité. 

Le  14  juin  1750,  le  roi  Louis  XV  faisait 
un  nouvel  acte  de  concession'^'  du  même 
territoire  dans  les  mêmes  termes  et  condi- 
tions, en  faveur  de  François'*'  de  Beau- 
harnois, fils  de  Claude  et  neveu  de  l'ancien 
gouverneur-général  et  premier  concession- 
naire de  la  seigneurie;  par  cet  acte,  Fran- 
çois de  Beauharnois,  seul,  succédait,  avec 
ses  héritiers,  aux  droits  seigneuriaux  con- 
cédés en  1729,  à  Charles  et  à  Claude  de 
Beauharnois  conjointement. 

Les  Beauharnois,'^'  par  ces  concessions,'"' 
devenaient  propriétaires  d'un  domaine  de 


(3)  Le  texte  de  cette  deuxième  concession  se  trouve  dans  les 
Actes  de  foy  et  hommage  (Série  M  des  Archives  fédérales), 
vol.  5e,  page  284. 

(4)  François  de  Beauharnois,  fils  de  Claude,  fut  gouverneur- 
général  de  la  Martinique. 

(5)  Les  Beauharnois  avaient  pour  devise  Autre  ne  sers,  et 
leur  blason  se  lisait  ainsi:  "D'argent  à  une  face  de  sable, 
surmontée  de  trois  merlettes  de  même."  (Bulletin  des  Re- 
cherches Historiques,  vol.  7e,  (1901),  page  309,  article  Roy. 

(6)  La  seconde  concession  soulève  un  petit  problème  d'his- 
toire. Elle  est  faite  au  sieur  de  Beauharnois,  lieutenant  de 
l'aisseaux,  sans  plus  de  précision  :  quel  est  ce  sieur  de  Beau- 
harnois?   D'après  le  contrat  de  vente  de  ila  seigneurie  aux 


La  Seigneurie  de  Beauharnois 


VII 


324  milles  carrés,  c'est-à-dire,  dix-huit  milles 
de  longueur  depuis  la  ligne  seigneuriale 
de  Chateauguay,  par  dix-huit  milles  de 
profondeur;  donc,  en  fait,  ils  possédaient 
tout  le  terrain,  d'une  part,  des  limites 
actuelles  de  Maple  Grove  à  Saint-Stanislas, 
d'autre  part,  du  fleuve  Saint-Laurent  au 
township  de  Hemmingford. 

Les  Beauharnois  possédèrent  la  seigneu- 


juin)  par  devant  Mtre  Chèvremont,  le 
marquis  de  Beauharnois  concède  à  Pierre 
Hénault,  de  l'Ile  Perrot,  une  "concession*" 
située  dans  la  seigneurie  de  Villechauve, 
au  côté  du  domaine  en  descendant,  con- 
tenant 4  arpents  de  terres  de  front  sur  30 
arpents  de  profondeur";  ce  terrain  était 
concédé  "à  titre  de  cens  et  rentes  seigneu- 
riales foncières  et  non  rachetables,  portant 


LES  SEIGNEURS  DE  BEAUHARNOIS 

(1)  Autographe  du  marquis  Charles  de  Beauharnois  (pubUé  avec  la  bienveillante  autorisation  de  M.  A.-G.  Doughty,  Directeur 
des  Archives  nationales.) — (2)  Blason  de  la  famille  de  Beauharnois. — (3)  Portrait  du  marquis  de  Beauharnois. 


rie  jusqu'au  7  juin  1763.  Ils  firent  quelques 
concessions  de  terre.  Ainsi,  en  1733  (le  2 

de  Lotbinière,  le  marquis  François  de  Beauharnois,  neveu  du 
gouverneur,  se  dit  le  concessionnaire  du  14  juin  1750  et  son 
titre  est  accepté;  mais  alors,  qu'était  devenu  Claude  de 
Beauharnois,  concessionnaire  conjoint  de  la  concession  d'avril 
1729?  L'acte  de  juin  1750  ne  le  mentionne  pas,  et  ne  parle 
que  du  marquis  Charles  dont  le  neveu,  marquis  François, 
devient  l'héritier.  La  solution  semble  être  que  Charles  de 
Beauharnois,  le  gouverneur,  étant  mort  sans  héritier,  Fran- 
çois, fils  de  Claude,  obtint,  à  titre  d'héritier  des.  deux  con- 
cessionnaires, de  1729,  la  seigneurie  de  Beauharnois. 

(1)  D'après  l'acte  notarié,  cette  concession  est  la  lOème. 


profit  de  lods  et  ventes;"  la  redevance 
exigée  était  d'"un  sol  marqué  de  cens  en 
espèce,  d'un  demy  min.  de  bled,  de  trente 
sols  par  chacun  arpent  de  front  sur  30  de 
profondeur",  en  tout,  4  livres  et  dix  sols 
payables  le  jour  de  la  fête  de  Saint-Mai-tin 
(11  novembre)  au  Château  seigneurial.  Le 
concessionnaire  s'engageait,  en  outre,  à 
faire  moudre  au  mouUn  de  la  seigneurie, 


VIII 


La  Seigneurie  de  Beauharnois 


lorsqu'il  y  en  aura  un;  il  devait  "souffrir 
tous  les  chemins  que  le  dit  seigneur  jugera 
à  propos  de  faire  pour  l'utilité  et  la  com- 
modité publique";  il  laissait  au  seigneur  le 
droit  ''de  prendre  le  bois  pour  construire 
et  entretenir  des  bâtiments  seigneuriaux, 
moulins  et  autres  établissements  sans  payer 
aucune  chose";  il  s'obligeait  à  tous  les 
travaux  ordonnés  par  Sa  Majesté;  enfin,  il 
n'avait  pas  le  droit  de  vendre,  hypothéquer, 
aliéner,  sans  avertir  le  seigneur. 

Devant  le  même  notaire,  en  1734,  s'en- 
registre une  concession"'  à  Pierre  Lupien 
dit  Baron  (charpentier,  habitant  de  Ville- 
chauve). 


En  1760,  devant  le  même  notaire  de 
Blanzy,  Augustin  Lefebvre  reçoit  à  Ville- 
chauve,  sur  la  rivière  du  Loup  (rivière  Cha- 
teauguay)  une  concession  de  3  x  30  arpents. 
En  août  également,  John  Dejerlay  reçoit 
une  concession  identique,  à  la  condition 
de  payer  chaque  année  "4  livres,  13  sols,  et 
un  minot  et  demi  de  bled  de  cens  et  rentes 
foncières.""' 

Par  ces  concessions,  l'on  voit  que  l'accu- 
sation ordinaire  de  n'avoir  rien  fait  portée 
contre  les  de  Beauharnois  n'est  pas  tout  à 
fait  exacte;  ils  ne  firent  pas  beaucoup,  mais 
c'était  un  commencement  de  colonisation, 
que  ces  concessions  de  terres. 


2°  De  Lotbinière 


Le  7  juin  1763,  le  marquis  François  de 
Beauharnois  vendit  la  seigneurie  de  Ville- 
chauve,  telle  que  décrite  dans  les  conces- 
sions royales  du  14  juin  1750  et  du  12  avril 
1729  (six  lieues  le  long  du  fleuve  sur  une  pro- 
fondeur de  six  lieues  dans  les  terres)  à 
Michel  Chartier,  seigneur  de  Lotbinière,'*' 
pour  la  somme  de  24,000  livres  (environ 
$10,000  de  notre  monnaie). 


Les  répertoires  des  notaires  Souste,  Wa- 
tier  (de  Soulanges)  et  Chaboillez,  indiquent 
que  les  concessions  continuent/*'  et  que 
les  mutations  de  terres  entre  censitaires 
sont  assez  fréquentes. 

De  Lotbinière  fit  construire  quelques 
moulins  à  scie  et  s'apprêtait  à  construire 
un  moulin  à  farine  quand  il  vendit  la 
seigneurie  à  Alexandre  Ellice  en  1795. **' 


3"  Ellice 

(a)  ALEXANDRE  ^  Alexandre  Ellice,  négociant  anglais,  pour 
Le  30  juillet  1795,  la  seigneurie  de  Ville-  la  somme  de  9,000  livres,  36,000  piastres 
chauve  changeait  de  propriétaire  pour  la  d'Espagne;  la  concession  était  absolue,  in- 
troisième fois.     Des  Lotbinière  elle  passait  cluant  les  24  arpents  de  front  cédés  au  sieur 


(1)  Cette  concession  est  la  15ême  depuis  1729. 

(2)  Ces  concessions  sont  données  à  titre  d'exemple;  elles 
ne  sont  pas  les  seules;  les  actes  des  notaires  Chèvremont,  de 
Blazy,  Panet  en  contiennent  beaucoup  d'autres.  Par  ces 
actes  notariés,  nous  apprenons  que  1  agent  des  de  Beau- 
harnois était  Jean  Dumas. 

(3)  Michel  Chartier  de  Lotbinière,  seigneur  de  Villeohauve, 
fut  anobli  en  1784  par  le  roi  Louis  XV;  U  est  le  seul  Canadien 
qui  ait  été  fait  marquis.  Ce  de  Lotbinière,  né  en  1723,  était 


fils  cadet  de  Eustache  Chartier  de  Lotbinière  qui,  devenu  veuf 
se  fit  prêtre  et  fut  archidiacre. 

(4)  Tandis  que  les  concessions  des  de  Beauharnois  étaient 
surtout  sur  le  bord  du  fleuve  Saint-Laurent  et  de  la  rivière 
Chateauguay,  les  concessions  de  Lotbinière  sont  surtout  sur 
la  rivière  Saint-Louis  (alors  appelée  Catharacoui). 

(5)  De  Lotbinière  avait  cédé  au  sieur  Michel  AUain  Chartier, 
sieur  d'Allainville  (son  fils),  une  lisière  de  24  arpents  de  front 
sur  toute  la  profondeur. 


La  Seigneurie  de  Beauharnois 


IX 


LES  SEIGNEURS  DE  LOTBINIÈRE 

(1)  Autographe  de  M.  Chartier  de  Lotbinière  (publié  avec  la  bienveUlanfe  autorieation  de  M.  Parker,  chef  de  la  Chambre  des 
ManuBcrits  aux  Archives  nationales.) — (2)  Blason  de  la  famille  de  Lotbiniêre.— (3)  Portrait  de  M.-G.-E.  Chartier  de  Lotbiniftre. 
— (4)Carte  de  la  seipieurie  de  Beaiihamois  (1793)  bous  les  de  LUbinitre  (gracieusement  fournie  par  M.  Holmden,  chef  de  la 

division  des  Cartes  aux  Archives  nationales.) 


^ 


La  Seigneurie  de  Beauharnois 


XI 


d'Allainville.  L'acte  de  vente  stipulait 
que  l'acquéreur  donnerait  des  titres  de 
propriété  aux  colons  déjà  établis. 

Le  nouveau  seigneur  parut  vouloir  s'oc- 
cuper sérieusement  du  développement  de 
son  domaine.  Un  agent,  Francis  Winter, 
fut  établi,  et  l'arpenteur  William  Waller  fit 
un  plan  général  de  la  seigneurie  et  la  divisa 
en  lots. 

Chaque  section  principale  reçut  le  nom 
d'un  membre  de  la  famille  Ellice;  toute  la 
seigneurie  s'appela  Annfield,'-^^  et  la  partie 
qui  va  de  la  rivière  Saint-Louis  à  la  ligne 
seigneuriale  de  Chajteauguay  s'appela  Anns- 
town,  du  nom  (Ann)  de  Madame  Ellice. 

Du  nom  des  enfants  on  dénomma  les 
autres  parties:  Marystown  désigna  le  ter- 
ritoire de  la  rivière  Saint-Louis  à  Saint- 
Timothée,  et  en  profondeur,  entre  le  Saint- 
Laurent  et  la  rivière  Saint- Louis.  Helens- 
town  comprit  Saint-Timothée  actuel  et 
deux  longueurs  de  terre  dans  Saint-Louis- 
de-Gonzague.  Catherinestown  comprit  Val- 
leyfield  actuel,  Sainte-Cécile,  la  Grande 
Isle,  une  partie  de  Saint-Stanislas  et  de 
Saint-Louis.  Ormstown  comprit  le  village 
et  une  partie  d' Ormstown  et  une  partie  de 
Saint  -  Stanislas.  North  Georgetown  com- 
prit le  terrain  entre  la  ligne  d' Ormstown 
et  le  rang  du  Quarante  et  va  de  la  rivière 
Saint-Louis  à  la  rivière  Chateauguay. 
Jamestotrn  comprit  une  partie  d'Ormstown 


et  de  Saint-Antoine  Abbé,  sur  les  confins 
d'Huntingdon.  South  Georgetown  comprit 
à  peu  près  Howick  actuel.  Williamstown 
comprit  le  reste  de  Howick  et  partie  de 
Saint-Antoine  et  de  Saint-Urbain.  Russel- 
town  et  Edwardstown  se  partagèrent  Saint- 
Antoine,  Sâint-Jean-Chrysostôme  et  Sainte- 
Clotilde. 

Alexandre  Ellice  mourut  en  1804;  il 
avait  fait  diviser  la  seigneurie,  avait  établi 
un  moulin  à  farine  à  Beauharnois,  mais 
peu  de  défrichement  et  de  colonisation 
avaient  été  faits. 

(b)  GEORGES 

A  la  mort  d'Alexandre  Ellice,  il  semble 
que  son  fils  aîné,  Georges,  hérita  de  la 
seigneurie;  mais  le  riche  héritier  s'embar- 
qua un  jour  pour  l'Amérique  du  Sud  et  n'en 
revint  pas.  Et  ce  fut  alors  une  période 
d'inaction  presque  complète  dans  la  sei- 
gneurie. 

(c)  ROBERT 

Vers  1817,  Robert  EUice  apparaît  comme 
héritier,  et  les  travaux  de  défrichement 
recommencent. 

(d)  EDOUARD 

Presque  en  même  temps,  entre  1817  et 
1820,  Edouard  Ellice,  autre  fils  d'Alexandre 
Ellice,'^'  est  à  la  tête  des  intérêts  seigneu- 
riaux de  sa  famille;  par  achat  ou  par  héri- 
tage, tout  le  domaine  seigneurial  de  Ville- 
chauve  ou  Beauharnois  lui  écheoit  et  c'est 


(1)  C'est  à  cette  époque  que  la  seigneurie  cessa  de  s'appeler 
Villechauve:  dans  un  acte  de  concession  de  terre  à  Joseph 
LegroB,  le  2  février  1798,  il  est  question  de  seigneurie  "Ann- 
field,  cydevanl  Villechauve." 

(2)  Cet  Edouard  Ellice  a  été  un  personnage  considérable 
du  commerce  et  de  la  politique.  Outre  la  seigneurie  de  Beau- 
harnois, il  avait  de  gros  intérêts  dans  la  Compagnie  de  la 


Baie  d'Hudson.  Il  fut  député  au  Parlement  anglais,  secré- 
taire du  trésor,  et  secrétaire  de  la  guerre;  sur  la  politique  colo- 
niale du  Canada,  il  fut  ardent  promoteur  de  l'Union  des  Pro- 
vinces; il  ne  fut  pas  l'ami  des  Canadiens-français  (Garneau 
Vol.  III — quatrième  édition— p.  229,  etc.)  Comme  seiAeur,  il 
travailla  fortement  à  l'abolition  de  la  tenure  seigneuriale,  qui 
ne  payait  pas  suffisamment. 


XII 


La  Seigneurie  de  Beauharnois 


alors  que  véritablement  commence  la  pros-     Edouard  séjourna  à  Beauharnois,  au  manoir 


périté  de  ce  qui  est  aujourd'hui  le  comté 
de  Beauharnois;  le  moulin  est  réparé,  les 
terres  sont  concédées  en  grand  nombre;'" 
des  immigrants  sont  envoyés  d'Ecosse  et 
s'établissent  à  l'intérieur  des  terres,  à 
Saint-Louis,  Ormstown,  Howick;  des  ma- 
gasins et  des  moulins  sont  établis;  les 
chemins  s'ouvrent  en  tout  sens. 

Quand  il  prit  pos- 
session de  la  sei- 
gneurie, vers  1817, 
le  quart  à  peu  près 
du  grand  nombre  de 
terres  concédées 
étaient  défrichées  et 
habitées,'^'  dont  ICO 
dans  Russelltown,  17 
dans  South  George- 
town, 110  dans  Wil- 
liamstown,  95  dans 
Annstown,  43  dans 
North  Georgetown 
47  dans  Ormstown, 
57  dans  Marystown, 
61  dans  Helenstown, 
20  dans  Catherin  es- 
town."'  En  1827, 
20,000  acres  de  ter- 
res avaient  été  con- 
cédées à  228  person- 
nes; l'année  suivan- 
te, une  société  d'agri- 
culture était  fondée, 
et  ainsi,  lentement,  progressa  la  seigneurie. 

En  1832,  le  seigneur  Edouard  EUice  visita 
ses  domaines  du  Canada;  en  1838,  son  fils 

(1)  Au  recensement  de  1822,  Saint-Clément  a  une  popu- 
lation de  1,069,  Sainte-Martine  1,3)6,  Saint-Timothée,  688. 

(2)  Ces  chiffres  sont  donnés  par  l'arpenteur  Bouchette  dans 
sa  Description  lopographigue  du  Bas-Canada,  et  constituent 
le  renseignement  le  plus  précis  possible  sur  l'état  réel  de  la 
seigneurie  en  1815. 

(3)  Le  nombre  relativement  petit  des  terres  défrichées 
s'explique  par  ce  fait  qu'on  refusait  aux  habitants  les  "titres" 
des  terres,  d'où  insécurité  de  possession. 


seigneurial  construit  vers  1810,  et  fut  fait 
prisonnier  lors  des  troubles  du  4  novembre. 

4°  Scott  et  London  Land  Co. 

Après  la  rébellion  de  1838,  Edouard  El- 
lice,  jr.,  retourna  en  Angleterre,  et  sug- 
géra de  se  débarrasser  de  la  seigneurie, 
ce   qui   fut   fait   en    1839.      Un  banquier 

londonnien,M.  Scott , 
acheta  la  seigneurie; 
ne  pouvant,  à  cause 
de  grandes  pertes 
pécuniaires,  conser- 
ver seul  le  domaine, 
il  organisa  une  com- 
pagnie, la  London 
Land  Co.,  à  qui  il 
vendit  la  seigneurie 
pour  la  somme  de 
$750,000,  dont  $156,- 
000  devaient  être 
payées  au  seigneur 
Ellice. 

5°  Ellice 

En  1851,  la  sei- 
gneurie dut  être  ré- 
trocédée aux  Ellice,  à 
cause  de  la  mauvaise 
administration  de 
l'agent  Colville;  les 
Ellice  gardèrent  leur 
domaine  jusqu'en 
1866.  C'est  durant 
cette  période,  en  1854,  que  la  tenure 
seigneuriale  fut  abolie  au  Canada;'*'  par 
©rdre  du  Parlement,  un  cadastre  fut  pré- 
paré de  toutes  les  seigneuries;  pour  la  sei- 
gneurie de  Beauharnois,  le  commissaire 
fut    Henry   Judah,    dont    le    rapport    est 


LE  TRÈS  HONORABLE  EDOUARD  ELLICE 

Seigneur  de  Beauharnois 


(4)  Sous  la  domination  française,  il  y  avait  dans  Québec: 
1°  le  domaine  royal;  2°  Les  seigneuries  el  les  fiefs,  concédés  à 
des  personnes  de  distinction;  les  seigneuries  étaient  subdi- 


La  Seigneurie  de  Beauhàrnois 


XIII 


l  ■'  1 


La  Seigneurie  de  Beauharnois 


XV 


daté  du  1er  décembre  1860.  D'après  ce 
rapport,  la  seigneurie  avait  3,354  lots  ou 
concessions;  la  valeur  totale  en  était  esti- 
mée à  $402,834.00,  et  la  compensation  due 
par  le  gouvernement  à  $78,890.83. 

6°  The  Montréal  Investment  Association"' 

Le  18  décembre  1866,  devant  le  notaire 
J.-O.  Bureau,  Edouard  EUice,  Jr.,  vendait 
la  seigneurie  de  Beauharnois  à  la  Montréal 
Investment  Association  pour  la  somme  de 
$276,000,  plus  $1,666.67  pour  le  fief  Pri- 
meau.*^* 

7°  The  Montréal  Investment  Trust''' 

Enfin,  le  24  septembre  1880,  la  Montréal 
Investment  Trust  succédait  légalement  à  la 
Montréal  Investment  Association,  et  acquérait 
la  seigneurie  de  Beauharnois  au  prix  de 
$240,000.  C'est  à  cette  compagnie,  re- 
présentée à  Beauharnois  par  son  agent,  M. 
le  notaire  J.  Claver  Trudeau,  que  sont 
actuellement  payés  les  droits  seigneu- 
riaux. 

Les  agents  seigneuriaux  ont  été:  Francis 
Winter,  de  1795  à  1808;  Thomas  McCord, 
de  1808  à  1810;  John  Milne,  de  1810  à  1821; 
Lawrence  George  Brown,  de  1821  à  1851; 
James  Keith,  K.  Nicholson,  Browning, 
É.-H.  Bisson,  J.-C.  Trudeau,  depuis  1851. 

Primitivement,  vers  1810,  le  château 
seigneurial  fut  à  l'embouchure  de  la  rivière 

visées  en  concessions  séparées  par  des  roules  ou  montées;  de 
chaque  côté  des  montées,  le  terrain  était  partagé  en  lots 
lonps  et  étroits,  p.e.  3  x  30,  3  x  20,  3  x  40,  etc.  Chaque  lot 
était  numéroté.  Ces  lots  étaient  concédés  au  censitaire 
moyennant  une  redevance  annuelle.  Sous  la  domination 
anglaise,  le  même  mode  continua,  avec  addition  de  township, 
concédés  pour  prix  de  vente  seulement,  sans  rente  annuelle. 
Des  difficultés  continuelles  ayant  existé  entre  seigneurs  et 
censitaires,  le  système  seigneurial  fut  aboli  en  1854.  H  fut 
décidé  ceci  :  le  régime  seigneurial  serait  aboli,  mais  des  rentes 
seigneuriales  seraient  payées  en  compensation  des  anciens 
droits  et  rentes  qui  allaient  disparaître.  Les  censitaires,  depuis 
1854,  peuvent,  ou  bien  continuer  à  payer  la  rente,  pendant  99 
ans  à  partir  de  1854,  et  les  seigneurs  ne  peuvent  exiger  autre 
chose;  ou  bien  se  racheter,  c'est-à-dire,  payer  le  capital  re- 
présenté par  la  rente  qu'ils  paient  à  raison  de  6  pour  oent 


Saint-Louis,  à  l'endroit  aujourd'hui  occupé 
par  la  résidence  privée  de  l'agent  seigneu- 
rial, M.  le  notaire  J.-C.  Trudeau. 

Plus  tard,  en  1852,  le  "manoir"  seigneu- 
rial actuel,  aujourd'hui  manoir  Robert, 
fut  la  résidence  des  agents  seigneuriaux, 
et  le  bureau  d'affaires  était  à  l'endroit  du 
bureau    d'enregistrement. 

Les  seigneurs— quand  ils  venaient  à 
Beauharnois — et  leurs  agents,  menaient  un 
grand  train  de  vie;  des  visiteurs  de  marque 
séjournèrent  au  Château  seigneurial,  entre 
autres,  le  général  Williams,  commandant 
des  troupes  anglaises  au  Canada  et  admi- 
nistrateur du  Canada  vers  1855. 


Les  chemins  de  la  seigneurie  semblent 
avoir  été  ouverts  assez  tard;  d'après  une 
carte  publiée  par  Jobin  en  1802,  il  n'y  a 
d'ouverts  que  les  chemins  du  bord  du  fleuve, 
de  la  rivière  Saint-Louis  et  de  la  Beauce;  en 
1818,  le  rang  Sainte-Marie  est  ouvert,  c'est- 
à-dire,  un  chemin  allant  du  fleuve  à  la  ri- 
vière Saint-Louis;  en  1827,  les  rangs  Saint- 
Georges  et  Saint-Laurent  existent  aussi; 
les  autres  existèrent  quelques  années  plus 
tard. 

C'est  dans  cette  seigneurie  de  Beau- 
harnois que  furent  taillées  les  paroisses  de 
Beauharnois,  Saint-Timothée,  Sainte-Mar- 
tine, Valleyfield,  Saint-Louis-de-Gonzague, 
Saint-É  tienne.   Saint -Stanislas,  Ormstown, 

par  an,  et  alors,  les  seigneurs  sont  tenus  d'accepter  et  de 
donner  quittance  finale.  En  1953  les  seigneurs  pourront  forcer 
les  censitaires  à  payer  le  capital.  A  Beauharnois,  le  taux  du 
cens  est  de  103^  centins  de  l'arpent,  à  l'exception  d'une  partie 
de  Saint-Clément  et  de  Saint-Timothée  où  les  rentes  sont 
moins  élevées,  parce  que  les  terrains  furent  les  premiers  con- 
cédés. 

(1)  Une  copie  du  contrat  de  vente  du  18  décembre  1866 
nous  a  été  gracieusement  fournie  par  M.  E.-Z.  Massicotte, 
archiviste  au  Palais  de  Justice  de  Montréal. 

(2)  L'arrière-fief  Primeau  avait  des  droits  de  $100  annuelle- 
ment envers  les  seigneurs  de  Beauharnois. 

(3)  L'agent  seigneurial,  M.  le  notaire  J.-C.  Trudeau,  nous 
a  gracieusement  fourni  une  copie  du  dernier  contrat  de  vente 
de  la  seigneurie. 


XVI 


La  Seigneurie  de  Beauharnois 


Howick,  Saint-Urbain,  Saint-Jean-Chrysos-  n'entendait  que  les  coups  de  hache  ou  le 

tome,       Sainte-Clothilde,      Saint- Antoine-  bruit  des  arbres  s'abattant  avec  fracas;  le 

Abbé.  soir  venu,  on  riait,  on  chantait,  on  dansait 

Avant  de  raconter  comment  fut  fondée  même  au  son  du  violon,  ou  bien  on  allumait 

et  se  développa  celle  dont  nous  commençons  des  feux  sur  quelque  éminence  pour  donner 

l'histoire — Saint-Clément^rendons   justice  des  nouvelles  du  jour  aux  parents  et  amis 


à  la  mémoire  des  hardis  pionniers  qui,  les 
premiers,  s'établirent  dans  ce  qui  est  au- 
jourd'hui Beauharnois. 

D'où  venaient-ils 
et  quelle  était  leur 
vie  ?  Un  illustre  en- 
fant de  Beauharnois, 
l'avocat  A.-N.  Mont- 
petit,  le  rappelait, 
en  1885,  dans  une 
conférence  que  pu- 
blia la  Presse  du  30 
octobre  1885: 

"Vers  1780,  disait 
le  conférencier,  les 
établissements  sur  la 
côte  nord  s'arrêtaient 
aux  Cèdres  et  sur  la 
côte  sud  à  Chateau- 
guay.  11  y  avait  des 
églises  à  ces  deux  en- 
droits; le  Canadien- 
français  suit  les  égli- 
ses qui  sont  les  vrais 
jalons  de  la  civilisa- 
tion; mais  sous  le 
couvert  de  la  forêt 
primitive,  des  jeunes 

gens  de  l'Ile  Perrot  avaient  découvert  un  sol 
plantureux,  auquel  il  rêvaient  comme  d'une 
autre  terre  promise.  Un  bon  jour,  un  groupe 
d'entre  eux  se  décida  d'y  aller  tenter  un 
établissement,  et  à  peu  d'années  de  là 
on  voyait  les  rives  du  lac  Saint-Louis 
bordées  de  nombreuses  cabanes,  qu'égayaient 
de  jeunes  couples  entourés  de  vigoureux 


A.  N.  MONTPETIT 

Avocat,  littérateur 


de  l'Ile  Perrot.     On  n'avait  que  ce  seul 
moyen  de  télégraphie. 

"Pendant  que  l'homme  jouait  de  la 
cognée,  la  femme  sar- 
clait, ramassait  les 
branches,  faisait  des 
tas  et  y  mettait  le 
feu  à  la  grande  joie 
des  enfants  ébahis. 
Le  temps  de  la  ré- 
colte venu,  elle  ma- 
niait la  faucille  à 
côté  de  son  mari, 
après  avoir  déposé 
son  nourrisson  sur 
une  javelle  dorée,  au 
milieu  des  souches 
noircies  à  demi-brû- 
lées, à  portée  de  sa 
voix,  avec  un  ra- 
meau d'érable  pour 
tout  parasol,  un  vrai 
berceau  canadien. 

"Bientôt  de  nou- 
veaux colons  affluè- 
rent de  toutes  parts. 
Il  en  vint  des  Cè- 
dres, de  la  Pointe - 
Claire,  de  Vaudreuil,  de  Québec.  Le  pre- 
mier Bergevin,  dit  Langevin,  qui  s'établit 
à  mi-chemin  entre  le  Buisson  et  la  chute  aux 
Bouleaux,  dans  Saint-Timothée,  était  monté 
en  bateau  avec  sa  famille,  de  la  côte  Beau- 
pré au-dessous  de  Québec.  Des  Acadiens  se 
groupèrent  sur  les  bords  du  lac  Saint-Louis, 
où  ils  ont  laissé  de  nombreux  rejetons,  ainsi 


petits  enfants.     Tout  le  long  du  jour  on    que  sur  les  bords  du  lac  Saint-François. 


La  Seigneurie  de  Beauharnois 


XVII 


GROUPE  DE  PIONNIERS 

(1)  Joseph  Hainault. — (2)  Antoine  Saintonge  et  son  épouse. — (3)  Etienne  Crête,  un  des  premiers  colons  de  Saint-Georges.- 

(4)  Louis  Thibault  et  son  épouse  Joséphine  Prégent. 


Yv' 


La  Seigneurie  de  Beauharnois 


XIX 


"Les  colons  de  Beauharnois  allaient  faire 
leurs  dévotions  à  Chateauguay,  distance  de 
trois  à  quatre  lieues  qu'il  leur  fallait  par- 
courir à  pied  ou  à  cheval.  On  conduisait 
ainsi  les  enfants  au  baptême  et  Dieu  les 
bénissait  tous. 

"Dans  ces  humbles  cabanes  de  pièces 
sur  pièces  bâties  en  queue  d'aronde,  à 
même  les  arbres  de  la  forêt  dont  elles  pre- 
naient la  place,  il  y  avait  plus  de  bonheur, 
plus  d'espérances  légitimes  que  bien  des 
maisons  bourgeoises  n'en  contiennent  ou 
n'en  contiendront  jamais.  On  avait  de  la 
jeunesse,  de  l'amour,  de  la  vigueur,  de  la 
santé;  cela  suffisait  pour  faire  face  aux 
privations  et  aux  plus  durs  labeurs.  Plus 
on  avait  travaillé  le  jour,  mieux  on  dormait 
la  nuit.  Souvent  on  s'endormait  à  genoux 
les  coudes  sur  l'escabeau  ou  la  bûche  ser- 
vant de  siège,  au  milieu  d'un  chapelet  in- 
terrompu qu'on  laissait  au  bon  ange  le  soin 
d'achever;  il  n'en  était  que  mieux  dit  et 
plus  méritoire.  Le  bon  ange  recueillait  les 
sueurs  sur  le  front  du  bon  travailleur  pour 


les  répandre  comme  de  l'eau  bénite  sur  la 
terre. 

"Le  ciel  bénissait  ces  braves  cœurs  qui 
se  fiaient  à  leur  travail  pour  gagner  leur 
vie,  à  leur  énergie  pour  acquérir  le  bien- 
être,  à  leur  conscience  pour  être  de  nobles 
citoyens.  Il  les  bénissait  par  des  récoltes 
d'une   abondance    prodigieuse. 

"On  mourait  comme  on  avait  vécu,  dans 
les  bras  des  parents  et  le  regard  du  ciel. 
Chacun  portait  ses  titres  de  noblesse  dans 
ses  bras,  dans  son  intelligence  et  dans  son 
cœur.  ... 

"C'est  ainsi  que  les  familles  du  bord  de 
l'eau  se  dédoublèrent  sur  les  rangs  du  Car- 
can et  de  Sainte-Martine,  pour  aller  peupler 
bientôt  d'autres  terres  des  profondeurs 
destinées  à  former  plus  tard  de  florissantes 
paroisses  sous  les  noms  de  Saint-Louis-de- 
Gonzague,  de  Saint-Etienne,  de  Saint- 
Stanislas,  de  Sainte-Cécile  et  des  deux 
villes,  Beauharnois  et  Salaberry  de  Valley- 
field."<'> 


(1)  L'auteur  des  pai?es  que  nous  venons  de  citer,  A.-N. 
Montpetit,  était  fils  d'Etienne  Montpetit,  cultivateur,  dont  le 
nom  apparaît  souvent  dans  les  requêtes  relatives  à  l'organisa- 
tion de  la  paroisse  Saint-Clément.  A.-N.  Montpetit  naquit  à 
Beauharnois,  le  4  juillet  1840;  il  fit  ses  études  classiques  au 
collège  de  Saint-Hyacinthe,  à  la  même  époque  que  Sir  Alexan- 
dre Lacoste,  Sir  J.-A.  Chapleau,  Sir  François  Langelier  et 
Mgr  Gravel,  premier  évêque  de  Nicolet.  Il  devint  avocat, 
mais  pratiqua  peu  m  profession  ;  il  lui  préféra  le  joumaligme 


où  il  excellait.  Il  collabora  au  Journal  de  l'Instruction  Pu- 
blique, à  VOpinion  Publique  et  à  plusieurs  autres  journaux  et 
revues.  Il  a  publié  plusieurs  volumes,  entre  autres,  une  série 
de  livres  de  lecture  pour  les  écoles  primaires,  et  les  Poissons 
d'eau  douce.    Il  a  laissé  plusieurs  ouvrages  inédits.    Il  a  pris 

Î)art  à  plusieurs  polémiques  retentissantes.  Les  écrits  de  ce 
ittérateur  et  penseur  sont  trop  peu  connus;  un  choix  de  ses 
meilleures  pages  ferait  un  volume  remarquable 


Saint-Clément  de  Beauharnois 


L'AUTEUR^^^  d'un  "Précis  historique  (inédit)  sur  la 
Seigneurie  et  la  Paroisse  de  Beauharnois  et  quelques 
paroisses  qui  y  ont  été  formées,"  commence  ainsi  l' histo- 
ricité de  la  paroisse  et  de  la  ville  de  Beauharnois:  "En  parlant 
du  début  et  du  développement  de  ce  territoire  qui  porte  aujourd'hui 
les  noms  de  Saint-Clément  de  Beauharnois  et  de  ville  de  Beau- 
harnois, il  conviendrait  de  ne  pas  séparer  l'histoire  religieuse  et 
l'histoire  politique  et  civile,  car  l'Eglise  et  l'Etat  se  sont  toujours 
donné  la  main  pour  travailler  au  progrès  de  cette  paroisse.  Il 
serait  même  difficile  de  séparer  les  intérêts  de  l'une  et  de  l'autre. 
Cependant,  pour  plus  de  clarté,  j'ai  cru  devoir  ranger  sous 
deux  titres  séparés,  les  événements  religieux  et  les  faits  politiques 
et  civils." 

Le  même  désir  de  clarté  nous  pousse  à  adopter  la  même 
division.  Nous  ajouterons  le  récit  des  fêtes  du  Centenaire,  les  14 
et  16  juin  1920.   Dans  ce  travail,  il  sera  donc  question  de 

1^ — L'Histoire  religieuse  de  Beauharnois. 

2° — L'Histoire  civile  et  politique  de  Beauharnois. 

S° — Le  Centenaire  de  Beauharnois. 


(1)  Feu  Monsieur  l'Abbé  C.-A.  Santoire. 


V 


Hlël-OIRE   RELIGIEUSE    DE    BeAUHARNOIS 


PREMIÈRE    PARTIE. 


Histoire  Religieuse  de  Beauharnois 


1 'HISTOIRE  religieuse  de  Beauhar-  curé  résidant;  c'est  la  période  de /ondaiion. 

J  nois    comprend    deux    périodes.    La  La  seconde  est  celle  des  événements  qui, 

première  est    celle    des    négociations   qui,  depuis  la  fondation,  se  sont  succédé  pour 

commencées  en  1794,  aboutissent,  en  1819,  la    paroisse:     c'est    l'évolution    de    Saint- 

à  l'établissement  d'une  desserte  avec  im  Clément. 


Fondation  de  la  Paroisse 


CHAPITRE  PREMIER. 


Fondation  de  la  Paroisse  Saint-Clément 


A  période  de  fondation  s'étend 
des  tout  commencements  à 
la  nomination  du  premier 
prêtre  résidant,  c'est-à-dire, 
jusqu'au  3  octobre  1819. 
Avant  1819,  les  fidèles  de 
Beauharnois,  ou  Villechauve,  ou  Anns- 
town,  dépendirent  de  la  paroisse  voisine, 
Saint-Joachim  de  Chateauguay,  fondée  en 
1736. 

C'est,  en  effet,  à  l'égUse  paroissiale  de 
Chateauguay  qu'ils  se  rendaient  pour  les 
offices  religieux;  c'est  au  curé  de  Chateau- 
guay qu'ils  payaient  dîme.  Le  curé  de 
Saint-Joseph  des  Cèdres  reçut,  il  est  vrai, 
à  plusieurs  reprises,  des  évêques  de  Québec, 
commission  "de  célébrer  la  messe  et  d'admi- 
Uistrer  les  sacrements  à  Beauharnois"  ;  mais, 
à  la  même  époque,  les  évêques  de  Québec 
écrivent  au  curé  de  Chateauguay,  comme 
au  pasteur  des  censitaires  de  Beauharnois; 
les  habitants  de  Beauharnois,  dans  leurs 
requêtes,  se  donnent  toujours  comme  pa- 
roissiens de  Chateauguay;  enfin,  c'est  de 
Chateauguay  qu'en  1819,  l'évêque  de  Qué- 
bec détache  Saint-Clément.  Les  commis- 
sions données  au  curé  des  Cèdres  furent  donc 
exceptionnelles  et  temporaires;  jusqu'en 
1819,  c'est  de  Chateauguay  qu'a  canonique- 
ment  dépeindu  Saint-Clément. 


Cependant,  les  fidèles  de  Beauharnois 
désirèrent  d'assez  bonne  heure  leur  auto- 
nomie reUgieuse.  Dès  1793  ou  1794,  ils  en 
exprimèrent  le  désir  à  l'évêque  de  Québec; 
plus  de  vingt-cinq  ans  devaient  s'écouler 
avant  que  ce  désir  fût  complètement  réalisé 
par  la  nomination  d'un  prêtre  résidant. 
Ces  vingt-cinq  années  d'attente  furent 
une  période  d'activé  correspondance  entre 
les  habitants  de  Beauharnois  et  l'évêché 
de  Québec.  Les  gens  de  Beauharnois 
alléguaient  les  raisons  ordinaires  de  dé- 
membrement de  paroisse:  éloignement 
de  l'église  paroissiale,  impraticabilité  des 
chemins,  difficultés  de  jouir  du  ministère 
pastoral;  au  besoin,  ils  en  ajoutaient  d'autres 
plus  extraordinaires,  comme  le  danger  des 
morts  subites,  etc.  De  leur  côté,  les  évêques 
de  Québec  alléguaient  le  petit  nombre  de 
prêtres;  au  reste,  ils  tâchaient  de  satisfaire 
les  gens  de  Beauharnois  en  demandant  au 
curé  de  Chateauguay  ou  à  celui  des  Cèdres 
d'aller  quelquefois  à  Beauharnois  faire  les 
offices  religieux. 


* 


La  première  requête  connue  est  celle  de 
1793  ou  1794:  "Les  habitants  et  tenanciers 
"de  la  Seigneurie  de  Villechauve  (vulgaire- 
ment dénommée  Beauharnois)  représentent 
à  Sa  Grandeur  (l'évêque  de  Québec)  par 


6 


Histoire  religieuse  de  Beauharnois 


Paul  Hébert,  Louis  Julien,  Charles  Laberge 
et  Pierre  RoUin  dit  Malonnois,  leurs  cote- 
nanciers  et  avoués;  qu'étant  par  le  présent 
attachés  à  la  paroisse  Chateauguay  et  des- 
servis par  Monsieur  Bruyer,^''  curé  de  la 
dite  paroisse,  éloignée  de  près  de  deux  lieues 
et  trois  quarts,  par  le  plus  court  chemin  et 
presqu'impratiquable  jusqu'à  la  rivière  de 
Saint-Louis;  que  cet  éloignement  considé- 
rable même  pour  les  plus  près  de  Chateau- 
guay, les  met  dans  la  dure  nécessité  de 
manquer  le  plus  souvent  les  offices  divins 
par  la  difficulté  des  chemins,  les  expose  dans 
les  maladies  de  voir  arriver  assez  souvent 
leur  curé  trop  tard  pour  pouvoir  adminis- 
trer à  temps  les  secours  spirituels  aux 
malades,  et  fait  courir  les  plus  grands 
risques  aux  enfants  nouveau-nés  de  périr 
avant  d'avoir  reçu-  le  saint  baptême. 

"Ce  considéré,  Monseigneur,  il  plaise  à 
Votre  Grandeur  de  permettre  aux  tenan- 
ciers de  ladite  Seigneurie  de  construire 
d'avance  sur  ledit  domaine  de  la  rivière 
Saint-Louis  (à  la  place  qu'y  fixera  le  Sei- 
gneur pour  la  plus  grande  commodité  de 
tous)  un  presbytère  à  peu  près  pareil  à 
celui  de  Vaudreuil,  dont  les  hauts  seraient 
réservés  pour  servir  de  chapelle,  en  atten- 
dant qu'ils  se  vissent  en  état  de  construire 
une  église  auprès;  de  permettre  et  même  re- 
commander à  mon  dit  Sieur  Bruyer,  présent 
curé  de  Chateauguay,  d'y  venir  célébrer  les 
saints  offices  et  de  la  desservir  alternative- 
ment lorsqu'elle  sera  construite,  et  ce  pour  la 
sûreté  et  la  plus  grande  commodité  de  ses 
paroissiens  dans  ladite  Seigneurie  de  Ville- 
chauve." 

Nous  avons  là  le  thème  que  ne  cesseront 
de  reprendre  les  fidèles  de  Beauharnois, 
tant  qu'ils  n'auront  pas  atteint  leur  but. 

(1)  Le  vrai  nom  de  ce  curé,  d'après  les  archives,  est 
Bruguier. 

(2)  Première  statistique  connue  ?ur  la  population  de 
Beauhamoia. 


De  nouveau,  en  1798, — le  19  mars — 
Charles  Laberge  et  Antoine  Boyer  "re- 
montrent très  humblement  à  Sa  Grandeur 
qu'ils  sont  nommés  et  autorisés  par  les 
habitants  de  la  Seigneurie  de  Beauharnois, 
au  nombre  de  cent  cinquante-quatre  établis 
et  bâtis, ^^^  à  exposer  à  Sa  Grandeur  que  la 
distance  où  ils  sont  de  l'égUse  de  Chateau- 
guay fait  qu'il  est  impossible  à  eux  d'assis- 
ter aux  offices  des  dimanches  et  fêtes  la 
plus  grande  partie  de  l'année,  et  particulière- 
ment dans  les  mauvaises  saisons,  et  d'en- 
voyer leurs  enfants  aux  instructions  et 
catéchismes."  Au  surplus,  les  suppliants 
ajoutaient  qu'ils  se  croyaient  être  en  état  de 
faire  subsister  un  curé.  D'où  ils  deman- 
daient qu'un  délégué,  à  défaut  de  l'évêque 
lui-même,  vînt  fixer  et  marquer  l'endroit 
le  plus  convenable  pour  la  bâtisse  d'une 
église,  presbytère  et  dépendances.'" 

Deux  ans  plus  tard,  le  27  juillet  1800,  en 
la  salle  presbytérale  de  Chateauguay,  se 
tient  une  assemblée  de  paroisse.  Monsieur 
le  curé  Bruguier  la  préside,  le  diacre  J.-J. 
Lartigue'*^  en  est  le  secrétaire;  Monsieur  le 
curé  lit  et  explique  les  ordonnances  rela- 
tives à  un  démembrement  de  paroisse;  les 
paroissiens  se  soumettent  à  toutes  les 
prescriptions,  et  le  notaire  P.-H.  Turgeon 
rédige  en  leur  nom,  à  l'adresse  de  l'évêque  de 
Québec,  une  humble  requête  rappelant  que 
la  distance  trop  grande  de  leurs  foyers  à 
l'église  paroissiale  Saint-Joachim  constitue 
"des  obstacles  insurmontables  à  l'exercice 
de  leurs  devoirs  comme  chrétiens;"  en 
outre,  "depuis  que  les  morts  subites  sont 
si  fréquentes,  ils  sont  exposés  à  expirer 
sans  avoir  le  temps  de  se  procurer  les  se- 
cours spirituels;  heureusement  que  l'exem- 


(3)  Cette  requête  est  signée  à  Montréal,  devant  le  notaire 
L.  ChaboiUez. 

(4)  M.  J.-J.  Lartigue  sera  plus  tard  vicaire-général,  à 
Montréal,  de  l'évêque  de  Québec,  puis  premier  évêque  de 
Montréal. 


Fondation  de  la  Paroisse 


ÉvÊouEs  OUI  ont  eu  juridiction  sur  beauharnois 

,ox  »i^  ^  '''^'  ^^'"'"■'^'  P'"^""®"'  ^^*<l"e  de  Valleyfield,  1892.— (2)  Mgr  Hubert,  évêque  de  Québec,  1788-1797.— 
(3)  Mgr  Denaut,  1 797-1 80r,.-(4)  Mgr  Plessis,  1806-182.5.-(5)  Mgr  Panet,  182.5-1833.-(6)  Mgr  Signay,  1833-1850.-(7) 
Mgr  J.    Lart.gue,  évéque  de  .Montréal,  1836-1840.— (8)  .Mgr  I.  Bourget,  1840-1870.— (9)  Mgr  E.-C.   Fabre,   1876-1897. 


Jill 


Fondation  de  la  Paroisse 


9 


pie  des  accidents  fâcheux  qui  peuvent  résul- 
ter de  l'éloignement  ne  s'est  pas  jusqu'à 
présent  fait  ressentir,"  ajoutent  prudem- 
ment les  suppliants;  néanmoins,  ils  ne  vou- 
draient pas  éprouver  une  manifestation 
aussi  funeste  pour  y  obvier.  Dans  ce  but, 
ils  demandent  "à  bâtir  une  église,  en  espé- 
rant un  prêtre."^" 

Cette  démarche  eut,  en  partie,  son  effet; 
le  27  septembre,  Mgr  Denaut  donnait,  de 
Longueuil,  commission  à  Monsieur  Deguire, 
curé  de  Vaudreuil,  "de  se  transporter  sur  la 
Seigneurie  de  Beauharnois  pour  juger  sur 
les  lieux  de  la  nécessité  de  la  bâtisse  de- 
mandée, pour  en  désigner  la  place  et  pour 
marquer  les  dimensions  nécessaires  à  cet 
édifice." 

Monsieur  Deguire  vint-il  à  Beauharnois  ? 
Si  oui,  rédigea-t-il  un  rapport?  Fut-il  ou 
non  favorable  à  la  requête  des  habitants 


{l)  Signataires  (par  marque):  Joseph  Deschamps,  Chs 
Bourdon,  Louis  Juhen,  jr.,  Jacques  Bougie,  Joseph  Pitre,  J.- 
Bte  Langevin,  Aug.  IVfathieu,  Franc.  Hurteau,  Ant.  Daigneau, 
Jean  Pitre,  Franc.  Hébert,  M.  Deschamps,  Ls  Barthélémy, 
Jacques  Tessier,  Joachim  Lefebvre,  Pre  Pitre,  Chs  Lebœuf, 
Fr.  Leduc,  Franc.  Roux,  Jacques  Bourbonnet,  Ls  Leduc, 
Franc.  Lardon,  Jos.  Chatigny,  J.  B.  St.  Michel,  Antoine  Boyer, 
Jos.  Hénaut,  Frs  Grenier,  Hyacinthe  Lefebvre^  J.-B.  Lebœuf, 
Jacques  Tessier,  J.-B.  Lebœuf,  Ls.  Julien,  J.-M.  Gendron, 
Signé  Alexis  Simpson,  Frs  Tessier,  Chs  Branchaud,  Ls  Gen- 
dron, Franc.  Branchaud,  Jos.  Tessier,  Constant  Denau,  Chs. 
Laberge,  Mich.  Roy,  Eustache  Péladeau,  Ant.  Leduc,  Jos. 
Tessier,  Jos.  Poitra,  Fr.  Lépine,  Basile  Roi,  Jos.  Lebœuf,  Jac- 
ques Lebœuf,  Franc.  Lépine,  Jos.  Concourt,  Paul  Hébert,  Jos. 
Goncourt,  Chs.  D'Os,  Pré.  Auge,  Pr.  Cotrez,  Amable  Mayoux, 
Bruguier,  Ptre. 

(2)  Wm.  Maclean,  Michel  Deschamps,  Joseph  Poirier, 
Charles  Chatigny,  Thomas  Gendron,  François  Leduc,  Louis 
Hébert,  Bazil  Mathieu,  Antoine  Leduc,  François  Tessier, 
Laurent  Leduc,  Adrien  Hébert,  André  Hébert,  Paul  Gendron, 
Bazile  Roy,  Hyacinthe  Primault,  Joseph  Lebœuf,  Louis  Tes- 
sier, Antoine  Daigneau,  Joseph  Hénault,  Hyacinthe  Le- 
febvre, Joachim  Primault,  Etienne  Hénault,  Firmin  Bou- 
dreau,  Paul  Hébert,  Jean-Bte  Gendron,  Charles  Laberge, 
Ignace  Tessier,  Michel  Roi,  Jacques  Tessier,  l'Amant  Hébert, 
Ignace  Hébert,  Jacques  Bougis,  Joseph  Secour,  Pierre  Daigrai, 
Charles  Bourdon,  Jean  Langevin,  Charles  D'Aut,  François 
Branchau,  Jean-Bte  Faubert,  Hyacinthe  Monpetit,  Jean-Bte 
Branchaud,  Joseph  Pitre,  Pierre  Monpetit,  Paul  Maroi,  Fran- 
çois Roux,  Basil  Roi  père,  Alexandre  Simpson,  Frs  Faubert, 
Antoine  Boyer,  Pierre  Lalonde,  Pierre  Lefêvre,  Jean  Bte 
Pitre,  Amable  Broissoit,  Albert  Mercier,  Pierre  Contant, 
Amable  Migneron,  Michel  Bourdignon,  Joseph  Darpentigny, 
François  Gaigner,  Pierre  Leduc,  Michel  Jourdain,  Guillaume 
Leduc,  J.-Bte  Lebœuf,  Pierre  Bergevin,  Joseph  Lefêvre, 
JoachJXD  Lefêvre,  Charles  Laroche,  Basil  Lebœuf,  Augustin 


de    Beauharnois?       Nous    l'ignorons,    les 
archives  sont  muettes  sur  ce  sujet. 

En  tout  cas,  rien  ne  se  fit.  Et  quatre  ans 
plus  tard,  les  fidèles  de  Beauharnois  en 
sont  encore  à  recommencer  leurs  instances 
auprès  de  l'évêque  de  Québec. 

En  1804,  le  15  février,^^  puis  en  1808,  le 
11  juillet,  ils  supplient  l'évêque  de  Québec 
"d'être  séparés  de  l'église  Saint-Joachim 
dont  ils  sont  trop  éloignés:  ils  ne  peuvent 
se  rendre  en  quelque  saison,  ni  à  l'église 
de  l'isle  Perrault  ni  à  celle  des  Cèdres,  d'où 
ils  ne  peuvent  s'acquitter  de  leurs  devoirs 
de  chrétiens,  ni  procurer  à  leurs  enfants 
l'éducation  nécessaire;  pour  ces  raisons,  ils 
demandent  la  permission  de  construire  un 
presbytère-chapelle,  et  d'y  être  desservis  de  la 
manière  que  Sa  Grandeur  jugera  à  propos."''^ 

Ces  deux  requêtes,  rédigées  par  le  no- 
taire  Louis   Demers,   furent   positivement 


Leduc,  Charles  Sauvée,  Louis  Augée,  Louis  Julien,  Louis  Le- 
duc, François  Hénault,  Jacques  Gendron,  Joseph  Héneault, 
Jacques  Bougis,  Jacques  Bourbonais,  Ve  J.-Bte  Tessier,  Jean 
Bergevin,  fils,  Louis  Bougis,  Charles  Lebœuf,  Bazil  Lieduc, 
Augustin  D'Aut,  Louis  Trudelle,  François  Lebœuf,  Pierre  Au- 
ge, Charles  Leduc,  J.-Bte  Gendron,  Tous.  Lassiseroit,  Pierre 
Lemay,  Charles  Branchaud,  Ls  Julien,  fils,  Jean  Mathieu, 
Pierre  Bougis,    Chs  Lebœuf,  fils. 

(3)  Signataires  Pierre  Monpetit,  Ignace  Tessier,  Hya- 
cinthe Monpetit,  Paul  Hébert,  Adrien  Hébert,  Joseph  Robi- 
dou,  Antoine  Daigneau,  Bazil  Roy,  fils,  Pierre  Leduc,  Jacques 
Bougie,  père,  Hyacinthe  Lefêvre,  Charles  Bourdon,  Pierre 
Lefêvre,  Joseph  Pitre,  Frs  Lebœuf,  Michel  Roy,  fils,  Pierre 
Parrée,  J.-Bte  Gendron,  Jacques  Lebœul,  Pierre  Hénault, 
Frs.  Hénault,  Joseph  Poirier,  Paul  Roy,  Michel  Bourdignon, 
Louis  Gendron,  la  Veuve  Antoine  Boyé,  J.-Bte  Lebœuf, 
Venance  Lefêvre,  Chs  Chatigny,  Joseph  Hénault,  fils, 
Antoine  Houle,  Etienne  Hénault,  Joseph  Lebœuf,  Charles 
Lebœuf,  Joseph  Roy,  Charles  Leduc,  Louis  Tessier,  Joseph 
Secours,  Paul  Marois,  Pierre  Augée,  J.-Bte  St.  Michel, 
Amable  Migneron,  Pierre  Daigray,  Louis  Julien,  J.-Bte 
Branchaud,  François  Doray,  Chs  Laberge,  père,  Louis 
Doray,  Bazil  Roy,  père,  Joseph  Boyé,  Charles  Cousigny, 
Joachim  Lefêvre,  Ignace  Tessier,  Louis  Trudelle,  Antoine 
Leduc,  Pierre  Bergevin,  Louis  Hébert,  Joseph  Doray,  Pierre 
Lemay,  Guillaume  Leduc,  Joseph  Baillard,  Ant.  Daigneau, 
fils,  Bazil  Galipeau,  Pierre  Leduc,  fils,  Etienne  Monpetit, 
Etienne  Lebœuf,  Pierre  Gendron,  Etienne  Faubert,  Pierre 
Leduc,  Joachim  Faubert,  Antoine  Leduc,  Adrien  Hébert, 
fils,  Joseph  Chatigny,  J.-Bte  Marois,  Pierre  Poirier,  Paul 
Gendron,  Frs  Branchaud,  Ignace  Hébert,  Joseph  Daigneau, 
J.-Bte  Marois,  père,  Chs  Lebœuf,  père,  J.-Bte  Ruhange, 
Jacques  Bougy,  fils,  Michel  Descbamps,  Charles  Allard, 
J.-Bte  Rufiance,  dit  La  violette,  François  Gendron,  Joseph 
Hénault  père. 


10 


Histoire  religieuse  de  Beauharnois 


approuvées  par  le  curé  des  pétitionnaires; 
elles  portent,  en  suscription,  l'expression 
de  son  désir  que  la  demande  des  suppliants 
soit  exaucée.  Cependant,  plusieurs  années 
devaient  encore  s'écouler  avant  que  cette 
demande  fût  totalement  exaucée. 

Entre  temps,  le  curé  des  Cèdres  venait 
à  Beauharnois,  et  y  célébrait  la  messe  dans 
des  maisons  privées  ;  les  documents  con- 
tiennent, à  cette  fin,  une  autorisation  si- 
gnée par  Mgr  Plessis,  le  6  mars  1815; 
mais  c'est  une  permission  toute  temporaire. 
Plus  durable  était  celle  que,  vers  le  même 
temps,  donnait  l'évêque  aux  curés  de  Cha- 
teauguay  et  des  Cèdres,  "de  célébrer  la 
messe  et  d'administrer  les  Sacrements  à 
Beauharnois,  lorsqu'il  y  aura  des  édifices 
convenables,"  ce  qui  n'arriva  qu'en  1818. 

En  1817,  les  habitants  de  Beauharnois  re- 
commencent à  assiéger  l'évêque  de  leurs  re- 
quêtes, et  cette  fois  avec  succès. 

Le  4  juin,  ils  se  plaignent,  une  fois  de 
plus,  qu'ils  souffrent  très  misérablement 
dans  le  lieu  qu'ils  habitent,  faute  d'église; 
ceux  qui  sont  au-dessus  du  Buisson,  des- 
servis de  l'église  des  Cèdres,  ne  peuvent 
guère  s'y  rendre,  à  cause  des  traverses  dures 
et  difficiles  du  fleuve  Saint-Laurent.  Ceux 
qui  sont  en  bas  du  Buisson  et  dans  les  con- 
cessions adjacentes  sont  trop  loin  de  l'église 


de  Chateauguay  qui  les  dessert;  d'où, 
difficulté  d'envoyer  les  enfants  pour  s'ins- 
truire de  leurs  devoirs  de  chrétiens,  diffi- 
culté de  faire  son  salut,  difficulté  pour  les 
malades  de  recevoir  les  secours  de  la  reli- 
gion. Conclusion:  l'étabhssement  d'une 
égUse  est  indispensable.  Et  les  pétition- 
naires supplient  l'évêque  "de  vouloir  bien 
se  transporter  sur  les  lieux  ou  son  sub- 
délégué, pour  y  fixer  la  situation  et  les 
dimensions  de  ladite  église." 

Cette  fois,  la  cause  était  en  bonne  voie. 
Le  19  novembre,  Mgr  Plessis  permet  aux 
pétitionnaires'^*  "de  construire  sur  la  rivière 
Saint-Louis,  entre  Annstown  et  Marystown, 
en  tel  Ueu  qui  sera  désigné  par  M.  Bourget, 
prêtre,  curé  de  Chateauguay,  sur  une  étendue 
de  six  arpents  de  terre  à  donner  par  le  Sei- 
gneur du  lieu,  une  chapelle  de  mission,  sous 
l'invocation  de  saint  Clément  pape  et  mar- 
tyr; elle  pourra  réunir  tous  les  habitants  de 
la  devanture  de  la  Seigneurie  d'Annfield 
depuis  la  Pointe  du  Buisson  en  descendant 
jusqu'à  la  ligne  seigneuriale  de  Chateauguay, 
et  tous  ceux  des  habitants  de  la  profondeur 
qui  seront  plus  près  de  cette  chapelle  que 
de  celle  que  nous  avons  permis  d'ériger  dans 
un  autre  endroit  de  la  Seigneurie,  en  un 
lieu  nommé  La  Pêche  au  Saumon  (Sainte- 
Martine)  sur  la  rivière  de  Chateauguay." 


(1)  Les  signataires  étaient  Etienne  Hénault,  J.-B.  Gen- 
dron,  Frs  Leduc,  Adrien  Hébert,  Pierre  Paré,  Pierre  Auge, 
Pierre  Bergevin,  Frs  Bergevin,  Frs  Dorais,  Louis  Julien, 
Pierre  Auge,  Ant.  Mathieu,  Léon  Bourdon,  Tous.  Lefebvre, 
J.-B.  Gendron,  J.-B.  St.  Michel,  Jos.  Léeer,  Amand  Hébert, 
Pierre  Leduc,  Pierre  Lalonde,  Jacques  Goyette,  Pierre  Ber- 
gevin, Joseph  Ranger,  Frs  Poirier,  Aug.  Lafleur,  Paul  Hé- 
bert, J.-M.  Cuvillon,  Chs  Poirier,  Guillaume  Laberge,  Et. 
Monpetit,  Aug.  Poirier,  Frs  Bourbonnais,  Pierre  Leduc, 
Frs  Leduc,  Basile  Roy,  J.-B.  Montpetit,  Ant.  Boyer,  Ignace 
Tessier,  Ant.  Leduc,  Frs  Poirier,  Paul  Roy,  Ant.  ^Ûger, 
Frs.  Poirier,  Paul  Gendron,  Jos.  Daigneau,  P.  Poirier.  Joseph 
Leduc,  Jos.  Mathieu,  Frs  Poirier,  Pierre  Pitre,  Jos.  Gendron, 
Aug.  Maillou,  Joseph  Roy,  Baz.  Roy,  fils,  Joach.  d'Arpen- 
tigny,  Paul  Fournier,  P.  Montpetit,  Frs  d'Aoust,  Chs 
D'Aoust,  Jos.  Héneau,  Frs  Lebœuf,  Frs  Tessier,  Jacques 
Lebœuf,  J.-B.  Lebœuf,  Paul  Lefebvre,  Hyac.  Monpetit, 
Jos.  Secours,  Louis  Hébert,  Nie.  St.  Onge,  Amable  Migneron, 
Joseph  Hébert,  Frs  Brancheau,  Ant.  Laplante,  Chs  Laberge, 
Jos.  Roy,  Pierre  Cotua,  Ant.  Cbarlçbois,  Nie.  Marchand, 


Pierre  Lemay,  Louis  Tessier,  Ig.  Hébert,  Pierre  Noël,  Mi- 
chel Deschamps,  Joach.  Gobert,  Am.  Bourdon,  Michel  Roy, 
Jos.  Rollin,  J.-B.  Léger,  Louis  Roy,  G.  Laberge,  Jos.  Marois, 
Pierre  Lemay,  G.  Lalonde,  Michel  Brossois,  Chs  Allard,  P. 
Desgrais,  Pierre  Peltier,  Ignace  Pitre,  Venant  Lefebvre, 
Joseph  Lebœuf,  Louis  Hébert,  Louis  Dorais,  Louis  Trudel, 
Ant.  Daigneau,  Albert  Mercier,  Baâile  St.  .Jean,  J.-B.  Poirier, 
Aug.  Lefebvre,  Hyacinthe  Héneau,  Michel  Longuetin,  Paul 
Leboeuf,  Hilaire  Tellier,  J.-B.  Hébert,  Geoffroy  Hébert, 
Béni.  Poitras,  Bazile  Roy,  Louis  Bougie,  J.-B.  Gervais, 
Michel  Héneau,  Jacques  Bourbonnais,  P.  Leduc,  Michel 
Leduc,  Pierre  Boyer,  Ad.  Hébert,  Michel  Longuetin,  Chs 
Petitbierge,  Ant.  Leduc,  Joseph  Monpetit,  Gabriel  Ranger, 
Albert  Mercier,  Chs  Lebœuf,  Lambert  Péladeau,  Ant. 
Léger,  Chs  Bougie,  Jos.  Desgrais,  Félix  Grenier,  Toussaint 
Laberge,  Frs  Grenier,  Etienne  Léger,  J.-B.  Bonhomme, 
Paul  Léger,  André  Hébert,  J.-B.  Descôtes  (sig.)  Ls  Sarault, 
N.P. 

Cl.  Gauvreau,  soud.  sécr. 


Fondation  de  la  Paboisse 


11 


Le  lendemain,  il  écrit  à  M.  Milne,  agent  troisième  depuis  le  Buisson  en  montant, 
des  Seigneurs  Ellice,  et  demande  discrète-  D'autres,  parmi  lesquels  M.  Manseau,  curé 
ment  la  concession  des  lots  nécessaires  pour    des  Cèdres,  et  M.   Milne,  agent  de  la  Sel- 


la construction  de  la  chapelle  projetée. 

Le  même  jour,  20  novembre,  il  écrit  au  curé 
de  Chateauguay,  qu'il  suppose  anxieux  d'être 
réduit  à  la  seule  desserte  de  sa  paroisse  et 
délivré  de  celle  des  habitants  de  la  Sei- 
gneurie de  Beauharnois,  que  le  moyen  d'accé- 
lérer cette  délivrance 
est  d'encourager  la 
construction  des  cha- 
pelles projetées  dans 
cette  seigneurie. 
L'évêque  parle  d'a- 
bord de  celle  de  La 
Pêche  au  Saumon 
puis  de  celle  de  Beau- 
harnois: "Quant  à 
celle  qui  doit  avoir 
lieu  sur  le  fleuve,  je 
vous  charge  d'en  dé- 
signer la  place .  '  '  Quel- 
ques jours  après,  il 
écrit  encore  au  mê- 
me: "Dans  la  fixa- 
tion de  la  chapelle 
sur  le  fleuve,  dont 
vous  êtes,  chargé  il 
ne  faut  tenir  nul 
compte  des  h  a  b  i- 
tants  établis  au-des- 
sus du  Buisson.  Elle 
n'est  pas  pour  eux." 

Ces  hgnes  révèlent  l'existence  d'une  di 


MESSIRE  ANTOINE  MANSEAU 

qui  a  béni  la  prcntièrc  église 
le  17  décembre  1818. 


gneurie,  ne  voulaient  qu'une  paroisse  sur 
tout  le  front  de  la  Seigneurie. 

Mgr  Plessis,  bien  qu'avec  répugnance, 
sembla  accepter  ce  dernier  projet,  mais, 
en  fait,  tint  à  son  idée  de  trois  paroisses 
distinctes  dans  la  Seigneurie. 

Pendant  ce  temps, 
les  paroissiens,  se 
servant  de  la  permis- 
sion donnée,  bâtis- 
saient leur  chapelle. 
Ils  faisaient  si  bonne 
diligence  qu'à  l'au- 
tomne de  1818,  la 
chapelle  s'élevait  à 
l'endroit  du  collège 
actuel:  Mgr  Plessis 
permettait  à  Mon- 
sieur Bourget,  curé 
de  Chateauguay, 
d'en  faire  la  béné- 
diction. 

Cette  bénédic- 
tion était  faite  le 
17  décembre  par 
Monsieur  Manseau, 
curé  des  Cèdres,  et 
la  première  messe 
était  célébrée  \[e 
même  jour  par  Mon- 
sieur Dufresne,  curé 
du  Sault-Saint-Louis  et  assistant  de  Mon- 


vergence  de  vues  au  sujet  des  limites  de  la    .sieur  Bourget,  curé  de  C'hateauguay.     Mgr 


paroisse  projetée. 

En  effet,  les  uns,  pâmai  lesquels  était 
l'évêque  de  Québec,  voulaient  l'organisa- 
tion de  la  Seigneurie  en  trois  paroisses. 
Sainte  -  Martine ,    Saint  -  Clément,    et  une 


Plessis  ne  pouvait  donner  un  desservant 
pour  cette  nouvelle  chapelle:  "  Le  bon 
Dieu,  disait-il,  ne  le  veut  pas  pour  le 
présent;  peut-être  le  permettra-t-il  dans 
la  suite.     C'est  à  vous  et  à  moi  d'adorer 


12 


Histoire  religieuse  de  Beauharnois 


ses  desseins  et  de  le  prier  de  multiplier  ses 
ouvriers." 

L'attente  ne  devait  pas  être  longue:  les 
lignes  qui  précèdent  sont  de  la  fin  de  no- 
vembre 1818;  un  an  ne  s'était  pas  écoulé 
que  Mgr  Plessis  envoyait  à  Beauharnois  le 
prêtre  que,  sans  doute,  les  prières  des 
fidèles  de  Beauharnois  l'avaient  aidé  à 
trouver.  C'est,  en  effet,  le  3  octobre  1819, 
que  Mgr  Panet  écri- 
vait à  Messire  Pierre 
Clément,  les  lignes 
qui  suivent: 

Monsieur, 

"Vous  êtes  chargé, 
par  la  présente,  de 
la  mission  de  la  Sei- 
gneurie de  Beauhar- 
nois appelée  Saint- 
Clément,  dont  vous 
recevrez  les  revenus 
et  où  vous  exercerez 
les  fonctions  de  mis- 
sionnaire, jusqu'à  la 
révocation  de  Mon- 
seigneur l'évêque  de 
Québec  ou  de  ses 
successeurs." 

En  l'attendant,  le 
curé  de  Chateauguay 
avait  pris  l'habitude 
de  venir  faire  le  servi- 
ce divin  dans  la  nou- 
velle chapelle;  assez  souvent,  il  disait  une 
première  messe  à  Chateauguay  et  une 
seconde  à  Beauharnois.  Mgr  Plessis  trouva 
que  c'était  trop:  il  ne  permit  à  Monsieur 
Bourget  de  biner  qu'une  fois  en  trois  mois. 
"Ce  sera  assez,  disait  l'évêque,  si  vous  y 
ajoutez  l'officB  de  quelques  fêtes  de  dévo- 
tion, et  si  vous  y  allez  coucher  sur  semaine 


MESSIRE  NICHOLAS  DUFRESNE 

qui  a  célébré  la 'première  messe  dans  la  première  église 
le  17  décembre  1818. 


enfants,  célébrant  la  messe  le  lendemain, 
prêchant  et  confessant  les  adultes." 

Et  c'est  ainsi  que  commença  le  culte 
catholique  à  Beauharnois.  D'abord,  les 
curés  de  Chateauguay,  des  Cèdres,  de 
Vaudreuil  et  de  l'Ile  Perrot  vinrent,  d'oc- 
casion, y  célébrer  la  messe  dans  des  maisons 
privées;  lorsqu'à  force  d'instances,  les  gens 
de  Beauharnois  eurent  obtenu  une  chapelle, 

le  curé  de  Chateau- 
guay y  vint  quel- 
quefois le  dimanche, 
plus  souvent  sur  se- 
maine, catéchiser, 
prêcher,  confesser, 
et  surtout  célébrer 
la    messe. 

Dès  lors,  Saint- 
Clément  a  ses  regis- 
tres paroissiaux.  Le 
3  janvier  1819,  le 
curé  Bourget  y  ins- 
crit le  premier  acte 
de  baptême,  celui 
d'Adrien  Hébert, 
fils  de  François  Hé- 
bert et  de  Françoise 
Couillard,  lequel  a 
pour  parrain  Adrien 
Hébert  et  pour  mar- 
raine Catherine  Ma- 
chabé;  le  12  janvier, 
a  lieu  le  premier  ma- 
riage entre  Joseph 
Tessier  dit  Lavigne,  cultivateur,  et  Mar- 
guerite Lebœuf  dit  Saint- Jean;  le  8  février, 
la  première  sépulture  d'enfant,  Charles  Poi- 
rier (4  mois)  fils  de  Charles  Poirier;  le  17 
février,  la  première  sépulture  d'adulte,  Mar- 
guerite Tessier,  76  ans,  épouse  de  Josephta 
Poirier. 
Vienne  un  prêtre  résidant,   et   ce  sera 


une  fois  en  quinze  jours,  y  catéchisant  les    la  vie  paroissiale  dans  toute  son  ampleur. 


Fondation  de  la  Paroisse 


13 


Beauharnois  a  un  patron,  saint  Clément, 
et  une  chapelle;  il  aura  bientôt  son  pres- 
bytère et  son  cimetière.  Pendant  quelque 
temps,  ce  ne  sera  qu'une  mission;  mais, 
autour  de  ce  nouveau  noyau  religieux, 
puis  dans  les  rangs,  des  familles  nom- 
breuses se  grouperont.  De  Saint-Clément 
essaimeront  des  groupes  qui  deviendront 
des  paroisses,  et  l'Eglise  comptera  un 
nouveau  foyer  de  vie  chrétienne. 

Mais  pourquoi  ce  foyer  a-t-il  tant  tardé 
à  paraître  ?  Pourquoi  les  évêques  de  Qué- 
bec ont-ils  tant  tardé  à  se  rendre  aux  requê- 
tes si  pressantes  et  apparemment  si  justi- 
fiées des  fidèles  de  Beauharnois  ?  Pour  plu- 
sieurs raisons. 

Tout  d'abord,  Mgr  Plessis  semble  avoir 
craint  qu'une  desserte  à  Beauharnois  ne 
nuisît  à  l'unité  paroissiale;  le  18  octobre 
1813,  il  écrivait  au  curé  des  Cèdres:  "Je  ne 
désire  pas  de  chapelle  à  Beauharnois.  Plus 
il  y  aura  de  dessertes,  plus  l'ouvrage  sera 
multiplié,  et  la  paroisse  peu  fréquentée." 

En  outre,  il  semble  que  l'évêque  ait 
beaucoup  compté  sur  le  don  d'un  terrain, 
de  la  part  des  Seigneurs;  nous  le  voyons 
en  faire  la  demande  à  l'agent  Milne,  et 
plus  tard,  nous  le  verrons  préoccupé  d'avoir, 
en  bonne  forme,  le  contrat  de  cession 
ou  de  donation. 

Nous  constatons  aussi  que  l'évêque 
accusait  d'apathie  les  habitants  de  la 
Seigneurie;  à  plusieurs  reprises,  il  écrit  au 
curé  de  stimuler  l'ardeur  de  ses  gens,  que 
la  première  chapelle  construite  aura  le 
premier  desservant. 


Enfin,  il  y  avait  différence  de  vues  entre 
les  fidèles  de  Beauharnois  et  leur  évêque, 
au  sujet  de  la  disposition  de  la  chapelle 
projetée.  L'évêque  voulait  que,  dans  le 
presbytère-chapelle,  le  bas  fût  la  chapelle, 
et  le  haut,  le  presbytère;  les  paroissiens 
s'obstinaient  à  vouloir  le  contraire.  Les 
choses  allèrent  au  point  que  l'évêque  me- 
naça de  ne  point  donner  de  desservant  et  de 
ne  point  permettre  le  culte.  Le  conflit  se 
termina  par  un  arrangement  qui  était 
pour  le  mieux:  l'édifice  ne  fut  qu'une  cha- 
pelle; tout  à  côté,  les  habitants  élevèrent 
un  presbytère  où  bientôt  entra  le  premier 
prêtre  résidant  de  Saint-Clément,  Messire 
Pierre  Clément. 

Tels  furent  les  commencements  de  notre 
paroisse;  c'est  la  période  de  sa  fondation, 
c'est  l'âge  héroïque  de  notre  histoire  pa- 
roissiale. 

Saluons,  au  passage,  la  mémoire  de  ceux 
dont  nous  avons,  tantôt,  donné  les  noms; 
ils  furent  les  pionniers,  ils  sont  nos  pères; 
gardons  le  souvenir  de  leur  attachement 
à  la  foi  catholique;  leurs  requêtes  révèlent 
des  chrétiens  soucieux  du  salut  de  leur 
âme  et  de  l'avenir  religieux  de  leurs  en- 
fants; c'est  parce  qu'ils  sont  exposés  à 
languir  dans  la  foi  qu'ils  demandent  une 
chapelle  où  ils  pourront  jouir  sans  obs- 
tacles des  bienfaits  du  culte  catholique. 
Que  leur  ténacité  dans  la  foi  nous  soit  un 
exemple  et  une  leçon! 

Il  nous  faut,  maintenant,  suivre  l'évo- 
lution de  cette  nouvelle  paroisse  et  ses 
développements. 


Fondation  de  la  Paroisse 


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Évolution  de  la  Paroisse 


17 


CHAPITRE  SECOND 


Évolution  de  la  Paroisse   Saint-Clément 


LA  PAROISSE 


ARTICLE  PREMIER— LES  DEMEMBREMENTS 


E  territoire  confié  à  la  solli- 
citude pastorale  de  Mon- 
sieur Pierre  Clément  était 
vaste;  ses  délimitations  ne 
furent  pas  précisées  dès  le 
commencement,  mais  le 
nouveau  desservant  de  Saint-Clément  tenait 
à  connaître  les  bornes  exactes  et  l'étendue 
de  sa  mission;  à  plusieurs  reprises,  il  en  fit 
la  demande  à  l'évêque  de  Québec;  celui-ci 
répondit  qu'il  "avait  toujours  entendu  que 
la  mission  de  Saint-Clément  serait  bornée 
au  Nord-Est  par  la  ligne  seigneuriale  de  Cha- 
teauguay;  au  Nord-Ouest  par  la  Pointe  du 
Buisson;  au  front  par  le  fleuve  ou  lac  Saint- 
Louis,  et  en  profondeur,  par  une  ligne  paral- 
lèle au  fleuve  tirée  d'égale  distance  des  deux 
chapelles  de  Sainte-Martine  et  de  Saint- 
Clément;  Saint-Timothée,  prenant  de  la 
Pointe  du  Buisson,  doit  aller  jusqu'à  la 
ligne  de  God  Manchester  en  comprenant 
la  Grande  Ile." 

En  droit,  Saint-Clément  avait  donc  à 
peu  près  ses  bornes  actuelles;  en  fait,  pour 
quelques  années,  il  en  eut  de  plus  grandes, 
puisque,  de  son  curé,  dépendirent  Sainte- 
Martine  et  Saint-Timothée. 


Saint-Timothée  et  Sainte- Martine 

Jusqu'en  1823,  le  curé  desservant  de 
Saint-Clément  régit  simultanément  les  trois 
groupes  de  Saint-Clément,  de  Sainte-Mar- 
tine et  de  Saint-Timothée;  comme  en 
1818-1819,  avait  fait  pour  Saint-Clément 
le  curé  de  Chateauguay,  ainsi,  à  son  tour, 
fit  pour  Sainte-Martine  et  Saint-Timothée 
le  curé  de  Saint-Clément. 

A  la  vérité,  c'était  une  tâche  délicate 
de  satisfaire  ces  groupes  assez  distants 
les  uns  des  autres:  chacun  tenait  à  avoir 
le  plus  souvent  possible  chez  lui  le  prêtre 
desservant,  d'où  contestations  et  rivalités. 
L'itinéraire  de  Monsieur  Clément  n'est 
pas  aisé  à  reconstituer,  il  semble  avoir  varié. 
Toutefois,  la  vie  paroissiale,  dans  ces 
groupes,  semble  avoir  suivi  à  peu  près  le 
mouvement  suivant:  l'évêque  de  Québec 
avait  permis  l'érection  d'une  chapelle  à 
Sainte-Martine,  mais  les  gens  de  Beau- 
harnois  avaient  devancé  leurs  voisins  et, 
selon  la  promesse  épiscopale,  avaient,  les 
premiers,  reçu  un  prêtre.  Les  fidèles  de 
Sainte-Martine,  quelques  mois  plus  tard, 
commençaient  à  construire  une  chapelle.  Le 
curé  de  Chateauguay  était  chargé  de  la 


18 


Histoire  Religieuse  de  Beauharnois 


conduite  de  cette  bâtisse,  mais,  "pour  le 
reste,  le  curé  de  Saint-Clément  devait  con- 
sidérer cette  mission  comme  faisant  partie 
de  la  sienne;  les  habitants  de  Sainte-Martine 
devaient  lui  payer  la  dîme,  faire  chez  lui  la 
communion  pascale,  y  porter  les  enfants  au 
baptême  et  leurs  morts  à  la  sépulture." 

Au  1er  septembre  1821,  la  division  de 
paroisse  n'est  pas  encore  faite:  Monseigneur 
Lartigue  écrit  au  curé  qu'il  n'a  "à  faire 
mémoire  de  Sainte-Martine  qu'au  cas  où 
elle  serait  divisée  de  Saint-Clément  et 
seulement  dans  l'église  dédiée  à  cette  sainte. 
De  même  jusqu'à  cette  division,  le  curé 
n'est  tenu  à  dire  la  messe  pour  les  habi- 
tants de  ce  canton  que  collectivement." 

Vers  le  milieu  de  l'année  1822,  la  cha- 
pelle de  Sainte-Martine  est  terminée,  et  la 
division  de  mission  est  faite;  le  curé  de 
Saint-Clément  reste  desservant  de  Sainte- 
Martine,  mais  les  habitants  de  la  nouvelle 
mission  ont  maintenant  leurs  offices  chez 
eux. 

Vers  le  même  temps,  le  curé  Clément 
est  chargé — le  24  septembre — de  la  des- 
serte de  Saint-Timothée.  Saint-Timothée 
a  alors,  d'après  les  recensements  officiels, 
une  population  de  888  habitants,  Sainte- 
Martine  1306,  et  Saint-Clément,  1069. 
Voilà  le  troupeau  confié  aux  soins  de 
Monsieur  Clément. 

Le  pasteur  a  le  désir  de  satisfaire  aux 
besoins  de  ces  trois  groupes;  comment  y 
réussir?  Sous  la  direction  épiscopaie,  il 
adopte  un  mode  de  desserte  qui,  peut-être, 
n'empêcha  pas  toute  réclamation,  mais 
qui,  à  distance,  apparaît  comme  raison- 
nable et  équitable:  il  est  entendu  que 
Saint-Clément  a  la  messe  tous  les  diman- 
ches,— c'est  justice,  puisque  c'est  l'église 
principale;  Saint-Timothée  et  Sainte-Mar- 
tine l'auront  de  deux  dimanches  l'un,  le 


curé  binant  un  dimanche  à  Saint-Timothée 
et  l'autre  à  Sainte-Martine;  aux  fêtes 
d'obligation,  une  seule  messe  alternative- 
ment à  Sainte-Martine  et  à  Saint-Timothée 
et  aucune  messe  à  Saint-Clément;  les  jours 
de  fête  où  le  peuple  n'est  pas  obligé  d'as- 
sister à  la  messe,  les  offices  se  font  unique- 
ment à  Saint-Clément;  aux  Rogations,  l'offi- 
ce a  lieu,  à  chaque  mission,  un  des  trois 
jours;  les  baptêmes  et  les  mariages  doivent 
se  célébrer  à  Saint-Clément,  et  les  sépul- 
tures dans  chaque  mission  respective,  con- 
formément à  l'usage  du  diocèse. 

En  novembre  1823,  Saint-Timothée  était 
confié  à  la  desserte  des  Cèdres."'  Le  curé 
de  Saint-Clément  n'avait  plus  à  s'occuper 
que  de  Saint-Clément  et  de  Sainte-Martine; 
l'évêque  régla  que  les  offices  se  feraient 
alternativement,  sans  biner,  à  Saint-Clé- 
ment et  à  Sainte-Martine,  et  que  les  fêtes 
d'obligation  ne  se  feraient  qu'à  Sainte- 
Martine;  les  jeudi  et  vendredi  saints  en- 
semble se  célébreront  une  année  dans  la 
même  mission  et  une  année  dans  l'autre; 
la  procession  solennelle  du  dimanche  dans 
l'octave  de  la  Fête-Dieu,  se  fera  aussi 
une  année  dans  une  paroisse  et  une  année 
dans  l'autre. 

Au  surplus,  chacune  des  deux  missions 
a  sa  fabrique  administrant,  sous  la  pré- 
sidence du  curé,  les  biens  de  la  paroisse. 

Les  choses  vont  ainsi  jusqu'en  1826. 
A  cette  date,  Sainte-Martine,  à  son  tour, 
se  sépare  de  Saint-Clément.  A  vrai  dire, 
l'idée  de  séparation  n'était  pas  nouvelle: 
dès  1820,  les  habitants  de  ce  territoire 
demandaient   à   être    détachés   de    Saint- 


Ci)  Précédemment  Saint-Timothée  avait  été  sous  la 
desserte  des  Cèdres.  En  1826,  il  reviendra  pour  deux  ans,  à 
celle  de  Saint-Clément;  en  1828,  il  aura  un  curé  missionnaire 
résidant;  en  1832,  de  nouveau,  il  sera  sous  la  juridiction  du 
curé  de  Beauharnois;  cette  même  année,  il  sera  définitive- 
ment érigé  en  paroisse  distincte. 


Évolution  de  la  Paroisse 


19 


Clément;  en  1825,  ils  faisaient  une  nou- 
velle requête  et  l'autorité  diocésaine  leur 
accordait  leur  demande;  en  1826,  Sainte- 
Martine  recevait  son  premier  curé,  Messire 
Pierre  Mercure,  et  Saint-Clément  con- 
tinuait, seul,  sa  vie  paroissiale,  sous  un 
nouveau  curé.  Monsieur  François  Labelle. 

Ërection  Canonique 

Dégagée  de  Saint-Timothée  et  de  Sainte- 
Martine,  la  paroisse  Saint-Clément  a  une 
population  d'à  peu  près  1,300  âmes  dont, 
environ,  700  communiants. 

En  étendue,  elle  "comprend  tout  ce 
territoire  irrégulier  qui  part  de  la  Sei- 
gneurie de  Chateauguay  sur  le  fleuve  Saint- 
Laurent  et  remonte  le  dit  fleuve  jusqu'au 
et  compris  le  domaine  du  Buisson  dans 
la  dite  Seigneurie  de  Beauharnois  et  qui 
a  dans  cette  ligne  deux  lieues  et  quinze 
arpents,  de  là  qui  suit  la  ligne  sud-ouest 
du  dit  domaine  du  Buisson  jusqu'à  la 
rivière  Saint-Louis  et  qui  a  dans  cette 
ligne  cent  cinquante  arpents,  de  là  qui 
descend  la  dite  rivière  Saint-Louis  jusque 
vis-à-vis  la  ligne  divisant  ces  deux  parties 
de  la  dite  Seigneurie  de  Beauharnois  con- 
nues sous  le  nom  de  North  Georgetown 
et  d'Annstown,  et  qui  a  ici  quatre-vingt- 
deux  arpents,  de  là  qui  traverse  la  dite 
rivière  Saint-Louis  et  suit  la  susdite  ligne 
de  division  jusqu'à  la  ligne  ou  base  de  pro- 
fondeur des  terres  de  la  concession  du 
grand  marais  de  la  susdite  Seigneurie 
de  Beauharnois  et  qui  a  dans  cette  ligne 
quatre-vingt-deux  arpents,  de  là  qui  suit 
la  ligne  de  profondeur  des  terres  de  la 


susdite  concession  du  grand  marais  et  qui 
a  dans  cette  ligne  quatre-vingt-seize  ar- 
pents, de  là  qui  suit  la  ligne  de  profondeur 
des  terres  prenant  leur  front  à  la  rivière 
du  Loup  dite  Chateauguay  jusqu'à  la 
dite  ligne  seigneuriale  de  Chateauguay  et  qui 
contient  ici  soixante-dix  arpents,  et  de  là  qui 
suit  la  dite  Seigneurie  de  Chateauguay 
jusqu'au  point  de  départ  et  qui  a  dans 
cette  ligne  quarante-six  arpents." 

Sur  ce  territoire,  il  y  a  21  terres  de  3 
arpents  de  front  sur  60  de  profondeur, 
excepté  quelques-unes  qui  en  ont  quatre- 
vingts,  18  terres  de  4  arpents  sur  40,  et 
149  de  4  arpents  sur  25,  outre  60  emplace- 
ments du  village,  et  deux  grands  domaines 
à  concéder,  l'un  en  emplacements  et  l'autre 
en  terres. 

C'est  ce  territoire  qui  comprend  Saint- 
Clément  actuel,  plus  Saint-Etienne  et  une 
partie  de  Saint-Louis,  que,  peu  après  la 
séparation  d'avec  Sainte-Martine,  les  pa- 
roissiens de  Saint-Clément  demandent,  à 
Mgr  Panet,  d'ériger  en  paroisse  canonique. 
Ils  rappellent  que  la  distance  et  les  mauvais 
chemins  les  ont  obligés  jadis  à  bâtir  une 
chapelle,  que,  depuis  1818,  le  culte  divin 
se  fait  dans  cette  chapelle;  ils  ajoutent  qu'ils 
pourraient  fournir  annuellement,  par  leurs 
dixièmes,  pour  la  subsistance  d'un  prêtre,  la 
quantité  de  300  minots  de  froment,  de  100 
minots  de  pois,  de  100  minots  d'avoine,  et 
de  10  minots  d'orge;  pour  toutes  ces  raisons, 
ils  supplient  Sa  Grandeur  de  bien  vouloir 
ériger  canoniquement,  sous  l'invocation  de 
Saint-Clément,  tout  le  territoire  ci-dessus 
mentionné.^" 


(1)  Les  signataires  de  cette  requête  furent:  Hyae.  Mont- 
petit,  marguillier  1er,  Ant.  Leduc,  Jos.  Marois,  Joseph  Des- 
prés, Lambert  Palade,  Hyac.  Jjefebvre,  J.-B.  Gendron,  fils, 
Jos.  Daoust,  I>ouis  Lefebvre,  Joach.  Gendron,  J.-B.  Gervais, 
Pierre  Pelletier,  Joach.  Gendron,  fils,  Pierre  Leduc,  Chs 
Noël,  Pierre  Bélair,  Louis  Labrecque,  Ant.  Boyer,  Jos. 
Giroux,  Gabriel  Daoust,  Augustin  Barrette,    Frs  Tessier, 


J.  B.  Bougie,  Joach.  Brossois,  Chs  Gendron,  Frs  Bougie, 
J.-B.  Branchaud,  Jos.  Couillard,  Jos.  Huneau,  Augustin 
Leduc,  Joach.  Gendron,  f.  de  Pr.,  Chs  Bougie,  Adrien  Hé- 
bert, f .  Basile  Matthieu,  J.-M.  Bergeron,  Jacques  Bougie,  p., 
Béloni  Lafleur,  Jos.  Bergeron,  Jacques  Bougie,  f.,  Pierre 
Leduc,  f.,  J.-B.  Monpetit,  Pierre  Lemai,  Jos.  Roy,  jun., 
Ant.  Léger,  Pierre  Després,  Frs.  Dandurand,  Marg.,  Louis 


20 


Histoire  religieuse  de  Beauharnois 


Cette  requête  est  du  26  juillet  1826;  elle 
fut  rédigée  par  le  notaire  Ovide  Leblanc. 
Un  an  plus  tard,  le  11  mai  1827,  Monsei- 
gneur Panet  donnait  à  Messire  Joseph 
Marcoux,  desservant  du  Sault  Saint-Louis, 
commission  "de  se  transporter  à  Saint- 
Clément,  de  vérifier  les  faits  énoncés  en 
la  requête,  de  dresser  du  tout  un  procès- 
verbal  de  commodo  et  incommodo,  lequel  nous 
sera  renvoyé  pour  être  ultérieurement  pro- 
cédé en  ce  qui  concerne  l'érection  d'une 
paroisse  au  dit  lieu." 

Ce  n'est  que  deux  ans  plus  tard  que  M. 
Marcoux  exécuta  sa  commission.  Le  2 
avril  1829,  il  se  rendait  à  Beauharnois, 
s'arrêtait  auprès  de  la  chapelle,  dans  la 
salle  appelée  salle  des  habitants:  il  y  tenait 
une  assemblée;  les  allégués  de  la  requête 
des  paroissiens  étaient  trouvés  exacts  et 
le  procès-verbal  était  rédigé  en  consé- 
quence.^" 

Toutefois,  le  décret  d'érection  canonique 
ne  suivit  pas  immédiatement.  Une  oppo- 
sition avait  été  faite,  celle  des  habitants  et 
propriétaires  de  terres  des  côtes  Saint- 
Georges  et  Saint-Laurent.  Se  trouvant  plus 
près  de  Sainte-Martine  que  de  Beauharnois, 
ayant  contribué  pour  leurs  parts  aux  tra- 
vaux publics  et  notamment  à  l'édifice  d'une 
église  et  d'un  presbytère  à  Sainte-Martine, 
ayant  de  bons  chemins  pour  s'y  rendre,  ils 


déclaraient  avoir  toujours  été,  de  fait, 
regardés  comme  paroissiens  de  Sainte-Mar- 
tine; d'où,  ils  demandaient  à  ne  pas  être 
compris  dans  les  limites  de  Saint-Clément, 
mais  dans  celles  de  Sainte-Martine,  comme 
d'ailleurs,  M.  Marcoux  les  y  avait  placés 
en  faisant,  presque  simultanément,  une 
enquête  pour  l'érection  canonique  de  la 
paroisse  Sainte-Martine.'^^ 

A  cela,  le  curé  et  les  principaux  parois- 
siens de  Saint-Clément  répondaient:  "Accor- 
der aux  paroissiens  de  Saint-Georges  et 
Saint-Laurent  leur  demande,  serait  rétrécir 
beaucoup  trop  l'étendue  non  déjà  trop 
grande  de  Saint-Clément,  et  en  faire  une 
paroisse  insuffisante  pour  la  subsistance 
d'un  curé;  en  outre,  les  habitants  de  Sainte- 
Martine  n'ont  jamais  demandé,  comme  ont 
fait  ceux  de  Saint-Clément,  à  inclure  les 
côtes  de  Saint-Georges  et  de  Saint-Laurent 
dans  leur  paroisse;  de  plus,  la  paroisse 
projetée  de  Saint-Clément,  par  sa  situation 
centrale,  par  son  port,  par  son  grand  village 
exposeront  toujours  le  curé  à  des  dépenses 
extra  et  quasi  inévitables  et  à  un  surcroît 
d'occupation;  de  plus,  la  paroisse,  trop 
petite,  serait  irrégulière  dans  sa  forme  et 
incertaine  dans  ses  démarcations;  quant 
aux  opposants,  on  les  accusait  de  ne  con- 
sidérer que  leur  commodité  privée;  ou- 
bliant  combien  il   est  probable    qu'ils  ne 


Trudel,  Ignace  Longtin,  Augiistin  Dandurand,  Jos.  Hénault, 
p.,  J.-B.  Gendron,  p.,  Fre  Léger,  Hyac.  Héneau,  Joseph 
Poirier,  p.,  Frs  Daoust,  Michel  Brossoit,  p.,  Michel  Hénault, 
Chs  Daigneault,  Michel  Broissoit,  f.,  Michel  Lalonde, 
J.-B.  Gendron,  Aug.  Brossoit,  Maurice  Quebillon,  Paul 
Daignault,  Chs  D'Aoust,  Michel  Longuetin,  Michel  Roy,  p., 
Ls.  Hébert,  f.,  B.  Poitras,  Michel  Roy,  f.,  Frs  Beaudoin, 
Léon  Clément,  Michel  Deschamps,  P.  Tholin,  Jos.  Clément, 
Frs  Houle,  Jos.  Branchaud,  Paul  Lebœuf,  J,-M.  Latrémouille, 
Joach.  Faubert,  F.  Jos.  Gendron,  J.-B.  Poirier,  Amant 
Hébert,  Pierre  Petit,  Joseph  Mathieu,  Pr.  Gendron,  Ignace 
Tessier,  p.,  Jos.  Daignault,  Paul  Hébert,  François  Petit, 
Guillaume  d'Arpentigny,  Adrien  Hébert,  Michel  Labom- 
barde,  Joach.  Daignault,  Chs  Roy  dit  Lapensée,  Guillaume 
Laberge,  Pierre  Monpetit,  Jos.  Hébert,  Joseph  Lebœuf, 
J.-B.  Montpetit,  jun.,  J.-B.  Branchaud,  p.,  Gabriel  Ranger, 
Jos.  Dupont,  Jacques  Goguette,  Ignace  Tessier,  J.  Roy  dit 


Lapensée,  Paul  Fournier,  Etienne  Lebœuf,  Mich.  Tondu  dit 
St-Onge,  Alexis  Lebœuf,  Frs  Laberge,  Jos.  Leduc,  J.-B. 
Bourdon,  Chs  AUard,  Ign.  Pitre,  Chs  Allard,  Léon  Bourdon, 
Frs  Tessier,  marguilHer,  Geoffroy  Bourdon,  Paul  A.  Sarault, 
Chs  Laberge,  p.,  Antoine  Tessier,  Philistin  Boyer,  Ls 
Hébert,  p.,  Chs  Lefebvre,  Jos.  Dandurand,  Pr.  Pitre  dit 
Lajambe,  Joseph  Hébert,  P.  Fison,  Ovide  Leblanc,  notaire. 

(1)  Signèrent  ce  procès-verbal  comme  témoins:  Ignace 
Bourget,  prêtre,  alors  secrétaire  de  Mgr  Lartigue  et  futur 
évêque  de  Montréal,  et  Hyacinthe  Hudon,  curé  de  Rigaud. 

(2)  Signataires:  Chs  Archambault,  Louis  Turcot,  Jean 
Leclaire,  Paul  Grandbois,  f.,  Pierre  Poisson,  Ignace  Poisson, 
Louis  Turcot,  f.,  Nicolas  Craite,  Amable  Lefebvre,  Alexis 
Sauvageau,  Ls  Dumouchel,  Alexandre  Grandbois,  Michel 
Lazare,  Jean-B.  Malette,  Michel  Laberge,  Frs  Desgro- 
seilliers,  Chs  Bergevin,  Augustin  Mathieu. 


Evolution  de  la  Paroisse 


21 


soient  plus  propriétaires  dans  un  an  ou 
deux  (les  nouvelles  terres  étant  sujettes  à 
de  fréquentes  commutations)  et  combien 
il  serait  du  plus  grand  intérêt,  surtout  de 
celui  de  la  religion,  que  les  susdites  côtes 
appartinssent  en  entier  à  Saint-Clément."^'^ 

Ces  raisons  triomphèrent  et  le  1er  août 
1829,  Mgr  Panet  érigeait  canoniquement 
la  paroisse  Saint-Clément,  "sans  avoir 
égard  à  la  requête  des  dix-huit  habitants 
des  côtes  de  Saint-Georges  et  Saint-Lau- 
rent," donc,  en  incluant  leurs  terres  dans 
les  limites  de  la  nouvelle  paroisse.  Les  li- 
mites approuvées  étaient  celles  de  la  re- 
quête de  1826;  la  nouvelle  cure  et  paroisse 
de  Saint-Clément  était  mise  entièrement 
sous  la  juridiction  spirituelle  des  évêques 
de  Québec,  "à  la  charge  pour  les  curés  ou 
desservants  qui  y  sont  établis  de  se  con- 
former aux  règles  de  discipline  ecclésias- 
tique en  usage  dans  ce  diocèse,  spéciale- 
ment d'administrer  les  sacrements,  la  parole 
de  Dieu  et  les  autres  secours  de  la  religion 
aux  fidèles  de  ladite  paroisse,  enjoignant 
à  ceux-ci  de  payer  aux  dits  curés  et  des- 
servants les  dîmes  et  obligations  telles 
qu'usitées  et  autorisées  dans  ce  diocèse 
et  de  leur  porter  respect  et  obéissance 
dans  toutes  les  choses  qui  appartiennent  à 
la  religion  et  qui  intéressent  leur  salut 
éternel." 

En  terminant,  l'évêque  rappelait  aux 
fidèles  de  Beauharnois  qu'ils  devaient  de- 
mander l'érection  civile  de  leur  nouvelle 
paroisse  canonique.  La  reconnaissance 
civile  fut  effectivement  donnée  le  10  juillet 
1835,  par  Lord  Aylmer,  sous  la  signature 
de  D.  Daly,  secrétaire  de  la  province. 


Saint-Louis-de-Gonzague 

Le  territoire  érigé  sous  le  nom  de  pa- 
roisse Saint-Clément  comprenait  une  éten- 
due d'à  peu  près  2  lieues  3^  de  front  sur 
3  de  profondeur,  c'est-à-dire  de  la  ligne 
seigneuriale  de  Chateauguay  à  la  ligne 
ouest  du  Buisson  sur  le  front,  et  du  lac 
Saint-Louis  à  la  rivière  Chateauguay  sur 
la  profondeur.  Saint  -  Clément  se  trou- 
vait à  inclure  tout  le  Beauharnois  actuel, 
plus  le  territoire  s'étendant  des  limites  de 
Saint-Clément  jusqu'au  rang  du  Vingt 
inclusivement  et  assez  loin  sur  la  rivière 
Saint-Louis-Nord.  Au  reste,  du  territoire 
qui  va  jusqu'à  Sainte-Barbe,  une  partie 
appartenait  à  Saint-Timothée,  une  partie 
n'appartenait  à  aucune  paroisse. 

Il  en  fut  ainsi  pendant  une  dizaine 
d'années.  En  1842,  67  habitants  de  la 
rivière  Saint-Louis  demandent  à  Mgr  Bour- 
get  d'être  séparés  de  Saint-Clément  et 
réunis  en  paroisse  distincte;  Mgr  Bourget 
demande  à  Monsieur  Carron,  curé  de  Saint- 
Clément,  d'envoyer  un  vicaire,  de  temps  en 
temps,  pour  dire  la  messe  et  confesser. 
En  1845,  une  lettre  de  Monsieur  Viau, 
curé  de  Beauharnois,  nous  apprend  que 
"les  habitants  du  haut  de  la  rivière  Saint- 
Louis  se  remuent  pour  avoir  une  église 
et  même  pour  former  une  paroisse.  Ladite 
paroisse  se  composerait  du  rang  du  'Vingt" 
faisant  partie  de  la  paroisse  Saint-Clément, 
puis  des  rangs  "Trente"  et  "Quarante"  qui 
n'appartiennent  à  aucune  paroisse;  plus 
d'un  rang  non  encore  établi  faisant  partie 
de  Saint-Timothée,  tout  près  de  Roque- 
ville  où  devrait  être  placée  la  nouvelle 
église;  puis  enfin,  du  haut  de  la  rivière  Saint- 


Ci  )  Signataires:  Paul  Roy,  Augustin  Brossoit,  Etienne 
Montpetit,  marg.,  J.-B.  Montpetit,  l'ancien,  J.-M.  Bergeron, 
Frs  Dandurand,  ex.  marg.,  Ant.  Tessier  dit  Lavigne,  Louis 
Lemai,  Michel  Hénault,  Deschamps,  J.-B.  Tondu,  Pierre 
Leduc  dit  Pilote,  J.-B.  Poirier,  Michel  Broissoit,  f.,  Joseph 
Monpetit,  Frs  Hénault,    Hya.  Heneau,  Grégoire  Bergeron, 


Pierre  Pelletier,  Pierre  Matthieu,  Michel  Leduc,  Jos.  Poirier, 
P.  Tondu,  Chs  Bougie,  M.  Tondu,  M.  Longuetin,  H.  Mont- 
petit, anc.  m.,  N.  Boyer,  P.  Petit,  J.-B.  Gendron,  F.-B.  Roy, 
P.  anc.  m.,  Ls  Trudel,  p.  anc.  m.,  Basile  Matthieu,  Ovide 
Leblanc,  not. 


22 


Histoire  religieuse  de  Beauharnois 


Louis  dont  quelques  habitants  appartiennent 
à  Saint-Clément,  les  autres  n'étant  d'aucune 
paroisse." 

Les  désirs  des  fidèles  ne  tardèrent  guère 
à  se  réaliser.  Le  19  avril,  ils  faisaient  une 
requête  pour  l'érection  canonique  de  la 
nouvelle  paroisse.  Le  26  mai,  ils  élisaient 
des  syndics^'^  pour  les  nouvelles  construc- 
tions. L'église,  après  une  longue  discussion 
fut  d'abord  fixée  au  nord  de  la  rivière,  à 
peu  près  chez  M.  Elie  Léger,  et  on  en  com- 
mença la  fondation.  Le  24  septembre, 
Mgr  Bourget  permettait  d'abandonner  le 
premier  site  et  de  bâtir  au  sud.  La  cha- 
pelle, en  bois,  fut  élevée  de  septembre 
1845  à  avril  1846;  elle  était  située  dans  le 
parterre  actuel  du  presbyl^re.  Elle  fut 
bénite  par  Monsieur  Charland,  curé  de 
Beauharnois,  le  21  avril  1847;  elle  était 
sous  le  vocable  de  Saint-Louis-de-Gonzague. 
La  nouvelle  mission,  pendant  quelques 
années,  1846-1849,  fut  desservie  par  les 
prêtres  de  Beauharnois,  par  M.  Groulx 
en  1846,  par  Monsieur  F.-X.  Caisse,  de 
l'automne  de  1846  à  octobre  1847,  par 
M.  Nazaire  Hardy,  de  1847  à  1850.  En 
1849,  Monsieur  Hardy  fut  nommé  curé  de 
la  nouvelle  paroisse;  enfin,  en  1851 — ^le 
30  décembre— elle  recevait  l'érection  ca- 
nonique; son  territoire  avait  40  milles 
carrés  (10  par  4)  et  s'étendait  du  rang  du 
Vingt   à    Sainte-Barbe   actuelle  ;^*^   ce   fut 


(1)  Monsieur  Groulx,  vicaire  à  Saint-Clément  et  Mes- 
sieurs Benjamin  Leduc  et  François  Leduc. 

(1)  Voici  les  limites  officielles  de  la  nouvelle  paroisse: 
"La  dite  paroisse  comprendra  une  étendue  d'environ  dix 
milles  de  long  sur  environ  quatre  milles  de  large,  bornée 
comme  suit,  savoir:  au  nord-ouest  par  la  cinquième  con- 
cession de  Helenstown  et  la  quatrième  concession  de  Cathe- 
rinestown  inclusivement;  au  sud-ouest  par  le  township  de 
Godmanchester,  au  sud-est  de  la  quatrième  concession 
d'Ormstown  inclusivement,  et  par  la  ligne  longeant  et  allant 
jusqu'à  l'extrémité  des  terres  de  la  rivière  Châteauguay, 
dans  la  paroisse  de  Sainte-Malachie;  et  enfin  au  nord-est  par 
la  ligne  de  séparation  entre  les  première  et  seconde  concessions 
de  North-Georgetown  et  la  ligne  de  séparation  entre  les 
terres  des  sieurs  Louis  Gendron  et  André  Roy,  sur  la  rivière 
Saint-Louis." 


donc  un  démembrement  de  Saint-Clément 
et  de  Saint-Timothée. 

Saint-Ëtienne 

Après  l'érection  canonique  de  Saint- 
Louis-de-Gonzague,  Saint-Clément  de  Beau- 
harnois ne  comprenait  plus  que  les  terri- 
toires constituant  aujourd'hui  la  paroisse 
de  Saint-Clément  et  celle  de  Saint-Ëtienne; 
dans  ce  territoire  une  nouvelle  paroisse 
ne  tarda  pas  à  se  former. 

Comme  dans  toutes  les  fondations  de 
paroisse,  il  y  eut  d'abord  des  requêtes; 
l'une  des  premières,  signée  par  85  francs- 
tenanciers,  est  du  9  février  1852  et  attira 
les  protestations  du  curé  de  Saint-Louis, 
M.  Burke  et  du  curé  de  Beauharnois, 
M.  Charland.  En  1855,  une  nouvelle 
requête  de  104  francs-tenanciers  deman- 
dait l'érection  d'une  paroisse  sous  le  vo- 
cable de  Notre-Dame  des  Victoires;  d'au- 
tres requêtes  suivirent  et  aboutirent,  en 
1863-1864,  à  la  construction  d'une  chapelle 
bénite  par  Monsieur  Charland  le  1er 
août  1864,  et  dédiée  à  saint  Etienne,  pre- 
mier martyr. 

De  1864  à  1869,  la  nouvelle  mission  fut 
desservie  de  Beauharnois.  En  1869,  elle 
reçut  son  premier  curé.  Monsieur  Antoine 
Giguère,  et  fut  érigée  canoniquement  par 
l'évêque  de  Montréal,  d'après  les  délimi- 
tations suivantes:  "1°  du  territoire  qui  suit, 
faisant  aujourd'hui  partie  de  la  paroisse 
Saint-Clément  de  Beauharnois,  savoir:  le 
rang  appelé  Saint  -  Laurent  en  entier,  la 
première  concession  de  North-Georgetown, 
depuis  le  numéro  un  inclus  jusqu'au  numéro 
vingt-cinq  aussi  inclus,  le  rang  au  nord 
de  la  petite  rivière  Saint-Louis,  depuis  le 
numéro  A  inclus,  jusqu'à  celui  actuelle- 
ment occupé  par  Grégoire  Bergeron  et 
Alexis   Hébert   aussi   inclus,   et   celui   du 


Evolution  de  la  Paroisse 


23 


sud  de  ladite  rivière,  à  partir  en  haut  du 
lot  (inclus)  actuellement  possédé  par  Is- 
raël Laberge,  jusqu'à  celui  actuellement 
possédé  par  Jacques  Brunel,  aussi  inclus; 
2°  du  territoire  qui  suit,  faisant  aujour- 
d'hui partie  de  la  paroisse  de  Saint-Louis- 
de-Gonzague,  savoir:  la  seconde  conces- 
sion de  North-Georgetown  des  deux  côtés 
depuis  le  numéro  un  inclus,  jusqu'au  nu- 
méro vingt-six,  aussi  inclus,  laquelle  dite 
nouvelle  paroisse  sera  bornée  par  l'extré- 
mité des  susdites  paroisses  de  Saint-Clé- 
ment de  Beauhamois  et  de  Saint-Louis-de- 
Gonzague  ainsi  démembrées  et  par  celle 
de  la  paroisse  de  Sainte-Martine." 

Ces  limites  telles  que  fixées  ne  plurent 
pas  à  quelques  cultivateurs  de  Saint-Clé- 
ment; à  plusieurs  reprises,  des  requêtes, 
signées  par  des  francs-tenanciers  des  rangs 
Sainte-Anne  et  Saint-Joseph  et  aussi  du 
sud  de  la  rivière  Saint-Louis,  furent  en- 
voyées à  l'autorité  diocésaine,  notamment 
en  mars  1869,  en  avril  1871,  en  novembre 
1884;  elles  demandaient  que  les  terres  occu- 
pées par  les  signataires  fussent  annexées 
à  Saint-Êtienne;  les  raisons  alléguées  étaient 
la  distance,  le  mauvais  état  des  chemins, 
d'où  la  difficulté  d'assister  aux  offices 
divins,  d'entendre  la  parole  de  Dieu,  de 
recevoir  les  sacrements,  etc. 

Chaque  fois,  cependant,  des  contre-re- 
quêtes furent  aussi  envoyées.  Elles  ré- 
pondaient aux  allégations  annexionnistes 
que  la  paroisse  de  Saint-Clément  était 
déjà  réduite,  que  les  revenus  ne  seraient 
plus  suffisants,  qu'en  s'annexant  à  Saint- 
Êtienne,  les  habitants  devraient  faire  de 
nouvelles  dépenses  pour  l'église  et  le  pres- 
bytère, que  les  chemins  et  ponts  étaient 
déjà  faits  pour  aller  à  Saint-Clément, 
qu'au  reste  les  habitants  devaient  aller 
à  Saint-Clément  pour  le  marché,  pour  la 


vente  des  grains,  pour  le  palais  de  justice, 
pour  le  commerce,  pour  le  bureau  seigneu- 
rial, le  bureau  d'enregistrement,  le  moulin 
à  farine,  pour  consulter  les  hommes  appar- 
tenant aux  professions  libérales. 

Jusqu'ici,  ces  raisons  et  d'autres  ont 
été  jugées  sérieuses  et  Saint-Clément  n'a 
subi  aucun  démembrement  depuis  l'éta- 
blissement de  la  paroisse  Saint-Étienne,. 
en  1869. 


*  * 

* 


En  résumé,  lors  de  sa  fondation,  Saint- 
Clément  de  Beauhamois  comprenait  tout 
le  territoire  occupé  aujourd'hui  par  les 
paroisses  Saint-Clément,  Saint-Êtienne,  et 
une  partie  de  Saint-Louis-de-Gonzague; 
temporairement,  ses  curés  eurent  juridic- 
tion sur  Sainte-Martine  et  Saint-Timothée; 
pendant  quelque  temps  même,  les  fidèles  de 
Sainte-Martine  et  de  Saint-Timothée  vin- 
rent à  l'église  de  Beauhamois,  mais,  dans 
l'intention  de  l'évêque  de  Québec,  des  cha- 
pelles devaient  s'élever  simultanément  aux 
trois  endroits.  Sainte-Martine  et  Saint- 
Timothée  se  détachèrent  de  bonne  heure 
de  Saint-Clément. 

En  1829,  Saint-Clément  fut  érigé  en 
paroisse  canonique  s'étendant  jusqu'au 
rang  du  "Vingt";  en  1847,  Saint-Louis- 
de-Gonzague  eut  une  chapelle  desservie  de 
Beauhamois  et,  en  1851,  fut  érigé  canoni- 
quement.  En  1864,  Saint-Etienne  eut  aussi 
sa  chapelle  et  reçut,  en  1869,  l'érection 
canonique. 

Depuis  cette  date,  ces  trois  paroisses 
n'ont  pas  été  modifiées.  Saint-Clément 
a  continué  à  progresser;  ses  institutions 
religieuses  se  sont  développées  et  en  ont 
fait  l'une  des  plus  belles  et  des  plus  pros- 
pères paroisses  du  district  de  Beauhamois. 

Nous   venons   de   voir   comment   notre 


24 


Histoire  religieuse  de  Beauharnois 


paroisse  a  été  fondée  et  comment  elle  a 
évolué  dahs  son  cadre  extérieur,  dans  ses 
délimitations  territoriales.  Maintenant, 
il  faut  pénétrer  à  l'intérieur,  et  rappeler 
les  personnes  et  les  choses  qui  ont  été  les 


artisans  ou  les  éléments  de  la  vie  parois- 
siale, à  Saint-Clément,  depuis  cent  ans. 
Les  personnes  constituent  le  personnel  pa- 
roissial; les  choses  sont  les  établissements 
paroissiaux. 


ARTICLE  DEUXIÈME— LE  PERSONNEL  PAROISSIAL 


Nous  voudrions,  ici,  rappeler  le  sou- 
venir de  tous  ceux  qui  ont  fait  notre  pa- 
roisse de  Beauharnois;  ils  se  rangent  sous 
deux  groupes  distincts:  le  clergé  et  les 
laïques. 

Le  Clergé 

Les  paroissiens  de  Saint-Clément  se  doi- 
vent de  conserver  religieusement  la  mé- 
moire des  prêtres  que,  depuis  cent  ans, 
l'Eglise  a  préposés  à  leur  bien-être  spi- 
rituel. Pendant  un  siècle,  le  clergé  a  ac- 
compli à  Beauharnois  l'œuvre  bienfaisante 
qu'ont  connue  toutes  les  paroisses  cana- 
diennes. Depuis  1819,  les  fidèles  de  Saint 
Clément  ont  toujours  pu  compter  et  s'ap- 
puyer sur  le  prêtre;  la  vie  du  prêtre  s'est 
dépensée  à  leur  service.  Le  prêtre  a  été 
constamment,  leur  consolateur,  leur  guide, 
leur  pasteur,  le  distributeur  des  choses 
saintes.  Les  personnes  ont  pu  changer, 
le  dévouement  n'a  pas  cessé.  Les  carac- 
tères ont  pu  être  différents,  le  zèle  des 
âmes  a  toujours  été  apostolique.  A  l'œu- 
vre pastorale,  chaque  prêtre  a  apporté  un 
cachet  propre  et  caractéristique;  l'un  aura 
eu  la  manière  forte  et  rude,  l'autre  la 
manière  tendre  et  douce:  tous  ont  voulu 
le  bien  de  notre  population  et  l'ont  opéré. 
Que  toujours  Beauharnois  se  souvienne  de 
ses  pères  dans  la  foi! 

Des  premiers  prêtres  qui  passèrent  à 
Beauharnois,   nous   ne   savons   rien    avec 


certitude.  Il  est  cependant  légitime  de 
croire  que  des  missionnaires  Jésuites  ou 
même  Récollets  vinrent  à  Beauharnois 
de  très  bonne  heure.  L'on  sait  qu'il  y 
avait  au  Buisson  une  colonie  de  sauvages 
Mount  Builders'^'^  même  avant  Champlain, 
et  qu'un  sentier  les  conduisait  du  Buisson 
aux  États-Unis;  et  il  ne  paraît  guère 
possible  qu'en  remontant  le  fleuve  Saint- 
Laurent,  les  missionnaires  et  les  explo- 
rateurs ne  se  soient  arrêtés  "chez  nous." 
D'ailleurs,  les  missionnaires  du  Sault-Saint- 
Louis  (fondé  en  1668)  et  de  Chateauguay 
(fondée  en  1736,  mais  qui  eut  une  chapelle 
au  Bassin  vers  1668)  devaient  tout  na- 
turellement se  rendre  à  Beauharnois. 

Nous  savons  que,  plus  tard,  les  curés 
de  Chateauguay  et  des  Cèdres  vinrent  à 
Beauharnois,  qu'ils  y  célébrèrent  le  culte 
dans  des  maisons  privées,  en  attendant 
l'érection  de  la  première  église  en  1818. 
Les  premiers  noms  connus  de  prêtres  qui 
célébrèrent  à  Beauharnois  sont  ceux  de 
M.  Bruguier,  curé  de  Chateauguay  de 
1789  à  1815,  de  M.  Nicolas  Dufresne, 
curé  de  Caughnawaga  de  1814  à  1819,  de 
M.  P.  Bourget,  curé  de  Chateauguay  de 
1817  à  1822,  de  M.  Antoine  Manseau,  curé 
des  Cèdres  de  1817  à  1827,  de  M.  J.-Bte  Dé- 
guire,  curé  de  Vaudreuil  de  1780  à  1815. 


(1)  Les  sauvages  Mount  Builders  doivent  leur  nom  à  la 
coutume  de  construire  des  monticules  où  ils  amoncelaient 
les  cadavres  de  leurs  morts. 


Le  Personnel  paroissial:  les  Curés 


25 


Que  de  fois  ces  missionnaires  inconnus  Et  maintenant,  souvenons-nous  de  notre 
et  ces  curés  voisins  ne  sont-ils  pas  venus  propre  clergé,  celui  qui,  depuis  cent  ans, 
dans  les  limites  de  notre  paroisse!  Que  a  été  le  pasteur  de  nos  âmes  à  Saint- 
de  fois  ne  sont-ils  pas  venus  porter  à  nos  Clément;  pour  le  compléter  nous  y  join- 
premiers  défricheurs  les  secours  de  la  re-  drons  la  série  de  prêtres,  religieux  ou  re- 
ligion catholique!  Que  ne  donnerions-  ligieuses  originaires  de  la  paroisse  Saint- 
nous  pour  savoir  au  juste  en  quel  en-  Clément, 
droit  de  la  paroisse  Saint  -  Clément  ils  LES  CURES 
s'arrêtèrent,    dirent   la   messe,    prêchèrent  Depuis   sa   fondation,    Saint-Clément   a 


et  "vinrent  aux  ma- 
lades." Sans  doute, 
leur  besogne  aposto- 
lique achevée,  ils 
montèrent  la  colline 
du  "domaine"  où 
maintenant  s'élève 
le  groupe  si  impo- 
sant de  nos  édifices 
paroissiaux.  De  là, 
par-dessus  les  arbres 
du  village,  au-delà 
du  lac  Saint-Louis, 
ils  apercevaient  le 
clocher  de  l'Ile 
Perrot;  plus  loin,  ils 
savaient  être  le  clo- 
cher de  Vaudreuil,  ce- 
lui des  Cèdres,  ce- 
lui de  Pointe  Claire 
et  celui  de  Chateau- 
guay.  Et  tous  ces 
temples  déjà  élevés 
leur  faisaient  rêver 
d'une  nouvelle  église 
en  ce  sol  qu'ils  foulaient,  dans  ce  milieu 
que  la  nature  a  fait  si  pittoresque,  et  où 
commençaient  à  émigrer  leurs  paroissiens. 
N'oublions  pas  ces  précurseurs!  Sou- 
venons-nous, en  particulier,  des  curés  de 
Chateauguay  qui  furent  nos  curés!    C'est 


MESSIRE  PIERRE  CLÉMENT 

Premier  ouré  de  Saint-Clément. 
(1819-1826) 


eu  dix  curés;  sans 
doute,  à  parler  en 
toute  rigueur  de  ter- 
mes, les  deux  pre- 
miers ne  furent  pas 
curés,  ils  ne  furent 
que  desservants,  jus- 
qu'à l'érection  cano- 
nique en  1829.  Tou- 
tefois, conformément 
à  l'usage,  nous  les 
appelons  curés;  com- 
me leurs  successeurs 
ils  ont  eu  charge 
d'âmes. 

Monsieur 
Pierre  Clément 

(1819-1826) 

Le  premier  prêtre 
résidant  à  Beauhar- 
nois  fut  Messire 
Pierre  Clément;  sa 
lettre  de  nomination 
est  du  3  octobre  1819  ; 
elle  lui  confiait  la 
charge  de  la  desserte  naissante  de  Saint- 
Clément  à  titre  de  mission  jusqu'à  révo- 
cation. 

Monsieur  Clément  était  né  à  Terrebon- 
ne,  le  26  novembre  1788,  de  Jean-Baptiste 
Clément  et  de  Marie-Françoise  Lapointe. 


à  leur  zèle  et  à  leur  désintéressement  que  II  fut  ordonné  prêtre  le  21  septembre  1816; 
Beauharnois  dut  de  recevoir,  en  1819,  il  fut  vicaire  à  la  cathédrale  de  Québec 
son  autonomie  paroissiale.  de  1816  à  1819;  c'est  de  là  qu'il  fut  envoyé 


26 


Histoire  religieuse  de  Beauharnois 


à  l'âge  de  31  ans,  après  trois  ans  seulement 
de  sacerdoce,  fonder  la  paroisse  de  Beau- 
harnois. 

Pendant  six  ans,  il  travailla  à  affermir 
la  fondation  naissante.  Sa  correspondance 
avec  les  évêques  de  Québec  atteste  un 
souci  presque  scrupuleux  de  respecter  et 
de  faire  respecter  les  règles  de  la  discipline 
ecclésiastique;  il  ne  cesse  de  recourir  à 
l'évêque  pour  la  solution  non  seulement 
des  cas  de  conscience,  mais  aussi  des  diffi- 
cultés de  fabrique;  s'il  forme  beaucoup  de 
projets,  il  n'en  est  aucun  qu'il  ne  soumette 
à  son  supérieur;  il  a  à  cœur  de  promouvoir 
les  intérêts  temporels  et  spirituels  de  ses 
paroissiens;  il  n'épargne  aucune  démarche 
dans  le  but  d'obtenir  la  cession  par  les 
seigneurs  d'un  terrain  pour  l'église,  le 
presbytère  et  le  cimetière.  Il  ne  redoute 
aucune  fatigue  pour  desservir  sa  paroisse 
et  ses  missions;  il  s'efforce  d'éloigner  de 
Beauharnois  les  débits  de  boisson;  il  veut 
donner  aux  enfants  de  bons  maîtres  et  de 
bonnes  maîtresses,  il  cherche  aussi  à  pro- 
mouvoir chez  ses  paroissiens  le  culte  de  la 
Passion  de  Notre-Seigneur  et  celui  de  la 
Sainte  Vierge. 

Avec  cela,  qu'il  ait  été  original  et  brus- 
que, on  ne  peut  le  nier;  qu'il  ait  eu  des 
contrariétés,  c'est  certain;  mais,  quel  curé 
fondateur  n'en  eut  pas  ?  Où  une  église,  un 
presbytère  ou  un  cimetière  ont-ils  été  éta- 
blis sans  quelques  froissements  ?  Les  débuts 
de  Beauharnois  n'échappèrent  pas  à  la  règle 
générale.  Tout  de  même,  quand  le  curé  Clé- 
ment quitta  sa  paroisse, — où  il  rêva  toujours 
de  revenir, — ses  fidèles,  dans  une  lettre  col- 
lective à  l'évêque,  lui  rendirent  ce  témoigna- 
ge: "On  le  trouvait  toujours  chez  lui,  tou- 
jours disposé  à  nous  entendre  et  nous  satis- 
faire, toujours  prêt  pour  les  malades  sans 
que  ni  l'obscurité  de  la  nuit,  ni  l'inclémence 


des  temps,  ni  l'horrible  état  des  chemins, 
pussent  jamais  le  retarder  d'un  instant. 
Combien  de  fois  l'a-t-on  vu  endurer  avec 
un  courage  et  une  douceur  presque  sans 
exemple,  la  faim,  la  soif,  le  froid,  la  fatigue, 
surtout  dans  ses  pénibles  et  nombreux 
voyages  aux  missions." 

Cette  lettre,  signée  de  130  noms,  est  le 
plus  bel  éloge  que  puisse  désirer  un  pas- 
teur. 

En  quittant  Beauharnois,  Monsieur  Clé- 
ment fut  curé  des  Éboulements  (1826- 
1835)  de  la  Petite  Rivière  Saint-François 
(1835-1844)  de  Saint-Urbain  de  Charle- 
voix  (1844-1859).  En  1859,  il  se  retira  à 
la  Baie  Saint-Paul;  c'est  là  qu'il  mourut  le 
15  novembre  1877  à  l'âge  de  89  ans. 

Monsieur  François  Labelle 

(1826-1830) 

Monsieur  Pierre  Clément  fut  remplacé 
à  Beauharnois  par  Monsieur  François  La- 
belle, ci-devant  curé  des  Éboulements. 
Quand  il  vint  à  Beauharnois,  il  avait  31 
ans;  il  était  originaire  de  la  Pointe-Claire, 
avait  fait  ses  études  partie  à  Montréal, 
partie  à  Nicolet.  Il  était  l'aîné  de  deux 
autres  prêtres,  dont  l'un  (Edouard)  fut 
directeur  du  Collège  de  l'Assomption  et 
l'autre  (Jean-Baptiste)  curé  de  Chateau- 
guay  (1833-1840). 

Monsieur  Labelle  passa  quatre  ans  à 
Beauharnois.  Les  grandes  préoccupations 
de  son  administration  semblent  avoir  été  la 
construction  d'une  église  et  l'établissement 
d'une  école.  Le  projet  d'église  ne  fut  réa- 
Usé  que  vingt  ans  plus  tard;  quant  à  l'école, 
nous  verrons  plus  loin  ce  qui  se  passa. 
C'est  aussi  sous  son  administration  que 
Beauharnois  fut  érigé  en  paroisse  cano- 
nique. 

Monsieur  Labelle  fut  aimé  de  ses  pa- 


Le  Personnel  paboissial:  les  Curés 


27 


roissiens;  ceux-ci,  en  1829,  adressèrent  à 
Mgr  Lartigue  une  requête  le  suppliant 
de  leur  laisser  leur  curé. 

En  quittant  Beauharnois,  il  fut  nommé 
curé  de  l'Assomption,  et  il  y  passa  quinze 
ans  (1830-1845).  Il  fut  l'un  des  fondateurs 
du  collège  de  l'Assomption,  en  1832;  de 
l'Assomption  il  passa  à  Repentigny  dont  il 
fut  curé  pendant  10  ans  (1845-1855)  où  il 
se  retira  en  1855,  et 
mourut  en  1865. 

Un  contemporain 
l'a  décrit  ainsi:  "Sa 
taille  était  avanta- 
geuse, au-dessus  de 
la  moyenne,  de  larges 
épaules,  une  démar- 
che imposante;  il 
avait  les  yeux  grands 
et  noirs,  le  teint  brun. 
Au  premier  abord,  ce 
qui  frappait  surtout 
dans  sa  figure,  c'était 
la  virilité;  on  ne  pou- 
vait le  regarder  en 
face  sans  éprouver  ce 
respect  qui  s'impose 
et  subjugue." 

Élève,  ecclésiasti- 
que, professeur,  curé, 
il  fut  homme  de  de- 
voir; il  joignait  à  cela 
une  grande  piété, 
simple  et  douce,  et  un 
zèle  ardent  pour  les  âmes.  Il  y  avait  en  cet 
homme  un  rayonnement  de  vie  intérieure 
qui  exerçait  sur  les  âmes  confiées  à  sa  garde 
une  action  merveilleuse.  Au  surplus,  sa 
modestie  et  sa  délicatesse  étaient  prover- 
biales. 


MËSSIRE  MICHEL  OL'INTAL 

Quatrième  ouré  de  Saint-Clément 
(1832-18i0) 


Monsieur  Hubert-Joseph  Tétreau 
(1830-1832) 

Le  troisième  curé  de  Beauharnois  fut 
M.  Hubert-Joseph  Tétreau.  Il  était  né  à 
Verchères,  le  25  février  1803,  de  Jean- 
Baptiste  Tétreau-Ducharme  et  de  Marie- 
Anne  Gagnon;  il  fit  ses  études  au  séminaire 
de  Montréal  et  à  celui  de  Nicolet;  il  fut 
ordonné  prêtre  le  8  janvier  1826.    Quand  il 

vint  à  Beauharnois, 
il  avait  été  vicaire  et 
curé  de  Richibouc- 
tou.  Quand  il  quitta 
Beauharnois,  il  fut 
curé  de  Saint-Da- 
mase  (1832  -  1833), 
vicaire  à  la  Beauce 
(1833-1836),  à  la 
Rivière-Ouelle(1836- 
1838), curé  des  Ebou- 
lements  (1838-1843). 
Il  se  retira  alors  du 
ministère,  et  mou- 
rut en  1877. 

Il  passa  deux  ans 
à  Beauharnois  (1830- 
1832).  Peu  d'événe- 
ments importants 
marquèrent  son  ad- 
ministration. L'on 
voit  par  les  archives 
qu'il  fut  question 
d'un  nouveau  cime- 
tière et  aussi  que  le 
curé  de  Beauharnois  fut  définitivement  dé- 
chargé de  la  desserte  de  Saint-Timothée. 

Monsieur  Michel  Quintal 
(1832-1840) 

M.  Tétreau  fut  remplacé  à  la  cure  de 


Beauharnois  s'honore  toujours  de  compter  Saint-Clément  par  M.  Michel  Quintal;  il 
parmi  ses  curés,  le  fondateur  d'un  collège  arrivait  de  Saint-Damase  où  il  fut  rem- 
classique,  placé  par  son  prédécesseur  à  Beauharnois, 


28 


HlS'toiRE   RELIGIEUSE    DE   BeAUHARNOIS 


M.  Tétreau.  Il  était  originaire  de  Boucher- 
ville  et  avait  fait  ses  études  partie  à  Mont- 
réal, partie  à  Nicolet.  Ordonné  prêtre  en 
1822,  il  fit  du  ministère  comme  vicaire 
à  Sorel,  à  Champlain,  aux  Trois- Rivières  ; 
comme  curé  à  Saint-Damase  (1825-1832). 
Plus  tard,  il  fut  curé  de  Lanoraie  (1840- 
1850),  de  Saint-Luc  (1850-1854);  il  se  re- 
tira du  ministère  en  1845  et  mourut  à 
Boucherville,  le  8  mars  1875. 

A  Beauharnois,  il  fut  curé  de  1832  à  1840. 
Son  souvenir  y  reste  attaché  aux  événe- 
ments de  1838.  Ce  n'est  pas  ici  le  lieu  de 
raconter  en  détail  la  part  que  prit  Beauhar- 
nois à  la  rébellion,  mais  il  faut  noter  celle 
qu'y  prit  le  curé  Quintal. 

Le  3  novembre  1838,  un  groupe  de  "pa- 
triotes" du  village  de  Beauharnois  s'empa- 
rèrent du  manoir  seigneurial,  conduisirent  le 
seigneur,  son  agent,  les  marchands  "loya- 
listes" en  captivité  à  Chateauguay;  Mada- 
me EUice  et  sa  suite  furent  enfermées  au 
presbytère  de  M.  Quintal.  Le  lendemain, 
le  vapeur  Henry  Brougham,  que  l'on  disait 
rempli  de  soldats  loyalistes,  était  envahi 
par  les  patriotes  et  les  passagers  étaient  à 
leur  tour  confiés  à  M.  Quintal;  en  tout,  le 
presbjrtère  abrita  40  personnes;  elles  y  res- 
tèrent jusqu'au  11  novembre.  Pour  tout 
ce  personnel  composé  en  majorité  d'anglais 
protestants,  le  curé  Quintal  fut  d'une  cha- 
rité qui  lui  a  mérité  cet  éloge  d'un  protes- 
tant au-dessus  de  tout  soupçon  d'impartia- 
lité: "They  had  noihing  to  complain  of,  the 
priest,  the  Rev.  M.  Quintal,  being  exceedingly 
kind." 

Au  procès  des  révoltés,  en  1839,  il  témoi- 
gna d'une  grande  loyauté  à  la  couronne 
britannique  et  d'une  grande  obéissance  à 
l'autorité  épiscopale. 


Monsieur  Jean-Zéphirin  Carton,  V.G. 
(1840  - 1844) 

Le  cinquième  curé  de  Beauharnois  fut 
l'abbé  Zéphirin  Carron,  originaire  de  Sainte- 
Anne  d'Yamachiche  ou  de  la  Rivière- 
Ouelle.  Avant  de  venir  à  Beauharnois,  il 
avait  été  secrétaire  privé  de  Mgr  Panet  lors- 
que ce  prélat,  bien  qu'évêque  de  Québec, 
était  encore  curé  de  la  Rivière-Ouelle.  Il 
fut  curé  de  Sainte-Foy,  de  l'Ile  Perrot,  de 
Saint-Luc  sur  Richelieu,  puis  de  Beauhar- 
nois. Presque  en  même  temps  que  cette 
cure,  il  recevait  ses  lettres  de  vicaire-général 
et  de  chanoine  honoraire  de  la  cathédrale 
de  Montréal. 

Les  contemporains'"  louent  son  urbanité, 
sa  modestie,  la  rectitude  de  son  jugement, 
la  variété  de  ses  connaissances  et  l'onction 
apostolique  de  son  ministère. 

Il  passa  à  Beauharnois  quatre  années. 
Elles  furent  marquées  par  un  événement 
important  dans  notre  vie  paroissiale,  la 
construction  d'une  nouvelle  éghse.  C'est 
lui  qui  fit  les  démarches  décisives  à  ce 
sujet  et  qui  commença  l'œuvre  que  com- 
plétèrent et  achevèrent  ses  successeurs. 

La  tradition  locale  veut  que  le  curé 
Carron  ait  de  longtemps  pressenti  sa  fin. 
Pendant  la  construction  de  l'église,  il  disait 
souvent:  "Je  ne  verrai  pas  mon  éghse  se 
terminer."  En  effet,  les  murs  du  nouveau 
temple  s'élevaient  à  peine  à  la  hauteur  des 
fenêtres,  lorsque  le  curé  Carron  mourut, 
après  une  courte  maladie,  le  19  juillet  1844. 
Jusqu'à  la  fin,  il  fut  homm^  de  devoir:  les 
registres  portent  sa  signature  au  bas  d'un 
acte  de  baptême,  quelques  jours  à  peine 
avant  sa  mort. 

Son  service  fut  chanté  par  Mgr  Bourget 
dans  la  vieille  église — ^le  collège  d'aujour- 


(1)  Lea  Mélanges  Religieux,  23  juillet  1844. 


Le  Personnel  paroissial:  les  Curés 


29 


d'hui — ^mais  on  l'inhuma  dans  la  nouvelle 
église,  le  22  juillet.  Dans  le  nouveau  cime- 
tière, une  station  du  chemin  de  la  croix 
rappelle  son  souvenir. 

Il  est  le  premier  de  nos  curés  qui  soit 
mort  à  Saint-Clément,  et  le  premier  défunt 
qui   ait   été  inhumé  dans  l'église  actuelle. 

Monsieur  Pierre  Viau,  V.G. 

(1844-1845) 

Le  successeur  de  Monsieur  Carron  fut 
l'abbé  Pierre  Viau.  Quant  il  vint  à  Beau- 
harnois,  il  était  vicaire-général  de  Montréal 
depuis  1836  et  avait  déjà  une  carrière 
ecclésiastique  longue  et  honorée. 

Né  en  1784  à  Saint-Régis,  il  avait  fait  ses 
études  partie  à  Montréal  et  partie  à  Nico- 
let;  ordonné  prêtre  le  3  décembre  1809,  il 
avait  fait  du  ministère  à  Vaudreuil,  à  la 
cathédrale  de  Québec,  au  Cap  Saint-Ignace, 
à  Saint-Nicolas,  à  Yamachiche,  à  Saint- 
François  de  la  Rivière-du-Sud,  à  la  Rivière- 
Ouelle  et  à  Saint-Sulpice  ;  il  avait  fait  de 
l'enseignement  au  séminaire  de  Québec,  et 
y  avait  été,  pendant  deux  ans,  directeur  des 
ecclésiastiques;  pendant  10  ans(1826-1836)  il 
avait  été  vicaire-général  de  Québec  ;  à  la  cré- 
ation du  diocèse  de  Montréal,  son  diocèse 
d'origine,  il  y  était  revenu,  et  de  suite,  insti- 
tué grand-vicaire,  le  premier  croyons-nous, 
et  U  conserva  ce  poste  jusqu'à  sa  mort.'" 

A  Beauharnois,  il  ne  passa  que  quelques 
mois;  il  les  occupa  à  continuer  la  construc- 
tion de  l'église  qu'il  fit  "fermer  et  couvrir." 
Sentant  diminuer  ses  forces,  il  obtint  d'être, 
pour  toujours,  déchargé  du  ministère  curial. 
II  se  retira  à  l'hospice  Saint- Joseph  de 
Montréal  où  il  mourut  le  13  juin  1849. 

Il  fut  un  prêtre  remarquable;  homme 
d'étude,  il  aimait  les  livres;  sa  bibliothèque. 


(1)  Mélangée  Reliyieux,  13  juin  1849. 


assure-t-on,  était  l'une  des  plus  considé- 
rables de  l'époque;  plusieurs  collèges  et 
l'évêché  de  Montréal  lui  sont  redevables  de 
précieuses  collections.  Homme  apostolique, 
il  employa  ses  revenus  au  soulagement  des 
pauvres,  à  l'encouragement  de  l'éducation, 
surtout  à  l'œuvre  des  vocations  sacerdotales. 
Son  zèle  le  porta,  même  retiré  du  ministère 
curial,  à  travailler  au  salut  des  âmes.  Il 
aimait  à  s'associer  aux  travaux  de  ses  con- 
frères. Volontiers,  il  prêchait  des  retraites. 
Ce  fut  en  terminant,  à  Longueuil,  un  de  ces 
pieux  exercices  qu'il  se  sentit  frappé.  Trois 
mois  de  souffrances  terminèrent  cette  belle 
vie  toute  pour  l'Ëglise  et  pour  les  âmes. 

Monsieur  Louis-David  Charland,  V.F. 

(1845-1881) 

Le  septième  curé  de  Saint-Clément  fut 
l'abbé  Louis-David  Charland.  Son  sé- 
jour à  Beauharnois  fut  d'une  durée  et 
d'une  'activité  qui  font  de  lui  le  second 
fondateur  de  notre  paroisse.  Quand  il 
vint  à  Beauharnois,  en  1845,  les  murs  de 
l'église  étaient  à  peine  élevés;  quand  il  se 
retira  du  ministère  en  1881,  l'église  était 
achevée,  un  presbytère  avait  été  construit, 
un  nouveau  cimetière  avait  été  établi;  un 
collège  sous  la  direction  des  Frères  des 
Écoles  Chrétiennes  et  un  couvent  sous  la 
direction  des  Sœurs  des  Saints  Noms  de 
Jésus  et  de  Marie  donnaient  l'instruction 
aux  enfants  de  la  ville;  un  hospice  recevait 
les  enfants  et  les  vieillards  pauvres;  par  un 
heureux  hasard,  au  cours  des  36  années 
d'administration  du  curé  Charland,  Beauhar- 
nois connut  une  prospérité  matérielle  qu'il 
n'a  pas  retrouvée;  Saint-Clément,  de  village 
se  changea  en  ville;  un  district  judiciaire 
se  forma  qui  eut  Beauharnois  comme  chef- 
lieu;  le  commerce  des  grains  prit  un  essor 
tel  que  notre  marché  ne  fut  pas  loin 
d'être  le  plus  considérable  de  la  Province 


30 


Histoire  religieuse  de  Beauharnois 


de  Québec;  dans  ce  cadre  la  figure  du  curé 
Charland  se  détache  avec  un  singulier  relief. 

Le  curé  Charland  était  né  à  Saint-Luc, 
le  14  septembre  1809,  d'Isidore  Charland, 
cultivateur,  et  de  Marie- Anne  Darche;  il 
fit  son  cours  d'études  classiques  au  collège 
de  Chambly  où  il  eut  comme  compagnons 
de  classe  Mgr  Charles  et  Mgr  Joseph 
Larocque,  plus  tard  évêques  de  Saint- 
Hyacinthe;  il  fut 
ordonné  prêtre  à 
Montréal  le  6  sep- 
tembre 1835.  Il  fut 
vicaire  de  Sainte- 
Marie  de  Monnoir, 
desservant  de  Saint- 
André  d'Argenteuil 
en  1839,  curé  de  Ri- 
gaud  de  1841  à  1845. 
En  cette  dernière 
année  il  fut  institué 
curé  de  Saint -Clé- 
ment de  Beauhar- 
nois; il  le  fut  jus- 
qu'au mois  de  sep- 
tembre 1881. 

L'abbé  Charland 
était  doué  d'une 
belle  intelligence 
qu'il  cultiva  par  un 
développement  in- 
tellectuel peu  ordi- 
naire; il  avait  l'esprit 
vif  et  caustique;  sa 

conversation  abondait   en    reparties    pro- 
verbiales. 

D'un  caractère  vif,  d'une  franchise  pres- 
que rude,  d'une  nature  impétueusement 
généreuse,  il  ne  faisait  pas  bon  d'être  d'un 
avis  différent  du  sien;  il  se  départait  rare- 
ment d'un  extérieur  sévère  qui  faisait  s'éloi- 
gner ceux  qui  ne  savaient  pas  pénétrer  j  us- 
qu'au    cœur  bon,  sympathique  et  tendre. 


MESSIRE  LOUIS-DAVIU  CHARLAND 

Septième  curé  de  Saint-Clément 
(184&-1881) 


L'écorce  était  rude,  le  cœur  était  bon.  A  qui 
avait  su  gagner  son  affection,  il  ne  savait 
rien  refuser;  c'est  ainsi  qu'un  petit  orphelin 
irlandais,  Michael  Cayley,  devint,  grâce  à  lui, 
avocat  et  député  du  comté  de  Beauharnois. 
Il  fut  un  orateur  sacré  de  haute  marque; 
une  belle  connaissance  de  l'Écriture  Sainte 
et  des  auteurs  ecclésiastiques,  une  voix 
forte   et  souple  tout  ensemble,   une  âme 

sensible  et  ardente, 
donnaient  à  sa  parole 
une  autorité  et  un 
charme  irrésistibles; 
il  excellait  dans  le 
pathétique  et  le 
véhément,  mais  il 
savait  aussi  se  servir 
de  l'ironie,  du  sar- 
casme ou  de  la  dou- 
ceur; au  surplus,  par- 
lant la  langue  an- 
glaise avec  une  pu- 
reté d'accent  et  une 
richesse  de  vocabu- 
laire qui  laissaient 
à  deviner  si  elle 
n'était  pas  sa  langue 
maternelle.  En 
chaire  comme  dans 
les  conversations 
privées,  il  ne  con- 
naissait aucun  mé- 
nagement, il  allait 
au  but,  déclamant 
contre  les  scandales,  avec  une  force  et  une 
fougue  non  toujours  contrôlées,  avec  une 
parole  acerbe,  que  d'aucuns  trouvaient 
blessante.  Par  contre,  les  jours  de  grande 
fête,  son  éloquence  trouvait  des  accents 
émus  qui  rencontraient  une  unanime  admi- 
ration. 

Le  curé  Charland  comprit  l'importance 
de  l'éducation  chrétienne  de  la  jeunesse; 


Le  Personnel  paroissial:  les  Curés 


31 


et  c'est  pour  l'assurer  aux  enfants  de 
Beauharnois  qu'il  travailla  et  réussit  à 
confier  à  des  religieux  et  à  des  religieuses 
les  écoles  du  village.  En  1849,  les  Frères 
des  Ecoles  Chrétiennes  prenaient  la  di- 
rection de  l'école  des  garçons,  dans  l'an- 
cienne église;  en  1853  les  Sœurs  des  Saints 
Noms  de  Jésus  et  de  Marie  étaient  chargées 
de  l'école  des  filles.  Nous  raconterons,  au 
chapitre  des  écoles,  l'établissement  et  le 
développement  de  ces  deux  communautés 
à  Beauhar- 
nois; il  suffit, 
ici,  d'attri- 
buer au  curé 
Charland  le 
mérite  de  les 
avoir  établies. 

C'est  à  lui 
aussi  que 
Beauharnois 
doit  l'asiile 
où,  depuis 
bientôt  60 
ans,  tant  de 
bien  s'est  opé- 
ré; c'est  lui 
qui,  en  avril 
1861  acquit  de 
John  Swans- 
ton  le  terrain 
de  l'hospice  et  en  fit  don  aux  Sœurs  Gri- 
ses de  Montréal. 

C'est  sous  son  administration  que  les 
paroisses  de  Saint-Louis-de-Gonzague  et  de 
Saint-Étienne  furent  détachées  de  Saint- 
Clément. 

C'est  aussi  sous  son  administration  que 
l'église  actuelle  fut  achevée  ;  quand  il  vint 
à  Beauharnois  les  murs  et  le  toit  étaient 
à  peine  terminés,  l'abbé  Charland  fit  finir 
l'intérieur,  fit  construire  les  tours  et  acheta 
des  cloches. 


NOS  DESSERVANTS: 


l.-Messire  Eugène  Desmarals; 

(1854) 


En  1854,  l'abbé  Charland  alla  à  Rome 
pour  les  fêtes  de  la  définition  du  dogme  de 
l'Immaculée  Conception;  Mgr  Bourget  l'y 
avait  amené  comme  compagnon.  En  son  ab- 
sence, la  paroisse  fut  administrée  par  l'abbé 
Eugène  Desmarais,  plus  tard  curé  de  Saint- 
Placide,  de  Pointe-aux -Trembles  et  de  Saint- 
Louis  où  il  mourut  le  30  septembre  1901, 

En  septembre  1881,  l'abbé  Charland  dut 
abandonner  le  saint  ministère;  l'abbé 
Siméon    Rouleau    fut   desservant    jusqu'à 

l'arrivée  du 
nouveau  curé. 
Le  curé  dé- 
missionnaire 
se  retira  au 
couvent  des 
Sœurs  des 
Saints  Noms 
de  Jésus  et  de 
Marie,  dans  la 
partie  ouest 
dont  la  cons- 
truction était 
due  en  par- 
tie à  sa  cha- 
rité. 

Il  y  mou- 
rut, le  25  octo- 
bre 1882.  Il 
fut  inhumé, 
deux  jours  plus  tard,dans  cette  éghse  pa- 
roissiale qu'il  avait  tant  aimée,  si  généreuse- 
ment servie  pendant  trente-six  ans,  et  où 
son  souvenir  est  fidèlement  gardé. 

Monsieur  Martin-Raphaël  Caillé-Jasmin 

(1881-1886) 

A  la  retraite  de  l'abbé  Charland,  en  sep- 
tembre 1881,  l'abbé  Martin  -  Raphaël 
Caillé  -  Jasmin  fut  nommé  curé  de  notre 
paroisse  Saint-Clément;  depuis  deux  ans, 
il  était  curé  de  Chateauguay.     Précédem- 


2.-Messlre  Siméon  Rouleau 

(1881) 


32 


Histoire  religieuse  de  Beauharnois 


ment,  il  avait  été  curé  de  Saint-Janvier 
(1869-1879),  vicaire  à  Lavaltrie,  à  Laprai- 
rie,  à  Mascouche,  à  Saint- Vincent-de-Paul 
de  l'Ile  Jésus  et  à  Saint-Jean  d'Iberville; 
pendant  quelques  mois,  il  avait  été  pro- 
fesseur à  Sainte-Thérèse.  Son  ordination 
datait  du  29  décembre  1861. 

L'abbé  Jasmin  était  originaire  de  Saint- 
Laurent  près  Montréal.    Il  y  était  né  le  12 
novembre    1835,    de 
Raphaël  Caillé -Jas- 
min et  de  Marguerite 
Meilleur. 

Son  séjour  à  Saint- 
Clément  fut  mar- 
qué par  la  construc- 
tion de  nouvelles  or- 
gues et  des  clochers, 
des  réparations  au 
presbytère,  et  la  ve- 
nue des  Clercs  de 
Saint- Viateur. 

Il  mourut  le  28 
octobre  1886,  après 
quelques  jours  seu- 
lement de  maladie; 
il  fut  inhumé  dans 
l'église  paroissiale; 
son  cercueil  est  près 
de  celui  de  l'abbé 
Charland,  du  côté  de 
l'Évangile. 

Le  curé  Jasmin  a 
laissé,  à  Beauharnois, 
le  souvenir  de  sa  bonté  et  de  sa  piété. 
C'était  un  cœur  très  charitable,  géné- 
reux à  l'excès.  Sa  piété  envers  le  Sacré- 
Cœur  était  remarquable;  il  aimait  à  prier 
devant  sa  statue,  et  il  le  faisait  avec  une 
confiance  enfantine,  simple  et  rayonnante 
dont  on  se  souvient  encore,  à  trente  ans 
de  distance. 


MESSIRE  M. -RAPHAËL  CAILLÉ- JASMIN 

Huitième  curé  de  Saint-Clément 
(1881-1886) 


Monsieur  Pierre-Eucher  Lussier 
(1886-1904) 

Le  neuvième  curé  de  Beauharnois  fut  le 
chanoine  Pierre-Eucher  Lussier.  Il  était 
né  à  Boucherville  le  21  octobre  1835, 
d'Antoine  L|U'ss,ier,  cultivateur,  et  de 
Marie- Anne  Roch-Célérier;  il  fit  ses  études, 
grâce  à  la  protection  de  M.  Pépin,  curé  de 
Boucherville,  au  collège  de  Saint-Hyacinthe 
et  au  séminaire  de  Montréal.  Il  fut  or- 
donné prêtre  à  Mont- 
réal le  2  septembre 
1860  par  Mgr  Bour- 
get.  Il  fut  d'abord 
vicaire  à  Laprairie 
(1860-1862)  puis  à 
Boucherville,  chez 
son  protecteur  M. 
Pépin,  de  1862  à 
1886.  En  1868,  il 
partit  avec  le  pre- 
mier détachement 
des  Zouaves  cana- 
diens pour  Rome  ;  il  y 
fut  l'assistant  de  l'ab- 
bé E.  Moreau  à  l'au- 
mônerie  des  Zoua- 
ves canadiens;  il 
suivit  aussi  des  cours 
de  droit  canonique, 
et  le  17  août  1870  il 
reçut  le  titre  de  doc- 
teur. Le  20  septem- 
bre de  la  même  année 
il  fit,  en  compagnie 
de  M.  Archambault,  curé  de  Saint-Hughes, 
et  de  M.  Primeau,  futur  curé  de  Boucher- 
ville, un  pèlerinage  aux  Lieux  Saints  de 
Jérusalem.    Il  revint  au  Canada  en  1871. 

Il  fut  d'abord  vicaire  desservant  de  Bou- 
cherville jusqu'à  la  mort  de  M.  Pépin,  son 
protecteur,  le  29  décembre  1875.  Appelé  à 
l'évêché  de  Montréal  en  janvier  1876,  il  fut 


Le  Personnel  paroissial:  les  Curés 


33 


nommé,  deux  ans  plus  tard,  chanoine  et 
chancelier  du  diocèse.  En  juin  1879,  il  était 
desservant,  puis  en  1880,  curé  de  Saint- 
Henri-des-Tanneries;  en  1882,  Mgr  Fabre  le 
nommait  curé  de  Contrecœur.  Enfin,  en 
1886,  le  Chanoine  Lussier  était  nommé  curé 
de  Saint-Clément  de  Beauharnois  ;  il  resta  à 
ce  poste  pendant  18  ans,  jusqu'au  1er  octo- 
bre 1904.  A  cette  date,  il  se  retira  à  l'hos- 
pice Saint- Joseph,  et 
y  mourut  le  24  dé- 
cembre 1911.  Le  6 
septembre  1910.  dans 
l'intimité  du  presby- 
tère de  Beauharnois, 
il  célébrait  ses  noces 
d'or  sacerdotales. 

A  Saint-Clément, 
son  administration 
fut  remarquable:  au 
presbytère  il  fit  ajou- 
ter une  aile,  pour  la 
construction  de  la- 
quelle il  prêta  à  la 
fabrique  $3,000.00  à 
5%  à  fonds  'perdu, 
et  amena  l'eau  de 
l'aqueduc  ;  à  l'égli- 
se il  fit  crépir  les 
murs,  acheta  une 
nouvelle  cloche, 
procura  de  magnifi- 
ques ornements,  des 
chandeliers,     des 

statues,  des  bannières,  des  vases  sacrés. 
Jusqu'à  son  arrivée  à  Beauharnois,  seules 
existaient  la  confrérie  du  Saint-Rosaire,  la 
société  des  Dames  de  Sainte- Anne,  et  celle 
de  la  Tempérance  ;'"  quand  il  quitta  la  cure 
en  1904,  Saint-Clément  avait  V  Union  de 


M.  LE  CHANOINE  PIERRB-EUCHER  LUSSIER 

Neuvième  curé  de  Saint-Clément 
(1886-1904) 


(1)  Etablie  en  1846,  au  cours  d'une  retraite,  par  les  PP. 
Brunet,  Bourassa,  Fiset  et  Guigues,  O.M.I.  Ce  dernier 
devint,  l'année  suivante,  1er  évêque  de  Bytown  (Ottawa). 


Prières,  la  Congrégation  des  Enfants  de 
Marie  (1887)  l'archiconfrérie  du  Très  Saint 
et  Immaculé  Cœur  de  Marie,  la  Petite 
Ligue  (1889),  la  confrérie  du  Scapulaire 
du  Mont-Carmel  (1887),  la  Sainte-Famille 
(1892),  V Adoration  perpétuelle  —  adoration 
tous  les  vendredis  (1890),  Le  Tiers-Ordre  de 
Saint  -  François,  le  Pain  de  Saint-An- 
toine   (1894),  l'œuvre   de    Saint  -  François 

de  Sales,  l'œuvre  de 
la  Propagation  de 
la  Foi,  l'œuvre  de  la 
Sainte  -  Enfance.  A 
l'hospice,  il  donna 
de  fortes  sommes 
pour  aider  à  la  cons- 
truction de  l'aile 
nouvelle  où  il  vint 
mourir. 

A  la  tête  de  la  pa- 
roisse, il  fit  si  bien 
qu'à  la  fin  de  son 
administration,  la 
fabrique  adopta,  à 
l'unanimité  de  ses 
membres,  la  résolu- 
tion suivante:  "At- 
tendu que  depuis 
bientôt  18  ans,  M. 
P.-E.  Lussier  est 
curé  de  cette  parois- 
se et  président  de 
cette  fabrique;  at- 
tendu que  durant  ce 
laps  de  temps,  les  rapports  les  plus  paisibles 
et  les  plus  sympathiques  ont  toujours 
existé  entre  le  dit  curé  et  les  marguilUers 
de  cette  paroisse  comme  avec  tous  les  fa- 
briciens  et  les  paroissiens;  attendu  les  nom- 
breux services  rendus  à  cette  paroisse,  spé- 
cialement à  cette  fabrique,  par  le  dit  curé 
qui,  en  même  temps  que  président,  a 
tenu  les  comptes  de  la  dite  fabrique  au 


34 


Histoire  religieuse  de  Beauharnois 


nom  et  à  la  place  du  marguillier  en  charge 
et  à  la  satisfaction  de  tous  les  intéressés; 
attendu  que  l'assemblée  de  ce  jour  est  la 
dernière  sous  la  présidence  du  dit  M.  P.-E. 
Lussier,  je,  Ferdinand  Leduc,  propose,  se- 
condé par  Ovila  Daoust,  que  cette  assem- 
blée des  anciens  et  nouveaux  marguilliers 
offre  à  M.  P.-E.  Lussier  ses  plus  sincères  re- 
merciements et  lui  assure,  au  nom  de  tous  les 
paroissiens,  un  long  souvenir  reconnaissant." 

Cet  hommage  officiel  était  mérité;  et  le 
long  souvenir  reconnaissant  n'est  pas  près 
de  disparaître;  au  contraire,  il  suffit  de 
causer  avec  un  paroissien  de  Saint-Clément, 
pour  se  convaincre  que  le  souvenir  du 
père  Lussier  y  reste  vivace;  les  parents  se 
font  un  devoir  de  piété  familiale  de  trans- 
mettre à  leurs  enfants  et  de  perpétuer 
ainsi  la  mémoire  de  leur  ancien  curé. 

Quelle  est  donc  la  raison  de  l'extraordi- 
naire attachement  des  gens  de  Beauharnois 
à  la  mémoire  de  ce  prêtre  ?  D'autres  furent 
plus  éloquents,  firent  plus  d'oeuvres,  admi- 
nistrèrent plus  longtemps  la  paroisse; 
entre  tous  pourtant,  il  émerge.  C'est  que 
cet  homme  fut  bon;  la  bonté,  la  bien- 
veillance, fut  la  note  caractéristique  de  son 
tempérament  et  de  sa  vie;  d'autres  furent 
bons,  lui  le  fut  excellemment. 

Sa  bonté  d'âme  se  tournait  d'abord 
vers  Dieu  pour  le  remercier:  De  stercore 
erigens  pauperem,  écrivait-il  un  jour  de 
lui-même,  en  rappelant  comment  Dieu,  de 
la  pauvreté,  l'avait  élevé  au  sacerdoce. 
Elle  allait  ensuite  à  sa  mère:  "J'étais  un 
pauvre  qui  n'avait  d'autre  mérite  que 
d'aimer  beaucoup  à  servir  la  messe  basse. 
Je  me  trompe,  j'avais  un  grand  mérite  car 
Dieu  m'avait  fait  don  d'une  mère,  je  devrais 
dire  d'une  sainte  mère;  que  Dieu  bénisse  ma 
pauvre  mère,  c'est  elle  qui  me  val,Ut  la  pro- 
tection si  honorable  du  curé  qu'elle  véné- 


rait." Ces  dernières  lignes  s'adressaient 
au  curé  Pépin,  dont  M.  Lussier  fut  le  pro- 
tégé de  choix;  rarement  protection  plus 
intelligente  causa  reconnaissance  plus 
touchante.  Monsieur  Lussier  s'attacha  à 
son  bienfaiteur  comme  un  fils  à  son  père; 
à  deux  reprises,  de  1862  à  1868,  puis  de 
1871  à  1876,  il  le  servit  comme  vicaire, 
puis  comme  desservant,  avec  un  dévoue- 
ment tout  fiUal;  dans  son  dernier  séjour 
à  Boucherville  (1871-1876)  l'abbé  Lussier 
fut  vraiment  le  curé  de  la  paroisse;  il 
voulait  à  force  de  labeur  et  de  dévouement 
témoigner  à  son  protecteur  l'intensité  de 
sa  reconnaissance:  il  resta  avec  lui  jusqu'à 
sa  mort.  Par  une  délicate  attention  de 
Mgr  Fabre,  les  deux  seuls  témoins  men- 
tionnés personnellement  dans  le  procès- 
verbal  de  la  sépulture  de  M.  Pépin,  sont 
ceux  de  l'honorable  C.-B.  de  Boucherville, 
premier  ministre  de  la  Province  de  Québec, 
et  de  "messire  Pierre-Eucher  Lussier,  pro- 
tégé et  aide  du  vénérable  défunt  depuis 
quelques  années." 

De  ce  qu'il  avait  beaucoup  reçu  de 
Dieu,  de  ses  parents  et  de  son  protecteur, 
le  chanoine  Lussier  se  crut  obligé  de  donner 
aux  autres;  sa  vie  sacerdotale  fut  un  don 
continuel  surtout  de  lui-même. 

Jeune  prêtre,  il  accompagna  à  Rome  les 
Zouaves  Canadiens;  il  s'y  fit  tout  à  tous, 
s'ingéniant  à  rendre  service,  à  désennuyer, 
à  soigner  les  malades,  à  secourir  d'une 
bonne  aumône,  à  procurer  des  livres,  en 
outre  de  ses  devoirs  essentiels  de  chapelain 
pour  l'administration  des  sacrements. 

Vicaire  ou  curé,  la  même  bonne  cha- 
rité l'accompagna  sans  cesse:  '^ J'aimerai 
tellement  mes  paroissiens,  disait-il  en  com- 
mençant sa  carrière  de  curé  à  Saint- 
Henri,  qu'ils  finiront  par  m'accorder  tout 
ce  que  je  leur  demanderai."    Ce  mot  révèle 


Le  Personnel  paroissial:  les  Curés 


35 


MONSIEUR  LE  CHANOINE  THÉODULE  NEPVEU,  V.  F. 

Dixième  curé  de  Saint-Clément 

(depuis  1904) 


Le  Personnel  paroissial:  les  Curés 


37 


l'homme  et  explique  ses  succès.  En  vérité 
il  a  aimé  ses  paroissiens  de  Saint-Clément; 
eux-mêmes,  dans  l'adresse  d'adieu  qu'ils 
lui  présentaient  le  25  septembre  1904, 
l'ont  proclamé:  "Pour  les  affligés,  vous 
étiez  un  tendre  père;  vous  mettiez  votre 
bonheur  à  compatir  à  nos  épreuves  et  à 
partager  nos  deuils;  les  malades  que  vous 
avez  visités  et  assistés  vous  garderont  un 
éternel  souvenir;  vous  avez  aimé  les  pau- 
vres; votre  bourse,  comme  une  maison 
sans  porte,  était  toujours  à  la  disposition 
des  nécessiteux,  les  ténèbres  de  la  nuit 
n'ont  pas  pu  tout  cacher;*"  les  petits 
enfants  désiraient  se  trouver  sur  votre 
passage;  vous  les  vouliez  nombreux  près 
de  vous  pour  les  bénir,  les  encourager  et 
les  conduire;  vous  avez  cherché,  avec  pru- 
dence et  avec  de  sages  ménagements,  à 
étabUr  le  règne  de  Dieu;  vous  avez  fondé 
de  pieuses  confréries  pour  les  hommes,  les 
femmes  et  les  enfants;  votre  hospice  avec 
ses  orphelins  et  ses  infirmes  est  devenu 
votre  maison  de  prédilection;  le  collège 
et  le  couvent  ont  reçu  tout  votre  encou- 
ragement; la  Fabrique,  par  votre  sage 
administration,  est  maintenant  libérée  de 
toutes  ses  dettes  et  en  plus,  l'église  a  été 
enrichie  d'habits  et  d'ornements  somptueux; 
et  la  maison  curiale  a  été  agrandie  et 
pourvue  d'améliorations  modernes." 

Un  ancien  zouave  pontifical  a  écrit: 
"Nous  aimant  tous,  il  se  faisait  aimer  de 
nous  tous";  ce  jugement  porté  sur  l'au- 
mônier, nous  le  retiendrons,  quand  nous 
penserons  à  Monsieur  le  chanoine  Pierre- 
Eucher  Lussier,  neuvième  curé  de  Beau- 
harnois. 


(1)  Allusion  à  une  rencontre,  en  pleine  nuit,  d'un  médecin 
de  Beauhamois  allant  aux  malades,  et  du  curé  Lussier  portant 
sur  8on  dos  un  sac  de  provisions  pour  les  pauvres. 


Monsieur  le  Chanoine  Théodule  Nepveu, 
Vicaire  Forain 

(1904) 

En  répondant  à  l'adresse  d'adieu  de 
ses  paroissiens,  le  curé  Lussier  disait: 
"Si  j'eusse  eu  à  choisir  moi-même  mon 
successeur,  c'est  lui  (M.  Nepveu)  que 
j'aurais  désigné  à  Sa  Grandeur."  Il  est 
bien  délicat  de  parler  des  vivants,  même 
quand  les  éloges  qu'on  voudrait  leur  dé- 
cerner sont  parfaitement  mérités;  mais 
après  16  années  d'administration  de  Mon- 
sieur le  curé  Nepveu,  nul  n'est  tenté  de 
contredire  aux  paroles  par  lesquelles  son 
prédécesseur  annonçait  sa  venue  à  Beau- 
hamois; au  contraire,  les  paroissiens  de 
Saint-Clément  vénèrent  et  estiment  le  pas- 
teur dévoué,  sage,  discret  qu'en  octobre 
1904,  leur  envoyait  Monseigneur  l'évêque 
de  Valleyfield. 

Monsieur  le  Chanoine  Théodule  Nepveu 
est  né  à  Sainte-Scholastique,  comté  des 
Deux-Montagnes,  le  25  décembre  1863; 
son  père  était  Augustin  Nepveu,  culti- 
vateur, et  sa  mère,  Arthémise  Lafrance- 
Darragon;  il  a  fait  ses  études  classiques  à 
Sainte-Thérèse;  il  fut  ordonné  prêtre  à 
Montréal,  par  Mgr  Fabre,  le  26  mars 
1887;  il  a  été  vicaire  à  Huntingdon,  en 
1887,  au  Mile-End  (1887-1888),  à  Sainte- 
Cunégonde  de  1888  à  1892.  En  1892,  peu 
après  l'érection  du  diocèse  de  Valleyfield, 
il  remplaçait,  à  la  cure  d'Huntingdon, 
Monsieur  C.-A.  Santoire,  nommé  curé  de 
la  cathédrale  et  vicaire-général;  après  12 
ans  d'administration,  il  était  promu  à 
la  cure  de  Saint-Clément  de  Beauhamois. 

En  1908,  il  accompagnait  Mgr  l'évêque 
de  Valleyfield  au  Congrès  eucharistique 
de  Londres.  Il  fut  sous-promoteur,  puis 
promoteur  à  l'officiaUté  diocésaine;  à  la 
retraite  de  M.  Chaput  de  la  cure  de  Cha- 


38 


HiSTOIHE   RELIGIEUSE    DE   BeAUHARNOIS 


teauguay,  il  fut  nommé  vicaire-forain;  en 
janvier  1920,  à  l'érection  du  chapitre  dio- 
césain, Mgr  l'évêque  dé  Valleyfield  le 
nommait  chanoine  titulaire. 

Depuis  son  arrivée  à  Beauharnois,  Mon- 
sieur le  Chanoine  Nepveu  a  marqué  son 
administration  par  d'importants  travaux. 
Il  a  réalisé  le  projet  formé  par  son  précé- 
cesseur  d'un  nouveau  cimetière  qui  est  l'un 
des  plus  beaux  de  la  province;  il  a  procuré 
la  sécurité  des  archives  paroissiales  par  la 
construction  de  parfaites  voûtes  de  sûreté; 
il  a  amélioré  le  logement  des  vicaires  par 
d'importantes  réparations  au  presbytère; 
pour  donner  plus  de  solennité  aux  céré- 
monies reUgieuses,  il  a  promu  le  culte  du 
chant  d'église;  il  a  puissamment  aidé  à  la 
formation  d'une  fanfare  paroissiale  remar- 
quable; surtout  il  a  fait  faire  à  notre  église 
paroissiale  des  réparations  qui  en  ont  re- 
nouvelé l'intérieur  et  que  nous  rappellerons 
plus  loin:  pour  toutes  ces  œuvres  que  la 
générosité  des  paroissiens  lui  a  permis  d'ac- 
complir, et  aussi  à  cause  de  la  sagesse  de 
son  administration,  de  sa  ponctuaUté  pro- 
verbiale, de  son  dévouement  au  bien-être 
spirituel  et  temporel  de  la  paroisse,  que 
son  séjour  à  Beauharnois  soit  long  comme 
durable  y  sera  son  souvenir! 

LES  VICAIRES 

C'est  très  haut  dans  l'histoire  rehgieuse 
de  Beauharnois  que  l'on  constate  le  désir 
des  paroissiens  d'avoir  un  vicaire;  la  des- 
serte simultanée  de  Saint-Clément,  de  Saint- 
Timothée  et  de  Sainte-Martine,  avec  le 
surcroît  de  besogne  qu'elle  imposait  au 
curé  de  Saint-Clément,  puis,  peu  à  peu, 
l'importance  croissante  de  Beauharnois, 
firent  éprouver  le  besoin  d  un  deuxième 
prêtre.  En  1832,  le  notaire  Leblanc  pre- 
nait sur  lui  de  demander  à  Mgr  Lartigue, 
alors  vicaire-général   de   Québec   pour  le 


district  de  Montréal,  un  vicaire,  et  Mgr 
Lartigue  de  répondre  "qu'il  n'en  peut 
donner  actuellement."  En  1839,  les  Ir- 
landais catholiques  demandaient  qu'on  leur 
députât  un  prêtre  auxiUaire  qui  les  des- 
servît dans  leur  langue. 

Toutefois,  ce  ne  fut  qu'en  1844  que 
Saint-Clément  reçut  son  premier  vicaire; 
notre  paroisse  le  dut  probablement,  aux 
travaux  du  canal;  la  construction  du  canal 
de  Beauharnois,  en  effet,  amena  dans  la 
paroisse  Saint-Clément  un  grand  nombre 
d'étrangers,  au  point  qu'en  1844  une  cha- 
pelle fut  érigée;  pour  faire  face  à  tous  ces 
besoins  nouveaux,  un  prêtre  ne  suffisait 
pas.  C'est  alors  que  l'évêque  de  Montréal 
députa  à  Beauharnois  comme  vicaire  de 
l'abbé  J.-B.  Bourassa,  curé  de  Chateau- 
guay,  et  desservant  de  Beauharnois  à  la 
mort  de  M.  Carron,  l'abbé  Fabien-Sébastien 
Jeannotte;  sa  première  signature  comme 
"vicaire  de  la  paroisse"  est  du  26  août 
1844,  sa  dernière,  du  18  septembre.  Il 
ne  passa  donc  à  Beauharnois  que  quelques 
semaines.  L'abbé  Jeannotte  devint  en  1846 
curé  de  Sainte-Mélanie;  il  le  fut  pendant 
41  ans,  se  retira  du  ministère  en  1887,  et  il 
mourut  en  1907,  âgé  de  87  ans,  après  63 
ans  de  vie  sacerdotale. 

Après  l'abbé  Jeannotte,  les  vicaires  se 
sont  succédé  à  Beauharnois,  comme  il  suit: 

1844  -  1846;  l'abbé  Antoine  Fleury- 
Groulx  (1819-1868)  plus  tard  curé  de 
Saint-Benoît,  de  l'Ile  Perrot,  de  Saint- 
Jérôme. 

1846  -  1847:  l'abbé  François-Xavier 
Caisse  (1822-1881)  directeur  du  collège 
de  Chambly,  plus  tard  curé  de  Saint-Bruno, 
de  Saint-Jacques-le-Mineur,  de  Saint-Hi- 
laire,  de  l'Epiphanie,  et  pendant  17  ans, 
procureur  du  collège  de  l'Assomption. 


Le  Personnel  paroissial:  les  Vicaires 


39 


GROUPE  DE  vicaires 

Messieurs  F.-S.  Jeannette  (14).— F.-X.  Caisse  (3).— Urg.  Archambault  (16).— A.-A.  Toupin  (12).— F.  Perrault  (4).^.  Loner- 
gan  (19).— L.-A.  Picard-Dequoy  (20).— F.-X.-L.  Vézina  (8).— J.-L.  Mongeau  (21).— P.  Fortin  (17).— J.-C.  Daigneault  (2).— 
F.-X.  Geoffroy  (9).— J.-B.  Beauchamp  (13).— L.-A.  Lavoie  (10).— F.-X.  Sauriol  (16).— P.  Bérard  (7).— M.  Martineau  (6).— 
P.  Godin-Châtillon  (6).— R.-M.  Descarries  (1).— J.-B.  Bourget  (11). 


Le  Personnel  paroissial:  les  Vicaires 


41 


1847  -  1849:  l'abbé  Nazaire  Hardy 
(1823-1894)  premier  curé  de  Saint- Louis-de- 
Gonzague  et  de  Saint-Roch  sur  Richelieu. 

1849  -  1850:  l'abbé  William  Dolan 
(1810-.  .  .  .)  irlandais  d'Irlande;  passa  aux 
Etats-Unis  après  son  vicariat  de  Beau- 
harnois. 

1850  -  1851:  l'abbé  Guillaume  Fitzge- 
rald (1822- .  . .  .  )  curé  de  Durham  et  assis- 
tant-curé  de   Saint-Georges   d'Henryville. 

1851  -  1852:  l'abbé  Urgel  Archambault 
(1827-1899)  futur  curé  de  Saint-Urbain  de 
Chateauguay  et  de  Saint-Félix-de- Valois, 
où  il  meurt  en  1900. 

1852  -  1853:  l'abbé  François-Antoine-Al- 
fred ToupiN  (1825-1877)  curé  -  fondateur 
de  Saint-Placide. 

1853-1862:  l'abbé  Félix  Perrault  (1808- 
1883)  curé  de  Saint-Georges  d'Henryville 
pendant  la  rébellion  1837-1838,  de  Saint- 
Chrysostôme  et  de  Sainte-Philomène  de 
Chateauguay. 

1858  -  1859:  l'abbé  Jacques  Lonergan 
(1834-1905)  professeur  du  Collège  de  Sainte- 
Thérèse,  directeur  du  Collège  de  Chambly, 
plus  tard,  aumônier  du  pénitencier  de 
Kingston,  curé  d'Hochelaga  et  de  Sainte- 
Brigide  à  Montréal. 

N.-B.  A  partir  de  cette  date,  Beauhar- 
nois  a  eu  habituellement  deux  vicaires. 

1862  -  1863:  l'abbé  Louis-Alfred  Picard- 
Dequoy  (1834-1894)  plus  tard  curé  de 
Sainte-Adèle,  de  Saint-Placide  et  de  La- 
noraie.  Il  avait  été  ordonné  prêtre  en 
juillet  1859  à  Chateauguay,  où  son  frère 
était  curé. 

1863:  l'abbé  François-Xavier-Louis  VÉ- 
zina  (1837- . . . .)  desservant  de  Saint-Sta- 
nislas en  même  temps  que  vicaire  de  Saint- 
Clément,  plus  tard  curé  de  Sainte-Justine 
de  Newton. 


1863  -  1864:  l'abbé  Joseph-Louis  Mon- 
GEAU  (1835-1888)  plus  tard  chanoine  de 
la  cathédrale  de  Montréal  et  curé  de 
Saint-Rémi  de  Napierville. 

1863  -  1866:  l'abbé  Pierre  Fortin  (1837- 
1885)  plus  tard  curé  de  Sainte-Agnès  de 
Dundee  et  de  Saint-Basile  de  Chambly. 

1864  -  1867:  l'abbé  Joseph-Camille  Dai- 
GNEAULT  (1839-1904)  plus  tard  curé  de 
Saint-Michel-des-Saints  et  de  Sainte-Julie 
de  Verchères. 

1866  -  1868:  l'abbé  François  -  Xavier 
Geoffroy  (1835  -  1898)  plus  tard  curé 
d'Hemmingford  et  de  Saint-Paul  de  Jo- 
liette. 

1867:  l'abbé  Jean-Baptiste  Beauchamp 

(1841- )  plus  tard  curé  de  Saint-Téles- 

phore. 

1868:  l'abbé  Louis- Amable  Lavoie  (1836- 
1901)  plus  tard  curé  d'Alfred,  Ont. 

1868  -  1869:  M.  l'abbé  François-Xavier 
Sauriol  (1837)  plus  tard  directeur  du 
collège  de  Varennes,  curé  de  Sainte-Adèle, 
de  Sainte-Marthe  pendant  une  tren- 
taine d'années;  assesseur  dans  l'ofïicialité 
diocésaine  de  Valleyfield,  et  vicaire  forain; 
actuellement  retiré  dans  sa  paroisse  natale, 
Sainte-Rose  de  Laval. 

1868  -  1871:  l'abbé  PhiUppe  Bérard 
(1840-. . . .)  plus  tard  curé  de  Saint- Jean- 
de-Matha. 

1871  -  1872:  l'abbé  Marcel  Martine  au 
(1847- . .  .  .)  plus  tard  entra  chez  les  Pères 
Jésuites;  fut  premier  curé  de  Nominingue; 
il  est  l'auteur  de  la  généalogie  de  la  Fa- 
mille Martineau-Lormière. 

1872  -  1873:  M.  l'abbé  Pierre  Godin- 
Chatillon  (1843)  plus  tard  curé  de  Saint- 
Philippe  d'Argenteuil  où  il  a  construit  une 
église,  de  Luskville  et  de  Wendover,  actuel- 
lement retiré  à  l'hôpital  de  Buckingham. 


42 


Histoire  religieuse  de  Beauharnois 


1873:  l'abbé  Pierre  Lefebvre  (1848- 
1896)  plus  tard  vicaire  à  différentes  paroisses 
de  Montréal. 

1873  -  1875:  M.  le  chanoine  Rémi-Marie 
Descarrie  (1845-1920)  plus  tard  vicaire 
de  Saint-Jean-Baptiste-de-Montréal,  des- 
servant de  Saint-Henri  de  Montréal,  vi- 
caire aux  États-Unis;  depuis  1883,  curé 
de  Saint-Henri  de  Montréal;  chanoine  ho- 
noraire de  la  cathédrale  de  Montréal, 
vicaire  forain,  assesseur  de  l'officdalité  dio- 
césaine. 

1875:  l'abbé  Jean  -  Baptiste  Botjrget 
(1840-.  .  .  .  )  plus  tard  curé  de  Saint- Janvier. 

1875  -  1876:  l'abbé  Gaspard  Bérard 
(1848-1897)  plus  tard  curé  de  Saint-André 
d'Argenteuil  et  de  Saint-Clet. 

1876  -  1878:  l'abbé  Êlie  Martel  (1847- 
1893)  plus  tard  curé  dans  le  Michigan. 

1878  - 1881  :  l'abbé  Louis-Théophile  Des- 
CARRIES  (1849-....)  plus  tard,  curé  fon- 
dateur de  Saint-Adrien-de-Ham,  curé  de 
Valcourt  d'où  il  a  fondé  Sainte-Marie 
d'Êly  et  Racine. 

1878:  l'abbé  Pierre  Pelletier  (1851- 
. . . .  )  plus  tard  curé  de  Lachenaie  et  de 
Saint-Félix-de- Valois . 

1878  -  1879:  Monsieur  l'abbé  Joseph- 
Octave  RoussiN  (1855)  plus  tard  curé  de 
Valleyfield,  de  Sainte-Adèle,  et  depuis  1899, 
de  la  Pointe-aux-Trembles  de  Montréal. 

1879  -  1880:  l'abbé  Joseph-Edouard  Ga- 
DOURY  (1851-1904)  plus  tard  curé  de  Sa- 
lem, Mass.,  É.-U. 

1880:  Monsieur  l'abbé  Joseph-Edouard 
Prieur  (1853)  plus  tard  curé  de  Sainte- 
Sophie  et  de  Saint-Édo'iiard;  actuellement, 
chapelain  à  la  ferme  Youville  des  Sœurs 
Grises  d'Ottawa,  à  Orléans,  Ont. 

1880  -  1881:  l'abbé  Onésime  Lacha- 
PELLE,  plus  tard  curé  de  Lanoraie. 


1881-1882:  l'abbé  Thomas-Napoléon  Le- 
MoYNE  (1847-1905)  plus  taj-d  curé  de 
Fort-Coulonge. 

1882  -  1885:  l'abbé  Azarie  Provost 
(1848-1907)  plus  tard  curé  à  la  Pointe-aux- 
Trembles. 

1886  -  1890:  Monsieur  l'abbé  Joseph- 
Edouard  Contant  (1859),  plus  tard  curé 
de  Sainte-Adèle,  et  de  Maisonneuve  depuis 
1907  ;  vicaire  forain. 

1887  :  l'abbé  Louis-Napoléon-Alphonse 
Gravel  (1859-1896)  plus  tard  aumônier 
des  Sœurs  de  la  Providence  à  Montréal. 

1887  -  1888:  l'abbé  Joseph  Forest,  plus 
tard  curé  dans  le  Maine. 

1888  -  1891:  le  Chanoine  Damase  La- 
fortune  (1858- .  .  .  .)  depuis,  curé  de  l'Ile 
Dupas,  de  la  Cathédrale  de  JoUette  et  de 
Saint-Paul  de  Joliette,  chanoine  de  la  Ca- 
thédrale de  Joliette. 

1890-1893:  l'abbé  Jean-Baptiste-Edmond 
Jeannot-Lachapelle  (1860-. . . .)  depuis, 
curé  du  T. -S.  Rédempteur  et  de  Saint- 
Urbain-Premier. 

1891  -  1895:  Monsieur  l'abbé  Octavien 
Lagacé  (1864)  depuis  aumônier  de  l'hos- 
pice Gamelin  et  de  l'hospice  Saint-Benoît. 
De  nouveau,  vicaire  en  1897. 

1893  -  1897:  M.  l'abbé  Adélard  Fer- 
re ault  (1863)  depuis,  curé  de  Sainte- 
Philomène  de  Chateauguay  et  de  Saint- 
Timothée. 

1895  -  1899:  M.  l'abbé  Herménégilde 
Tremblay  (1864)  depuis,  desservant  à 
Bellerive,  curé  à  Howick,  desservant  aux 
Cascades,  curé  au  Côteau-Station,  retiré 
au  Côteau-du-Lac. 

1897  -  1898:  M.  l'abbé  François-Xavier 
Martin-Pelland  (1861)  depuis,  curé  de 
Sainte-Barbe  et  de  Saint-Étienne  de  Beau- 
harnois. 


Le  Personnel  paroissial:  les  Vicaires 


43 


GROUPE  DE  vicaires 

M.  J.-O.  Uoussin  (3).— M.  J.-K.  Gadoury  (4).— M.  J.-E.  Prieur  (8).— M.  T.-N.  LeMoyne  (6)  —  M.  A.  Provost  (7).— M.  J.-E.  Contant  (22),— 
M.U-.  Lafortune  (5).— M.  J--B.  Lachapelle  (11).— M.  O.  I^gacé  (10) —M.  A.  Perreault  (12).— M.  H.  TrembUy  (20).— M.  F.-X.  Pelland  (17)— M. 
J.-E.    Qauthifir  (»).— M.  J.-H.   Martel  (21).— M.  J.-A.  Lacerte  (14).— M.  V.  Primeau  (13).— M.  L.-M.  Borrel  (19).— M.  L.  Lafranoe  (18).— M. 
L.  Rolland  (16).— M.  F.-A.  Thibaudeàu  (1«).— M    O.  Déliais  (1).— M.  D.  Saint-Aubio  (2). 


Le  Peesonnel  paeoissial:  les  Vicaires 


45 


1898-1912:  M.  l'abbé  Joseph-Exéas  Gau- 
thier (1873)  depuis,  curé  de  Notre-Dame 
de  Bellerive  où  il  a  construit  une  église  et 
un  presbytère. 

1900-1903:  M.  l'abbé  Joseph-Hormisdas 
Martel  (1868)  depuis,  curé  du  T.-S. 
Rédempteur  et  de  Saint-Clet. 

1903  -  1904:  M.  l'abbé  Joseph- Avila 
Lacerte  (1872)  depuis,  curé  de  Sainte- 
Agnès  de  Dundee. 

1904  -  1906:  M.  l'abbé  Augustin  Ber- 
trand (1874)  plus  tard,  au  ministère  aux 
États-Unis. 

1906  -  1908:  M.  l'abbé  Victor  Primeau 

(1883)  depuis,  curé  à  Chicago,  Ë.-U. 

1908  -  1911:  M.  l'abbé  Louis-Marie 
BoRREL  (1872)  depuis,  vicaire  de  Saint- 
Enfant-Jésus  du  Mile-End. 

1911  -  1912:  M.  l'abbé  Lucien  Lafrance 
(1888)  depuis,  vicaire  à  Saint-Louis-de- 
Gonzague  et  au  Côteau-du-Lac. 

1912  -  1916:  M.  l'abbé  Louis  Rolland 

(1884)  depuis,  vicaire  à  Saint -Jean-Chry- 
sostôme  et  à  Saint-Poly carpe. 

1912-1913:  M.  l'abbé  F.-ArthurTmBAu- 
DEAU  (187.-1918)  depuis,  vicaire  à  Rigaud, 
curé  à  Pointe-Fortune,  mort  en  novembre 
1918,  victime  de  l'épidémie  de  grippe  es- 
pagnole. 

Les  deux  vicaires  actuels  de  Beauharnois 
sont  M.  l'abbé  Octave  Delisle,  depuis  1913; 
M.  l'abbé  Damien  Saint- Aubin,  depuis  1916. 

De  tous  ces  prêtres  qui,  comme  curés, 
desservants  ou  vicaires  ont  été  préposés 
au  soin  spirituel  des  paroissiens  de  Beau- 
harnois, que  le  souvenir  se  conserve  et  se 
perpétue  ! 

Et  maintenant,  il  nous  faut  faire  la 
nomenclature  des  prêtres,  des  religieux 
non-prêtres  et  des  religieuses  nés  ou  élevés 
à  Beauharnois. 


PRÊTRES  DE  BEAUHARNOIS 

Depuis  sa  fondation  en  1819,  la  pa- 
roisse Saint-Clément  de  Beauharnois  a 
donné  à  l'Église  quinze  prêtres;  voici 
quelques  notes  biographiques  sur  chacun 
d'eux,  d'après  l'ordre  chronologique. 

L'abbé  Wenceslas  Clément  naquit  à 
Beauharnois  le  14  septembre  1824;  son 
père  est  Amable  Clément.  Il  fut  ordonné 
prêtre  à  Montréal  le  29  août  1847.  Il 
fut  curé  de  Milton  (1848-1849);  premier 
curé  de  Dunham  (1850)  premier  curé  de 
Sainte-JuUenne  (1850-1852)  de  Saint- Alexis 
de  Montcalm  (1852-1881)  curé  de  Saint- 
Norbert  de  Berthier  (1881-1884)  de  Saint- 
Gabriel  de  Brandon  (1884-1899).  En  1899, 
il  se  retira  à  Saint-Damien  de  Brandon. 
Quelques  années  plus  tard,  il  se  retira 
dans  une  retraite  et  un  silence  plus  com- 
plets à  l'hôpital  des  Incurables  de  Notre- 
Dame-de-Grâce  ;  c'est  là  qu'il  mourut, 
le  2  avril  1906,  dans  la  83ième  année  de 
son  âge,  et  la  60ième  année  de  sa  vie 
sacerdotale;  il  était  le  doyen  des  membres 
du  clergé  séculier  du  diocèse  de  Montréal. 

Dans  les  différents  postes  qu'il  occupa, 
notamment  à  Saint-Gabriel  de  Brandon, 
il  a  laissé  le  souvenir  d'un  ministère  et 
d'une  vie  vraiment  apostoliques:  "C'est 
vraiment  un  saint  prêtre  que  nous  per- 
dons", disait,  à  la  mort  de  l'abbé  Clément, 
Monseigneur   l'Archevêque   de   Montréal. 

Sa  modestie  et  sa  simplicité  étaient 
admirables;  les  paroissiens  de  Saint-Ga- 
briel durent  faire  violence  à  sa  volonté 
pour  lui  faire  accepter  la  célébration  de 
ses  noces  d'or  sacerdotales.  Après  avoir 
été  curé-fondateur  de  Saint-Alexis  des 
Monts  pendant  vingt-neuf  ans,  il  crut 
n'être  pas  aimé  de  ses  paroissiens;  pen- 
sant qu'un  autre  prêtre  y  ferait  plus  de 
bien  il  demanda  à  son  évêque  un  change- 


46 


Histoire  religieuse  de  Beauharnois 


ment  de  cure.  Dès  qu'ils  apprirent  qu'un 
départ  était  possible,  les  paroissiens  de 
Saint-Alexis  signèrent  unanimement  une 
requête  en  faveur  du  maintien  de  leur  curé 
à  son  poste.  Un  seul  paroissien  refusa  de  si- 
gner, indifférent  qu'il  était  à  tel  ou  à  tel 
curé. 

A  Saint-Gabriel  de  Brandon,  son  sé- 
jour de  15  années  fut  marqué  par  son  zèle 
pour  l'instruction  populaire;  il  paya  une 
partie  des  frais  de  construction  de  l'agran- 
dissement du  couvent. 

Son  successeur  d'aujourd'hui  à  la  cure 
de  Saint-Gabriel  a  pu  lui  rendre  ce  témoi- 
gnage qui  est  le  plus  éloquent  des  éloges: 
"il  a  laissé  une  réputation  de  saint;  sa 
mémoire  est  encore  en  vénération  chez 
ses  anciens  paroissiens." 

L'abbé  Joachim  Malette,  né  à  Beau- 
harnois le  13  mai  1850,  était  fils  de  Jean- 
Louis  Malette,  boucher,  et  de  Zoé  Noël- 
Çliche.  Il  fit  ses  études  primaires  à  l'école 
des  Frères  des  Écoles  Chrétiennes  du  village, 
et  ses  études  secondaires  au  petit  sémi- 
naire de  Sainte-Thérèse;  il  fut  ordonné 
prêtre  à  Saint-Antoine- Abbé  le  16  juillet 
1877.  Il  fut  vicaire  de  Sainte-Philomène  de 
Chateauguay  (1877-1878),  à  Saint-Paul 
l'Ermite  (1878-1880);  professeur  au  petit 
séminaire  de  Sainte-Thérèse  (1880-1886); 
vicaire  à  Saint-Charles  de  Montréal  (1886- 
1887);  curé  à  Saint-Hippolyte  de  Kil- 
kenny  (1887-1893);  curé  de  l'Ile  Bizard 
(1893-1906)  où  il  est  mort  d'un  cancer 
à  l'estomac,  le  2  avril  1906. 

Ses  paroissiens  ont  gardé  le  souvenir  de 
ses  quatorze  ans  de  travail  au  milieu  d'eux; 
il  leur  fut  toujours  un  conseiller  sincère  et 
dévoué;  orateur  sans  prétention,  mais  d'une 
grande  facilité  de  parole,  d'une  simplicité 
qui  attirait  jusqu'aux  plus  humbles,  d'une 
remarquable    connaissance    du    coeur   hu- 


main, qui  lui  en  faisait  scruter  et  deviner 
les  besoins,  d'une  bonté  qui  savait  com- 
patir à  toutes  les  souffrances,  d'une  fran- 
chise qui  ne  connaissait  aucune  acception 
de  personnes,  d'une  rigidité  de  principes 
qui  ne  savait  pas  reculer  devant  le  devoir 
si  pénible  fût-il,  il  fut  un  pasteur  d'un 
dévouement  inlassable,  un  vrai  prêtre  de 
Jésus-Christ. 

L'abbé  Joachim  Malette,  nature  rude, 
était  doué  d'un  coeur  sensible,  bon,  recon- 
naissant; il  fut  toujours  fier  de  ses  parents, 
bien  qu'ils  fussent  de  condition  modeste. 
Ses  contempjorains  de  collège  ont  gardé  le 
souvenir  des  visites  du  père  Jean-Louis 
Malette  à  son  fils  étudiant  ou  surveillant; 
un  jour,  les  élèves  de  Saint-Thérèse  voient 
arriver  dans  la  cour  de  récréation  un  vieil- 
lard très  pauvrement  vêtu,  et  les  élèves  de 
sourire  tout  en  allant  chercher  M.  Joa- 
chim Malette,  qu'il  demande  :  M.  Ma- 
lette descend  sans  savoir  qui  le  de- 
mande: à  la  vue  du  vieillard,  M.  Malette 
se  hâte,  presse  avec  émotion  les  mains  du 
vieillard  en  disant:  "Bonjour,  papa,  comme 
je  suis  heureux  de  vous  voir."  Et  les  élèves 
qui  tantôt  souriaient,  maintenant  d'admi- 
rer le  respect  filial  de  leur  surveillant  qui, 
même  sous  des  haillons,  avait  reconnu  son 
père  et  n'avait  pas  rougi  de  lui  devant  un 
auditoire  d'élèves.  Ce  trait  achève  de 
peindre,  croyons-nous,  le  caractère  de  notre 
concitoyen. 

Le  troisième  prêtre  né  à  Beauharnois  est 
Monsieur  l'abbé  David  Grenier,  baptisé 
dans  l'église  de  Saint-Clément  le  19  no- 
vembre 1859.  Monsieur  Grenier  a  fait  ses 
études  au  collège  Bourget  de  Rigaud;  il  a 
été  ordonné  prêtre  dans  l'église  de  Saint- 
Isidore  de  Prescott,  par  Mgr  Duhamel,  le 
15  janvier  1891.  Il  a  été  professeur  de  belles- 
lettres  à  son  aima  mater;  vicaire  à  Notre- 


Le  Personnel  paroissial:  les  Prêtres  nés  a  Beauharnois 


47 


PRÊTRES  DE  LA  PAROISSE  SAINT-CLÉMENT 

(1)  T.  R.  P.  M.-E.  Marchand,  O.P.— (2)  M.  D.  Grenier.— (3)  R.  P.  A.-A.  Leduc,  O.P.— (4)  M.  A.  Hébert.— (5)  M. 
Mailloux.— (6)  M.  L.  Blondin.— (7)  M.  W.  Clément.— (8)  M.  G.  MaiUoux.— (9)  M.  F.-X.  Tisseur. 
(10)  M.  G.  Bonnier.— (11)  M.  A.  Goyette,— (12)  M.  J.  Malette.  (13)  M.  E.  Maheu. 


L 


-,. 


Le  Personnel  paroissial:  les  Prêtres  nés  X  Beauharnois 


49 


Dame  de  Worcester;  desservant  au  Saint- 
Rosaire  de  Gardner,  Mass;  vicaire  à  Saint- 
Joseph  de  Cleghorn,  de  Fitchburg  (1892- 
1894);  vicaire  à  Notre-Dame  de  Pittsfield; 
desservant  à  Guilbertville,  Mass,  de  1895 
à  1901;  vicaire  à  Notre-Dame  de  North 
Adams,  Mass.,  de  mai  1901  à  mai  1904; 
depuis  1904,  curé  de  Notre-Dame  de  Wor- 
cester, Mass. 

Le  quatrième  prêtre  originaire  de  Saint- 
Clément  est  l'abbé  Léonide  S.  Blondin. 
Il  y  naquit  le 
15  février 
1862,  de  Louis 
Blondin  et 
de  Margue- 
rite Pinault. 
Il  fit  ses  étu- 
des aux  écoles 
de  Beauhar- 
nois, au  col- 
lège Bour- 
getdeRigaud, 
au  grand 
séminaire 
d'Ottawa.  Il 
fut  ordonné 
prêtre  dans 
la  Cathédrale 
d'Ottawa  par 
Mgr  Duhamel,  le  8  février  1891,  et  curé  de 
Martindale,  de  1892  à  1905,  année  de  sa 
mort. 

Monsieur  l'abbé  François-Xavier  Tis- 
seur, actuellement  curé  de  Saint-Ignace  de 
Côteau-du-Lac,  est  né  à  Beauharnois,  dans 
le  rang  Saint-Georges,  le  3  décembre  1868, 
de  Jean-Baptiste  Tisseur  et  de  Marie  Bour- 
sier; il  a  fait  ses  études  à  la  petite  école  du 
rang,  à  l'école  des  Frères  de  Saint-Louis-de- 
Gonzague,  au  petit  et  au  grand  séminaire 
de  Montréal.  Il  fut  ordonné  dans  notre 
église  paroissiale,  le  3  décembre  1893,  par 
Monseigneur  Émard;  le  sermon  d'ordina- 


PRÊTRES  NÉS  A 
M.  A.  Dupras^         T.  R. 


tion  fut  donné  par  feu  M.  François  Reid. 
Monsieur  l'abbé  Tisseur  a  exercé  le  mi- 
nistère à  l'évêché  de  Valleyfield  (1893- 
1894);  à  Saint-Urbain  de  Chateauguay 
(1894);  à  Saint-Jean  Chrysostôme  (1894- 
1897)  ;  au  Côteau-du-Lac  (1897-1898)  ;  il  fut 
professeur  au  collège  de  Valleyfield  pendant 
l'année  scolaire  1898-1899;  vicaire  à  Rigaud 
(1899-1905);  de  1905  à  1913  curé  fondateur 
de  PointeFortune;  depuis  1913,  curé  de 
Côteau-du-Lac. 

Le  T.  Révé- 
rend Père  Ré- 
ginald  -  Zenon 

DUPRAS,  O.P. 

est  né  à  Beau- 
harnois le  28 
août  1877,  de 
Louis  D  u  - 
p  r  a  s ,  forge- 
ron, et  de  Ra- 
c  h  e  1  Lamar- 
re; il  a  fré- 
quenté l'école 
paroissiale  de 
Maisonneuve, 
dont  il  fut  le 
premier  s  e  r  - 
vant  de  messe, 
puis  l'Acadé- 
mie des  Frères  de  Sainte  -  Croix,  à  Ho- 
chelaga,  l'Académie  La  Salle  à  Ottawa, 
le  collège  de  Sainte-Thérèse  et  le  collège 
de  Montréal.  Entré  chez  les  Dominicains, 
à  Saint-Hyacinthe,  en  1899,  il  y  prononça 
ses  vœux  en  1900,  fut  ordonné  prêtre  en 
1904;  il  fut  vicaire  à  Saint-Hyacinthe  de 
juillet  1906  à  février  1907,  procureur  à 
Québec  et  à  Montréal,  supérieur  à  Mon- 
tréal du  6  août  1917  au  27  août  1919;  actuel- 
lement Prieur  au  couvent  de  Fall-River. 

Monsieur  l'abbé  Aimé  Dupras,  frère 
du  précédent,  est  né  à  Beauharnois  le 
14  mars   1879;  il  a  fréquenté  l'école  pa- 


BEAUHARNOIS 

P.  R.  Z.  Dupras,  O.P 


\ 


50 


HlSTOIKE   RELIGIEUSE    DE   BeAUHARNOIS 


roissiale  de  Maisonneuve,  F  Académie  d'Ho- 
chelaga,  l'école  de  Saint-Urbain,  de  Marl- 
boro,  Mass,  É.-U.,  le  collège  Sainte-Thé- 
rèse et  le  grand  séminaire  d'Ottawa;  il  a 
été  ordonné  prêtre  en  1907,  a  fait  du  vica- 
riat à  Embrun,  a  été  curé  à  Mayo,  à  Carls- 
bad  Springs  et  à  Saint-Pascal-Baylon  de 
Russell,  où  il  est  depuis  Pâques  1919. 

Mpnsieur  l'abbé  Gustave  Mailloux, 
actuellement  curé  de  Saint-Antoine-Abbé, 
est  né  à  Melocheville,  le  20  août  1880, 
d'Augustin  Mailloux,  maître-éclusier,  et 
de  Célina  Bourdon;  il  a  fait  ses  études  à 
l'Académie  Saint-Clément  de  Beauharnois, 
au  Collège  Bourget  de  Rigaud,  au  grand 
Séminaire  de  Montréal  et  au  grand  sémi- 
naire de  Valley field.  Il  a  été  ordonné  prêtre 
par  Mgr  Émard,  dans  la  cathédrale  de 
Valleyfield,  le  18  octobre  1904.  Pendant 
douze  ans,  il  a  été  vicaire  à  Saint-Jean- 
Chrysostôme;  depuis  1916,  il  est  ciu-é  de 
Saint- Antoine- Abbé. 

Monsieur  l'abbé  David  Mailloux,  frère 
du  précédent,  est  né  à  Melocheville,  le  14 
décembre  1894.  Il  a  fait  ses  études  classi- 
ques et  ses  études  théologiques  au  collège 
de  Valleyfield.  Il  a  été  ordonné  prêtre  le 
27  juin  1920,  dans  la  cathédrale  de  Valley- 
field, par  S.  G.  Monseigneur  Emard. 

Monsieur  l'abbé  Arthur  Goyette  est 
né  à  Beauharnois,  le  22  janvier  1884, 
d'Alphonse  Goyette  et  de  Flavie  Gariépy. 
Il  a  fait  ses  études  à  l'Académie  Saint- 
Clément,  où  il  obtint  son  diplôme  com- 
mercial en  1898,  ses  études  classiques  au 
collège  de  Valleyfield,  ses  études  théo- 
logiques au  grand  séminaire  de  Valleyfield 
et  au  collège  Angelico  de  Rome.  Il  a  été 
ordonné  prêtre  par  Mgr  Émard  dans  la 
cathédrale  de  Valleyfield,  le  9  janvier  1910. 
Il  a  été  successivement  professeur  de 
sciences,    de   philosophie   et   de   théologie 


à   son    Aima   Mater;   il   est    actuellement 
professeur  de  théologie  dogmatique. 

Le  T.  Révérend  Père  Mannes-Émile  Mar- 
chand, O.P.,  naquit  à  Beauharnois  le 
4  novembre  1883,  du  mariage  d'Achille 
Marchand,  marchand,  et  de  Justina  Gui- 
mond.  Il  a  fait  ses  études  primaires  au 
collège  des  Frères  du  Sacré-Cœur  d'Ar- 
thabaska,  ses  études  classiques  au  petit 
séminaire  de  Québec;  il  entra  dans  l'ordre 
de  Saint-Dominique,  au  couvent  de  No- 
viciat de  Saint-Hyacinthe,  te  3  août  1905, 
y  fit  profession  le  3  août  de  l'année  sui- 
vante; il  a  fait  ses  études  théologiques  au 
couvent  d'études  des  Dominicains  à  Ot- 
tawa; ordonné  prêtre  le  8  mai  1910,  par 
Mgr  E.-A.  Latulipe;  il  a  fait  du  ministère 
au  couvent  de  Saint-Hyacinthe,  à  celui 
de  Fall-River  et  à  celui  d'Ottawa;  à  ce 
dernier  endroit,  il  est,  depuis  décembre 
1917,  curé  de  la  paroisse  Saint-Jean-Baptiste, 
et  depuis  septembre  1920,  sous-prieur  du 
couvent. 

Le  Père  Augustin- Aldéric  Leduc,  O.P., 
est  né  à  Beauharnois,  le  6  juin  1886,  du 
mariage  de  François-Xavier  Leduc,  mar- 
chand, et  de  Rose-de-Lima  Boursier  dit 
Lavigne.  Il  a  fait  ses  études  primaires  à 
l'Académie  des  Clercs  de  Saint- Viateur  de 
Saint-Louis-de-Gonzague,  et  ses  études  clas- 
siques au  collège  de  Valleyfield  (1898-1906). 
Entré  dans  l'Ordre  de  Saint-Dominique, 
à  Saint-Hyacinthe,  il  y  fit  profession  le 
29  août  1907.  Il  a  fait  ses  études  théolo- 
giques au  couvent  d'Ëtudes  des  Domi- 
nicains à  Ottawa;  il  a  été  ordonné  prêtre 
le  2  juillet  1911,  par  S.  É.  Mgr  Stagni, 
délégué  apostolique;  a  passé  deux  ans  à 
Saint-Hyacinthe  (1913-1915)  comme  sous- 
maître  des  novices;  depuis  1915,  à  Ottawa, 
professeur  d'histoire  de  l'Église  et  de  droit 
canonique  au  couvent  d'Études  des  Domi- 


Le  personnel  paroissial:  les  Religieux  de  beauharnois 


51 


GROUPE  DE  RELIGIEUX  NÉS  À  BEAUHARNOIS 

(I)  C.  Fr.  Maximaien  [H.  Bertrand]  (des  Éc.  chrét.)— (2)  Fr.  L.  Bertrand  (Ste-Croix.)— (3)  Fr.  Maximinus  [HenriJBoyer,] 
des  Éc.  chrét.)— (4)  Fr.  Manès-Irénée  [Joseph  Poirier,]  (des  Éc.  chrét.)— (5)  Fr.  Léopold  Daoust,  S.J.— (6)  Fr.  J.-Z.  Maheu, 
^.8.\.~(7)  Fr.  R.  Bourdon,  C.8.V.— (8)  Fr.  E.  Gariépy,  C.S.V.— (9)  Fr.  L.-J.  Lefebvre,  C.S.V.— (10)  Fr.  J.  Daoust,  C.S.V. 

(II)  Fr.  P.  Théoret,  C.S.V.— (12)  Fr.  J.-C.  Leduc.  C.8.V.— (13)  Fr.  P.  Dickner,  C.S.V .—(14)  Fr.  N.  Morrisseau  C.S.V. 


Ë 


/ 


Le  Personnel  paroissial:  les  Religieux  de  Beauharnois 


53 


nicains   de    septembre    1917   à   septembre 
1920,  il  a  été  sous-prieur  du  couvent. 

M.  l'abbé  Aimé  Hébert  est  né  à  Beau- 
harnois, le  17  octobre  1888,  du  mariage  d'A- 
lexis Hébert,  cultivateur,  et  de  Marie- 
Bibiane  Faubert.  Il  a  fait  ses  études  pri- 
maires à  la  petite  école,  à  l'Académie 
Saint-Clément  de  Beauharnois,  et  ses  études 
secondaires  au  collège  de  Valleyfield  (1903- 
1911);  il  a  fait  ses  études  théologiques  au 
grand  séminaire  de  Valleyfield;  il  a  été 
ordonné  prêtre  dans  notre  église  parois- 
siale Saint  -  Clément,  le  6  janvier  1913; 
il  a  fait  du  professorat  au  collège  de  Val- 
leyfield; il  est  vicaire  à  Rigaud  depuis  1916. 

M.  l'abbé  Ernest  Maheu  n'est  pas 
originaire  de  Beauharnois,  il  naquit  à 
Ormstown  du  mariage  de  Charles  Maheu 
et  d'Olivine  Châtillon.  Cependant,  tout 
jeune,  il  vint  à  Beauharnois  avec  sa  mère 
devenue  veuve  par  la  mort  accidentelle  de 
M.  Maheu.  Il  a  étudié  à  l'Académie  Saint- 
Clément,  puis  au  collège  de  Valleyfield 
(1904-1912);  il  a  fait  ses  études  théologiques 
au  grand  séminaire  de  Valleyfield;  il  a 
été  ordonné  prêtre  dans  la  cathédrale 
de  Valleyfield,  par  S.  G.  Mgr  Ëmard,  le 
10  octobre  1915;  il  a  fait  du  professorat 
au  collège  de  Valleyfield  et  du  vicariat 
à  Saint-Polycarpe,  à  la  cathédrale  de  Val- 
leyfield, et,  depuis,  1917  à  Saint-Timothée. 

Monsieur  l'abbé  Joseph-Antoine-Géra- 
sime  Bonnier  est  né  à  Beauharnois  le  6 
mars  1892,  de  Jean-Baptiste  Bonnier  et 
de  Marie-Louise  Laurin.  Il  a  étudié  aux 
écoles  de  Beauharnois  et  au  collège  de 
Valleyfield.  Il  a  été  ordonné  prêtre  le  27 
juin  1920,  dans  la  cathédrale  de  Valley- 
field, par  S.  G.  Mgr  Émard, 


RELIGIEUX  NON  PRÊTRES  DE 
BEAUHARNOIS 

Voici,  aussi  complète  que  nous  avons  pu 
la  dresser,  la  liste  des  religieux  non-prêtres 
nés  ou  ayant  passé  une  partie  de  leur  vie 
à  Beauharnois. 

I. — Clercs  de  Saint- Viateur 

1°  Frère  Joseph-Clovis  Leduc,  né  le  26 
avril  1865,  de  François  Leduc  et  AngéUque 
Chasles,  profès  le  31  juillet  1887,  décédé 
le  16  mars  1917. 

2°  Frère  Edouard  Garièpy,  né  le  4 
décembre  1871,  de  Nazaire  Gariépy  et 
Catherine  Dazé,  profès  le  31  juillet  1893. 

3°  Frère  Arthur  Daoust,  né  le  17  jan- 
vier 1891,  d'Elzéar  Daoust  et  Marie- 
Louise  Leduc,  profès  le  6  janvier  1912. 

4°  Frère  Raïlil  Bourdon,  né  le  31  oc- 
tobre 1892,  de  Wilbrod  Bourdon  et  Élodie 
Deneault,  profès  le  6  janvier  1912. 

5°  Frère  Patrice  Dickner,  né  le  17  juin 
1898,  d'Ernest  Dickner  et  d'Alexina  Gosse- 
Un,  profès  le  6  janvier  1919. 

6°  Frère  Joseph-Zéphir  Maheu,  né  le 
21  novembre  1899,  de  Léandre  Maheu  et 
d'Ëvélina  Cecyre,  profès  le  6  janvier  1919. 

7°  Frère  Normand  Morrisseau,  né  le 
26  août  1900,  d'Arthur  Morrisseau  et  Ed- 
widge  Faubert,  profès  le  6  janvier  1919. 

8°  Frère  Paul  Théoret,  né  le  26  dé- 
cembre 1899,  d'Euclide  Théoret  et  Anna 
Brouillet,  entré  chez  las  Clercs  de  Saint- 
Viateur  en  1919. 

9°  Frère  Louis- Joseph  Lefebvre,  né  le 
24  octobre  1899,  de  Louis-Joseph  Lefebvre 
et  Marie  Daigneault,  entré  chez  les  Clercs 
de  Saint-Viateur  en  1919. 


54 


HlSTOIBE   RELIGIEUSE    DE   BeAUHARNOIS 


10°  Frère  David  Boucher,  prof  es  le  31 
juillet  1899,  et  Frère  Minrad  Bonin,  profès 
le  6  janvier  1917,  ne  sont  pas  nés  à  Beau- 
harnois;  mais  ils  ont  été  élèves  de  notre 
Académie  Saint-Clément. 

IL — Frères  des  Ecoles  Chrétiennes 

•  Quelques  religieux  de  l'Insûtut  des  Frères 
des  Écoles  Chrétiennes  sont  de  Beauhar- 
nois  par  la  naissance  ou  par  l'éducation. 

1°  Frère  Maximini  an  (Henri  Bertrand) 
né  à  Rigaud  en  1848,  de  Louis- Antoine 
Bertrand  et  Angélique  Poirier;  profès  en 
1865,  décédé  le  7  janvier  1900;  a  été  di- 
recteur à  Lachine,  à  Saint-Jean  d'Iber- 
ville,  à  HuU,  à  Saint-Laurent,  à  Longueuil, 
à  Saint- Jérôme. 

2°  Frère  Maximinus  {Henri  Boyer)  né 
à  Beauharnois,  en  1853,  de  Charles  Boyer 
et  Félicité  Hébert,  profès  en  1870,  décédé 
le  14  octobre  1877. 

3°  Frère  Manes-Irénée  {Joseph  Poi- 
rier) né  à  Saint-Louis-de-Gonzague  le  28 
novembre  1878,  de  Léandre  Poirier  et  Gla- 
phyre  Leduc;  profès  en  1895;  a  été  directeur 
à  Saint  -  Edouard  de  Beauport,  à  Saint- 
Raymond  de  Portneuf,  à  la  Rivière-du- 
Loup,  et  à  Saint-Jean-Baptiste  de  Québec 
depuis  1918. 

III. — Compagnie  de  Jésus 

Frère  Léopold  Dagust,  né  à  Beauhar- 
nois, le  30  mars  1864,  de  Etienne  Daoust  et 
Bibiane  Trottier;  çrofès  le  24  mai  1890,  en 
mission  depuis  cette  date. 

IV.— Frères  de  Sainte-Croix 

Frère  Louis  Bertrand,  né  le  2  juin 
1900,  de  Télesphore  Bertrand  et  Suphrénie 
Couillard,  entré  au  noviciat  en  août  1915. 


RELIGIEUSES  DE  BEAUHARNOIS 

Voici  la  liste — peut-être  incomplète — des 
religieuses  que  la  paroisse  Saint-Clément 
a  données  à  différentes  congrégations  reli- 
gieuses; le  plus  grand  nombre  appartient 
aux  Sœurs  des  Saints  Noms  de  Jésus  et 
de  Marie;  c'est  la  récompense  du  dévoue- 
ment que,  depuis  bientôt  70  ans,  cette 
communauté  a  manifesté  à  notre  pa- 
roisse. 

I. — Sœurs  des  Saints  Noms  de  Jésus  et  de 
Marie 

Nous  donnerons,  en  premier  lieu,  la 
liste  des  religieuses  nées  à  Beauharnois, 
puis  celle  des  religieuses  qui  y  sont  de- 
meuré. 

1  °  Sœur  Marie  de  l'Assomption  {Mar- 
celline  Tessier);  parents:  Ignace  Tessier 
et  Scholastique  Lemay;  naissance,  le  27 
novembre  1834;  profession,  le  16  août 
1853;  a  été  supérieure  locale  en  Orégon; 
décédée  le  16  juillet  1904. 

2°  Sœur  Marie  Ambroise  {Marcelline 
Leduc);  parents:  Antoine  Leduc  et  Angé- 
lique Pilon;  naissance,  le  11  février  1832; 
profession,  le  6  mars  1857;  décédée  le  30 
mars  1857. 

3°  Sœur  Marie  Charles  {Adèle  Daoust); 
parents:  Charles  Daoust  et  Françoise 
Dandurand;  naissance,  le  14  octobre  1833; 
profession,  le  16  août  1857;  décédée  le  1er 
décembre  1860. 

4°  Sœur  Marie  Mélanie  {Virginie 
Roy);  parents:  Joseph  Roy  et  Madeleine 
Lecavalier;  naissance,  le  13  août  1835;  pro- 
fession, le  16  août  1857;  décédée  le  3  no- 
vembre 1906. 

5°  Sœur  Marie  Félicité  {Léocadie  Le- 
bœuf)  ;  parents  :  Eustache  Lebœuf  et  Sophie 
Boudria;  naissance,  le  2  février  1835;  pro- 


Le  Personnel  pabôissial:  les  Religieuses  de  Beauharnois 


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(1)  Sr  Goyette  (Hôtel-Dieu).— (2)  Sr  Thérèse-de-Jésus  (Carmélite). (3)  Sr  Guimond  (des  Sœurs  Grises).— (4)  Sr  Marie  du 

Crucifix  (Bon-Pasteur). — (5)  Sr  M.  Rose  de  Viterbe  (Précieux-Sang).— (6)  Sr  Marie-Modeste  (Sœur  de  Sainte-Anne). — (7) 
Mère  Martin  de  l'Ascension. — (8)  Sr  Marguerite  de  Saint-Joseph. — (9)  Sr  Maiie-Célinie. — (10)  Sr  M.  Laurence.— (11)  Sr  Marie-  ■ 
Pierre. — (12)  Sr  Ambroise  de  Sienne. — (13)  Sr  M.  Maximilienne. — (14)  Sr  Paul  de  Nicée.— (15)  Sr  Pierre  de  Sienne.— (16)  Sr 
Louise  Émélie. — (17)  Sr  Ixjui.s  Bertrand. — (18)  Sr  Marie-Hyacinthe.— (19)  Sr  Marie-Eucher. — (20)  Sr  Marie-Eudoxie.— (21  Sr 
Marie-Joseph.— (22)  Sr  Marie-Irénée.— (23)  Sr  Henri  de  Citeaux.— (24)  Sr  Pierre  d'Alcantara.— (25)  Sr  Marie-Norbert.— (26) 
Sr  Marie-Léonie. — (27)  Sr  Marie  Adhémard. — (28)  Sr  Marie-Symphorien. 


Le  Personnel  paroissial:  les  Religieuses  de  Beauharnois 


57 


fession,  le  3  août  1858;  a  été  supérieure 
locale  dans  Québec  et  en  Floride;  décédée 
le  17  décembre  1905. 

6°  Sœur  Marie  de  l'Ange  Gardien 
{Marguerite  Blondin);  parents:  Jean-Bap- 
tiste Blondin  et  Marguerite  Pinault;  nais- 
sance, le  30  novembre  1839;  profession,  le 
27  juillet  1859;  a  été  maîtresse  des  novices 
et  supérieure  locale  en  Oregon. 

7°  Sœur  Pierre  d'Alcantara  {Emélie 
Boyer);  parents:  Célestin  Boyer  et  Angé- 
lique Tessier;  naissance,  le '23  novembre 
1839;  profession,  le  14  janvier  1860;  a  été 
supérieure  locale  en  Orégon;  décédée  le 
30  mai  1909. 

8°  Sœur  Marie  Anseline  {Léocadie 
Sarault);  parents:  Pierre  Sarault  et  Anas- 
tasie  Laferrière;  naissance,  le  6  juillet  1836; 
profession,  le  14  janvier  1860;  a  été  supé- 
rieure locale  dans  Québec;  décédée  le  20 
février  1910. 

9°  Sœur  Marie  Ambroise  {Angèle  Le- 
duc); parents:  Antoine  Leduc  et  Apolline 
Montpetit;  naissance,  le  20  mars  1842;  pro- 
fession, le  17  juin  1862;  décédée  le  8  juil- 
let 1915. 

10°  Sœur  Marie  Clément  (Archange 
Daignault) ;  parents:  Paul  Daignault  et 
Angélique  Lefebvre;  naissance,  le  23  mars 
1834;  profession,  le  22  janvier  1863. 

11°  Sœur  Marie  Dorothée  (Philomène 
Labelle)  ;  parents  :  François  Labelle  et  Mar- 
guerite Hainault;  naissance,  le  29  septem- 
bre 1839;  profession,  le  22  janvier  1863; 
décédée  le  29  juillet  1879. 

12°  Sœur  Marie  Eudoxie  (Elise  Pré- 
gent);  parents:  Joachim  Prégent  et  Reine 
Lefebvre;  naissance,  le  6  novembre  1844; 
profession,  le  19  janvier  1864;  a  été  supé- 
rieure au  Manitoba;  décédée  le  6  mars  1903. 

13°  Sœur  Marie  Nathalie  (Josephte 
Leduc)  ;  parents:  Antoine  Leduc  et  Apolline 


Montpetit;   naissance,    le   20   mars    1842; 
profession,  le  19  janvier  1864. 

14°  Sœur  Marie  du  Scapulaire  (Caro- 
line Gendron);  parents:  Pierre  Gendron  et 
Angélique  Boyer;  naissance,  le  3  décembre 
1848;  profession,  le  8  décembre  1860;  dé- 
cédée le  19  janvier  1877. 

15°  Sœur  Martin  de  l'Ascension  (Odi- 
le Leduc);  parents:  André  Leduc  et  Ëmélie 
Trudelle;  naissance,  le  29  février  1848;  pro- 
fession le  1er  février  1865;  a  été  supérieure 
locale  au  Manitoba  et  dans  Québec,  supé- 
rieure provinciale  de  Californie  et  d'On- 
tario, et  supérieure  générale. 

16°  Sœur  Marie  Léocadie  (Angélique 
Leduc)  ;  parents  :  Antoine  Leduc  et  Apolline 
Montpetit;  naissance,  le  15  juin  1851; 
profession,  le  19  octobre'  1867;  a  été  supé- 
rieure locale  en  Orégon  et  économe  générale. 

17°  Sœur  Marie  Pierre  (Julie  La- 
berge);  parents:  Pierre  Laberge  et  Julie 
Laberge;  naissance,  le  9  septembre  1847; 
profession,  le  12  mars  1867;  décédée  le 
1er  février  1873. 

18°  Sœur  Marie  Hyacinthe  (Félicité 
Tisseur);  parents:  Jean-Baptiste  Tisseur  et 
Marie  Boursier;  naissance,  le  22  septembre 
1848;  profession,  le  19  octobre  1867;  a  été 
supérieure  locale  au  Manitoba;  décédée  le 
7  février  1891. 

19°  Sœur  Marie  du  Bon-Pasteur  (An- 
gélique Tessier);  parents:  Charles  Tessier 
et  Catherine  Boyer;  naissance,  le  8  avril 
1845;  profession,  le  10  mars  1867;  a  été 
supérieure  locale  et  supérieure  provinciale 
dans  Québec;  décédée  le  20  septembre 
1908. 

20°  Sœur  Marie  Alix  (Célina  Ledu^); 
parents:  Antoine  Leduc  et  Apolline  Mont- 
petit; naissance,  le  21  octobre  1848;  pro- 
fession, le  22  octobre  1868. 


58 


Histoire  religieuse  de  Beauharnois 


21°  Sœur  Marie  Damien  {Celina  Blon- 
din);  parents:  Jean-Baptiste  Blondin  et 
Marguerite  Pinault;  naissance,  le  1*5  août 
1847;  profession,  le  15  août  1870. 

22°  Sœur  Marie  Irénée  {Marie  Leduc); 
parents:  François  Leduc  et  Angélique  Châ- 
les; naissance,  le  28  février  1854;  profession, 
le  30  août  1871  ;  décédée  le  15  novembre  1877. 

23°  Sœur  Marie  Eucher  {Rose- Anna 
Lécuyer)  ;  parents  :  Pierre  Lécuyer  et  Célina 
Montpetit;  naissance,  le  11  janvier  1871; 
profession,  le  5  août  1872;  a  été  supérieure 
locale  dans  Québec. 

24°  Sœur  Marie  Lutgarde  {Emma  Bros- 
sait) ;  parents:  Julien  Brossoit  et  Zoé  Le- 
febvre;  naissance,  le  14  mars  1853;  pro- 
fession, le  19  mars  1873. 

25°  Sœur  Marie  Eugénie  {Eugénie 
McCully);  parents:  James  McCuUy  et  An- 
gélique Harbourg;  naissance,  le  5  mai 
1855;  profession,  le  20  mars  1874. 

26°  Sœur  Marie  Apollinaire  {Liliane 
Côté)  ;  parents  :  Moïse  Côté  et  Marguerite 
Lefebvre;  naissance,  le  31  mai  1854;  pro- 
fession, le  18  janvier  1876. 

27°  Sœur  Marie  Cézarine  {Marcelline 
Latour);  parents:  Olivier  Latour  et  Rosalie 
Meloche;  naissance,  le  10  février  1857; 
profession,  le  29  janvier  1879. 

28°  Sœur  Marie  Cézarie  {Marie  La- 
tour); parents:  Olivier  Latour  et  Rosalie 
Meloche;  naissance,  le  10  février  1857;  pro- 
fession, le  29  janvier  1879. 

29°  Sœur  Marie  Léonie  {Mathilde  Mar- 
chand); parents:  Isidore  Marchand  et  Adé- 
laïde Daignault;  naissance,  le  17  avril 
1862;  profession,  le  6  août  1883;  a  été 
supérieure  locale  dans  Québec,  et  supé- 
rieure provinciale  au  Manitoba. 

30°  Sœur  Marie  Adhémard  {Agnès 
Lebœuf);  parents:  Paul  Lebœûf  et  Amable 


Legault;  naissance,  le  13  février  1867;  pro- 
fession, le  31  janvier  1888;  a  été  supérieure 
locale  dans  Québec;  décédée  le  10  mai  1912. 

31°  Sœur  Marguerite  de  Saint  Jo- 
seph {Noémie  Couillard)  ;  parents  :  Jacques 
Couillard  et  Émélie  L'Écuyer;  naissance, 
le  31  mai  1872;  profession,  le  5  août  1892; 
a  été  supérieure  locale  dans  Québec. 

32°  Sœur  Marie  Symphorien  {Amanda 
Montpetit);  parents:  Alphonse  Montpetit 
et  Marcelline  Lefebvre;  naissance,  le  4 
avril  1877;  profession,  le  5  août  1896. 

33°  Sœur  Marie  Maximilienne  {Justina 
Lebœuf);  parents:  Paul  Lebœuf  et  Amable 
Legault;  naissance,  le  21  avril  1875;  pro- 
fession, le  5  août  1896. 

34°  Sœur  Louis  Bertrand  {Louise  Ber- 
trand); parents:  Télesphore  Bertrand  et 
Hélène  Quig;  naissance,  le  13  décembre 
1876;  profession,  le  5  août  1897;  décédée 
le  1er  mars  1904. 

35°  Sœur  Henri  de  Cite  aux  {Graziella 
Renaud);  parents:  Edouard  Renaud  et 
Éléonore  Patenaude;  naissance,  le  9  jan- 
vier 1877;  profession,  le  5  août  1899; 
décédée  en  mai  1916. 

36°  Sœur  Paul  de  Nicée  {Amélia  Le- 
bœuf); parents:  Paul  Lebœuf  et  Amable 
Legault;  naissance,  le  30  septembre  1877; 
profession,  le  5  août  1899. 

37°  Sœur  Marie  Laurence  {Eloria  La- 
berge);  parents:  Napoléon  Laberge  et  Mal- 
vina  Beaudry;  naissance,  le  10  juin  1880; 
profession,  le  8  décembre  1901. 

38°  Sœur  Françoise  du  Saint-Sacre- 
ment {Marie- Anna  Leduc);  parents:  An- 
toine Leduc  et  Elmire  Daoust;  naissance, 
le  30  juillet  1883;  profession,  le  5  février 
1902. 

39°  Sœur  Marie  Zéphirin  {Euphémie 
Châles);  parents:  Jean-Baptiste  Châles  et 


Le  Personnel  paroissial:  les  Religieuses  de  Beauharnois 


59 


Julie  Brault;  naissance,  le  6  janvier  1875; 
profession,  le  2  février  1902. 

40°  Sœur  Alexandre  de  Rome  {Noémie 
Huot)  ;  parents  :  Alexandre  Huot  et  Azilda 
Lapointe;  naissance,  le  13  octobre  1878; 
profession,  le  1er  février  1905;  a  été  supé- 
rieure locale  dans  Québec. 

41°  Sœur  Françoise  de  Sainte-Marie 
{Eugénie  Lafrancé);  parents:  F.-X.  La- 
france  et  Malvina  Bissonnet;  naissance, 
le  27  décembre  1876;  profession,  le  1er 
février  1905. 

42°  Sœur  Marie  Héliana  {Marie-Loui- 
se Bisson);  parents:  Êlie  Hercule  Bisson 
et  Virginie  Rapin;  naissance,  le  23  mai 
1876;  profession,  le  5  août  1905. 

43°  Sœur  Antoine  Alphonse  {Marie 
Montpetit);  parents:  Alphonse  Montpetit 
et  MarceUine  Lefebvre;  naissance,  le  1er 
juillet  1884;  profession,  le  24  septembre 
1906. 

44°  Sœur  Marie  Eugénius  {Claire  Sul- 
livan); parents:  John  Sullivan  et  Brigide 
Kellj^;  naissance,  le  30  octobre  1874;  pro- 
fession, le  1er  février  1906. 

45°  Sœur  Pierre  de  Sienne  {Marie 
Louise  Pouliot);  parents:  Pierre  Pouliot 
et  Marie  Louise  Charlebois;  naissance, 
le  22  novembre  1887;  profession,  le  5 
août  1907. 

46°  Sœur  Pierre  Eu  cher  {Angélina 
Poissant);  parents:  Pierre  Poissant  et  Del- 
phine Lefebvre;  naissance,  le  8  octobre 
1886;  profession,  le  1er  février  1908. 

47°  Sœur  Marie-Joseph  {Marie-Louise 
Leduc);  parents:  Antoine  Leduc  et  Malvina 
Viau;  naissance,  le  20  novembre  1888; 
profession,  le  5  février  1909. 

48°  Sœur  Marie  Gertrude  {Annette 
Robillard);  parents:  Ulysse-Janvier  Robil- 
lard  et  Virginie  Lanaud;  naissance,  le  5 
février  1881;  profession,  le  5  février  1910. 


49°  Sœur  Marie  Israël  {Albertine  Le- 
febvre); parents:  Antoine  Lefebvre  et  Dé- 
lima  Laberge;  naissance,  le  10  juillet- 1885; 
profession,  le  16  novembre  1911;  décédée 
le  11  janvier  1915. 

50°  Sœur  Thérèse  de  Saint-Augustin 
{Célina  Lefebvre);  parents:  Israël  Lefebvre 
et  Célina  Loiselle;  naissance,  le  12  août 
1886;  profession,  le  5  août  1913. 

51°  Sœur  Rose  de  Saint  Dominique 
{Bernadette  Sauvé);  parents:  Louis  Sauvé 
et  Rosanna  Pilon;  naissance,  le  24  novembre 
1892;  profession,  le  5  août  1915. 

52°  Sœur  Jeanne  du  Carmel  {Sara 
Saint-Michel);  parents:  Wilbrod  Saint-Mi- 
chel et  VitaUne  Reid;  naissance,  le  5  avril 
1896;  profession,  le  5  août  1916. 

53°  Sœur  Louise  Émélie  {Adrienne  Ga- 
riépy);  parents:  Désiré  Gariépy  et  Marie- 
Louise  Leduc;  naissance,  le  11  juillet  1896; 
profession,  le  5  août  1918. 

A  ces  noms  de  rehgieuses  nées  à  Beauhar- 
nois, doivent  s'ajouter  ceux  des  religieuses 
qui,  sans  y  être  nées,  sont  de  Beauharnois 
par  l'éducation  ou  par  un  séjour  plus  ou 
moins  long. 

1°  Sœur  Marie-Alexandre  {Oméline 
Lambert);  née  à  Saint-Denis,  le  16  octobre 

1840,  de  Joseph  Lambert  et  MarceUine 
Gareau;  professe  le  5  août  1858;  décédée  le 
15  novembre  1901;  a  été  supérieure  pro- 
vinciale en  Ontario  et  secrétaire  générale. 

2°  Sœur  Marie  de  Gonzague  {Eugénie 
Charland);  née  à  Saint- Athanase,  le  22 
août  1843,  de  Joseph  Charland  et  Elmire 
Duquette;  professe  le  29  janvier  1862; 
décédée  le  25  septembre  1868. 

3°  Sœur  Marie  de  la  Passion  {Cécilia 
O'Doherty);  née  à  Montréal,  le  1er  janvier 

1841,  de  Charles  O'Doherty  et  Catherine 
Perkins;  professe  le  22  janvier  1863. 


60 


Histoire  religieuse  de  Beauharnois 


4°  Sœur  Marie  de  la  Sainte-Famille 
{Delphine  Côté);  née  à  Saint-Hyacinthe,  le 
3  septembre  1844,  d'Eugène  Côté  et  de 
Marguerite  Guy  on;  professe  le  19  janvier 
1864;  a  été  supérieure  locale  aux  États- 
Unis. 

5°  Sœur  Marie  Félicienne  (Marie- 
Anne  Allard);  née  à  Chateauguay,  le  30 
mars  1840,  de  Joseph  Allard  et  de  Marie 
Grenier;  professe  le  8  février  1866;  décédée 
le  21  février  1906. 

6°  Sœur  M.-Jean  de  Dieu  (Clémence 
Cadieux)  ;  née  à  Sainte-Martine,  le  6  juillet 
1847,  de  Antoine  Cadieux  et  de  Josephte 
Patenaude;  professe  le  12  mars  1867; 
décédée  le  22  juillet  1917;  a  été  supérieure 
locale,  supérieure  provinciale  et  assistante 
générale. 

7°  Sœur  Marie  Alphonse  (Rose  La- 
berge);  née  à  Sainte-Martine,  le  20  mai 
1853,  de  Toussaint  Laberge  et  d'Adélaïde 
Lefebvre;  professe  le  5  août  1872;  décédée 
le  29  juin  1884. 

8°  Sœur  Marie  Florentine  (Georgine 
Duhamel);  née  à  Saint-Ephrem  d'Upton, 
le  25  février  1858,  de  Joseph  Duhamel  et 
de  CéUne  Provost,  professe  le  19  mars  1873; 
décédée  le  19  juin  1901;  a  été  supérieure 
locale  en  Floride  et  maîtresse  des  novices. 

9°  Sœur  Philippe  de  Néri  (Hermine 
Brunet);  née  à  Montréal,  le  10  décembre 
1853,  d'Alexis  Brunet  et  de  Rosalie  Ro- 
billard;  professe  le  6  août  1873;  décédée  le 
14  juillet  1915;  a  été  supérieure  locale  dans 
Québec  et  dans  Ontario. 

10°  Sœur  Électa  du  Sacré-Cœur  (Ma- 
ry-Anna Lynch);  née  à  Longueuil,  le  24 
juillet  1849,  de  Patrick  Lynch  et  de  Mary 
Crowny;  professe  le  5  août  1874;  décédée 
le  1er  mai  1879. 

11°  Sœur  Marie  Norbert  (Marie  Loi- 
selle);  née  à  Sainte-Philomène,  le  25  août 


1856,  de  Louis  Loiselle  et  de  Sophie  Bar- 
rette; professe  le  18  janvier  1876;  décédée 
le  3  novembre  1883. 

12°  Sœur  Marie  Hippolyte  (Adèle  La- 
berge);  née   à   Sainte-Martine,   le   7    août 

1857,  de  Toussaint  Laberge  et  d'Adélaïde 
Lefebvre;  professe  le  18  janvier  1876; 
décédée  le  31  janvier  1905;  a  été  supérieure 
locale  dans  Québec  et  au  Michigan. 

13°  Sœur  Marie  Hildegarde  (Lucy 
Verity);  née  à  Hemmingford,  le  25  juillet 
1846,  de  Frédéric  Verity  et  d'Ann  MerUn; 
professe  le  15  août  1878;  a  été  supérieure 
locale  au  Manitoba  et  dans  Québec. 

14°  Sœur  Marie  Célanie  (Armanda 
Bisson);  née  à  Saint-Louis-de-Gonzague, 
le  19  mars  1862,  d'Élie  Hercule  Bisson  et 
de  Virginie  Rapin;  professe  le  5  août  1880; 
a  été  supérieure  locale  dans  Québec  et 
dans  Ontario. 

15°  Sœur   Marie   Adéline  (Elisa   La- 

londe);  née  à  Vaudreuil,  le  27  août  1854, 

de  Narcisse  Lalonde  et  de  Marguerite 
Valois;  professe  le  5  août  1881. 

16°  Sœur  Marie  Héliodore  (Eulalie 
Boursier);  née  à  Sainte-Philomène,  le  18 
novembre  1867,  d'Etienne  Boursier  et  de 
Marie  Picard;  professe  le  5  août  1888; 
décédée  le  31  août  1911. 

17°  Sœur  Antoine  de  Milan  (Georgian- 
na  Boursier);  née  à  Sainte-Philomène,  le 
7  février  1867;  de  Basile  Boursier  et  de 
Rachel  Hurtubise;  professe  le  5  août  1892. 

18°  Sœur  Ambroise  de  Sienne  (Rose- 
Anna  Laplante);  née  à  Saint-Thimothée, 
le  27  juillet  1872,  de  Henri  Laplante  et  de 
Catherine  Lefebvre;  professe  le  2  février 
1893;  a  été  supérieure  locale  au  Manitoba. 

19°  Sœur  Paul  de  Sainte-Marie  (Phé- 
lonise  Normandeau);  née  à  Saint-Êtienne, 
le  1er  mars  1880,  de  Napoléon  Normandeau 


Le  Personnel  paroissial:  les  Religieuses  de  Beauharnois 


61 


et  de  Françoise  Daignault;  professe  le  5  août 
1899;  a  été  supérieure  locale  dans  Québec. 

20°  Sœur  Jean  de  la  Croix  (Evélina 
Péladeau);  née  à  l'Ile  Perrot,  le  16  août 
1879,  d'Eustache  Péladeau  et  de  Hedwidge 
Cousineau;  professe  le  5  aoûf  1901. 

21°  Sœur  Marie  Norbert  {Ozélina  Loi- 
selle);  née  à  Sainte-Martine,  le  28  août 
1880;  de  Louis  Loiselle  et  d'Odile  Boursier; 
professe  le  5  août  1902;  a  été  supérieure 
locale  dans  Québec. 

22°  Sœur  Marie  de  la  Trinité  (^Z- 
bina  Leduc);  née  à  l'Ile  Perrot,  le  26  no- 
vembre 1868,  d'Antoine  Leduc  et  d'Elmire 
Daoust;  professe  le  5  août  1905. 

23°  Sœur  Marie  de  Jérusalem  {Cléo- 
phée  Laurin);  née  à  Embrun,  Ont.,  le  1er 
janvier  1883,  d'Adolphe  Laurin  et  de  Marie 
Paquette;  professe  le  5  août  1906. 

24°  Sœur  Charles  Edouard  {Nathalie 
Laberge);  née  à  Sainte-Philomène,  le  24 
octobre  1873,  d'Edouard  Laberge  et  de 
Nathalie  Poulin;  professe  le  6  août  1909; 
décédée  le  15  avril  1912. 

25°  Sœur  Véronique  du  Calvaire  {Eli- 
sa  Perron);  née  à  Montréal,  le  7  juin  1891, 
de  Joseph  Perron  et  de  Marie-Louise  Fré- 
nette;  professe  le  1er  février  1913. 

26°  Sœur  Madeleine  Angélique  {Ber- 
nadette Tessier);  née  à  Saint-Jean-Chrysos- 
tôme,  le  3  novembre  1890,  d'Alfred  Tessier 
et  de  Sophie  Bella  Baillargeon;  professe  le 
5  août  1914;  décédée  le  10  octobre  1915. 

27°  Sœur  Marie  Gaston  {Berthe  Na- 
don);  née  à  l'Ile  Perrot,  le  11  février  1894, 
de  Pacifique  Nadon  et  de  Délima  Quenne- 
ville;  professe  le  5  août  1914. 

28°  Sœur  Geneviève  de  France  {An- 
toinette Miller)  ;  née  à  Montréal,  le  25  dé- 
cembre 1892,  de  Louis  Joseph  Miller  et  de 
Marie- Anne  Tougos;  professe  le  5  août  1914. 


29°  Sœur  Philomêne  de  Rome  {Berthe 
Bergevin);  née  à  Chateauguay,  le  14  juillet 
1894,  d'Honoré  Bergevin  et  de  Philomêne 
Giroux;  professe  le  5  août  1915. 

30°  Sœur  Georges  de  Palestine  {Ma- 
rie Louise  Prévost)  ;  née  à  Saint-Edouard  de 
Napierville,  le  1er  février  1890;  de  Georges 
Prévost  et  d'Octavie  Lussier;  professe  le 
5  août  1915. 

31°  Sœur  Théodule  de  Rome  {Zéphi- 
rine  Nepveu);  née  à  Sainte-Scholastique,  le 
27  mai  1894,  d'Alphonse  Nepveu  et  de 
Célina  Lacroix;  professe  le  5  août  1915. 

32°  Sœur  Thérèse  de  Notre-Dame 
{Ernestine  Contant);  née  à  Montréal,  le  2 
janvier  1894,  de  Stanislas  Contant  et 
d'Ernestine  Lachapelle;  professe  le  5  août 
1917. 

IL — Sœurs  Grises  (de  Montréal) 

A  la  communauté  des  Sœurs  Grises  de 
Montréal  établie  à  Beauharnois  en  1861, 
la  paroisse  Saint-Clément  a  fourni  onze 
sujets: 

1°  Sœur  Tisseur  {Marie);  née  le  4 
janvier  1839,  de  Jean-Baptiste  Tisseur  et 
de  Marie  Boursier;  professe  le  6  novembre 
1861;  décédée  le  10  janvier  1916. 

2°  Sœur  Papineau  {Marguerite);  née 
le  12  avril  1832,  d'André  Papineau  et  de 
Marie  Madore;  professe  le  31  mai  1862; 
décédée  le  31  décembre  1909. 

3°  Sœur  Noël  {Elmire  Lévêque);  née 
le  8  avril  1851,  de  Paul  Lévêque  et  de 
Claire  CUche;  professe  le  27  septembre 
1881  ;  décédée  le  9  octobre  1917. 

4°  Sœur  Guimond  {Marie  Elodie);  née 
le  8  octobre  1863,  de  Cyrille  Guimond  et 
de  Justine  Dubreuil;  professe  le  27  décembre 
1888;  supérieure  à  l'Hôpital  Saint-Roch 
de  Saint-Boniface,  Manitoba. 


62 


Histoire  religieuse  de  Beauharnois 


5°  Sœur  Olivier  {Marie  Célanire);nêe 
le  24  septembre  1870,  de  William  Olivier 
et  d'Adèle  Grenier,  professe  le  11  décembre 
1894;  née  à  Coaticook;  elle  était  paroissien- 
ne de  Saint-Clément  à  son  entrée  en  religion. 

6°  Sœur  Lefrançois  {Marie-Louise-Vic- 
toria); née  le  29  juin  1873,  de  Joseph  Le- 
françois et  de  Sophranie  Brunelle;  professe 
le  11  décembre  1894;  née  à  EUenburg, 
É.-U.;  elle  était  paroissienne  de  Saint- 
Clément  à  son  entrée. 

7°  Sœur  de  Lorimier  {Corinne);  née  le 
15  avril  1874,  de  James  de  Lorimier  et  de 
Honorine  Héroux;  professe  le  21  juin  1899. 

8°  Sœur  Faubert  {Célina);  née  le  15 
juin  1873,  de  Damase  Faubert  et  de  Zoé 
Hébert;  professe  le  18  avril  1902. 

9°  Sœur  Bayard  {Marie  Exélire);  née 
le  10  octobre  1881,  de  François-Xavier 
Bayard  et  de  Zoé  Leduc;  professe  le  19 
avril  1904. 

10°  Sœur  Saint  -  Théodore  {Marie- 
Mérisa  Laberge);  née  le  25  août  1879,  de 
Théodore  Laberge  et  d'Adèle  Normandeau; 
professe  le  29  avril  1903. 

11°  Sœur  Élise  {Elise  Bazinet);  née  le 
24  mars  1865,  d'Augustin  Bazinet  et  de 
Délima  Dubuc;  professe  le  11  avril  1894; 
décédée  le  22  juin  1898. 

III. — Sœurs  de   la   Congrégation   de  Notre- 
Dame 

1  °  Sœur  Saint-François  Régis  {Marie- 
Josephte  Bergevin);  née  le  18  juin  1822,  de 
Louis  Bergevin  et  de  Josephte  Moisan; 
professe  le  12  mai  1845;  décédée  le  13 
septembre  1853. 

2°  Sœur  Saint  -  Clément  {Angélique 
Boyer);  née  le  7  janvier  1829,  de  Célestin 
Boyer  et  d'Angélique  Tessier;  professe  le  27 
octobre  1846;  décédée  le  4  novembre  1846. 


3°  Sœur  Saint -Marc  {Françoise  Le- 
febvre);  née  le  13  décembre  1826,  de  Hya- 
cinthe Lefebvre  et  de  Marie  Bergevin;  pro- 
fesse le  31  janvier  1847;  décédée  le  8 
février  1850. 

4°  Sœur  Sainte  -  Euphrosyne  {Eulalie 
Bergevin);  née  le  12  mai  1839,  de  Louis 
Bergevin  et  d'Angélique  Huneau;  professe 
le  5  mai  1858;  décédée  le  7  mars  1862. 

5°  Sœur  Saint-Pierre  de  Damas  {Au- 
rore Maheu);  née  le  31  août  1896,  de  Léan- 
dre  Maheu  et  d'Êvélina  Cécyre;  professe 
le  21  août  1917. 

6°  Sœur  Tessier  {Marie-Célina-Aimée); 
née  le  6  mars  1833,  de  Jean-Baptiste  Tes- 
sier et  de  Victoire  Daignault;  professe  le 
11  décembre  1890. 

7°  Sœur  Boyer  {Marie-Clotilde)  ;  née  le 
17  février  1849,  de  Moïse  Boyer  et  de  Mar- 
tine Lebœuf  ;  professe  le  11  décembre  1890; 
décédée  le  24  août  1897. 

8°  Sœur  Prime  au  {Marie  Rose-de-Lima 
Boyer);  née  le  1er  mars  1847,  de  Moïse 
Boyer  et  de  Martine  Lebœuf;  professe  le  2 
février  1892;  décédée  le  24  juiUet  1896. 

IV. — Sœurs  de  la  Providence 

1  °  Sœur  Clément  {Charlotte  Marchand)  ; 
née  le  2  novembre  1835,  de  Joseph  Mar- 
chand et  de  Julie  Santennes;  professe  le  23 
août  1854;  décédée  le  19  janvier  1916. 

2°  Sœur  Zéphirin  {Marie - Adélirie 
Daoust);  née  le  19  janvier  1847,  de  Joseph 
Daoust,  seigneur  de  l'Ile  Perrot,  et  de 
Victoire  Caron;  professe  le  8  novembre 
1870;  décédée  le  15  juin  1919. 

3°  Sœur  Marie  Anselma  {Marie  Aldéa 
Huot);  née  à  Saint-Urbain,  le  7  juillet  1890; 
d'Alexandre  Huot  et  d'Ozanna  Patenaude; 
professe  le  28  février  1917;  domiciliée  à 
Beauharnois,  lors  de  son  entrée. 


Le  Personnel  paroissial:  les  Religieuses  de  Beauharnois 


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V. — Sœurs  de  Sainte-Anne  (de  Lachine) 

1°  Sœur  Marie  de  la  Présentation 
{Julie  Montpetit);  née  le  10  juillet  1815,  de 
Hyacinthe  Montpetit  et  d'Euphrasie  Le- 
duc; professe  le  18  février  1851;  décédée  le 
12  décembre  1903. 

2°  Sœur  Marie  Georgine  (Georgine 
Brault);  née  le  1er  mai  1892,  de  Hercule 
Brault  et  d'Anna  Desparois;  professe  le  23 
janvier  1918. 

VI. — Sœurs  du 
Bon  -  Pasteur 
(de  Montréal) 

Sœur  Marie 
DU  Crucifix 
{Lydia  Pate- 
navde)  ;  née 
le  24  juin 
1883,  d'Alex- 
andre Pate- 
naudeetd'Oli- 
vi  ne  D  ai  - 
gnault,  pro- 
fesse le  21 
novembre 
1907. 

VIL— Carmélites 

Mère  Thérèse  de  Jésus  {Alhertine  Gui- 
mond);  née  le  15  novembre  1858,  de  J.-B. 
Guimond  et  de  Marie  Champeau;  pro- 
fesse le  1er  juin  1883;  a  été  Prieure  du  Car- 
mel  de  Montréal. 

VIII. — Sœurs  du  Précieux  Sang 

Sœur  Marie  de  Viterbe  {Sophranie 
Primeau);  née  le  16  septembre  1873,  de 
Louis  Primeau  et  de  Marguerite  Viau;  pro- 
fesse en  1895;  décédée  en  1903. 


RELIGIEUSES  NEES  A  BEAUHARNOIS 

Sr  Marie  Aftnès  de  Jésus  (l)—SrMarie-Gertrude  [S.des  SS.NN.]  (3) 
Sr  M.  de  Saint-François  d'Alverne  (3). 


IX. — Sœurs  de  Saint«-Anne 

Mère  Marie  de  l'Ange  Gardien  {Zélie 
Bourbonnais.)  Ex-supérieure  générale. 

X. — Sœurs  de  Saint-Joseph 

Sœur  Marie  Albert  a  (McMartin).  Rue 
St.  Albans,  Toronto;  supérieure  générale 
actuelle. 

XI. — Sœurs  Dominicaines 

Sœur    Ma- 

rie-Agnès- 
de-Jésus(M. 
Joséphine 
Laherge);  née 
le  12  mars 
18  7  5,  de 
Pierre  La- 
berge  et  de 
Joséphine 
Boursier  ; 
professe  chez 
les  Domini- 
caines  de 
Gand,  Belgi- 
que, en  1910. 

XIL— Sœur 
de  Marie  -  Ré- 
paratrice 

Sœur  Marie  de  Saint-François  d'Al- 
verne {M.  Gertrude  Robillard),  née  le  11 
novembre  1889,  d'Ulysse-Janvier  Robil- 
lard et  de  Virginie  Lanaud;  professe  chez 
les  Sœurs  de  Marie-Réparatrice,  en  1914. 

XIII.— Sœurs  de  l'Hôtel-Dieu 

Sœur  Goyette  (Victorine) ;  née  le  24 
décembre  1871,  de  Joseph  Goyette  et 
d'Euphrosine  Daoust;  professe  chez  les 
Sœurs  de  l'Hôtel-Dieu  (Arthabaska),  le 
14  mai  1901. 


64 


Histoire  religieuse  de  Beauharnois 


LES  LAÏQUES 

Après  avoir  parlé  du  clergé  paroissial  de 
Beauharnois,  il  convient  de  parler  des 
laïques  qui  ont  été  ses  fidèles  coopérateurs 
dans  la  fondation  et  le  développement  de 
la  paroisse.  Nous  aimerions  à  pouvoir 
citer  tous  ceux  qui  ont  appartenu  à  Saint- 
Clément,  à  faire  l'histoire  de  toutes  nos 
familles;  il  est  aisé  de  comprendre  que  la 
tâche  est  impossible.    • 

Nous  ne  pouvons,  cependant,  dans  l'his- 
toire religieuse  de  Beauharnois,  omettre 
les  noms  de  ceux  des  laïques  qui  y  ont  été 
mêlés  de  plus  près.  Il  y  a  d'abord  les  mar- 
guilliers,  qui,  sous  la  présidence  du  curé, 
administrent  les  affaires  temporelles  de  la 
paroisse;  il  y  a  les  syndics  chargés  plus 
spécialement  de  la  construction  des  édifices 
reUgieux;  il  y  a  les  officiers  de  l'église  qui, 
sous  la  direction  du  curé,  comme  bedeaux, 
constables,  organistes,  chantres,  assurent  le 
bon  fonctionnement  du  culte  divin.  Nous 
avons  la  bonne  fortune  de  connaître  les 
noms  de  tous  ces  paroissiens,  et  d'avoir  la 
photographie  d'un  grand  nombre  d'entre 

eux. 

I.  Marguilliers 

t 

Grâce  aux  notes  d'un  ancien  de  Beau- 
harnois,*" nous  connaissons  les  paroissiens 
de  Beauharnois  qui  furent  marguilliers  à 
Chateauguay,  avant  l'érection  de  notre 
égUse  paroissiale:  ce  sont,  avant  1788, 
Guillaume  Leduc,  Pierre  Montpetit,  An- 
toine Lalonde,  Augustin  Daoust,  Joseph 
Bourbonnais,  Louis  Prégent,  Charles-/2ené 
Leduc,  Pierre  Hénault.  Depuis  1788,  il  y 
eut  Michel  Saint-Denis,  Charles  Léger, 
Pascal  Boyer,  Charles  Daoust,  François- 
Guillaume  Leduc,  François-Marie  Daoust, 
Dominique  Sabourin,  A.  Montpetit  Potvin, 


(1)  M.  André  Leduc,  père  de  M.  André  Leduc  de  cette  ville. 


Charles  Leduc,  Joseph  Lalonde,  Guillaume 
Paladeau,  A.  Michel  Leduc,  Pierre  Hénault, 
Joseph  Daoust,  Etienne  Léger,  Joseph 
Héneault,  Toussaint  Repentigny,  Hyacin- 
the Lalonde,  Augustin  Lefebvre,  Michel- 
René  Leduc,  Gabriel  D'Aoust,  François 
Sauvé,  François  Montpetit,  Antoine  La- 
londe, Etienne  Montpetit,  Eustache  Pala- 
deau, Augustin  Campeau,  Michel  Léger, 
Pierre  Daoust,  Jean-Baptiste  Montpetit, 
Amable  Bourbonnais. 

A  partir  de  1819,  des  marguilhers  furent 
élus  pour  la  nouvelle  paroisse  Saint-Clé- 
ment; nous  en  donnons  la  hste  avec  la 
date  d'élection: 

1819— Basile  Roy; 
1819— Pierre  Montpetit; 
1819— Louis  Trudel; 
1819 — Ignace  Tessier; 
1820— Paul  Hébert; 
1821 — Antoine  Leduc; 
1822— Jos.  Roy  (Basile)  ; 
1823— Hyacinthe  Montpetit; 
1824 — François  Dandurand; 
1825 — François  Tessier; 
1826— Etienne  Montpetit; 
1827 — François  Daoust; 
1828— Ignace  Pitre; 
1829— Michel  Longtin; 
1830 — ^Joseph  Daoust; 
1831— Pierre  Pitre; 
1832 — ^Joseph  Hainault; 
1833 — ^Joseph  Daignault; 
1834 — Chs-Roy  Lapensée; 
1835 — J.-B.  Poirier-La^ewr; 
1836— Chs  Daigneault; 
1837—0.  Leblanc,  N.P.; 
1838 — ^Antoine  Boyer; 
1839— Pierre-M.  Leduc; 
1840 — Alexis  Lebœuf  ; 
1841 — Hyacinthe  Lefebvre; 
1842 — FieTTe-Guillaume  Leduc; 


Le  Personnel  Paroissial:  les  Laïques 


65 


GROUPE  DE  MARGUILLIERS 

MM.  (1)  Antoine  Leduc— (2)  Paul  Lebœuf,  jr.— (3)  Onésime  Haineault.— (4)  Narcisse  Goyette.— (5)  Damase  Charlebois.— 
(6)  Paul  Gendron.— (7)  Alexis  Lebœuf —(8)  Antoine  Bover.— (9)  Joseph  Goyette.— (10)  Antoine  Bonnier.— (11)  Geoffroy 
Hébert.- (12)  Jean-Baptiste  Tisseur.— (13)  Joseph  Hainault.— (14)  Jérémie  Gendron.— (15)  Olivier  Ixjfebvre,  sr.— (16)  Jo- 
seph Prégent.— (17)  Ix)ui8  Gagné.— (18)  David  Viau.— (19)  Francis  Leduc— (20)  Louis  Trudel,  jr. 


Le  Personnel  paroissial:  les  Laïques 


67 


GROUPE  DE  MARGUILLIERS 

MM.  (1)  p'erdinand  (ioyette.— (2)  Louis  Brazcau.— (3)  J.-B.  Boyer.— (4)  Joseph  Gendron.— (5)  Jean-E.  Dussault.— (6)  Ovi- 
de OaRné— (7)  F.-X.  Ixîduc— (8)  Odilon  Paciuette.— (9)  Léon  Vincent.— (10)  J.-B.  Tisseur.— (11)  Ovila  Daoust.— (12)  J.- 
.■\rthur  Goyette.— (13)  Télesphore  Bertrand.— (14)  Chas  Boyer— (15)  Joseph  Ix>fpbvre.— (16)  Jér^-mie  Bougie.— (17)  Antoine 
Reid.— (18)  André  Trudel.— (19)  David  Couillard. 


Le  Personnel  paroissial:  les  Laïques 


69 


1843— Louis  Hainault,  N.P.; 

1844 — Joachim  Brossoit; 

1845 — Joseph  Marchand; 

1846— Louis  Trudel  (fils)  ; 

1847 — Casimir  Daoust; 

1848— David  Viau; 

1848 — François  Branchaud; 

1848 — Louis  Laberge; 

1850 — Isidore  Tremblay; 

1850— J.-Bte  Tisseur; 

1851— Benoît  Montpetit; 

1851 — Paul  Lebœuf  (père); 

1852— Chs  Faubert  Masson; 

1853 — Eustache  Audet-Lapointe; 

1854 — Joseph  Roy; 

1855 — Michel  Saint-Denis; 

1856— Paul  Gendron; 

1857 — Narcisse  Touchette; 

1859 — Toussaint  Rochon  ; 

1858— Frs  Montpetit; 

1860— Louis  Thibault; 

1861 — Louis  Gagné; 

1862— F.-X.  Daigneault; 

1863- J.-B.  Charlebois; 

1864— André  Leduc; 

1865— J.-B.  Leduc; 

1866 — Jos.  Goyette; 

1867 — Isaïe  Garand  (père); 

1868— J.-B.  Houle; 

1869— Jos.  Meloche; 

1870— J.-U.  RobiUard; 

1871— Paul  Lebœuf  (fils); 

1872— J.-B.  Gendron  {fds  de  Chs)  ; 

1873 — Jos.  Daoust; 

1874— Paul  Gendron; 

1875 — Antoine  Bonnier; 

1876 — Oliv.  Lefebvre  (père); 

1877— Oliv.  Lefebvre  (fils)  ; 

1878 — Narcisse  Goyette; 

1879 — Damase  Charlebois; 

1880— F.-X.  Primeau; 


1881— Frs  Leduc; 
1882—01.  Marchand; 
1883— Pierre  Pouliot; 
1884— Michel  Gendron; 
1885— Michel  Lebœuf; 
1886 — Juhen  Leduc; 
1887— Jos.  Prégent; 
1888 — Jérémie  Gendron; 
1891— On.  Hénault; 
1890— Geoffroy  Hébert; 
1890— Frs  Primeau; 
1891 — ^Jos.  Lefebvre; 
1892— J.-B.  Groulx; 
1893— Ant.  Lefebvre; 
1894— Ant.  Boyer; 
1895 — Jos.  Danjou; 
1896— D.  Couiliard; 
1897— Aug.  Hébert; 
1898— Odilon  Raquette; 
1899— F.-X.  Leduc  (Paul); 
1900— L.-Ovide  Gagné; 
1901  — Ferdinand  Leduc  ; 
1902— Ovila  Daoust; 
1903— Charles  Boyer; 
1904 — ^Antoine  Reid; 
1905 — Louis  Brazeau; 
1906 — Léon  Vincent; 
1907 — Guillaume  Leduc; 
1908 — Télesphore  Bertrand; 
1909— J.-Bte  Primeau; 
1910— Arth.  Goyette; 
1911— André  Trudel; 
1912— J.-G.  Léonard; 
1913 — ^Jérémie  Bougie; 
1914 — Narcisse  Deslauriers; 
1915— J.-Bte  Tisseur; 
1916 — Ferdinand  Goyette; 
1917— J.-E.  Dussault; 
1918— J.-Bte  Boyer; 
1919— Joseph  Gendron. 


70 


Histoire  religieuse  de  Beauharnois 


II.  Syndics 

L'on  sait  que  dans  la  province  de  Qué- 
bec, les  syndics  remplacent  les  marguiUiers 
pour  la  construction  des  édifices  religieux. 
La  paroisse  Saint-Clément,  au  cours  de  son 
histoire,  a  eu  les  syndics  dont  les  noms 
suivent. 

1°  Pour  la  construction  de  la  première 
église:  Ignace  Texier 
dit  Lavigne,  Joseph 
Roy  dit  Lapenséie, 
Hyacinthe  Mont- 
petit  dit  Pot-de-Vin, 
Antoine  Leduc,  Jo- 
seph Montpetit  dit 
Pot-de-Vin  {Paite- 
vin). 

2°  Pour  la  cons- 
truction du  premier 
presbytère  :  Mi- 
chel Longuetin,  fils, 
NicolasBoyer,  Antoi- 
ne Daigneault,  Paul 
Gendron. 

3°  Pour  la  cons- 
truction de  l'église 
actuelle:  Henry  Bo- 
gue, pour  le  village, 
Antoine  Marchand 
pour  le  bas  de  Saint- 
Clément;  Célestin 
Boyer  pour  le  rang 
de  Saint-François 


ANTOINE  LEDUC 

Syndic  de  la  première  église. 


Georges;  David  Viau  pour  Saint- Laurent; 
J.-Bte  Bonhomme  pour  Saint-Edouard; 
Louis  Laberge  pour  Saint-André. 

Pour  l'achèvement  de  l'église  actitelle, 
les  syndics  ont  été  Moïse  Branchaud, 
Louis  Hainault,  Louis- Antoine  Bertrand, 
Bénoni  Montpetit,  Luc  Paquette. 

III.  Officiers  de   l'Eglise 

Dans  la  célébra- 
tion du  culte  divin 
et  dans  l'entretien 
des  édifices  parois- 
siaux, le  curé  est 
aidé  d'un  certain 
nombre  d'auxiliai- 
res, bedeau,  cons- 
table,  chantre,  or- 
ganiste. A  Saint- 
Çlément,  nous  avons 
les  noms  de  quel- 
ques -  uns  de  ceux 
qui  furent  préposés 
à  ces  emplois: 

Bedeaux: 

Au  recensement 

de  1831,  F.  Huneau 
est  bedeau;  de  1840 
à  1861,  cette  fonc- 
tion fut  remplie  par 
Jean  Ginestet,  fran- 
çais; de  1861  à  1865, 


de  Beauce;  Michel  Brossoit  pour  le  haut  de  par  Gilbert  Montpetit, 

Saint-Clément;  Casiiriir  D'Aoust  pour  Sain-  De  1865  à  1907,  notre  bedeau  a  été  M. 

te-Marie;   Bénoni   Montpetit   pour   Saint-  Jean-Baptiste  Julien;  à  sa  retraite,   nous 

Joseph  et  Sainte- Anne;  Louis  Trudel  pour  Usons  dans  les   délibérations   de  fabrique 

le  bas  de  la  rivière  Saint-Louis,  à  prendre  que   "la   fabrique   voit   avec   regret  J.-B. 

au  chemin  Saint-Laurent;  Ignace   Laberge  Julien   abandonner   la   charge  de  bedeau, 

pour   le   haut   de   la   rivière    Saint-Louis;  dont  il  s'est  acquitté  à  la  satisfaction  de 

Grégoire    Bergeron,    pour    Saint- Joachim,  tous  pendant  43  ans."  A  sa  mort,  un  service 

nord  de  la  rivière;  Paul  Roy  pour  Saint-  fut  chanté  aux  frais  de  la  fabrique. 


Le  Personnel  paroissial:  les  Laïques 


71 


Depuis  1907,  notre  bedeau  est  Monsieur 
Joseph  Julien,  fils  du  précédent. 

Nos  bedeaux,  depuis  1840,  sont  logés 
dans  une  maison  de  la  fabrique.  En  1840, 
le  bedeau  Ginestet  prit  logement  dans  la 
salle  publique.  Plus  tard  la  fabrique  cons- 
truisit une  maison,  souvent  transformée 
depuis,  au  coin  du  chemin  de  la  rivière 
Saint-Louis  et  de  la  rue  de  l'Église;  c'est, 
aujourd'hui  encore,  la  résidence  du  bedeau 
Joseph  Julien. 

Constables 

Les  cons- 
tables de 
l'église  ont 
été  J.-B.  Gen- 
dron,  Maxime 
Harvey,  Bel- 
larmin  De- 
neau,  Hégé- 
sippe  Four- 
nier,  Siméon 
Faubert  et 
Cyrille  Pri- 
meau,  asser- 
mente  en 
1902,  et  qui, 
aujourd'hui 
encore,    est 

chargé  d'assurer  le  bon  ordre  dans  l'église. 
Les    chantres 

Les  chantres  de  notre  éghse  paroissiale 
ont  été  Charles  Gravelle  et  Benjamin 
Joachim;  ce  sont  les  premiers  dont  les 
noms  nous  aient  été  conservés  jusqu'en 
1825;  en  1841,  Messieurs  Daigneault  et 
Héroux  étaient  chantres;  en  1850,  Jean- 
F.  Gigoux  et  G.  Montpetit;  de  1854  à 
1864,  L.-A.  Bertrand;  de  1864  à  1891, 
M.    Médard    Gariépy;    de    1891    à    1901, 


M.  Cyprien  Fortin;  de  1901  à  1905,  M. 
Alphonse  Roy;  en  1905  et  1906,  MM. 
Cyprien  Fortin  et  F.-X.  Leduc;  en  1906  à 
1908,  M.  F.-X.  Leduc;  depuis  1908,  MM. 
Albert  Contant,  J.-C.  Bellefleur,  Alphonse 
Reid,  David  Manny  et  Albert  Tessier. 

En  parlant  de  chantres  de  Beauharnois, 
il  n'est  que  juste  de  signaler  les  services 
rendus  à  l'église  par  les  Clercs  de  Saint- Via- 
teur;  les  maîtres  de  chapelle  ont  toujours  pu 

compter  sur 
leur  dévoue- 
ment; la  pré- 
occupation 
qu'ils  ont  té- 
moignée d'en- 
seigner  le 
chant  d'église 
à  leurs  élèves 
assure  à  l'é- 
glise un  re- 
marquable 
service  de 
chant. 

Organistes 


NOS    SACRISTAINS 

1— M.  J.-B.  Julien  (1865-1907) 
3— M.    Jos. 


2— M.  G.  Montpetit  (1861-1865) 
Julien    (1907). 


Les  orga- 
nistes ont  été 
Mesdames  D. 
A.  St-Amour,  1874,  D.-A.-R.  Primeau, 
Mademoiselle  Albertine  Guimond,  1878, 
Révérende  Sœur  Marguerite,  1881,  Mesde- 
moiselles Êva  Béique,  1882-1885,  Albina 
Bisson,  1885-1891,  Clara  Fortin,  1891-1904, 
Eugénie  Fortin,  1904-1905,  Marie -Anne 
Huot,  1906. 

Depuis  1907,  nos  organistes  ont  été 
MM.  Albert  Contant,  J.-(l  Bellefleur  et 
l'organiste  actuelle.  Mademoiselle  Hélène 
Manny. 


72 


Histoire  religieuse  de  Beauharnois 


ARTICLE  TROISIÈME— LES  ÉTABLISSEMENTS  PAROISSIAUX 


Nous  venons  de  voir  passer  devant  notre 
mémoire  les  divers  groupes  qui  composèrent, 
au  cours  des  cent  années  de  notre  histoire 
religieuse  paroissiale,  le  personnel  parois- 
sial; tour  à  tour  ont  défilé  les  curés,  les 
vicaires,  les  prêtres,  les  religieux  et  les  re- 
ligieuses originaires  de  "Chez  nous",  puis  les 
marguilliers,  les  bedeaux,  les  chantres,  les 
organistes  qui  ont  été  mêlés  à  notre  vie 
paroissiale. 

Et  maintenant,  tout  naturellement,  des 
personnes  notre  pensée  descend  aux  choses 
paroissiales;  c'est  ce  que  nous  appelons  les 
établissements  paroissiaux:  églises,  presby- 
tères et  cimetières  où  se  concentre  la  vie 
paroissiale. 

I.  NOS  ÉGLISES 

Jusqu'en  1818,  Beauharnois  n'eut  pas 
d'église;  les  fidèles  allaient  à  Chateauguay 
— leur  paroisse — à  l'Ile  Perrot,  aux  Cèdres 
ou  à  Vaudreuil;  parfois  aussi,  les  curés  de 
ces  paroisses  venaient  à  Beauharnois  et  y 
célébraient  la  sainte  messe  dans  des  mai- 
sons privées. 

De  sa  fondation  à  nos  jours,  Beauhar- 
nois a  eu  deux  églises;  une  première  qui 
servit  au  culte  de  1818  jusqu'à  1845,  alors 
qu'elle  fut  transformée  en  école;  cette 
vieille  église  était  située  à  l'endroit  du  col- 
lège, et  même,  pour  parler  plus  justement, 
le  collège  actuel  n'est  que  notre  vieille 
église  réparée  et  transformée;  sa  porte 
d'entrée  donnait  sur  la  rue  Saint- Louis; 
on  peut  encore  en  discerner  les  lignes  dans 
le  mur  latéral.  L'église  actuelle  a  été 
ouverte  au  culte  en  1845.  C'est  l'histoire 
de  ces  deux  églises  que  vont  raconter  les 
pages  suivantes. 


La  vieille  église 

L'histoire  des  négociations  entre  les  fi- 
dèles de  Beauharnois  et  les  évêques  de 
Québec  au  sujet  de  l'érection  d'une  égUse, 
est  l'histoire  de  la  fondation  même  de  la 
paroisse;  nous  l'avons  racontée  plus  haut. 
Nous  avons  vu  avec  quelle  insistance  qui 
ne  connaissait  aucun  découragement,  nos 
ancêtres,  de  1794  à  1818,  ne  cessèrent  de 
demander  une  chapelle  pour  Beauharnois; 
l'éloignement  de  l'église  de  Chateauguay, 
l'impraticabilité  des  chemins,  l'incapacité 
de  subvenir  à  un  établissement  religieux, 
soutinrent  leur  désir,  pendant  ces  vingt- 
cinq  années  de  requêtes. 

Enfin,  le  19  novembre  1817,  Mgr  Plessis, 
évêque  de  Québec,  permettait  de  construire 
sur  la  rivière  Saint-Louis,  entre  Annstown 
et  Marystown,  en  tel  lieu  qui  serait  désigné 
par  M.  Bourget,  prêtre,  curé  de  Chateau- 
guay, une  chapelle  de  mission,  soit  en 
bois,soit  en  pierre,  laquelle  n'aurait  pas 
moins  de  soixante-quinze  pieds  de  long — 
mesure  française — sur  trente  pieds  de  large 
et  douze  de  carré  au-dessus  des  lambourdes; 
elle  serait  sous  l'invocation  de  saint  Clé- 
ment, pape  et  martyr. 

Monsieur  le  curé  Bourget  exécutait  sa 
commission  quelques  jours  plus  tard,  et 
fixait  le  site  de  la  chapelle  à  construire, 
"dans  le  domaine  Saint -Louis,  entre 
Annstown  et  Marystown;  il  y  aurait  six  ar- 
pents de  terre  en  superficie;  entouré  le 
dit  morceau  de  terre  par  le  domaine  de  la 
Seigneurie,  de  sorte  qu'il  y  aura  un  chemin 
de  sortie  ouvert  depuis  le  dit  morceau  de 
terre  jusqu'au  chemin  du  Roi,  en  passant 
par  le  chemin  du  Moulin  qui  y  est  déjà 
établi  et  en  fera  partie." 


Les  Établissements  paroissiaux 


73 


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Les  Établissements  paroissiaux 


75 


Le  3  mars  1818,  les  habitants  de  Beau- 
harnois  faisaient,  devant  le  notaire  Louis 
Sarault,  un  acte  d'accord  au  sujet  de  la 
Chapelle.  Ils  élisaient  comme  leurs  syndics 
Ignace  Texier  dit  La  vigne,  Joseph  Roy  dit 
Lapensée,  Hyacinthe  Montpetit,  dit  Pot- 
de-vin,  Antoine  Leduc  et  Joseph  Mont- 
petit  dit  Pot-de-vin;  les  cinq  élus  accep- 
taient volontairement  les  dites  charges  et 
promettaient  et  s'obligaient  "à  faire  leur 
devoir  en  icelles,  c'est-à-dire  sans  aucune 
récompense  pour  leur  temps,  excepté  les 
déboursés  et  frais  qu'ils  feront."  Ces 
syndics  devaient  accepter  et  recevoir  le 
terrain  des  représentants  de  la  Seigneurie; 
ils  devaient  faire  faire  un  état  et  estimation 
des  dépenses  de  la  bâtisse,  et  un  acte  de 
répartition  de  ce  que  chacun  des  habitants 
aurait  à  payer  en  proportion  de  l'étendue  de 
ses  terres;  ils  devaient  faire  crier  les  ou- 
vrages au  rabais  aux  portes  des  églises  des 
Cèdres,  Isle  Perrot  et  Chateauguay,  à 
l'issue  du  service  divin,  pendant  trois  di- 
manches consécutifs;  ils  devaient,  ensuite, 
conclure  les  marchés  nécessaires,  surveiller 
et  faire  exécuter  les  travaux;  ils  devaient 
enfin  faire  payer  tous  les  habitants  de  leur 
quote-part,  et  leur  faire  fournir  et  livrer 
tous  les  matériaux  nécessaires. 

La  bâtisse  projetée  devait  être  en  pierre, 
avoir  trente-six  (36)  pieds  de  large  de  dehors 
en  dehors,  sur  soixante-quinze  (75)  de  long 
et  douze  (12)  de  carré  au-dessous  des 
lambourdes,  et  trois  cheminées. 

Pour  réussir  dans  l'exécution  de  ce  man- 
dat, les  syndics  recevaient  des  habitants 
"plein  pouvoir  et  l'engagement  d'avoir  pour 
agréable  tout  ce  qu'ils  feraient". 

Munis  de  ces  pouvoirs,  les  syndics  se 
mirent  à  l'œuvre.  Le  même  jour,  3  mars 
1818,  devant  le  même  notaire  Louis  Sarault, 
au  manoir  principal  de  la  Seigneurie,  était 


fait  un  acte  de  donation.     "John  Forsyth, 
Alexander    Thain — ^négociants — procureurs 
de  l'Honorable   John    Richardson,    exécu- 
teur testamentaire  de  feu  Alex.  EUice,  en 
son    vivant    propriétaire,    et    curateur  de 
George  Ellice  en  son  vivant  seigneur  aux 
lieu  et  place  de  Alex.   EUice,  son  père", 
donnaient  à  la  nouvelle  paroisse  de  Beau- 
harnois  représentée  par  ses  syndics,  le  ter- 
rain de  la  future  égUse:    Un  certain    mor- 
ceau de  terre  sis  et  situé  dans  le  domaine 
Saint-Louis,    près   du   moulin    de   la   dite 
Seigneurie,  de  la  contenance  de  six  arpents 
de  terre  en  superficie,  et  plus  s'il  s'y  trouve, 
et  entouré  par  le  domaine  Saint- Louis,  avec 
un  chemin  de  sortie  convenable  depuis  le  dit 
morceau  de  terre  jusqu'au  chemin  du  Roi, 
en  passant  par  le  chemin  du  Moulin  qui  y 
est  déjà  et  en  fait  partie,  ainsi  que  le  tout  se 
poursuit,    comporte    et    étend    de    toutes 
parts,  circonstances  et  dépendance." — Sur 
ce  morceau  de  terre  on  devait  ériger  église, 
presbytère,  cimetière  et  autres  bâtiments  et 
dépendances    jugés     convenables.      Cette 
donation   fut   faite   à   la   paroisse   et   aux 
curés  et  missionnaires  qui  la   desserviront 
à  l'avenir  et  aux  habitants  qui  auront  droit 
à  la  dite  église  et  paroisse  et  leurs  successeurs 
ayant  cause,  sous  l'autorité  de  Mgr  l'Evê- 
que  de  Québec.     De  ce  terrain,  les  dona- 
taires pourront  jouir,  user,  faire  et  disposer 
en  toute  propriété  comme  de  choses  à  eux 
appartenant  et  à  leurs  successeurs.    Cette 
concession    seigneuriale    était    faite    "sans 
aucunes  charges,  dettes,  redevances,  indem- 
nités, hypothèques  quelconques  envers  les 
Seigneurs,   et  sans  aucune  réserve,   sinon 
d'un  banc  seigneurial  et  des  autres  droits 
honorifiques,   suivant   la   coutume,     usage 
et  lois  établies  à  cet  égard  dans  ce  pays." 

Soucieux  de  bien  remplir  leur  mandat, 


76 


Histoire  religieuse  de  Beauharnois 


les  syndics,  ayant  à  leur  disposition  un 
terrain  gracieusement  concédé  par  les  Sei- 
gneurs, vont  maintenant  procéder  à  l'érec- 
tion de  l'église.  Le  31  mars,  ils  comparais- 
sent devant  le  notaire  Sarault,  ainsi  que 
François  Branchaud.  Dans  l'intervalle,  du 
3  au  31  mars,  les  criées  ont  été  faites  à  la 
porte  des  églises  voisines,  il  s'est  trouvé  que 
François  Branchaud,  entrepreneur,  a  offert 
le  plus  bas  prix,  et 
on  va  lui  confier  la 
construction  de  la 
nouvelle  église  pa- 
roissiale. 

Par  acte  notarié, 
les  syndics  "s'obli- 
gent à  faire  rendre 
sur  place  tous  les 
matériaux  nécessai- 
res tels  que  la  pierre, 
la  chaux  et  le  sable, 
le  bois  de  charpente, 
les  madriers,  les  plan- 
ches et  tous  les  au- 
tres matériaux  qui 
entreront  dans  la  dite 
bâtisse,  bons,  vala- 
bles, sains  et  saufs, 
recevables  à  dire  d'ex- 
perts, et  au  fur  et  à 
mesure  que  le  dit 
François  Branchaud 
en  aura  besoin;  et  lui 
Uvrer  et  fournir  tous 

les  fers,  chaux,  ferblancs  et  bois  nécessaires 
pour  s'échafauder  et  ériger  la  dite  bâtisse, 
ainsi  que  toutes  les  vitres  proportionnées 
et  coupées  et  le  mastique  nécessaire  et  la 
peinture  que  lesdits  syndics  voudront  faire 
appUquer  et  poser." 

Nous  avons  dit  plus  haut  comment  les 
paroissiens  s'obstinaient  à  avoir  dans  leur 
première  chapelle  le  presbytère  ou  logement 


ADRIEN  HÉBERT 
Premier  baptisé  dans  la  première  église  de  Beauharnois 


du  curé  en  bas,  et  la  chapelle  en  haut;  Mgr 
Plessis  demandait  le  contraire.  Dans  l'oc- 
troi du  contrat  à  François  Branchaud,  les 
paroissiens  s'en  tiennent  à  leur  idée;  l'en- 
trepreneur s'oblige  à  faire  toute  la  maçon- 
nerie de  l'édifice  qui  aura  36  pieds  de  lar- 
geur sur  75  de  long  et  18  pieds  de  haut  de 
quarré  d'une  pierre  à  l'autre  du  fond  des 
fondations  au  haut  du  quarré,  avec  deux 

pignons  en  pierre  de 
17  pieds  9  pouces 
d'équilles  au-dessus 
des  sabUères;  les  fon- 
dations en  pierre  au- 
ront 31/2  pieds  de  bas  ; 
il  y  aura  trois  che- 
minées brutes  dans 
les  pignons;  il  y  aura 
trois  ouvertures  pour 
trois  portes,  les  châs- 
sis seront  de  six  ver- 
res de  haut;  il  y 
aura  une  grande  ou- 
verture pour  porte 
dans  la  chapelle  en 
haut,  avec  deux  ou- 
vertures pour  châs- 
sis de  chaque  côté,  et 
un  œil-de-bouc  en 
rond-point  dans  cha- 
que pignon;  dans 
l'étage  du  bas  il  y 
aura  douze  ouver- 
tures pour  châssis  ;  les 
balustres  de  la  chapelle  devaient  être  en 
madriers  de  trois  pouces  avec  des  barreaux 
de  plomb  enjolivés,  avec  une  porte  et  deux 
volets  pour  entrer  dans  le  sanctuaire;  il 
devait  y  avoir  quatre  rangées  de  bancs  de 
trois  places,  dont  un  pour  le  seigneur,  et 
tous  ces  bancs  devaient  être  dans  le  goût  de 
ceux  de  Chateauguay. 

Enfin,  l'entrepreneur  s'engageait  à  com- 


Les  Établissements  paeoissiaux 


77 


mencer  les  travaux  le  8  de  juin;  le  contrat 
était  pour  11,560  livres,  ou  $1,940.00;  ce 
montant  était  payable  en  quatre  verse- 
ments égaux  de  2,890  livres,  le  premier  le  18 
juin,  le  deuxième  à  la  moitié  de  l'ouvrage,  le 
troisième  à  la  livraison  de  l'ouvrage,  le 
quatrième  six  mois  après  la  fin  des  travaux. 

L'entrepreneur  fit  bonne  diligence;  en 
six  mois,  l'édifice  était  assez  avancé  pour 
qu'il  pût  servir  au  culte.  Le  17  décembre 
1818,  la  nouvelle  chapelle  était  bénite  par 
M.  Manseau,  curé  des  Cèdres,  qui  y  faisait 
aussi  le  premier  sermon.  Immédiatement 
après,  M.  Dufresne,  desservant  de  Cha- 
teauguay,  y  chantait  la  première  messe. 

La  construction  de  cette  église  avait  prouvé 
la  bonne  volonté  des  fidèles  de  Beauharnois; 
l'autonomie  paroissiale  sera  leur  récompense. 
A  peine  un  an  après  l'érection  de  leur  chapelle, 
ils  reçoivent  un  prêtre  résidant  "chez  eux." 

Nous  avons  dit,  plus  haut,  que  les  évo- 
ques de  Québec  insistaient  pour  avoir  les 
titres  du  terrain  de  l'église;  par  un  acte 
notarié  du  3  mars  1818,  les  Seigneurs  de 
Beauharnois  avaient  fait  don  d'un  "certain 
morceau  de  terre"  que  nous  avons  décrit 
plus  haut;  en  1823,  devant  le  notaire  Sa- 
rault,  était  fait  un  nouvel  acte  de  donation 
annulant  et  résiliant  le  premier. 

Le  nouvel  acte  était  en  faveur  de  la  nou- 
velle mission  Saint-Clément  représentée  au 
contrat  par  Ignace  Texier  dit  Lavigne  et 
par  Messire  Pierre  Clément — "tant  pour  la 
nouvelle  mission  Saint-Clément  de  Beau- 
harnois que  pour  Messieurs  les  curés  et 
missionnaires  qui  la  desserviront  à  l'avenir 
et  pour  les  habitants  et  paroissiens  qui 
auront  droit  à  la  mission  de  paroisse  ou  en 
feront  partie,  et  leurs  successeurs  ou  ayant 
cause."  Il  concédait  deux  lots  contigus  du 
Domaine  Saint-Louis,  près  du  MouUn  bâti 
dans    l'embouchure    de    la    rivière  Saint- 


Louis.  Le  premier  lot,  destiné  pour  le  ter- 
rain de  l'église,  était  de  la  contenance  de 
deux  arpents,  six  perches,  et  trois  pieds  de 
front,  sur  deux  arpents  et  trois  perches  de 
profondeur;  il  touchait  au  terrain  non  con- 
cédé, à  un  terrain  réservé  pour  un  chemin 
de  concession,  probablement  la  concession 
de  la  rivière  Saint-Louis,  et  au  second  lot. 

Le  second  lot  était  destiné  à  servir  pour 
une  représentation  du  Calvaire;  il  était  de 
forme  triangulaire,  avait  14  perches  et  16 
pieds  au  sud,  six  perches  et  3^2  pieds  à  l'est, 
16  perches  et  3  pieds  au  nord,  sur  la  longueur. 

Les  deux  lots  ensemble  formaient  une 
superficie  de  six  arpents,  quatre-vingt-dix 
perches,  et  deux-cent-soixante-dix  pieds. 
Ils  couvraient  à  peu  près,  croyons-nous,  le 
terrain  aujourd'hui  occupé  par  le  couvent, 
le  collège,  l'église  et  le  presbytère.  Ils 
étaient  donnés  "pour  seulement  servir,  le 
premier,  à  ériger  l'église,  chapelle,  presby- 
tère et  autres  bâtiments  et  dépendances  et 
cimetières  jugés  convenables  et  pour  l'uti- 
lité, instruction  et  éducation  de  tous  les 
paroissiens  y  ayant  droit;  le  second  était 
destiné  au  Calvaire  de  M.  Clément."  Ils 
étaient  donnés  "en  toute  propriété  et  jouis- 
sance rétroactivement  depuis  que  la  mis- 
sion et  fabrique  en  est  en  possession." 
Les  seigneurs  se  réservaient  un  banc  sei- 
gneurial, d'abord  celui  "que  la  fabrique  a 
déjà  fait  ériger  dans  le  lieu  où  se  fait  le  ser- 
vice divin,  ou  d'un  autre  banc  à  la  place 
du  premier,  si  le  lieu  du  service  divin  est 
changé;"  les  autres  droits  seigneuriaux 
étaient  aussi  garantis.  Cette  concession  était 
plus  considérable  que  la  première  et  assurait 
l'avenir  non  seulement  religieux,  mais  aussi 
éducationnel  de  Beauharnois. 

La  première  église  a  servi  au  culte  pen- 
dant une  trentaine  d'années,  de  1818  à  1845. 
Quand,  à  cette  date,  l'église  actuelle  fut 


78 


Histoire  religieuse  de  Beauharnois 


ouverte,  l'ancienne  ne  fut  pas  détruite;  elle 
ne  l'a  jamais  été;  elle  servit  et  elle  sert  en- 
core d'école.  Elle  a  été  comme  enclavée  dans 
une  construction  plus  vaste  qui  est  devenue 
le  collège  actuel;  les  lignes  de  ses  pignons,  les 
contours  de  la  porte  d'entrée,  le  cercle  de  son 
ceil-de-bouc  en  rond-point  sont  encore  visi- 
bles dans  le  mur  latéral  ouest  du  collège. 

N'oublions  pas  cette  vieille  église;  c'est  là 
que  nos  pères  se  sont 
réunis  si  souvent; 
'c'est  là  qu'en  1838, 
pendant  les  troubles, 
ils  reçurent  direction 
et  consolation;  c'est 
là  qu'en  1844,  l'on  a 
chanté  le  service  d'un 
de  nos  curés;  c'est  là 
que  pendant  trente 
ans,  a  été  le  centre 
de  la  vie  religieuse  de 
notre  paroisse;  quand 
nous  passons  près  du 
collège,  rappelons- 
nous  avec  émotion 
que  les  pierres  qui 
le  composent  ont 
été  apportées  par 
nos  pères  il  y  a  cent 
ans,  et  qu'elles  sont 
les  témoins  des 
temps  héroïques  de 
notre  paroisse. 

L'église  actuelle 

L'église  actuelle  n'a  pas  été  construite 
en  une  seule  fois,  mais  partie  par  partie  et 
petit  à  petit.  Nous  voudrions  rappeler  ici 
les  principales  étapes  de  ce  travail.  Les 
dates  à  retenir  sont  celles  de  1845,  1867, 
1871-1872,  et  1919. 

La  première  église  ou  chapelle  avait  été 
construite  en  1818;  elle  ne  tarda  pas,  cepen- 
dant, à  paraître  insuffisante. 


L'ÉGLISE  ACTUELLE. 


Dès  le  4  septembre  1820,  une  lettre  du 
curé  Clément  apprend  que  "à  entendre 
parler  les  gens,  ils  ne  seront  pas  longtemps 
sans  bâtir  une  église."  La  chapelle  n'avait 
pas  de  sacristie,  les  paroissiens  en  voulaient 
une;  le  curé  Clément  trouvait  qu'il  suffi- 
rait pour  sacristie  d'un  petit  rond-point 
qui  donnerait  de  la  mine  à  ce  bâtiment. 
La  correspondance  du  curé  Labelle  (1826- 

1830)  et  de  ses  suc- 
cesseurs atteste 
également  un  grand 
désir  d'avoir  une 
église  plus  grande  ; 
le  3  mars  1827,  le 
curé  Labelle  écrit  à 
l'évêque  de  Québec 
qu'il  a  recueilli  50 
louis  pour  la  future 
église  que  tous  de- 
maîident;  il  deman- 
de la  permission  de 
bâtir  en  prenant 
dans  le  coffre  de  la 
fabrique  200  louis 
pour  les  ouvriers  et 
ensuite  50  louis  par 
année.  Le  24  du 
même  mois,  l'évêque 
répond  qu'il  est  "bien 
disposé  à  permettre 
de  prendre  sur  l'ar- 
gent de  la  fabrique 
250  à  275  louis  pour  aider  à  bâtir  une  nou- 
velle église,  puisque  la  chapelle  est  trop  petite. 
Cette  église  devrait  être  d'une  bonne  gran- 
deur puisque  la  population  de  cette  pa- 
roisse augmente  beaucoup;  alors  cette 
somme  me  paraît  bien  modique  pour  une 
semblable  entreprise;  il  est  vrai  que  les 
habitants  pourraient  fournir  tous  les  maté- 
riaux, journées,  en  un  mot,  tout  ce  qu'ils 
pourraient  assurer  à  l'entrepreneur;  c'est-à- 


Les  Établissements  paroissiaux 


79 


dire,  50  louis  tous  les  ans."  L'évêque  recom- 
mandait la  prudence;  il  demandait  qu'on 
ne  s'engageât  envers  l'entrepreneur  pour 
50  louis  par  année  "autant  que  la  chose 
serait  possible  ou  au  fur  et  à  mesure  que  la 
fabrique  aurait  des  revenus  suffisants."  En 
terminant,  l'évêque  avertissait  le  curé  qu'il 
devait  prendre  les  ordres  et  les  avis  de  Mgr 
de  Telmesse  (Mgr  Lartigue)  qui  le  dirigerait 
en  tout;  au  reste,  il  promettait  d'auto- 
riser Mgr  de  Telmesse  à  marquer  la  place 
et  à  régler  les 
dimensions  de 
la  future  égli- 
se, si  "l'entre- 
prise a  lieu 
de  se  faire." 

Plusieurs 
années  toute- 
fois devaient 
passer  avant 
que  s'exécu- 
tât ce  projet; 
il  semble  qu'a- 
près  avoir 
grandement 
désiré  une 
église,  les  fa- 
briciens  aient 
reculé  devant 
la  dépense; 

peut-être  aussi  des  difficultés  avec  M. 
Quintal,  curé  de  1832  à  1840,  furent-elles 
la  cause  du  retard.  En  tout  cas,  Mgr  de 
Telmesse  dut  les  menacer  de  les  priver  de 
leur  curé,  s'ils  ne  bâtissaient  pas  une  église  ; 
malgré  tout,  en  1840,  ils  hésitaient  encore 
à  accepter  les  frais  de  construction  d'une 
nouvelle  église. 

Ce  ne  fut  qu'en  1842  qu'ils  prirent  une 
détermination  pratique.  Le  12  juin,  les 
franc-tenanciers,  en  assemblée  de  paroisse, 
décidaient  de  faire  à  Mgr  Bourget,   évêque 


l-F.-X. 


CONSTRUCTEURS  DE  L'ÉGLISE  ACTUELLE. 

Poitras,    charpentifr:    2 — François    Branchaud, 
3 — J.-Btc   Branchaud,  maçon. 


de  Montréal,  une  requête  pour  la  construc- 
tion d'une  nouvelle  église.  Ils  constataient 
que  la  chapelle  était  devenue  depuis  long- 
temps "trop  petite  pour  contenir  la  popula- 
tion de  la  paroisse  accrue  rapidement  tant 
par  le  défrichement  des  terres  nouvelles  que 
par  les  nouveaux  établissements  du  vil- 
lage;" ils  voulaient  bâtir  l'église  "tant  à 
l'aide  des  sommes  déjà  souscrites  et  pro- 
mises à  cette  fin  et  se  montant  déjà  à  1607 
livres  que  de  celles  qui  seraient  souscrites  ou 

données  par 
la  suite:  "com- 
me ces  som- 
mes étaient 
manifeste- 
ment insuffi- 
santes, les  pa- 
roissiens s'o- 
bligeaient "à 
mettre  et  à 
transporter 
sur  la  place 
de  la  bâtisse 
tous  les  ma- 
tériaux né- 
cessaires, tels 
que  choisis  et 
désignés  par 
les  entrepre- 
neurs;" ils 
substituaient  à  leur  place  les  marguilliers  de 
l'œuvre  et  anciens  qu'ils  autorisaient  "à  faire 
les  devis,  passer  les  marchés,  employer  la 
somme  susdite  ainsi  que  celles  qui  pour- 
raient advenir  par  la  suite;"  chaque  pro- 
priétaire s'obligeait  "à  passer  un  billet  pro- 
missoire  au  nom  et  en  faveur  de  la  fabrique 
Saint-Clément,  pour  la  sûreté  du  recouvre- 
ment du  montant  de  la  souscription,  ainsi 
que  de  quelques  jours  de  corvée  pour  le 
transport  des  matériaux;"  il  ne  s'agissait 
pour  lors  que  de  "finir  le  dehors  de  l'église 


80 


Histoire  religieuse  de  Beauharnois 


et  la  fermer,  les  paroissiens  étant  prêts  à 
se  cotiser  de  nouveau  pour  finir  l'intérieur;" 
l'assemblée  nommait  ensuite  "comme  syn- 
dics ou  chefs  d'arrondissement  pour  régler 
et  ordonner  les  corvées,  placer  les  matériaux 
et  autres  objets:  MM.  H.  Bogue,  pour  le 
village;  Antoine  Marchand,  pour  le  bas  de 
Saint-Clément  ;  Célestin  Boyer,  pour  le  rang 
de  Saint-François  de  Beauce;  Michel  Bros- 
sait, pour  le  haut  de  Saint-Clément;  Casi- 
mir d'Aoust,  pour  Sainte-Marie;  Bénoni 
Montpetit,  pour  Saint-Joseph  et  Sainte- 
Anne  ;  Louis  Trudel,  pour  le  bas  de  la  rivière 
Saint- Louis  depuis  le  chemin  Saint- Laurent  ; 
Ignace  Laberge,  pour  le  haut  de  la  rivière 
Saint-Louis;  Grégoire  Berger  on,  pour  Saint- 
Joachim  (nord  de  la  rivière);  Paul  Roy, 
pour  Saint-Georges;  DawVi  Viau,  pour  Saint- 
Laurent;  J.-Bte  Bonhomme,  pour  Saint- 
Edouard;  Louis  Laberge,  pour  Saint-André. 

Le  28  juillet,  Mgr  Bourget  répondait 
favorablement  à  cette  requête  et  nommait 
M.  Carron,  curé,  "commissaire  à  l'effet  de 
désigner  la  place  et  les  principales  dimen- 
sions de  la  future  égUse." 

En  1843,  M.  Carron  exécutait  sa  com- 
mission. Le  25  avril,  il  tenait  une  assemblée 
dans  la  salle  publique  de  la  paroisse;  il 
constatait  d'abord  que  les  263  signataires 
de  la  requête  de  juin  1842  formaient  bien  la 
majorité  des  propriétaires  de  la  paroisse; 
il  constatait  ensuite  "que  la  chapelle  était 
depuis  longtemps  trop  petite  pour  loger  la 
foule  qui  s'y  rendait  les  jours  destinés  au 
culte,  et  que,  par  suite,  une  église  était  de- 
venue depuis  longtemps  nécessaire." 

Quant  au  site,  M.  Carron  déterminait  le 
plus  convenable  comme  étant  "l'emplace- 
ment à  cinquante  pieds  environ  de  la  cha- 
pelle actuelle,  le  devant  du  portail  de 
l'église  devant  regarder  le  fleuve,  suivant 
une  Ugne  prolongée  du  côté  sud  de  la  cha- 


pelle vers  le  presbytère;  il  marquait  les 
dimensions  de  la  future  église:  126  pieds 
d'oeuvre  sur  60  pieds  de  largeur  et  35  pieds 
de  hauteur  hors  de  terre  sur  telle  fondation 
que  la  qualité  du  terrain  rendra  nécessaire. 
Enfin,  une  sacristie  de  46  pieds  sur  30,  et 
dont  la  muraille  aurait  18  pieds  de  haut, 
serait  construite  au  pignon  sud  de  l'église 
dont  la  forme  sera  un  parallélogramme. 

Le  29  mai  1843,  Mgr  Bourget  approuvait 
le  procès-verbal  et  permettait  de  procéder. 

Le  14  août,  l'entreprise  était  confiée  à 
MM.  François  et  J.-Bte  Branchaud  ;  le 
contrat  fut  signé  devant  le  notaire  Louis 
Hainault,  par  les  entrepreneurs  et  par 
M.  J.-Z.  Carron,  curé;  MM.  Pierre  Leduc, 
marguillier  en  charge,  Alexis  Lebceuf,  deux- 
ième marguillier,  Hyacinthe  Montpetit, 
Frs  Daoust,  Etienne  Montpetit,  Michel 
Longtin,  représentaient  la  paroisse. 

D'après  le  contrat  et  le  devis  annexé, 
l'église  devait  avoir  120  par  60  pieds  et  35 
pieds  de  hauteur  en  quarré  au-dessus  du  sol 
(mesure  française);  la  sacristie  devait  être 
de  36  par  30  pieds  et  18  pieds  de  hauteur  y 
compris  les  fondations.  L'église  devait 
avoir  sept  fenêtres  de  17  par  6  pieds  "en 
cintre  parfait;"  le  portail  devait  être  en 
pierre  taillée,  avec  une  ouverture  de  forme 
ovale,  quatre  pilastres  de  l'ordre  dorique 
simplifié  et  une  porte  entre  chaque  pilastre; 
la  charpente  de  l'église  devait  s'appuyer  sur 
sept  piliers  de  chaque  côté;  la  voûte  devait 
être  "en  cintre  parfait;"  la  colonnade  de- 
vait être  de  l'ordre  corinthien. 

La  fabrique  s'engageait  à  faire  faire  les 
corvées  promises  pour  le  charroyage  des 
matériaux,  et  à  payer  aux  entrepreneurs 
2,050  livres  en  quatre  paiements  annuels 
égaux.  De  leur  côté,  les  entrepreneurs  s'en- 
gageaient comme  suit:  le  1er  novembre 
1843,  l'éghse  serait  à  la  hauteur  du  bas  des 


Les  Établissements  paroissiaux 


81 


fenêtres;  le  1er  novembre  1844,  les  mu- 
railles seraient  montées  jusqu'au  quarré; 
le  1er  novembre  1845,  le  résidu  des  ouvra- 
ges serait  terminé. 

Les  entrepreneurs  Branchaud  confièrent, 
en  sous-contrat,  une  partie  de  l'ouvrage  à 
M.  F.-X.  Poitras;  M.  Poitras  devait  s'oc- 
cuper du  bois,  du  vitrage  et  du  "masti- 
quage;"  le  bois  devait  être  pris  sur  les  ter- 
res non  concédées  de  la  Seigneurie.  Les 
entrepreneurs  Branchaud  s'engageaient  à 
payer  à  l'entrepreneur  Poitras  380  livres; 
par  contre  M.  Poitras  devait  "fournir  aux 
sieurs  Branchaud,  à  chacun  une  sleigh 
semblable  à  celle  que  Joachim  Brossoit  a 
eue  du  Dr  Surveyer!" 

Les  ouvriers  se  mirent  à  l'œuvre;  nous 
savons  qu'à  la  mort  du  curé  Carron,  en 
juillet  1844,  les  murs  de  la  nouvelle  église 
s'élevaient  à  la  hauteur  des  fenêtres.  Le 
curé  Viau  la  fit  fermer  et  couvrir.  Le  curé 
Charland  la  fit  terminer  telle  que  le  con- 
trat le  déterminait.  Le  clocher,  dont  il 
n'était  pas  question  dans  le  contrat,  fut 
fait  par  l'entrepreneur  F.-X.  Poitras,  au 
prix  de  150  livres;  la  croix  et  le  coq  du  clo- 
cher furent  donnés  par  Joachim  Brossoit, 
les  bancs  furent  faits  par  le  même  entre- 
preneur au  prix  de  210  livres  courant. 

Le  20  novembre  1845,  eut  lieu  la  béné- 
diction de  la  nouvelle  église.  La  cérémonie 
fut  accomplie  par  Mgr  Prince,  alors  coad- 
juteur  de  Montréal  et  plus  tard  évêque 
de  Saint-Hyacinthe;  les  prêtres  présents 
furent  MM.  H.-L.  Girouard,  L.-D.  Char- 
land, J.-O.  Archambault,  P.-S.  Archam- 
bault,  C.  Champoux,  E.  Blyth,  A.  Groulx. 
Le  maître-autel  fut  consacré;  les  reliques 
des  saints  Quirin  et  Clément  y  furent  insé- 
rées. L'évêque  consécrateur  accorda  pour 
ce  jour  une  indulgence  d'un  an  et  une  in- 
dulgence de  quarante  jours  pour  une  visite 


au  jour  anniversaire;  en  outre,  une  indul- 
gence plénière  était  concédée  pour  le  jour 
de  la  consécration  et  le  jour  anniversaire. 

L'autel  ainsi  consacré  était  déclaré  pri- 
vilégié pour  tout  prêtre  célébrant,  séculier 
ou    régulier. 

A  cette  date  du  20  novembre  1845,  l'é- 
glise actuelle  n'allait  que  de  la  sacristie  aux 
portes  d'entrée;  le  portique,  les  tours  et  les 
clochers  actuels  n'étaient  pas  faits;  à  l'in- 
térieur, manquaient  les  jubés  latéraux,  les 
bancs,  la  chaire,  l'autel  et  toutes  les  déco- 
rations; l'achèvement  de  ces  travaux  fut 
l'œuvre  de  Monsieur  le  Curé  Charland; 
cette  œuvre  se  fit  lentement,  partie  par 
partie. 

En  1850,  le  deuxième  jubé,  celui  de  l'or- 
gue, était  construit  par  M.  F.  Branchaud, 
au  prix  de  32  livres.  La  même  année,  M. 
Nicolas  Manny  sculptait  pour  300  livres 
la  chaire,  et  pour  400  livres  l'autel  et  le  ta- 
bernacle; en  1859,  le  même  M.  Manny 
faisait  tout  le  travail  d'ornementation  du 
chœur;  c'est  donc  à  cet  habile  artiste  pein- 
tre, sculpteur  et  architecte,  que  Beauhar- 
nois  doit  l'incomparable  ornementation  du 
chœur  de  son  église.'" 

En  1855,  d'après  un  plan  de  M.  Manny, 
l'on  commença  les  jubés  de  côté,  afin  de  per- 
mettre aux  Sœurs  du  Couvent  et  à  leurs 
élèves  d'assister  aux  offices  paroissiaux. 

En  1860,  il  fut  question  de  construire 
deux  chapelles  latérales  de  40  par  20  pieds; 
le  coût  en  eût  été  défrayé  avec  les  revenus 
des  bancs  que  l'on  eût  placés  dans  cette 
chapelle.  Monsieur  Manny  fut  prié  d'exa- 
miner la  possibilité  de  réalisation  de  ce 
plan;  son  rapport  fut  défavorable;  la  con- 

(1)  L'artiste  Manny  avait  trouv<S  un  procédé  spécial  de 
dorure;  lors  des  travaux  de  restauration  en  1919,  les  peintres 
trouvèrent  avec  admiration  qu'après  60  ans,  les  dorures  du 
père  Manny  n'avaient  pas  encore  besoin  d'être  retouchées. 
Il  suffit  d'ôter  la  poussière  qui  les  recouvrait  et  elles  eurent  tout 
leur  éclat. 


82 


Histoire  religieuse  de  Beauharnois 


fection  de  ces  chapelles  parut  un  danger 
pour  la  solidité  des  murs  de  l'église  et  on 
y  renonça;  les  jubés  commencés  en  1855 
furent  continués  et  achevés  tels  qu'ils 
sont  encore  aujourd'hui.  En  1860  aussi, 
l'on  plaça  la  rangée  de  bancs  au  milieu 
de  l'église;  l'acte  de  fabrique  qui  auto- 
risait ce  travail  réservait  explicitement 
au  curé  et  aux  marguilliers  le  droit  de 
faire  enlever  cette 
rangée  de  bancs  lors- 
qu'ils le  jugeront  utile 
et  nécessaire,  ce  qui  a 
eu  lieu  en  1919.  En 
1860,  Beauharnois 
avait  une  prospérité 
sans  égale  dans  son 
histoire,  sa  popula- 
tion augmentait  con- 
sidérablement et  la 
fabrique  cherchait  les 
moyens  les  plus  effi- 
caces d'assurer  aux  fi- 
dèles l'assistance  aux 
offices  divins.  C'est 
l'explication  de  ces 
plans  d'agrandisse- 
ment de  notre  église. 
Pendant  cinq  ans, 
de  1860  à  1865,  au- 
cun travail  considé- 
rable ne  se  fit.  En 
1865,  la  fabrique  au- 
torisa une  dépense  de 

$1 ,500  pour  construire  une  tour.  Le  contrat 
fut  accordé  à  l'entrepreneur  C.  Content  qui 
bâtit  les  deux  tours,  la  première,  celle  de  l'est, 
en  1866,  la  seconde,  celle  de  l'ouest,  en  1867. 
La  tour  est  s'élevait  à  peu  près  à  la  hauteur 
des  clochers;  la  tour  ouest  ne  fut  achevée 
qu'en  1870.  Elles  ne  furent  pas  construites 
sans  difficultés.  L'on  craignit  qu'elles  ne 
fussent  pas  solides;  ces  craintes  étaient  sans 


NICOLAS 

Architecte  de  la  chaire,  de  l'autel 


fondement;  après  50  ans,  elles  sont  encore  in- 
tactes et  n'ont  pas  travaillé.  Les  tours  fu- 
rent terminées  en  1881  par  l'addition  des 
clochers.  L'architecte  Lévêque  fut  chargé 
de  ce  travail,  à  commission  de  7  pour  cent; 
le  contrat  fut  définitivement  octroyé  aux 
entrepreneurs  Valiquette  et  Drapeau,  au 
coût  de  $3,610.00.  Pour  soutenir  le  poids  des 
clochers  et  des  cloches,  huit  boulons  en  fer 

furent  insérés  dans 
la  maçonnerie  des 
tours.  Ces  travaux 
aux  tours  sont  les 
premiers  en  impor- 
tance, après  la  cons- 
truction du  corps 
principal  de  l'église. 
En  1867,  Monsei- 
seigneur  Bourget, 
dans  une  ordonnance 
de  visite  pastorale, 
avait  demandé  que 
la  fabrique  achetât 
des  cloches.  Dès  le  17 
novembre,  une  réso- 
lution de  fabrique 
autorisa  le  curé  Char- 
land  à  acheter  trois 
cloches  "convenables 
à  l'importance  de  la 
place."  Ce  ne  fut, 
cependant,  que  trois 
ans  plus  tard  que  les 
cloches  furent  ache- 
tées, chez  Darling,  d'Angleterre.  Elles 
furent  bénites  par  Mgr  Bourget,  le  31  mai 
1871,  et  reçurent  les  noms  de  Marie-Clément- 
Joseph,  Louis  -  Antoine  -  Zenon  et  Jgnace- 
Charles-Zép  hirin . 

En  1872,  la  grosse  cloche  du  être  ré- 
parée; on  la  trouvait  défectueuse,  de  so- 
norité insuffisante;  de  fait,  l'examen 
prouva  que  cette  cloche  avait  des  cavités 


MANNY 

et  du  chœur  de  l'église  actuelle 


Les  Etablissements  paroissiaux 


83 


remplies  au  ciment.  Cependant,  ce  ne 
fut  qu'en  1888,  pendant  l'administration 
de  M.  Lussier,  que  cette  affaire  de  cloche 
fut  terminée.  Il  fut  parfois  question  de 
procéder  par  voie  judiciaire  contre  le  ven- 
deur Darling;  en  1888,  M.  Lussier  résolut 
la  question  en  vendant  la  vieille  cloche 
pour  $240.00  et  en  en  achetant  une  nouvelle 
(Chanteloup)  de  1,860  livres  pour  $636. 
Cette  nouvelle  cloche  fut  bénite  par  M.  le 
curé  Lussier  le  9  décembre  1888  et  baptisée 
sous  les  noms  de  Marie-Clément- Joseph  qui 
étaient  les  noms  de  l'ancienne  cloche.  La 
cloche  qui  était  en  usage  avant  1871  a 
servi,  depuis  lors,  à  l'hospice  Saint-Joseph. 

Vers  le  temps  que  s'élevaient  les  tours, 
les  paroissiens  de  Saint-Clément  songeaient 
à  achever  aussi  l'intérieur  de  l'église;  en 
1868,  l'on  confiait  à  M.  Nicolas  Manny  le 
soin  de  faire  le  travail  de  décoration,  comme 
il  avait  fait  celui  du  chœur  en  1859;  bientôt, 
cependant,  ce  contrat  fut  brisé,  et  ce  ne  fut 
qu'en  1874  que  la  décoration  intérieure  de 
l'église  fut  faite  par  l' artiste-peintre  James 
Weston,  de  Montréal,  au  coût  de  $4,000. 

En  1871-1872  eurent  lieu  de  grands 
travaux  de  réparation;  depuis  quelque 
temps,  la  voûte  de  l'église  laissait  à  désirer; 
un  rapport  de  MM.  N.  Manny,  J.-R. 
Poitras  et  Augustin  Laberge  l'avait  décla- 
rée dangereuse.  Le  temps  parut  venu 
d'une  réparation  générale  de  l'édifice.  Une 
requête  de  207  habitants  de  Saint-Clément 
— du  23  mars  1871 — demandait  à  l'évéque 
la  permission  de  faire  ces  travaux.  L'abbé 
H.  Moreau  fut  envoyé  à  Beauharnois 
comme  commissaire  enquêteur.  Son  rap- 
port fut  favorable  à  l'entreprise  des  tra- 
vaux. Il  demandait:  1°  Une  nouvelle  cou- 
verture de  l'église,  avec  combles  plus  à  pic 
si  possible;  des  châssis  doubles;  des  en- 
duits aux  murs  intérieurs.  2°  Une  nou- 
velle  voûte   de   l'église;  l'achèvement   des 


jubés  latéraux;  l'amélioration  de  l'inté- 
rieur de  la  sacristie.  3°  Un  chemin  couvert. 
Le  rapport  était  approuvé  par  l'évéque 
le  12  août  1871. 

Conformément  à  ce  rapport,  le  21  sep- 
tembre, des  syndics  étaient  nommés  "pour 
surveiller  les  travaux  de  réparation  de 
l'église  et  de  la  sacristie:"  ces  syndics 
étaient  MM.  Moïse  Branchaud,  C.  R., 
président,  Louis-Antoine  Bertrand,  Louis 
Hainault,  Bénoni  Monpetit  et  Luc  Ra- 
quette. 

Le  5  septembre  1872,  les  syndics  com- 
paraissaient devant  Mtre  Joseph  Léonard, 
N.P.,  pour  faire  un  acte  de  répartition. 
La  répartition — de  $16,000 — affectait  des 
biens  évalués  à  $310,950;  elle  devait  se 
faire  pendant  six  ans  en  deux  versements. 
Voici  le  détail  des  travaux  à  faire:  "Toi- 
ture; tringier  les  murs;  glacer  les  murs; 
calfeutrer  les  châssis;  faire  des  châssis- 
doubles;  faire  un  chemin  couvert  et  ou- 
vrir une  porte  au  côté  de  l'église;  rem- 
placer les  colonnes  des  jubés  par  des 
pihers;  faire  les  galeries  des  jubés;  réparer 
la  sacristie;  boiser  l'église;  vitrer  les  châssis 
en  verre  colorié;  décorer  les  murs  en  orne- 
ments de  style  renaissance  et  les  colonnes 
en  imitation  de  marbre." 

L'architecte  fut  M.  Lévesque,  de  Mont- 
réal; l'entrepreneur,  M.  Valiquette,  aussi 
de  Montréal;  le  décorateur,  M.  James 
Weston,  de  Montréal. 

Les  travaux  commencèrent  immédiate- 
ment. En  1872,  les  bancs  étaient  con- 
cédés d'après  un  nouveau  règlement  qui  a 
fait  loi  jusqu'ici  pour  Saint  -  Clément.*" 
En  1874,  le  vieux  banc  d'œuvre  est  rem- 


(1)  Voici  le  résumé  de  ce  règlement:  1°  Chaque  banc  à 
crier  devra  être  annoncé  deux  dimanches  ou  fêtes  consé- 
cutifs. 2°  Il  sera  laissé  au  dernier  et  plus  haut  enchérisseur 
pour  argent  comptant.  3°  Seuls  les  paroissiens  majeurs  et 
jouissant  de  droits  civils  peuvent  avoir  un  banc.  4°  Un  seul 
banc  ù,  chaque  paroissien.  5°  Le  preneur  d'un  banc  peut  le 


84 


Histoire  religieuse  de  Beauharnois 


placé  par  le  premier  banc  dans  la  petite 
rangée  du  côté  droit.  En  1874  James  Weston 
décore  l'église;  l'année  suivante,  change- 
ment définitif  du  banc  d'oeuvre.  En  1876, 
l'on  prépare  des  bancs  pour  les  élèves 
du  collège  au  jubé  de  l'orgue.  En  1877, 
M.  Philippe  Deslauriers— pour  $900.00— 
couvre  l'église  du  côté  est,  et,  en  1879,  la 
sacristie  et  le  presbytère.  En  1877  aussi,  dédi- 


légale  de  1871  se  firent  au  milieu  de  graves 
difficultés  de  fabrique  consignées  aux  regis- 
tres; il  serait  d'autant  plus  inutile  de  les  nar- 
rer qu'elles  sont  étrangères  aux  travaux  eux- 
mêmes.  Il  s'agissait  simplement  desavoir  jus- 
qu'à quel  point  le  marguillier  en  charge  est 
tenu  de  rendre  ses  comptes  à  la  fabrique,  et 
les  cours  décidèrent  que  ce  devoir  est  strict 
et  absolu. 


SYNDICS  DE  1871 

(1)  Moïse  Branchaud. — (2)  Louis-Antoine  Bertrand.— (3)  Bénoni  Montpetit.-^(4)  Luc  Paquette. — (5)  Louis  Hainault,  N.P. 


cace  des  deux  autels  latéraux  par  Mgr  Fabre. 
En  1879-80,  le  système  de  chauffage  à  eau 
chaude  est  inauguré  dans  l'égUse.    En  1881, 
la  fabrique  cède  gratis  un  banc  au  curé.  *" 
Les  travaux  prévus  par  la  répartition 


En  1881,  les  syndics  rendirent  leurs 
comptes;  ils  avaient  reçu  $16,268.54  et 
dépensé  $13,280.51. 

Depuis  cette  réparation  générale  de  1871- 
1881,  il  n'y  a  guère  eu  de  travaux  considé- 


garder  toute  sa  vie  ou  le  remettre.  6°  La  veuve  peut  garder  le 
banc  de  son  mari  défunt  aussi  longtemps  qu'elle  reste  veuve. 
7°  Les  enfants  ont  le  privilège  de  racheter  le  banc  paternel 
immédiatement  après  l'adjudication  en  payant  le  prix  adjugé. 
8°  Le  prix  d'adjudication  est  le  montant  de  la  rente  annuelle. 


9°  La  rente  est  payable  au  marguillier  en  charge.  10°  Si  le 
preneur  ne  paie  pas  avant  le  31  décembre,  la  fabrique  reste 
en  possession  du  banc. 

(1)  En  1904,  cette  concession  d'un  banc — No  54 — a  été 
renouvelée  en  faveur  du  curé  actuel,  M.  Nepveu. 


Les  Établissements  paroissiaux 


85 


râbles  jusqu'à  la  restauration  de  1919. 
Signalons,  toutefois,  certains  travaux  et 
certaines  dates.''* 

En  1883,  la  fabrique  achète  un  nouvel 
orgue  Brodeur  au  prix  de  $2,000;  il  rem- 
plaçait le  1er  orgue  construit^ — $600 —  en 
1852.  En  1890,  l'on  crépit  les  murs  de 
l'église.  En  1896,  l'on  peintura  la  cou- 
verture de  l'église,  l'on  plâtra  l'intérieur 
des  tours.  En  1900  l'on  répare  le  para- 
tonnerre brisé  par  la  foudre  le  26  juin.  En 
1902  l'on  fait  des  améliorations  au  système 
de  chauffage.  En  1908,  l'orgue  est  re- 
construit et  bénit  le  17  mai.  En  1905,  l'on 
répare  le  toit  de  l'église,  l'on  renouvelle  la 
couverture  des  ponts  des  cloclers.  En  1913, 
l'église  et  la  sacristie  ont  un  système  d'é- 
clairage à  l'électricité.  En  1915,  Monsieur 
Joseph  Charlebois  donne  $200  pour  la 
décoration  à  l'électricité  des  chapelles  de  la 
Sainte  Vierge  et  de  Sainte  Anne.  La  même 
année,  l'honorable  A. -A.  Thibaudeau  donne 
une  statue  du  Sacré-Cœur  et  l'honorable 
M.  Achille  Bergevin,  une  statue  de  la  Sainte 
Vierge  pour  le  fronton  de  l'église. 

En  1917,  l'on  commença  à  penser  sé- 
rieusement au  centenaire  de  la  paroisse, 
et  l'idée  s'imposa  d'une  restauration  en 
grand  de  l'église  paroissiale;  si,  en  effet, 
l'extérieur  de  l'église  était  magnifique,  il 
était  évident  que  l'intérieur  ne  l'était 
plus;  les  bancs  étaient  vieux  et  démodés. 


(1)  Voici  quelques  détails  sur  le  mobilier  de  notre  église 
paroissiale:  Le  chemin  de  la  Croix  qui  a  été  remplacé  en  1919 
avait  été  acheté  en  1880;  les  stations  avaient  été  données 
($10.00)  par  le  juge  L.  Bélanger,  MM.  L.-R.  Baker,  maire, 
Célestin  Bergevin,  M.P.P.,  Julien  Leduc,  Leduc  et  Fortin, 
L.-T.  Descarries,  vicaire.  Napoléon  et  Pierre  Laberge,  L.-A. 
Seers,  John  O'SuUivan  et  Achille  Marchand,  P.-N.  Trottier, 
et  les  familles  de  la  ville,  les  familles  de  Melocheville,  les 
familles  du  Bas  du  Fleuve,  les  familles  de  Saint-Georges. 
Un  chemin  de  croix  avait  été  antérieurement  érigé  en  1848. 

Vases  sacrés:  Un  calice  doré  acheté  par  M.  Charland  en 
1848,  et  deux  autres  calices  dont  l'un  acheté  en  1885  par  les 
Congrégations.  Un  ostensoir,  don  du  Dr  Perreault,  bénit  par 
S.8.  Léon  XIII,  le  4  novembre  1886,  et  deux  autres;  quatre 
ciboires. 


les  planchers  menaçaient  ruine,  les  pein- 
tures, défraîchies  par  l'usure  et  la  pous- 
sière, faisaient  oublier  les  belles  lignes 
architecturales  de  notre  temple.  Pour 
toutes  ces  raisons,  en  1917,  les  marguilliers 
autorisaient  Monsieur  le  curé  Nepveu  "à 
consulter  pour  réparations  et  décorations." 

En  janvier  1919,  une  assemblée  des  mar- 
guilUers  anciens  et  nouveaux  déclarait:  "Il 
n'est  pas  à  propos  d'attendre  plus  long- 
temps pour  procéder  à  la  restauration 
de  notre  église;  que  la  fabrique  avise  aux 
moyens  à  prendre  pour  commencer  ces 
travaux  aussitôt  que  possible;  lesquels 
travaux  devant  être  faits  par  et  aux  frais 
de  la  fabrique,  à  même  ses  revenus  ordi- 
naires, et  au  moyen  d'emprunt  si  besoin." 
Le  2  février  une  assemblée  de  paroisse 
confirmait  et  ratifiait  les  délibérations  de 
fabrique  de  janvier  précédent. 

Le  même  2  février  1919,  une  assemblée 
de  fabrique  autorisait  le  curé  et  les  mar- 
guilliers "à  faire  préparer  par  MM.  Gau- 
thier et  Daoust,  architectes,  des  plans, 
devis  et  spécifications  des  travaux  à  faire 
à  l'église  et  à  la  sacristie,  à  demander 
des  soumissions  et  à  signer  des  contrats." 
Les  travaux  étaient  confiés  à  M.  Joseph 
David,  entrepreneur  de  Valleyfield,  lequel 
donnait  le  sous-contrat  de  décoration  à 
Monsieur  l'artiste-peintre  T.-X.  Renaud,  de 
Montréal.    Ces  travaux  comprenaient  prin- 


Candélabres:  Les  candélabres-chandeliers  du  maître-autel 
ont  été  achetés  par  M.  Charland  pendant  son  voyage  d'Eu- 
rope en  1854. 

Ornements:  Le  vestiaire  de  l'église  est  bien  pourvu  d'orne- 
ments grâce  surtout  à  M.  le  curé  Lussier;  il  compte  un  com- 
plet en  drap  d'or,  un  complet  en  drap  d'argent,  un  autre  en 
satin  rouge,  un  autre  en  moire  antique  noire,  un  autre  en  ve- 
lours noir,  3  chapes  noires,  4  chaînes  blanches,  1  en  drap  dor , 
1  en  soie  violette,  2  rouges,  1  verte. 

Statues:  La  statue  de  Saint-Joseph  a  été  donnée  par  Ma- 
dame Tranchemontagne,  les  deux  anges  de  cha<)uc  côté  de 
l'autel  sont  un  don  de  M.  l'avocat  Seers;  les  autres  ont  été 
fournies  surtout  par  les  Congrégations. 


86 


Histoire  religieuse  de  Beauharnois 


cipalement  une  nouvelle  décoration  com- 
plète de  l'église,  la  confection  de  nou- 
veaux bancs,  d'un  bas-chœur,  d'un  plancher 
en  bois-franc,  le  renouvellement  de  la 
boiserie  latérale,  2  confessionnaux,  la  res- 
tauration de  la  sacristie,  la  construction 
d'une  voûte  de  sûreté,  le  percement  d'une 
porte  du  côté  ouest.  Ils  furent  exécutés 
aussi    rapidement    que    le    permirent    des 


en  ciment  à  la  façade  de  l'église,  plancher 
en  tuiles  pour  le  porche.  La  fabrique  et  la 
paroisse  acceptèrent  ces  réparations  que 
permit  Sa  Grandeur  Monseigneur  l'Evêque 
de    Valley field. 

Ces  différents  travaux  ont  été  menés 
à  bonne  fin:  à  la  volonté  de  M.  le  curé 
Nepveu,  qui  a  su  en  faire  admettre  l'oppor- 
tunité, ont  répondu  chez  les  ouvriers  une 


RESTAURATEURS  DE  L'ÉGLISE  (1919) 

(1  et  2)  MM.  les  architectes  Gauthier  et  Daoust. — (.3)  M.  Renaud,  peintre-décorateur.— (4)  M.  J.  David,  entrepreneur-général. 


contretemps   indépendants    de   la   volonté 
de    l'entrepreneur. 

En  juillet  1919,  il  parut  que  des  travaux 
supplémentaires  s'imposaient  ;  réparation 
des  châssis  de  l'extérieur,  plancher  de  bois- 
franc  dans  le  sanctuaire,  changements  à 
l'installation  de  l'électricité  pour  fins  d'é- 
clairage, d'illumination  et  de  balayage,  ainsi 
que  pour  la  soufflerie  de  l'orgue,  perron 


habileté  qui  en  assura  le  succès. 

Et  maintenant,  notre  beau  temple  pa- 
roissial est  terminé.  Si  déjà,  en  1908, 
un  envoyé  de  la  Presse  pouvait  dire  qtie 
notre  église  faisait  l'orgueil  de  toute  la 
population,  que  n'en  dira  pas  celui  qui 
la  visitera  après  les  récents  travaux  de 
restauration?  La  beauté  de  son  site,  l'élé- 
gance et  la  majesté  de  ses  tours  et  de  ses 


Les  Établissements  paroissiaux 


87 


INTÉRIEUR  DE  L'ÉGLISE  ACTUELLE 

(Apr^K  IfiH  r(''parii1  ions  de  1919.) 


Les  Etablissements  paroissiaux 


89 


clochers,  le  fini  de  ses  décorations,  l'heu- 
reuse proportion  de  ses  lignes  architectu- 
rales, la  richesse  et  la  délicatesse  de  ciselure 
de  son  chœur,  la  commodité  de  ce  qu'on  est 
convenu  d'appeler  les  améliorations  mo- 
dernes font  certainement  de  notre  église 
paroissiale  un  très  digne  objet  de  notre  ad- 
miration et  de  notre  vénération.  Qu'ils 
soient  remerciés  et  bénis,  tous  ceux  qui  ont 
contribué  à  l'élever:  curés,  desservants  et 
vicaires,  marguilliers  et  paroissiens,  archi- 
tectes et  ouvriers!  Qu'elle  demeure  long- 
temps, toujours,  au  haut  de  cette  colUne 
dont  tant  de  générations  n'ont  cessé  de 
faire  la  montée!  Qu'elle  soit  pour  Beau- 
harnois  une  protection  constante  et  une 
bénédiction. 

II.  NOS  PRESBYTÈRES;  NOS  SALLES 
PAROISSIALES 

Dans  la  paroisse  canadienne,  à  côté  de 
la  maison  de  Dieu  est  la  maison  de  son  mi- 
nistre, ou  presbytère.  Saint-Clément,  de- 
puis sa  fondation,  a  eu  deux  presbytères; 
le  premier  a  été  construit  en  1819,  le 
presbytère  actuel  en  1846. 

Nous  avons  dit  déjà,  en  passant,  que 
dans  leurs  requêtes  aux  évêques  de  Québec, 
les  fidèles  de  Beauharnois  demandèrent 
d'abord  la  construction  d'un  seul  édifice 
qui  aurait  servi  de  chapelle  et  de  presby- 
tère; Us  voulaient  mettre  la  chapelle  au 
haut  de  l'édifice  et  le  presbytère  au  bas,  et 
c'est  d'après  ce  plan  que  le  contrat  fut 
signé  en  mars  1818.  Sur  les  vives  instances 
de  Monseigneur  Plessis,ce  plan  fut  modifié; 
le  17  septembre  1818,  l'entrepreneur  Bran- 
chaud  reçut  l'ordre  de  construire  l'intérieur 
de  l'édifice  de  façon  à  ce  que  le  bas  servît 
comme  chapelle,  et  le  haut  comme  presby- 
tère. Quelque  temps  après,  nouveaux  change- 
ments; tout  l'édifice  servira  comme  chapelle, 
et  l'on  construira  un  presbytère  distinct. 


C'est  le  4  mars  1819  que  les  habitants 
de  Saint-Clément  font,  devant  le  notaire 
Louis  Sarault,  leur  acte  d'accord  à  cet  effet. 
Ils  décident  la  construction  d'un  édifice 
"pour  le  logement  d'un  curé  et  autre  utiUté 
des  dits  habitants",  c'est-à-dire  que  le 
presbytère  sera  "salle  des  habitants;"  ce 
presbytère  "sera  bâti  sur  leur  place  d'église, 
près  de  la  chapelle,  au  choix  de  leur  desser- 
vant, en  pierres;  il  aura  45  par  30  pieds,  et 
16  pieds  de  haut.  Quatre  syndics  sont 
nommés:  Michel  Longuetin  fils,  Nicolas 
Boyer,  Antoine  Daigneault,  Paul  Gendron. 
Les  habitants  décident  de  faire  une  répar- 
tition: "ils  s'engagent  à  payer  leur  quote 
part  de  l'argent  en  bonne  espèce  ayant 
cours,  et  à  livrer  sur  place  les  matériaux 
nécessaires.  Il  n'y  aura  que  les  habitants 
qui  auront  payé  qui  participeront  aux 
droits  et  privilèges." 

Le  3  avril  de  la  même  année,  le  con- 
trat de  construction  du  nouveau  pres- 
bytère était  octroyé  à  François  Bran- 
chaud.  Le  presbytère  devait  être  de  30  pieds 
par  45  pieds;  il  devait  être  divisé  en  deux 
parties,  dont  l'une  serait  la  "salle  des 
habitants"  et  l'autre  le  logis  du  curé; 
le  logis  du  curé  serait  divisé  en  cinq  par- 
ties, comme  suit:  "une  salle,  une  cham- 
bre de  compagnie,  une  chambrette,  une 
cuisine,  et  un  corridor  de  la  salle  à  la 
cuisine;"  le  coût  stipulé  était  de  5,700  livres 
de  20  sols  à  payer  en  quatre  versements. 
Ainsi  fut  fait;  la  salle-presbytère  s'éleva 
non  loin  de  la  chapelle,  à  l'endroit  où  est 
aujourd'hui  la  "salle  des  habitants." 

A  son  arrivée  à  Beauharnois,  en  octobre 
1819,  l'abbé  Clément  trouva  les  deux 
édifices  paroissiaux — chapelle  et  presby- 
tère— achevés.  Le  presbytère  lui  parut 
trop  petit.    En  effet,  en  déduisant  la  partie 


90 


Histoire  religieuse  de  Beaitharnois 


réservée  comme  salle  publique,  il  ne  lui 
restait  qu'un  logis  de  25  par  28  pieds.  A 
sa  demande,  les  habitants  lui  laissèrent 
l'usage  de  tout  l'édifice,  et  construisirent 
un  autre  bâtiment  en  bois,  comprenant 
la  salle  publique  et  le  logis  du  bedeau. 

Le  presbytère  et  la  salle  servirent  aux 
curés  et  aux  paroissiens  de  1819  à  1846. 
En  1845,  le  curé  Charland  fut  autorisé  à 


Il  fut  immédiatement 
cessé,   depuis  lors — ^75 
sidence  de  nos  curés, 
réparé    et    amélioré, 
fut  changé  en  toit  dit 
tème   de   chauffage   à 
installé.     En  1888,  on 
sine.     En   1899,  on  y 
électrique.      En    1904, 


construit,  et  il  n'a 
ans — d'être  la   ré- 

II  a  été  souvent 
En  1881,  le  toit 
français,  et  le  sys- 
eau  chaude  y  fut 
y  ajouta  une  cui- 
installa  la  lumière 

on    y    construisit 


LE  PRESBYTÈRE  (1846) 


faire  au  presbytère  toutes  les  réparations 
intérieures  et  extérieures.  On  renonça 
à  ce  plan,  et  l'année  suivante,  la  fabrique 
résolut  de  construire  un  nouveau  pres- 
bj^re.  Le  contrat — de  128  livres  an- 
cien cours — fut  donné  à  Jacques  Goyette 
et  Paul  Gendron;  l'édifice  devait  être  de  "45 
par  34  pieds  de  bonne  maçonnerie  de 
pierre,  avoir  trois  portes  et  onze  châssis." 


une  voûte  de  sûreté  pour  les  documents 
paroissiaux  et  l'on  améliora  les  chambres 
des  vicaires.  En  1905,  on  renouvela  toutes 
les  peintures  de  l'intérieur. 

L'ancien  presbytère,  remplacé  en  1846, 
devint,  en  1848,  salle  publique;  en  1855, 
il  fut  démoli;  sur  ses  fondations  l'on  éleva 
la  "salle  des  habitants"  qui  existe  encore 
aujourd'hui.  De    sorte    que    depuis    1855, 


Les  Établissements  paroissiaux 


91 


le  groupe  des  établissements  paroissiaux 
n'a  pas  varié,  si  ce  n'est  dans  quelques 
améliorations  ou  réparations  de  détail. 

III.  NOS  CIMETIÈRES 

De  sa  fondation  jusqu'à  son  centenaire, 
la  paroisse  Saint-Clément  a  eu  quatre  ci- 
metières, bénits  en  1819,  en  1823,  en  1848 
et  en  1904. 

Le  premier  fut  établi  en  même  temps 
qu'était  construite  la  première  église,  et 
tout  à  côté  d'elle;  au  témoignage  du  curé 
Clément  il  était  fort  petit.  En  effet,  l'on 
n'y  inhuma  que  263  cadavres.  Ce  pre- 
mier cimetière  était  à  l'endroit  occupé 
aujourd'hui  par  la  cour  des  élèves  du 
collège. 

Tout  près  de  ce  cimetière,  de  l'autre 
côté  du  chemin,  dans  le  défaut  de  la  côte 
qui  va  du  presbytère  à  la  rivière  Saint- 
Louis,  fut  érigé  le  fameux  Calvaire  du  curé 
Clément.  C'était  un  demi-cercle  de  272 
pieds  de  circonférence  et  de  72  pieds  de 
diamètre;  le  curé  Clément  y  avait  éta- 
bli des  stations  du  Chemin  de  la  Croix 
et  un  oratoire  où  les  fidèles  devaient  se 
rendre  comme  en  pèlerinage,  spécialement 
le  premier  vendredi  du  mois.  Les  évo- 
ques de  Québec  refusèrent  de  laisser  dire 
la  messe  dans  la  chapelle  de  ce  Calvaire, 
à  deux  pas  de  l'église  paroissiale.  Néan- 
moins, le  calvaire  lui-même  semble  avoir 
été  fréquenté.  En  1827,  le  curé  Labelle 
demande  "de  changer  de  place  le  Calvaire, 
qui  est  trop  près  du  moulin."  En  1829, 
il  projette  d'ériger  un  nouveau  Calvaire 
qui  aurait  80  pieds  par  60  pieds,  joi- 
gnant, au  nord-est,  au  domaine  et  les 
trois  autres  côtés  sur  le  terrain  de  l'église. 
Nous  ignorons  quelle  suite  fut  donnée  à 
ce  projet:  les  archives  n'ont  pas  con- 
servé d'autre  mention  de  ce  calvaire. 


Le  deuxième  cimetière  de  Beauharnois 
fut  étabU  en  1823.  Dès  1822,  l'évêque 
avait  demandé  à  ce  qu'on  plaçât  le  nou- 
veau cimetière  autour  de  la  future  église 
et  il  avait  permis  les  exhumations  né- 
cessaires; le  curé  devait  donner  au  ci- 
metière "telles  positions  et  dimensions 
qu'il  trouverait  convenables."  En  1823, 
le  juge  Mondelet  permit,à  cet  effet,  l'ex- 
humation des  corps  du  vieux  cimetière; 
les  paroissiens  avaient  choisi  comme  ter- 
rain le  site  où  se  trouvent  aujourd'hui 
les  remises  de  la  fabrique.  En  1832, 
c'est-à-dire  après  10  ans  d'usage,  le  cime- 
tière était  rempli;  l'on  y  avait  inhumé 
418  corps.  Les  paroissiens  de  Beauhar- 
nois adressèrent  à  l'évêque  une  requête 
pour  agrandir  le  cimetière;  ils  demandaient 
de  destiner  à  cette  fin  un  morceau  du  ter- 
rain vacant  contigu  au  cimetière.  L'abbé 
Marcoux,  curé  du  Sault  Saint-Louis,  était 
envoyé,  peu  après,  comme  commissaire; 
il  reconnaissait  le  bien-fondé  de  la  re- 
quête, approuvait  le  lieu  désigné  par  les 
paroissiens  et  bénissait  le  nouveau  ci- 
metière qui  n'était  qu'un  prolongement 
de  l'ancien. 

En  1848,  le  cimetière  de  1823,  agrandi  en 
1832,  était  de  nouveau  devenu  insuffisant; 
de  1832  à  1848,  on  y  avait  inhumé  1063 
corps.  Le  22  juillet  1848,  le  curé  Char- 
land  bénissait  le  troisième  cimetière  de 
Saint-Clément;  c'est  le  cimetière  qui  est 
en  arrière  de  l'église,  et  qui,  agrandi  de 
moitié  en  1878,  a  servi  jusqu'en  1905; 
environ  5,200  corps  y  reposent. 

En  1904,  la  fabrique  résolut  d'acheter 
un  nouveau  terrain  de  cimetière  pour 
remplacer    l'ancien    devenu  insuffisant.'" 

(1)  L'importance  de  cet  établissement  paroissial  noua  justi- 
fie, croyons-nous,  de  parler  plus  longuement  de  notfe  cime- 
tière. Les  notes  qui  sont  publiées  ici  sont  empruntées  presque 
textuellement  au  BuUelin  Paroissial  de  Valleyfield,  de 
1905  et  1907. 


92 


Histoire  religieuse  de  Beauharnois 


La  paroisse  approuva  cette  résolution  et 
l'on  se  mit  à  l'œuvre.  En  octobre  1904, 
un  terrain  d'une  superficie  de  15  arpents 
fut  acheté  de  M.  J.-Bte  Gendron.  M. 
l'ingénieur-arpenteur  J.-H.  Sullivan,  de  Val- 
ley field,  fut  chargé  de  le  diviser.  Le  plan 
qu'il  prépara  n'a  cessé  d'être  fort  admiré 
pour  l'heureuse  disposition  des  lots,  des 
allées  et  des  monuments  funéraires. 

Au  centre  du  cimetière  est  une  large 
allée  de  40  pieds  dont  deux  plates-bandes  de 
5  pieds;  une  autre  allée  de  ceinture  de  30 
pieds,  dont  10  pieds  de  plate-bande,  est 
séparée  de  l'allée  centrale,  de  chaque  côté, 
par  une  double  rangée  de  lots  de  15  pieds 
par  16  pieds;  ainsi,  chaque  lot  donne 
sur  une  allée  transversale;  757  lots  ont  été 
inscrits  sur  le  plan  officiel,  120  fosses  par- 
ticulières, un  grand  terrain  pour  la  fosse 
commune,  et  un  terrain  de  80  par  80  pieds 
pour  la  partie  réservée. 

Le  cimetière,  déjà  magnifique  par  la 
belle  ordonnance  de  ses  divisions,  s'est 
constamment  embelli  par  d'opportunes 
améliorations. 

En  octobre  1905,  les  marguilliers  ache- 
tèrent de  la  maison  H.  E.  Ives  et  Cie,  de 
Montréal,  une  magnifique  clôture  de  fa- 
çade, en  fer,  au  prix  de  $1,400.00.  Au- 
dessus  de  la  barrière  d'entrée,  l'on  a  ins- 
crit en  lettres  dorées,  ces  mots  de  l'Ecri- 
ture qui  rappellent  l'espérance  de  l'éter- 
nité bienheureuse;  Exsultahunt  Domino 
ossa  humiliata.  Au  milieu  du  cimetière, 
sur  un  tertre  de  100  pieds  de  diamètre 
et  3  de  hauteur,  l'on  a  placé  une  croix  en 
granit  noir  de  15  pieds  de  hauteur. 

Au  printemps  de  1906,  l'on  a  fait  une 
plantation  d'arbres  qui,  dans  quelques  an- 
nées, sera  du  plus  bel  effet.    Mais  surtout 


cette  plantation  d'arbres  rappelle  à  la 
paroisse  d'importants  événements  parois- 
siaux. Ces  arbres  ont  été  offerts  par  les 
paroissiens  et  rappellent  le  souvenir  des 
évêques  qui  ont  eu  à  s'occuper  de  la  pa- 
roisse, des  curés  qui  l'ont  administrée, 
des  desservants  et  des  vicaires  qui  y 
ont  exercé  le  ministère,  des  marguilUers 
qui  s'y  sont  succédé,  enfin  des  principaux 
événements  accomplis.  Le  livre  officiel 
du  cimetière  rappelle  le  souvenir  atta- 
ché à  chaque  arbre,  par  qui  et  quel  jour 
il  a  été  planté.  Que  l'on  fixe  à  chaque 
arbre  sa  carte  d'identification  et  rien  qu'à 
parcourir  le  cimetière,  l'on  pourra  lire 
les  principales  pages  de  notre  histoire 
paroissiale. 

Pendant  l'hiver  de  1906-1907  l'on  ins- 
talla un  système  d'aqueduc;  M.  W.  Bell, 
de  Montréal,  creusa  un  puits  artésien; 
à  145  pieds,  il  trouva  une  eau  potable, 
d'une  quantité  de  2,000  gallons  à  l'heure. 
Au  printemps  de  1907,  la  fabrique  fit 
construire  à  cet  endroit,  par  MM.  Leduc 
et  Fortin,  un  kiosque  de  forme  octogonale 
qui  est  un  abri  pour  les  visiteurs  et  un 
bureau  d'affaire;  là  aussi  est  le  réser- 
voir d'une  capacité  de  1,000  gallons,  d'où 
une  pompe  distribue  l'eau  dans  les  prin- 
cipales parties  du  cimetière. 

En  1907,  l'on  installa  dans  le  cime- 
tière un  Chemin  de  Croix  dont  on  a  dit 
"qu'il  est  certainement  l'un  des  plus  beaux 
monuments  du  genre  en  ce  pays."  Les 
stations  sont  en  granit  gris  de  Stanstead 
et  ont  14  pieds  de  hauteur  sur  6  de  lar- 
geur; les  sujets  en  terre  cuite  avec  relief 
de  huit  pouces  ont  été  fabriqués  à  l'Ins- 
titut Catholique  de  Vaucouleurs,  France. 
Les  plans  et  devis  de  ces  stations  ont  été 
préparés  par  M.  Alphonse  Content,  ar- 
chitecte de  Montréal,   et  le  granit  a  été 


Les  Établissements  paroissiaux 


93 


travaillé  aux  ateliers  de  M.  J.-G.  Ficher,  Pour  assurer  la  propreté  et  éviter  la  dis- 

de  Montréal.     Ce  Chemin  de  Croix  est  dû  grâce  et  l'abandon  habituel  des  cimetières, 

à  l'initiative  de  M.  le  curé  Nepveu;  c'est  les   marguilliers   ont   décidé   de   créer   un 

lui  qui  en  a  conçu  le  projet  et  qui  l'a  fait  fonds  inaliénable  pour  l'entretien  du  cime- 

se  réaliser  en  obtenant  des  paroissiens  for-  tière.    Tout  acquéreur  d'un  lot  doit  payer 


tunés  des  souscriptions.  Ce  Chemin  de 
Croix  a  coûté  $7,000,  soit  $500  par  station. 
Voici  la  liste  complète  des  souscripteurs: 

1ère  Station:  M.   Cyrille  Guimond,  M. 
L.-C.  Tassé. 

2ème  Station  : 
Mme  ËHe  Marchand, 
M.  Orner  Marchand. 

Sème  Station: 
M .  Joachim  Gendron , 
M.  Trefflé  Boyer. 

4ème  Station: 
M.  J. -B.     Tisseur, 
M.  Eusèbe  Boyer. 

5ème  Station: 
M.  Ferdinand  Leduc, 
M.  Cyprien  Fortin. 

6ème  Station: 
M.  Frs  Vallée,  Mme 
Charles  Lebœuf. 

7ème  Station: 
M.    Léon     Vincent, 
M.  Paul  Lebœuf. 

Sème  Station: 
M.  L.  Ovide  Gagner, 
M.  0.  Allard. 

9ème  Station: 
M.   Charles    Boyer, 
M.  Joseph  Boyer. 

lOème  Station:  M.  David  Brisebois,  M. 
Moïse  Viau. 

llème  Station:  M.  JuUen  Leduc  et  ses  fils. 

12ème  Station:  M.  L.-A.  Seers,  M.  J.-G. 
Laurendeau. 

13ème  Station:  M.  Louis  Brazeau,  Mme 
J.-B.  Maréchal. 

14ème  Station:  M.  l'abbé  P.-E.  Lussier, 
M.  l'abbé  T.  Nepveu. 


CIMETIÈRE 

Station  du  Chemin  de  la  Croix. 


un  dollar  de  rente  par  année  pour  l'entre- 
tien de  son  lot.  Cette  rente  est  rachetable 
à  $20.00.  Des  sommes  ainsi  acquises 
l'intérêt    annuel     servira   à    perpétuité    à 

l'entretien  du  cime- 
tière. 

Par  mesure  d'or- 
dre et  d'uniformité, 
les  bornes  de  terrain 
sont  toutes  sembla- 
bles. Ces  petites 
pierres  de  granit  gris 
contribuent  grande- 
ment à  la  beauté  de 
l'ensemble. 

Jusqu'à  ce  jour, 
le  cimetière  a  été  le 
théâtre  de  deux 
grandes  manifesta- 
tions religieuses.  Le 
5  novembre  1905,  il 
était  solennellement 
bénit  par  l'ex-curé, 
M.  P.-E.  Lussier;  le 
sermon  de  circons- 
tance était  prononcé 
par  le  R.P.  Jean- 
Marie,  O.  F.  M.  Le 
1er  septembre  1907,  avait  lieu  la  béné- 
diction des  Stations  du  Chemin  de  la 
Croix;  la  cérémonie  était  présidée  par 
M.  le  curé  Nepveu,  et  le  sermon  prêché 
par  le  Rév.  P.  C.  Lemire,  C.  SS.  R.  A 
part  ces  cérémonies  extraordinaires,  cha- 
que année,  la  paroisse  se  rend  en  pèle- 
rinage au  cimetière.  Nous  avons  été,  déjà, 
le    témoin    ému    d'une    de    ces    réunions 


94 


Histoire  religieuse  de  Beauharnois 


de  la  famille  paroissiale  au  champ  des  morts, 
et  nous  en  avons  gardé  une  inoubliable  im- 
pression. Que  les  fidèles  de  Beauharnois  cou- 


leurs parents,  où  eux-mêmes  ils  reposeront 
un  jour!  Que  le  cri  de  triomphe  qu'ils  peu- 
vent lire  à  la  porte  :  "Les  os  humiliés  ressusci- 


tinuent  la  tradition  qu'ils  ont  créée!  Qu'ils    teront  dans  le  Seigneur,"  les  aitire  et  soit  pour 
aiment  à  se  rendre  souvent  où  reposent    eux  un  cantique  d'espérance  chrétienne!'" 


LE  cimetière  paroissial 

LES  COMPLÉMENTS  DE  LA  PAROISSE 


Jusqu'ici  nous  avons  parlé  de  ce  qui 
peut  être  appelé  la  paroisse  proprement 
dite,  c'est-à-dire  du  personnel  et  des  éta- 
bUssements  paroissiaux;  successivement  ont 
passé  devant  nous  le  clergé  et  les  laïques  de 
notre  paroisse  et  aussi  les  églises,  les  pres- 
bytères et  les  cimetières  qu'ils  ont  eu  à 
administrer.     Cependant,    la   paroisse,    et 

(1)  En  parlant  des  cimetières  de  Saint-Clément,  il  n'est  que 
juste  de  mentionner  le  cimetière  qu'est  le  sous-sol  de  l'égÛse 
actuelle.  Aussi  longtemps  que  furent  permises  les  inhumations 
dans  les  églises,  plusieurs  familles  de  Saint-Clément  récla- 
mèrent cet  honneur  pour  leurs  défunts.  De  1844  à  1905,  212 
cadavres  ont  été  déposés  dans  l'église  ;  le  premier  est  celui  du 
curé  Carron,  le  dernier  celui  de  Thomas  Brossoit,  avocat. 
Nous  remarquons  aussi  quelques  noms  bien  connus:  en  1845, 
Charles  Manuel,  juge  de  paix,  suisse  converti;  en  1861,  Ludger 


tout  particulièrement  la  paroisse  cana- 
dienne, se  complète  par  deux  séries  d'éta- 
blissements, les  maisons  d'éducation  et  de 
charité;  il  reste  à  dire  ce  qu'a  été  Beau- 
harnois à  ce  double  point  de  vue;  c'est  ce 
que  nous  ferons  en  parlant  de  ses  écoles 
et  de  son  hospice. 


Leblanc,  avocat;  en  1866,  Moïse  Sabourin,  médecin;  en  1878, 
Joseph  Hainault,  l'un  des  pionniers  de  Beauharnois;  en  1877, 
François  Branchaud,  le  constructeur  de  nos  églises;  en  1878, 
Michael  Cayley,  avocat,  M. P.;  en  1880  Louis  Hénault,  N.P. 
shérif;  en  1882,  le  curé  Louis-David  Charland;  en  1883, 
Nicolas  Manny,  le  décorateur  de  l'égliseactuelle;  en  1886^  le 
curé  Jasmin;  en  1890,  Philéas  Verchères  de  Boucherville, 
méc^ecin;  en  1892,  Frs  Clovis  Bazinet,  N.P.;  en  1893,  Pierre 
Casmiir  Duranceau,  avocat  et  protonotaire;  en  1905, 'Thomas 
Brossoit,  avocat. 


Compléments  de  xa  Paroisse:  les  Ecoles 


95 


ARTICLE  PREMIER:  LES  ÉCOLES 

Ce  n'est  pas  sans  émotion  que  nous 
entreprenons  de  faire  l'historique  de  l'é- 
ducation à  Beauharnois.  Nous  voudrions 
rendre  le  juste  hommage  qui  est  dû  au 
dévouement  et  au  travail  des  apôtres  et 
des  amis  de  l'éducation  à  Saint-Clément. 
Dans  une  histoire  de  paroisse,  les  écoles 
tiennent  une  large  place;  malheureuse- 
ment, les  documents  font  défaut  qui  per- 
mettraient de  faire  le  récit  complet  du 
rôle  qu'elles  ont  tenu  à  Beauharnois.  Toute- 
fois, certames  données  d'autant  plus  pré- 
cieuses qu'elles  sont  plus  rares,  permet- 
tent de  dessiner  au  moins  à  grands  traits 
le  mouvement  éducationnel  dans  notre 
paroisse. 

1.  Les  débuts.— La  période  de  début  va 
de  l'arrivée  des  premiers  colons  à  Beau- 
harnois, vers  1730,  jusqu'à  l'érection  de 
la  première  école  publique  ou  officielle,  en 
1830.  De  cette  période  nous  savons  très 
peu  de  chose;  on  pourrait  l'appeler  la 
période  de  l'éducation  privée,  car  il  n'ap- 
paraît nulle  part  que  les  paroissiens  de  Beau- 
harnois aient  eu,  jusqu'à  1830,  d'école 
subventionnée.  Une  telle  école  aurait  pu  être 
établie  soit  par  autorité  de  la  "Commis- 
sion d'Éducation"  de  1789,  soit  par  celle 
de  r "Institution  Royale"  de  1801,  soit 
par  celle  des  "Ecoles  de  Fabrique"  en 
1824.  Or,  la  "Commission  d'Education" 
ne  fut  guère  qu'un  projet  sans  suite; 
l'"Institution  Royale"  ne  fit  pas  béné- 
ficier Beauharnois  de  ses  largesses. 

Quant  à  la  Loi  des  "Ecoles  de  Fabriques" 
de  1824,  nous  ne  croyons  pas  que  Beau- 
harnois en  ait  bénéficié  avant  la  "Loi 
des  écoles   élémentaires"   de   1829.     Plu- 


sieurs fois,  surtout  vers  1829,  il  fut  ques- 
tion d'ouvrir  une  école  de  fabrique,  ce 
fut  même  l'objet  des  constantes  préoc- 
cupations du  curé  Labelle,  le  futur  fon- 
dateur du  collège  de  l'Assomption;  il  de- 
manda à  prendre  l'argent  de  la  fabrique 
pour  bâtir  une  école,  et  les  marguilhers 
autorisèrent  une  dépense  de  25  livres  à 
cette  fin.  Le  curé  Labelle  écrivit  même 
à  Mgr  Lartigue,  alors  auxihaire  de  l'évêque 
de  Québec:  "Ça  presse,  car  on  va  éta- 
blir une  école  de  syndics"  et  une  école  de 
syndics  signifiait  une  école  soumise  à 
une  commission  à  majorité  protestante. 
L'on  n'alla  pas  assez  vite,  et,  de  fait, 
l'école  que  redoutait  le  curé  Labelle,  fut 
fondée  en  mai  1830. 

Est-ce  à  dire,  cependant,  que  jusqu'à 
1830,  Beauharnois  n'eut  pas  d'écoles? 
Non.  Beauharnois  eut  des  écoles,  mais 
des  écoles  privées.  La  correspondance  du 
curé  Clément  fait  connaître  l'existence, 
en  1821,  d'une  école  de  filles.  La  même 
année,  les  paroissiens  Jos.  Hainault,  Joseph 
Leduc,  Pierre  Leduc,  Louis  Gervais,  Pierre 
Poirier,  Antoine  Houle,  Charles  Bougie, 
Ben  Joachim,  demandent  à  l'évêque  de 
confirmer  le  pouvoir  d'avoir,  sous  l'Ins- 
titution Royale,  une  école  pour  filles  avec 
un  maître,  mais  Mgr  Lartigue  refusa  cette 
permission.  Une  demande  analogue,  vers 
le  même  temps  reçut  la  réponse  qu'une 
fille  pouvait  tenir  une  école  "à  condition 
qu'aucun  garçon  ne  fréquentât  cette  école." 
L'année  suivante— 1822— Mgr  Lartigue  per- 
mit une  école  mixte— pour  garçons  et 
filles— "pourvu  qu'une  femme  âgée  d'au 
moins  40  ans  et  de  mœurs  approuvées  par 
le  curé  pût  faire  l'école  aux  filles  et  aux 
garçons  dans  une  même  maison,  mais  dans 


96 


Histoire  religieuse  de  Beauharnois 


des  appartements  différents,  sans  commu- 
nications, à  des  heures  différentes."  Ces 
détails  sont  les  seuls  que  révèlent  les  archi- 
ves relativement  aux  écoles;  elles  ne  disent 
rien  du  site  de  cette  école,  ni  du  nom  de  ses 
maîtres  ou  maîtresses. 

Beauharnois  eut  donc  une  école  dont 
nous  ne  savons  qu'une  chose,  l'existence 
vers  1821.  Antérieurement,  Beauharnois 
eut  des  maîtres  et  maîtresses  ambulants. 
Les  premiers  furent  les  missionnaires  du 
Sault-Saint-Louis  et  les  curés  de  Cha- 
teauguay,  des  Cèdres,  de  l'Ile  Perrot  et 
de  Vaudreuil.  En  portant  à  leurs  parois- 
siens émigrés  dans  ce  territoire  qui  de- 
viendra Saint-Clément,  les  secours  de  la 
religion,  ils  donnèrent  aux  enfants  les  pre- 
miers éléments  d'instruction.  L'histoire 
nous  a  aussi  conservé  le  nom  d'une  femme 
du  nom  de  Salé'"  et  d'un  homme  du 
nom  de  Gigoux  qui  allaient  de  maison 
en  maison,  enseignant  le  catéchisme  et  la 
lecture. 

Maîtres  ambulants,  écoles  privées,  pro- 
jets d'école  de  fabrique,  voilà  en  trois  mots 
l'histoire  de  l'éducation  à  Saint-Clément, 
jusqu'en  1830.  Ajoutons  qu'en  1838,  le 
curé  Quintal  pouvait  écrire  à  l'évêque: 
"Il  n'y  a  aucune  école  catholique  réguliè- 
rement tenue  dans  la  paroisse."  Et  ce- 
pendant, depuis  1830,  il  y  avait  une  école, 
la  première  école  officielle  établie  à  Beau- 
harnois. 

IL  L'organisation  scolaire. —  En  1830, 
Saint-Clément  entre  dans  la  période  de  son 
organisation   scolaire   qui   se   marque    par 


deux  dates  principales:  le  2  mai  1830, 
établissement  d'une  école  anglaise  et  d'une 
école  anglaise-française  au  village,  sous 
l'autorité  de  syndics;  en  1845,  le  18  juin, 
érection  de  la  municipalité  scolaire  Saint- 
Clément. 

En  1829,  le  parlement  du  Bas-Canada  fit 
une  loi  dite  "Loi  des  écoles  élémentaires" '.^^^ 
cette  loi  permettait  d'établir  des  écoles 
élémentaires  dans  chaque  comté  sous  le 
contrôle  général  des  députés,  et  dans  cha- 
que paroisse  sous  la  direction  immédiate 
de  syndics  élus  par  les  contribuables  au 
fonds  local  des  écoles;  elle  accordait  à 
chaque  maître  ou  maîtresse  d'une  école 
qui  n'était  pas  sous  la  régie  de  l'Insti- 
tution Royale,  et  qui  comptait  au  moins 
20  écoliers,  un  salaire  de  20  livres  courant, 
et  en  outre  10  schellings  pour  chaque  en- 
fant pauvre.  En  1830  une  autre  loi  de- 
mandait à  chaque  maître  ou  maîtresse 
de  faire  deux  rapports  chaque  année.''' 
En  1831,  dans  un  "Acte  pour  pourvoir  ulté- 
rieurement à  l'encouragement  de  l'éduca- 
tion"^*^ le  parlement  votait  de  nouveaux 
subsides  et  nommait  des  visiteurs  d'écoles. 
En  1832  une  nouvelle  loi  déterminait, 
encore  plus  en  détail,  la  distribution  des 
octrois  scolaires.® 

C'est  grâce  à  ces  différentes  lois  que 
l'éducation  a  été  organisée  à  Saint-Clément. 

Dès  le  2  mai  1830,  une  école  anglaise- 
française  y  fut  établie,  et  simultanément 
une  école  anglaise;  le  même  maître,  James 
Hawker,  était  préposé  aux  deux  écoles,  ce 
qui  fait  croire  qu'il  ne  s'agissait  que  de 
deux  classes,  l'une  anglaise,  l'autre  anglaise- 


(1)  Dans  sa  Conférence  de  1885,  sur  "Beauharnois  et  ses  n'était  pas  forte  en  histoire  voulait  sans  doute  parler  de 

commencements,"    l'écrivain    canadien   A.-N.    Montpetit —  Mathusalem  .  .  ." 
un  enfant  de  Beauharnois— disait  de  cette  première  ma!-  (2)  IX  Georges  IV,  Ch.  46. 

tresse  d'école:  "Elle  était  si  yieille,  si  ratatinée  que  ma  grand'-  (3)  x  Georges  IV. 

mère  prétendait  qu'elle  était  la  fille  de  Mathieu  Salé  dont  il  (4)  i.  Quill.  IV.,  Ch.  7. 

est  parlé  dans  la  Sainte-Écriture.  .  .     Ma  grand'raère  qui  (5)  H  Guill.  IV.,  Ch.  30. 


Compléments  de  là  Paroisse:  les  Écoles 


97 


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Compléments  de  la  Paroisse:  les  Écoles 


99 


française,  ,dans  une  même  école.  Les 
Archives  fédérales  possèdent  quelques 
rapports  de  ces  écoles.  Nous  reproduisons 
ici  le  fac-similé  d'un  de  ces  rapports,  et 
nous  y  apprenons  que  l'école  fondée  en 
1830  a,  jusqu'au  31  décembre  1831,  reçu 
99  écoliers,  que  pour  la  période  novem- 
bre-décembre 1831,  elle  comptait  55  éco- 
liers, dont  22  de  langue  française'^'  et  39 
pauvres  admis  gratuitement;  les  livres  dont 
on  s'y  sert  sont  l'Ecriture  Sainte  et  le 
Lesson  Book;  les  syndics  à  cette  époque 
sont  Charles  Manuel,  D.  Masson  et  J.- 
Bte  Poirier;  l'école  est  soutenue  par  sous- 
criptions; la  méthode  pédagogique  suivie 
est  la  méthode  anglaise. 

La  loi  de  1831  déclarait  qu'une  somme 
n'excédant  pas  50  livres  courant  devait 
être  payée  "à  chaque  corps  de  syndics 
qui  pourront  être  élus  dans  les  paroisses 
ou  missions  de  Sainte-Martine,  Saint-Clé- 
ment et  Saint-Timothée,  pour  la  moitié 
du  coût  de  la  bâtisse  d'une  maison  d'école 
dans  chacune  des  dites  paroisses  ou  mis- 
sions, pourvu  qu'elle  soit  bâtie  dans  le 
cours  de  la  présente  année."  En  1832, 
l'acte  cité  plus  haut  avait  un  paragraphe 
spécial  pour  Beauharnois;  il  décrétait  que 
"la  somme  de  50  livres  courant  affectée 
par  l'acte  de  1831,  pour  être  payée  à 
chaque  corps  de  syndics  qui  aurait  pu  être 
élu  dans  les  paroisses  des  missions  de 
Sainte-Martine,  Saint-Clément  et  Saint- 
Timothée,  sera  payée  à  chacun  des  dits 
corps  de  syndics  pour  être  par  eux  em- 
ployée à  aider  à  la  bâtisse  de  la  maison  ou 
des  maisons  d'écoles  érigées  dans  chacune 


(1)  Le  Conservateur  des  manuscrits,  M.  Parker,  a  bien 
voulu  nous  permettre  l'accès  aux  documents  les  plus  pré- 
cieux; nous  tenons  à  lui  en  exprimer  ici  notre  profonde  gra- 
titude. 

(2)  La  page  précédente  du  rapport  donne  le  nom  des  55 
élèves  de  l'école;  nous  n'y  trouvons  que  sept  noms  anglais; 


des  dites  paroisses  ou  missions  durant 
l'année  1831,  nonobstant  aucune  chose 
qui  se  trouverait  au  dit  Acte  à  ce  con- 
traire." 

Il  semble  bien,  en  effet,  qu'en  1831, 
une  ou  des  écoles  aient  été  construites. 
Un  rapport  de  1835  de  Chs  Archambault, 
nommé  visiteur  en  1831,  parle  de  trois 
écoles  à  Saint-Clément,  dont  deux  érigées 
en  1831  et  une  en  1832.  L'école  n°  1 
(1831)  avait  pour  syndics  L.-G.  Brown,  E. 
Masson,  O.  Leblanc,  et  pour  maître  Chris- 
tophe Purcele;  elle  comptait  27  enfants. 
L'école  n°  2  (1832)  avait  pour  syndics 
Joseph  Daigneaux,  Louis  Trudel,  Chs 
Daoust,  pour  maître  Jean  Ginestet,  et 
comptait  35  élèves;  l'école  n°  3  (1831) 
avait  pour  syndics  Rob.  H.  Norval,  Jacques 
Goyette,  Jean-Bte  Branchaud,  pour  maître 
Paul-Augustin  Sarault,  et  comptait  31 
élèves;  une  note  du  rapport  dit  que  cette 
dernière  école  a  été  omise  sur  la  liste  des 
octrois  parce  qu'elle  dépassait  le  nom- 
bre d'écoles  permises  par  la  loi. 

Il  y  eut  donc,  en  1830,  une  école  an- 
glaise-française et  une  école  ou  classe  an- 
glaise à  Beauharnois;  en  1831,  il  s'y  trouve 
trois  écoles,  dont  deux  à  professeur  fran- 
çais et  une  à  professeur  anglais.  Ces  écoles, 
cependant,  semblent  avoir  été  anglaises 
de  mentalité.  Pour  les  écoles  de  1830, 
c'est  évident:  le  maître  est  anglais,  le 
système  d'éducation  est  anglais,  les  noms 
français  des  élèves  sont  écrits  à  l'anglaise: 
Gauthier  devient  Gatia,  Bourbonnais  est 
Berbonnet,  Gendron  est  Gondra  et  ainsi 
de  suite.  Pour  les  autres,  le  rapport  est 
anglais.  En  outre,  ces  écoles  ne  parais- 
sent pas  avoir  été  catholiques  en  droit; 


le  maître  Hawker  a  probablement  voulu  signifier  par  élèves 
FraTHais  ceux  qui  n  étaient  pas  inscrits  à  l'école  anglaise; 
l'école  anglaise, — où,  probablement,  l'on  n'enseignait  que 
l'anglais,  était  aussi  en  majorité  canadienne-française. 


100 


Histoire  religieuse  de  Beauharnois 


en  1838,  le  curé  Quintal  écrit  à  l'évêque  qu'il 
n'y  a  encore  aucune  école  catholique  régu- 
lièrement tenue  dans  la  paroisse.  En  1843, 
il  n'y  a  encore  que  ces  trois  écoles:  l'une, 
anglaise,  est  au  village,  et  au  témoignage 
du  curé  Carron,  elle  n'a  pas  de  livres  de 
religion;  les  deux  autres,  françaises,  sont 
dans  la  campagne,  probablement  au  Buis- 
son et  sur  la  rivière  Saint-Louis.  Nous 
ignorons  le  site  de  l'école  du  village. 
L'on  dit  qu'il  y  eut  aussi  une  école  dans 
la  grande  maison  grise  située  au  coin  des 
rues  de  la  Beauce  et  Saint-Laurent.  Nous 
savons,  par  le  recensement  officiel  de  1842, 
que  dans  ces  trois  écoles  il  y  avait  une 
population  écolière  de  112  enfants,  dont 
50  à  l'école  du  village  et  62  dans  les  deux 
autres  écoles;  le  maître  d'école  du  village 
était  James  WUson,  l'institutrice  Lucie 
Leduc;  James  Richardson  était  aussi  ins- 
tituteur. Vers  la  même  période  ou  un 
peu  plus  tard,  il  y  eut,  à  Beauharnois,  des 
institutrices  nommées  Demers  et  Ducharme. 

Telle  était  la  situation  scolaire  à  Beau- 
harnois, quand  fut  établie  la  Commission 
scolaire  Saint-Clément  en  1845. 


Jusque  là,  nos  écoles  furent  adminis- 
trées par  des  syndics  nommés  d'après  la 
loi  de  1829.  En  1841,  puis  en  1845,  le  par- 
lement des  Canadas-Unis  vota  des  lois 
qui  réorganisaient  le  système  scolaire:  les 
écoles  primaires  furent  placées  sous  la 
juridiction  d'un  surintendant  de  l'édu- 
cation, et  sous  le  contrôle  immédiat  du 
conseil  municipal  qui  était  transformé  en 
bureau  d'éducation;  à  ce  conseil  ou  bu- 
reau d'éducation,  dont  les  membres  étaient 
nommés  par  le  gouvernement,  des  com- 
missaires élus  par  les  contribuables  trans- 
mettaient le  rapport  des  écoles  de  leur  dis- 


trict; le  bureau  d'éducation,  à  son  tour, 
rendait  ses  comptes  au  gouvernement.  D'a- 
près la  loi  de  1841,  les  contributions  étaient 
obligatoires,  d'après  celle  de  1845,  elles 
étaient  libres  et  volontaires.  C'est  sous 
ce  régime  que  l'éducation  se  développa  à 
Beauharnois. 

En  1845,  un  arrêté-en-conpeU  provincial 
du  18  juin  érigea  la  municipaUté  scolaire 
de  Saint-Clément  de  Beauharnois;  la  même 
année  fut  créée  la  commission  scolaire 
du  même  nom;  elle  régit  les  écoles  de 
Beauharnois,  tant  celles  du  village  que 
celles  de  la  campagne,  jusqu'en  1876,  date 
de  l'étabUssement  de  la  municipalité  sco- 
laire de  la  ville.  En  1866,  fut  détachée 
de  la  municipalité  de  Saint-Clément  celle 
de  Saint-Etienne.  En  1863,  la  ville  de 
Beauharnois  fut  érigée,  mais  une  seule  mu- 
nicipaUté scolaire  continua  à  gouverner 
les  écoles  tant  de  la  ville  que  de  la  campagne 
jusqu'en  1876. 

Depuis  l'érection  de  la  ville,  toutefois, 
la  division  de  la  paroisse  Saint-Clément 
en  deux  commissions  scolaires  distinctes 
fut  souvent  discutée.  Le  24  juillet  1876, 
la  Commission  vota  la  séparation;  la  même 
année,  par  le  statut  40  Victoria,  chap.  22, 
le  parlement  de  Québec  sanctionna  cette 
séparation;  la  municipalité  scolaire  de  Beau- 
harnois fut  divisée  en  deux;  l'une  s'appela 
la  Municipalité  scolaire  de  la  ville  de  Beau- 
harnois, avec  les  limites  assignées  à  cette 
ville  en  1863;  l'autre  conserva  son  nom  de 
Municipalité  scolaire  de  Saint-Clément  et 
comprit  le  reste  de  la  ci-devant  muni- 
cipalité scolaire  Saint-Clément.  Depuis 
1876,  deux  municipalités  civiles  ont  été 
créées,  celles  de  Maple  Grove  et  de  Lac 
Saint-Louis,  mais,  pour  fins  scolaires,  elles 
continuent  à  être  régies  par  la  Commission 
scolaire   Saint-Clément.      Les  écoles  sont 


Compléments  de  la  Paroisse:  les  Écoles 


101 


commission  scolaire  saint-clément 

Groupe  d'anciens  commissaires 

(1)  Stanislas  Viau.— (2)  Damase  Bonnier.— (3)  Donat  Dagenais.— (4)  Aurêle  Vinet.— (6)  Henri  Boyer.— (6)  Joseph 
Tisseur.— (7)  Isaïe  Garand.— (8)  Alexis  Lemieux.— (9)  Joseph  Paré.-— (10)  Léandre  Maheu— (11)  F.-X.  Giroux.— (12) 
Henh  Gendron. — (13)  J.-Nap.  Laberge. 


Compléments  de  la  Paroisse:  les  Ecoles 


103 


soutenues  par  les  contributions  fixées,  selon 
le  besoin,  par  les  commissaires  d'écoles;  le 
taux  de  cette  contribution  a  bien  varié;  en 
1863,  il  était  de  un  sou  dans  le  louis  d'éva- 
luation, et  de  quatre  schellings  et  huit  de- 
niers par  mois,  pour  chaque  enfant  de  sept 
à  quatorze  ans;  en  1871,  le  taux  était  de 
deux  sous  et  un  tiers,  et  de  $1.00  par  mois 
par  enfant;  en  1875,  le  taux  est  de  10  sous 
par  mois  pour  chaque  enfant;  c'est  le  taux 
habituel  depuis  1888,  sauf  de  légères  ex- 
ceptions. 

Nous  n'avons  pas  la  hste  de  tous  les  com- 
missaires d'écoles  depuis  1845;  quelques- 
uns,  cependant,  nous  sont  connus;  en  1863, 
la  Commission  Saint-Clément  se  compose 
du  curé  Charland  et  de  Antoine  Duquette, 
Joseph  Fichault,  Olivier  Bergevin,  Charles 
Boyer,  Luc  Paquette;  en  1864,  Octave 
Marchand  remplace  Ohvier  Bergevin;  en 
1865,  François  Leduc  et  Paul  Lebœuf  sont 
commissaires;  en  1868,  Augustin  Paré;  en 
1869,  Louis  Gagné;  en  1871,  François  Le- 
febvre  et  Joseph  Daoust;  en  1872,  Olivier 
Lefebvre;  en  1873,  Joseph  Prégent,  Thomas 
Brossoit  et  Paul  Gendron;  en  1875,  Tous- 
saint Lemieux;  en  1876,  André  Leduc. 

De  1898  à  1919,  la  Commission  scolaire 
Saint-Clément  a  eu  les  présidents  dont  les 
noms  suivent:  de  1898  à  1901,  M.  Benjamin 
Vinet;  de  1901  à  1902,  M.  Arthur  Goyette; 
de  1902  à  1904,  M.  J.-Nap.  Laberge;  de 
1904  à  1906,  M.  Joseph  Tisseur;  de  1906  à 
1909,  M.  J.-Bte  Boyer;  de  1909  à  1912, 
M.  Alexis  Lemieux;  de  1912  à  1913,  M. 
Henri  Gendron;  de  1913  à  1915,  M.  le  curé 
T.  Nepveu;  de  1915  à  1919,  M.  Jérémie 
Bougie.  En  1919,  les  conmiissaires  d'é- 
coles de  Saint-Clément  sont  Monsieur  Jo- 
seph Lebœuf,  président,  et  Messieurs  Henri 
Boyer,  Donat  Dagenais,  Aurèle  Vinet  et 
Arthur  Hainault. 


Pour  la  ville  de  Beauharnois,  les  com- 
missaires d'écoles  se  sont  succédé  dans 
l'ordre  suivant:  en  1875,  MM.  L.-A.  Ber- 
trand, Charles  Boyer,  Toussaint  Lemieux, 
Octave  Daoust,  Michel  Leduc,  fils,  étaient 
nommés  d'autorité  par  le  parlement;  en 
1877,  furent  commissaires  MM.  P.-C. 
Duranceau,  président,  Cyrille  Guimond, 
L.-R.  Baker,  John  0' Sullivan,  Eugène 
Manny,  et  M.  E.-H.  Bisson,  secrétaire;  le 
5  décembre  1877,  M.  Julien  Leduc  devint 
secrétaire  et  il  le  fut  jusqu'en  1909; 
en  1878,  M.  Gilbert  Montpetit;  en  1879, 
M.  André  Leduc;  en  1880,  M.  le  curé 
Charland  et  M.  E.-H.  Bisson;  en  1881, 
MM.  L.-A.  Seers  (président),  Antoine  Pri- 
meau,  Antoine  Lefebvre;  en  1882,  M.  J.- 
Bte  Roy  (sellier);  en  1885,  M.  J.-Bte 
Roy  (photographe)  et  le  Dr  Philémon  La- 
berge; en  1887,  M.  Jos.  Mayer,  M.  le  curé 
Lussier;  en  1888,  MM.  Cyprien  Fortin, 
André  Leduc,  Narcisse  Deslauriers;  en 
1890,  M.  Sy.  Gingras;  en  1891,  M.  Pierre 
Legault;  en  1892,  MM.  Jos.  Dehsle  et 
H.  Normandeau;  en  1893,  M.  Jos.  Des- 
lauriers; en  1894,  MM.  L.-C.  Tassé  et 
Ferdinand  Leduc  (président);  en  1895, 
MM.  J.-G.  Laurendeau,  L.-A.  Seers,  M.  le 
curé  Lussier  (président);  en  1897,  M.  J.- 
Bte  Primeau,  le  Dr  G.  Huot;  en  1898,  M. 
Cy.  Guimond;  en  1900,  M.  J.-G.  Lau- 
rendeau; en  1902,  MM.  J.-G.  Léonard  et 
Ferdinand  Leduc;  en  1904,  M.  le  curé 
Nepveu  (président)  ;  en  1907,  M.  E.  Théoret; 
en  1907,  MM.  F.-X.  Leduc  et  W.  Bourdon; 
en  1909,  M.  L.-Z.  Leduc;  M.  L.-C.  Tassé 
devient  secrétaire;  en  1910,  M.  E.  Théoret; 
en  1911,  M.  le  Dr  Desgroseilliers;  en  1912, 
MM.  Stan.  Dorais,  J.-L.-E.  Guimond, 
Omer  Marchand;  en  1914,  MM.  J.-B.  Roy, 
Théodule  Olivier;  en  1915,  M.  J.-G.  Léonard, 
M.  J.-Bte  Gendron;  en  1916,  MM.  Aimé. 


104 


Histoire  religieuse  de  Beauharnois 


Leduc,  Toussaint  Bénard,  Emmanuel  Ro- 
bert; en  1919,  la  Commission  est  composée 
comme  suit:  président,  Monsieur  le  curé 
Nepveu,  et  MM.  Théodule  Olivier,  J.-B. 
Roy,  W.  Noreau,  Horm.  Roy. 

Depuis  1845,  les  commissaires  d'écoles 
de  Beauharnois  ont  eu  autorité  sur  des 
écoles  que  nous  pouvons  grouper  sous  trois 
titres,  les  petites  écoles,  le  collège,  le  couvent. 

La  municipalité  scolaire  de  Beauharnois 


du  Domaine  Saint-Louis,  propriété  de  Louis 
Hainault. 

N°  3.— La  Côte  Sainte-Marie. 

N°  4. — Les  Côtes  Saint-Joseph  et  Sainte- 
Anne. 

N°  5. — Les  terres  du  côté  nord  de  la  ri- 
vière Saint-Louis,  et  celles  depuis  la  Côte 
Saint-Laurent  jusqu'à  Saint-Georges,  du 
côté  sud  de  la  rivière. 

N°  6.— Côte  Saint-Georges. 


GROUPE     D'EX-COMMISSAIRES  DES  ÉCOLES  DE  LA  VILLE 

MM.  (1)  Orner  Marchand.— (2)  André  Leduc,  fils— (3)  J.-B.  Gendron.- (4)  J.-B.  Rov  [seUier.]— (5)  Aimé  Leduc— (6)  F.-X. 
Leduc— (7)  J.-B.  Roy  [photographe.]- (8)  Th.  Olivier.— (9)  André  Leduc,  père.- (10)  D.-A.  Saint-Amour. 


a  été  divisée  en  arrondissements  pour  le  sou- 
tien des  écoles;  en  1867,  ces  arrondisse- 
ments étaient  répartis  comme  il  suit: 

N°  1. — La  Ville — le  Domaine  Saint-Louis 
— ^les  terres  jusqu'à  la  Côte  Saint-Georges; 
n"  1  et  2  du  Bas  du  Fleuve  jusqu'au  n°  1  du 
Haut. 

N°  2. — Toutes  les  terres  du  Haut  du 
Fleuve  à  partir  de  la  première  terre  le  long 


N°  7. — Beauce  et  Saint-Zéphirin. 

N°  8. — Bas  du  Fleuve  depuis  les  limites 
de  la  ville. 

En  1919,  les  arrondissements  se  répar- 
tissent ainsi: 

N°  1.— Haut  du  fleuve. 

N°  2. — Rang  Sainte-Marie. 

N°  3. — Rang  Sainte- Anne. 

N°  4.— Rivière   Saint-Louis. 


Compléments  de  la  Paroisse:  les  Écoles 


105 


► 


N°  5. — Rang  Saint-Georges. 
N°  6.— Rang  de  la  Beauce. 
N°  7.— Bas  du  Fleuve. 
N°  8.— Melocheville. 

Nos  "petites  écoles" 

Si  nous  parlons  de  "petites  écoles",  ce 
n'est  pas  par  mépris  pour  nos  écoles  des 
rangs:  ces  écoles  peuvent  être  petites  de 
dimension  ou  par  le  nombre  d'élèves,  elles 
sont  grandes  par  la  place  qu'elles  tiennent 
dans  notre  système  éducationnel  et  par  les 
services  rendus.  A  Saint-Clément  comme 
ailleurs,  les  "petites  écoles"  ont  été  pen- 
dant longtemps,  avec  l'église,  le  seul  foyer 
d'instruction  ;  elles  sont  restées,  même  après 
le  collège  et  le  couvent,  fidèles  à  leur 
mission  éducatrice.  Plusieurs  familles  qui 
comptent  parmi  leurs  membres  des  prê- 
tres ou  des  hommes  de  profession,  n'ont 
cessé  d'être  le  soutien  de  ces  écoles. 

Nous  savons  qu'en  1842,  il  y  avait  à  Saint- 
Clément  deux  écoles,  probablement  au  Buis- 
son et  sur  la  rivière  Saint-Louis.  En  1845, 
Michel  Dumas  et  Charles  Tessier,  "vou- 
lant faciliter  l'établissement  d'une  école 
élémentaire  dans  l'arrondissement  N°  5," 
donnent  un  terrain  de  45  x  180  pieds,  sur 
la  rivière  Saint-Louis;  et  la  Commission 
scolaire,  par  Alexis  Lebœuf,  accepte  ce  don 
devant  le  notaire  Hainault,  le  15  septembre. 

Le  25  août  1846,  Augustin  Lamoureux, 
pour  l'arrondissement  n°  4  (Saint-Joseph 
et  Sainte- Anne)  donne  un  lot  de  180  x  80 
pieds  pour  une  école;  ce  lot  est  le  n°  16  de  la 
concession  de  la  rivière  Saint-Louis. 

Le  22  janvier  1847,  Bénoni  Bro  (Brault) 
et  Amable  Lemieux,  pour  l'arrondissement 
n°  7,  donnent  un  terrain  d'école  de  5  x  10 
perches;  ce  lot  est  le  n°  11  de  Saint-Georges. 


Le  12  avril  1847,  Michel  Longtin  cède 
aux  commissaires  d'écoles,  pour  l'arrondisse- 
ment n°  2  (Haut  du  Fleuve)  un  emplace- 
ment de  1  X  3/^  d'arpent;  en  retour,  "il  prend 
la  vieille  maison  d'école,"  dit  l'acte  notarié; 
cela  paraît  bien  confirmer  l'opinion  qu'il 
y  eut  de  très  bonne  heure  une  école  près  du 
Buisson.  Le  11  mai,  les  commissaires  d'é- 
coles, Toussaint  Paiement,  tanneur,  Paul 
Roy,  Etienne  Hainault,  et  Louis  Trudelle, 
donnent  un  contrat  de  construction  d'é- 
cole pour  37  livres  courant,  à  Amable 
Berhnguette;  cette  école  est  de  24  x  36  x  9 
pieds.  Nous  savons  par  ailleurs  qu'en 
1864,  la  Commission  fit  construire  une 
école  en  bois  lambrissée  en  briques,  pour 
l'arrondissement  n°  2;  la  même  année,  une 
école  de  20  x  25  était  construite  dans  l'ar- 
rondissement n°  3  (Sainte-Marie). 

En  1853,  Alexis  Petit  donne  aux  com- 
missaires un  terrain  d'école, — nous  igno- 
rons pour  quel  arrondissement. 

En  1919,  les  écoles  sont  sur  les  terres 
suivantes:  L'école  n°  1,  chez  M.  J.-Bte 
Boyer;  n°  2,  chez  M.  Albini  Leduc;  n°  3, 
chez  M.  Aimé  Trudel;  n°  4,  chez  M.  Louis 
Maheu;  n°  5,  chez  M.  Ab.  Dagenais;  n°  6, 
chez  M.  Arthur  Primeau;  n°  7,  chez  M. 
Adélard  Goyette;  n°  8,  chez  M.  Hermé- 
négilde   Godin. 


Nous  n'avons  pas  les  noms  de  tous  les 
instituteurs  et  de  toutes  les  institutrices 
qui  ont  enseigné  à  Beauharnois;  en  voici 
quelques-uns  trouvés  dans  lefe  recensements 
nominaux   du   Canada. 

En  1851,  François-Xavier  Montmarquette 
est  instituteur;  Alésire  Fortin,  '"  Honorine 


(1)  Aldsire  Fortin  devint  plus  tard  Madame  J.-Bte  Maré- 
chal et  est  décsédée  en  1006,  a  Beauharnois. 


106 


Histoire  religieuse  de  Beauharnois 


Montmarquette,  Rosalie  Pouliot,  Odylle 
Ducharme  et  Philomène  Nicholson  sont 
institutrices.  Vers  le  même  temps,  des  de- 
moiselles Saint-Pierre  enseignaient  dans 
une  école  du  village,  située  à  l'endroit  de 
la  propriété  de  M.  F.-X.  Leduc,  rue  Saint- 
Laurent;"'  une  demoiselle  Elmire  Roy  ensei- 
gnait à  Saint-Georges. 

En  1861,  le  recensement  fédéral  nomme 
comme  instituteurs  et  institutrices:  Joa- 
chim  Couillard,  Hedwidge  Labelle,  Octavie 
Couillard,  Délima  Couillard,  Florida  Couil- 
lard, Elise  Prégent,  Marguerite  Labelle, 
Elise  Vallée. 

En  1871"*  les  institutrices  de  Saint-Clé- 
ment étaient  Virginie  Marleau,  Edwidge 
Labelle,  Célarine  Thibault,  Philomène  Ban- 
ville, Denise  Lanctôt,  Marguerite  Allard.'^* 

En  1881,  Annie  Fortune,  Apolline 
Dupuis,  Rosanne  Daigneau,  Vitaline  Ma- 
lette,  Octavie  Gendron,  Marie  et  Délia 
Lebœuf,  Malvina  Leford,  Martine  Tou- 
chette;  en  1891,  Marguerite  Labelle,  Rose- 
Anna  Boyer,  Eliza  Leduc,  Eudonie  Prégent, 
Justine  C'hâle;  en  1901,  Eliza  Leduc,  Aldéa 
Charlebois,  Albertine  Labelle,  Laura  Loi- 
selle,  Marie  Caron,  Maggie  Lebœuf,  Marie 
Leduc,  Blanche  Garand;  en  1911,  Anna 
Dagenais,  Piauline  Mailloux,  Régina  Viau, 
Lucienne  Mailloux,  Cora  Charette,  Florida 
Haineau,  Marie-Anne  Dickner. 

En  1919,  année  du  centenaire,  les  institu- 
trices de  Saint-Clément  sont:  Mesdemoi- 
selles Yvonne  Viau  à  l'école  du  Haut  du 
fleuve,  Bertha  Péladeau  au  rang  Sainte- 
Marie,  Joséphine  Lefebvre  au  rang  Sainte- 


Anne,  Blanche- Yvonne  Dubuc,  à  la  rivière 
Saint-Louis,  Florida  Brazeau  au  rang  Saint- 
Georges,  Régina  Viau  au  rang  de  la  Beauce, 
Anita  Lebœuf  au  Bas  du  fleuve,  Bella  Le- 
bœuf et  Eva  Poissant  à  Melocheville. 

Toutes  ces  institutrices  et  les  autres  dont 
nous  regrettons  de  ne  pas  connaître  le  nom 
ont  bien  mérité  de  notre  population.  Dans 
une  sphère  restreinte  peut-être,  mais  non 
sans  importance,  elles  ont  contribué  à 
répandre  l'instruction:  c'est  à  leur  dévoue- 
ment que  nombre  de  paroissiens  doivent 
de  s'être  illustrés  dans  l'agriculture,  le 
commerce,  les  professions  libérales  et  le 
clergé!  Que  leur  souvenir  se  conserve 
donc  à  jamais! 

Le  Collège 

L'histoire  de  notre  collège — ou  acadé- 
mie—  paroissial  comprend  soixante-dix  ans 
— 1849-1919 — partagés  en  trois  périodes: 
de  1849  à  1881,  le  collège  est  sous  la  direc- 
tion des  Frères  des  Ecoles  Chrétiennes; 
de  1885  à  1919,  sous  la  direction  des  Clercs 
de  Saint- Viateur  ;  de  1881  à  1885  Beau- 
harnois n'eut  que  des  maîtres  laïques. 


En  1847,  les  commissaires  d'écoles  de 
Saint-Clément  commencèrent  à  exprimer 
le  désir  d'avoir  une  école  modèle,  et  à  cette 
fin  d'acheter  la  vieille  église;  des  pour- 
parlers s'échangèrent  avec  les  marguil- 
liers;  le  17  septembre,  à  une  assemblée  de 
fabrique,  le  curé  et  les  marguilliers  furent 


(1)  Madame  Julien  Leduc,  veuve  de  M.  Julien  Leduc,  ex- 
maire  de  Beauharnois,  se  rappelle  très  bien  être  allée  à  cette 
école. 

(2)  N'ayant  pu  refaire  la  liste  complète  des  institutrices  de 
Saint-Clément,  nous  donnons  la  liste  qu'il  a  été  possible  de 
dresser  d'après  les  recensements  décennaux;  par  une  faveur 


spéciale,  le  Bureau  Fédéral  des  Statistiques  a  bien  voulu  se 
charger  de  faire  faire  ce  relevé  d'après  l'original  même  du 
recensement  qui  n'est  pas  encore  accessible  au  public. 

(3)  Nous  donnons  les  noms  tels  qu'inscrits  au  recensement; 
ailleurs  nous  avons  lu  Edwidge  Laberge  et  Philomène  Bonne- 
vUk  au  lieu  de  Labelle  et  Banville. 


Compléments  de  la  Paroisse:  les  Écoles 


107 


autorisés  "à  vendre  aux  commissaires  d'é- 
coles l'ancienne  chapelle  avec  la  vieille 
sacristie  y  attenant  et  le  terrain,  avec  le 
terrain  à  l'est  et  au  nord  de  la  chapelle  jus- 
qu'à la  distance  d'environ  20  pieds  au  sud 
d'icelle;  le  tout  formant  un  terrain  d'en- 
viron 150  X  140  pieds  borné  en  front,  à 
l'ouest,  par  le  chemin  de  la  concession  de 
la    rivière    Saint-Louis,    en    profondeur    à 


seul  paiement  le  prix  total  de  la  vente"."' 
Le  6  novembre  de  la  même  année,  devant 
Louis  Hainault,  N.P.,  était  passé  "un  acte 
de  vente  de  l'ancienne  chapelle  pour  être 
un  collège,"  d'après  les  conditions  stipu- 
lées à  l'assemblée  de  fabrique  du  17  sep- 
tembre. Deux  ans  passèrent  en  répara- 
tions de  l'édifice  et  en  négociations  avec  les 
communautés  religieuses  enseignantes;  le  9 


ACADÉMIE  SAINT-CLÉMENT 

Groupe  d'anciens  directeurs:  (1)  Cher  Frère  Adalbertus. — (2)  Cher  Frère  Hiéronymus. — (3)  Cher  Frère  Hiérom. 


l'est  et  du  côté  nord  par  le  Domaine  Saint- 
Louis,  et.  du  côté  sud  par  le  résidu  du  ter- 
rain de  la  fabrique,  pour  200  livres  à  payer 
à  première  demande."  La  fabrique,  ce- 
pendant, gardait  un  droit  de  réméré  dont  elle 
se  réservait  l'exercice  "en  aucun  temps  après 
l'expiration  de  15  ans  en  restituant  en  un 


(1)  Cette  délibération  de  fabriqua  est  signée  par  Antoine 
Boyer,  Louis  Hainault  et  L.-D.  ChArland,  curé. 


septembre  1849,  la  fabrique  décidait  de 
payer  aux  commissaires  d'écoles  100  livres 
en  plus  de  ce  qu'elle  avait  accepté  de  payer 
pour  son  droit  de  réméré  "en  considération 
des  améliorations  faites  sur  les  proprié- 
tés." 

En  juillet  1849,  les  Frères  des  Écoles 
Chrétiennes,  étabUs  à  Montréal  depuis  oc- 
tobre 1837,  prenaient  charge  de  la  nouvelle 


108 


Histoire  religieuse  de  Beauharnois 


école;    ils    devaient    la    garder    jusqu'en 
août  1881/" 

Les  religieux  étaient  au  nombre  de  trois, 
sous  la  direction  du  Frère  Adalbertus;*^' 
ce  Frère  fut  directeur  de  1849  à  1856;  de 
1856  à  1857  le  directeur  fut  le  Frère  Ste- 
phen;  de  1857  à  1858,  le  Frère  Hoséa;''' 
de  1858  à  1861,  le  Frère  Catulius;  de  1861 
à  1868,  le  Frère  Amulwin;  de  1868  à  1877,  le 
Frère  Hiéronymus  ; 
de  1877  à  1881,  le 
Frère  Hiérôm.  Quel- 
ques noms  de  Frères 
qui  ont  enseigné  à 
Beauharnois  sont 
connus:  Frère  Géla- 
sien,  Salutian,  Fran- 
çois de  Sales,  Al- 
bran,  Martin,  John, 
Nethelm/'' 

Le  nouveau  col- 
lège*'^* fit  beaucoup 
pour  le  progrès  de 
l'éducation  à  Beau- 
harnois; dès  1861, 
c'est  -  à  -  dire,  une 
douzaine  d'années 
après  sa  fondation, 
les  Commissaires  du 
Recensement  '**'  dé- 
cennal disaient  dans 
leur  rapport  :  '  '  Dans 
son  origine,  le  col- 
lège ne  comptait  que 


30  à  40  élèves,  tous  externes,  et  trois  Frères; 
aujourd'hui,  il  y  a  275  élèves  dont  120  pen- 
sionnaires et  demi-pensionnaires  et  sept 
Frères.  L'enseignement  y  est  donné  en 
français  et  en  anglais,  et  comprend  toutes 
les  branches  d'instruction  nécessaires  à  une 
bonne  éducation  commerciale  et  indus- 
trielle :  lecture,  écriture,  grammaire,  arithmé- 
tique, géographie,  tenue  des  livres  à  simple 

et  double  entrée,  géo- 
métrie, dessin  li- 
néaire, composition, 
déclamation, histoire, 
éléments  d'algèbre  et 
de  mensuration,  cos- 
mographie, etc." 

Le  séjour  des  Frè- 
res des  Ecoles  Chré- 
tiennes à  Beauhar- 
nois fut  plus  d'une 
fois  troublé  par  des 
difficultés.  En  1853, 
l'inspecteur  Lanctôt 
fit  un  rapport  défa- 
vorable sur  l'Aca- 
démie de  Beauhar- 
nois; il  se  plaignait 
surtout  de  ce  que 
l'anglais  ne  fût  pas 
suffisamment  ensei- 
gné, à  son  gré;  Mon- 
seigneur Charles  La- 
rocque,  auxiliaire  de 
Montréal,  vint  faire 


LE  CHER  FRÈRE  NETHELM 


(1)  Nous  regrettons  de  n'avoir  pu  guère  trouver  de  ren- 
seignements sur  le  séjour  des  Frères  des  Écoles  Chrétiennes 
à  Beauharnois;  "nous  ne  possédons  plus  l'historique  de  cette 
maison",  nous  ont  dit  les  Supérieurs  de  l'Institut. 

(2)  Le  Frère  Adalbertus  est  l'un  des  quatre  premiers  Frères 
venus  de  France  au  Canada  en  1837;  il  est  mort  en  grande 
réputation  de  sainteté  à  Maisonneuve,  en  1891,  après  ^2  ans 
de  séjour  au  Canada.  Le  curé  Lussier  disait  de  ce  religieux: 
"Je  tenais  le  Cher  Frère  Adalbertus  pour  un  saint  homme, 
et  je  voudrais,  après  ma  mort,  avoir  dans  le  ciel  une  place 
comme  la  sienne." 

(3)  En  1919,  le  Frère  Hoséa  est  à  une  école  des  Frères,  en 
Californie. 

.   (4)  Le  Frère  Nethelm,  qui  a  enseigné  à  Beauharnois  en 
1870-1871,  est  célèbre  dans  le  monde  religieux,  par  la  gué- 


rison  miraculeuse  opérée  en  sa  faveur  par  saint  Jean  Baptiste 
de  la  Salle,  le  4  mai  1889.  Ce  miracle  est  l'un  des  deux  qui 
ont  fait  canoniser  saint  Jean  Baptiste  de  la  Salle  et  la  photo- 
graphie reproduite  ici  le  rappelle.  Depuis  plusieurs  mois,  le 
Frère  Nethelm  devait  se  servir  de  béquilles,  ses  jambes  couver- 
tes de  plaies  étaient  d'une  insensibilité  complète.  Le  4  mai 
1889,  fête  du  Fondateur  de  l'Institut,  le  Frère  fut  guéri 
instantanément  à  la  communion,  après  une  neuvaine  au 
saint  Fondateur. 

(5)  Le  collège,  alors,  n'avait  que  les  deux  étages  de  l'an- 
cienne chapelle.  Les  Frères  achetèrent  une  terre  qu'ils  re- 
vendirent en  août  1881,  à  leur  départ. 

(6)  Ces  Commissaires  étaient  V.-A.-T.  de  Martigny,  D.-A. 
Saint-Amour  et  J.-Bte  Charlebois. 


Compléments  de  la  Pakoisse:  les  Écoles 


109 


une  enquête  à  Beauharnois  et  fit  un  rapport 
favorable  aux  Frères.  Plusieurs  fois  aussi 
il  y  eut  difficulté  au  sujet  des  salaires,  mais 
cela  encore  se  régla  à  l'amiable,  grâce  à 
l'intervention  de  l'évêque  de  Montréal. 
En  1881,  de  nouvelles  difficultés  surgirent 
qui  amenèrent  le  départ  des  Frères.  Les 
commissaires  d'écoles  avaient  cru  devoir 
demander  aux  Supérieurs  de  l'Institut,  un 
changement  dans  le  personnel  enseignant  du 
collège;  sur  le  refus  des  Supérieurs  les  com- 
missaires décidèrent  de  ne  pas  accorder 
des  réparations  considérables*"  deman- 
dées pour  le  collège  par  les  Frères,  et  alors 
les  Frères  se  retirèrent.  Ils  étaient  à  Beau- 
harnois depuis  1849.'^' 


Au  départ  des  Frères  des  Ecoles  Chré- 
tiennes, les  commissaires  essayèrent,  à 
plusieurs  reprises,  d'avoir  d'autres  insti- 
tuteurs religieux;  il  fut  même  question 
d'établir  à  Beauharnois  une  succursale  du 
séminaire  de  Sainte-Thérèse;  mais  toutes 
ces  tentatives  échouèrent,  et  de  1881  à  1885, 
Beauharnois  n'eut  que  des  instituteurs  laï- 
ques; de  ceux-là  quelques-uns  sont  connus: 
Joseph  Arpin,  Adrien  Saint-Onge,  Camille 
Thumas,  Victor  Leblanc,  Irénée  Auclair, 
David  Vézina.  Les  classes  eurent  heu  au 
collège  et  aussi  à  la  Salle  du  Marché. 


En  1885,  arrivèrent  à  Beauharnois  de 
nouveaux  instituteurs  religieux,  les  Révé- 


(1)  Ces  réparations  projetées  comprenaient  une  "addition 
de  30  pieds  sur  toute  la  largeur  du  collège,  ainsi  que  toutes 
les  réparations  nécessaires  à  l'intérieur,  pourvu  que  la  Fa- 
brique et  les  Commissaires  de  la  paroisse  cèdent  et  aban- 
donnent sans  frais  et  sans  espoir  de  rémunération  tous  leurs 
droits  et  prétentions  sur  le  terrain  et  les  bâtisses  mainte- 
nant occupées  par  l'école."  {Registres  de  la  Commiasùm  sco- 
laire de  la  Ville.)  En  fait,  le  terrain  fut  cédé  aux  Commissaires 
delaVille,  le7août  1881. 

(2)  Un  très  grand  nombre  d'anciens  de  Beauharnois  se 
rappellent  être  allés  au  collège  sous  les  Frères  des  Écoles 
Chrétiennes;  plusieurs  anciens  élèves  de  cette  époque  ont 


rends  Frères  J.-C.  Raymond,  J.-E.  Bélair, 
J.-A.  Descôtes,  J.  Richard,  de  l'Institut  des 
Clercs  de  Saint- Viateur;  la  proposition  de 
leur  confier  l'enseignement,  au  collège, 
fut  faite  à  la  Commission  par  Messieurs  Phi- 
lémon  Laberge  (Shérif)  et  L.-R.  Baker.  Il 
fut  proposé,  réglé  et  mutuellement  accepté 
par  M.  Jasmin,  curé,  et  les  commissaires 
d'écoles  d'une  part,  et  les  Clercs  de  Saint- 
Viateur  d'autre  part,  que  ces  derniers 
prendraient  charge,  le  1er  septembre  1885, 
de  l'Académie;  ils  s'engageaient  à  donner 
un  cours  bilingue  commercial  complet,  avec 
la  faculté  d'ouvrir  un  pensionnat;  de  leur 
côté,  les  commissaires  d'école  s'engageaient 
à  faire  à  la  maison  les  modifications  et 
réparations  nécessaires. 

Ces  conditions  ont  été  de  part  et  d'autre 
remplies.  Dès  le  15  juin  1885,  la  Commis- 
sion scolaire  de  la  ville  commençait  les 
réparations  promises;  Messieurs  L.-A.  Seers 
et  Ph.  Laberge  étaient,  le  13  juillet,  autorisés 
à  signer  avec  P.-N.  Trottier,  un  contrat 
pour  "démoUr  l'intérieur  et  la  couverture 
de  l'Académie,  et  pour  faire  les  répara- 
tions, améhorations  et  reconstructions." 
Un  étage  en  pierre  avec  comble  français 
fut  ajouté,  et  le  collège'^'  prit  l'aspect 
qu'il  a  gardé  jusqu'à  nos  jourfe.**'  Les 
dépenses  de  ces  travaux  furent  payées 
par  un  emprunt  de  $5,000.00,  rembour- 
sables en  10  ans,  de  la  succession  Rodier. 

A  leur  arrivée,  les  Frères  logèrent  dans 
une  maison  de  M.  L.-A.  Seers  en  attendant 


occupé  ou  occupent  un  ranç  élevé  dans  le  monde  laïque  et 
ecclésiastique,  tels,  pour  ne  citer  que  quelques  noms: 

Sir  Joseph  Dubuc,  plus  tard  juge-en-chef  du  Manitoba; 
l'Honorable  Juge  L.-A.  Prud'homme,  actuellement  juge  à 
Saint-Boniface;  Son  Honneur  le  juge  H.-A.  Goyette,  de  HuU; 
M^  A.-A.  Cherrier,  P.A.V.G.,  de  Winnipeg;  M.  W.  Reed, 
MJ'.P.  Tous  ont  gardé  de  leurs  maîtres  un  souvenir  qu'ils 
aiment  à  rappeler. 

(3)  Le  travail  de  maçonnerie  fut  fait  par  M.  N.  Goyette. 

(4)  En  1888,  la  Conunission  emprunta  de  la  Succession 
Bruyère  $8,000  à  5  pour  cent  pour  travaux  spéciaux:  dépen- 
dances, buanderies,  cuisine,  remise  à  bois,  étable,  et   pour  le 


110 


Histoire  religieuse  de  Beauharnois 


la  fin  des  travaux  à  l'Académie.  Le  2  sep- 
tembre 1885,  les  classes  sont  ouvertes 
dans  la  salle  de  l'hôtel-de-ville  et  dans  un 
autre  local  de  la  ville;  le  28  septembre, 
les  Frères  gardent  les  élèves  à  l'étude  dans 
la  salle  des  habitants;  le  1er  octobre  arrive 
le  premier  pensionnaire,  Joseph  Maheu; 
le  18  octobre,  première  réception  de  treize 
élèves  dans  la  Garde  d'Honneur  du  Sacré- 
Cœur  de  Jésus;  le  11  novembre,  une  statue 
du  Sacré-Cœur  est  installée  dans  une  niche 
devant  l'Académie.  Le  11  janvier  1886, 
les  reUgieux  quittent  la  maison  de  M.  Seers 
et  logent  à  l'Académie  dont  on  achève  les 
travaux  de  restauration;  le  11  février  vient 
un  cinquième  religieux,  le  Frère  Edmond 
Brodeur. 

Dès  lors,  commence  pour  de  bon  l'œu- 
vre éducatrice  des  Clercs  de  Saint- Viateur 
à  Beauharnois;  ce  qu'ils  ont  dépensé  de 
dévouement,  de  zèle,  de  science  au  service 
de  nos  concitoyens,  ceux-là  surtout  le 
savent  qui,  depuis  35  ans,  ont  profité 
de  leur  direction  et  de  leur  enseignement. 
Depuis  que  l'Institut  des  Clercs  de  Saint- 
Viateur  a  accepté  la  direction  du  collège 
il  y  a  envoyé  une  centaine  de  professeurs'" 
sous  la  direction  des  religieux  dont  voici 
les   noms:  de    1885   à    1888,    Frère   J.-C. 


remboursement  de  l'emprunt  Rodier.  En  1915,  de  nouvelles 
réparations  furent  faites:  mur  de  soutènement  pour  assurer  la 
solidité  de  l'édifice,  fenêtres  nouvelles,  etc.  En  1916,  fut  ins- 
tallé un  nouveau  système  de  chauffage.  Les  dépenses  occa- 
sionnées par  ces  travaux  d'agrandissement  et  de  restauration 
ont  été  payées,  comme  nous  l'avons  dit,  au  moyen  d'emprunts; 
la  dette  de  $8,000  ainsi  encourue  a  été  consolidée  par  des 
débentures  émises  en  1899.  En  1909,  une  taxe  spéciale  de 
$0.07Ji  par  $100.00  d'évaluation  a  été  déterminée  pour 
payer  la  dette  contractée  pour  les  réparations  du  collège. 

(1)  Voici  les  noms  des  Frères  de  Saint-Viateur  qui  ont 
enseigné  à  Beauharnois:  J.-E.  Bélair,  J.-A.  Descôtes,  J. 
Richard,  E.  Brodeur,  A.  Bacon,  O.  Lussier,  V.  Guèvremont, 
T.  Femet,  Z.  Lefebvre,  G.  Beauchemin,  H.  Langlais,  A.  Viau, 
Z.  Coutu,  Ad.  Roy,  V.  Nadeau,  A.  Saint-Jacques,  H.  Latour, 
Z.  Chenette,  Jos.  Goyet,  A.  Desrochers,  E.  Geoffroy,  R.  Rous- 
seau, J.-B.  Lussier,  L.  Perreault,  T.  LeBrun,  A.  Lussier, 
W.  Gascon,  A.  Beauregard,  R.  Coulombe,  O.  Bernier,  Z. 
Piette,  B.  Gareau,  R.  Beauregard,  A.  Poupart,  R.  Morin, 


Raymond;  de  1888  à  1891,  Frère  A.-D. 
Richard  ;<''  de  1891  à  1905,  Frère  L.- 
B.  Dufort;  de  1905  à  1911,  Frère  W. 
Denis;  de  1911  à  1913,  Frère  O.  Lussier; 
de  1913  à  1915,  Frère  J.-A.  Larose,  de  1915 
à  1918,  Frère  A.  Poupart;  de  1918  à  1920, 
Fr.  P.  Croisetière;  en  1920,  Fr.  N.  Richard. 

De  1885  à  1911,  à  la  fin  de  chaque  année 
scolaire,  quelques  élèves,  après  avoir  subi 
avec  succès  des  examens  spéciaux,  rece- 
vaient le  Diplôme  d'études  commerciales 
complètes;  en  1911,  le  nombre  des  ex-  i 
ternes  augmentant  sans  cesse,  la  maison 
devint  trop  petite  pour  recevoir  des  pen- 
sionnaires, la  communauté  ferma  le  pen- 
sionnat, et  l'Académie  commerciale  de- 
vint Ecole  Modèle;  en  1916,  de  nouveaux 
arrangements  furent  faits  entre  la  Com- 
mission scolaire  et  les  Clercs  de  Saint- 
Viateur,  et  un  cours  académique  conforme 
au  programme  de  l'Instruction  publique  de 
la  Province  de  Québec  fut  étabh. 

A  plusieurs  reprises,  des  projets  furent 
étudiés  pour  l'agrandissement  de  la  cour^'^ 
des  élèves  du  collège;  l'on  suggéra  de 
prendre,  à  cette  fin,  le  terrain  occupé 
par  les  remises  de  la  fabrique  et  la  maison 
du  bedeau,  ou  bien  l'ancien  cimetière, 
ou  encore  un  terrain  acheté  à  l'hospice; 


N.  Lussier,  H.  Coulombe,  L.  Laferrière,  A.  Ethier,  T.  Tardif, 
A.  Généreux,  H.  Roy,  A.  Houle,  O.  Jalbert,  Z.  Pelletier,  A. 
Paré,  T.  Royer,  J.  Ladouceur,  J.  Favreau,  P.  Martel,  Z. 
Foumier,  J.  Fafard,  H.  Gauthier,  G.  Bourget,  N.  La  voie, 
J.-E.  Bessette,  J.-A.  Roy,  J.  Marr,  U.  Faucher,  J.-A.  Larose. 
A.  Beaudoin,  J.-M.  de  la  Salle,  J.-B.  Laporte,  P.  Roy,  J. 
Girard,  H.  Poirier,  J.  Dionne,  L.-M.-J.  Viger,  D.  Charette, 
Ad.  Delisle,  J.  Ethier,  J.  Lorrain,  P.  Daigneault,  U.  Vincent, 
O.  Primeau,  T.  Pineault,  N.  Desjardins,  O.  Degrandpré,  W. 
Coderre,  H.  Delisle,  N.  Richard,  G.  Pineault,  J.-B.  Lauzon, 
F.  Deschênes,  O.  Gagné,  A.  Blain,  L.  Ducharme,  J.  Gravel, 
J.  Robillard,  A.  Jacques,  V.  Breton,  A.  Beauregard,  L. 
Gravel,  A.  Aubin,  G.  Raquette,  J.  Coulombe,  A.  Laurendeau, 
A.  Paquet,  H.  Robert,  F.-X.  Biron,  P.-A.  LeBel,  H.  Dutil, 
A.  Laneur,  O.  Grondin,  C.  Roy. 

(2)  Maintenant  le  R.  P.  Richard,  curé  de  Saint-Viateur, 
d'Outremont,  ex-supérieur  du  Collège  de  Rigaud. 

(3)  Le  jeu  de  balles  de  la  cour  des  élèves  date  de  1891  ;  il 
a  été  renouvelé  en  1911. 


Compléments  de  la  Paroisse:  les  Écoles 


111 


L'ACADÉMIE  SAINT-CLÉMENT  ET  SES  DIRECTEURS,  C.  S.  V. 

(1)  L'Académie.— (4)  Fr.  J.-C.  Raymond  1188.5-1888)— (5)  Fr.  A.-D.  Richard  [1888-1891]— (8)  Fr.  L.-B.  Dufort  [1891-1905) 
(9)  Fr.  W.  Denis  [1905-1911].— (3)  Fr.  G.  Lussier  [1911-1913].- (6)  Fr.  J.-A.  Larose  [1913-1915]— (2)  Fr.  A.  Poupart, 
[1915-1918].— (7)  Fr.  P.  Croisetière  (1918-1920). 


Compléments  de  la  Paroisse:  les  Ecoles 


113 


jusqu'ici,    aucun   de   ces   projets   n'a   été 
réalisé. 

En  1919,  l'Académie  Saint-Clément  donne 
l'instruction  à  environ  225  enfants,  an- 
nuellement. 


* 


Quelques  incidents  de  vie  collégiale  mé- 
ritent d'être  rappelés,  si  brièvement  que 
que  ce  soit. 

Le  20  novembre  1892,  Mgr  Emard 
bénissait,  pour  le  collège,  une  cloche,  don 
des  Clercs  de  Saint- Viateur  et  des  parois- 
siens. La  cloche  recevait  les  noms  de 
Médard-Eucher-Ludger,  en  l'honneur  de 
Mgr  Emard,  du  curé  Lussier,  et  du  direc- 
teur Frère  Dufort.  Les  parrains  furent 
MM.  Julien  Leduc,  L.  Bélanger,  Cyrille 
Guimond,  Cyp.  Fortin,  J.  Delisle,  L.-C. 
Tassé,  H.  Normandeau,  H.  Bisson,  P. 
Legault,  Fred.  Leduc,  Eug.  Desmarais  ptre, 
Oct.  Laurin,  J.-G.-H.  Bergeron,  M. P.,  E. 
Montpetit,  C.  Roy,  J.-B.  Primeau,  F.-A. 
Lavallée,  ptre,  C.-E.  Durocher,  C.S.V., 
J.  Lussier,  C.S.V.,  L.  Dufort,  C.S.V.,  N.- 
A.  LaFerrière,  C.S.V.,  A.  Martel,  C.S.V. 

En  1911  était  établie  au  collège  une 
Caisse  scolaire;  elle  a  grandement  con- 
tribué à  inculquer  aux  enfants  le  sens  de 
l'épargne. 

La  même  année,  la  Commission  scolaire 
achetait  les  Tableaux  antialcooliques  des 
Clercs  de  Saint-Viateur  et  les  exposait 
sur  les  murs  des  classes  du  collège;  ces 
cartes  murales  sont  une  continuelle  prédi- 
cation de  tempérance  des  plus  bienfai- 
sante. 


En  1918,  le  3  décembre,  un  cercle  d'études 
était  fondé  au  collège;  il  recevait  le  nom  du 
curé, — cercle  Nepveu — et  la  devise  Je  veux; 
il  devait  "grouper  les  élèves  d'élite  de  l'A- 
cadémie pour  parfaire  leur  formation  in- 
tellectuelle, morale,  sociale  et  religieuse 
et,  ainsi,  les  préparer  eflScacement  à  servir 
la  Patrie  et  l'Eglise."  A  poursuivre  ce  but 
les  membres*"  trouvent  des  avantages: 
"  créer  entre  eux  des  liens  de  fraternelle 
amitié;  s'instruire  en  s'amusant,  par  des 
travaux  spéciaux:  lectures,  rédactions,  dis- 
cussions, etc.;  s'exercer  à  l'art  de  la  parole 
en  pubUc;  développer  le  goût  de  la  saine 
littérature;  s'habituer  à  parler  un  langage 
soigné;  se  former  à  une  aimable  politesse 
chrétienne;  attiser  leur  amour  de  la  patrie 
par  l'étude  de  l'histoire  nationale;  s'initier 
aux  œuvres  d'apostolat  social;  vivre  cou- 
rageusement leur  foi;  se  préparer  à  faire 
partie  du  Cercle  Beauharnois,  affilié  à  l'A. 
C.  J.  C."  C'est  donc,  en  réalité,  une  Avant- 
garde  de  l'A.  C.  J.  C.  que  le  cercle  Nepveu; 
puisse-t-elle,  dans  la  fidélité  à  son  généreux 
idéal,  préparer  à  la  Patrie  et  à  l'Eglise  les 
serviteurs  qu'elles  attendent. 

En  1919,  un  groupe  d'élèves  du  collège 
faisaient  le  pèlerinage  Dollar d,  à  Carillon; 
ce  fut,  croyons-nous,  le  premier  de  la  série 
de  ces  pèlerinages  patriotiques  que  V Action 
Française  de  Montréal  a  entrepris  d'orga- 
niser. Le  Devoir  croyait  le  geste  assez  im- 
portant pour  le  signaler. 

Pendant  les  travaux  de  restauration  de 
l'église  paroissiale,  en  1918-1919,  la  salle 
de  récréation  des  élèves  du  collège  a  servi 
de  chapelle  temporaire  pour  les  offices  re- 
ligieux sur  semaine. 


(1)  Les  membres-fondateurs  du  cercle  Nepveu  furent  les 
élèves  Paul  Charest,  Eucher  Lefebvre,  Robert  Daigneault, 
Lucien  Primeau,  Antonio  Ëmard,  René  Gervais,  Walter 
Renaud,  Edmour  Thibert,  Orphir  Gervais,  Joseph-Médard 
Leduc^  Claver  Montpetit,  Ernest  Parent;  les  élèves  peuvent 
devenir  membres  aux  conditions  suivantes:  Les  élèves  du 


cours  académique  sont  admis  sur  simple  demande;  les  élèves 
du  cours  intermédiaire  doivent  avoir  une  moyenne  de  60 
pour  cent  aux  listes  de  classe;  les  élèves  de  4e  année  doivent 
avoir  une  moyenne  de  70  pour  cent;  outre  ces  conditions, 
tous  les  aspirants  doivent  mériter  la  note  bien  pour  la  con- 
duite et  très  bien  pour  le  travail. 


114 


Histoire  religieuse  de  Beauharnois 


Le  Couvent 

Tout  près  du  collège,  porte  voisine,  existe  à 
Beauharnois  le  Couvent  des  Révérendes 
Sœurs  des  Saints  Noms  de  Jésus  et  de 
Marie;  l'établissement  date  de  1853. 

En  1850,  le  8  juillet,  la  fabrique  autorisa 
le  marguillier  en  charge,  David  Viau,  à 
"céder,  transporter  et  abandonner  aux 
Commissaires  d'écoles,  un  terrain  de  130 
X  192  pieds,  à  prendre  sur  le  terrain  de  la 
fabrique  joignant,  au  sud,  la  clôture  du 
cimetière,  au  nord,  le  résidu  du  terrain  à 
l'usage  du  curé,  à  l'est  la  continuation  de  la 
clôture  du  cimetière  le  long  de  l'église,  et  à 
l'ouest,  le  Domaine  Saint-Louis;  gratuite- 
mept,  sans  aucune  charge  que  celle  d'y 
ériger,  d'hui  à  trois  ans,  une  maison  et  dé- 
pendances, pour  servir  de  logement  à  des 
religieuses  qui  se  chargeront  de  l'éducation 
des  filles  de  la  paroisse,  sous  l'autorité  des 
dits  Commissaires  d'écoles  et  leurs  succes- 
seurs à  perpétuité." 

Les  Commissaires  s'entendirent  avec  les 
religieuses  des  Saints  Noms  de  Jésus  et  de 
Marie,  récemment  fondées  à  Longueuil,  et  un 
couvent  en  pierre,  à  deux  étages,  fut  cons- 
truit; en  1853,  la  fabrique  donna  à  la 
Communauté  des  SS.NN.,  pour  fins  d'édu- 
cation, "pour  par  elles  en  jouir  et  en  user 
en  propriété  tant  qu'elles  y  enseigneront, 
le  terrain  de  1981/2  x  184'/2  x  180  pieds- 
sur  lequel  est  un  bâtiment  en  pierres,  à 
deux  étages — ^borné  en  front  par  la  rue 
Hannah,  en  profondeur  par  le  Domaine 
Saint- Louis,  du  côté  nord-est  par  la  moitié 
N.  E.  du  n°  115  du  village,  et  du  côté  N.O. 


partie  par  du  terrain  non  concédé,  et  partie 
par  du  terrain  de  la  fabrique;"  les  reU- 
gieuses  étaient  chargées  de  l'entretien. 

Le  15  juillet  1853,  Mgr  Ignace  Bourget, 
évêque  de  Montréal,  bénit  le  nouveau  cou- 
vent. Dès  le  5  septembre  de  la  même  an- 
née, 52  élèves  s'inscrivaient  aux  registres 
du  pensionnat,  18  comme  quart-pension- 
naires et  60  comme  externes"'  En  1862, 
les  élèves  étant  devenues  plus  nombreuses, 
on  reconnut  la  nécessité  d'une  chapelle; 
Monsieur  le  curé  L.-C.  Charland  en  assuma 
les  dépenses  et  la  chapelle  fut  construite. 
Quelques  années  plus  tard,  sous  le  supé- 
riorat  de  Sœur  Marie-du-Saint-Esprit,  et 
grâce  encore  aux  largesses  du  curé  Char- 
land, le  couvent  fut  exhaussé  d'un  étage; 
enfin,  quelque  temps  avant  sa  retraite  du 
ministère.  Monsieur  Charland  fit  cons- 
truire une  aile  qui  acheva  définitivement 
le  couvent;  c'est  là  qu'il  se  retira  en  sep- 
tembre 1881  et  qu'il  mourut  en  octobre  1882. 

Au  recensement  de  1861,  on  lit,  relative- 
ment au  couvent,  la  note  qui  suit:  "Le  cours 
d'étude  se  compose  de  six  ans,  il  comprend 
la  lecture,  l'écriture,  la  grammaire,  la  lo- 
gique, la  géographie  sacrée  et  profane,  l'u- 
sage des  globes,  l'astronomie,  un  cours 
complet  d'histoire,  l'art  épistolaire,  la  rhé- 
torique, la  chronologie,  l'arithmétique,  l'hor- 
ticulture, la  tenue  des  livres,  la  musique 
vocale  et  instrumentale,  le  dessin,  la  pein- 
ture, l'art  de  bien  tenir  une  maison,  le  tricot, 
l'ouvrage  à  l'aiguille  en  tout  genre,  etc., 
etc.".  On  le  voit,  c'était  déjà  l'enseigne- 
ment complet  y  compris  celui  des  arts 
d'agrément    et     aussi     de    l'enseignement 


(1)  Parmi  les  pensionnaires  se  trouvaient  Melles  Philomène 
Martin,  nièce  de  la  Supérieure,  décédée  au  couvent  peu  de 
temps  après  son  entrée;  Lydie  Leduc,  fille  d'André  Leduc, 
devenue  Madame  Pierre  Montpetit;  Archange  Daignault 
(Sr  Marie-Clément);  Adèle  Daoust  (Sr  Marie-Charles); 
Emélie  Boyer  (Sr  Pierre  d'Alcantara)  ;  Léocadie  Sarault  (Sr 


Marie  Ansehne);  Josephte  Leduc  (Sr  Marie-Nathalie); 
Angèle  Leduc  (Sr  Marie- Ambroise)  ;  Léocadie  Lebœuf  (Sr 
Marie-Félicité);  Oméline  Lambert  (Sr  M. -Alexandre);  Cé- 
lina  Lamoureux,  Jeanne  Bonhomme,  Caroline  Lamontagne, 
Artémise  Martin  et  M.  Saint-Pierre. 


Compléments  de  la  Paroisse:  les  Écoles 


115 


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Compléments  de  la  Pakoisse:  les  Écoles 


117 


LE  COUVENT 

Grourie  de  Directrices:  Sr  M.  Thérèse  de  Jésus  (14),  1853-1856.— Sr  Marie  Cécile  (2),  1856-1859.— Sr  Marie  Stanislas  (10), 
1859-1863.— Sr  M.  Euphrasie  (17),  1863-1868.— Sr  M.  de  Bon  Secours  (9),  1868-1870.— Sr  M.  Eugène  (1),  1870-1871.— Sr  M. 
Elisalx-th  (13),  1873-1875.— Sr  M.  du  Saint  Esprit  (18),  1868-1886.— Sr  M.  de  la  Présentation  (11),  1886-1887— Sr  M.  Scho- 
lastique  (5),  1887-1890.-nSr  M.  Véronique  (7)  1890.— Sr.  M.  Michel  (3),  1890-1895.— Sr  M.  Damase  (6),  1895-1899.— 
Sr  M.  Albcrtine  (15),  1899-1908.— Sr  M.  Arthur  (16),  1908-1909.— Sr  M.  Valentine  (8),  1909-1912.— Sr  M.  Louise  (4), 
1912-1913.— Sr  du  Saint  Nom  de  Jéem  (12),  1915. 


Compléments  de  la  Paroisse:  les  Écoles 


119 


ménager.  Le  couvent  de  Beauharnois  n'a 
cessé  d'être  fidèle  à  ce  programme,  il  a  pré- 
paré à  la  vie  religieuse  une  centaine  de  sujete 
et  au  monde  des  milliers^"  d'excellentes 
chrétiennes  qui  ont  porté  au  loin  les  qua- 
lités éducàtrices  des  Sœurs  des  SS.NN.  de 
Jésus  et  de  Marie. 

Le  couvent  de  Beauharnois  est  un  exter- 
nat et  un  pensionnat;  l'externat  est  sous  la 
juridiction  de  la  Commission  scolaire  de  la 
ville  de  Beauharnois;  le  pensionnat  relève 
directement  des  religieuses.  Au  début  de 
l'institution,  les  deux,  externat  et  pen- 
sionnat, furent  dans  le  même  édifice.  Plus 
tard,  lorsque  les  religieuses  acquirent  le 
manoir  comme  maison  de  repos,  l'externat 
y  fut  transporté;®  en  1866,  les  Com- 
missaires firent  aux  religieuses  un  octroi 
de  $50.00  "pour  convertir  en  externat  pour 
enfants  pauvres  la  petite  maison  ci-devant 
occupée  par  le  jardinier  du  Seigneur."  En 
1886,  l'externat  devint  dépendant  du  ma- 
noir; en  1893,  il  redevint  attaché  au 
couvent. 

Le  couvent  suit  le  programme  d'études 


du  Département  de  l'Instruction  pubUque 
et  prépare  aux  différents  diplômes,  élé- 
mentaire, modèle,  académique  et  à  la  gra- 
duation. 

De  1853  à  1919,  le  couvent  de  Beauhar- 
nois a  eu  dix-neuf  supérieures:  les  Révé- 
rendes Sœurs  Marie-Thérèse  de  Jésus,  (1853- 
1856);  Marie  Cécile,  (1856-1859);  Marie 
Stanislas,  (1859-1863);  Marie  Euphrosie, 
(1863-1868)  ;  Marie  de  Bon  Secours,  (1868- 
1870)  ;  Marie  Eugène,  (1870-1871)  ;  Marie 
Ehzabeth,  (1871-1875);  Marie  du  Saint- 
Esprit,  (1875-1886);  Marie  de  la  Présen- 
tation, (1886-1887);  Marie  Scholastique, 
(1887-1890);  Révérende  Mère  Marie  Véro- 
nique, ex-supérieure  générale,  de  janvier  à 
juin  1890,  supérieure  à  Beauharnois;  Révé- 
rendes Sœurs  Marie-Michel,  (1890-1895); 
Marie  Damase,  (1895-1899);  Marie  Alber- 
tine,  (1899-1908)  ;  Marie  Arthur,  (1908-1909)  ; 
Marie  Valentine,  (1909-1912)  ;  Marie  Louise 
(1912-1913)  ;  Marie  Hildegarde  (1913-1915)  ; 
Sœur  du  Saipt  Nom  de  Jésus,  supérieure 
depuis  1915.  Ces  supérieures  ont  eu  comme 
auxiliaires  quelques  centaines  de  religieuses.'^' 


(1)  De  1853  à  1919,  le  couvent  a  reçu  12,608  élèves  dont 
3,289  pensionnaires,  3,553  quart-pensionnaires,  et  5,766 
externes. 

(2)  L'externat  logea  non  au  manoir  proprement  dit,  mais 
dans  une  petite  maison  relevant  du  manoir,  à  l'endroit  où  la 
rue  vient  finir,  presque  vis-à-vis  de  l'ancienne  maison  en 
pierre  de  M.  Baker. 

(3)  Voici  les  noms  des  religieuses  de  Jésus-Marie  qui  ont 
été  assignées  au  Couvent  de  Beauharnois:  quelques-unes 
sont  venues  à  différentes  reprises:  Sœurs  Marie-Thérèse 
de  Jésus,  Patrick  de  l'Enfanfc-Jésus,  Hyacinthe,  Scho- 
lastique, Fébronie,  Cécile,  François  d'Assise,  de  la  Visi- 
tation, Antoine,  Alphonse,  Eugénie,  Ignace,  de  Bon  Secours, 
Hedwidge,  Stanislas,  Justine,  'Théophile,  Dominique,Euphra- 
sie,  Monique,  Emérentienne,  Eugène,  Henriette,  Félix, 
Edmond,  Narcisse,  Madeleine  de  Pazzi,  Elizabeth,  Joséphine, 
Ludivine,  Jérôme,  Mélanic,  de  Gonzague,  de  la  Purification, 
Philomène,  Angélique,  Simon,  Théodosic,  Paul  Suzuki, 
Eustache,  de  la  Conception,  Daniel,  Marguerite,-Marie, 
Catherine,  Emilienne,  Léonide,  Cléophas,  François  de  Borgia, 
Jean  Chrysostôme,  Flavien,  Paul,  Eulalie,  Philippe  de  Jésus, 
Î5oé,  Pierre  d'Yédo,  Prosper,  Samuel,  Boniface,  Anseline, 
Louise,  Angéline,  Isabelle,  Léon,  Emmanuel,  Honorine, 
Madeleine  de  la  Croix,  Lucie,  Luce,  Henri  de  Jésus,  Gédéon, 
Florentine,  Zete,  Rose  de  Marie,  Rose  du  Sacré-Coeur,  du 
Saint-Esprit,  Gabriel,  Béatrix,  Damase,  Ladislas,  Norbert, 
Benoit,  Anselme,  Dosithée,  Gaétan,  Rosé  du  Crucifix,  Charles 


Borromée,  Sophie,  Justina,  Isaïe,  Martine,  Antoine  de  .Jésus, 
Hélène,  Hermile,  Angèle,  Gérard,  Jude,  Ernest,  de  l'Incarna- 
tion, Imelda,  Célina,  Pacifique,  Victorin,  Zénaïde,  Alphonse 
Rodriguez,  Claire  de  la  Croix,  Léonie,  Emilie,  Maximilien, 
Pierre,  Joseph  Labre,  Alphonse  Liguori,  Suzanne,  Martin, 
Théodule,  Adolphe,  Madeleine,  Magloire,  Adrien,  Valérie 
de  l'Espérance,  Zenon,  Catherine  de  Sienne,  du  Rédempteur, 
Fortunate,  Azarie,  Philippe,  Casimir,  Adélaïde,  Thomas  de 
Jésus,  Bérence,  Charles,  Joachim,  Michel,  Alexandra,  Louis 
lîertrand,  Jules,  Zozime,  Bernardine,  Agnès,  Léonard,  Bi- 
biane,  Uldéric,  Philippe  de  Néri,  Angèle  de  Foligno,  Cassien, 
Minélas,  Rose  du  Calvaire,  Eulalie,  Albertine,  de  la  Foi, 
Saturnin,  Bertille,  de  la  Salette,  Pacôme,  du  Crucifix,  Théo- 
tiste,  Siméon,  Praxède,  Eloi,  Félicité,  Céline,  Ferdinand, 
Juste,  Raymond,  Catherine  de  Gênes,  Zéphirine,  Clarence, 
Beaudry,  Ange  du  Sacré-Cœur,  Aurélien,  Nathalie,  Damien, 
EulaUe  de  Barcelone,  Félix,  Bnmi,  Pierre  Damien,  Célina, 
Aveline,  Charles  Spinola,  Doraitien,  Zenon,  Lucien,  de  la 
Providence,  Charles  Joseph,  Herménégilde,  Bertheline, 
Albinus,  Clarisse,  EmUien,  Valentine,  Brigide  de  Suède, 
Emestine,  Elizabeth  de  Marie,  du  Saint-Nom  de  .Tésus, 
François  de  Sienne,  SilVina,  Sébastien,  Constancia,  Marce- 
line, Charles  Henri,  Geoffroy,  Pierre  de  Saint-Joseph,  Co- 
lette, Virginie,  de  la  Garde,  Béthanie,  Louis  de  Toulouse, 
Joseph  de  Palestine,  Thérèse  Marguerite,  Pauline,  Louis 
David,  Arthur,  Colombine,  Anatole,  Eugène  de  Home, 
Madeleine  de  Saint-Joseph,  Raymond,  Anthime  de  Jésus,. 
Jean  Colombini,  Stanislas  Soltys,  Jérôme  Ëmilien,  Jean  de 


120 


Histoire  religieuse  de  Beauharnois 


En  1866,  les  religieuses  de  Jésus-Marie 
achetaient  le  manoir  seigneurial  pour  en 
faire  une  maison  de  repos  pour  les  reli- 
giejises  malades;  cependant,  elles  ne  l'habi- 
tèrent et  n'exploitèrent  le  terrain  qu'en 
1883;  elles  en  ont  eu  la  propriété  jusqu'en 
1896;  en  cette  dernière  année,  elle  l'ont 
vendu  à  M.  E.-A.  Robert,  le  propriétaire 
actuel.     De  1867  à  1891,  le  manoir  servit 


1883  à  1886,  Jude  de  1886  à  1894,  des  Sept 
Douleurs  en  1894.  Voici  la  liste  des  reli- 
gieuses qui  ont  été  assignées  au  Manoir. 

Révérendes  Sœurs  Marie  de  la  Concep- 
tion, Julienne,  Macaire,  Adalbert,  Gaspard, 
Jude,  Antoinette,  Adeline,  Pierre,  Théodule, 
Collette,  Ludger,  Césarie,  Lazare,  André 
Avellin,  Epiphane,  Vincent,  Canut,  Berthe- 
line,    Léonard,    Amut,    Rodrigue,    Firmin, 


LE  MANOIR 

Supérieures:  (3)  Sr  M.  de  la  Conception — (4)  Sr  M.  Jude. — (2)  Sr  M.  des  Sept-Douleurs. 


comme  maison  d'école  à  l'externat.  Le 
manoir  a  eu  trois  supérieures:  les  Révé- 
rendes Sœurs  Marie  de  la  Conception,  de 

la  Paix,  Louis  Cozaki,  Isidore,  Antoine  de  Padoue,  Catherine 
d'Alexandrie,  Angèle  Marie,  Martial,  Léontine,  Christin, 
EUsa,  de  Portugal,  Augustin,  Hildegarde,  Jeanne  d'Aza, 
Eudoxie,  André  de  Florence,  Albert  de  Rome,  Bénilda,  Ma- 
caire, Marie  Javénal,  Adélie,  Joseph  Alfred,  Vincent  Ferrier, 
Berdina,  des  Séraphins,  Aloduis,  Thérèse  de  Saint-Joseph, 
Aimé  de  Jésus,  Paule,  Sophie  d'Ancône,  François  de  Paule, 
Marguerite  d'Ecosse,  Charles  de  Blois,  Dismas,  Pierre-Mau- 
rice, Dolorès,  Robertine,  Constant,  Paul  Miki,  Marcienne, 
Antoine,    François     Edme,    Adelinde,    Laurent    Justinien, 


Zénaïde,  François  d'Assise,  des  Sept  Dou- 
leurs. 

Quelques  incidents  sont  à  signaler  dans 

Coeur  de  Marie,  Sébastien,  Madeleine  du  Calvaire,  Apollonie, 
Paul  de  Jésus,  Biaise. 

N.B. — Les  fondatrices  du  Couvent  de  Beauharnois  ont 
été  Sœur  Thérèse  de  Jésus,  qui  devint  supérieure  générale  en 
1857;  Sœur  Marie-Patrice,  Sœur  Marie  de  l'Emant-Jésus, 
sœur  de  Mgr  Gravel,  premier  évêque  de  Nicolet,  laquelle  vit 
encore  en  Orégon  où  elle  est  depuis  1863,  et  Melle  Roussel, 
plus  tard  M^ame  D.-A.  Saint-Amour;  cette  dernière  vit 
encore,  12  rue  JoUette,  Montréal,  et  a  fourni  à  l'auteur,  des 
notes  importantes  sur  Beauharnois. 


Compléments  de  la  Paroisse:  les  Ecoles 


121 


l'histoire  de  notre  couvent:  En  1862,  une 
chapelle,  qui  fut  presque  donnée  totalement 
par  le  curé  Charland,  était  construite.  En 
1880,  le  5  novembre,  était  bénite  une  cloche 
avec  les  noms  de  Marie-Rose-Charles-Louis, 
en  l'honneur  de  la  fondatrice  des  Sœurs  de 
Jésus-Marie  (Marie  Rose  Durocher),  de 
l'évêque  de  Montréal  (Mgr  Charles  Fabre), 
du  curé  de  la  paroisse  (M.  Louis  Charland). 
Le  premier  avril  1882,  le  Chemin  de  la 
Croix  était  installé  dans  la  chapelle  du 
couvent.  En  1903,  Mgr  Emard  présidait 
à  de  grandes  fêtes  pour  le  cinquantenaire 
du  couvent;  ces  fêtes  jubilaires  assem- 
blaient au  couvent  400  anciennes  élèves. 
En  1918-1919,  la  chapelle  du  couvent  fut 
utilisée  pour  plusieurs  services  religieux 
pendant  les  grands  travaux  de  restauration 
de  l'église  paroissiale. 

Voilà  quelques  notes  bien  brèves  sur 
l'éducation  à  Beauharnois,  depuis  l'arrivée 
des  Communautés  religieuses;  il  y  aurait 
matière  à  un  travail  spécial  sur  l'œuvre 
éducatrice  de  nos  Frères  et  de  nos  Sœurs 
depuis  1849;  du  moins,  inscrivons  ici  l'ex- 
pression de  notre  admiration  pour  l'œuvre 
accomplie,  de  notre  reconnaissance  pour  les 
services  rendus,  de  notre  souhait  que  long- 
temps encore,  Beauharnois  confie  à  ses 
religieux  et  à  ses  religieuses  l'éducation  de 
ses  enfants. 


Ainsi  donc,  des  débuts  jusqu'à  nos  jours, 
l'éducation  pubUque,  à  Beauharnois,  a  eu 
plusieurs  étapes:  d'abord  elle  fut  affaire 
d'initiative  privée;  elle  s'est  organisée  len- 
tement; une  école  est  étabUe  au  village, 
vers  1815  probablement;  des  projets  d'é- 
coles de  fabrique  restent  à  l'état  de  projets; 


en  1830  s'établit  une  école  publique  au 
village;  elle  marque  le  commencement  de 
V organisation  scolaire;  deux  autres  écoles 
suivent.  En  1845,  une  commission  scolaire 
est  étabUe;  les  écoles  surgissent  dans  les 
rangs;  en  1849,  les  Frères  des  Ecoles  Chré- 
tiennes prennent  la  direction  de  l'école 
du  village  qui  est  dans  l'ancienne  chapelle 
transformée;  en  1881,  les  Frères  quittent 
Beauharnois;  pendant  quatre  ans,  notre 
ville  a  des  maîtres  laïques;  en  1885,  les 
Clercs  de  Saint- Viateur  acceptent  la  direc- 
tion de  l'école  des  garçons  du  village,  deve- 
nue Académie  et  Collège.  En  1853,  l'ensei- 
gnement des  filles  est  confié  aux  religieuses 
des  Saints  Noms  de  Jésus  et  de  Marie. 

Plusieurs  fois  les  inspecteurs  d'écoles 
ont  rendu  témoignage  à  la  compétence 
pédagogique  des  maîtres  et  des  maîtresses 
des  écoles  de  Saint-Clément:  "écoles  bien 
tenues  avec  sv/;cès" ,  "excellent  enseignement" , 
"très  bien",  sont  des  termes  qu'il  fait  plaisir 
de  savoir  mérités;  d'autre  part,  plusieurs 
maîtresses  des  "petites  écoles"  ont  obtenu 
des  primes  du  surintendant  pour  leur  bon 
enseignement;  ce  sont  là  autant  de  garan- 
ties rassurantes  pour  la  bonne  formation 
intellectuelle  et  religieuse  de  nos  petits  con- 
citoyens! 

En  terminant  ce  chapitre  sur  l'éducation, 
il  convient  de  signaler  deux  initiatives  inté- 
ressantes. 

Écoles  du  soir 

En  1909,  Vécole  du  soir  fut  étabUe  à 
Beauharnois.  Depuis  quelque  temps,  la 
Chambre  de  Commerce  locale  se  préoccupait 
de  cette  question.  La  Commission  scolaire 
de  la  ville  la  résolut;  le  16  novembre,  les 
classes  du  soir  étaient  établies.  MM.  Dori 
Rochon   et   Camille   Fournier   en   étaient 


122 


Histoire  religieuse  de  Beauharnois 


nomméB  professeurs;  leur  salaire  devait 
être  de  $1.00  par  jour  de  classe;  les  classes 
avaient  lieu  le  mardi,  le  mercredi,  le  jeudi 
et  le  vendredi  de  chaque  semaine  de  l'hiver; 
chaque  classe  durait  une  heure,  commen- 
çait et  finissait  par  la  prière.  Les  élèves 
devaient  payer  $1.00  par  année  et  ce  prix 
nominal  était  remboursé  si  l'élève  assistait 
a,ux  deux  tiers  des  classes.  Le  25  octobre 
1910,  il  fut  proposé,  à  la  Commission  sco- 
laire, d'établir  l'école  du  soir  conformément 
à  la  Loi  provinciale  des  écoles  du  soir. 
L'école  du  soir  fut  maintenue  quelques 
années,  et  la  salle  de  l'Hôtel-de- Ville  fut 
le  lieu  des  classes.  Pour  notre  part,  nous 
regrettons  que  cette  si  utile  institution 
n'ait  pas  été  continuée;  puisse-t-elle  être 
un  jour  rétablie! 

Cercle  Beauharnois  de  l'A.C.J.C. 

Un  autre  facteur  d'éducation,  à  Beau- 
harnois, est  le  cercle  Beauharnois  de  1' "Asso- 
ciation catholique  de  la  Jeunesse  canadienne- 
française."  Comme  tous  les  cercles  de 
l'A.C.J.C,  celui  de  Beauharnois  a  pour 
but  de  préparer  "par  la  piété,  par  l'étude 
et  par  l'action,  à  une  vie  efficacement  mili- 
tante pour  les  intérêts  de  la  foi  et  de  la 
patrie."  C'est,  avant  tout,  un  cercle  d'é- 
tudes. 

Ce  n'est  pas  le  premier  cercle  d'études  à 
Beauharnois:  vers  1875,  il  en  existait  un 
qui  avait  nom  "Le  Cercle  Canadien  de 
Beauharnois,"  dont  M.  Cyprien  Fortin  fut 
le  premier  président,  et  M.  L.-A.  Prud'- 
homme, aujourd'hui  juge  à  Saint-Boniface, 
le  premier  secrétaire;  les  règlements  de  ce 
cercle  furent  préparés  par  M.  Béliveau, 
père  de  Mgr  BéUveau,  et  alors  comptable 
chez  M.  U.-J.  Robillard.  Ce  cercle  exista 
pendant  plusieurs  années;  son  premier  acte 
public   fut   la   convocation   d'une   grande 


assemblée  pour  adopter  une  résolution  de- 
mandant la  commutation  de  la  peine  de 
mort  portée  contre  A.  Lépine,  de  l'ouest. 
D'autres  séances  suivirent;  à  l'une  d'elles, 
le  conférencier  fut  M.  L.-A.  Prud'homme, 
qui  parla  des  "Qualités  des  Canadiens- 
français." 

Depuis  la  disparition  du  "Cercle  Cana- 
dien", nous  ne  croyons  pas  qu'il  y  ait  eu 
des  cercles  d'études  proprement  dits.  De- 
puis plusieurs  années,  le  curé  actuel.  Mon- 
sieur le  chanoine  Nepveu,  songeait  à  com- 
bler cette  lacune.  Au  printemps  de  1917, 
le  projet  parut  enfin  réalisable.  Monsieur 
l'abbé  D.-A.  Saint-Aubin,  vicaire,  avec  un 
zèle  et  une  constance  que  rien  n'a  jusqu'ici 
découragé,  commença  le  recrutement.  Les 
débuts  furent  difficiles;  des  réunions  n'ont 
eu  que  quatre  membres;  après  quelques 
mois  de  tâtonnement,  le  1er  mai  1917,  le 
petit  groupe  prenait  vraiment  figure  de  cer- 
cle de  l'A.  C.  J.  C.  Seize  membres  signaient 
leur  adhésion.  L'été  fut  bien  employé;  les 
réunions  se  firent  plus  fréquentes  et  plus 
fréquentées.  Tout  alla  si  bien  que  le  24 
avril  1919,  dans  une  séance  littéraire  pu- 
blique, MM.  Aimé  Parent  et  Guy  Vanier, 
du  Comité  central  de  l'A.C.J.C,  vinrent 
célébrer  l' affiliation  du  cercle  Beauharnois 

à  r  A.C.J.C. 

Le  premier  conseil  régulier  du  nouveau 
cercle  se  composait  comme  suit  :  Aumônier, 
M.  l'abbé  J.-D.  Saint- Aubin;  président, 
G.-H.  Daigneault;  vice-président,  Jos.-Eug. 
Leduc;  secrétaire,  Alfred  Mailhot;  tréso- 
rier, DoUard  Théoret;  premier  conseiller, 
L.-J.  Daigneault;  deuxième  conseiller;  Flor. 
Doyon;  troisième  conseiller,  W.  Doris;  por- 
te-drapeau, E.  Lemay. 

Le  cercle  compte  une  vingtaine  de  mem- 
bres et  de  nombreux  amis  qui  viennent 


Compléments  de  la  Paroisse:  l'Hospice 


123 


assister  de  temps  à  autre  aux  réunions, 
et  l'aident  pour  les  séances  publiques; 
parmi  les  derniers  l'on  remarque  tout  par- 
ticulièrement MM.  Alfred  Trottier,  Raoul 
Lefebvre,  Eugène  Gariépy,  etc.  Les  mem- 
bres actifs  du  cercle,  en  janvier  1920, 
étaient  MM.  G.-H.  Daigneault,  Emile 
Lemay,  W.  Dorais,  Alfred  Mailhot,  L.-J. 
Daigneault,  Ed.  Gariépy,  Chas  Gariépy, 
E.  Parent,  J.-E.  Emard,  C.  Marchand,  E. 
Gendron,  E.  Gougeon,  C.  Huot,  J.-B. 
Primeau,  D. 
Théoret,  J.- 
E.  Leduc,  F. 
Doy  on,  P . 
Charet,  Em. 
Bourgie,  F. 
Tassé,  A.  Fo- 
rest. 

Le  Cercle  a 
déjà  étudié  de 
nombreux  su- 
jets religieux 
et  patrioti- 
ques: la  tem- 
pérance, les  re- 
traites fermées, 
la  supériorité 
de  la  religion 
chrétienne,  l'é- 
conomie, le 

suffrage  féminin,  la  colonisation,  la  question 
ouvrière,  la  langue  française. 

Puisse  le  Cercle  Beauharnois  voir  long- 
temps son  oeuvre  appréciée!  Que  la  sym- 
pathie du  public  l'aide  à  travailler  efficace- 
ment à  la  conservation,  à  la  moraUsation,  à 
l'éducation  de  la  jeunesse  de  Saint-Clément! 

ARTICLE  DEUXIÈME:  L'HOSPICE 

La  paroisse  se  complète  par  les  établisse- 
ments dits  de  charité;  depuis  1861,  Saint- 


A.  c 

1 — M.  E.  Lcmay;  2 — : 


Clément  de  Beauharnois  a  un  établissement 
de  ce  genre,  l'Hospice  Saint- Joseph. 

L'hospice  est  une  fondation  du  curé 
Charland.  En  1861,  le  1er  avril,  il  achetait 
de  John  Swanston,  une  jolie  maison  à  deux 
étages,  ancienne  résidence,  paraît-il,  d'un 
bourgeois  du  Nord-Ouest;  attenant  à  la 
maison  était  un  terrain  de  deux  arpents  et 
demi  en  superficie;  le  tout  est  décrit  comme 
suit  dans  le  contrat  de  vente:  "Un  mor- 
ceau de  terre  de  forme  irréguUère,   sis  et 

situé  dans 
Annstown, 
borné  du  cô- 
té ouest  en 
front,  partie 
par  la  pro- 
priété du  sei- 
gneur, et  par- 
tie par  la  ri- 
vière Saint- 
Louis;  du  cô- 
té nord  -  est, 
par  le  terrain 
de  la  fabri- 
que; du  côté 
sud-est  en  ar- 
rière, et  du 
côté-sud- 
ouest,  par  le 
terrain  du  sei- 
gneur, et  contenant  un  arpent,  neuf  per- 
ches et  treize  pieds  aussi  de  longueur  dans 
la  ligne  sud-ouest,  formant  deux  arpents 
et  demi  plus  ou  moins  en  superficie,  le  plus 
ou  le  moins,  quel  qu'il  soit,  devant  tourner 
au  profit  ou  à  la  perte  de  l'acquéreur;  avec 
une  maison  en  pierre  à  deux  étages,  et  autres 
bâtisses  dessus  construites.  Un  chemin  de 
vingt  pieds  de  largeur  pour  communiquer 
du  chemin  public  au  dit  morceau  de  terre, 
icelui  le  chemin  devant  être  pris  entre  la 


.  j.  c. 

M.  G.-H.  Daigneault. 


124 


Histoire  religieuse  de  Beauharnois 


rivière  Saint-Louis  et  la  propriété  de  la  Fabri- 
que, si  telle  largeur  existe  entre  la  chaussée 
et  l'angle  où  finit  la  clôture  qui  divise  le 
terrain  de  la  dite  Fabrique  de  celui-ci." 

Tel  était  le  terrain  et  telle  la  maison  que 
le  curé  Charland  achetait  au  prix  de  1,000 
louis  en  1861,  avec  l'intention  d'y  établir 
un  hospice  pour  les  pauvres  et  les  malades. 
Cette  propriété  avait  appartenu,  aupara- 


Le  26  août,  la  fondation  était  définitive- 
ment acceptée;  le  30  du  même  mois  la  Su- 
périeure générale  des  Sœurs  Grises,  Mère 
Deschamps  se  rendait  à  Beauharnois  avec 
le  premier  groupe  de  religieuses;  ces  fonda- 
trices étaient  Sœurs  Dosithée  Sauvé,  supé- 
rieure, Sœur  Marie  Louis  Crooks  et  Sœur 
Herminie  Malépart.  Saint  Joseph  était, 
dès  les  débuts,  proclamé  le  patron  du  nouvel 


L'HOSPICE  SAINT-JOSEPH 
(1)  Maison  Swanston. — (2)  Edifice  Charland. — (3)  Aile  Lussier. 


vant,  à  James  Keith,  l'agent  des  seigneurs, 
qui  en  1853  l'avait  achetée  des  seigneurs 
EUice;  à  leur  tour  les  seigneurs  l'avaient 
eue  de  l'honorable  S.-C.  Monk. 

Le  21  août  de  la  même  année  1861,  le 
curé  Charland  faisait  don  du  nouvel  éta- 
blissement aux  Sœurs  Grises  de  Montréal, 
à  la  condition  que  celles-ci  y  entretien- 
draient, à  perpétuité,  un  hôpital  ou  hospice. 


établissement  de  secours;  sa  protection  n'a 
jamais  manqué  à  l'œuvre  charitable  de  nos 
Sœurs  Grises.  A  Beauharnois,  comme  en 
maints  autres  endroits,  dure  depuis  soixante 
ans  ce  merveilleux  spectacle  d'une  maison 
qui  ne  vit  que  de  charité  et  à  laquelle  Celui 
qui  aime  les  pauvres  n'a  pas  encore  fait 
défaut;  sans  doute,  la  générosité  des  parois- 
siens est  grande,  mais  plus  grande  encore 


Compléments  de  la  Paroisse:  l'Hospice 


125 


est  la  vertu  des  religieuses  qui,  à  force  de 
privations,  d'abnégation,  d'amour  des  pau- 
vres et  de  confiance  en  la  Providence,  sont 
restées  au  poste  que  l'obéissance  leur  a 
confié. 

Un  vieil  aveugle  et  une  pauvre  épilep- 
tique  furent  les  premiers  clients  de  l'hospice; 
l'affluence  d'indigents  fut  telle  que  dès 
1864,  il  n'y  avait  plus  aucune  place  vacante. 
Un  jour,  une  misérable  infirme  dut  être 
refusée;  le  curé  Charland  n'y  tint  plus;  il 
alla  demander  à  la  maison-mère  d'agrandir 
son  hospice.  Toutefois,  ce  ne  fut  qu'en 
1867  que  ses  désirs  se  réaUsèrent;  cette 
année-là,  sous  la  direction  de  Monsieur 
Contant,  entrepreneur,  fut  construite  la 
maison  en  pierre, — 72  x  52  pieds — à  trois 
étages,  qui  est  la  partie  principale  du 
groupe  de  constructions  dont  est  composé 
l'hospice;  une  trentaine  d'orphelins  y  fu- 
rent recueillis,  ainsi  que  des  adultes  invalides. 

En  1900,  de  nouveau  l'on  dut  agrandir; 
on  le  fit  en  construisant  l'aile  dédiée  Au 
Christ  Rédempteur;  Monsieur  le  curé  Lus- 
sier  rendit  possible  cette  addition  par  ses 
largesses  personnelles  et  par  son  zèle  à 
procurer  des  secours  à  l'hospice.  Messieurs 
Baudreault,  Leduc  et  Fortin  exécutèrent  le 
plan  tracé  par  M.  Venue,  architecte  de 
Montréal. 

L'édifice  a  56  x  34  pieds;  il  a  été  bénit  par 
Mgr  Êmard  le  19  mars  1900.  Ces  agran- 
dissements ont  permis  aux  religieuses  de 
développer  leur  œuvre  en  fondant  un 
jardin  de  l'enfance  fréquenté  par  90  enfants. 

En  1904,  le  curé  Lussier  se  retira  à 
l'hospice,  dans  les  appartements  que  sa 
générosité  avait  aidé  à  construire.  Il  y 
mourut  le  24  décembre  1911.  Son  succes- 
seur. Monsieur  le  Chanoine  Théodule  Nep- 
veu,  n'a  cessé  de  témoigner  à  l'hospice  la 
plus  active  bienveillance. 


Depuis  la  fondation  de  l'hospice,  en  1861, 
les  relations  les  plus  cordiales  ont  toujours 
existé  entre  la  population  de  Beauhar- 
nois  et  les  autorités  de  l'hospice;  entre  les 
deux  ce  fut  un  continuel  échange  de  services. 
Les  paroissiens  de  Beauharnois,  par  des 
contributions  généreuses  aux  bazars  en 
faveur  de  l'hospice,  par  le  soutien  de  l'œu- 
vre du  Pain  de  Saint- Antoine,  par  leurs 
aumônes  particulières  et  privées,  ont  permis 
aux  religieuses  de  prendre  soin  de  2,126 
enfants  et  pauvres  que  la  Providence  leur  a 
envoyés;  en  retour,  les  religieuses  se  sont 
fait  un  devoir  de  visiter  les  pauvres  et  les 
malades  à  domicile;  jusqu'en  1919,  9,368 
visites  ont  été  faites;  et  c'est  toujours, 
pour  nos  familles,  une  grande  consolation 
de  voir  les  religieuses  de  l'hospice  partager 
leurs  deuils  et  leurs  autres  épreuves. 

Del861àl919,  l'hospice  de  Beauharnois 
a  eu  les  supérieures  dont  les  noms  suivent  :  de 
1861  à  1877,  Sœur  Sauvé,  décédée  en  1882, 
le  même  jour  que  le  curé  Charland;  de  1877 
à  1880,  Sœur  Mailhot;  de  1880  à  1894, 
Sœur  Sylvestre;  en  deux  termes,  cette  digne 
religieuse  a  donné  25  années  de  dévouement 
à  l'œuvre  de  l'hospice  de  Beauharnois;  de 
1894  à  1904,  Mère  Dionne,  actuellement 
deuxième  assistante  générale  des  Sœurs 
Grises  de  Montréal;  de  1904  à  1907,  Mère 
Letellier,  actuellement  supérieure  de  la  pro- 
vince You ville;  de  1907  à  1911,  Sœur 
Desmarais,  nièce  du  regretté  curé  Des- 
marais, jadis  desservant  de  Saint-Clément 
en  1854;  de  1911  à  1915,  Sœur  de  Grandpré, 
décédée;  de  1915  à  1919,  Sœur  Saint  Donat; 
en  1919,  Sœur  Dubord. 


Telle   est   l'histoire  religieuse  de  Saint- 
Clément  de  Beauharnois.    Elle  se  compose 


126 


Histoire  religieuse  de  Beauharnois 


des  éléments  ordinaires  d'une  paroisse  cana- 
dienne. De  1819  à  1919,  l'œuvre  paroissiale 
a  été  accomplie  par  le  personnel  paroissial, 
clercs  et  laïques,  curés,  desservants,  vi- 
caires, syndics,  marguilliers  et  autres  qui  ne 
lui  ont  pas  ménagé  leur  dévouement;  la  gé- 
nérosité et  l'esprit  catholique  des  fidèles 
ont  permis  la  fondation  d'établissements 
paroissiaux  remarquables:  deux  églises,  deux 
presbytères,  deux  salles  paroissiales,  trois 
cimetières,  un  collège,  un  couvent,  huit 
écoles,  un  hospice,  une  paroisse  bien  ins- 
truite des  vérités  de  la  foi  par  un   clergé 


éclairé  et  zélé,  bien  ferme  dans  son  attache- 
ment à  la  vérité  catholique  et  généreuse 
pour  les  oeuvres  et  le  soutien  de  son  clergé! 
Voilà  le  bilan  de  nos  cent  années  d'histoire 
comme  paroisse!  Puisse  le  nouveau  siècle 
d'histoire  religieuse  être  une  continuation 
plus  parfaite  encore,  si  possible,  du  passé! 
Que  la  vie  catholique  devienne  plus  in- 
tense, l'amour  de  l'Ëglise  plus  grand,  le 
respect  de  l'autorité  plus  profond,  et  Saint- 
Clément  continuera  de  recevoir  du  Ciel  les 
bénédictions  qui  lui  ont  déjà  assuré  une 
existence  séculaire! 


VIE  PAROISSIALE 
Quelques   faits — Quelques  dates 


Nous  voudrions  enregistrer,  en  quelques 
pages,  des  incidents  mémorables  de  notre 
vie  paroissiale  qui  n'entraient  pas  exacte- 
ment dans  le  cadre  des  chapitres  précédents. 


Conversions. — La  paroisse  Saint-Clé- 
ment a  eu  le  bonheur  de  compter  plusieurs 
conversions  au  catholicisme.  En  voici 
quelques-unes:  le  2  mars  1845,  Charles 
Manuel,  arpenteur  de  la  Seigneurie  de 
Beauharnois;  le  28  janvier  1906,  James 
Hope  Ross;  le  7  mars  1906,  John  A.  Smith; 
le  7  mai  1907,  G.  Prégent;  le  25  mai  1909, 
Hervé  Prégent;  le  15  avril  1917,  Herbert 
Cantwell;  le  23  décembre  1917,  Jane 
Handerson;  James  Knight,  en  1826. 


Croix  du  chemin.— Comme  les  autres 
paroisses  canadiennes,  Saint-Clément  a  ses 
croix  du  chemin.  En  haut  du  fleuve,  on  en 
voit  deux,  l'une  sur  la  terre  de  M.  T.  Ber- 
trand,  l'autre  chez  M.  Evariste  Lebœuf; 


sur  le  chemin  de  la  Rivière  Saint-Louis,  il 
y  a  une  croix  sur  la  terre  de  M.  Henri 
Hébert;  Au  rang  double,  il  y  en  a  une  chez 
M.  Pierre  Montpetit;  dans  la  Beauté,  chez 
M.  Josaphat  Lebœuf;  au  rang  Saint-Geor- 
ges, chez  M.  Alexis  Lemieux.  L'érection  de 
ces  croix  est  toujours  l'occasion  de  belles 
cérémonies  reUgieuses;  il  y  a  sermon,  chant, 
bénédiction.  Que  Saint-Clément  ne  laisse 
jamais  tomber  ces  croix  qui  lui  sont  une 
protection! 

Visites  pastorales. — A  cause  de  la  dis- 
parition du  premier  registre  de  fabrique, 
nous  ne  pouvons  connaître  exactement  les 
visites  des  évêques  à  Beauharnois  avant 
1846.  Il  est  probable  que  les  évêques  de 
Québec  ne  firent  aucune  visite  pastorale  à 
Beauharnois.  Quant  à  ceux  de  Montréal, 
la  première  visite  enregistrée  est  du  10  juin 
1824,  par  Mgr  Lartigue  (185  confirmés). 
Depuis  lors,  les  visites  pastorales  ont  eu  lieu 
comme  suit:  Mgr  J.-C.  Prince:  le  11  oc- 
tobre 1846;  Mgr  Ignace  Bourget:  le  3  août 
1853,  le  28  juin  1857,  le  24  juin  1863,  le 
16  septembre  1867,  le  26  septembre  1871. 


Vie  paroissiale 


127 


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Vie  paroissiale 


129 


Mgr  Edouard-Charles  Fabre:  le  9  juin 
1874 — ^à  titre  de  coadjuteur; — le  5  juillet 
1877/ le  22  juin  1881,  le  4  octobre  1883, 
le  29  juin  1887,  le  15  juillet  1890. 

Mgr  Joseph-Médard  Émard:  le  6  juillet 
1893,  le  13  juillet  1896,  le  19  juin  1898, 
le  26  mai  1901,  le  12  juin  1904,  le  24  mai 


Tisseur,  du  rang  St-Georges — était  ordonné 
par  Mgr  Emard;  M.  François  Reid,  curé 
de  Rigaud,  faisait  le  sermon  de  circons- 
tance. 

Le  6  janvier  1915,  M.  l'abbé  Aimé  Hébert, 
fils  de  H.  Hébert,  était  ordonné  par  Mgr 
Emard;  le  sermon  était  fait  par  un  autre 


Son  Eminence  le  Cardinal  Vincent  Vannutelli,  légat  a  latere  au  Congrès  Eucharistique,  passant  à  Beapbarnois. 

(1)  Le  Cardinal  parlant  à  la  foule. — (2)  La  foule  attendant  l'arrivée  du  train. 


1908,  le  5  juin  1910,  le  26  mai  1912,  le  13 
juin  1915,  le  5  mai  1918. 

* 

Ordinations  sacerdotales  dans  l'é- 
glise PAROISSIALE. — Deux  fois,  la  paroisse 
a  eu  le  bonheur  d'assister  à  l'ordination  sa- 
cerdotale de  ses  enfants  dans  l'égUse  pa- 
roissiale. 

Le  3  septembre  1893,  M.  l'abbé  F.-X. 
Tisseur,    fils   d'un   vieux  paroissien — ^J.-B. 


prêtre   enfant   de   la   paroisse,   M.   l'abbé 
Arthur  Goyette. 


* 


Congrès  Eucharistique  de  1910. — ^Au 
Congrès  eucharistique  de  1910,  Saint-Clé- 
ment était  représenté  par  une  nombreuse 
délégation.  La  fanfare  de  Beauhamois  eut, 
à  l'occasion  de  la  procession  du  dimanche 
après-midi,  un  succès  remarquable.  Mon- 
sieur A.  Contant,  directeur  de  la  fanfare  et 


130 


Histoire  religieuse  de  Beauharnois 


maître  de  chapelle,  avait  composé  une 
marche  de  circonstance  qui  fut  très  ap- 
préciée. 

Quelques  jours"^  plus  tard,  notre  ville 
avait  la  visite  du  légat  a  latere,  S.  E.  le 
Cardinal  Vincent  Vannutelli.  En  route 
pour  Valleyfield,  Son  Eminence  avait  bien 
voulu  accepter  d'arrêter  quelques  instants 
à  Beauharnois.  Lorsque  le  convoi  du  New 
York  Central  arriva  à  la  station,  une  foule 
de  plusieurs  milliers  de  personnes  accueillit 
le  Cardinal  avec  d'enthousiastes  acclama- 
tions, et  la  fanfare  joua  les  airs  nationaux 
et  pontificaux.  Les  sociétés  de  bienfai- 
sance, les  congrégations  paroissiales,  les 
communautés  enseignantes,  les  élèves  des 
écoles  étaient  là  portant  bannières  et  insi- 
gnes. La  gare  et  ses  dépendances  avaient 
été  décorées  avec  goût  par  le  chef  de  gare, 
M.  Raoul  Miron.  Son  Eminence  était 
accompagnée  de  S.  G.  Mgr  Bruchési,  ar- 
chevêque de  Montréal,  de  Mgr  J.-C.  AUard, 
P. A.,  vicaire-général  de  Valleyfield,  de  Mgr 
Lepailleur,  P.D.,  et  d'un  grand  nombre 
de  prêtres.  Il  y  eut  échange  de  souhaits. 
Les  paroissiens,  par  leur  curé,  M.  Nepveu, 
présentèrent  au  Cardinal-Légat  leurs  hom- 
mages, et  celui-ci,  en  retour,  voulut  bien 
donner  à  la  paroisse  Saint-Clément  une 
bénédiction  spéciale.  Après  un  arrêt  de 
quinze  minutes,  le  train  cardinalice  conti- 
nua sa  route  vers  Valleyfield.  Cette  visite 
d'un  cardinal-légat  à  Beauharnois  est  l'un 
des  événements  mémorables  de  notre  vie 

paroissiale. 

*  * 

* 

Beauharnois  et  le  pouvoir  temporel 
DU  PAPE. — Coïncidence  curieuse,  cette  visite 


du  légat  du  Pape  arrivait  au  cinquantième 
anniversaire  d'une  manifestation  pro-papale 
qui  se  fit  à  Beauharnois  en  1860.  Pourquoi 
n'y  verrait-on  pas  la  récompense  d'un  dé- 
vouement filial  à  la  cause  du  Saint-Siège  ? 

Donc,  au  printemps  de  1860,  un  dimanche 
après  la  messe,  eut  lieu  dans  l'égUse,  sous  la 
présidence  de  M.  le  curé  Charland,  une 
assemblée  de  protestation  contre  l'invasion 
des  États  pontificaux.  Parlèrent  Messieurs 
les  avocats  Michael  Cayley,  André  Mont- 
petit,  Louis  Paré  et  M.  le  notaire  A.-L. 
de  Martigny.  Des  résolutions  de  protes- 
tation furent  votées  et  envoyées  au  pape 
Pie  IX. 

Quelques  années  plus  tard,  une  autre 
cérémonie  avait  lieu  dans  l'église  parois- 
siale. L'avocat  Joseph  Taillefer,  de  Sainte- 
Martine,  partait  pour  Rome;  il  vint  à  Beau- 
harnois chercher  la  bénédiction  de  M.  le 
curé  Charland. 


Congrégations  et  confréries. — Dans 
la  paroisse  sont  établies  les  Congrégations 
ou  Confréries  suivantes:  La  Société  de 
Tempérance  (1846  et  1884), <'^  la  Congréga- 
tion des  Enfants  de  Marie  (1846  et  1887),  les 
Dames  de  Sainte- Anne  (1882),  le  Rosaire 
(1886  et  1899),  l'Apostolat  de  la  Prière 
(1887),  L'Union  de  Prières  (1886)^'U'Archi- 
confrérie  du  Saint-Cœur  de  Marie  (1887), 
La  Ligiie  du  Sacré-Cœur  (1889),  la  Con- 
frérie de  la  Sainte-Famille  (1890),  V Adora- 
tion perpétuelle — chaque  vendredi — (1890), 
le  Tiers-Ordre  de  Saint-François  (1890), 
l'Œuvre  de  Saint-François-de-Sales  (1902), 
la  Propagation  de  la  Foi  (1902),  l'Œuvre  de  la 


(1)  Jeudi,  le  15  septembre  1910.  ^g^   ^^   ^g^^^     l'Union  de    Prihre  devint   diocésaine,   et 

(2)  A  la  société  de  Tempéranae  se  rattache  le  sou vemr  du  Monseigneur  l'évêque  de  Valleyfield  abandonna  à  la  Fabrique 
passage  à  Beauharnois,  en  1849,  du  P.  Chimquy;  au  livre  de  „  .  tV,,,        ,,      ,,„^.J.    ,     .                 i,  j    m  ■ 
la  Fabrique  nous  lisons  qu'il  lui  fut  payé  £2-10  d.  des  deniers  de  Saint-Clément  les  $1,834.74,  fonds  accumulé  de  1  Umon 
de  la  Fabrique.                                                      '  paroissiale. 


Appendice:  les  Protestants  à  Beauharnois 


131 


Sainte-Enfance  (1902),  VŒuvre  du  Pain  de 
Saint-Antoine  (1894)."' 


à  la  sacristie;  elle  contient  à  peu  près  600 
volumes,  dont  plusieurs  sur  l'histoire  du 
Canada. 


Visite  du  R.  P.  Frédéric— En  1906, 
du  29  juillet  au  19  août,  le  R.  P.  Frédéric, 
franciscain,  visita  la  paroisse  et  recueillit 
des  aumônes  pour  le  ministère  des  Pauvres 
Clarisses  de  Valleyfield.  Sa  quête  consistait 
à  vendre  la  Vie  de  N.S.J.C.  au  profit  de 
cette  œuvre.  La  paroisse,  de  cette  manière, 
fournit  $478.00. 


Jubilé  épiscopal  de  Mgr  Emard. — En 
1917,  Mgr  J.-M.  Emard,  premier  évêque  de 
Valleyfield,  célébrait  le  25ème  anniversaire 
de  sa  consécration  épiscopale.  Tout  son 
diocèse  lui  fit  fête.  La  paroisse  Saint- 
Clément  s'associa  à  ce  jubilé;  elle  vota  un 
don  de  $125.00  au  Comité  diocésain,  et  elle 
délégua  M.  Narcisse  Deslauriers  pour  la  re- 
présenter officiellement  aux  grandes  fêtes 
de  juin. 


Bibliothèque  paroissiale. — Vers  1860, 
une  bibliothèque  paroissiale  a  été  établie 
par  les  Frères  des  Ecoles  Chrétiennes;  cette 
bibliothèque  a  pour  local  une  pièce  attenant 


Population  de  la  paroisse  Saint- 
Clément.— A  sa  fondation  en  1819,  la  pa- 
roisse Saint-Clément  a  une  population  de 
1,076  âmes.  En  1831,  1,800  cathoUques; 
en  1842,  1,768;  en  1851,  2,872;  en  1861, 
4,934;  en  1871,  3,346;  en  1881,  3,240;  en 
1891,  3,274;  en  1901,  3,323;  en  1911,  3,296; 
en  1919,  la  population  catholique  se  répartit 
comme  suit:  624  familles,  dont  386  en 
ville  et  238  à  la  campagne;  2,283  commu- 
niants, dont  1,450  en  ville  et  833  à  la  cam- 
pagne; 907  non-communiants,  dont  554  en 
ville  et  353  à  la  campagne;  soit  une  popula- 
tion totale  de  3,190,  dont  2,004  pour  la  ville 
et  1,186  pour  la  campagne.  Enfin,  en  oc- 
tobre 1920,  après  la  visite  paroissiale,  la  pa- 
roisse Saint-Clément  a  une  population  totale 
de  3,536  cathoUques,  dont  2,300  en  ville  et 
1,236  à  la  campagne;  643  familles,  dont 
406  en  ville  et  237  à  la  campagne;  2,615 
communiants,  dont  1,741  en  ville  et  874  à  la 
campagne;  921  non-communiants,  dont  559 
en  ville  et  362  à  la  campagne.  La  popula- 
tion de  1920  est  la  plus  élevée  qu'ait  eue 
Saint-Clément  depuis  1861,  qui  fut  l'apogée 
de  sa  prospérité. 


APPENDICE 


Les  Protestants  à  Beauharnois 


Il  n'y  eut  guère  de  protestants  à  Beau- 
harnois avant  la  fin  du  XVIIIe  siècle,  et  il 
n'y  eut  pas  d'église  protestante  avant  1835. 
Lorsque  les  EUice  acquirent  la  seigneurie 
en  1795,  ils  y  étabhrent  des  colons;  peu  à 


(l)De  1894  à  1905,  l'Œuvre  du  Pain  a  procuré  aux  pauvres 
18,095  pains;  de  1905  à  1920,  10,234  pains;  soit  en  26  ans, 
un  total  de  28,329  pains. 


peu  furent  concédées  des  terres  qu'occu- 
pèrent les  immigrants  anglais  et  écossais, 
protestants  en  grand  nombre;  et  c'est 
ainsi  qu'un  groupe  de  protestants  de  langue 
anglaise  se  forma  à  Beauharnois.  Les  sei- 
gneurs et  leurs  agents,  des  marchands,  le 
meunier,  des  cultivateurs,  plus  tard  le 
maître  d'école  étaient  protestants  et  Beau- 


132 


HlSTOIBE   RELIGIEUSE    DE   BeAUHARNOIS 


hamois,  à  cause  de  cela,  eut  un  cachet  par- 
ticulier; même,  jusqu'en  1847,  les  procès- 
verbaux  de  la  municipalité  furent  rédigés  en 
langue  anglaise. 

Toutefois,  nous  ne  croyons  pas  que  les 
protestants  aient  jamais  été  en  majorité  à 
Beauharnois;  depuis  1830,  c'est  un  fait 
certain  attesté  par  les  listes  d'enfants 
d'école  et  par  le  recensement  officiel;  avant 
1830,  nous  n'avons  aucune  donnée  certaine. 
Un  seul  document  fournit  une  donnée 
sur  la  popula- 
tion: en  1800, 
une  requête  de 
58  habitants 
à  l'évêque  de 
Québec  repré- 
sente que  ce 
nombre  58  for- 
me la  majori- 
té des  proprié- 
taires de  Beau- 
harnois, les 
protestants 
exceptés;  i  1 
faut  conclure 
que  les  pro- 
priét  aires 
non-signa- 
taires catholi- 
ques  et  les 

protestants  réunis  étaient  plus  que  58,  mais 
nous  ne  savons  si  les  protestants  seuls  dé- 
passaient ce  nombre. 
Depuis  1830,  nous  avons  des  données  plus 


(1)  RéT.  J.  Anderson,  minUtre  presbytérien.       (3)  Eglise  presbytérienne. 


et  101  protestants;  en  1842,  1,856,  dont 
1,768  catholiques;  en  1851,  3,212,  dont 
2,872  catholiques;  en  1861,  une  population 
totale  de  5,204 — la  plus  forte  dans  son  his- 
toire— dont  4,934  catholiques;  en  1871, 
3,346  catholiques  et  142  protestants;  en 
1881,  3,240  catholiques  et  99  protestants; 
en  1891,  3,274  catholiques  et  87  protes- 
tants; en  1901,  3,323  cathoUques  et  161 
protestants;  en  1911,  3,296  cathoUques  et 
225  protestants;  en  1919,  3,190  catholiques. 

Églises 

Beauhar- 
nois a  deux 
éghses  pro- 
testantes, l'é- 
glise vresbyté- 
rienne  Saint- 
Edouard  et 
l'égUse  angli- 
cane Trinity. 
C'est  le  pre- 
mier décem- 
bre 1833  que 
le  Révérend 
Walter  Roach 
fut  installé 
comme  pas- 
teur des  deux 
communau- 
tés protestantes  presbytériennes  de  Beau- 
harnois et  de  Chateauguay;"'  à  cette  date 
Beauharnois  comptait  18  familles  protes- 
tantes, avec  39  enfants  au-dessous  de  12  ans. 


précises:  d'après  quelques  rapports  d'écoles    Au  premier  Lord' s  Supper  qui  eut  lieu  dans 


conservés  aux  Archives. fédérales,  les  élèves 
de  langue  française  et  cathoUques  sont  plus 
nombreux. 

Nous  avons,  surtout,  les  recensements 
officiels  décennaux:  en  1831,  la  population 
totale  est  de  1,901,  dont  1,800  cathoUques 


une  grange,  le  22  juin  1834,  le  pasteur  dis- 
tribua 91  communions.  Le  15  mars  1835, 
une  égUse  en  pierre  qui  existe  encore,  fut 
bâtie  complètement  aux  frais  du  seigneur, 
le  T.  Hon.  Edouard  EUice,  et  plus  tard  fut 

(1)  Nous  devons  ces  notes  au  Révérend  J.-D.  Anderson. 


Appendice:  les  Protestants  à  Beauharnois 


133 


donnée  à  la  congrégation  presbytérienne  de 
Beauharnois.  Le  Rév.  M.  Roach  dirigea  le 
groupe  presbytérien  de  Beauharnois  jus- 
qu'à sa  mort  en  1849.  Cette  année-là,  il  fut 
atteint  du  choléra  et  mourut  le  27  août. 
Il  fut  remplacé  par  le  Rév.  Thomas  Haig, 
qui  resta  à  Beauharnois  jusqu'en  1858. 

En  1859,  le  Rév.  L.  P.  Léger  fut  pasteur 
pendant  quelques  mois.  Le  Rév.  P.  Sym 
lui  succéda  en  1860  et  fut  pasteur  jusqu'en 
1874.  De  1876  à  1881  le  pasteur  presbyté- 
rien fut  le  Rev. 
T.  Bennett, 
et  de  1882  à 
1896,  le  Rév. 
J.-M.  Boyd. 
Depuis  le  25 
mars  1897,  le 
Rév.  J.  Dun- 
canAnderson, 
B.A.,  est  le 
pasteur  des 
presbytériens 
de  Beauhar- 
nois. 

Le  5  février 
1907,  le  grou- 
pe   presbyté- 
rien de  Cha- 
teauguay     se 
sépara  de  ce- 
lui de  Beauharnois;  le  pasteur  de  Beauhar- 
nois, qui  avait  desservi  jusque-là  les  deux 
groupes,  ne  fut  plus  désormais  qu'à  la  tête 
de  celui  de  Beauharnois. 

L'église  presbytérienne  de  Beauharnois 
est  l'une  des  plus  anciennes  du  genre  dans 
la  province. 


L'église  anglicane  de  Beauharnois  ne  date 
que  de  1895."'    Avant  cette  date,  les  angli- 


(t)  Rév.  A.-E.  Mount,  ministre  anglican.      (2)  ËÊlise  anglicane 


cans  de  Beauharnois  n'eurent  que  des  ser- 
vices d'occasion,  soit  par  des  missionnaires 
régionnaux,  soit  par  le  pasteur  de  Chateau- 
guay,  soit  par  l'évêque  au  cours  de  ses 
visites  pastorales;  missionnaires  et  évêques 
anglicans  recevaient  l'hospitalité  des  agents 
seigneuriaux.  Lorsque  les  EUice  cédèrent 
leur  seigneurie,  il  semble  que  les  services 
anglicans  cessèrent. 

En  1895,  les  employés  de  la  Dominion 
Woolen — originaires  pour  un  bon  nombre 

d'Angleterre 
— établirent 
une  desserte 
régulière  et  les 
services  se  fi- 
rent dans  la 
maison  d'éco- 
le protestan- 
te. 

Vers  le  mê- 
me temps  fut 
conçu  le  pro- 
jet d'une  égli- 
se que  permi- 
rent d'élever 
le  dévoue- 
ment de  M. 
R.-W.  Léo- 
nard et  la  gé- 
néroisité  du 
Dr  S.  Webb,  président  du  chemin  de  fer 
Saint-Laurent  et  Adirondack.  M.  Léonard, 
ingénieur  en  chef  des  travaux  de  construc- 
tion du  St.  L.  &  A.  sut  intéresser  au  projet 
d'éghse  anglicane  à  Beauharnois,  le  richis- 
sime président  de  la  compagnie,  le  Dr 
S.  Webb;  celui-ci  fit  don  à  la  communauté 
anglicane  d'un  terrain  situé  sur  la  rue 
Sainte-Catherine,  tout  près  de  la  station 
de  chemin   de  fer,   et  d'une  somme  addi- 


(1)  Notes  fournies  par  le  Rév.  A.-E.  Mount. 


134 


Histoire  religieuse  de  Beauharnois 


tionnelle  de  $500;  d'autres  généreux  dona- 
teurs, entre  autres  MM.  E.-A.  Robert  et 
R.-W.  Léonard,  aidèrent,  et  en  1897  une 
église  fut  ouverte  au  culte;  l'église  est 
dédiée  à  la  Sainte-Trinité  et  a  été  formelle- 
ment consacrée  en  octobre  1899  par  l'évêque 
W.-B.  Bond,  de  Montréal;  à  cette  occasion 
le  Dr  Webb  fit  don  d'une  cloche.  Le  cime- 
tière a  été  bénit  en  1901. 

Pendant  un  grand  nombre  d'années, 
l'église  fut  desservie  par  différents  pas- 
teurs venus  de  Montréal.  En  1914.  un  pres- 
bytère fut  bâti  et  le  Rév.  C.-E.  Scrim- 
gour  fut  le  premier  pasteur  résidant,  bientôt 
remplacé  par  le  Rév.  S.-B.  Lindsay.  Ac- 
tuelleinent — depuis  janvier  1919— la  com- 
munauté anglicane  de  Beauharnois  est 
dirigée  par  le  Rév.  A.-E.  Mount. 

Education 

L'éducation  protestante  remonte,  à  Beau- 
harnois, à  l'année  1830.  C'est  à  cette  date 
que  furent  établies  les  premières  écoles 
officielles — sous  des  syndics — et  ces  écoles 
furent  protestantes  par  les  maîtres,  par  les 
livres,  par  la  méthode  d'enseignement.  En 
1838,  le  curé  Quintal  peut  écrire  à  l'évêque 
qu'il  n'y  a  pas  encore  d'école  catholique  à 
Saint  -  Clément.  Catholiques  et  protes- 
tants fréquentent  la  même  école.  En  1843, 
la  séparation  se  fait  entre  catholiques  et  pro- 
testants. Le  curé  Carron  se  plaint  qu'il  n'y 
a  pas  de  livres  de  religion  cathoUque  à 
l'école  du  village,  et  il  met  les  catholiques 
en  garde  contre  l'usage  de  Bibles  protes- 
tantes. Alors,  les  protestants  se  retirent 
et  fondent  une  école  distincte.  Messieurs 
Robert  Wilson  et  Francis  Cowan,  mar- 
chands, donnent  un  terrain  sur  la  rue 
Nicholson,  à  perpétuité,  au  Rév.  Walter 
Roach  et  à  ses  successeurs  en  office,  dans  le 


but  d'ériger  une  maison  d'école.  Une  école 
est  immédiatement  construite  par  sous- 
criptions, et  une  somme  de  $200  est  fournie 
par  des  amis  de  Montréal. 

Le  Rév.  M.  Roach,  pendant  quelque 
temps,  ajouta  à  ses  fonctions  pastorales 
celle  d'instituteur,  et  il  eut  pour  successeurs 
des  hommes  qui  acquirent  plus  tard  de  la 
renommée,  tels  que  James  Richardson,  le 
plus  précieux  auxiliaire  de  Sir  William  Logan 
dans  ses  explorations  géologiques,  et  J.-C. 
Wilson,  manufacturier  de  papier.  Ces 
hommes  donnèrent  une  éducation  remar- 
quable qui,  temporairement,  attira  un 
grand  nombre  d'élèves.  L'évolution  de  la 
population  diminua  l'importance  de  l'école, 
et,  actuellement,  les  registres  attestent  une 
fréquentation  scolaire  d'à  peu  près  ving- 
cinq  élèves.  Cette  école  est  sous  le  régime 
des  écoles  dissidentes  de  la  Province  de 
Québec;  des  syndics  la  gouvernent.  Depuis 
un  grand  nombre  d'années,  le  président 
des  syndics  est  M.  James  Wilson,  vice- 
président  de  la  manufacture  Kilgour,  et  le 
Rév.  M.  J.-D.  Morrison,  D.D.,  ministre  en 
retraite,  occupe — à  titre  gracieux — la  charge 
de  secrétaire-trésorier. 

Lorsque  M.  E.-A.  Robert  acquit  la  pro- 
priété du  Manoir,  il  fit  don  d'un  terrain  sur 
le  côté  est  de  la  rue  Richardson,  et  c'est  là 
qu'est  maintenant  l'école  protestante;  au- 
paravant, elle  était  sur  le  terrain  compris 
dans  la  propriété  du  Manoir.  Vers  le 
même  temps,  le  Rév.  J.-D.  Anderson,  mi- 
nistre presbytérien,  avec  la  sanction  des 
autorités  de  Montréal,  céda  aux  syndics 
son  droit  de  propriété  sur  l'école,  et  c'est 
de  leur  autorité  que  dépend  maintenant 
complètement  le  régime  scolaire  protestant 
à  Beauharnois. 


Histoire  civile  de  Beauharnois 


135 


DEUXIÈME  PARTIE 


Histoire  Civile  de  Beauharnois 


Dans  cette  deuxième  partie,  nous  prenons 
le  mot  civil  dans  le  sens  de  laïque,  comme 
faisant  pendant  à  l'histoire  religieuse.  Nous 
voudrions  essayer  de  donner  une  idée 
aussi   juste   que   possible  de   ce   qu'a  été 


Beauharnois,  au  point  de  vue  civil,  depuis 
sa  fondation;  pour  cela,  nous  traiterons, 
en  quelques  chapitres,  de  Beauharnois  mu- 
nicipal, politique,  judiciaire,  militaire,  agri- 
cole, industriel  et  commercial. 


Beauharnois  municipal 


137 


CHAPITRE  PREMIER 


Beauharnois  municipal 


I.  PAROISSE  SAINT-CLEMENT 


U  point  de  vue  civil,  Beauhar- 
nois date  de  1835.  C'est  le 
10  juillet  de  cette  année — le 
même  jour  que  la  paroisse  de 
Sainte-Martine,  et  huit  jours 
après  la  paroisse  de  Saint- 
Timothée  -que  Lord  Aylmer,  conformé- 
ment à  un  rapport  de  MM.  Michael  O'Sul- 
livan,  Pierre  de  Rocheblave  et  Paul- Joseph 
Lacroix,  érigeait  la  paroisse  civile  de  Beau- 
harnois, avec  les  mêmes  Hmites  que  la  pa- 
roisse religieuse,  savoir: 

"Les  limites  de  la  dite  paroisse  Saint- 
Clément  comprendront  à  peu  près  deux 
lieues  et  demie  de  front  sur  à  peu  près  trois 
lieues,  dans  sa  plus  grande  profondeur: 
bornée  au  nord  par  le  lac  Saint-Louis;  à 
l'ouest  par  la  ligne  ouest  du  domaine  du 
Buisson,  la  dite  ligne  s'étendant  à  la  rivière 
Saint- Louis  et  montant  la  dite  rivière  jus- 
qu'à la  ligne  de  division,  entre  les  seconde 
et  troisième  concessions  de  North-George- 
town;  au  sud-ouest,  par  la  dite  ligne  qui 
sépare  la  dite  seconde  concession  de  la  troi- 
sième, la  dite  ligne  s'étendant  jusqu'à  la 
jonction  des  terres,  qui  sont  bornées  au- 
devant  par  la  rive  nord  de  la  rivière  du 
Loup  ou  Chateauguay,  au  sud-est  et  est  par 
la  profondeur  des  dites  terres  jusqu'à  la  base 


des  terres  du  Grand-Marais,  suivant  la  dite 
base  jusqu'aux  terres  qui  sont  bornées  au- 
devant  par  la  rivière  Chateauguay;  de  là, 
suivant  la  profondeur  des  dites  terres  jusqu'à 
la  ligne  seigneuriale  qui  sépare  Beauharnois 
de  Chateauguay;  et  finalement  au  nord-est, 
à  la  dite  ligne  seigneuriale  continuant  jus- 
qu'au lac  Saint-Louis  susdésigné."*" 

Cependant,  cette  érection  civile  n'était 
pas  une  érection  municipale,  ou  une  corpo- 
ration; l'acte  de  Lord  Aylmer  ne  faisait  que 
donner  à  la  paroisse  Saint-Clément  la  re- 
connaissance civile. 

* 

Ce  n'est  qu'en  1845  que  la  paroisse  Saint- 
Clément  fut  érigée  en  municipalité  distincte. 
Le  29  mars  1845,  le  parlement  des  Cana- 
das-Unis décrétait  une  loi*^^  "pour  l'éta- 
blissement d'autorités  locales  et  munici- 
pales dans  le  Bas-Canada";  et  en  vertu 
de  cette  loi,  le  18  juin  suivant.  Lord  Met- 
calfe  proclamait  l'érection  de  plusieurs  mu- 
nicipalités, parmi  lesquelles  la  paroisse 
Saint-Clément   de   Beauharnois. ''' 

Telle  est  l'origine  du  système  municipal 
à  Beauharnois. 


(1)  Subdivisions  du  Bas-Canada  en  paroisses,  Québec,  1853. 

(2)  8  Victoria,  chap.  40. 

(3)  Gazette  de  Québec,  1845. 


138 


Histoire  civile  de  Beauharnois 


Depuis,  la  paroisse  Saint-Clément  a  été 
plusieurs  fois  divisée;  en  1846,  on  en  a  ex- 
trait le  village  devenu  en  1863  la  ville  de 
Beauharnois;  en  1866,  la  paroisse  civile 
de  Saint-Etienne;  en  1916,  la  municipalité 
de  Maple  Grove,  et  en  1919  celle  du  Lac 
Saint-Louis.  Cependant,  jusqu'ici,  la  pa- 
roisse Saint-Clément  a  toujours  subsisté 
comme   corporation   municipale   distincte. 


Trudelle,  de  1885  à  1892;  Trefflé  Vincent, 
de  1892  à  1898;  Joseph  Boyer,  de  1898  à 
1900;  Pierre  Gauthier,  de  1900  à  1902; 
Louis  Loiselle,  de  1902  à  1908;  Trefflé 
Montpetit,  de  1908  à  1909;  Isidore  Hébert, 
de  janvier  à  septembre  1909;  Louis  Pri- 
meau,  de  septembre  1909  à  1910;  Joseph 
Lebœuf,  de  1910  à  1914;  Albini  Leduc,  de 
1914  à  1915;    Louis  Maheu,  de  1915  à  1916; 


GROUPE  DE  MAIRES  DE  SAINT-CLÈMENT 

MM.  (1)  Trefflé  Vincent.— (2)  Louis  Maheu.— (3)  Benjamin  Vinet.— (4)  Joseph  Boyer.— (5)  Pierre  Gauthier.- 

(7)  Théophile  Trudel.- (8)  J.-B.  Charlebois. 


-(6)  Louis  Primeau. 


Maires  de  Saint-Clément 

MM.  Henry  Bogue,  de  1845  à  1848;  Xa- 
vier Meloche,  de  1848  à  1855;  Antoine  Du- 
quette,  de  1855  à  1858;  Louis  Hainault,  de 

1858  à  1859;  Jean-Baptiste  Charlebois,  de 

1859  à  1868;  André  Leduc,  de  1868  à  1877; 
L.-A.  Bertrand,  de  1877  à  1878;  Célestin 
Bergevin,  de  1878  à  1882;  François  Leduc 
fils  d'Antoine,  de  1882  à  1885;  Théophile 


Ferdinand  Goyette,  de  1916  à  1917;  Louis 
Primeau,  de  1917  à  1919.  Depuis  1919, 
M.  Benjamin  Vinet. 

Plusieurs  de  ces  maires  ont  eu  l'honneur 
d'être  préfets  du  comté  de  Beauharnois;  ce 
sont  MM.  André  Leduc,  de  1875  à  1877; 
Louis  Loiselle,  en  1907;  Trefflé  Montpetit, 
en  1908;  Joseph  Lebœuf,  de  1911  à  1914. 

Il  est  évidemment  plus  difficile  de  refaire 


I 


Beauharnois  municipal 


139 


GROUPE  DE  CONSEILLERS  DE  SAINT-CLÊMENT 

MM.  (1)  Napoléon  Laberge.— (2)  Henri  Hébert.— (3)  François  Vallée.— (4)  Arthur  Gendron.— (5)  Etienne  Daoust.— (6)  Israël 
Lefebvre,  père.— (7)  Orner  Bnère.— (8)  Domina  Hébert.— (9)  Alphonse  Allard.— (10)  Arthur  Hainault.— (11)  Théophile  Paquette. 
(12)  Osias  Charlebois.— (13)  Télesphore  Boyer.— (14)  Octave  Allard.— (15)  Israël  Lefebvre,  fils.— (16)  Henri    Gendron.— 

(17  Charles  Boyer.— (18)  Urgel  Lefebvre. 


,/ 


Beauhaknois  municipal 


141 


la  liste  des  conseillers^'  ici  encore,  voici 
quelques  noms  connus:  en  1845,  Frs  Daoust, 
J.-Bte  Poirier  dit  Lafleur,  Louis  Trudelle, 
Joseph  Fichaud,  Isidore  Tremblay;  en  1847, 
Pierre  -  Michel  Leduc,  Chas  Legault,  Chs 
Bergevin,  Louis  Julien,  Timothy  Gor- 
man,  John  Severs;  en  1848,  Toussaint  Dan- 
durand,  Chs  Legault,  Chs  Bergevin,  Ar- 
chibald  O'Gilvie,  John  Graham,  Louis  Ju- 
lien; en  1849,  Louis  Julien,  Frs  Daoust, 
Toussaint  Dandurand,  Chs  Bergevin,  Chs 
Legault,  John 
Graham,  J. 
Fournier;  en 
1850,  R.  Bil- 
let, J.  Dame, 
Frs  Daoust, 
Joseph  Dou- 
tre,  J.  Fisher 
J.  Fournier, 
J.  Goyette, 
Louis  Julien, 
Chs  Legault, 
John  McGill; 
en  1851,  Ré- 
myBillet,Wil- 
liam  Crops, 
Joseph  Dou- 
tre,  Louis  Ju- 
lien, Pierre- 
Michel  Leduc, 
John  McGill,  Robert  Selkirke;  en  1852, 
Pierre- Michel  Leduc,  Chs  Tondu,  J.-Bte 
iJoutre,    Isoël    Marcille,  Robert   Colreich, 

(1)  Pour  les  secrétaires-trésoriers  de  la  paroisse  Saint-Clé- 
ment, voici  nuelques  noms:  Louis  Hainault,  Julien  Leduc, 
Napoléon  Laberee,  Joseph-Eugène  Leduc.  Voici  quelques 
noms  de  conseillers:  Canal:  Louis  Gagné,  Jérôme  Longtin, 
Michel  Ijcduc,  Alexis  Doutre,  Michel  I^eboeuf,  Ovide  Ga- 
gné, Ix)uis  Loiselle,  Télesphore  Bertrand,  Arthur  Hainault, 
Alfred  Hainault. — Sainte- Marie:  Jean-Baptiste  Leduc,  Chs 
Bover,  père,  François  Leduc,  Jérémie  Bougie,  père.  Napoléon 
Laberge,  père,  Joseph  Boyer,  Pierre  Gauthier,  Télesphore 
Boyer,  Napoléon  Laberge,  fils,  Osias  Peladeau,  Jérémie 
Bougie,  fils,  Albini  Leduc,  Henri  Gendron,  Arthur  Leduc — 
Sainle-Anne:  Bénoni  Montpetit,  Alexis  Faubert,  Michel 
Gendron,  F.-X.  Leduc,  Frs  Houle,  Urgel  Lefebvre,  Benjamin 
Vinet,  Guillaume  Leduc,  Trefflé  Montpetit,  Israël  Lefebvre, 
Henri  Gendron,  Albert  Leduc. — Bivière  Saint-Louis:  André 


MAIRES  DE  SAINT-CLÉMENT  OUI  ONT  ÉTÉ  PRÉFETS  DU  COMTÉ 

André  Leduc,  1875-1877  (3)     Louis  Loiselle,  1907  (2)     Trefflé  Montpetit,  1908  (4) 
Joseph  Lebœuf.  1911-1912-1913  (1) 


Georges  Brock,  Louis  JuUen,  Narcisse  Bru- 
nette;  en  1853,  Pierre- Michel  Leduc, 
J.-Bte  Hainault,  Pierre  Hainault,  dit  Des- 
champs, J.-Bte  Primeau,  J.-Bte  Doutre, 
Joseph  Doutre,  Isaïe  Garand,  Robert  Hall, 
George  EUiott,  John  Russell,  Michael  Cam- 
pion,  Alexis  Gibeau,  Chas  Legault;  en  1854, 
P.  -  M.  Leduc,  J.  -  Bte  Hainault,  Georges 
Elliott,  Robert  Hall,  Pierre  Hainault,  Jo- 
seph Doutre,  Chas  Legault,  Isaïe  Garand, 
John  Russell,  J.-Bte  Doutre;en  1855,  Joseph 

Shayer,  Isaïe 
Garand,  Chs 
Legault,  J.- 
Bte  Doutre, 
J.-Bte  Hai- 
nault, Pierre 
Hainault, 
James  Mills, 
Robert  Hall, 
John  Russell. 
En  1919,  le 
conseil  de 
Saint- C'ié- 
ment  est  com- 
posé comme 
suit  :  Maire, 
Benjamin 
Vinet  ;  con- 
seillers: MM. 
Orner  Laurin, 
Omer  Brière,  Alexis  Lemieux,  Arthur  Gen- 
dron, Joseph  Tisseur,  fils,  Joseph  Reid. 


Leduc,  Jérémie  Gendron,  Frs  Hébert,  Théophile  Trudel, 
Octave  AUard,  Chs  Boyer,  Isidore  Hébert,  Alphonse  AUard, 
Louis  Maheu,  Henri  Hébert,  Arthur  Gendron,  Omer-J.-B . 
Brière,  Henri  Boyer. — Saint-Georges:  J.-Bte  Tisseur,  père,  Frs 
Primeau,  Pierre  Poissant,  Trefflé  Vincent,  Damase  Bonnier, 
J.-Bte  Tisseur,  fils,  Ixrnis  Primeau,  Théophilo  Paquette, 
Joseph  Tisseur,  Isaïe  Laberge,  Alexis  Lemieux,  Joseph  Tis- 
seur, jeune. — Sl-Francois  de  la  lieauce:  Arsène  Charlebois, 
atné,  J.-Bte  Charlebois,  Paul  Ijebœuf,  Joseph  Prégent,  Arsène 
Charlebois,  Ovila  Daoust,  Joseph  Laberge,  Arthur  Goyette, 
Joseph  Ijebœuf,  Osias  Charlebois,  Omer  Charlebois,  Omer 
Laurin. — Bas  du  Fleuve:  Louis  Hébert,  Pierre  Lajambe,  Jo- 
seph Goyette,  Paul  Gendron,  Gieoffroy  Hébert,  Auguste 
Hébert,  Frs  Hébert  fils  de  Fra.  Frs  Hébert,  Louis  Brazeau, 
Jules  Boyer,  Domina  Hébert,  Ferdinand  Govette,  Wilfrid 
Hébert. 


142 


Histoire  civile  de  Beauharnois 


II.— VILLAGE  DE  BEAUHARNOIS»' 


C'est  en  1846  qu'a  été  démembrée  la 
paroisse  civile  de  Saint-Clément  de  Beau- 
harnois et  qu'a  été  formé  le  village  de  Beau- 
harnois. Le  29  mars  1845,  nous  l'avons 
dit  plus  haut,  le  Parlement  adoptait  un 
Acte  pour  rappeler  certaines  Ordonnances  y 
mentionnées,  et  pour  mieux  pourvoir  à  l'éta- 
blissement d'autorités  locales  et  municipales 
dans   le   Bas-Canada. 

Cette  loi  s'occupait,  d'abord,  des  parois- 
ses, et  nous  avons  rappelé  que  c'est  en  vertu 
de  cet  acte  que  la  paroisse  municipale  Saint- 
Clément  a  été  érigée. 

Dans  une  seconde  partie,  la  même  loi 
permettait  aux  groupes  de  plus  de  soixante 
habitations  de  se  constituer  en  village,  et 
voici  comment  :  les  habitants  d'un  tel  grou- 
pement pouvaient — si  la  majorité  y  con- 
sentait— s'adresser  au  conseil  de  la  paroisse 
pour  que  ce  conseil  voulût  bien  fixer  les 
limites  du  nouveau  village  à  constituer. 
Le  conseil  de  paroisse  devait  envoyer  une 
copie  de  cette  détermination  de  limite 
au  gouverneur-en-conseil,  lequel  érigeait 
officiellement  le  nouveau  village.  Et  c'est 
ce  qui  eut  lieu  à  Beauharnois. 

La  paroisse  était  constituée  le  18  juin; 
peu  après,  les  gens  du  village  manifestaient 
l'intention  de  s'ériger  en  village  distinct; 
le  conseil  de  paroisse  fixait  les  limites,  et  le 
23  juillet  1846,  Lord  Cathcart  érigeait 
le  village  de  Beauharnois  avec  les  limites 
suivantes  : 

"Le  dit  village  de  Beau- 
-harnois sera  borné  et  limité  comme  suit:  en 
"front  vers  le  nord-ouest  par  le  lac  Saint- 
" Louis,  en  profondeur  vers  le  sud-est  par  le 
"lot  numéro  trente-et-un  de  Annstown,  dans 

(1)  Ces  notes  sur  le  village  et  la  ville  de  Beauharnois  sont 
dues,  en  grande  part,  au  travail  de  l'ex-secrétaire  de  la  ville, 
feu  F.-X.  Leduc,  qui  avait  bien  voulu  parcourir,  à  cette  fin, 
tous  les  procès-verbaux  de  la  Corporation. 


'la  concession  connue  sous  le  nom  de  la 
'Beauce;  au  nord-est  par  le  chemin  de  des- 
'cente  conduisant  de  la  dite  concession  de  la 
'Beauce  au  dit  lac;  au  sud-ouest,  partie  par 
'la  Rivière  Saint-Louis,  depuis  son  embou- 
'chure,  dans  le  dit  Lac  St-Louis,  jusqu'à 
'l'extrémité  nord-est  du  pont  érigé  sur  la  dite 
'rivière;  de  là  suivant  le  milieu  du  chemin 
'de  front  vers  le  nord-est  jusqu'au  milieu  du 
'chemin  conduisant  à  la  terre  de  la  Fabrique 
'de  la  dite  paroisse,  de  là  vers  le  sud-est  le 
'long  du  milieu  du  dit  chemin  jusqu'à  la  ligne 
'nord-ouest  de  la  dite  terre  de  la  Fabrique,  de 
'là  vers  le  nord-est  le  long  de  la  dite  ligne 
'jusqu'à  la  ligne  nord-est  de  la  dite  terre;  de 
'là  vers  le  nord-ouest  le  long  de  la  dite  ligne  et 
'sa  prolongation  jusqu'à  l'intersection  de  la 
'ligne  sud-est  du  lot  numéro  trente-et-un 
'susdit,  oxi  borne  du  dit  village  ci-dessus 
'mentionné" . 

(Fyle  Canada  Gazette  1846,  p.  3069). 

Peu  après,  des  élections  étaient  faites  et 
les  conseillers  élus  étaient  Lawrence  George 
Brown,  Toussaint  Payment,  Jacob  Lamon- 
tagne,  Robert  Orr  Wilson,  Antoine  Boyer, 
Pierre  Sarault,  et  Robert  Johnston.  A  leur 
première  assemblée,  le  10  septembre  1846, 
Lawrence  Beorge  Brown — agent  des  sei- 
gneurs EUice— «tait,  à  l'unanimité,  choisi 
comme  maire,  et  Toussaint  Champeau  était 
engagé  comme  secrétaire-trésorier.'^' 

En  septembre  1849,  le  Conseil  se  compose 
comme  suit:  Maire,  L.-G.  Brown;  con- 
seillers, Toussaint  Rochon,  Luc  Malette, 
Alex.  McMartin,  Rob.  Johnston,  Jos.  Thi- 
bault, Toussaint  Champeau,  jr.  Peu  après 
Jacob  Lamontagne  et  Frs  Boissonnault  rem- 
placent McMartin  et  Johnston.     Chs   T. 


(2)  Les  procès-verbaux  du  village  ont  été  rédigés  en  an- 
glais, jusqu'au  2  novembre  1847.  Aucun  procès-verbal  n'est 
inséré  du  26  juin  1848  au  8  juin  1855. 


Beauharnois  municipal 


143 


Champeau,  jr.,  remplace  Toussaint  Cham- 
peau  comme  secrétaire-trésorier,  à  un  salaire 
de  $25  par  année. 

En  1855,  le  maire  est  le  notaire  Joseph 
Léonard;  les  conseillers  sont  le  Dr  Moïse 
Sabourin,  MM.  Toussaint  Rochon,  Geo.-B. 
Duncan,  N.-T.  Sarault,  David  Lemerise, 
John  Caverhill;  le  secrétaire  est  le  notaire 
J.-G.  Longpré.  En  juillet  1855,  Robert 
Johnston  devient  maiye,  et  les  conseillers 
sont  Ovide  Payment,  D.  Lemerise,  N.-T. 
Sarault,  Pierre  Gendron,  Alex.  McMartin. 

En  1855,  Joachim  Brossoit  remplace  J.- 
G.  Longpré  au  secrétariat,  et  il  est  rem- 
placé dans  cette  fonction  par  le  notaire  J. 
Léonard,  en  novembre  1856. 

En  1857,  André  Leduc  est  conseiller,  ainsi 
que  H.-H.  McFarlane,  arpenteur. 

En  1858,  le  maire  est  Thomas  Caverhill; 
les  conseillers  sont  John  L.  Cassidy,  Tous- 
saint Rochon,  Geo.-B.  Duncan,    Ls  Bran- 


chaud,  O.  Paj^ment,  P.  Gendron  et  James 
Keith,  agent  du  seigneur  Ellice. 

Le  18  août  1859,  John  L.  Cassidy  rem- 
place à  la  mairie  T.  Caverhill.  En  janvier 
1860,  le  maire  est  le  Dr  Moïse  Sabourin  ;  les 
conseillers  sont  Toussaint  Rochon,  Chas 
Rapin,  Michael  Martin,  Jos.  Gendron,  Ku- 
tusoff  Nicholson,  André  Leduc;  le  notaire 
Longpré  est  secrétaire.  Le  15  août  de  cette 
année,  Frs  Secours  devient  conseiller  à  la 
place  de  J.  Gendron. 

Le  25  février  1861,  le  conseil  confie  à  C. 
Contant  la  construction  du  Marché.  La 
même  année,  en  septembre,  on  constate  la 
disparition  du  livre  des  minutes. 

En  1862,  Toussaint  Rochon  est  maire;  les 
conseillers  sont  M.  Martin,  Wm.  Hender- 
son,  Wm  Crops,  F.-X.  Montmarquet,  Paul 
Gendron,  J.-Bte  Roy;  N.  Sarault  est  en- 
gagé comme  constable  à  la  place  de  J.-Bte 
Lefebvre. 


IIL— VILLE  DE  BEAUHARNOIS 


En  1863,  "considérant  l'accroissement 
de  la  population  du  village  de  Beauharnois, 
et  que  les  dispositions  des  lois  municipales 
ne  suffisent  point  à  ses  habitants  pour 
opérer  les  améliorations  qu'ils  se  proposent 
de  faire,  et  que  le  conseil  municipal  du  dit 
village  a  représenté  qu'il  serait  nécessaire 
que  de  plus  amples  dispositions  soient  faites, 
et  qu'il  serait  désirable  que  le  dit  village  fut 
incorporé  comme  ville  sous  le  nom  de 
"Beauharnois";  Sa  Majesté,  "par  et  de 
l'avis  et  du  consentement  du  conseil  législa- 
tif et  de  l'assemblée  législative  du  Canada", 
décrète  l'incorporation  de  Beauharnois  en 
ville,  sous  le  nom  de  le  maire  et  le  conseil  de 
la  ville  de  Beauharnois. ^^^ 


A  la  nouvelle  ville,  la  législature  donnait 
les  bornes  et  les  limites  suivantes:  "Com- 
mençant au  lac  Saint-Louis  sur  la  ligne  entre 
les  lots  2  et  3,  rang  du  Lac  Saint-Louis,  à 
Annstown,*"'  de  là  suivant  la  dite  ligne  dans 
la  direction  sud-est  jusqu'à  ce  qu'elle  at- 
teigne la  continuation  de  la  ligne  de  pro- 
fondeur du  terrain  de  la  prison  et  cour  de 
justice  du  district;  de  là,  vers  l'ouest  par 
une  ligne  en  arrière  de  la  prison  et  cours  de 
justice  jusqu'au  chemin  de  Beauce;  de  là 
vers  l'ouest  sur  une  ligne  parallèle  avec  la 
rue  Hannah,  dans  la  dite  ville  de  Beauhar- 
nois, jusqu'au  côté  nord-ouest  du  chemin 
Saint-Louis;  de  là  vers  le  nord-ouest  et  à 
angles  droits  avec  le  chemin  Saint-Louis 


(1)  Statuts  du  Canada,  1863.  (Ilètne  session),  p.  157.  de  transcription;  la  faute  est,  d'ailleurs,  corrigée  dans  I>e- 

(2)  Le  texte  porte  Ormstown;  c'est  évidemment  une  cireur      champs:  "Liste  des  MunicipalUés,"  p.  19. 


144 


Histoire  civile  de  Beauharnois 


jusqu'au  centre  de  la  rivière  Saint-Louis;  de 
là  suivant  la  dite  rivière  Saint-Louis  jus- 
qu'au dit  lac  Saint-Louis;  et  de  là  jusqu'au 
point  de  départ." 

La  nouvelle  ville  était  divisée  en  trois 
quartiers  :  le  nord,  comprenant  la  rue  Saint- 
Laurent,  toutes  les  rues  allant  de  cette  rue 
au  fleuve,  et  tous  les  emplacements  ayant 
leur  front  sur  cette  rue;  le  centre,  compre- 
nant la  rue  EUice,  toutes  les  rues  allant  de 
la  rue  Saint-Laurent  à  la  rue  Ellice,  et  tous 
les  emplacements  ayant  leur  front  sur  la 
rue  Ellice;  le  sud,  comprenant  la  rue  Han- 
nay,  toutes  les  rues  allant  au  domaine  Saint- 
Louis,  et  tous  les  emplacements  ayant  front 
sur  la  rue  Hannah.  Le  conseil  de  ville  de- 
vait se  composer  d'un  maire  et  de  six  con- 
seillers. La  charte  de  création  de  la  ville 
contient  56  articles  et  prend  30  pages  des 
Statuts;  le  mode  d'administration  de  la 
ville  y  est  décrit  par  le  détail,  comme  aussi 
y  sont  précisés  les  droits  et  les  devoirs  des 
divers  officiers  de  la  ville.  Je  note  quelques 
dispositions  essentielles  : 

"Le  maire  sera  élu  pour  une  année  seule- 
ment. .  les  conseillers  demeureront  en  office 
pendant  deux  années."  (Art.  8.)  "Quatre 
membres  du  conseil  formeront  quorum." 
(Art.  9)  "Toutes  les  séances  du  conseil  se- 
ront publiques,  excepté  seulement  lorsque 
le  conseil  aura  à  juger  de  la  conduite  des 
membres  de  son  propre  corps  pour  quelque 
cause  que  ce  soit,  cas  auquel  il  sera  loisible 
au  dit  conseil  de  siéger  à  huis  clos."  (Art. 
16.)  "Les  propriétés  suivantes  seront  ex- 
emptes de  taxation:  toutes  terres  et  pro- 
priétés de  Sa  Majesté;  toutes  propriétés  et 
constructions  provinciales;  tout  lieu  con- 
sacré au  culte  public,  maison  presbytériale 
et  ses  dépendances,  ainsi  que  tout  cime- 
tière; toute  maison  d'école  publique  et  le 

(1)  38  Victoria,  oh.  77. 


terrain  sur  lequel  elle  est  construite;  tout 
établissement  ou  maison  d'éducation  ainsi 
que  le  terrain  sur  lequel  il  est  construit; 
tout  bâtiment,  terrain  ou  propriété  occupé 
ou  possédé  par  des  hôpitaux  ou  autres 
établissements  de  charité  ou  d'éducation." 
(Art.  46.) 

Une  douzaine  d'années  plus  tard,  en 
1875,"'  les  limites  de  la  ville  furent  mo- 
difiées dans  les  termes  et  avec  les  effets  sui- 
vants: "Commençant  au  lac  Saint-Louis,  à 
la  Hgne  entre  les  lots  2  et  3,  concession  du 
lac  Saint-Louis,  dans  Annstown;  de  là  sui- 
vant la  dite  ligne  dans  la  direction  sud-est, 
jusqu'à  ce  qu'elle  atteigne  la  continuation 
de  la  ligne  de  profondeur  du  terrain  de  la 
prison  et  de  la  cour  de  justice  du  district  de 
Beauharnois;  de  là  vers  l'ouest,  par  une 
ligne  en  arrière  de  la  prison  et  cour  de  justice 
jusqu'au  centre  du  chemin  de  la  Beauce; 
de  là  vers  l'ouest  sur  une  ligne  parallèle, 
avec  la  rue  Hannah  dans  la  dite  ville, 
jusqu'au  côté  sud-est  de  la  rivière  Saint- 
Louis,  à  un  point  qui  se  trouve  en  droite 
ligne,  à  une  distance  de  4,336  pieds  du  cen- 
tre du  dit  chemin  de  Beauce,  et  aussi  à  une 
distance  en  droite  ligne,  du  centre  du  che- 
min Saint-Louis,  de  720  pieds;  de  là,  tra- 
versant la  dite  rivière  Saint-Louis,  en  ligne 
droite  parallèle  au  chemin  public  qui  con- 
duit au  canal  de  Beauharnois,  jusqu'à  la 
ligne  nord-est  de  la  propriété  de  Louis  Leduc 
connue  comme  lot  n°  2  du  premier  rang  de 
Marystown;  de  là,  en  continuant  cette 
ligne  vers  le  nord-ouest,  le  long  de  la  ligne 
est  de  la  dite  propriété  Leduc,  jusqu'au  dit 
lac  Saint-Louis." 

Une  modification  de  charte  avait  de 
nouveau  lieu  en  1884,  d'après  laquelle  le 
pont  de  la  rivière  Saint-Louis  était  mis  à  la 
charge  de  la  Corporation  de  la  ville  de 
Beauharnois.    (47  Victoria,  ch.  86.) 


Beauhabnois  municipal 


145 


GROUPE  DE  MAIRES  DE  LA  VILLE  DE  BEAUHARNOIS 

(1)  U.-J.  RobUlard.— (2)  J.  Lynch.— (3)  P.-C.  Duranceau.— (4)  C.  Guimond.— (5)  A.-R.  Primeau.— (6)  L.-R.  Baker.— (7)  L.-A, 
Seers.- (8)  Ant.  Lefebvre.— (9)  Thos.  Brossoit.— (10)  Jul.  Leduc— (11)   E.-H.  Bisson.— (12)  J.-W.  WUson.- (13)  Ferd.  Leduc 
(14)  Job.  Deslaïuiers.— (15)  J.-G.  Laurendeau.— (16)  G.  Huot.— (17)  Narc.  Deslauriere.  —(18)  G.  Léonard.- (19)  J.-B, 
meau.— (20)  R.  Miron.— (21)  L.  Z.  Leduc— (22)  H.  Bourgie.  —(23)  Eue  Théoret. 


Pri- 


Beauharnois  municipal 


147 


GROUPE  D'ECHEVINS  DE  LA  VILLE  DE  BEAUHARNOIS 

(1)  Le  notaireL.-C.  Tassé,  sec.-trés.  pendant  29  ans.— (2)  Am.  Mathieu.— (3)  Lionel  Gougeon.— (4)  J.-B.  Roy,  père.— (5)  Ror. 
Hébert.— (6)  W  Bourdon.- (7)  L.  Primeau.- (8)  Alph.Goyette.— (9)  Ulr.Laplante.— (10)  H.  Roy.— (11)  J.  Portier.- (12)  Eus. 
Boyer.— (13)  Alf.  LimoRes.    -ri4)  Stan.  Dorais.— (15)  And.  Roy.— (16)  J.-L.-E.  Guimond.— (17)  Cyp.  Martin.— (18)  Nap. 

Primeau.— (19)  W.  Noreau.— (20)  J.-B.  Roy,  fils. 


Beauharnois  municipal 


149 


En  1893,  la  ville  passait  sous  la  loi  géné- 
rale des  villes  telle  que  codifiée  en  1888. 
(56  Victoria,  ch.  55.) 

En  1907,  une  refonte  plus  importante 
avait  lieu,  qui  traitait  surtout  des  taxes  et  du 
système  d'aqueduc.  (7  Edouard  VII,  ch.  70.) 

En  1908,  la  ville  passait  sous  la  loi  géné- 
rale des  Cités  et  Villes;  ses  bornes  étaient 
quelque  peu  modifiées,  au  moins  dans  les 
termes;  au  nord-est,  la  ville  est  bornée  par 
les  lots  connus  et  désignés  sous  les  Nos  48  et 
54  du  livre  de  renvoi  officiel  de  la  paroisse 
Saint-Clément;  au  sud-est  par  les  lots  Nos 
51-125-128-266;  au  sud-ouest  par  les  lots 
Nos  267-268;  au  nord-ouest  par  le  lac  Saint- 
Louis.    (8  Ed.  VII,  chap.  93.) 

De  nouveau,  en  1912,  de  légers  amende- 
ments étaient  faits  à  sa  charte,  en  faveur 
de  la  compagnie  de  papier  Howard  Smith. 

Voici  maintenant  le  nom  des  maires  et  des 
échevins  de  la  ville  de  Beauharnois,  depuis 
sa  fondation. — 

1864. — Maire,  Ulysse- Janvier  Robillard; 
échevins,  O.  Payment,  Wm  Henderson, 
Ls  Bocage,  Isaïe  Chevrefils,  John-H.  Ger- 
non,  Pierre  Gendron,  T.  Rochon;  le  notaire 
Jos.  Léonard  est  secrétaire-trésorier.  Le 
6  janvier,  L.-N.  Dumouchel  est  nommé  se- 
crétaire, et  on  le  charge  de  faire  un  index 
des  délibérations  du  conseil  depuis  1846;  le 
29,  août  D.-A.  Saint-Amour  remplace  Ls- 
N.  Dumouchel  comme  secrétaire.  Le  6  mars 
1865,  Frs  Secours  est  nommé  échevin  en 
remplacement  de  T.  Rochon,  décédé. 

1866. — Maire,  U.-J.  Robillard;  échevins, 
P.  Gendron,  Frs  Secours,  Luc  Brunet,  J.- 
Bte  Grenier,   Félix  Chardron,  I.  Chevrefils. 

1867. — Maire,  J.  Lynch;  échevins,  Ni- 
colas Manny,  Chas  de  Martigny,  Siméon 
Gariepy,  J.-B.  Roy,  Félix  Chardron. 

1868.— Maire,  J.  Lynch;  échevins,  Chs 
de  Martigny,  J.-B.  Roy,    S.  Gariépy,  Coll. 


McFee,  Pierre  Giroux,  Pierre  Dagenais; 
Léandre  Vachon  remplace  J.-B.  Roy  le  1er 
janvier. 

1869. — Maire,  Pierre  -  Casimir  Duran- 
ceau;  échevins,  S.  Gariépy,  Cyr.  Contant, 
P.  Giroux,  P.  Dagenais,  C.  McFee,  Cyr. 
Guimond;  le  22  avril,  James  Lynch  remplace 
le  maire  P.  C.  Duranceau. 

1870. — Maire,  P.-C.  Duranceau;  éche- 
vins, J.-B.  Roy,  S.  Gariépy,  Jos.  Roy,  C. 
Guimond,  James  Smith,  Pierre  Gendron. 

1872. — Maire,  P.-C.  Duranceau;  éche- 
vins, C.  Guimond,  S.  Gariépy,  P.  Gendron, 
J.-B.  Roy,  Jas  Smith,  Pierre  Tessier. 

1873. — Les  mêmes  sont  réélus. 

1874.— Maire,  Cyrille  Guimond;  éche- 
vins, P.  Gendron,  S.  Gariépy,  P.  Tessier, 
Gilbert  Montpetit,  L.-R.  Baker,  James 
McCuUy. 

1875. — Maire,  C.  Guimond;  échevins,  L. 
R.  Baker,  S.  Gariépy,  G.  Montpetit,  J.-B. 
Roy,  P.  Tessier,  Antoine  Lefebvre.  En  sep- 
tembre l'échevin  S.  Gariépy  remplace  à  la 
mairie  C.  Guimond. 

1876.— Maire,  Dr  A.-R.  Primeau;  éche- 
vins, N.  Manny,  J.-B.  Roy,  Ant.  Lefebvre, 
G.  Montpetit,  P.  Bélanger,  M.  Labelle. 

1877. — Les  mêmes  qu'en  1876.  Le  no- 
taire E.-H.  Bisson  remplace  au  secrétariat 
D.-A.   Saint-Amour. 

1878. — Maire,  Dr-A.-R.  Primeau;  éche- 
vins, J.-B.  Roy,  Ant.  Lefebvre,  M.  Labelle, 
J.  Arthur  Lapointe,  J.-H.  Sullivan,  Paul 
Primeau. 

1879. — Maire,  L.-R.  Baker;  échevins,  J.- 
H.  Sullivan,  P.  Primeau,  M.  Labelle,  Jas 
McCully,  P.-N.  Trottier,  Julien  I^duc. 

1880.— Les  mêmes  qu'en  1879. 

1881. — Maire,  L.-A.  Seers;  échevins,  J.- 
H.  Sullivan,  Julien  Leduc,  J.  McCully,  P. 
Primeau,  E.-A.  Manny,  P.  Legault. 


150 


Histoire  civile  de  Beauharnois 


1882.— Maire,  L.-A.  Seers;  échevins,  J. 
Leduc,  E.-A.  Manny,  P.  Legault,  Ant. 
Lefebvre,  G.  Montpetit,  Moïse  Boyer. 

1883. — Maire,  L.-R.  Baker;  échevins, 
Ant.  Lefebvre,  G.  Montpetit,  M.  Boyer,  E.- 

A.  Manny,  J.-H.  Sullivan,  J.-W.  Kilgour. 
1884. — Les  mêmes  qu'en  1883. 

1885. — Maire,  Ant.  Lefebvre;  échevins, 
G.  Montpetit,  M.  Boyer,  J.-B.  Roy,  André 
Leduc,  fils,  Jos.  Deslauriers,  J.-A.  Lapointe. 

1886. — Maire,  Antoine  Lefebvre;  éche- 
vins, Jos.  Deslauriers,  J.-A.  Lapointe,  A. 
Leduc,  Pierre  Daoust,  J.-B.  Bonhomme, 
J.-B.  Robert. 

1887. — Maire,  L.-R.  Baker;  échevins,  J.- 

B.  Robert,  P.  Daoust,  J.-B.  Bonhomme, 
E.-A.  Manny,  P.  Primeau,  H.  Normandeau. 

1888. — Maire,  L.-R.  Baker;  échevins,  J.- 

B.  Bonhomme,  H.  Normandeau,  Julien 
Leduc,  Ant.  Viau,  P.  Primeau,  Jacob  Mar- 
chand. Le  notaire  L.-C.  Tassé  remplace 
M.  E.-H.  Bisson  comme  secrétaire. 

1889. — Maire, Thomas  Brossoit;  échevins, 
J.-B.  Bonhomme,  Ant.  Lefebvre,  Cyprien 
Fortin,  Julien  Leduc,  Roger  Hébert,  Ls 
Primeau. 

1890.— Maire,Thomas  Brossoit;  échevins, 

C.  Fortin,  Ant.  Lefebvre,  J.-B.  Bonhomme, 
Ls  Primeau,  James  Wilson,  J.-G.  Léonard. 

1891. — Maire,  L.-R.  Baker;  échevins, 
Jas  Wilson,  J.-G.  Léonard,  J.-B.  Primeau, 
Jos.  DeUsle,  Narc.  Deslauriers,  Ferd.  Leduc. 

1892. — Maire,  Julien  Leduc;  échevins, 
J.-B.  Primeau,  Jas  Wilson,  J.-G.  Léonard, 
Octave  Laurin,  N.  Deslauriers,  F.  Leduc. 

1893. — Maire,  J.  Leduc;  échevins,  J.-G. 
Léonard,  Jos.  Deslauriers,  Moïse  Boyer,  P. 
Legault,  Amédée  Mathieu,  Julien  Primeau. 

1894. — Maire,  E.-H.  Bisson;  échevins, 
H.  Normandeau,  Alf.  Limoges,  P.  Legault, 
Léandre  Vachon,  Alphonse  Goyette,   Oli- 


vier Desrosiers.  En  mars,  A.  Limoges  est 
remplacé  par  Ls  Primeau;  en  avril,  H.  Nor- 
mandeau est  remplacé  par  P.-N.  Trottier. 

1895. — Les  mêmes  qu'en  1894. 

1896. — Maire,  James  Wilson;  échevins, 
P.  Primeau,  Alph.  Goyette,  J.-B.  Primeau, 
J.-B.  Roy,  P.-N.  Trottier. 

1897.— Maire,  James  Wilson;  échevins, 
Jos.  Deslauriers,  P.  Legault,  J.-B.  Primeau, 
J.-G.  Léonard,  Ant.  Lefebvre,  P.-N.  Trottier. 

1898.— Maire,  Ferdinand  Leduc;  éche- 
vins, P.  Legault,  Jos.  Deslauriers,  M.  Boyer, 
James  Dickson,  le  Dr  G.  Huot,  Omer  Mar- 
chand. 

1899. — Maire,  Ferdinand  Leduc;  éche- 
vins, Jas.  Dickson,  O.  Marchand,  W.  Bour- 
don, Théodule  Olivier,  Siffroy  Gingras,  N. 
Beaudreau. 

1900. — Maire,  Jos.  Deslauriers;  échevins, 
Jas.  Dickson,  O.  Marchand,  W.  Bourdon, 
Théodule  Olivier,  Silïroy  Gingras,  N.  Beau- 
dreau. 

1901. — Maire,  J.-G.  Laurendeau;  éche- 
vins, 0.  Marchand,  Jas  Dickson,  J.-B. 
Primeau,  S.  Gingras,  W.  Bourdon,  Ant. 
Primeau;  en  février,  J.-G.  Kamerer. 

1902. — Maire,  J.-G.  Laurendeau;  éche- 
vins, W.  Bourdon,  S.  Gingras,  Néhémias 
Lefebvre,  J.-B.  Primeau,  J.-G.  Kamerer, 
Narc.   Deslauriers. 

1903.— Maire,  Dr  G.  Huot;  échevins,  J.- 
G.  Léonard,  Jos.  Emard,Alph. Goyette,  Néh. 
Lefebvre,  N.  Deslauriers,  J.-G.  Kamerer. 

1904.— Les  mêmes  qu'en  1903. 

1905. — Maire,  L.-A.  Seers;  échevins,  N. 
Deslauriers,  Néh.  Lefebvre,  W.  Bourdon, 
F.  X.  Leduc,  Stanislas  Dorais,  Raoul  Miron. 

1906. — Maire,  Narcisse  Deslauriers;  éche- 
vins, F.-X.  Leduc,  R.  Miron,  S.  Dorais, 
Th.  Olivier,  Alf.  Limoges,  Michel  Boyer. 


Beauharnois  municipal 


151 


1907. — Maire,  Narcisse  Deslauriers;  éche- 
vins,  R.  Miron,  Eus.  Boyer,  Michel  Boyer, 
D.-K.  Goodfellow,  Alf.  Limoges,  J.-G.  Léo- 
nard. 

1908. — Maire,  J.-G.  Léonard;  échevins, 
R.  Miron,  Eus.  Boyer,  P.  Primeau,  J.-B.  Pri- 
meau.  Désiré  Gariépy,  D.-K.  Goodfellow. 

1909. —  Les  mêmes  qu'en  1908. 

1910. — Maire,  J.-B.   Primeau;  échevins. 


1914. — Maire,  L.-Z.  Leduc,  remplacé  en 
février  par  H.  Bourgie;  échevins,  J.-B. 
Roy,  Jos.  Guimond,  Cyp.  Martin,  Néh. 
Lefebvre,  Lionel  Gougeon. 

1915. — Maire,  H.  Bourgie;  échevins,  A. 
Limoges,  J.-B.  Roy,  L.  Gougeon,  Cyp. 
Martin,  U.  Laplante,  Jos.  Guimond,  décédé 
au  cours  de  l'année  et  remplacé  par  F.-X. 
Godin. 


L'ADMINISTRATION  MUNICIPALE  EN  1919 

Première  rangée:  le  Conseil  de  Ville. — Deuxième  rangée:  la  Brigade  volontaire. — Dans  les  médaillons:  à  gauche,  M.  Léo  Mayer, 

à  droite,  M.  F.-X.  Leduc,  tous  deux  sec.-trés.  en  1919. 


J.-G.  Kamerer,  O.  Marchand,  R.  Miron, 
John  B.  Roy,  Ls  Primeau,  Eue.  Théoret. 

1912. — Maire,  R.  Miron;  échevins,  John 
Elliott,  L.-Z.  Leduc,  Nap.  Primeau,  Jos. 
Portier,  Amédée  Primeau,  Horm.  Roy. 

1913.— Maire,  R.  Miron;  échevins,  F.- 
X.  Leduc,  L.Z.  Leduc,  Horm.  Roy,  Jos. 
Fortier,  Nap.  Primeau,  Isaïe  Dagenais. 


1916. — Maire,  Euclide  Théoret;  échevins, 
Émery  Poirier,  U.  Laplante,  Jos.  Tessier,  F.- 
X.  Godin,  Stanislas  Dorais,  Côme  Goyette. 

1917. — Les  mêmes  qu'en  1916.  Au  cours 
de  l'année,  Horm.  Roy  remplace  F.-X. 
Godin.  Léo  Mayer  remplace,  au  secréta- 
riat de  la  ville,  le  notaire  L.-C.  Tassé  qui  en 
remplissait  les  fonctions  depuis  1888. 


152 


Histoire  civile  de  Beauharnois 


1918. — Maire,  E.  Théoret;  échevins, 
E.  Poirier,  U.  I^aplante,  W.  Noreau,  R. 
Miron,  André  Roy,  Horm.  Roy. 

1919.— Maire,  E.  Théoret;  échevins,  R. 
Miron,  E.  Poirier,  A.  Roy,  W.  Noreau,  U. 
Laplante,  Horm.  Roy.  Le  1er  avril,  F.- 
X.  Leduc  est  nommé  secrétaire-trésorier 
à  la  place  de  Léo  Mayer. 


Quelques  faits,  dans  l'histoire  de  Beauhar- 
nois, intéressent  la  vie  municipale  de  la  ville. 

Le  15  septembre  1889,  un  incendie  consi- 
dérable dévasta  le  centre  de  la  ville;  plu- 
sieurs maisons  situées  près  de  l'Hôtel-de- 
Ville  furent  complètement  détruites:  les 
pertes  furent  évaluées  à  $1 00,000.00.  Pour 
empêcher  le  renouvellement  d'un  semblable 
malheur,  le  conseil  de  ville  de  1890,  compo- 
sé de  MM.  Thomas  Brossoit,  maire,  James 
Wilson,  Louis  Primeau,  Jean-B.  Bon- 
homme, Cyprien  Fortin,  Antoine  Lefebvre, 
J.-G.  Ijéonard,  conseillers,  et  L.-C.  Tassé, 
N.-P.,  secrétaire-trésorier,  décida  la  cons- 
truction d'un  aqueduc  municipal;  les  plans 
furent  préparés  par  M.  J.-E.  Vanier,  ingé- 
nieur de  Montréal,  et  les  travaux  coûtèrent 
$44,000. 

En  1915,  le  conseil  de  ville  décida  l'achat 
d'une  pompe  électrique  au  coût  de  $1,425.00. 

Depuis  1890,  la  ville  de  Beauharnois  a 
donc  un  bon  système  de  protection  contre 
l'incendie;  une  brigade  volontaire  assure 
un  service  efficace.  Pendant  plusieurs 
années,  le  chef  de  cette  brigade  a  été  M. 
Delphis  Bergevin;  aujourd'hui,  il  est  rem- 
placé par  son  fils. 

Depuis  l'installation  des  canaux  d'égout, 
des  travaux  considérables  d'améliorations 


ont  été  faits,  surtout  en  l'année  1919.  La 
corporation  a  fait  construire,  au  coût  de 
$6,387.34,  un  canal  d'égout  sur  une  partie  de 
la  rue  Saint-Laurent  et  sur  la  rue  de  l'É- 
glise. 

La  ville  de  Beauharnois  à  aussi  un  très 
bon  système  d'éclairage  pubUc.  L'électri- 
cité pour  fins  d'éclairage  a  été  introduite 
dans  la  ville  par  Flavien-Guillaume  Bou- 
thillier,  avocat,  et,  en  1889,  par  J. -B.Robert, 
qui  ont  construit  les  premiers  plants  élec- 
triques, et  fourni  la  lumière  aux  contri- 
buables et  à  la  corporation  pour  l'éclairage 
des  rues. 

A  ce  Monsieur  Bouthillier  a  succédé  la 
compagnie  dite:  The  Beauharnois  Electric 
Light  Co.;  et  enfin,  en  1912,  une  nouvelle 
compagnie,  la  Beauharnois  Electric  Co., 
Limited,  a  acquis  les  droits  de  la  première, 
dont  l'avocat  A.-R.-W.  Plimsoll  était  pro- 
priétaire, et  depuis  cette  date  elle  fournit 
l'éclairage  à  la  ville  de  Beauharnois  et  aux 
municipalités  voisines. 

En  1915,  en  même  temps  qu'il  faisait 
l'acquisition  d'une  pompe  électrique  pour 
l'aqueduc  municipal,  au  coût  de  $1,425,  le 
conseil  de  ville*"  installait  un  nouveau 
système  d'éclairage  des  rues.  On  plaça  des 
lampes  tous  les  100  pieds,  et  pour  avoir  une 
lumière  constamment  forte,  on  loua  de  la 
Beauharnois  Electric  Co.,  50  forces  ou  che- 
vaux-vapeur, au  prix  de  $35.00  par  unité, 
avec  escompte  de  10  pour  cent.  Ces  travaux 
coûtèrent  $4,635.74.  La  dépense  annuelle 
est  donc  de  $1,575  (50  x  35)  plus  les  inté- 
rêts de  $1,425  (pompe  électrique)  et  $4,- 
635.74,  c'est-à-dire  $303.03,  soit  en  tout 
$1,878.03.  Auparavant,  il  n'y  avait  de 
lumières  qu'à  l'encoignure  des  rues;  actuel- 
lement, il  y  en  a  200;  cependant,  en  1914, 


(1)  Le  conseil  de  ville,  en  1915,  se  composait  comme  il  Godin,  Lionel  Gougeon.  Le  comité  spécial  chargé  de  voir  à 
suit:  Maire,  M.  Henri  Bourgie;  échevins,  MM.  Alf.  Limoges,  ces  travaux  comprenait  le  maire,  les  échevins  Roy  et  Limoges, 
J.-L.-E.    Guimond,    J.-Bte    Roy,    Cyprien    Martin,    F.-X.      et  le  secrétaire-trésorier  de  la  ville. 


Beauharnois  municipal 


153 


les  dépenses  pour  l'aqueduc  et  l'éclairage 
des  rues  étaient  de  $3,405.78;  c'est  donc 
une  économie  annuelle  de  $1,527.75  que 
cette  initiative  du  conseil  de  1915,  secondé 
par  les  bons  services  de  l'ingénieur  Cam, 
a  procurée  à  la  ville  de  Beauharnois.  Grâce 
à  ces  améliorations,  Beauharnois  a  l'un 
des  meilleurs  systèmes  d'éclairage  de  la 
province. 

Un  autre  élément  de  prospérité  pour  une 


extrémité  sud-ouest,  et  la  rue  de  l'Eglise, 
de  la  rue  Saint-Laurent  jusqu'aux  limites 
sud-est  de  la  ville;  ces  importants  travaux 
coûteront  approximativement  $33,000,  et 
sont  confiés  à  M.  Marins  Dufresne,  entre- 
preneur général. 

En  même  temps,  le  pont  dit  de  la  rivière 
Saint-Louis,  sur  la  rue  Saint-Laurent,  est 
refait  complètement;  un  nouveau  pont  en 


CONSEIL  DE  VILLE  DE  MAPLE  GROVE 

MM.  (1)  AuguslP  WLert,  maire,— (2)  Wilfrid  Wbert.— (3)  Frs  Hébert.— (4)  Adolphe  Primeau.— (5)  H.  Hébert.— (6)  P.  Brazeau. 


ville  est  le  bon  état  de  ses  chemins  publics. 
Beauharnois  l'a  compris  et  a  entrepris  une 
série  de  travaux  considérables  de  voirie; 
il  y  a  plusieurs  années,  les  principales  rues 
de  la  ville  avaient  été  macadamisées;  le 
travail  vient  d'être  repris;  en  1920,  la  cor- 
poration fait  macadamiser  la  rue  Saint- 
Laurent,  de  son  extrémité  nord-est  à  son 


béton  s'érige  actuellement  sous  la  direction 
de  M.  David  Manny,  LC;  les  travaux,  qui 
coûteront  environ  $29,000.00,  sont  confiés 
à  M.  Joseph  Nicoletti,  entrepreneur  de 
Joliette. 

Ces  différents  travaux  devront  contribuer 
à  rendre  à  la  ville  de  Beauharnois  sa  pros- 
périté d'autrefois. 


154 


Histoire  civile  de  Beauharnois 


IV.— LA  VILLE  DE  MAPLE  GROVE 


Depuis  le  1er  juin  1918,  de  la  municipalité 
Saint-Clément  est  détaché  un  territoire  ci- 
après  désigné,  et  érigé  en  ville  sous  le  nom 
de  Maple  Grove.  Il  appert,  en  effet,  d'a- 
près les  Statuts  provinciaux  de  1918,  "que 
la  très  grande  majorité,  en  nombre  et  en 
valeur,  des  contribuables  et  propriétaires 
de  ce  territoire",  a  demandé  de  former  une 
corporation  de  ville;  le  parlement  a  jugé 
à  propos  de  faire  droit  à  cette  requête  et  a,  le 
9  février,  par  un  statut  entré  en  force  le  1er 
juin,  érigé  en  ville  le  territoire  suivant 
faisant  jusqu'alors  partie  de  la  municipalité 
de  Saint-Clément  de  Beauharnois,  et  com- 
posé des  terrains  suivants: 

"1,  2,  3,  4,  5,  6,  7,  8,  et  les  subdivisions 
1  à  35  inclusivement,  et  70  à  155  inclusive- 
ment du  dit  lot  n°  8,  et  les  nos  9,  10,  11,  12, 
13,  14,  15,  16,  17,  18,  19,  20,  21,  22,  23, 
24,  25,  26,  27,  28,  29,  30,  31,  32,  33,  34,  35, 
36,  37,  38,  39,  40,  41,  42,  43,  44,  45,  46,  47, 
et  les  subdivisions  1  à  8  inclusivement  du  dit 
lot  n°  47,  et  les  nos  48  et  49,  et  la  partie  du 
lot  n°  50,  bornée  au  front  par  le  chemin 
public  et  partie  par  les  nos  50-1,  50-2, 
50-3,  subdivisés,  au  nord-est  par  le  n°  45 
et  par  partie  du  n°  62,  au  sud-est,  en  arrière 
partie  par  le  n°  62,  et  partie  par  le  résidu  du 
dit  lot  n°  50,  et  du  côté  sud-ouest,  partie  par 
la  ligne  limitative  entre  la  paroisse  de  Saint- 
Clément  et  la  ville  de  Beauharnois,  et 
partie  par  le  résidu  du  dit  lot  n°  50;  et  les 
subdivisions  1,  2,  3,  du  lot  n°  50;  la  partie 
du  lot  n°  559  étant  la  voie  ferrée  de  la  com- 
pagnie de  chemin  de  fer  St.  Lawrence  &  . 
Adirondack  Railway  Co.,  à  partir  du  lot  n° 


(1)  Statuts  de  Québec,  8  Georges  V,  1918,  p.  307. 


51  jusqu'à  la  ligne  limitative  entre  la  pa- 
roisse de  Saint-Clément  et  la  ville  de  Léry, 
la  lisière  de  terrain  appartenant  à  The  Can- 
adian  Light  &  Power  Co.,  et  longeant  la  voie 
ferrée,  à  partir  du  dit  n°  51  jusqu'au  comté 
de  Chateauguay,  et  aussi  le  n°  65;  le  tout 
étant  les  nos  officiels  du  cadastre  de  la  partie 
de  la  paroisse  de  Saint-Clément,  dans  le 
comté  de  Beauharnois,  située  entre  la  ville 
de  Beauharnois,  et  la  ligne  limitative  entre 
la  paroisse  de  Saint-Clément  et  la  paroisse 
de  Saint-Joachim  de  Chateauguay,  actuelle- 
ment ville  de  Léry,  et  désignée  aux  plan  et 
livre  de  renvoi  officiels  de  la  dite  paroisse  de 
Saint-Clément  de  Beauharnois." 

La  nouvelle  ville  est  soumise  aux  dispo- 
sitions de  la  loi  des  cités  et  villes;  le  con- 
seil municipal  se  compose  d'un  maire  et  de 
six  échevins  élus  pour  deux  ans;  la  ville 
n'a  qu'un  quartier. 

Le  conseil  de  ville  est  actuellement  (1919) 
composé  de  MM.  Auguste  Hébert,  maire; 
Henri  Hébert,  Wilfrid  Hébert,  Francis 
Hébert,  Adolphe  Primeau,  Prime  Brazeau, 
Alphonse  Reid,  échevins.  Monsieur  Jos.- 
Eugène  Leduc  a  été  secrétaire-trésorier 
jusqu'à  février  1920;  depuis  cette  date, 
cette  fonction  est  remplie  par  M.  J.  Fau- 
bert. 

Au  cours  de  l'été  de  1919,  la  ville  de 
Maple  Grove  a  commencé,  sous  la  direction 
de  M.  A.  Picard,  entrepreneur  général, 
d'importants  travaux  de  bons  chemins  qui 
doivent  procurer  une  belle  route  macada- 
misée de  Chateauguay  à  Beauharnois;  ces 
travaux  devront  coûter  environ  136,000.00. 


Beaitharnois'"municipal 


155 


V.— LE  VILLAGE  DU 

Enfin,  en  1919,  la  paroisse  Saint-Clément 
subit  un  dernier  démembrement.  La  ma- 
jorité des  propriétaires  de  Melocheville  s'a- 
dresse au  gouvernement  provincial  et  de- 
mande à  ce  qu'un  territoire  déterminé  soit 
détaché  de  la  paroisse  Saint-Clément  et 
érigé  en  municipalité  de  village.  Le  8  oc- 
tobre, le  gouvernement  fait  droit  à  cette 
requête,  et,  par  proclamation  du  lieutenant- 
gouverneur  en  conseil,  érige  "La  Munici- 


LAC  SAINT-LOUIS 

Vers  l'est,  la  ville  de  Beauharnois  et  la. 
rivière  Saint-Louis; 

Vers  le  sud,  la  quatrième  concession  de 
Marystown,  et  le  numéro  545  dans  la 
sixième  concession; 

Vers  l'ouest,  la  paroisse  de  Saint-Timo- 
thée  et  le  numéro  499  dans  la  quatrième 
concession. 

Ce  territoire  comprend  les  lots  numéros 
265  à  476  inclus;  du  cadastre  officiel  de  la 


MM.  (1)  Euclide  Montpetit, 

(5) 


CONSEIL  DU  VILLAGE  DU  LAC  SAINT-LOUIS 

maire. — (2)   Narcisse-Alphonse  Gendron. — (3)  John  Sullivan.- 
Adolphe  Pilon. — (6)  Arthur  Leduc. — (7)  Albini  Leduc. 


-(4)  Alfred  Hainault.— 


palité  du  village  du  Lac  Saint-Louis."^^''  Ce 
nouveau  village  comprend  le  territoire  sui- 
vant:  "dans  les  première,  deuxième, 

troisième  et  sixième  concessions  de  Marys- 
town de  la  Seigneurie  de  Beauharnois, 
borné  comme  il  suit: 

"Vers  le  nord,  le  lac  Saint-Louis  et  la 
ville  de  Beauharnois; 

(1)  GateUe  officielle  de  Québec,  18  oot.  1919,  p.  2442. 


paroisse  de  Saint-Clément,  ainsi  que  les 
lots  numéros  546,  547,  548  et  558,  ce  der- 
nier étant  le  droit  de  voie  du  chemin  de  fer 
St-Lawrence  &  Adirondack. 

Le  conseil  du  nouveau  village  se  compose 
comme  suit:  Maire,  M.  Euclide  Montpetit; 
conseillers,  MM.  Albini  Leduc,  Arthur 
Leduc,  Narcisse  Alphonse  Gendron,  Alfred 
Hainault,  John  Sullivan,  Adolphe  Pilon. 


Beauharnois  politique 


157 


CHAPITRE  DEUXIÈME 


Beauharnois  politique"' 


(1792-1830) 

E  Canada,  en  1791,  a  été  di- 
visé en  deux  provinces,  celles 
du  Haut  et  du  Bas  Canada; 
le  Bas-Canada,  comme  le 
Haut,  obtint  à  cette  date  une 
Chambre  d'Assemblée.  Le  7 
mai  1792,  une  proclamation  de  Sir  Alured 
Clark  divisa  le  Bas- Canada  en  comtés, 
"lie  onzième  de  ces  comtés — qui  sera  nommé 
Huntingdon — comprendra  le  reste  de  la  pro- 
vince du  Bas-Canada  sur  la  côte  sud  de  la 
rivière  Saint-Laurent  et  dans  la  rivière 
Sorel,  autrement  appelée  le  Richelieu  ou 
Chambly,  les  plus  voisines  du  dit  comté." 
C'est  de  ce  comté  de  Huntingdon  que  dé- 
pendait Beauharnois  jusqu'en  1829. 

Le  comté  avait  deux  députés  qui  furent 
successivement  : 

Hippolyte   Saint-Georges   Dupré,    du    10 
juillet  1792  au  31  mai  1796. 

Guillaume  de  Lorimier,  du  10  juillet  1792 
au  31  mai  1796. 

Joseph  Perinault,  du  20  juillet  1796  au 
4  juin  1800. 

Joseph-François  Perrault,   du  20  juillet 
1796  au  13  juin  1804. 

Jean-Bte  Raymond,  du  28  juillet  1800  au 
27   avril    1808. 


(1)  Notes  extraites  en  grande  partie  du  Guide  Parlemen- 
taire hist.  de  la  Province  de  Québec,  par  Jos.-Desjardins. 


Sir  A.  McKenzie,  du  6  août  1804  au  27 
avril  1808. 

Louis  de  Salaberry,  du  18  juin  1808  au  2 
octobre  1809. 

Jean-Antoine  Panet,  du  18  juin  1808  au 
22  mars  1814. 

Stephen  Sewell,  du  29  novembre  1809  au 
1er  mars  1810. 

Edme  Henry,  du  21    avril    1810  au    22 
mars  1814. 

Augustin  Cuillier,  du  13  mai  1814  au  22 
septembre  1830. 

Michel  O'Sullivan,  du  13  mai  1814  au  6 
août  1824. 

Jean-Moïse  Raymond,  du  28  août  1824 
au  2  octobre  1830. 

(1830-1841) 

Le  5  octobre  1829  était  faite  une  nouvelle 
division  du  Bas-Canada  et  l'un  des  nou- 
veaux comtés  était  celui  de  Beauharnois: 
"Le  comté  de  Beauharnois  sera  borné  au 
nord-est  par  le  comté  de  Laprairie,  au  nord- 
ouest  par  le  fleuve  Saint-Laurent,  et  au 
sud-ouest  et  au  sud  par  les  limites  méridio- 
nales de  la  Province,  ensemble  avec  la 
Grande  Ile  et  toutes  les  îles  les  plus  proches 
du  dit  comté  et  étant  en  tout  ou  en  partie 
vis-à-vis  d'icelui;  lequel  comté  ainsi  borné 
comprend  la  Seigneurie  de  Beauharnois  et 
les  townships  de  Hemmingford,  d'Hinchin- 


168 


HlSTOIKE    CIVILE    DE  BeAUHARNOIS 


brooke  et  Godmanchester,  et  l'étendue  des 
terres  des  sauvages  à  l'ouest  d'iceux,  s'é- 
tendant  jsuqu'au  village  sauvage  de  Saint- 
Régis,  inclusivement,  sur  les  limites  méridio- 
nales de  la  province."  {Statuts  de  1829, 
p.  483.) 

On  le  voit,  c'était  le  comté  actuel  de 
Beauharnois,  plus  le  territoire  des  comtés 
actuels  de  Huntingdon  et  de  Chateauguay; 
ces  limites  territoriales  subsisteront  jus- 
qu'en 1853. 

Le  comté  de  Beauharnois  eut  deux  dé- 
putés qui  furent,  du  26  octobre  1830  au  22 
mars  1838,  Charles  ArchamhauU^^  et  Jacob 
de  Witt: 

Ce  fut  ensuite  le  Conseil  spécial  de  Col- 
borne,   puis  l'Union. 

(1841-1854) 

L'Acte  d'Union  ne  donna  qu'un  député 
aux  comtés  pour  l'Assemblée  de  la  Province 
du  Canada;  le  territoire  du  comté  de  Beau- 
harnois ne  fut  pas  modifié  dans  ses  limites. 
Beauharnois  eut,  pendant  la  période  1841- 
1854,  les  cinq  députés  suivants: 

John  William  Dunscomb,  du  8  avril  1841 
au  15  juillet  1842. 

Edward  G.  Wakefield,  du  9  novembre 
1842  au  23  septembre  1844. 

Eden  Calville,  du  12  novembre  1844  au 
6   décembre   1847. 

Jacob  de  Witt,  du  24  janvier  1848  au  6 
décembre  1851. 

Ovide  LeBlanc,^^^  du  12  décembre  1851  au 
23  juin  1854. 


(1)  Charles  Archambault  fut  un  personnage  local  consi- 
dérable; il  fut  arpenteur  pour  la  seigneurie  EUice,  commissaire 
et  inspecteur  d'écoles,  et  député. 

(2)  Ovide  LeBlanc  était  notaire;  il  exerça  sa  profession  à 
Beauharnois  pendant  plusieurs  années;  il  y  fut  constamment 
le  rival  et  l'adversaire  du  notaire  Ls  Sarault,  de  légendaire 
mémoire.   Il  mourut  à  Portage-du-Fort,  Québec. 

(3)  Saint-Stanislas,  Saint-Êtienne  et  Valleyfield  n'existaient 
pas  encore  comme  paroisses  distinctes. 


(1854-1867) 

En  1853,  le  comté  de  Beauharnois  fut 
divisé;  on  lui  donna  pour  limites:  au  nord- 
est  et  au  sud-est  le  comté  de  Chateauguay; 
au  nord-ouest  le  fleuve  Saint-Laurent;  au 
sud-ouest  les  limites  sud-ouest  de  la  seigneu- 
rie de  Beauharnois.  Le  comté  comprenait 
toutes  les  îles  nearest  to  and  wholly  or  in 
part  opposite  to  said  county;  il  se  composait 
des  paroisses  de  Saint-Clément,  Saint-Ix)uis- 
de-Gonzague  et  Saint-Timothée.*'' 

Nos  députés  furent,  à  cette  période, 
Charles  D'Aoust,^'^  du  2  août  1854  au  28 
novembre  1857;  Gédéon  Ouimet,^^^  du  5 
janvier  1858  au  10  juin  1861,  et  Paul  Denis,^^^ 
du  8  juillet  1861  au  1er  juillet  1867. 

(1867-1920) 

Depuis  la  Confédération,  les  limites  ter- 
ritoriales du  comté  de  Beauharnois  n'ont  subi 
aucune  modification;  ce  comté  comprend 
actuellement  les  paroisses  de  Valleyfield  et 
Bellerive,  Beauharnois,  Saint  -  Timothée, 
Saint-Êtienne,  Saint-Louis-de-Gonzague  et 
Saint-Stanislas .  Notre  comté,  comme  les 
autres,  a  eu,  depuis  1867,  deux  séries  de 
députés;  les  uns  siégeant  au  Parlement 
fédéral,  à  Ottawa;  les  autres  au  Parlement 
provincial,  à  Québec.    En  voici  la  liste: 

Députés  au  Parlement  fédéral 

Michael  Cayley,^^^  du  7  septembre  1867 
au  8  juillet  1872. 

Ulysse-J.  Robillard,^'^  du  17  août  1872  au 
17  août  1878. 


(4)  Enfant  de  Beauharnois,  journaliste  et  avocat  de  renom 
de  Montréal. 

(5)  Plus  tard  premier  ministre  de  la  province  de  Québec 
et  surintendant  de  l'Instruction  publique. 

(6)  Avocat  de  Beauharnois. 

(7)  Michsel  Cayley  était  un  immigré  irlandais  qu'adopta 
et  protégea  M.  le  curé  Charland;  grâce  à  cette  bienveillante 
protection,  il  fit  un  cours  classique,  devint  avocat  et  député. 
Il  a  laissé  une  enviable  réputation  d'orateur  populaire.  Il 
mourut  à  33  ans,  en  1878. 

(8)  Marchand  de  Beauharnois,  décédé  à  Montréal  en  1900. 


BeauhaRnois  politique 


159 


BEAUHARNOIS  POLITIQUE 


(1)  Sir  G.-E.  Cartier.— (2)  Sir  L.  (iouin.— (3)  L'Hon.  L.  Renaud.— (4)  L'Hon.  A.  Racine.— (5)  L'Hon.  D.  Rolland.— (0) 
L'Hon.  F.-X.-A.  Trudel.— (7)  L'Hon.  F.-L.  Béique.— (8)  L'Hon.  Ci.  Ouimet.— (9)  J.-d.-H.  Bergeron.— (10)  M.-A.  Bergevin, 
M.P.P.— (11)  U.-J.  Robillard.— (12)  M.-A.  Plante,  C.R.— (13)  M.  Plant*.— (14)  M.-L.-J.  Papineau,  M.P.— (16)  M.Cayley. 
—(16)  P.  Denis.— (17)  C.  Bergevin.— (18)  C.  D'Aoust.— (19)  K.-H.    Bisson.— (20)  M.  E.-A.  Robert. 


Beauhaenois  politique 


161 


Michael  Cayley,  du  17  septembre  1878  au 
3  décembre  1878,  date  de  sa  mort. 

J.-G.-H.  Bergeron,'-^^  du  9  janvier  1879  au 
9  octobre  1900. 

George  M.  Loy,^^^  du  7  novembre  1900  à 
1902,  et  du  26  mars  1902  à  1904. 

J.-G.-H.  Berger  on,  du  3  novembre  1904 
au  17  septembre  1908. 

L.-J.  Papineau,'^^  du  26  octobre  1908  au 
29  juillet  1911;  du  21  septembre  1911  à 
décembre  1917;  et  depuis  le  17  décembre 
1917. 

Sénateurs 

Beauharnois  fait  aussi  partie  d'une  divi- 
sion sénatoriale  (Salaberry);  voici  la  liste 
de  ses  sénateurs,  depuis  1867: 

L'Honorable  Louis  Renaud,  du  22  mai 
1867  au  30  octobre  1873. 

L'Honorable  F.-X.-A.  Trudel,  du  31  oc- 
tobre 1873  au  17  janvier  1890. 

L'Honorable  Joseph  Tassé,  du  9  février 
1891  au  17  janvier  1895. 

L'Honorable,  J.-O.  Villeneuve,  du  2  jan- 
vier 1896  au  27  juin  1901. 

L'Honorable  F.-L.  Béique,  du  8  février 
1902. 


(1)  Joseph-Gédéon-Horace  Bergeron  est  mort  à  Montréal 
en  1917;  à  sa  mort,  il  était  Maître  des  Postes  dans  la  métro- 
pole. Il  fut  député  du  comté  de  Beauharnois  pendant  26  ans. 
Il  fut  défait  en  1911  à  l'heure  où,  probablement,  son  parti 
l'eût  récompensé  de  ses  longs  services  en  lui  confiant  un 
portefeuille  de  ministre.  11  fut,  aux  Communes,  vice-président 
de  la  Chambre.  C'était  un  debater  remarqué,  et  sur  les 
huslings,  un  tribun  redoutable.  Pendant  de  nombreuses 
années,  il  demeura  à  Beauharnois. 

(2)  Industriel  de  Valleyfield. 

(3)  Fils  de  M.  Narcisse  Papineau,  riche  négociant  de  Saint- 
Timothée.  Il  est,  aux  Communes,  whip  de  la  députation 
ministérielle  de  Québec. 

(4)  Célestin  Bergevin  est  mort  en  juillet  1910. 


Députés  à  l'Assemblée  Législative  de  Québec 

Célestin  Bergevin,^*''  du  3  septembre  1867 
au  27  mai  1871. 

Sir  G.-E.  Cartier, ^'^  du  4  juiUet  1871  au  20 
mai  1873. 

E.-H.  Bisson,^'^  du  14  juillet  1873  au  22 
mars  1878. 

C.  Bergevin,  du  1er  mai  1878  au  9  sep- 
tembre 1886. 

E.-H.  Bisson,  du  14  octobre  1886  au  22 
décembre  1891. 

Moïse  Plante,^''^  du  8  au  18  mars  1892 
date  de  sa  mort. 

E.-H.  Bisson,  du  7  juin  1892  au  30  juin 
1898. 

A.  Plante,^^^  du  19  décembre  1898  au  14 
novembre  1900. 

Ach.  Bergevin, '^^^  du  7  décembre  1900  à 
1908. 

A.  Plante,  de  1908  à  1912. 

E.-A.  Robert,^'"^  de  1912  à  1919. 

Ach.  Bergevin,  depuis  septembre  1919. 


(5)  Sir  G.-É.  Cartier  était  député  de  Beauharnois,  à  sa 
mort,  en  1873.  Dans  le  livre  de  prône  du  curé  Charland,  nous 
voyons  que  le  jour  de  l'Ascension  le  curé  annonce  la  mort,  en 
Angleterre,  de  sir  George;  le  dimanche  de  la  Trinité,  il  invite 
les  paroissiens  à  assister  aux  funérailles;  le  jour  de  la  Fête- 
Dieu  l'on  chante  les  Vêpres  après  la  messe  pour  permettre 
aux  paroissiens  qui  désirent  assister  aux  funérailles  de  Sir 
George  de  partir  dans  l'après-midi. 

(6)  Élie-Hercule  Bisson,  né  à  Saint^Rémi  en  1838,  est 
décédé  à  Beauharnois  en  1907.  Il  fut  protonotaire  du  district 
et  maire  de  la  ville  de  Beauharnois. 

(7)  Père  de  M.  Arthur  Plante,  C.R.,  de  Valleyfield. 

(8)  Avocat  bien  connu  de  Valleyfield. 

(9)  Agent  de  change  de  Montréal;  a  sa  résidence  d'été  à 
Beauharnois. 

(10)  Président  de  la  Montréal  St.  Ry.  Co.;  M.  Robert  est 
enfant  de  Beauharnois,  fils  de  feu  B.  Robert,  propriétaire  du 
vieux  moulin.  Il  a  acheté,  en  1894,  des  Soeurs  des  SS.  NN.  de 
Jésus  et  de  Marie,  l'ancien  manoir  seigneurial. 


162 


Histoire  civile  de  Beauhaenois 


I 


Conseillers  Législatifs 

Beauharnois  fait  partie  de  la  division 
Salaberry  pour  le  Conseil  Législatif  de 
Québec.  Les  conseillers  dont  les  noms 
suivent  ont  représenté  cette  division  au 
Conseil. 

L'Honorable  Louis  Renaud,  du  27  oc- 
tobre 1856  au  1er  juillet  1867. 

L'Honorable  Henry  Starnes,  du  2  février 
1867  au  3  mars  1896. 

L'Honorable  J.-D.  Rolland,  du  16  no- 
vembre 1896  à  1913. 

L'Honorable  Ach.  Bergevin,  pendant  les 
années  1913-1914. 


L'Honorable  Alph.  Racine,  depuis  1914 
à  1918. 

Sir  Lomer  Gouin,  depuis  1920. 


*  * 

* 


Beauharnois  a  eu  une  histoire  politique 
intéressante;  des  hommes  éminents  ont  été 
ses  représentants  dans  les  Conseils  de 
l'Etat.  Au  point  de  vue  des  partis,  Beau- 
harnois a  été  alternativement  libéral  et  con- 
servateur. Depuis  quelques  années,  l'on 
peut  discerner  un  mouvement  d'indépen- 
dance des  partis,  mouvement  louable  et  qui 
ne  peut  que  contribuer  à  l'assainissement  de 
l'esprit  public. 


Beauharnois  judiciaire 


163 


CHAPITRE  TROISIÈME 


Beauharnois  judiciaire 


I  jywp^^l  'ORGANISATION  judiciaire 
u^Km^)^^^  complète,  à  Beauharnois, 
date  de  1857.  Le  statut  20 
Victoria,  ch.  44,  a  créé  une 
nouvelle  division  de  districts 
judiciaires  parmi  lesquels  est 
celui  de  Beauharnois. 

Avant  1857,  le  Bas-Canada  était  par- 
tagé, pour  toutes  fins  relatives  à  l'ad- 
ministration de  la  justice,  en  les  districts 
d'Ottawa,  Montréal,  Trois-Rivières,  Qué- 
bec, Gaspé,  Kamouraska,  Saint-François; 
Beauharnois  faisait  partie  du  district  ju- 
diciaire de  Montréal. 

Jusque  là,  U  n'y  eut  à  Beauharnois  que 
des  "juges  de  paix."  En  1826,  Lawrence  G. 
Brown  est  juge  de  paix;  en  1829,  Charles 
Manuel;  en  1830,  Charles  Manuel  et  Lau- 
rence-G.  Brown;  en  1831,  L.-G.  Brown, 
Charles  Manuel,  Jas  Perrigo;  en  1832, 
Jas  Perrigo,  Chs  Manuel,  Ovide  LeBlanc, 
L.-G.  Brown,  R.-H.  Norval;  les  mêmes 
restèrent  en  fonctions  jusqu'en  1840;  en 
1841,  David  Normand  leur  fut  adjoint. 

En  1839  est  établie  une  Cour  des  Re- 
quêtes (ou  cour  de  circuit)  à  Chateauguay. 
En  1839,  les  Anglais  protestants  de  la 
seigneurie  de  Beauharnois  protestent  contre 
l'établissement  à  Sainte-Martine,  pour  le 
district  de  Beauharnois,'^'  d'une  cour  de 
circuit  qu'ils  veulent  voir  fixée  à  Hun- 
tingdon;  de  fait,   en   1843,  cette  cour  ne 

(1)  Cette  cour  de  circuit  de  Beauharnois  comprenait  le 
comté  de  Beauharnois  (avec  Huntindgon  d'aujourd'hui) 
la  Seigneurie  de  Chateauguay  et  la  paroisse  de  Saint-Rémi. 


siège  pas  à  Sainte-Martine,  mais  à  Durham 
(Ormstown),  à  Chateauguay  et  à  Hunting- 
don  alternativement.  En  1845,  1846,  1847 
et  1848  elle  tient  ses  sessions  à  Beauhar- 
nois; en  1855,  à  Sainte-Martine;  en  1857 
et  les  années  suivantes,  à  Beauharnois,  et 
le  notaire  Louis  Beaudry  en  est  le  greffier. 


En  1857,  Beauharnois  reçoit  une  orga- 
nisation judiciaire  complète.  Un  district 
judiciaire,  avec  chef -lieu  au  village  de 
Beauharnois,'^'  est  créé,  se  composant  des 
comtés  de  Beauharnois,  Huntingdon  et 
Chateauguay;  ce  nouveau  district  porte 
le  nom  de  Beauharnois.  Les  cours  qui  y 
sont  établies  sont  la  cour  supérieure,  la 
cour  de  circuit,  la  cour  du  Banc  du  Roi, 
siégeant  en  juridiction  criminelle,  et  le  greffe 
de  la  paix. 

Depuis  1858,  les  juges  dont  voici  les 
noms  ont  siégé  à  Beauharnois: 

L'Hon.  Juge  Guy,  du  14  mai  1858  à  1860. 

L'Hon.  Juge  Polette,  du  14  mai  1860  à 
1863. 

L'Hon.  Juge  T.-J.-J.  Loranger,  du  15 
mai  1863  à  1864. 

L'Hon.  Juge  Bradgley,  du  14  octobre 
1864  à  1865. 

L'Hon.  Juge  McCord,  du  15  mai  1865 
à  1866. 


(2)  Le  chef-lieu  du  district  judiciaire  de  Beauharnois  a  et  é 
transféré  de  Beauharnois  à  Valleyfield  le  15  septembre  1903. 


164 


Histoire  civile  de  Beauharnois 


L'Hon.  Juge  Johnson,  du  19  mars  1866  à 
1872. 

L'Hon.  Juge  Dunkin,  du  29  février  1872 
à  1873. 

L'Hon.  Juge  Louis  Bélanger/"  du  24  no- 
vembre 1873  à  1902. 

L'Hon.  Juge  H.-C.  Saint-Pierre,  du  17 
juin  1902  à  1909. 

L'Hon.  Juge  W.  Mercier,'^'  depuis  le  17 
avril  1909.'^' 

Le  protonotaire  de  la  cour  supérieure  est 
en  même  temps  greffier  de  la  cour  de  cir- 
cuit, greffier  de  la  couronne  et  greffier  de  la 
paix.  Depuis  l'établissement  du  district 
judiciaire  de  Beauharnois,  voici  quels  ont 
été  les  protonotaires: 

Louis  Beaudry,  de  1858  à  1869. 

Pierre-Janvier-Ubald  Beaudry,  de  1869  à 
1884. 

Pierre-Casimir  Duranceau,  de  1884  à 
1893. 

Moïse  Branchaud,  de  1894  à  1898. 

Elie-H.  Bisson,  de  1898  à  1907. 

Solyme-A.  Brodeur,  depuis  1907.'*' 

Ces  protonotaires  ont  été  aidés  dans 
leur  travail  par  des  députés-protonotaires, 
entre  autres  MM.  L.-A.  Prud'homme**'  et 
J.-A.   Lapointe.*^' 

Le  palais  de  justice  de  BeauharruDis  et  sa 
prison  ont  été  bâtis  entre  1858  et  1860. 


(1)  L'Honorable  Juge  Louis  Bélanger  est  le  premier  juge 
qui  a  eu  sa  résidence  dans  le  district  de  Beauharnois.  Ses 
deux  successeurs  ont  eu  leur  résidence  l'un  à  Valleyfield, 
l'autre  à  Beauharnois.  L'Hon.  Juge  Bélanger  a  laissé  une 
belle  réputation  d'intégrité. 

(2)  L'Hon.  Juge  W.  Mercier,  par  son  intégrité  et  son 
activité  au  travail,  s'est  attiré  la  considération  et  le  respect 
de  tous. 

(3)  D'occasion,  d'autres  juges  ont  siégé  à  Beauharnois  ! 
mais  les  juges  plus  haut  mentionnés  sont  les  titulaires  offi- 
ciels. Les  juges  Chs  Ouimet  et  J.  Olivier  Joseph  furent 
magigtrats  stipendiaires  pour  Beauharnois,  le  premier  de  1872 
à  1875,  le  second  de  1875  à  1880. 


Les  shérifs  ont  été: 

Louis  Hainault,  de  1858  à  1880. 

Philémon  Laberge,  de  1881  à  1910. 

Jean-Bte  D'Amour,  de  1910  à  1918. 

Lucien-0.  Thisdale,  depuis  1918. 

Les  Gouverneurs  du  palais  de  justice  et 
de  la  prison  ont  été: 

Jean-Marie  Prud'homme,  de  1860  à  1886. 

Elle  Poirier,  de  1886  à  1890. 

Gilbert    Montpetit,    de    1890    à    1902. 

Alphonse  Reid,  de  1902  à  1903. 

Joseph  Deslauriers,  de  1903  à  1910. 

Louis-J.  Hould,  depuis  1910. 

La  première  action  en  Cour  Supérieure 
et  en  Cour  de  Circuit  a  été  prise  le  1er  mai 

1858. 


Parmi  les  causes  plaidées  au  palais  de 
justice  de  Beauharnois,  une  est  restée 
justement  célèbre,  celle  de  Shortis.  L'on 
se  souvient  de  cette  retentissante  affaire. 
Un  jour  de  printemps  de  1895,  Peter  Shortis 
pénétrait  dans  les  bureaux  de  la  Montréal 
Cotton  Co.,  à  Valleyfield,  assassinait  deux 
hommes,  en  blessait  quelques  autres 
et  s'emparait  d'une  somme  considérable 
d'argent.  Arrêté,  il  fut  écroué,  et  son  pro- 
cès s'instruisit  devant  le  juge  M.  Mathieu, 
à    Beauharnois.      Ses    défenseurs    furent 


(4)  Monsieur  le  Protonotaire  Brodeur  a  bien  voulu  nous 
donner  accès  aux  archives  du  Palais  de  Justice;  nous  y  avons 
trouvé,  surtout  dans  les  greffes  de  nos  vieux  notaires,  des 
documents  de  premier  ordre  pour  cette  histoire. 

(5)  M.  L.-A.  Prud'homme  est  devenu  juge  à  St-Boniface; 
l'Honorable  Juge  Prud'homme  est  un  légiste  de  haute  valeu  r, 
historien  considéré,  patriote  ardent,  défenseur  de  nos  causes 
nationales  et  religieuses. 

(6)  M.  J.-A.  Lapointe,  employé  au  greffe  de  Valleyfield, 
est  un  enfant  de  Beauharnois.  Depuis  une  quarantaine 
d'années  il  est  assistant-protonotaire;  dans  ses  fonctions,  il 
acquis  une  compétence  hors  pair.  Il  est  le  gardien  fidèle  des 
arcnives  du  district.  Nous  lui  devons,  ainsi  qu'à  son  fils, 
M.   Raymond  Lapointe,  beaucoup  d'utiles  renseignements, 


Beauharnois  judiciaire 


165 


BEAUHARNOIS  JUDICIAIRE 

(1)  Palais  de  justice  et  prison. — (2)  L'Hon.  Juge  Louis  B<'-lanRer. — (3)  L'Hon.  Juge  O.-Joseph,  magistrat  stipendiaire. — (4) 
L'Hon.  Juge  Wilfrid  Mercier.— (5)  Le  Shérif  Liuis  Hainault.(12)  Le  Shérif  Philémon  Laberge. — (6)  Le  Prononotaire  Louis 
Beaudry. — (13)  Le  Prot.  Pierre-Janvier-Ubald  Beaudry. — (14)  Le  Prot.  Pierre-Ca.sirair  Duranceau. — (15)  Le  Prot.  Moïse 
Branchaud. — (16)  Le  Prot.  Elie-Hercule  Bisson. — (17)  Le  Prot.  Solyme-Augustin  Brodeur.— (11)  Le  Député-Proton.  L.-A. 
Prud'homme. — (10)  Le  Député-Prot.  J.-A.  Lapointe. — (8)  Le  gouverneur  de  prison  Jean-Marie  Prud'homme. — (9)  Le  gouv.  de 
prison  Gilbert  Montpetit. — (7)  Le  gouv.  de  prison  Jos.  Deslauriers. 


I 


Beauharnois  judiciaire 


167 


Mtres  H.-C.  Saint-Pierre'"  et  N.  Green- 
shields;*^'  les  avocats  de  la  couronne  étaient 
Mtres  L.-G.  Laurendeau,  C.R./"  et  Donald 
McMaster/*'  Shortis  fut  condamné  à  mort, 
mais  il  fut  gracié  la  veille  de  son  exécution 
par  le  gouverneur-général.  Le  procès,  déjà 
important  par  son  objet  même,  eut,  par  les 
plaidoiries  merveilleuses  des  avocats,  un 
éclat  unique. 


Beauharnois,  depuis  octobre  1914,  a  une 
Cour  de  Recorder  présidée  par  Mtre  Tan- 
crède  Fortin,  C.R. 

BUREAU  D'ENREGISTREMENT 

A  l'organisation  judiciaire  se  rattache 
l'enregistrement  des  actes  -notariés. 

C'est  en  1831  que  le  comté  de  Beauhar- 
nois a  été  doté  d'un  Bureau  d'Enregistre- 


BUREAU  D'ENREGISTREMENT  ET  RÉGISTRATEURS 

(1)  Bureau  d'enregistrement.— (2)  M.  P.  Laplante. — (3)  M.  J.  Mayer. — (4)  M.  A.-V.-L.  de  Martigny. 


Beauharnois  est  aussi,  en  même  temps 
qu'Iberville,  un  district  de  "Magistrat  de 
District";  les  trois  derniers  magistrats  ont 
été  MM.  Husmer  Lanctôt,  Saint-Cyr  et 
V.  Cusson. 


(1)  Plus  tard  juge. 

(2)  Plus  tard  juge. 

(3)  M.  Laurendeau  n'a  cessé  d'occuper  une  situation  émi- 
nente  dans  le  Barreau  canadien-français. 

(4)  M.   McMaster  est  devenu  député  à  la  Chambre  dès 
Communes  d'Angleterre. 


ment.  Ce  Bureau  a  été  établi  d'abord  à 
Huntingdon,  et  John  Munro  en  a  été  le 
premier  officier.  Le  15  août  1835,  il  fut 
remplacé  par  D.-K.   Lightall. 

Le  4  août  1856,  le  Bureau  d'Enregistre- 
ment a  été  fixé  à  Beauharnois  et  confié 
au  notaire  V.-A.-L.  de  Martigny;  celui-ci 
a  été  remplacé,  en  1876,  par  le  notaire  Jos. 
Mayer,  qui  occupa  cette  fonction  jusqu'à 
l'époque  de  sa  mort,  en  1908. 


168 


Histoire  civile  de  Beauharnois 


Depuis  1908,  le  notaire  Pamphile  La- 
plante  est  régistrateur  du  comté  de  Beau- 
harnois. 

AVOCATS  DE  BEAUHARNOIS 

En  parlant  de  Beauharnois  judiciaire,  l'on 
ne  peut  omettre  de  mentionner  les  avocats 
de  Beauharnois;  ils  se  rangent  naturelle- 
ment en  deux  groupes:  les  avocats  qui  ont 
pratiqué  leur  profession  à  Beauharnois,  et  les 
avocats  nés  à  Beauharnois. 


Voici  les  noms  de  quelques  avocats  qui 
ont  eu  un  bureau  légal  à  Beauharnois:'" 

Au  recensement  de  1851,  Beauharnois  a 
deux  avocats,  tous  deux  enfants  de  Beau- 
harnois, Charles  D'Aoust  et  Moïse  Bran- 
chaud. — Le  premier,  né  en  1825,  était  fils 
de  Charles  D'Aoust,  cultivateur;  il  fit  ses 
études  classiques  au  collège  de  Chambly, 
fut  reçu  avocat  en  1847,  pratiqua  à  Beau- 
harnois et  à  Montréal,  fut  député  de  Beau- 
harnois au  Parlement  des  Canadas-Unis,  de 
1854  à  1857;  il  fut  directeur  du  journal 
libéral  "Le  Pays"  de  1852  à  1860,  et  de 
1862  à  1865.  B  est  mort  à  Montréal  le  27 
février  1868.--M.  Moïse  Branchaud,  C.R., 
était  fils  de  François  Branchaud,  le  cons- 
tructeur de  nos  églises  paroissiales;  il  était 
né  à  Beauharnois  en  1827.  L'avocat  Bran- 
chaud joua  un  rôle  important  à  Beauhar- 
nois; il  fut,  en  1851,  commissaire  local  du 
recensement;  en  1871,  il  fut  président  des 
syndics  pour  les  grands  travaux  de  répa- 
ration de  l'église  paroissiale;  il  fut  proto- 
notaire de  1894  à  1897.— Avant  1860,  les 
avocats  Leblanc  (1860-63)  et  Cassidy 
étaient  à  Beauharnois. 

En  1861,  nous  trouvons  à  Beauharnois 

(1)  Il  ne  semble  pas  qu'il  y  ait  eu  des  avocats  à  Beauhar- 
nois avant  1861.  Les  recensements  de  1831  et  1842  indiquent 
des  notaires,  mais  aucun  avocat. 


les  avocats  Léon  Doutre  (1860-1865)  J.- 
K.  Elliott  (1860-1899);  L.-A.  Seers  (1861- 
1901);  W.-W.  RoBERTSON  (1860-1870); 
Pierre-Casimir  Duranceau.  M.  l'avocat 
Seers  survit  à  ses  compagnons  du  barreau. 
Il  a  été  mêlé,  pendant  près  de  cinquante  ans, 
à  la  vie  publique  de  Beauharnois;  il  a  été 
président  de  la  Commission  scolaire,  maire 
de  la  ville  de  Beauharnois,  éditeur-rédac- 
teur de  l'Avenir  de  Beauharnois;  il  a  pris 
part,  par  la  plume  et  par  la  parole,  à  plu- 
sieurs campagnes  politiques  retentissantes. 
— M.  l'avocat  Duranceau,  décédé  en  1893, 
a  eu  aussi  une  longue  et  honorable  carrière; 
il  fut  premier  président  de  la  Commission 
scolaire  de  la  ville  de  Beauharnois,  et,  plu- 
sieurs fois,  maire  de  la  ville.  En  1884,  il  fut 
nommé  protonotaire. 

Un  peu  plus  tard,  nous  trouvons  à 
Beauharnois  les  avocats  Trudel,  Thomas 
Brossoit  (1863-1901);  Paul  Denis,  Louis 
Paré  (1860-1878)  ;  Michael  Cayley  (1863- 
1878);  J.-B.  CouiLLARD  (1870-1875).  L'a- 
vocat Thomas  Brossoit  a  eu  une  carrière 
mouvementée.  Il  fut,  pendant  une  quaran- 
taine d'années,  à  Beauharnois,  de  toutes  les 
luttes  politiques  et  municipales;  il  fut,  plu- 
sieurs fois,  maire  de  la  ville  et  commis- 
saire d'école;  il  rédigea  l'Echo  de  Beauhar- 
nois et  le  Progrès  de  Valleyfield;  il  est 
décédé  en  1907;  il  est  le  dernier  qui  ait  été 
inhumé  dans  l'église  paroissiale  Saint-Clé- 
ment.'^'— L'avocat  Paul  Denis  fut  député 
de  Beauharnois  de  1861  à  1867. 

Vers  le  même  temps  sont  à  Beauharnois 
les  avocats  Mitchell,  McLaren  et  Ath. 
Branchaud. 

Quelques  années  plus  tard  viennent  s'é- 
tablir et  pratiquer  à  Beauharnois  les  avocats 


(2)  Le  fils  de  Mtre  T.  Brossoit,  Mtre  Numa  Brossoit, 
Cil.,  aujourd'hui  recorder  de  Valleyfield,  a  pratiqué  à 
Beauharnois,  pendant  quelques  années,  en  société  avec  son 
père. 


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Beatjhaenois  judiciaire 


169 


Henry-Adolphe  Goyette,  F.-X.  Dupuis, 
J.-B.-R.  Laplante,  Edouard  Couillard, 
Edouard  Paradis  (1883-1887);  F.-X.  Thi- 
bault (1892);  J.-B.  DouTRE  (1880-1892) 
L.-J.  Papineau,  J.-G.  Laurendeau,  L.-A. 
Prud'homme.  M.  l'avocat  H.-A.  Goyette 
est  venu  s'établir  à  Hull  en  1883;  en  1908, 
il  a  été  nommé  magistrat  de  district  pour  le 
district  d'Ottawa;  c'est  assez  dire  qu'il  est 
un  membre  en  vue  du  barreau  provincial. 
— M.  l'avocat  Laplante  fut  l'associé  légal  de 
M.  Goyette,  à  Beauharnois,  en  1881  et 
1882.  Plus  tard,  il  vint  à  Valleyfield. 
C'est  là  que  le  premier  ministre,  M.  Laurier, 
vint  le  chercher  pour  lui  confier  le  poste 
d'assistant-greffier  au  Parlement  fédéral. 
Il  périt  lors  de  l'incendie  de  l'Edifice  parle- 
mentaire en  février  1916.  Il  fut  homme  de 
haute  valeur  intellectuelle  et  morale;  son 
assiduité  au  travail,  son  urbanité  de  ma- 
nières, sa  compétence  professionnelle  lui 
avaient  valu  l'estime  de  la  députation.'" 
— M.  l'avocat  L.-J.  Papineau,  C.R.,  fils  de 
feu  M.  Narcisse  Papineau,  de  Saint-Ti- 
mothée,  est  député  du  comté  au  Parlement 
fédéral  depuis  12  ans.  Il  est  avocat-conseil 
recherché.  Il  est  whip  du  parti  libéral  au- 
près de  la  députation  québécoise. — M. 
l'avocat  J.-G.  Laurendeau,  frère  de  l'ho- 
norable ex-juge  G.  Laurendeau,  de  Mont- 
réal, exerça,  pendant  une  vingtaine  d'années, 
sa  profession  à  Beauharnois.  Il  a  été 
commissaire  d'écoles  et  maire  de  la  ville. 
Légiste  remarquable,  sa  réputation  pro- 
fessionnelle a,  depuis  longtemps,  passé  les 
limites  du  district  de  Beauharnois. — L'Ho- 
norable Juge  L.-A.  Prud'homme  a  exercé  la 
profession  d'avocat  à  Beauharnois  de  jan- 
vier 1879  à  mai  1880;  il  avait  été  précé- 


demment, de   1875  à   1877,  rédacteur  de 
l'Avenir  de  Beauharnois. 

Les  avocats  O.-Joseph,  Trudel,  Belaige, 
Alphonse  Primeau  ont  aussi,  à  des  dates 
diverses,  pratiqué  à  Beauharnois. 

Après  le  changement  du  chef-lieu  en 
faveur  de  Valleyfield,  les  avocats  n'eurent 
plus  de  résidence  à  Beauharnois.  Quelques- 
uns  y  ont  comme  une  succursale  de  leur 
bureau  de  ville,  ainsi  Mtres  Tancrède 
Fortin,  C.R.,  et  Paul  Mercier,  mais  pas 
davantage. — M.  l'avocat  Fortin  a  été 
l'associé  légal  de  Mtre  Internoscia,  et  a 
travaillé  à  l'œuvre  du  Code  de  Droit  inter- 
national polyglotte  édité  par  ce  dernier. 
Il  est  recorder  de  la  ville  de  Beauharnois. 
— M.  l'avocat  Mercier  a  été  secrétaire  du 
Jeune  Barreau  de  Montréal. 


A  cette  liste  il  convient  d'ajouter  les 
noms  de  quelques  avocats  qui  sont,  par 
naissance,  enfants  de  Beauharnois. 

Nous  avons  déjà  mentionné  les  avocats 
Charles  D'Aoust,  Moïse  et  Athanase  Bran- 
chaud,  Thomas  et  Numa  Brossoit,  Paul 
Denis,  Henry-Adolphe  Goyette,  L.-A. 
Prud'homme,*^*  Tancrède  Fortin,  qui  ont 
exercé  leur  profession  dans  leur  paroisse 
natale. 

Sont  aussi  de  Beauharnois  les  avocats 
Joseph  DouTRE,  A.-N.  Montpetit,  W.-A. 
Baker,  W.  Poitras,  John  Sullivan  et 
G.  Goyette. 

L'avocat  Joseph  Doutre  naquit  à  Beau- 
harnois en  1825,  fit  ses  études  au  collège 
de  Montréal,  fut  admis  au  Barreau  en  1847, 
et  mourut  en  1886.  Il  fut,  de  1850  à  sa  mort, 


(1)  M.  Laplante  avait  presque  terminé  un  important  tra-  (2)  L'Hon.  Juge  Prud'homme  est  né  à  Saint-Urbain  de 

vail  sur  la  Seigneurie  de  Beauharnois;  son  travail  a  été  perdu      Chateauguay,  mais  il  vint  à  Beauharnois  à  l'âge  de  six  ans, 
dans  1  incendie  des  Edifices  parlementaires.  et  y  vécut  jusqu'à  son  départ  pour  l'Ouest  en  1880. 


170 


Histoire  civile  de  Beauharnois 


un  personnage  considérable;  écrivain,  jour- 
naliste, avocat,  il  fut  mêlé  à  toutes  les  luttes 
politico-religieuses  de  son  époque.  Dans  le 
retentissant  procès  Guibord,  il  combattit 
jusqu'au  Conseil  Privé  d'Angleterre  contre 
Mgr  Bourget.  Il  fut,  dit-on,  avocat  émi- 
nent,  mais  il  est  à  regretter  que  sa  carrière 
ait  été  une  longue  lutte  contre  l'autorité 
ecclésiastique. 

M.  l'avocat  W.-A.  Baker,  C.R.,  est  le 
fils  de  feu  L.-R.  Baker,  autrefois  homme 
d'affaires  important  de  Beauharnois.  Il  a  été, 
pendant  plusieurs  années,  l'associé  légal  de 
feu  l'Honorable  F.-D.  Monk.  Il  est  l'au- 
teur de  plusieurs  volumes  de  poésie. 


M.  l'avocat  Wilfrid  Poitras,  né  à  Saint- 
Timothée,  a  passé  sa  jeunesse  à  Beauharnois; 
son  père  a  été  F  entrepreneur-charpentier  de 
l'égUse  actuelle  de  Saint-Clément.  Il  a 
exercé  sa  profession  à  Valleyfield  et  à  Cobalt, 
Ont.     Il  est  l'auteur  d'un  volume  de  poésie. 

M.  l'avocat  John  Sullivan  est  le  fils  de 
feu  E.-H.  Sullivan,  ingénieur-civil.  Il  a 
fait  ses  études  classiques  au  collège  de 
Valleyfield;  il  a  été  président  des  Étudiants 
en  Droit  à  Laval  de  Montréal.  Il  est  exa- 
minateur  du   Barreau. 

M.  l'avocat  Omer  Goyette  a  été  recorder 
de    Sainte-Cunégonde. 


LES  TROUBLES  DE  1838 

(1) — Le  Dr  L.-H.  Masson.  (2) — Toussaint  Rochon. 
(v.  p.  176) 


Beauharnois  militaire 


171 


CHAPITRE  QUATRIÈME 


Beauharnois  militaire 


E 


'HISTOIRE  militaire  de 
Beauharnois  n'est  pas  très 
considérable;  l'on  peut,  ce- 
pendant, rappeler  l'organi- 
sation militaire  de  Beauhar- 
nois, et  quelques  faits  d'armes 
auxquels  prirent  part  nos  concitoyens. 


L'organisation  militaire"'  de  Beauhar- 
nois date  de  1793.  Cette  année-là,  le 
statut  34,  Georges  III,  chap.  IV,  réorga- 
nisait les  milices  canadiennes,  et  Beau- 
harnois constituait  une  compagnie'^'  du 
Premier  Etat-Major  de  Boucherville;  le  capi- 
taine de  Beauharnois  était  Antoine  Leduc, 
qui  avait  sous  ses  ordres  un  lieutenant,  un 
enseigne,  trois  sergents  et  89  hommes;  la 
compagnie  disposait  de  26  fusils.  En  1795, 
Charles  Qourdon  devient  capitaine  et  l'est 
jusqu'en  1803;  en  1803,  on  lui  adjoint 
Etienne  Hainault;  en  1805,  les  capitaines 
sont:  Charles  Bourdon,  Etienne  Hainault 
et  Antoine  Vallée;  les  lieutenants:  Adrien 
Hébert,  Pierre  Laberge,  Pierre  Bergevin; 
les  enseignes:  Frs  Hébert  et  Louis  Julien; 
en  1808,  les  capitaines  sont:  Etienne  Hai- 
nault  et   Antoine   Vallée;  les  lieutenants: 

(1)  Ces  notes  sont  rédigées  d'après  les  originaux  des 
Rapports  de  la  Milice  du  Bas-Canada,  conservés  aux  Archives 
Fédérales,  et  d'après  les  Militia  Lists  annuels;  M.  F.-J.  Audet, 
des  archives,  a  bien  voulu  nous  donner  accès  à  ces  collections. 

(2)  Il  s'agit  de  la  réserve  de  milice,  non  de  l'armée  active. 


Pierre  Bergevin,  Pierre  Laberge  et  Adrien 
Hébert;  les  enseignes:  Louis  JuUen,  Frs. 
Hébert,  Charles  D'Aoust. 

Le  3  novembre  1812,  Beauharnois  de- 
vient la  deuxième  division  du  deuxième 
bataillon;  le  bataillon  est  sous  le  comman- 
dement général  du  colonel  de  Boucherville; 
le  lieutenant-colonel  est  le  baron  C.-W. 
Grant,  le  major  Edmond  Henry,  l'adjudant 
Michael  O' Sullivan;  parmi  les  capitaines 
de  la  division,  quatre  sont  de  Beauharnois; 
Etienne  Hainault,  James  Milne,  Chs  Ar- 
chambault,  Alexis  Sauvageau. 

En  1813,  la  division  Beauharnois  est  di- 
visée en  deux  bataillons  dont  le  premier 
s'appelle  Beauharnois,  et  le  second  Acadie; 
le  bataillon  Beauharnois  comprend  les  com- 
pagnies de  Saint-Constant  de  Chateau- 
guay  et  de  Beauharnois. 

En  1828,  il  devient  le  premier  bataillon 
du  comté  de  Huntingdon,  et  les  officiers  sont: 
le  lieutenant  -  colonel  Grant,  les  majors 
O'SulUvan  et  Louis  Demers,  les  aide-majors 
Michel  Neuveu,  P.  Boursier  et  John  Platt, 
les  capitaines  Alexis  Sauvageau,  Etienne 
Hainault,  Charles  Archambault,  Adrien 
Hébert. 

En  1832,  le  comté  de  Beauharnois  a  deux 
bataillons,  dont  le  deuxième  a  nom  Beau- 
harnois, et  dont  les  officiers  sont:  le  lieute- 
nant-colonel   L.-G.    Brown,    le   major    R. 


172 


Histoire  civile  de  Beauharnois 


I^,  Norval,  le  capitaine  Joseph  Roy,  les 
lieutenants  Ovide  LeBlanc  et  François  Dan- 
durand,  les  enseignes  Geoffroy  Hébert,  Louis 
Trudel  et  Jos.  Daigneau;  Beauharnois  a 
301  soldats  et  25  fusils.  En  1835,  l'adju- 
dant est  Marc-Damase  Masson,  les  capi- 
taines sont:  Geoffroy  Hébert,  Ovide  LeBlanc, 
Joseph  Roy;  les  lieutenants:  Antoine  Mar- 
chand, Louis  Trudelle,  F.  Dandurand;  les 
enseignes:  Ignace  Pitre,  John  Ross,  Jos. 
Daigneau;  la  compagnie  de  Beauharnois 
a  285  hommes  et  62  fusils. 

En  1838  se  forme  un  corps  de  volon- 
taires, les  "Beauharnois  Loyal  Volunteers" , 
dont  voici  la  composition:  "One  troop  of 
Cavalry  and  three  companies  of  Infantry 
embodied  for  gênerai  service,  and  five  com- 
panies of  Infantry  for  sedentary  or  local 
service."  Le  corps  militaire  avait  pour  but 
la  répression  de  la  rébellion.  Ses  officiers 
étaient  le  lieutenant-colonel  L.-G.  Brown; 
le  major  R.-H.  Norval;  les  capitaines  Ro- 
bert Orr  Wilson,  John  Tate,  James  Wright, 
Robert  Brodie,  James  Nicol,  R.  Westhers- 
ton,  D.  Finlayson,  John  Lever. 

En  1845,  le  comté  a  sept  bataillons.  Beau- 
harnois est  dans  le  premier  avec  le  lieute- 
nant-colonel L.-G.  Brown;  les  majors  R.-O. 
Wilson,  Frs  Dandurand;  les  capitaines 
Ant.  Marchand,  A.  McMartin,  J.-B.  Poirier, 
Jos.  ChalUer,  Alexis  Lebœuf;  les  lieute- 
nants Kutusoff  Nicholson,  Jos.  Marchand, 
Louis  Thibeau,  J.  Bennett,  Louis  Trudel, 
Grégoire  Bergevin,  Pierre-Michel  Leduc, 
J.  Brossoit;  les  enseignes  John  Caverhill, 
Célestin  Boyer,  Pierre  Sarault,  Ignace  La- 
berge,  W.  Hamilton,  Jos.  Hébert,  Chris- 
tophe Dandurand,  Gilbert  Montpetit. 

Le  7  juillet  1855,  la  milice  est  réorganisée. 
Beauharnois  fait  partie  du  district  militaire 
n°  6;  le  comté  a  huit  bataillons,  et  Beau- 
harnois   est    dans    le    premier    bataillon: 


Lieutenant-colonel,  Louis  Hainault;  capi- 
taines, Antoine  Marchand  (bas  du  fleuve), 
Joseph  Challier  (sud  de  la  Rivière  Saint- 
Louis),  Alexis  Lebœuf  (nord  de  la  rivière), 
Pierre-Michel  Leduc  (haut  du  fleuve), 
Joachim  Brossoit  (haut  du  fleuve),  Pierre 
Sarault  (Village),  W.  Hamilton  (Côte  Saint- 
André);  adjudant,  J.-G.  Longpré;  quar- 
tier-maître, Toussaint  Champeau;  chirur- 
gien, Dr  Moïse  Sabourin;  chapelain,  Rév. 
D.  Charland. 

En  1865,  par  un  ordre-général  du  1er 
juin,  Beauharnois  devient  le  Régiment  de 
Beauharnois.  Le  1er  bataillon  comprend 
la  ville  de  Beauharnois  et  la  paroisse  de 
Saint-Clément;  il  a  pour  officiers:  lieute- 
nant-colonel, Louis  Hainault;  majors,  J.-G. 
Longpré  et  T.Rochon;  capitaines,  Antoine 
^Marchand,  Joseph  Challier,  Alexis  Lebœuf, 
Pierre-Michel  Leduc,  Joachim  Brossoit, 
Pierre  Sarault,  Louis  Trudelle,  Toussaint 
Dandurand. 

En  janvier  1869,  la  Division  de  Beauhar- 
nois a  à  sa  tête  le  lieutenant-colonel  F.-X. 
Rapin,  le  major  Célestin  Bergevin;  la  com- 
pagnie de  Beauharnois  (n°  5)  est  com- 
mandée par  le  capitaine  Joseph  Meloche,  le 
lieutenant  André  Leduc  et  l'enseigne  Jos. 
Prégent.  La  même  année,  le  4  juin,  Beau- 
harnois, dans  la  réorganisation  de  la  milice, 
passe  au  64ème  bataillon,  apf)elé  "Les 
Voltigeurs  Canadiens  de  Beauharnois"  ;  le 
bataillon  a  pour  devise  Toujours  prêt;  il 
compte  six  compagnies  sous  le  commande- 
ment du  Ueutenant-colonel  Charles-Séra- 
phin Rodier;  le  paie-maître  est  Pierre  Gi- 
roux;  le  quartier-maître,  Cyrille  Guimond; 
le  chirurgien,  Dr  P.-B.  de  Boucherville. 
La  compagnie  n°  2  a  comme  capitaine  L.- 
A.  Seers,  comme  lieutenant  Louis  Morin, 
comme  enseigne  F.-C.  Basinet.  La  com- 
pagnie  n°   3   a   comme   capitaine   Louis 


Beauharnois  militaire 


173 


Bisaillon,  comme  lieutenant  Narcisse  Le- 
claire,  comme  enseigne  Joseph  Deslauriers. 
La  compagnie  n°  4  a  comme  capitaine  James 
de  Lorimier,  comme  1er  lieutenant  Phil. 
Giroux,  comme  2ième  lieutenant  Léandre 
Vachon. 

En  1873,  le  major  est  J.-M.  Prud'homme, 
l'adjudant  paie-maître  Joseph  Deslauriers, 
le  quartier-maître  Ferdinand  Leduc.  Capi- 
taines: n°  1,  L.-R.  Baker;  n°  2,  F.-C. 
Basinet;  n°  3,  Louis  Bisaillon;  n°  4,  James 
de  Lorimier;  n°  5,  Saiil  Martin;  n°  6, 
Eustache  Langevin.  En  1877,  le  capitaine 
L.-A.  Prud'homme  commande  la  4ème 
compagnie.  En  1881,  le  lieutenant-colonel 
est  Jean-Marie  Prud'homme;  les  majors 
sont  Lucius  Poitras  et  L.-R.  Baker;  les  ca- 
pitaines et  lieutenants:  Compagnie  n°  1, 
cap.,  Jos.  Deslauriers;  lient.,  André  Leduc; 
2ième  lient.,  Octave  Daoust;  compagnie 
n°  2,  cap.,  F.-C.  Basinet;  Ueut.,  Jos.  Fau- 
bert;  2ième  lient.,  J.-B.  Bonhomme;  com- 
pagnie n°  3,  cap.  J.-B.,  Cadieux;  compagnie 
n°  4,  2ième  lient.,  J.-M.  Phil.  Prud'homme. 
En  1885,  le  quartier-maître  est  J.-A.  La- 
pointe.  En  1887,  le  lieutenant-colonel  est 
Lucius  Poitras  et  le  major  L.-R.  Baker.  En 
1887,  la  première  compagnie  a  comme 
capitaine  André  Leduc.  En  1889,  L.-R. 
Baker  est  lieutenant-colonel,  le  quartier- 
maître  est  Delphis  Goyette,  le  paie-maître 
J.-A.  Lapointe.  En  1890,  le  Dr  Huot  est 
assistant-médecin  du  bataillon.  En  1896, 
Jos.  Deslauriers  est  Ueutenant-colonel.  En 
1897,  le  bataillon  a  cinq  compagnies,  dont 
deux  (nos  1-2)  à  Beauharnois.  En  1899, 
André  Leduc  est  paie-maître. 

En  1909,  le  64ième  bataillon  a  comme 
nom  officiel  "Le  régiment  de  Chateauguay 
et  Beauharnois",  et  fait  partie  du  district 
militaire  n°  5;  le  capitaine  de  la  compagnie 
de  Beauharnois  est  G.-H,  Gadbois. 


En  1911,  le  bataillon  est  réorganisé;  il 
continue  à  être  le  64ème  bataillon,  et  à 
s'appeler  le  régiment  de  Chateauguay  et 
Beauharnois;  il  fait  partie  du  quatrième 
district  militaire;  il  a  ses  quartiers-géné- 
raux à  Beauharnois;  il  a  huit  compagnies 
dont  la  troisième  est  celle  dite  Beauharnois; 
le  commandant  est  le  lieutenant-colonel 
A.-M.  Labelle;  le  capitaine  de  la  compagnie 
de  Beauharnois  est  G.-H.  Gadbois.  En 
1913,  le  capitaine  est  0.  Thérien.  Le  31 
octobre  1919,  les  compagnies  A  et  B  sont 
de  Valleyfield,  la  compagnie  C  est  de  Beau- 
harnois, la  compagnie  D  de  Sainte-Martine, 
la  compagnie  E  de  Sainte-Philomène,  la 
compagnie  F  de  Laprairie,  la  compagnie  G 
de  Saint-Rémi,  la  compagnie  H  de  Saint- 
Jean.  Le  capitaine  de  la  compagnie  C  est 
G.-H.  Gadbois,  et  les  lieutenants  J.  Cadieux, 
T.  Lawson,  C.  Brown,  A.-J.  Bourassa. 

A  côté  de  ce  régiment  se  forma  aussi,  vers 
1863,  une  compagnie  indépendante  appelée 
la  Compagnie  d'infanterie  de  Beauharnois; 
son  capitaine  était  Michel  Martin.  En 
1869,  le  capitaine  était  P.-J.-Ubald  Beau- 
dry,  le  lieutenant  James  Smith,  l'enseigne 
J.-W.  Kilgour. 

Telle  a  été  l'organisation  extérieure  de  la 
milice  de  réserve  de  Beauharnois;  le  batail- 
lon a  tenu,  presque  annuellement,  des 
exercices,  tantôt  à  Laprairie,  tantôt  à  Beau- 
harnois, tantôt  à  Valleyfield,  tantôt  aux 
Trois-Rivières  et  ailleurs. 


En  parlant  de  Beauharnois  militaire,  il 
serait  injuste  de  ne  pas  mentionner  quelques 
faits  auxquels  prirent  part  nos  conci- 
toyens. 


174 


Histoire  civile  de  Beauharnois 


LA  GUERRE  DE  1812-1813»> 

Le  28  mai  1812,  quelques  jours  avant  la 
déclaration  de  la  guerre  contre  les  Etats- 
Unis,  quatre  bataillons  de  milice  canadienne 
furent  levés:  les  Voltigeurs  s'organisèrent 
en  quarante-huit  heures  sous  le  commande- 
ment du  major  de  Salaberry;  "au  mois 
de  septembre  1812,  on  tira  de  la  milice  du 
district  de  Montréal  un  bataillon  appelé  les 
Chasseurs  Canadiens,  pris  dans  les  comtés 
de  Beauharnois  et  Chateauguay."'^'  A  la 
bataille  de  Chateauguay,  le  26  octobre  1813, 
les  Chasseurs  Canadiens  sont  dans  le  sixième 
bataillon,  et  forment  cinq  compagnies.  A 
côté  de  ce  corps  de  Chasseurs  est  la  division 
Beauharnois,  qui  comptait  quatre  capi- 
taines de  Beauharnois:  Etienne  Eneau,'^' 
Alexis  Sauvageau,  Charles  Archambault, 
James  Milne.  Le  lieutenant  Michel  0' Sul- 
livan, de  cette  division  Beauharnois,  sert 
comme  aide-major-général  de  Salaberry. 

Les  gens  de  Beauharnois  furent  à  l'hon- 
neur en  cette  glorieuse  journée:  le  capi- 
taine Ëneau,  de  Beauharnois  même,  et  le 
capitaine  Levesque,  dit  M.  Suite,  suppor- 
tèrent sur  la  gauche  les  mouvements  de 
Daly,  Bruyère  et  Schiller,  au  plus  fort  de  la 
bataille  de  Chateauguay}*^ 

Et  du  capitaine  Joseph-Marie  Longtin, 
de  Saint-Constant,  mais  capitaine  dans  la 
milice  de  Beauharnois,  Monsieur  Suite  a 
écrit,  d'après  les  documents,  ces  paroles  qui 
se  passent  de  commentaire:  "Le  capitaine 
Joseph-Marie  Longtin,  de  la  Milice  de  Beau- 
harnois, était  à  la  gauche  de  Louis  Juche- 
reau  Duchesnay  à  Chateauguay.  Au  mo- 
ment de  Faction,  il  commanda  "genoux  en 


terre"  et  récita  une  prière,  puis  se  relevant, 
il  dit:  "Nous  avons  rendu  nos  devoirs  à 
Dieu,  maintenant  servons  le  roi!"  et  le  feu 
qu'il  dirigea  mit  fin  à  la  bataille."**'  Ce 
serait  donc,  en  définitive,  à  un  paroissien  de 
Saint-Constant,  milicien  de  Beauharnois, 
que  serait  due,  sous  le  commandement  de 
Salaberry,  la  victoire  de  Chateauguay. 
De  ces  deux  capitaines  de  Beauharnois,  le 
commandant  en  second  à  Chateauguay — 
O'SuUivan — a  écrit  dans  son  récit  de  la 
bataille:  "Les  capitaines  Longtin  et  Hu- 
neau,  de  la  miUce  de  Beauharnois,  se  sont 
fait  remarquer  par  leur  bonne  conduite." 
(Suite:  "La  Bataille  de  Chateauguay",  p. 
79). 


La  bataille  de  Chateauguay  est  le  point 
culminant  de  la  guerre  1812-1813;  toute- 
fois, à  Beauharnois  même,  il  y  eut  quelques 
mouvements  de  troupes;  pendant  quelque 
temps,  Beauharnois-  fut  même  considéré 
comme  un  point  stratégique  important  que 
les  autorités  militaires  semblent  avoir  été 
préoccupées  de  fortifier.  Le  2  octobre,  le 
lieutenant-colonel  Turgeon  reçoit  l'ordre  de 
dépêcher  un  officier  et  vingt  hommes  "pour 
faire  le  devoir  au  moulin  de  Beauharnois 
sous  la  direction  du  capitaine  Milne." 
Le  8  octobre  1813,  on  s'attend  au  passage 
de  l'ennemi  à  Beauharnois,  et  le  colonel 
Deschambault,  avec  ses  compagnies  de  la 
rive  nord  du  Saint-Laurent,  reçoit  l'ordre  de 
lui  résister  vigoureusement;  le  15,  Des- 
chambault traverse  aux  Cèdres;  le  10  no- 
vembre, le  colonel  Scott,  commandant  au 
fort  de  Côteau-du-Lac,  écrit  à  Sir  Georges 


(1)  D'après  l'Histoire  de  la  Milice  Canadienne-française, 
de  M.  B.  Suite  (1897),  p.  25,  La  Bataille  de  Chateauguay, 
du  même  auteur,  les  Officiers  of  the  British  Forces  in  Canada, 
de  L.-H.  Irving  (1908),  et  des  documents  des  Archives 
Fédérales. 


(2)  Suite,  Histmre,  p.  28. 

(3)  Le  même  que  Étiemie  Hainault. 

(4)  Suite,  Histoire  de  la  Milice,  p.  50.- 

(5)  Id.  ibid. 


Beauhaknois  militaire 


175 


Prévost  qu'il  a  un  plan  pour  bloquer  le 
canal  Beauharnois;'''  le  lendemain,  le  tra- 
vail d'obstruction  est  presque  achevé;  le 
14  novembre,  le  lieutenant-général  Drum- 
mond  écrit  que  l'on  continue  à  fortifier 
Beauharnois;  le  15,  des  troupes  occupent 
des  positions  fortifiées  à  Beauharnois;  en 
janvier  1814,  Beauharnois  est  encore  gardé 
militairement:  le  lieutenant  Perrigo  y  sé- 
journe avec  136  hommes;  le  15  février,  la 
garnison  est  réduite  à  52  hommes.  Et  ainsi, 
jusqu'en  juin,  Beauharnois  est  poste  mi- 
Utaire. 


Plusieurs  années  après  la  guerre  de  1812, 
les  ex-soldats  de  Beauharnois  faisaient  des 
réclamations  au  gouvernement  pour  des 
pensions  et  en  1877,  J.-Bte  Charlebois, 
Louis  Hébert,  Paul  Leboeuf ,  Antoine  Tondu 
(dit  Saint-Onge),  Guillaume  Laberge,  re- 
cevaient une  pension  pour  services  rendus 
pendant  la  guerre. 


Sur  le  passage  des  troupes  à  Beauharnois, 
il  y  a,  aux  Archives,  un  document  intéres- 
sant. C'est  le  "retour"  du  bataillon  du 
colonel  Deschambault,  daté  du  camp  de 
Beauharnois,  le  23  novembre  1813.  Le 
bataillon  avait  10  compagnies:  1ère  com- 
pagnie tirée  de  Blainville,  de  65  hommes, 
commandés  par  le  capitaine  Charles  Por- 
teous;  2ème  compagnie  tirée  de  l'Ile  Jésus, 
de  66  hommes,  commandés  par  le  capitaine 
Joseph  Lacroix;  3ème  compagnie  tirée  de 
l'Assomption,  de  60  hommes,  commandés 
par  le  capitaine  Archambault;  4ème  com- 
pagnie tirée  de  la  Rivière  du  Chêne,  de  65 

(1)  Ce  canal  n'est  pas  le  canal  actuel  de  Beauharnois;  ce 
terme  Beauhamoia  Channel  peut  désigner  soit  le  chenal  à  la 
tête  des  Cascades,  soit  le  petit  canal  ouvert  en  1806,  à  la 
tête  de  la  rivière  Saint-Louis. 


hommes,  commandés  par  le  capitaine 
Hyacinthe  Saint-Germain;  5ème  com- 
pagnie tirée  de  Lavaltrie,  de  62  hommes, 
commandés  par  le  capitaine  Barthélémy 
Juliette;  6ème  compagnie  tirée  de  Berthier, 
de  59  hommes,  commandés  par  le  capitaine 
Maxime  Olivier;  7ème  compagnie  tirée  de 
Longue-Pointe,  de  57  hommes,  commandés 
par  le  capitaine  John  Sanford;  8ème  com- 
pagnie tirée  de  Pointe-Claire,  de  48  hommes, 
commandés  par  le  capitaine  Joseph  Mail- 
loux;  9ème  compagnie  tirée  d'Argenteuil, 
de  58  hommes,  commandés  par  le  capitaine 
James  Brown;  lOème  compagnie  tirée  de 
Terrebonne,  de  60  hommes,  commandés  par 
le  capitaine  Joseph  Turgeon. 

LES  TROUBLES  DE  NOVEMBRE  1838 

C'est  durant  la  semaine  du  4  au  11  no- 
vembre qu'eurent  Heu,  à  Beauharnois,  les 
"troubles"  de  1838.  Il  est  assez  diflacile  de 
reconstituer  avec  certitude  toute  la  trame 
de  cet  épisode;  voici  du  moins,  d'après  les 
pièces  officielles'^'  du  procès  des  patriotes, 
en  février  1839,  ce  qui  semble  vraisem- 
blable. 

Les  Canadiens  de  Beauharnois  ne  s'é- 
taient pas  joints  à  l'insurrection  de  1837; 
après  l'échec  de  ce  premier  soulèvement,  il 
se  forma,  dans  les  districts  de  Chateauguay 
et  de  Beauharnois,  une  association  secrète 
dite  des  Chasseurs  pour  organiser  une  nou- 
velle rébellion,  avec  le  secours  des  Améri- 
cains. Un  plan  fut  imaginé  d'après  lequel 
Nelson  et  le  général  Martin  seraient  entrés 
des  Etats-Unis  au  Canada  par  l'Acadie  et 
auraient  attaqué  Saint-Jean,  P.Q.  Mailhot 
aurait  ralUé  Saint-Charles  et  Saint-Denis 
et  attaqué  Sorel.  Beauharnois  devait  être 
attaqué  par  les  gens  de  Sainte-Martine, 
Chateauguay  et  Beauharnois. 


(2)  Officiai  Reporta  of  Ihe  Staie  Trials,  1839. 


176 


Histoire  civile  de  Beauharnois 


De  fait,  le  3  novembre  1838,  il  y  eut 
"trouble"  à  Chateauguay  et  à  Beauharnois; 
à  Chateauguay,  l'on  songea  d'abord  à  re- 
joindre les  patriotes  de  Sainte-Martine  et, 
avec  eux,  à  assaillir  Beauharnois;  ce  plan 
fut  abandonné  et  se  changea  en  expédition 
contre  le  bourg  de  Caughnawaga. 

Pendant  ce  temps,  un  groupe  part  de 
Sainte-Martine  et  s'avance  vers  Beau- 
harnois. A  sa  tête  sont  le  docteur  Brien, 
le  marchand  Perrigo,  les  frères  Louis  et 
Joseph  Dumouchelle,  cultivateurs;  à  Beau- 
harnois, ils  trouvent  un  groupe  de  patriotes 
réunis  chez  l'hôtelier  F.-X.  Prévost;  là 
sont,  entre  autres.  Désiré  Bourbonnais, 
forgeron  de  Saint-Clément,  Michel  Longtin, 
Charles  Roy  dit  Lapensée,  Isidore  Trem- 
blay, cultivateur,  André  Papineau  dit  Mon- 
tigny,  forgeron,  Jacques  et  Joseph  Goyette, 
Michel  Allary,  Louis  Hainault,  Basile  Roy, 
Joseph  Roy,  Joseph  Roy  dit  Lapensée,  fils 
de  Louis,  Edouard  et  PhiUppe  Tremblay  et 
Toussaint  Rochon,  tous  de  Saint-Clément; 
il  y  a  surtout  F.-X.  Prieur,  de  Saint-Timo- 
thée,  qui  semble  avoir  joué  un  premier 
rôle.  Le  chevaUer  de  Lorimier  était  pré- 
sent, mais  se  mêla  peu  à  l'insurrection."' 

Les  patriotes  commencent  par  s'emparer 
des  armes  qu'ils  trouvent  chez  David 
Normand;  ils  montent  la  côte  de  l'égUse, 
se  réunissent  à  un  autre  groupe  qui  les  y 
attend,  et,  au  nombre  de  200  environ,  re- 
descendent au  village,  s'emparent  d'abord 
de  la  maison  de  l'agept  seigneurial  L.-G. 
Brown,  puis  du  manoir  seigneurial'^'  lui- 
même,  où  ils  font  prisonniers  Edward  Ellice 
jr  et  tout  le  personnel;  il  y  a  bien  quelques 
essais  de  résistance  de  la  part  des  Beauhar- 


(1)  C'est  en  retournant  de  Beauharnois  aux  Etats-Unis  que 
de  Lorimier  fut  fait  prisonnier. 

(2)  Le  manoir  seigneurial  était  alors  à  l'endroit  occupé 
aujourd'hui  par  la  résidence  privée  de  Monsieur  le  notaire 
C  Trudeau. 


nois  Loyal  Volunteers  qui,  prévenus,  s'é- 
taient préparés  à  l'assaut,  mais  devant  l'iné- 
gahté  des  combattants,  le  colonel  L.-G. 
Brown  rend  les  armes;  les  patriotes  font  pri- 
sonniers tous  les  loyalistes  du  vUlage,  s'em- 
parent de  toutes  les  munitions  et  de  toutes 
les  armes.  Le  Manoir  est  gardé;  Madame 
Ellice,  les  dames  de  sa  suite,  et  les  prison- 
niers de  distinction  sont  conduits  au  pres- 
bytère de  M.  le  curé  Quintal.  Les  chefs 
des  bureaucrates,  Ellice,  Brown,  Norval, 
Bryson  sont  conduits  à  Chateauguay;  d'au- 
tres, conduits  à  Chateauguay,  en  sont  aussi- 
tôt ramenés  vers  Beauharnois. 

C'était  le  dimanche,  quatre  novembre. 
Le  même  jour,  les  patriotes  s'emparent  du 
vapeur  Henry  Brougham.  Il  avait  été  dit 
que  le  vapeur  avait  à  son  bord  des  troupes 
envoyées  pour  défendre  les  loyalistes  de 
Beauharnois;  c'en  était  assez  pour  que  les 
patriotes  décidassent  de  s'en  emparer;  ces 
derniers  s'étaient  préparés  à  une  bataille 
qui  ne  fut  pas  nécessaire:  le  Henry  Broug- 
ham n'avait  à  bord  que  deux  officiers  de 
passage:  néanmoins,  les  patriotes  crurent 
prudent  de  constituer  prisonniers,  passa- 
gers et  équipage;  quelques  prisonniers  fu- 
rent conduits  au  presbytère,  d'autres  à 
l'hôtel  Prévost."'  Le  vapeur  Broitgham  fut 
coulé  à  fond  au  quai  même. 

La  semaine  se  passa  en  anxiétés  causées 
par  les  rumeurs  de  mouvements  de  troupes; 
les  patriotes  firent  nombre  de  marches  et 
de  contremarches  à  Chateauguay  et  au 
Camp  Baker;'*'  enfin,  les  10  et  11  novembre, 
le  mouvement  de  rebelhon  fut  réprimé. 

Les  patriotes  s'étaient  barricadés  au 
Buisson  et  avaient  aussi  un  petit  camp  sur 
la  colline  où  sont  les  édifices  paroissiaux. 


(3)  L'hôtel  Prévost  devint  plus  tard  l'hôtel  Rapin  et  est 
actuellement  occupé  par  le  barbier  A.  Morrisseau. 

(4)  Le  camp  Baker  était  sur  la  rivière  Chateauguay,  à  six 
milles  de  Beauharnois,  par  le  rang  Saint-Georges. 


Beauhaenois  militaire 


177 


Colborne  fit  attaquer  Beauhamois  de 
deux  côtés,  de  l'est  et  de  l'ouest.  De  La- 
chine,  le  capitaine  Campbell  traversa  à 
Caughnawaga,  vint  à  Chateauguay  le  10 
novembre,  délivra  les  prisonniers  que  les 
patriotes  de  Beauharnois  y  avaient  conduits 
le  4,  et  ne  rencontra  aucune  opposition. 

De  Cornwall,  le  colonel  Carmichael  s'a- 
vança avec  plusieurs  centaines  de  soldats 
contre  Beauharnois;  il  était  au  Coteau,  le 
9;  le  10,  le  Neptune  traversait  les  troupes 
un  peu  en  haut  de  VaUeyfield;  vers  six  heures 
du  soir,  l'armée  était  à  deux  milles  de 
Beauharnois;  l'enseigne  Cox  constatait  que 
le  moulin  n'était  pas  occupé,  mais  que 
les  rebelles  étaient  groupés  autour  du  pres- 
bytère, et  que  le  pont  de  la  rivière  Saint- 
Louis  n'avait  pas  été  coupé.  A  8  heures, 
les  troupes  traversèrent  la  rivière  Saint- 
Louis  et  occupèrent  le  moulin;  leur  pré- 
sence fut  trahie  par  l'imprudence  d'un 
clairon;  surpris,  les  rebelles  se  réunirent 
en  toute  hâte,  firent  une  décharge  qui  blessa 
trois  soldats  et  tua  un  nommé  Turner,  et 
s'enfuirent.  Les  représailles  furent  terri- 
bles; tous  les  Canadiens-français  suspects 
furent  arrêtés,  et  le  village  fut  incendié. 
Quelques  jours  plus  tard  le  Brougham,  ren- 
floué, gagnait  Lachine,  portant  82  prison- 
niers, un  drapeau  des  rebelles  et  un  de 
leurs  canons  de  bois.*'* 

Ainsi    échoua,    à    Beauharnois    comme 
ailleurs,  la  prise  d'armes  de  novembre  1838. 


L'affaire,  cependant,  ne  finit  pas  là.  Un 
nombre  comparativement  petit  de  rebelles 
furent  pris."'    La  plupart  se  sauvèrent  à  la 


faveur  des  forêts.     Ceux  qui  furent  pris 
furent  traduits  en  cour  martiale. 

Trois  groupes  comparurent:  le  premier 
constitue,  dans  les  dossiers  judiciaires,  la 
cause  Brien,  le  deuxième,  la  cause  Perrigo, 
le  troisième,  la  cause  Allary. 

La  cause  du  Dr  Henri  Brien  s'instruisit 
à  Montréal,  devant  une  cour  martiale  pré- 
sidée par  le  major  Chtherow;  Brien  et  ses 
compagnons  furent  accusés  that,  on  the  4th 
day  oj  novemher,  they  did  meet,  conspire  and 
agrée  unlawfully  and  traitorously,  to  svbvert 
and  destroy  and  cause  to  be  subverted  and 
destroyed  the  législative  rule  and  Government 
now  duly  established  and  dépose  and  cause 
to  be  deposed  our  Lady  the  Qv^en  from  the 
royal  State  and  government  of  the  Province. 

Tous  les  accusés  sans  exception  nièrent 
avoir  eu  de  telles  intentions;  la  plupart 
même  se  défendirent  d'avoir  pris  aucune 
part  au  soulèvement;  quelques-uns,  qui 
avouèrent,  prétendirent  avoir  agi  par  igno- 
rance ou  par  entraînement,  et  se  recom- 
mandèrent à  la  clémence  de  la  cour. 

Le  procès  dura  du  11  au  21  janvier 
1839;  un  grand  nombre  de  témoins  furent 
entendus;  la  sentence  fut  la  culpabilité, 
et  de  Lorimier,  Brien,  Chèvrefils,  les  Du- 
mouchelle,  Jacques  Goyette,  Toussaint  Ro- 
chon, F.-X.  Prieur,  J.  Wattier  (des  Cèdres), 
Laberge  et  Touchette  furent  tous  con- 
damnés à  être  pendus;  en  fait,  seul  de 
Lorimier  fut  exécuté;  le  Dr  Brien  fut  Hbéré 
à  la  condition  de  se  tenir  au  moins  à  600 
milles  de  la  province;  Wattier  fut  également 
libéré  sous  caution;  les  autres  furent  tous 
exilés.'^* 


(1)  Ces  détails  sont  extraits  du  volume  de  Sellar,  Hislory 
of  the  Caunty  of  Hunlingdon  and  of  the  Seignoriea  of  Chateau- 
guay &  Beauhamois  (1888). 

(2)  Quelques-uns,  en  route  vers  les  États-Unis,  assaillirent 
le  fort  de  Saint-Amcet. 


(3)  De  retour  d'exil,  Prieur  se  fixa  à  Beauhamois,  où  il 
fut  marchand;  U  fut  ensuite  nommé  surintendant  des  Péni- 
tenciers de  la  Province.  Il  a  écrit  un  volume  de  "Souvenirs" 
qui  est  une  source  importante  de  l'histoire  des  événements 
de  1838. 


178 


Histoire  civile  de  Beauharnois 


Le  procès  Perrigo  eut  lieu  du  7  au  21  fé- 
vrier 1839.  L'acte  d'accusation  était  le 
même  que  dans  la  cause  Brien;  les  officiers 
enquêteurs  et  juges  étaient  aussi  les  mêmes; 
identique  aussi  fut  la  défense  des  accusés, 
aucun  ne  plaidant  coupable.  Perrigo  et 
Isidore  Tremblay  furent  complètement  ac- 
quittés; les  autres,  Turcot,  Bourbonnais, 
Longtin,  Charles  Roy,  Prévost,  André  Pa- 
pineau,  Gagnon,  Rapin  furent  condamnés  à 
être  pendus;  en  fait,  aucun  ne  le  fut;  Long- 
tin fut  libéré  sous  caution;  les  autres  furent 
envoyés  en  exU. 

Le  procès  Allary  eut  lieu  du  25  au  27 
mars  et  du  2  au  5  avril;  les  accusations  et 
les  juges  étaient  les  mêmes  qu'en  février  et 
janvier.  Tous  les  accusés  furent  condamnés 
à  mort;  cependant,  la  sentence  recommen- 
dait  Louis  Hainault,  Edouard  et  Philippe 
Tremblay  à  une  commutation  de  peine. 
En  fait,  Louis  Hainault,  Joseph  Roy, 
Edouard  et  Philippe  Tremblay  furent  li- 
bérés sous  caution;  les  autres,  Allary, 
Joseph  Goyette,  Basile  Roy,  Jos.  Roy  dit 
Lapensée  furent  envoyés  en  exil. 

Et  ainsi  finit  l'affaire  de  1838  à  Beauhar- 


nois. 


LES  FENIANS  (1866-1870) 


Après  la  guerre  des  Etats  américains  du 
Nord  contre  les  Etats  du  Sud,  un  groupe 
d'irlando-américains,  pour  se  venger  de 
l'Angleterre  qu'ils  accusaient  d'avoir  fa- 
vorisé les  Etats  du  Sud,  résolurent  d'atta- 
quer le  Canada.  Ils  s'organisèrent  en  corps 
d'armée  et  envahirent  le  Canada;  c'est  le 
mouvement  fénien;  il  a  deux  périodes,  1866 
et  1870. 

Par  arrêté  ministériel  du  2  juin  1866, 
le   gouvernement   canadien   appelait   sous 


les  armes  plusieurs  compagnies  bas-ca- 
nadiennes, entre  autres,  celles  de  Va- 
rennes,  de  Napierville,  de  Saint-Rémi,  de 
Saint-Luc  et  de  Beauharnois.  Cette  der- 
nière était  la  compagnie  indépendante  du 
capitaine  Martin.  Le  5  juin,  deux  compa- 
gnies des  Trois-Rivières  passaient  à  Beau- 
harnois et  allaient  à  la  tête  du  canal, 
à  Valleyfield;  le  mouvement  fénien  fut 
repoussé  sans  que  la  compagnie  de  Beau- 
harnois ait  eu  à  prendre  part  à  quelque 
engagement. 

Quelques  années  plus  tard,  le  24  mai 
1870,  le  64ième  bataillon  de  Beauharnois 
fut  appelé  sous  les  armes  pour  aider  à  la  ré- 
pression d'une  nouvelle  invasion  fénienne; 
le  bataillon  avait  alors  les  officiers  sui- 
vants: Lieutenant-colonel  J.-M.  Prud'- 
homme, major  Rodier,  adjudant  Joseph 
Deslauriers;  capitaines  pour  Beauhar- 
nois, L.-R.  Baker  et  F.-C.  Basinet;  pour 
Saint-Etienne,  Louis  Bisaillon;  pour  Saint- 
Louis,  J.-C.  de  Lorimier;  pour  Saint-Ti- 
mothée,  Eustache  Langevin:  pour  Valley- 
field, Lucius  Poitras;  paie-maître,  Cyrille 
Guimond;  quartier-maître,  Ferdinand 
Leduc. 

Le  bataillon  fut  dirigé,  le  25  mai,  vers 
Huntingdon,  mais  il  ne  prit  part  à  aucun 
engagement;  il  y  avait  eu,  le  24,  une 
légère  escarmouche.  Un  appel  de  40  vo- 
lontaires ayant  été  fait  pour  servir  d'es- 
corte à  un  convoi  de  munitions,  100  soldats 
du  64ième  y  répondirent. 

Le  bataillon  rentra  immédiatement  à 
Beauharnois. 


Telle  est,  en  un  bref  résumé,  l'histoire 
militaire  de  Beauharnois. 


Beauharnois  agricole 


179 


CHAPITRE  CINQUIÈME 


Beauharnois  agricole 


EAUHARNOIS  a  été  d'abord 
un  établissement  agricole:  les 
premiers  pionniers  traversè- 
rent de  l'Ile  Perrot  ou  vinrent 
de  Chateauguay  pour  déboi- 
ser et  faire  la  terre,  et  pendant  longtemps 
la  population  se  composa  en  grande  majo- 
rité de  cultivateurs.  Actuellement,  la  ville  de 
Beauharnois  l'emporte  en  population  sur  la 
campagne;  tout  de  même,  la  classe  agricole 
occupe  une  place  importante  qu'il  n'est  que 
juste  de  mentiormer. 

En  1815,  r arpenteur-général  Joseph  Bou- 
chette,  dans  une  Description  topographique 
de  la  Province  du  Bas-Canada,^^^  parlait  ainsi 
de  Beauharnois:  "Sur  le  front — de  la  Sei- 
gneurie— il  y  a  quelques  places  maréca- 
geuses, couvertes  de  cèdre  et  de  pruche 
blanche,  mais  elles  ne  sont  pas  de  grande 
étendue,  et  généralement,  entre  les  bords 
du  Chateauguay  et  du  Saint-Laurent,  ce 
qui  forme  une  longueur  d'environ  trois 
lieues,  le  pays  offre  la  localité  la  plus  avanta- 
geuse, est  favorable  à  tous  les  travaux  de  l'agri- 
culture, et  abonde  en  terrains  propres  à  faire 
croître  du  chanvre  et  du  lin.  On  a  de  solides 
raisons  de  conjecturer  qu£  cette  partie  du  dis- 
trict de  Montréal  attirera  l'attention  des  com- 
merçants et  des  cultivateurs  et  qu'en  peu  d'an- 
nées, elle  le  disputera  à  la  plupart  des  autres 
de  la  province,  en  population  aussi  bien  que 
par  l'état  florissant  de  l'agriculture." 


(1)  P.  113. 


Les  conjectures  de  l'arpenteur-général 
n'étaient  point  téméraires.  Beauharnois 
a  une  histoire  agricole  intéressante. 

Bouchette  nous  apprend  qu'en  1815,  il  y 
avait  à  Annstown  (ou  Beauharnois)  95 
lots  concédés  sur  le  Saint-Laurent  et  la  rive 
nord  du  Chateauguay.  En  1822,  Beauhar- 
nois, comprenant — pour  le  recensement — 
Saint-Timothée  et  la  Grande-Ile,  a  une 
population  de  2,205;  dans  ce  chiffre,  il  y  a 
"435  chefs  de  famille  possédant  des  terres 
ou  tirant  principalement  leur  subsistance  du 
produit  d'icelles." 

Au  recensement  de  1825,  la  population- 
agricole  est  de  1,045  contre  182  au  village; 
il  y  a  160  maisons  à  la  campagne  et  29  au 
village. 

Au  recensement  de  1831,  Saint-Clément 
compte  251  familles  d'agriculteurs. 

Au  recensement  de  1842,  l'on  ne  trouve 
que  178  familles  d'agriculteurs;  sur  une 
superficie  de  15,067  acres,  8,061^  sont 
en  culture;  la  dernière  récolte  a  produit 
6,233  minots  de  blé,  1,9261/2  d'orge,  18,800 
d'avoine,  9,2391/2  de  pois,  3601/2  de  blé 
d'Inde,  1,169  de  sarrazin,  15,2711/2  livres  de 
pommes  de  terre,  3,800  Uvres  de  sucre  d'éra- 
ble; dans  la  paroisse  il  y  a  5  essaims  d'a- 
beilles, 1,072  bêtes  à  cornes,  542  chevaux, 
1,428  moutons,  677  cochons. 

En  1851,  Saint-Clément  (comprenant 
Saint-Etienne  actuel)  a  376  occupants  de 


180 


HisToraE  CIVILE  DE  Beauharnois 


terres;  18,500  acres  sont  en  culture,  12,482 
sont  ensemencées,  5,954  en  pâturages,  134 
en  jardins  et  7,875  en  bois  ou  incultes.  Les 
Commissaires  du  Recensement  remarquent 
que  la  récolte  a  manqué  presque  complète- 
ment et  qu'au  dire  des  propriétaires,  le  sol 
n'a  pas  donné  plus  que  la  semence  depuis 
six  ans. 

En  1861,  il  y  a  377  occupants  de  terres; 
la  superficie  agraire  est  de  30,353  acres; 
25,243  acres  sont  en  culture,  5,842  en  pâtu- 
rages, 302  en  jardins  et  vergers,  5,110  en 
bois.  Les  terres  sont  évaluées,  au  total,  à 
$1,357,089.00;  le  roulant  (farming  imple- 
ments)  est  évalué  à  $130,981.00.  2,057  acres 
produisent  20,077  minots  de  blé;  1,524 
acres,  28,912  minots  d'orge;  65  acres,  457 
minots  de  seigle;  3,973  acres,  78,853  minots 
d'avoine;  606  acres,  4,635  minots  de  sar- 
razin;  56  acres,  1,183  minots  de  blé  d'Inde; 
13  acres,  1,407  minots  de  navets;  11  acres, 
2,481  minots  de  betteraves;  234  acres,  24,- 
530  minots  de  pommes  de  terre.  L'on  ré- 
colte 2,024  tonnes  de  foin,  129  livres  de  hou- 
blon, 7,861  livres  de  sucre  d'érable;  l'on 
fabrique  annuellement  120  gallons  de  vin, 
56,2^5  livres  de  beurre  et  1,365  livres  de 
fromage.  L'on  compte  3,155  vaches,  1,686 
chevaux,  2,126  moutons,  1,462  cochons;  le 
tout  évalué  à  $108,125.00. 

En  1871,  Saint-Clément  (avec  ses  limites 
actuelles,  c'est-à-dire  sans  Saint-Etienne 
qui  entrait  dans  les  recensements  antérieurs) 
a  274  occupants  de  terres,  dont  243  proprié- 
taires et  30  fermiers;  40  occupent  des  terres 
ne  dépassant  pas  10  acres,  59  ont  des  terres 
qui  ne  dépassent  pas  50  acres;  99  terres  sont 
de  moins  de  100  acres,  70  sont  de  100  à  200 
acres,  6  ont  plus  de  200  acres.  En  tout, 
17,718  acres  sont  occupées,  dont  10,791 
sous  culture,  4,346  en  pâturages,  196  en 
vergers  et  jardins.  L'on  y  récolte  7,101 
boisseaux   de   blé,    18,030    d'orge,   40,849 


d'avoine,  49  de  seigle,  21,980  de  pois,  240  de 
fèves,  4,310  de  sarrazin,  698  de  mais,  17,090 
de  pommes  de  terre,  53  de  navets,  1,098 
de  mil  et  de  trèfle,  et  3,291  tonnes  de  foin. 

En  1881  Saint-Clément  a  231  occupants 
de  terres,  dont  203  propriétaires;  17  terres 
ont  moins  de  10  acres,  49  moins  de  50  acres, 
102  moins  de  100  acres,  56  moins  de  200 
acres,  7  ont  plus  de  200  acres.  Le  total  des 
terres  occupées  est  de  16,648  acres;  12,003 
sont  en  culture,  3,444  en  pâturages,  144  en 
jardins  et  vergers.  L'on  récolte  6,954 
boisseaux  de  blé,  15,680  d'orge,  54,887 
d'avoine,  85,621  de  pois  et  de  fèves,  2,903 
de  sarrazin,  1,024  de  maïs,  43,916  de  pom- 
mes de  terre,  45  de  navets,  1,751  tonnes  de 
foin,  175  boisseaux  de  mil  et  de  trèfle. 

En  1891,  Beauharnois  a  571  occupants  de 
terres,  dont  373  propriétaires  et  197  fer- 
miers; il  y  a  374  terres  ne  dépassant  pas 

10  acres;  25  ne  dépassent  pas  50  acres;  91 
ne  dépassent  pas  100  acres;  68  ne  dépassent 
pas  200  acres;  16  ont  plus  de  200  acres. 
21,869  acres  sont  occupées:  14,702  en  culture 
4,180  en  pâturages,  2,666  en  forêts,  321 
en  jardins  et  vergers.  La  récolte  de  blé  est 
de  1,658  boisseaux,  d'orge  5,955,  d'avoine 
42,245,  de  pois  24,881,  de  sarrazin  9,243,  de 
fèves  204,  de  maïs  697,  de  pommes  de  terre 
19,876,  de  foin  3,350  tonnes,  de  mil  et  de 
trèfle  368.  Il  y  a  1,142  chevaux,  1,783  bêtes 
à  cornes,*"  610  moutons,  726  cochons,  274 
dindes,  90  canards,  7,444  poules. 

En  1911,  Beauharnois  a  167  propriétaires 
et  21  locataires  de  terres;  4  terres  ont  de  5 
à  10  acres;  20  ont  de  11  à  20  acres;  70  ont  de 
50  à  100  acres;  79  ont  de  100  à  200  acres; 

11  ont  plus  de  200  acres.  Les  terres  occu- 
pées ont  17,489  acres,  dont  16,174  en  cul- 
ture. La  dernière  récolte  a  produit  2,485 
boisseaux   de   blé,    9,102    d'orge,    110,142 


(1)  Dont  17  bœufs  de  labour. 


Beauharnois  agricole 


181 


d'avoine,   1,582  de  blé  d'Inde,   15,645  de 
sarrazin,  et  4,172  livres  de  tabac. 


En  général,  les  cultivateurs  de  Saint- 
Clément  ont  fait  la  grande  culture  plutôt 
que  la  culture  intensive;  les  terres  n'ont  pas 
été  transformées,  comme  à  Saint-Laurent 
ou  Longueuil,  en  jardins  maraîchers. 

Il  y  a  une  trentaine  d'années,  des  froma- 
geries ont  été  établies;  depuis  une  dizaine 
d'années,  les  séparateurs  les  ont  pratique- 
ment remplacées;  la  guerre  de  1914-1918  a 
ressuscité  la  fabrication  du  fromage  et  les 
cultivateurs  ont  trouvé  profit  à  encoura- 
ger cette  industrie. 


Parmi  les  initiatives  tentées  pour  encou- 
rager l'agriculture,  quelques-unes  surtout 
méritent  d'attirer  l'attention. 

Lorsque  fut  établi  le  comté  de  Beauhar- 
nois, en  1829,  presque  simultanément  fut 
fondée  la  Société  d'Agriculture  du  Comté  de 
Beauharnois;  cette  société,  par  des  exposi- 
tions annuelles,  n'a  cessé  de  mettre  de  l'é- 
mulation dans  la  classe  agricole;  elle  tint 
quelques  expositions  au  village  de  Beauhar- 
nois, notamment  en  1832  et  1835;  depuis 
plusieurs  années,  l'exposition  annuelle  a 
lieu  à  Saint-Louis-de-Gonzague. 

Beauharnois  a  aussi  un  Cercle  agricole  qui 
compte  actuellement  200  membres;  depuis 
quelques  années,  ce  Cercle  a  beaucoup  con- 
tribué au  progrès  de  l'agriculture  locale; 
par  ses  soins,  la  race  bovine  s'est  améUorée; 
des  graines  de  semences  de  choix  ont  été 
distribuées  aux  cultivateurs;  en  1918,  le 
Cercle  a  formé  un  Comité  de  surproduction 


agricole"'  qui  a  organisé  une  propagande 
efficace  pour  la  culture  du  blé  et  des  haricots. 

En  1918,  M.  l'Agronome  E.-N.  Blondin 
et  M.  J.-E.   Leduc,  secrétaire  du  Cercle 
agricole  et  de  la  Commission  scolaire,  orga- 
nisaient les  Jardins  scolaires  dans  le  but 
d'inspirer  aux   enfants  l'attachement  à  la 
terre;  le  printemps,  des  graines  de  semence 
sont  distribuées  aux  élèves  des  écoles  de  la 
campagne:    l'été,  l'agronome  visite  ces  jar- 
dins scolaires;  l'automne,  a  Ueu  l'exposition 
scolaire.     Cette  initiative  a  déjà   produit 
des    résultats    admirables;  les    expositions 
scolaires    d'automne    à    Beauharnois    per- 
mettent d'espérer  beaucoup  pour  l'avenir 
de    l'agriculture    locale.      Chaque    enfant 
expose  les  produits  de  son  travail  agraire, 
des  prix  sont   distribués,    des  conférences 
appropriées    indiquent    aux    enfants    les 
moyens  d'améliorer  leur  travail  et  les  en- 
couragent à  rester  sur  la  terre.    Nous  con- 
naissons peu  d'initiatives  plus  pratiques, 
plus  bienfaisantes,  plus  patriotiques  même 
que  celle-là.    S'il  est  vrai  que  c'est  l'agri- 
culture qui  a  été  notre  grande  force  sociale, 
et  que  l'on  ne  saurait  trop  s'élever  contre 
la  désertion  des  campagnes,  quoi  de  plus 
propre   à  fixer  au  sol  notre  classe  agricole 
que  l'éducation  agricole  des  enfants?     A 
travailler  comme  leurs  pères,  les  enfants  ap- 
prendront de  bonne  heure  l'indispensable 
qualité  qui  les  attachera  à  leur  profession, 
l'amour  de  la  terre.    De  bonne  heure  aussi 
ils  s'initieront  aux  progrès  de  la  science,  et 
de  ce  double  avantage  d'ime  culture  pro- 
gressive dans  une  âme  amie  du  sol,  surgira 
une  race  d'agriculteurs  qui    continueront, 
comme  leurs  ancêtres,  à  faire  leur  paroisse 
et  leur  pays  économiquement  et  morale- 
ment prospères! 


(1)  Faisaient  partie  de  ce  comité  M.  le  curé  T.  Nepveu, 
M.  le  maire  E.  Théoret  et  M.  le  maire  Louis  Maheu,  avec 
M.  J.-E.  Leduc  comme  secrétaire. 


Beauharnois  commercial  et  industriel 


183 


CHAPITRE  SIXIÈME 


Beauharnois  commercial  et  industriel 


Après  l'agriculture,  il  faut,  tout  natu-  trie.  Nous  voudrions  le  faire  en  deux  àrti- 
rellement,  étudier  un  deuxième  élément  de  clés,  dont  l'un  traitera  des  services  d'utilité 
prospérité  matérielle,  le  commerce  et  l'indus-    publique,  et  l'autre  des  entreprises  privées. 

ARTICLE  PREMIER :-LES    SERVICES  D'UTILITÉ  PUBLIQUE 


ERVICE  postal.  —  Beauhar- 
nois a  un  service  postal  spé- 
cial depuis  1829;  avant  cette 
I^Ï^^W^  date,  le  courrier  venait  de 
WSÊJMSm]  Montréal  par  Chateauguay 
et  était  distribué  à  Beauhar- 
nois deux  ou  trois  fois  par  semaine.  En 
1829,  un  Bureau  de  poste  fut  établi  et  T. 
McDonald  en  fut  le  premier  maître.  De- 
puis cette  date,  les  maîtres  de  poste  se  sont 
succédé  dans  l'ordre  suivant:'"  de  1831 
à  janvier  1839,  D.  Masson;  de  janvier 
1839  à  juillet  1843,  John  Ross;  de  juillet 
1843  à  juillet  1857,  Henry  Bogue;  de  juillet 
1857  à  décembre  1862,  Adolphe  Longpré; 
de  décembre  1862  à  janvier  1867,  Ovide 
Payment;"*  de  janvier  à  juillet  1868,  Louis 
Laurin;  de  juillet  1868  à  octobre  1884, 
Crosbie  McArthur;  d'octobre  1884  à  mai 
1894,  L.  R.  Baker;  de  mai  1894,  à  février 
1897,  Alexis  Doutre;  de  février  1897  à  dé- 
cembre 1901,  Octave  Laurin;  de  décembre 
1901  à  février  1905,  Antoine  Lefebvre;  de 


(1)  La  liste  que  nous  donnons  ici  est  la  liste  officielle  qui 
nous  a  été  obligeamment  fournie  par  le  Ministère  Fédéral 
des  Postes— (2)  De  janvier  1867  à  1868,  U.  J.  Robillard. 


février  1905  à  octobre  1914,  André  Leduc; 
depuis  octobre  1914,  Nicolas  Marleau. 

Ajoutons  que  depuis  longtemps,  Meloche- 
ville  a  un  bureau  spécial  de  poste,  et  que, 
depuis  quelques  années,  la  paroisse  est 
desservie  par  le  système  de  la  malle  rurale. 
Avant  l'établissement  de  ce  dernier  service, 
il  y  avait  un  bureau  de  poste  appelé  Ven- 
dôme, sur  le  chemin  de  la  rivière  Saint- 
Louis,  chez  M.  Joseph  Daoust,  et  un  autre 
à  Maple  Grove,  chez  M.  Auguste  Hébert. 

Le  service  d'éclairage. — Nous  avons  dit 
plus  haut,  en  parlant  de  la  ville  de  Beau- 
harnois, comment  a  été  successivement  or- 
ganisé le  service  d'éclairage  électrique. 

Le  service  de  navigation. — Beauharnois  a 
deux  voies  navigables,  le  fleuve  Saint- 
Laurent  et  la  rivière  Ottawa  se  réunissant 
au  lac  Saint-Louis,  et  le  canal  de  Beauhar- 
nois. 

Avant  la  construction  du  canal  de  Beau- 
harnois, la  navigation  entre  le  lac  Saint- 
Louis  et  le  lac  Saint-François  se  faisait  au 
moyen  de  quatre  petits  canaux  construits 
sur  la  rive  nord,  dont  trois  étaient  destinés 
à  éviter  les  rapides  dits  les  Cascades,  la 


184 


Histoire  civile  de  Beauharnois 


Faucille,  le  Trou  du  moulin  et  le  Rocher 
fendu;  le  quatrième  servait  à  éviter  les  ra- 
pides de  C6teau-du-Lac.  Peu  de  bateaux 
passant  par  là  arrêtaient  à  Beauharnois. 

De  bonne  heure,  il  y  eut  un  service  de 
bateau  entre  Montréal  et  Beauharnois; 
vers  1820,  il  y  avait  un  bateau  appelé 
Persévérance;  quelques  années  plus  tard 
s'organisa  une  compagnie  de  bateaux  à 
chevaux  faisant  le  service  entre  Lachine  et 
Chateauguay;  quelques-uns  de  ces  bateaux 
se  rendirent  à  Beauharnois;  un  peu  plus 
tard,  la  compagnie  De  Witt  mit  un  bateau 
à  vapeur,  le  Fashion,  pour  le  service  de 
Beauharnois.  En  1838-1839,  nous  savons 
que  le  Henry  Brougham  faisait  escale  à 
Beauharnois;  un  autre  bateau,  le  Dragon, 
y  venait  aussi. 

Vers  1864  se  forma  une  compagnie  de 
navigation,  la  Beauharnois,  Chateauguay 
&  Huntingdon  Navigatimi  Co.,  dans  le  but 
"de  construire  et  d'employer  des  bateaux 
à  vapeur  pour  le  transport  des  passagers 
et  de  la  marchandise  sur  les  deux  rives  du 
Saint- Laurent,  entre  Cornwall,  Dundee, 
Beauharnois,  Montréal  et  les  ports  inter- 
médiaires"; la  compagnie  avait  un  capital- 
actions  de  $60,000;  ses  promoteurs  étaient 
John  Sweanston,  Owen  Lynch,  James 
Keith,  Alex.  Buntin,  Moïse  Branchaud, 
Jacob  De  Witt,  Alexandre  Anderson,  Atha- 
nase  Branchaud,  G.-B.  Duncan;  cette  com- 
pagnie exista  pendant  environ  cinq  ans  et 
eut  les  bateaux  Empress  et  Salaberry. 

Le  capitaine  Filgate  a  été  aussi  proprié- 
taire de  bateaux  faisant  le  service  Mon- 
tréal-Chateauguay-Beauharnois;  ses  trois 
bateaux  furent  le  Star,  le  Beauharnois  et  le 
Filgate. 

A  l'époque  de  la  grande  prospérité  de 
Beauharnois — par  son  commerce  de  grains 
— ^il  y  eut,  à  Beauharnois,  une  vraie  flottille 


de  barges,  dont  le  Commodore  Vincent  était 
le  pilote  principal. 

Plus  près  de  nous,  deux  compagnies  rivales 
firent  de  Beauharnois  leur  terminus,  il  y  a 
une  quinzaine  d'années.  Actuellement,  il 
n'y  a  que  la  Compagnie  Str.  Beauharnois, 
dont  le  capitaine-propriétaire  est  M.  J.-A.- 
A.  Desrochers;  ce  bateau  fait  le  service  quo- 
tidien   Montréal-Beauharnois. 

En  1845,  le  canal  de  Beauharnois  était 
ouvert  à  la  navigation.  Dès  1804,  il  fut 
question  de  construire  un  canal  qui  reUerait 
les  deux  lacs  Saint-François  et  Saint-Louis; 
il  fallut  cependant  quarante  ans  pour  exé- 
cuter ce  projet.  Les  travaux  de  construc- 
tion durèrent  de  1842  à  1845;  ils  furent 
marqués  par  des  scènes  de  violence  que  les 
journaux  contemporains,  surtout  les  Mé- 
langes Religieux,  font  connaître;  les  ma- 
nœuvres se  plaignaient  des  entrepreneurs, 
et  il  y  eut  des  soulèvements  qui  nécessitèrent 
l'envoi  de  troupes  de  Montréal.  Le  12  juin 
1843,  dans  une  bagarre,  12  hommes  furent 
tués.  Le  canal  a  plusieurs  écluses  dans  la 
paroisse  Saint-Clément.  La  construction 
de  ce  canal  a  réuni  un  petit  village,  Melo- 
cheville,  du  nom  du  marchand  Jos.  Meloche. 
Le  canal  a  été  en  activité,  comme  canal,  de 
1845  à  1907.  En  cette  dernière  année,  le 
Gouvernement  fédéral  le  loua  à  la  Canadian 
lÂght,  Heat  and  Power  qui,  depuis  cette 
date,  l'exploite  comme  pouvoir  d'eau,  ali- 
mentant son  immense  usine  de  Saint-Ti- 
mothée.  Le  canal  de  Beauharnois  a  onze 
milles  et  un  quart;  il  a  neuf  écluses  de  200 
pieds  par  45;  l'ascension  totale  par  les 
écluses  est  de  823/8  pieds;  la  largeur  du  ca- 
nal au  fond  est  de  80  pieds,  à  la  surface  de 
120  pieds;  de  1845  à  1867,  il  a  coûté 
$1,611,424.  A  la  fin  du  XIXème  siècle,  le 
canal  de  Beauharnois  perdit  beaucoup  de 
son  importance  à  cause  de  la  construction 
du  canal   Soulanges. 


Beauharnois  commercial  et  industriel 


185 


GROUPE  DE  NAVIGATEURS  DE  BEAUHARNOIS 

(I)  Olivier  Patenaude.— (2)  Toussaint  Patenaude.— (3)  Armand  Palenaude. — (4)  Arthur  Lcfebvre. — (5)  J.-A.-A.  Desrochere. — 
(6)  Edmond  Groulx. — (7)    Edmond-Joseph  Groulx. — (8)  Antoine  Montpetit. — (9)  Joseph  Brais. — (10)  Louis   Patenaude. — 

(II)  Willie  Brais.— (12)  Léon  Prégent.— (13)  Donat  Brais.— (14)  Êmery  Poirier.— (15)  I.«  Daigneault.— (16)  Delphis  Bergevin. 


Beauhahnois  commercial  et  industriel 


187 


Plusieurs  surintendants  du  canal  de  Beau- 
harnois  résidèrent  à  Beauharnois,  à  la  4ème 
écluse;  le  dernier  surintendant  a  été  M. 
Joseph-Miville  Deschênes .  '" 

En  parlant  de  la  navigation  à  Beauhar- 
nois, il  convient  de  se  souvenir  que  la  pa- 
roisse Saint-Clément  n'a  cepsé  d'être  une 
pépinière  de  marins  distingués;  il  y  a  long- 
temps que  les  Patenaude"'  les  Montpetit, 
les  Groulx,  les  Prégent,  les  Lefebvre,  les 
Lafrance,  les  Brais,  les  Daigneault  sont 
allés  sur  nos  rivières,  nos  grands  lacs  et 
l'Océan  et  s'y  sont  fait  connaître  avec 
honneur. 

Signalons  aussi  la  présence,  à  Beauhar- 
nois, d'un  habile  constructeur  de  vaisseaux, 
M.  Eméry  Poirier,  et  d'un  batelier  de 
renom,  M.  Delphis  Berge  vin. '^' 

Les  chemins  de  fer. — En  1873,  une  com- 
pagnie locale  de  chemin  de  fer  était  formée 
sous  le  nom  de  Beauharnois  Junclion  Co. 
Elle  avait  surtout  en  vue  l'établissement 
d'une  ligne  de  chemin  de  fer  entre  Sainte- 
Martine  et  Saint- Anicet;  elle  n'eut  jamais 
qu'une  existence  nominale. 

Le  premier  chemin  de  fer  qui  a  traversé 
Beauharnois  fut  le  Grand-Tronc;  en  1887, 
il  venait  de  Montréal,  par  voie  de  Sainte- 
Martine  (la  petite  ligne  actuelle)  et  allait 
à  Saint-Timothée  et  à  Valleyfield.  En 
1895,  le  New-York-Central  (division  Saint- 
Laurent  et  Adirondack)  a  loué  du  Grand- 
Tronc,  et  a  exploité  depuis,  la  partie 
Beauharnois-Valleyfield,  comme  section  de 
son  grand  réseau  Montréal-New- York,  via 
Malone. 


Depuis  1895,  le  Grand-Tronc  n'a  plus 
guère  à  Beauharnois  qu'une  station  de 
fret;  un  train  Adent  de  Sainte-Martine  à 
Beauharnois,  mais  le  service  des  passagers 
relève  surtout  du  New-York-Central. 

Les  agents  actuels  des  deux  stations 
sont,  pour  le  Grand-Tronc,  M.  E.  Birtz,  et 
pour  le  New-York-Central,  M.  C.-A.  Mac- 
Pherson,  avec  comme  assistant  M.  E.-A. 
Gaboury. 

Les  messageries  Canadian  Express  et 
American  Express  ont  un  bureau  aux  sta- 
tions susdites. 

Téléphone  et  télégraphe. — Depuis  1886, 
Beauharnois  est  desservi  par  le  système 
Bell  de  téléphone;  Messieurs  Leduc  et 
Fortin  en  ont  eu  la  gérance  pendant  une 
vingtaine  d'années,  M.  F.-X.  Leduc  pen- 
dant une  dizaine  d'années,  Melle  Marie- 
Anne  Leduc  pendant  quelques  mois;  ac- 
tuellement le  gérant  est  M.  Eméry  Poirier. 

Vers  1868,  à  l'époque  de  la  grande  pros- 
périté de  Beauharnois,  le  Great-North-West- 
ern  y  eut  un  bureau  de  télégraphie.  De- 
puis l'établissement  des  chemins  de  fer,  le 
télégraphe  est  installé  en  permanence. 

Nos  Banques:  La  Banque  des  Marchands, 
établie  au  Canada  en  1864,  a  été  la  première 
à  avoir  une  succursale  à  Beauharnois. 
C'est  en  1871  que  M.  A.  de  Martigny,  ré- 
gistrateur,  ouvrit  un  bureau  de  cette  banque 
à  Beauharnois;  il  ne  fut  gérant  qu'un  an, 
et  fut  remplacé  par  M.  Norbert  Roy. 

En  1876,  la  Banque  des  Marchands  fit 
place  à  la  Banque  Mecanic,  le  même  gérant, 
M.  Roy,  gardant  ses  fonctions  de  gérant 
jusqu'en  1879. 


(1)  Liste  officielle  des  surintendants,  fournie  par  le  Dé- 
parlemenl  fédéral  des  Canaux:  William  Robinson,  depuis  le 
23  avril  184.5;  Duncan  A.  McDoneU,  depuis  le  31  mars  1846; 
Thomas  Godfrey,  depuis  le  31  août  1849;  Thomas.  D.  Boolh, 
depuis  le  10  octobre  1850;  Pierre  Laurencel,  depuis  le  24 
février  1857;  Joseph-Abraham  Massé,  depuis  le  1er  avril 
1871;  Louis  Marin,  depuis  le  7  juillet  1873;  Joseph  Flavien 
Béiique,   depuis  le  31  mars  1874;  Zéphirin  Boyer,   depuis    le 


10  janvier  1896;  Joseph-Flavien  Bétqtie,  depuis  le  7  décembre 
1897;  Joseph  M.  DescMnes,  depuis  le  3  mars  1904  jusqu'au 
10  décembre  1907,  date  de  location  à  la  Canadian  Lighl. 

(2)  Le  capitaine  Olivier  Patenaude  jouit  d'une  très  grande 
notoriété  dans  les  cercles  maritimes;  il  est  l'un  des  pionniers 
des  grands  lacs. 

(3)  M.  Bergevin  a  opéré  215  sauvetages  dans  sa  longue 
carrière  de  batelier. 


188 


Histoire  civile  de  Beauharnois 


En  1879,  la  Banque  Jacques-Cartier  prit 
la  place  de  la  Banque  Mecanic,  et  demeura 
à  Beauharnois  jusqu'en  1899;  elle  eut 
comme  gérants:  M.  Arthur  Clément,  de 
1879  à  1882;  M.  Joseph  Cook,  de  1882  à 
1885;  M.  Cajétan  Hamel,  de  1885  à  1888; 
M.  Henri  Dorion,  de  1888  à  1894;  M. 
Julien  Leduc,  de  1894  à  1899. 

En  1899,  la  Banque  des  Marchands  rou- 


tuellement,  le  gérant  est  M.  Hormisdas  Roy, 
La  succursale  Beauharnois  contrôle  les 
sous-agences  de  Chateauguay,  Saint-Louis, 
Saint-Etienne,  Saint-Timothée  et  l'Ile 
Perrot. 


Compagnie  des  chemins  macadamisés. — 
En  1879  a  été  fondée  la  Compagnie  des  Che- 


LES  BANQUES  DE  BEAUHARNOIS 

Banque  des  Marchands  (2). — Banque  d'Hochelaga  (1). 


vrit  sa  succursale  de  Beauharnois,  et  Mon- 
sieur L.-Zéphir  Leduc  en  a  eu  la  gérance 
depuis  cette  époque.  Le  bureau  de  Beau- 
harnois contrôle  une  sous-agence  à  Cha- 
teauguay Bassin. 

En  1913,  la  Banque  d'Hochelaga,  à  son 
tour,  établit  une  succursale  à  Beauharnois; 
Messieurs  A.  Reid  et  Jos. -Eugène  Leduc 
en    furent    successivement    chargés.      Ac- 


mins  Macadamisés  du  Comté  de  Beauhar- 
nois, en  vertu  du  chapitre  70  des  Statuts 
Refondus  de  1876.  Les  premiers  direc- 
teurs furent  Louis  Hainault,  L.-R.  Baker, 
John  Dickson,  Cyrille  Guimond,  Cyprien 
Fortin  et  L.-A.  Seers;  elle  avait  un  capital 
de  $20,000.  Son  nom  indique  clairement 
son  but:  faire  et  exploiter  des  chemins 
macadamisés  dans  le  comté  de  Beauharnois. 


Beauharnois  commercial  et  industriel 


189 


Le  secrétaire  de  la  compagnie,  de  1879 
à  1889,  a  été  le  notaire  F.-C.  Bazinet; 
de  1889  à  1894,  Henri  Dorion;  de  1894  à 
1914,  L.-Z.  Leduc. 

En  1879-1880,  la  compagnie  a  fait  faire, 
par  l'entrepreneur  Cyrille  Contant,  le  che- 
min qui  va  de  la  voie  du  New-York  Central, 
à  Beauharnois,  aux  limites  de  la  paroisse 
Saint-Louis-de-Gonzague,  soit  une  longueur 
d'environ  sept  milles,  à  raison  de  $1,800 


par  mille.  Pour  se  rembourser  de  ses  frais, 
la  compagnie  a  tenu  une  barrière  de  péage 
qui  a  existé  jusqu'en  1914. 

En  1914,  la  Compagnie  des  Chemins  a 
vendu  ses  droits  au  gouvernement  provin- 
cial pour  la  somme  de  $7,200.  Les  directeurs 
de  la  compagnie,  pour  l'année  1914,  étaient 
Messieurs  Julien  Leduc,  président;  Cyprien 
Fortin,  J.-B.  Roy,  Ferdinand  Leduc,  John- 
M.  Roy  et  L.-Z.  Leduc,  secrétaire-trésorier. 


ARTICLE    DEUXIÈME:— LES    ENTREPRISES  PRIVÉES 


Pour  donner  une  connaissance  plus  exacte 
de  ce  qu'ont  été  le  commerce  et  l'industrie 
privés  à  Beauharnois,  nous  croyons  -  utile 
de  suivre,  d'abord,  le  mouvement  général 
du  commerce  et  de  l'industrie,  puis  de  si- 
gnaler quelques  entreprises  particulière- 
ment importantes. 


Nous  avons  peu  de  renseignements  sur 
la  période  antérieure  au  recensement  de 
1831.  Bouchette,  dans  sa  description  topo- 
graphique'" mentionne  l'existence  de  "bons 
moulins  à  blé  et  des  scieries"  à  l'embou- 
chure de  la  rivière  Saint-Louis,  en  1815;  et, 
parlant  des  moyens  nombreux  de  transport 
par  eau  et  de  la  facilité  de  communication 
avec  les  Etats-Unis,  il  conjecture,  pour  plus 
tard,  une  grande  prospérité  commerciale 
à  Beauharnois. 

Au  recensement  de  1831,  Saint-Clément 
a  six  familles  de  commerçants  et  négociants, 
7  maçons,  4  charpentiers,  6  menuisiers, 
6  scieurs,  4  cordonniers,  2  charretiers,  1 
tailleur,  6  tonneliers,  6  forgerons,  6  auber- 
gistes, 1  boulanger,  1  boucher,  1  tisserand. 

Au  recensement  de  1842,  Beauharnois 
compte  48  journaliers,  6  maçons,  3  auber- 

(1)  Page  116. 


gistes,  5  marchands,  1  meunier  pour  la 
farine,  1  meunier  pour  l'avoine,  3  mou- 
langes,  1  boucher,  6  boulangers,  4  forgerons 
1  sellier,  3  cordonniers,  3  charrons,  4  char- 
pentiers, 3  charretiers,  1  couturière,  1 
musicien,  2  scieurs,  1  tailleur,  38  servantes, 
10  rentiers. 

Au  recensement  de  1851,  Beauharnois  a 
440  journaliers,  21  rentiers,  19  servantes, 
4  tisserands,  4  forgerons,  2  hardoleurs,  2 
charpentiers,  5  menuisiers,  3  cordonniers,  2 
meuniers,  1  boulanger,  5  voyageurs,  1 
tanneur. 

Au  recensement  de  1861,  Beauharnois  a 
19  commerçants  et  marchands,  5  hôteliers, 
4  tailleurs,  34  commis,  6  boulangers,  65  jour- 
naliers, 5  bouchers,  5  rentiers,  43  servantes, 

1  machiniste,  21  apprentis,  7  forgerons,  1 
tanneur,  13  maçons,  5  couturières,  6  cordon- 
niers, 1  brasseur,  6  selliers,  2  orfèvres,  1 
artiste,  14  charretiers,  2  plâtriers,  1  brique- 
leur,  1  contracteur,  2  charrons,  12  voitu- 
riers,  13  menuisiers,  4  meuniers,  6  peintres, 
3  navigateurs,   2  potiers,   2   charpentiers, 

2  modistes,  4  meubliers,  3  ferblantiers,  1 
manufacturier. 

Au  recensement  de  1871,  Beauharnois 
a  9  bouchers,  9  boulangers,  11  cordonniers, 

3  couturières,  5  modistes,  10  charpentiers, 


190 


HiSTOIEE    CIVILE    DE   BeAUHABNOIS 


16  charretiers,  39  commis,  5  ferblantiers, 
19  forgerons,  129  journaliers,  14  menui- 
siers, 22  marchands,  4  meubliers,  8  maçons, 

2  horlogers,  8  hôtehers,  3  imprimeurs,  23 
navigateurs,  7  peintres,  4  photographes,  2 
sculpteurs,  10  selliers,  8  tailleurs,  51  voya- 
geurs, 3  voyageurs  de  commerce,  7  voituriers. 

Au  recensement  de  1881,  Beauharnois 
a  2  bouchers,  6  boulangers,  1  bijoutier,  1 
barbier,  13  charretiers,  5  cordonniers,  23 
commis,  5  charpentiers,  21  marchands  et 
commerçants,  18  forgerons,  6  épiciers,  1 
ferblantier,  7  meuniers,  3  manufacturiers, 

3  modistes,  3  ingénieurs,  44  journaliers,  38 
navigateurs,  11  ouvriers,  6  pilotes,  5  selliers, 

4  tailleurs,  27  voyageurs,  1  tanneur,  1  voi- 
turier,    1    pêcheur. 

En  1891,  le  recensement  enregistre  12 
bouchers,  11  boulangers,  1  bijoutier,  1  bar- 
bier, 2  bûcherons,  2  briquetiers,  6  cordon- 
niers, 16  couturières,  30  commis,  21  char- 
pentiers, 20  charretiers,  6  commerçants,  18 
forgerons,  4  ferblantiers,  10  hôteliers,  64 
journaliers,  9  menuisiers,  27  marchands,  2 
meuniers,  6  manufacturiers,  7  mouleurs,  11 
machinistes,  13  meubliers,  4  maçons,  2 
mécaniciens,  6  menuisiers,  43  navigateurs, 
14  peintres,  4  seUiers,  1  sculpteur,  9  tail- 
leurs, 3  tisserandes,  5  voyageurs,  2  voitu- 
riers, 1  teinturier. 

En  1901,  Beauharnois  a  2  barbiers,  1  bi- 
joutier, 4  bouchers,  6  boulangers,  2  car- 
deurs,  2  charpentiers,  15  charretiers,  1  com- 
merçant, 2  cordonniers,  6  marchands,  1  fer- 
blantier, 6  forgerons,  6  hôtehers,  40  jour- 
naliers, 1  maçon,  1  tailleur  de  pierre,  29 
navigateurs,  4  peintres,  2  selliers. 

Enfin,  au  dernier  recensement  de  1911, 
voici  quel  était  l'état  commercial  et  indus- 
triel de  Beauharnois:  4  bouchers,  6  bou- 
langers, 18  charretiers,  14  comptables,  16 
peintres,  33  commis,  8  forgerons,  19  mou- 


leurs, 2  selliers,  24  commerçants,  marchands 
ou  épiciers,  19  menuisiers  ou  charpentiers, 
8  modistes,  1  cordonnier,  1  sculpteur,  4  com- 
mis-voyageurs, 2  plombiers,  5  barbiers,  4 
tailleurs,  6  hôteliers,  3  restaurateurs,  2  ma- 
çons, 2  chaloupiers,  1  photographe,  1  bijou- 
tier, 1  ferblantier,  11  navigateurs,  26  teneurs 
de  livres  et  comptables,  3  manufacturiers. 

En  1920  —  novembre  —  Beauharnois  a 
quatre  manufactures,  13  magasins,  4  res- 
taurants, 4  charretiers,  2  boulangers,  4 
hôteliers,  4  bouchers,  6  commerçants,  4  fer- 
blantiers, 3  forgerons,  3  modistes,  1  bijou- 
tier, 2  cordonniers. 

Comme  il  est  facile  à  constater  d'après 
ces  chiffres,  la  période  1860-1880  a  été  la 
plus  brillante  dans  l'histoire  du  commerce 
local.  Beauharnois  fut  alors  le  centre  d'un 
immense  commerce  de  grains,  "le  plus 
grand  centre  de  la  province  de  Québec" 
a-t-on  écrit.  On  venait  à  Beauharnois  d'un 
rayon  de  40  à  50  milles;  les  jours  de  marché, 
les  voitures  faisaient  queue  de  la  prison  ou  de 
la  voie  du  New  York  Central  à  la  "place  du 
marché";  des  magasins  considérables  ache- 
taient les  grains  qu'ils  revendaient  à  Mont- 
réal et  de  là  en  Europe.  Dans  une  seule 
année,  les  marchands  de  Beauharnois  ache- 
tèrent 250,000  minots  de  pois,  100,000 
minots  d'avoine  et  40,000  minots  d'orge, 
qui  firent  une  cargaison  de  52  barges. 

Les  principaux  établissements  commer- 
ciaux de  cette  période  furent  T.  Caverhill,"' 
fondateur  de  la  maison  Caverhill,  de 
Montréal;  John-L.  Cassidy,*^'  fondateur 
de  la  maison  du  même  nom  à  Montréal; 
McFee;  Owen  Lynch;  Guimond  &  La- 
pointe;''*  Leduc  &  Fortin;  L.-R.  Baker ;<*' 
U.-J.   RobiUard.® 


(1)  Bloc  Julien  Leduc. — (2)  Ancien  hôtel  Rapin.— (3)  Où 
est  l'hôtel  Briêre  actuel.— (4)  Bloc  F.-X.  Leduc.— (5)  Bloc 
Léonard. 


Beauharnois  commercial  et  industriel 


191 


L'ÉTABLISSEMENT  J.-B.  ROBERT 

Al»  haut,  vue  de  la  fabrique  de  lainages,  en  1858.   Au  bas,  M.  J.-B.  Robert  et  son  fils,  M.  William  Henry  Robert. 


Beauharnois  commercial  et  industriel 


193 


Malheureusement,  cette  prospérité  com- 
merciale ne  dura  pas  bien  longtemps;  des 
rivalités  qui  occasionnèrent  des  risques 
funestes,  la  construction  des  chemins  de 
fer,  l'abandon  du  canal  de  Beauharnois  et  le 
développement  extraordinaire  de  Montréal, 
ont  causé  un  déclin  dans  la  fortune  de  Beau- 
harnois. 

Actuellement,  la  situation  commerciale 
et  industrielle  se  raffermit,  grâce  surtout  à 
la  prospérité  de  nos  manufactures;  les  com- 
pagnies Kilgour,  Leduc  cfc  Fortin,  Howard- 
Smith,  assurent  un  travail  rémunérateur 
dont  bénéficie  toute  la  population. 

En  outre,  la  saison  d'été  conduit  à  Beau- 
harnois nombre  de  villégiaturistes  qui  con- 
tribuent au  maintien  d'un  bon  état  com- 
mercial. 

Ayant  indiqué  le  mouvement  général  du 
commerce  et  de  l'industrie  à  Beauharnois, 
il  convient  de  signaler  quelques  établisse- 
ments d'une  particuUère  importance. 

LE  MOULIN 

La  première  en  date,  la  première  en  im- 
portance de  nos  industries,  est  le  moulin. 

L'on  sait  que  sous  le  régime  seigneurial, 
le  moulin  était  le  privilège  du  seigneur.  A 
Beauharnois,  vers  1800,  le  seigneur  Alexan- 
der  EUice  fit  construire  par  John  Simpson, 
charpentier  écossais,  un  moulin  à  farine"* 
de  deux  meules,  plus  loin  sur  la  rivière  Saint- 
Louis  que  le  moulin  actuel.  Mais  le  pouvoir 
d'eau  de  la  rivière  Saint-Louis  fut  trop 
faible,  et  le  mouUn  devint  bientôt  inutile; 
ce  que  voyant,  l'agent  seigneurial  Frances 
Winter,  en  1807,  fit  creuser  le  petit  canal 
en  haut  de  Valleyfield,  mais  ce  fut  peine  per- 
due; l'ouvrage  fut  incomplètement  fait  et  le 


sable  bloqua  l'entrée  de  ce  canal;  quelques 
années  plus  tard,  il  fallut  reprendre  ce 
travail. 

En  1820,  le  moulin  fut  réparé  à  neuf 
par  Peter  Me  Arthur  et  William  Donaldson. 

En  1837,  le  moulin  seigneurial  fut  incen- 
dié; le  seigneur  Edward  EUice  le  fit  immé- 
diatement reconstruire,  à  l'endroit  du  mou- 
lin actuel;  c'était  un  édifice  en  pierre  de 
deux  étages  et  demi.  La  pierre  angulaire 
du  moulin  fut  posée  le  11  juin  1837  par 
l'agent  Lawrence  G.  Brown,  et  l'on  y  déposa 
l'inscription  suivante:'^' 

This  mill  was  erected 

hy 

The  Right  Honourable  Edward  EUice 

Seignior   of  Beauharnois 

The  cornerstone  of  which  was  laid  hy 

Lawrence  G.   Brown 

His  Agent 

In  présence  of  many  respected  proprietors 

on  this 

llthdayofJune,1837 

In  the  7th  year  of  the  Reign  of  His  Majesty 

WILLIAM  IV 

Gabriel  Lamontagne,  Builder 
William  Chff,  Millwright-Engineer. 

L-G.  Brown. 

En  1867,  l'honorable  C.-S.  Rodier  a 
acquis  le  moulin  seigneurial,  et  l'a  revendu 
presque  aussitôt  à  M.  Doutre,  qui,  à  son 
tour,  en  1880,  l'a  vendu  à  Antoine  et  Sta- 
nislas Viau;  et  Antoine  Viau,  subséquem- 
ment,  est  devenu  seul  propriétaire.  En 
1888,  le  moulin  a  été  détruit  par  le  feu. 

En  1890,  Joseph  Barthélémi  Robert  a 
acheté  le  moulin  Viau  et  l'a  reconstruit  en 


(1)  Précédemment,  vers  1780,  U  y  eut,  au  pied  de  la  rivière  (2)  Cette  inscription  a  été  trouvée  par  M.  J.-B.  Robert, 

Saint-Louis,  un  moulin  à  scie.  lors  des  réparations  au  moulin,  en  1907. 


194 


HlSTOIBE    CIVILE   DE   BEAUHAKNOks 


ajoutant  deux  étages  en  briques;  il  y  a 
installé  des  machines  hongroises  perfec- 
tionnées pour  moudre  la  farine  de  blé,  et 
d'autres  maclynes  des  plus  modernes  pour 
la  farine  de  sarrazin.  De  ce  moulin  vien- 
nent les  marques  bien  connues  de  farine, 
Beauty,  Hungarian  Patent,  Favorite,  Strong 
Baker  s. 

Actuellement,  le  moulin  est  la  propriété 
de  M.  W.  Robert,  fils  de  feu  J.-B.  Robert. 

LES  MANUFACTURES 

Les  "scieries"  dont  parle  Bouchette  dans 
sa  Description  peuvent  être  regardées 
comme  les  premières  manufactures  de  Beau- 
harnois.  En  1831,  Beauharnois  a  une 
tannerie  et  deux  potasseries;  en  1842,  trois 
tanneurs. 

En  1850,  un  M.  Beauvais  construit  un 
moulin  à  carder  le  laine,'"  à  l'endroit  où  fut 
plus  tard  la  fonderie;  ce  moulin  fut  em- 
porté par  une  inondation  en  1861. 

En  1858,  l'honorable  seigneur  Edouard 
EUice  fit  faire  des  démarches  pour  l'établis- 
sement de  manufactures  à  Beauharnois; 
il  réussit:  M.  Jacques  Bisaillon  acquit  un 
pouvoir  d'eau  où  est  maintenant  la  manu- 
facture Leduc  &  Fortin,  et  y  construisit  une 
manufacture  de  voitures. 

Vers  le  même  temps,  M.  J.-B.  Robert 
acquérait  ,lui  aussi,  un  pouvoir  d'eau  et  un 
terrain  avoisinant  le  terrain  Bisaillon,  et  y 
construisait  une  manufacture  de  laine;  cette 
manufacture  a  été  sous  son  contrôle  jus- 
qu'en 1892.  A  cette  dernière  date,  M. 
Robert  a  formé,  avec  ses  fils  William  et 
Edmond  Arthur  et  d'autres  capitalistes  de 
Montréal,  une  compagnie  intitulée  The  Do- 
minion Woolen  Mfg.  Go.    Cette  fabrique  de 

(1)  Avant  l'établissement  de  ce  moulin,  l'industrie  des 
lainages  s'exerçait  dans  les  maisons  privées.  Le  recensement 
de  1842  mentionne  la  fabrication  annuelle,  à  Beauharnois, 
de  3,206  livres  de  laine,  2,000  verges  d'étoffe  1,791  verges, 
de  flanelle. 


lainages  a  donné  beaucoup  d'ouvrage  à 
Beauharnois,  de  1858  et  surtout  de  1896 
jusqu'à  sa  disparition. 

J.  W.  Kilgour  &  Bros,  Ltd. 

La  fabrique  de  meubles  de  ce  nom  a  été 
fondée  en  1863  par  M.  J.-W.  Kilgour;  tout 
d'abord,  M.  Kilgour  fit  les  meubles  à  la 
main,  de  1863  à  1870,  alors  qu'il  fit  l'achat  de 
quelques  machines  et  d'un  engin  à  vapeur. 

En  1866,  M.  Kilgour  forma  une  société 
avec  son  frère  William,  sous  le  nom  de 
J.-W.  Kilgour  &  Bros. 

En  1876,  William  Kilgour  étant  allé  de- 
meurer à  Morrisburg,  Ont.,  une  nouvelle 
société  fut  formée  sous  le  même  notoV  entre 
J.-W.  Kilgour,  William  Kilgour  et  James 
Wilson.  Jusqu'à  cette  date  de  1876,  la  ma- 
nufacture était  située  à  l'angle  des  rues 
EUice  et  Richardson;  elle  fut  alors  établie 
à  l'endroit  actuel, 

La  société  fut  dissoute  le  premier  juillet 
1884,  par  la  retraite  de  William  Kilgour. 
J.-W.  Kilgour  et  James  Wilson  continuè- 
rent les  affaires  sous  le  même  nom  social 
jusqu'en  1910,  alors  que  la  compagnie 
fut  incorporée  sous  le  nom  actuel  de  J.-W. 
Kilgour  &  Bros.,  Ltd.  Le  bureau  de  direc- 
tion, formé  en  1910,  a  été  annuellement 
réélu:  Président,  J.-W.  Kilgour;  vice-pré- 
sident, James  Wilson;  secrétaire-trésorier, 
E.  Théoret;  directeurs,  R.-W.  Kilgour  et 
J.-O.  Wilson. 

L'établissement  J.  W.  Kilgour  n'a  cessé 
d'aller  de  progrès  en  progrès,  malgré  deux 
incendies  considérables  en  1875  et  en  1902; 
ces  deux  incendies  furent  des  pertes  totales, 
la  dernière  étant  de  $100,000.00;  les  chefs 
ne  se  découragèrent  jamais;  en  1912,  l'on 
dut  faire  une  addition  telle  que  l'ensemble 
des  édifices  a  une  superficie  d'environ 
125,000  pieds. 


Beauharnois  commercial  et  industriel 


195 


L'ÉTABLISSEMENT  J.-W.  KILGOUR  &  BROS.,  LTD. 

(2)  La  manufacture    —    (1)  M.  J.-W.  ICilgour. 


Beauhabnois  commercial  et  industriel 


197 


En  1863,  M.  Kilgour  travaillait  seul;  en 
1876,  il  avait  à  son  service  24  ouvriers;  en 
1895,  45  ouvriers;  en  1902,  une  centaine; 
en  1919,  près  de  deux  cents.  Huit  commis- 
voyageurs  vendent  les  meubles  Kilgour 
de  Terreneuve  à  Vancouver. 

La  manufacture  occupe  un  site  idéal  sur 
le  bord  du  lac  St-Louis;  elle  est  aménagée 
de  façon  à  ce  que  les  ouvriers  soient  dans 


nombre  d'ouvriers  dont  les  états  de  ser- 
vice peuvent  être  cités  comme  record  de 
durée: 

Monsieur  Olier  Mathieu,  47  ans  de  ser- 
vice; M.  W.  Holmes,  41  ans;  M.  J.-G. 
Kemmerer,  38  ans;  M.  Wilfrid  AUard,  38 
ans;  Elzéar  Huard,  37  ans;  Damase 
Huot,  35  ans;  Ernest  Venue,  35  ans; 
Alfred    Morrisseau,    32    ans;    et   plus   de 


L'ÉTABLISSEMENT  J.-W.  KILGOUR,  LTD. 

Les  directeurs  de  la  compagnie,  Messieurs  J.-W.  Kilgour  (au  centre);  J.  Wilson  (à  droite);  E.  Théoret  (à  gauche)  et  leurs 
commis-voyageurs,  Messieurs  (de  gauche  à  droite)  Jos.  Laurin,  Lamoureux,  Dessaint,  Huard,  Euclide  Gagné. 


les  meilleures  conditions  possibles.  En 
1902,  M.  Théoret,  secrétaire-trésorier,  a 
organisé  parmi  les  ouvriers  une  société  de 
secours  en  maladie;  moyennant  une  con- 
tribution de  25c.  par  mois,  ils  reçoivent 
un  bénéfice  de  $4.00  par  semaine  de  mala- 
die, et  $25.00  au  décès;  cette  société  a  déjà 
produit  des  résultats  appréciables. 
La  manufacture  Kilgour  a  à  son  emploi 


vingt  autres  dont  la  durée  de  service  varie 
entre  20  et  30  ans.  Fait  typique:  la  maison 
Kilgour  a  à  son  service  le  père,  le  fils  et  le 
petit-fils  (en  1919.) 

Par  sa  stabilité,  la  régularité  du  travail, 
la  largeur  de  vue  de  ses  chefs,  l'établisse- 
ment Kilgour  a  été,  depuis  57  ans,  l'un  des 
principaux  facteurs  économiques  de  Beau- 
harnois. 


198 


Histoire  civile  de  Beaxjharnois 


Leduc  &  Fortin 

Cinquante  ans  ininterrompus  de  société 
commerciale!  Voilà  un  fait  rare,  peut-être 
unique  au  Canada.  Et  c'est  le  cas  de  Mes- 
sieurs Ferdinand  Leduc  et  Cyprien  Fortin, 
qui,  en  avril  1919,  au  milieu  de  nombreux 
fils  et  petits-fils,  fêtaient  leurs  noces  d'or. 

C'est,  en  effet,  le  1er  avril  1869  que  se 
fondait  la  société  Leduc  &  Fortin.  M. 
Leduc,  originaire  de  Saint-Louis-de-Gon- 
zague,  avait  été  précédemment  commis 
chez  M.  Narcisse  Papineau,  à  Saint-Timo- 
thée;  en  1864,  à  dix-huit  ans,  il  venait  à 
Beauharnois,  qu'il  n'a  cessé  d'habiter,  et 
entrait  à  l'emploi  de  M.  Cyrille  Guimond. 
M.  Fortin,  originaire  de  Chateauguay,  vint 
à  Beauharnois  d'abord  comme  élève  des 
Frères  des  Écoles  Chétiennes,  en  1858,  puis 
en  1860  comme  commis  chez  le  marchand 
Robert  Johnson,  chez  J.-M.  Richard,  et 
finalement  chez  Pierre  Giroux;  il  fut  aussi, 
pendant  quelque  temps,  à  l'emploi  de 
Thomas  EUiott,  à  Chateauguay. 

En  1869,  Messieurs  Leduc  &  Fortin  ou- 
vraient im  magasin  général  au  coin  de  la 
Place  du  Marché;  à  l'époque  de  l'âge  d'or 
de  Beauharnois — 1875-1880 — ils  firent  un 
commerce  très  considérable  de  grains;  leurs 
principaux  cUents  étaient  l'Honorable  Louis 
Tourville  et  J.  Robillard,  ex-membre  du 
Parlement  provincial,  de  Berthier.  Plus 
tard,  ils  acquirent  la  propriété  Baker,  sur 
la  rue  Saint-Laurent. 

A  leur  magasin  s'ajouta  une  manufacture 
de  portes  et  châssis;  et  aujourd'hui,  c'est 
presque  uniquement  au  commerce  du  bois 

(1)  M.  Aimé  Leduc,  fils  de  M.  Ferdinand  Leduc,  est  le 
gérant  de  la  compagnie. 


et  des  matériaux  de  construction  qu'ils  s'a- 
donnent."^ A  l'époque  de  la  grande  pros- 
périté de  Valleyfield,  il  y  a  une  quinzaine 
d'années,  la  maison  Leduc  &  Fortin  y  eut 
une  succursale  florissante. 

Parmi  les  contrats  considérables  confiés  à 
la  maison  Leduc  &  Fortin,  est  la  construc- 
tion, en  1895,  de  toutes  les  gares  du  Chemin 
de  fer  New-York  Central,  de  Constable  à 
Adirondack    Junction. 

En  avril  1919,  les  deux  familles  Leduc  & 
Fortin  fêtaient  le  cinquantenaire  de  société 
commerciale  de  leurs  chefs. 

La  fête  fut  d'abord  religieuse.  Les  jubi- 
laires avaient  voulu,  avant  tout,  remercier 
Dieu,  auteur  de  tout  bien,  pour  la  béné- 
diction accordée  à  leurs  travaux.  Il  y  eut 
messe  solennelle  d'actions  de  grâces.  Mon- 
sieur le  Curé  Nepveu  tira  délicatement  les 
leçons  de  cet  événement:  "Je  vous  félicite 
dit-il  aux  jubilaires,  non-seulement  d'avoir 
fourni  une  longue  carrière,  mais  surtout 
d'avoir  fourni  une  carrière  utile  et  fructueuse. 
Je  vous  félicite  des  succès  qui  ont  couronné 
vos  efforts.  Ces  succès,  vous  les  devez,  après 
la  bénédiction  de  Dieu,  à  votre  travail  assidu, 
à  l'honnêteté  de  vos  procédés,  à  la  confiance 
mutuelle  dont  vous  n'avez  jamais  cessé  de 
vous  honorer  l'un  l'autre,  vous  les  devez  à  l'es- 
prit d'union,  de  paix,  de  concorde,  qui  a  mar- 
que tous  vos  actes  comme  sociétaires."  C'était 
dire  excellemment  l'estime  de  la  population 
de  Beauharnois  pour  deux  vétérans  de  l'in- 
dustrie et  du  commerce  locaux.  Les  ci- 
toyens et  les  jeunes  de  Beauharnois  tinrent 
à  la  répéter  dans  les  réunions  qu'ils  firent 
en  l'honneur  des  deux  jubilaires. 


Beauharnois  commercial  et  industriel 


199 


Beauharnois  commercial  et  industriel 


201 


Le  midi  du  21  avril,  après  la  messe,  un 
banquet  de  famille  réunissait,  autour  de 
Messieurs  Leduc  &  Fortin,  un  grand  nom- 
bre d'enfants  et  de  petits-enfants. 

Toutes  ces  fêtes  étaient  un  hommage 

légitime  au  succès  honnête  et  constant,  à 

l'honorabilité  et  à  l'habileté  commerciale 

des  deux  fondateurs  de  la  maison  Leduc  & 

Fortin. 

Star  Iron  Company 

Il  y  a  de  nombreuses  années,  la  fa- 
mille Manny 
établissait 
une  fonderie  à 
l'extrémité 
ouest  de  la 
rue  EUice,  au 
bas  de  la  côte 
de  l'église. 
En  1895,  M. 
Cyrille  Gui- 
mond,  avec 
quelques  au- 
tres hommes, 
d'affaires, 
MM.  Julien 
Leduc  et  J.-B. 
Roy,  acqué- 
rait cette  fa- 
brique, c  o  n- 

nue  sous  le  nom  de  Star  Iron  Co.  De  cette 
manufacture  sortait  la  fournaise  à  eau 
chaude  New  Star,  universellement  appré- 
ciée. Après  la  mort  de  M.  Guimond,  la 
fonderie  devenait  la  propriété  de  M.  G.-W. 
Ducharme,  puis  de  la  maison  Paquette  et 
Granger  de  Montréal;  finalement,  elle  fut 
démolie  en  1917,  et  aujourd'hui,  de  ce  qui  a 
été  un  facteur  important  de  la  vie  commer- 
ciale"' de  Beauharnois,  il  ne  reste  qu'un 
souvenir. 


(1)  M.  CYPRIEN  FORTIN         (2)  M.  FERDINAND  LEDUC 


HOWARD  SMITH  PAPER  MILLS  LIMITED^) 

Few  industrial  concerns  can  boast  a  more 
progressive,  successfull  or  steadier  growth 
than  that  of  Howard  Smith  Paper  Mills, 
Limited,  founded  some  twenty  years  ago  by 
Mr.  C.  Howard  Smith,  Président  of  the 
Company.  This  success  has  been  made 
possible  by  a  well  managed  organization,  ten- 
aciously  carrying  out  a  well  defined  policy. 
From  the  time  of  the  installation  of  their  Jlrst 
papcr  machine  at  Beauharnois,  Québec,  to  the 

eighth  ma- 
chine  now 
being  installed 
at  Crabtree 
Mills,  Que., 
"Quality"  has 
been  preached 
and  practised. 
Today  this 
Company  i  s 
producing  ap- 
proximately 
on  hundred 
tons  of  high 
grade  paper  a 
day. 

At  the  Beau- 
harnois Divi- 
sion, where  the 
manufacture  of  paper  was  started  in  1912  on 
an  86  inch  Fourdrinier  machine,  there  are 
now  two  machines  in  opération.  The  re- 
cently  installed  88  inch  Fourdrinier,  the  first 
paper  machine  to  be  made  in  Canada,  was 
built  by  the  Dominion  Engineering  Works 


(1)  En  1907,  lors  d'une  visite  des  Honorables  Allard  & 
Weir  aux  industries  de  Beauharnois,  la  Star  Iron  employait 
130  ouvriers,  et  coulait  12  tonnes  de  fonte  par  jour. 

(2)  Les  pages  qui  suivent  sont  extraites  de  la  revue  Pulp 
and  Lumber  Magazine,  (No.  de  juin.) 


202 


Histoire  civile  de  Beauharnois 


of  Lachine,  Que.  Thèse  two  machines  are 
producing  twenty  tons  daily  of  tub-sized,  loft 
dried,  Bond  and  Ledger  Papers,  and  High 
Class  Stationery  Papers. 

The  mill  is  situated  on  the  shores  of  the 
beautiful  Lake  St.  Louis,  which  is  a  hroaden- 
ing  of  the  St.  Lawrence  river.  It  is  an  idéal 
location  for  paper-making,  with  an  abundant 
supply  of  pure  crystal  water,  so  essential  to 
the  manufacture  of  high  grade  papers,  for 
which  the  Howard  Smith  Paper  Mills,  Li- 
mited, hâve  heen  renowned. 

In  building  this  mill  the  utmost  care  was 
taken  to  provide  every  facility  for  the  econo- 
mical  handling  of  stock  and  to  incorporate  the 
most  modem  and  approved  features.  The 
equipment  is  of  the  latest  and  most  up-to-date 
design  that  can  possible  be  obtained  to  pro- 
duce the  highest  grades  of  tub-sized,  loft  dried, 
papers.  Electricity  is  used  as  the  motive 
power,  each  group  of  machinery  being  driven 
by  a  separate  motor. 

An  auxiliary  steam  plant  has  been  in- 
stalled  that  nothing  may  interfère  with  the 
continuous  running  of  the  mill. 

No  détail  has  been  overlooked  in  order  to 
secure  absolute  cleanliness  of  the  product- 
To  this  end  copper  has  been  used  for  the  water 
and  stock  piping  as  well  as  the  lining  of  the 
beaters.  Particular  attention  has  been  given 
to  the  rag  department. 

The  beater  room  is  equipped  with  ten 
eighteen  hundred  pound  Jones  beaters  and  six 
washers,  two  Jordans  and  a  Lannoy  pulper. 
Of  late  the  company  hâve  made  extensive 
altérations  to  the  lofts  and  drying  rooms  and 
are  installing  a  Barber  Air  Dryer. 

The  Drainers,  Rotary  boilers,  Filter  plant, 
etc.,  are  of  the  most  modem  construction,  the 
UUter  having  a  capacity  of  three  million 
gallons  of  water  a  day.    This  mill  is  served  by 


sidings  that  connect  with  the  Grand  Trunk 
Railway  System  and  New-York  Central  Rail- 
road,  and  is  about  twenty  miles  from  Montréal. 

The  Crabtree  Division 

The  Crabtree  Mill  is  situated  on  the  Lac 
Oureau  river,  about  thirty  miles  from  Mont- 
réal on  the  Canadian  Northern  Railway  Une. 
The  company  hère  own  a  water  power  capable 
of  a  minimum  development  of  5,000  H. P. 
This  mill  was  built  especially  to  take  care 
of  the  Sulphite  Bond  business,  and  at  présent 
is  producing  twenty  tons  per  day  of  this  paper. 
A  second  machine  is  now  being  installed 
which  will  double  this  production.  In  build- 
ing this  mill  the  same  care  exercised  through- 
out  as  in  the  building  of  the  Beauharnois 
Plant;  the  most  modem  and  improved  ma- 
chinery for  making  this  grade  of  paper  was 
installed.  Particular  attention  was  given 
to  the  économie  and  careful  handling  of  the 
stock  to  assure  a  clean,  strong  sheet  at  a 
minimum  cost,  and  in  making  this  grade  ex- 
clusively  an  exceptionally  uniform  and  well 
formed  sheet  is  turned  out. 

The  présent  machine  is  a  one  hundred  inch 
Bertram  and  the  second  machine  now  being 
installed  is  a  Black  Clawson  ninety  inch, 
with  twenty-four  driers.  In  the  beater  room 
are  nine  1,250  Ib.  beaters  and  two  Jordan 
engines.  The  finishing  room  is  equipped 
with  nine  rotary  cutters,  three  guillotine 
cutters,  and  super-calenders. 

At  this  division,  the  Company  hâve  recently 
opened  an  elaborate  Club  House  for  their 
employées,  in  which  they  hâve  bowling  alleys, 
pool  and  billiard  tables,  card  rooms,  reading 
rooms,  and  a  large  lecture  room,  for  socials  and 
dances.  In  this  Club  House  during  the  day- 
time  a  school  is  conducted  for  the  children  of 
the  village  by  a  highly  trained  and  efficient 
teacher.     This  company  also  own  sufficient 


i 


BeAUHARNOIS   commercial  Et  tljDtJS'ï'ItîÊL 


203 


HOWARD   SMITH   PAPER  MILLS,  LTD. 

Chief  Officers — Officiers  Supérieurs 
(1)  Mr.  Howard  Smith,  Président  of  Howard  Smith  Paper  MlUs,  Ltd.— (2)  Mr.  H.  Crabtree,  sec.-treas. 

(3)  Mr.  H.  G.  Court ney,  manager. 


Beauharnois  commercial  et  industriel 


205 


HOWARD  SMITH  PAPER  MILLS,  LTD. 


HOWARD  SMITH  PAPER  MILLS,  LTD. 


Beauharnois  commercial  et  industriel 


207 


land,  located  around  this  mill,  to  allow  for 
the  development  of  this  village  to  a  large  extent 
and  along  the  hest  Unes.  The  houses  are  ail 
being  ereded  by  the  Company  and  are  the  last 
Word  in  style  and  comfort. 

Cornwall  Division 

This  Division  has  been  making  paper  since 
1887,  and  was  taken  over  by  the    Howard 


four   super-calenders,    the   widest   of  which 
tàkes  a  fifty-two  inch  sheet. 

At  this  division  the  Company  are  oper- 
ating  a  sulphite  mill  with  three  digesters  now 
producing  fifty  thousand  pounds  of  pulp  per 
day,  cooked  especially  for  the  grades  of  paper 
made  in  this  mill.  Extensive  altérations  are 
now  under  way  to  increase  the  production  of 
paper   and  pulp  from   thèse   mills.     High 


HOWARD  SMITH  PAPER  MILLS,  LIMITED 

Mills  at  Beauharnois. — Moulins  de  Beauharnois. 


Smith  Paper  Mills,  Limited,  last  year. 
It  is  situated  at  Cornwall,  Ont.,  approxim- 
ately  sixty-seven  miles  west  to  Montréal  and 
connected  with  the  latter  by  steamship  and 
by  the  Grand  Trunk  and  the  Canadian  Pacific 
Railway  Unes. 

This  mill  has  four  Fourdrinier  machines, 
one  seventy-two  inch,  two  eighty-two  inch, 
and  one  ninety  inch,  seventeen  beaters,  and 


Grade  Text  and  Antique  Papers,  Stationery 
Papers,  Bristols  and  Bonds  will  be  the  Unes 
manufactured  at  this  Division,  the  production 
of  which  will  be  in  the  neighborhood  of  fifty 
tons   per   day. 

The  three  divisions  are  at  présent  working 
up  to  full  capacity  endeavoring  to  meet  the 
exceptionally  heavy  demand  for  paper  for  both 
the  domestic  and  export  orders,  and  notwith- 


208 


Histoire  civile  de  Beauharnois 


standing  the  heavy  bookings,  the  quality  is 
heing  maintained. 

Fine  papers  are  not  manufactured  by  per- 
fect  machinery  and  formula  alone.  Expert 
human  knowledge  and  judgment  are  respon- 
sible  for  the  results,  the  uniform  and  high 
class  products,  and  the  progress  of  the  Howard 
Smith  Paper  Mills,  Limited,  speak  for  the 
skill  and  efficiency  of  the  organization. 
To-day  the  Howard  Smith  Paper  Mills, 
are  one  of  the  largest  High  Grade  Paper 
Manufacturers  in  the  world. 

La  Compagnie  de  papier  Howard  Smith 
a  été  fondée  il  y  a  une  vingtaine  d'années. 
Sous  l'active  poussée  de  son  président, 
M.  Howard  Smith,  elle  n'a  cessé  de  faire 
d'extraordinaires  progrès.  Depuis  1912 
la  compagnie  a  à  Beauharnois  un  moulin  à 
papier  qui  est  une  source  de  richesse  pour  le 
commerce  local.  La  compagnie  a  aussi 
des  moulins  à  Crabtree  et  à  Cornwall. 

Le  moulin  de  Beauharnois  a  deux  ma- 
chines et  produit  vingt  tonnes  de  papier 
par  jour.  La  compagnie  s'efforce  de  pro- 
curer à  ses  nombreux  employés  les  meilleures 
conditions  sanitaires  possibles,  et  leur  assure 
des  salaires  rémunérateurs  qui  donnent  une 
abondante  aisance  à  notre  population. 


Beauharnois  a  eu  quelques  autres  manu- 
factures, dont  une  manufacture  de  presses 
à  foin,  tenue  par  M.  A.  Legault;  une  manu- 
facture de  cercueils  par  MM.  Manny  et 
Bourgie;  quelques  manufactures  de  voi- 
tures, par  MM.  Toussaint  Rochon,  André 
Leduc,    Wilbrod   Bourdon;  une   manufac- 


ture de  meubles,  par  M.  Oct.  Laurin  (1890- 
1901).  Une  manufacture  d'articles  de  cuir, 
la  Progressive  Leather  Goods  Co.,'-'^\  est  en 
pleine  activité. 

Une  manufacture  qui  a  aussi  son  im- 
portance est  l'établissement  de  M.  Emery 
Poirier,  fabricant  de  yachts  et  chaloupes; 
M.  Poirier  est  reconnu  comme  l'un  des  plus 
habiles  chaloupiers  de  la  province;  son  in- 
dustrie n'a  cessé  d'être  des  plus    prospères. 

MARCHANDS  ET  COMMERÇANTS 

Le  premier  magasin  de  quelque  impor- 
tance, à  Beauharnois,  fut  ouvert  vers  1825, 
par  John  Ross  et  WiUiam  Becket.  Ce  fut 
le  seul  magasin  considérable  durant  une 
vingtaine  d'années. 

Vers  1851,  Beauharnois  commença  à 
progresser;  les  principaux  marchands,  de- 
puis cette  époque,  ont  été  Thomas  Caver- 
hill,  (1845-50);  R.  Johnson  (1850-1862); 
McFee,  (1859-1875);  U.-J.  Robillard  (1855- 
1895);  J.-M.  Richard  (1855-66);  J.-M. 
Prud'homme  (1870);  Pierre  Giroux  (1865- 
70);  John-L.  Cassidy  (1850-56);  D.  Mas- 
son  (1870);  F.-X.  Prieur  (1850-56);  Poirier 
et  Parent  (1856-60);  Owen  Lynch  (1860- 
70);  Cyrille  Guimond;*''  Rolland,  Giroux  & 
Cie;  Achille  Marchand  (1888);  Leduc  & 
Fortin;  L.-R.  Baker  (1868-92);  Antoine 
Lefebvre  (1872-1901);  F.  X.  Leduc  (1903- 
1917);  Henry  Bogue  (1845);  Wm.  Hen- 
derson  (1865-1866);  Alfred  Brunet  (1870- 
75)  ;  Alfred  Beaudin  (1872)  ;  Cross  et  Park 
(1860);  Dme  J.-B.  Maréchal  (1881-1906); 
Goyette  et  Marcil  (1884). 

En  1920,  le  commerce,  à  Beauharnois, 
est  distribué  comme  il  suit:  Guimond   & 


(1)  Cette  manufacture  est  la  propriété  de  Messieurs  Arthur 
et  Claver  Trudeau.  A  l'endroit  où  est  cette  manufacture 
était  jadis  la  brasserie  Dunkin. 

(2)  L'établissement  fondé  par  M.  Cyrille  Guimond,  peu 
après  1864,  continué  en  société  avec  M.  J.-A.  Lapointe,  une 
vmgtaine  d'années  plus  tard,  repris  seul  par  M.  Guimond,  se 


perpétue  sous  la  raison  commerciale  Guimond  et  Cariman, 
et  n'a  cessé  d'être  une  maison  d'affaires  importante.  C'est, 
avec  les  établissements  Robert,  Kilgour,  Leduc  &  Fortin,  le 
plus  ancien  poste  commercial  de  Beauharnois;  actuellement, 
à  côté  des  manufactures,  c'est  l'établissement  commercial 
le  plus  considérable  de  Beauharnois. 


Beauharnois  commercial  et  industriel 


209 


GROUPE  D'ANCIENS  HOMMES  D'AFFAIRES  DE  BEAUHARNOIS 

(l)  L'Hon.  Sénateur  C.-S.  Rodier.— (2)  M.  Achillo  Marchand.— (3)  M.  Octave  Laiirin.— (4)  M.  Narcisse  Deslauriers.— (5)  M. 
Antoine  I^efebvre.— (6)  M.  Alphonse  Goyctte.  (7)— M.  Julien  I^uc— (8)  M.  H.  Bourgie.— (9)  M.  L.  Vachon.— (10)  M.  A. 
Doutre.— (11)  M.  D.  Masson.  —(12)  L'Hon.  Ls  Renaud.— (13)  M.  J.-E.  Leduc— (14)  M.  C.  Hamel. 


Beauharnois  commercial  et  industriel 


211 


II 


I 


GROUPE  D'HOMMES  D'AFFAIRES  DE  BEAUHARNOIS 

(DL'Hon.  Sénateur  A.-A.  Thibaudeau.— (2)  M.  J.-G.  Léonard.— (3)  M.  T.  Beffre.— (4)  M.  J.-O.  Carignan.— (5)  M.  L.-Z.  Leduc. 
—  6)  M  C.-O  Dupuis— (7)  M.  I.  Dagenais.— (8)  M.  H.  Roy.— (9)  M.  J.  Marchand.— (10)M.  H.  Roy.(ll)  M.  Albert  Leeault. 
— (12)M.  I.  Charast.— (13)  M.  J.-E.  Daignoault.— (14)  M.  Ph.  Bourgie.— (15)  M.  E.  Doutre.- (16)  M.  A.  Leduc— (17)  M.  N. 
Marleau.- (18)  M.  J.-B.  Roy.— (19)  M.  J.  Portier.— (20)  M.  A.  Cartier.— (21)  M.  R.  Miron.— (22)  M.  D.  Gendron.— (23)  M. 
E.  Manny.— (24)  M.  Ad.  Robert.— (25)  M.  E.  Dickner.— (26)  M.  W.  Ross.- (27)  M.  U.  Charrette,- (28)  M.  F.-X.  Leduc— 

(29)  M.  F.  Robinault. 


Beauhaenois  commercial  et  industriel 


213 


GROUPE  D'HOMMES  D'AFFAIRES  ENFANTS  DE  BEAUHARNOIS 

(1)  M.  C.-H.  Branchaud.— (2)  M.  Arthur-L.  Branchaud.— (3)  M.  E.-A.  Robert.— (4)  M.  Hercule  Mailloux.— (5)  M.    René 
Marchand.— (6)  M.  Antoine  Gariépy.- (7)  M.  W.  Rééd.— (8)  M.  Raoul  Marchand.— (9)  M.  G.  Leduc.— (10)  M.  L.-J.-A. 

Surveyer. — (11)  M.  G.  Caverhill. 


Beauharnois  commercial  et  industriel 


215 


Carignan  (magasin  général)  (1864);  J.-G. 
Léonard  (1890)  (épiceries  et  ferronneries); 
Orner  Marchand  (marchandises  sèches  et 
épiceries)  (1889);  J.-N.  Marchand  (mar- 
chandises sèches  pour  hommes)  (1915); 
J.  Lawande  (1913);  Mde  W.  Bourdon 
(marchandises  sèches)  ;  C.-O.  Dupuis,  (meu- 
bles et  garage);  Jos.  Daignault  (1915); 
Jos.  Fortier,  J.-A.  Legault  (épiceries);  J.- 
H.  Roy  (chaussures  et  cordonnerie);  J. 
Deschamps  (cordonnerie);  J.  Tessier,  L. 
Marchand  (marchands-tailleurs);  Mde  W. 
Bourdon,  Mde  A.  Êmard,  Melle  B. 
Huot  (modistes);  J.-A.  Robert,  T. 
Beffre,  Melle  R.  Faubert,  Madame  F.- 
X.  Leduc  et  J.  Payer  (restaurateurs); 
J.-B.  Primeau,  A.-O.  Primeau,  C.  Martin, 
R.  Leduc,  (bouchers)  ;  L.  Brière,  Z.  Gervais, 
R.  EUice  (hôteliers)  ;  C.  Crevier  (marchand 
de  liqueurs);  Dupuis  et  Cartier,  Langlois 
et  Groulx  (garages  pour  automobiles); 
Arthur  Leduc,  F.-X.  Leduc,  N.  Duquette, 
E.  Dickner,  J.  Dagenais,  Nareau  &  Pois- 
sont  (commerçants);  O.  Gendron,  A.  Li- 
moges, F.  Robinault,  J.-B.  Mathieu  (fer- 
blantiers); A.  Mathieu,  W.  Bourdon,  A. 
Groulx  (forgerons);  I.  Charest  (bijou- 
tier) ;*"  L.  Renaud,  W.  Lefebvre,  P.  Bourgie, 
A.  Bourgie  (charretiers);  A.  Hébert,  E. 
Harvey,   Faubert  &  Morrisseau  (barbiers). 

Plusieurs  voyageurs  de  commerce  ont 
aussi  leur  résidence  à  Beauharnois,  tels  les 
voyageurs  de  la  maison  Kilgour  et  MM. 


(1)  Avant  M.  Charest,  Beauharnois  avait  eu  comme 
bijoutier  Fred  Hitchins,  de  1855  à  1911. 

(2)  C'est  des  ateliers  de  M.  Gendron  que  sont  sorties  la 
grande  majorité  des  photographies  qui  sont  reproduites  dans 
ce  volume;  le  travail  a  été  remarqué  des  experts  de  la  maison 
de  photogravure  Mortimer,  d'Ottawa. 

(3)  Messieurs  Branchaud  sont  les  fils  de  feu  Mtre  Moïse 
Branchaud,  C.R. 

(4)  Fils  de  feu  J.-B.  Robert,  meunier. 

(6)  Fils  de  M.  Mailloux,  ancien  maltre-éclusier. 


J.-B.   Roy,   A.   Proulx,   0.   Duquette,   A. 
Hébert. 

Une  mention  spéciale  est  due  à  notre 
photographe  local,  M.  Elie  Gendron;  avant 
lui,  nous  avons  eu,  entre  autres,  à  Beau- 
harnois, les  photographes  Poissant,  Willis, 
J.-B.  Roy,  0.  Laplante;  M.  Gendron  a 
acquis  une  réputation  des  plus  enviables  et 
parfaitement  méritée.*^' 

En  terminant  cette  courte  esquisse  de  la 
vie  commerciale  de  Beauharnois,  il  est  juste 
de  rappeler  les  noms  de  quelques  financiers 
de  marque,  qui  se  réclament  de  Beauharnois 
comme  de  leur  paroisse:  Messieurs  Charles 
H.  Branchaud,  de  la  maison  de  change 
Beaubien,  de  Montréal,  et  son  frère  Arthur, 
banquier;"*  Monsieur  E.-A.  Robert,'*'  an- 
cien gérant  de  la  Dominion  Woolen  Mfg., 
et  actuellement  président  de  la  Compagnie 
des  Tramways  de  Montréal;  Monsieur  Her- 
cule Mailloux,'^'  gérant  de  la  Compagnie 
de  meubles  St.  Lawrence,  de  Fraserville, 
P.Q.  ;  Messieurs  René  et  Raoul  Marchand,'"' 
gérants  de  banque,  l'un  à  Drummondville, 
l'autre  à  Saint-Jacques  l'Achigan;  Mon- 
sieur Walter  Reed,'^'  M. P. P.  pour  l'Assomp- 
tion; Monsieur  F.Gustave  Leduc,'*' gérant 
du  bureau-chef  de  la  Banque  d'Hochelaga, 
à  Montréal;  Monsieur  L.-J.-A.  Surveyer,'" 
fondateur  de  la  maison  de  quincaillerie 
montréalaise  du  même  nom;  Monsieur  G. 
Caverhill,'""  chef  de  la  maison  Caverhill,  de 
Montréal;  Monsieur  Antoine  Gariépy,  ban- 
quier de  Montréal. 


(6)  Fila  de  M.  Achille  Marchand,  banquier  de  Victoriaville. 

(7)  Fils  de  feu  Walter  Rééd.   Est  entrepreneur  général  et  a 
été  maire  de  Maisonneuve;  est  député  depuis  1908. 

(8)  Fils  de  M.  Ferdinand  Leduc,  de  la  maison  Leduc  & 
Fortin. 

(9)  Fils  de  feu  le  Dr  Jos.  Surveyer,  de  Beauharnois,  père  de 
l'Honorable  Juge  Edouard  Fabre-Surveyer. 

(10)  Fils    de  .T.  Caverhill,    ancien    marchand  à  Beau* 
harnois. 


Vie  sociale 


217 


CHAPITRE  SEPTIÈME 


Vie  sociale 


QUELQUES  ÉVÉNEMENTS— QUELQUES  DATES 


OUS  voudrions  ici,  enregis- 
trer certains  faits  notables 
de  l'histoire  locale,  relatifs  à 
l'histoire  civile;  ils  n'ont  pu 
trouver  place  dans  les  cha- 
pitres précédents,  et  toute- 
fois il  serait  injuste  de  les  oublier. 


Villégiature. — Depuis  longtemps,  Beau- 
harnois  est  un  centre  important  de  villé- 
giature; de  nombreux  touristes  viennent, 
chaque  année,  passer  les  mois  d'été  sur  les 
bords  du  lac  Saint-Louis;  depuis  surtout 
que  Beauharnois  est  relié  à  Montréal  par 
le  chemin  de  fer  du  N.  Y.  C,  cet  aspect  de 
la  vie  sociale  s'est  constamment  accentué. 
La  beauté  du  site,  l'abondance  du  poisson*') 
et  du  gibier  attirent  justement  les  citadins. 
Les  visiteurs  s'établissent  depuis  Maple 
Grove  jusqu'au  Buisson;  je  note,  parmi  nos 
villégiaturistes,  les  familles  E.-A.  Robert, 
Sénateur  Thibaudeau,  L.  Rodier,  J.-B.  Bon- 
homme, Achille  Bergevin,  Gustave  Leduc, 
Alfred  Léger,  Antoine  Gariépy,  etc. 


Beauharnois  sportif. — Il  est  juste  de  noter 
l'aspect  sportif  de  Beauharnois.     Concou- 

(1)  Dès  1714,  l'arpenteur  Catalogne,  dans  sa  description 
des  seigneuries,  parle  de  la  rivière  Saint-Louis,  comme 
"abondant  en  poisson,  surtout  en  saumon." — (Girouard: 
"Supplément  lo  Lake  St.  Louis,"  p.  378.) 


rent  à  donner  un  certain  relief  à  ce  côté  de 
la  vie  sociale:  un  club  de  balle  au  camp, 
l'Idéal,  qu'une  longue  série  de  victoires  a 
placé  en  vedette;  des  clubs  de  gouret;  des 
courses  de  chevaux;  des  parties  de  tir;  des 
régates,  qu'une  bonne  organisation  a  rendues 
populaires  dans  toute  la  province;  surtout 
le  Club  de  Pêche  et  de  Chasse  fondé  en  1901 
par  Messieurs  R.  Miron,  Aimé  Leduc,  Geo. 
Hains,  Jos.  Tessier,  C.-O.  Dupuis,  J.-A. 
Poissant,  Thomas  Brossoit,  Euclide  Lari- 
chelière.  Moïse  Hébert,  L.-P.  Cloutier,  W. 
Olivier,  Octave  Laurin  et  d'autres.  Le 
Club  possède  l'île  Saint-Joseph,  achetée 
en  1909,  des  Révérendes  Sœurs  Grises  de 
Chateauguay.  Les  officiers,  en  1920,  sont: 
MM.  Raoul  Miron,  président,  C.-O.  Dupuis 
vice-président,  J.-A.  Cartier,  secrétaire- 
trésorier;  le  comité  de  régie  se  compose  de 
MM.  L.-Z.  Leduc,  J.-C.  Trudeau,  W.  Oli- 
vier, W.  AUard  et  H.  Roy;  le  club  a  70 
membres. 


Nos  journaux. — Beauharnois  a  eu  quatre 
journaux  qui  parurent  de  1867  à  1884.  Le 
premier,  le  Courrier  de  Beauharnois,  fut 
fondé  en  1867  par  J.-N.  Camyré,  qui  en 
était  à  la  fois  le  propriétaire  et  le  rédacteur; 
en  1875,  ce  journal  devint  la  propriété  de 
l'avocat  Athanase  Branchaud,  qui  en  fut 
le  rédacteur. 


218 


Histoire  civile  de  Beauharnois 


En  1872,  au  Courrier  succéda  l'Echo  de 
Beauharnois,  dont  le  propriétaire-rédac- 
teur était  l'avocat  Thomas  Brossoit.  Le 
Courrier  de  Beauharnois  est  devenu  le 
Progrès  de  Valleyfield. 

Quelques  années  plus  tard  parut  l'Avenir 
de  Beauharnois,  dont  les  rédacteurs  furent 
M.  Morrissette,  ancien  maître  d'école  à 
Beauharnois,  celui  qui  est  devenu  l'Hon. 
Juge  L.-A.  Prud'homme  (1875-1877),  et 
d'autres  rédacteurs  volontaires. 

Vers  1883,  à  l'Avenir  succéda  le  Drapeau 
de  Beauharnois,  ayant  comme  propriétaire 
J.-B.  Cadieux  de  Courville,  et  comme  rédac- 
teur l'avocat  L.-A.  Seers,  C.R. 

Et  cela  nous  rappelle  encore  quelle  belle 
période  d'histoire  fut  pour  Beauharnois 
l'époque  1861-1885.  Nous  avons  déjà  vu 
quelle  prospérité  matérielle  atteignit  alors 
Beauharnois;  nous  avons  vu  aussi  qu'un 
cercle  littéraire  entretenait  une  vie  intellec- 
tuelle intense;  joignons  à  cela  les  journaux, 
et  la  présence  d'un  bon  nombre  d'hommes 
de  profession  instruits  constituant  une 
société  d'élite,  et  nous  aurons  quelque  idée 
de  ce  que  fut  un  jour  Beauharnois. 


Nos  hommes  de  profession. — En  traitant 
de  Beauharnois  judiciaire,  nou^  avons  men- 
tionné les  avocats  de  Beauharnois. 

Les  notaires  ont  été  Louis  Sarault,^^^  de 
1806  à  1861  ;  Ovide  Leblanc,  de  1822  à 
1845;  Louis  Hainault,''>  de  1838  à   1874; 


(1)  Avant  le  notaire  Sarault,  il  n'y  eut  pas  de  notaire  à 
Beauharnois  même;  tout  à  côté,  à  Chateauguay,  était  le 
notaire  Gaucher.  Le  notaire  Sarault,  dans  sa  longue  carrière 
de  55  ans  de  pratique  professionnelle,  a  été  mêlé  de  très  près 
à  la  vie  paroissiale  de  Beauharnois. 

(2)  Le  notaire  Hainault,  après  la  rébellion  de  1838,  fit 
partie  de  la  milice,  et  devint  shérif;  il  est  mort  ^subitement, 
pendant  la  messe,  en  1880;  c'est  une  figure  de  premier  plan 
dans  l'histoire  locale. 

(3)  Le  notaire  Léonard  est  le  père  de  M.  J.-G.  Léonard, 
ex-maire  et  marchand  de  Beauharnois. 

(4)  Le  notaire  de  Martigny  établit  à  Beauharnois  la 
Banque  des  Marchands  et  fut  régistrateur. 


Joseph  Léonard,<="  de  1847  à  1887;  Vite 
A.  Lemoyne  de  Martigny,'**  de  1848  à 
1876;  François-Clovis  Bazinet,  de  1848  à 
1892;  Jean  Gualbert  Longpré,  de  1852  à 
1863;  Joachim  Brossoit,  en  1861;  Elle  Her- 
cule Bisson,«>  de  1860  à  1898;  Jos.  Mayer,'*» 
de  1864  à  1876;  Jean-Marie  Philorum 
Prud'homme,  1881-1882;  M.  Garand,  1895. 
Depuis  34  ans,  M.  le  notaire  L.-C.  Tassé  est 
notaire  à  Beauharnois;  il  est  maire  de  la 
ville,  secrétaire-trésorier  de  la  Commission 
Scolaire  de  la  ville  et  a  été,  pendant  29  ans, 
secrétaire  de  la  ville.  Depuis  22  ans,  M.  le  no- 
taire J.-C.  Trudeau  est  à  Beauharnois,  où  il  a 
succédé  à  M. le  notaire  E.-H.  Bisson.  M.  Tru- 
deau est  agent  de  la  Seigneurie  de  Beauhar- 
nois et  directeur  de  la  Beauharnois  Electric 

Coy' 

D'après  les  recensements,  en  1831,  Beau- 
harnois a  trois  notaires,  3  en  1842,  5  en 
1851,  5  en  1861,  6  en  1871,  3  en  1881,  4  en 
1891,  2  en  1901,  2  en  1911. 

Les  notaires  nés  à  Beauharnois  sont 
Louis  Hainault,  Joachim  Brossoit  et  M. 
Louis  Guimond,  pratiquant  actuellement  à 
Mont-Laurier. 

Nous  n'avons  pu  nous  procurer  les  dates 
exactes  de  présence  de  nos  médecins  locaux; 
voici,  du  moins,  quelques  notes.  Le  premier 
que  l'on  connaisse  avec  certitude  est  C. 
Fleming,  qui  mourut  en  1832,  victime  de 
l'épidémie  de  choléra,  et  fut  remplacé  par  le 
docteur  L.-H.  Masson;  entre  1840  et  1849, 
est  à  Beauharnois  le  Dr  Joseph  Surveyer;**' 

(5)  Fut  député  au  parlement  provincial  et  protonotaire. 

(6)  Fut  régistrateur  du  district  pendant  au-delà  de  30  ans. 

(7)  Une  Chambre  locale  des  notaires  (District  de  Beau- 
harnois) fut  constituée  en  1860;  le  président  en  était  le 
notaire  Charles-M.  Lebrun,  le  secrétaire  J.-G.  Longpré,  le 
syndic  J.-B.  Scott,  et  les  autres  membres,  Mtres  G.-A. 
Beaudry,  Louis  Beaudry,  J.  Léonard,  A.-L.  de  Martigny, 
Louis  Gervais,  Alexis-R.  Bisson,  Moïse  Garaud,  J.-A.  Massé. 
Mtre  M.  Garand  pratiqua  quelque  peu  à  Beauharnois,  vers 
1896. 

(8)  Le  Dr  J.  Surveyer  était  le  père  de  L.-J.-\.  Surveyer,  qui 
tint  l'un  des  plus  considérables  commerces  de  ferronneries 
de  Montréal,  et  grand-père  de  l'Hon.  Juge  E.  Fabre-Sur- 
veyer. 


Vie  sociale 


219 


GROUPE  D'ANCIENS  PROFESSIONNELS  DE  BEAUHARNOIS 

(1)  M.  J.-G.  Laurendeau,  C.R.— (2)  Dr  H.  Roy.— (3)  F.-C.  Bazinet,  N.P.— (4)  Dr  J.  Surveyer.— (5)  Dr  A.-T,  Côté.— (6)  Dr  M. 
Sabourin.— (7)  J.  I^onard,  N.P.— (8)  J.-K.  EUiott.— (9)  L,-A.  Seers,  C.R.— (10)  Dr  P.V-B.  de  Boucherville.— (11)  Dr  H.  Hervieux. 
—(12)  P.-C.  Duranceau.— (13)  J.-B.-R.  Laplante.— (14)  J.-G.  Longpré,  N.P.— (16)  J.  O'Sullivan,  I.C— (16)  Dr  A.  R.  Primeau. 

(17)  Hon.  Juge  L.-A.  Prud'homme.- (18)  J.  Mayer,  N.P. 


Vie  sociale 


221 


GROUPE  D'HOMMES  DE  PROFESSION  NÉS  A  BEAUHARNOIS 

(1)  Le  Dr  J.-B.  Bonnier — (2)  L'avocat  Ath.  Branchaud. — (3)  L'avocat  T.  Brossoit. — (4)  Le  Dr  F.  Leduc. — (5)L'avocat  N.  Brossoit. 
— (6)  Le  Dr  Louis  Fortin. — (7)  Le  Dr  G.  Guimond. — (8)  L'avocat  John  Sullivan. — (9)  Le  Dr  H.  Charlebois. — (10)  L'avocat 
Joseph  Doutre.— (11)  L'avocat  W.-A.  Baker.— (12)  L'avocat  M.  Branchaud. — (13)  Le  Dr  J.  Laberge. — (14)  Le  Dr  Alfred 
BroBBoit. — (16)  L'avocat  O.  Goyette. — (16)  L'ingénieur  civil  B.  Roy. — (17)  Le  notaire  L.  Guimond.— (18)  Le  notaire  L.  Hai- 

nault.— (19)  L'Hon.  juge  H.-A.  Goyette. 


Vie  sociale 


223 


NOS  HOMMES  DE  PROFESSION 

MM  (1)  I«  docteur  A.  De8gro8eimers.-(2)  Le  notaire  J.-C.  Trudeau.-(3)  L'ingénieur  civil  D.  Manny.-(4)  Le  Dr  A.  Boyer,  M.V. 
-(5)  Le  Dr  A.  Duquette.-(6)  L'avocat  T.  Fortin.-(7)  Le  Dr  G.  Huot.-(8)  Le  notaire  L.-C.  Tassé.-O)  L'avocat  P.  Mer- 
cier.— (10)  Le  dentiste  J.  Huot. 


Vie  sociale 


225 


au  recensement  de  1851,  le  Dr  Charles 
O'Doherty,  catholique,  est  à  Beauharnois; 
depuis  lors,  Beauharnois  a  eu  les  docteurs 
Gernon,  Moïse  Sabourin,  décédé  en  1866; 
E.  Dansereau,  Philéas  de  Boucherville,*"  de 
1866  à  1890;  A.-R.  Primeau  (1866-1888); 
C.-L.  de  Martigny;  F.  Perreault;  Alfred 
Brossoit;  Philémon  Laberge;  vers  1890,  le 
Dr   Henri   Hervieux;"'  en    1847-1853,   les 


du  Dr  de  Boucherville,  à  Beauharnois  vers 
1892;  Alfred  Brossoit,  1875-1901;  le  Dr 
Létourneau,  décédé  en  1916;  le  Dr  Paré, 
qui  maintenant  est  médecin  à  Saint-Louis- 
de-Gonzague.  Nos  médecins,  actuellement, 
sont  M.  le  Dr  G.  Huot,  qui  exerce  sa  pro- 
fession à  Beauharnois  depuis  une  trentaine 
d'années;  M.  A.  Desgroseilliers,  depuis  une 
vingtaine   d'années,   et   M.   A.   Duquette, 


L'HARMONIE  DE  BEAUHARNOIS 

(En  1919) 


docteurs  Cartier  et  Lafleur,  qui  furent 
victimes  de  l'épidémie;  J.-R.  Tranchemon- 
tagne;  le  Dr  A.-T.  Côté,  décédé  il  y  a  une 
dizaine  d'années;  le  Dr  Hercule  Roy,  gendre 


(1)  Le  Dr  P.-V.-B.  de  Boucherville  était  fils  du  Seigneur 
de  Boucherville. 

(2)  Le  Dr  Henri  Hervieux,  après  quekjues  années  de  pra- 
tique à  Saintc-Philomène  et  à  Beauharnois,  devint  professeur 
de  matière  médicale  à  l'Université  Laval,  puis  de  patholode 
interne;  à  sa  mort,  en  janvier  1913,  il  était  président  des 
médecins  de  langue  française  de  l'Amérique  du  Nord. 


depuis  cinq  ou  six  ans;  M.  J.  Huot,  dentiste, 
et  M.  A.  Boyer,  M.V. 

Quelques  médecins  sont  originaires  de 
Beauharnois:  le  Dr  Alfred  Brossoit,  décédé; 
Henri  Cayley,  décédé;  le  Dr  Jules  Laberge, 
décédé;  le  Dr  L.  Fortin,  pharmacien,  dé- 
cédé; Messieurs  les  docteurs  Omer  Gui- 
mond,  de  Chicopee  Falls,  J.-B.  Bonnier,  de 
Montréal,   Fernand  Leduc,    de   Montréal, 


226 


Histoire  civile  de  Beauharnois 


Jules  Huot,  dentiste,  de  Montréal,  J.  El- 
liott,  M.V. 

Parmi  les  ingénieurs  et  arpenteurs,  je 
relève,  pour  Beauharnois,  Francis  Winter, 
au  commencement  du  XIXème  siècle;  plus 
tard,  en  1833,  Robert  Hayle  et  Charles 
Archambault  sont  experts  pour  l'évaluation 
des  terres;  vers  le  même  temps,  Nahum 
Baker  et  James  Milne,  un  peu  plus  tard 
Charles  Manuel  et  David  Levington;  plus 
tard,  vers  1875-1880,  J.-H.  O'SuUivan  est  à 
Beauharnois;  en  1920,  un  enfant  de  Beau- 
harnois, M.  David  Manny  est  ingénieur- 
arpenteur.  M.  l'ingénieur  de  Boucher- 
ville  Roy,  d'Ottawa,  fils  de  feu  le  Dr  Her- 
cule Roy,  est  né  à  Beauharnois  en  1892. 


Sociétés  de  secours  mutuel. — Plusieurs  so- 
ciétés de  secours  mutuel  ont  une  succursale 
à  Beauharnois,  entre  autres  la  Saint-Jean- 
Baptiste,  les  Forestiers  Catholiques,  l'Alliance 
Nationale,  l'Union  Saint-Pierre,  la  CM. 
B.A.,  les  Forestiers  Catholiques,  les  Fores- 
tiers Indépendants.  Il  y  a  aussi  un  groupe 
considérable  de  Chevaliers  de  Colomb;  jus- 
qu'à présent,  les  membres  de  Beauharnois 
appartiennent  au  Conseil  de  Valleyfield. 


La  fanfare. — Beauharnois  a  une  fanfare, 
l'Harmonie  de  Beauharnois,  organisée  vers 
1905,  à  la  demande  de  Monsieur  le  Curé 
Nepveu,  par  un  groupe  de  paroissiens,  pour 


donner  plus  d'éclat  aux  fêtes  rehgieuses: 
processions  de  Fête-Dieu,  de  cimetière,  et 
visite  pastorale.  La  fanfare  a  paru  en 
public,  pour  la  première  fois,  le  jour  de  la 
Fête-Dieu  de  1906,  et  a  toujours,  depuis 
lors,  accompagné  le  T.  S.  Sacrement  dans  la 
grande  procession.  Les  instruments  de 
musique,  achetés  d'abord  par  les  souscrip- 
tions des  citoyens,  réparés  et  renouvelés  à 
même  les  revenus  de  la  fanfare,  sont  main- 
tenant la  propriété  du  Club  de  Chasse  et  de 
Pêche  de  Beauharnois. 

Notre  corps  de  musique  a  figuré  avan- 
tageusement dans  la  procession  finale  du 
Congrès  Eucharistique  de  Montréal,  en 
septembre  1910.  Le  professeur  Albert 
Contant,  qui  en  était  alors  le  directeur, 
avait  composé  et  a  fait  exécuter  une 
Marche  du  Congrès  qui  lui  valut  des  féUci- 
tations  de  musiciens  marquants. 

Aux  fêtes  du  Centenaire,  en  juin  1920, 
notre  Fanfare  obtint  de  nouveau  un  grand 
succès. 

Baillis. — Le  18  mars  1773,  nomination, 
à  Beauharnois,  de  trois  baillis:  François 
Hébert,  Jacques  La  Jambe  et  Jean  Le 
Bœuf.  En  1829,  J.-B.  Branchaud  est 
bailli,  et  en  1839  John  Bryson. 

Fonctionnaires  du  service  civil  fédéral. — 
Plusieurs  fonctionnaires  du  service  civil 
fédéral,  à  Ottawa,  sont  originaires  de  Beau- 
harnois: MM.  L.-G.  Roy,  Chambord  Bau- 
dry,  A.  Robert,  Olier  Prud'homme,  C-R. 
D'Aoust. 


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229 


TROISIÈME  PARTIE 


Le  Centenaire 


"La  mode  est  aux  centenaires  en  notre  bonne 
province  de  Québec.  On  en  célèbre  beaucoup 
depuis  quelques  années,  et  c'est  une  heureuse 
idée;  car  c'est  une  occasion  toujours  de  se 
recueillir  et  de  tirer  du  passé  d'excellentes 
leçons."^'^ 

C'est  cette  occasion  que  voulut  offrir  à 
ses  paroissiens  M.  le  curé  de  Beauharnois, 
quand  il  songea  à  célébrer  par  de  grandes 
fêtes  le  centenaire  de  Saint-Clément.  Il 
lui  parut  qu'à  Saint-Clément,  comme  en 
maint  autre  endroit  de  la  province,  les 
fidèles  aimeraient  à  se  recueillir  et  à  entendre 


rappeler  leur  passé  paroissial;  ne  serait-ce 
pas,  en  outre,  une  incomparable  occasion 
pour  les  anciens  de  Beauharnois,  d'y  reve- 
nir saluer  leurs  parents  et  leurs  amis  et  d'y 
prier  sur  la  tombe  de  leurs  défunts?  Et 
voilà  pourquoi,  plusieurs  années  à  l'avance, 
Monsieur  le  Curé  projeta  des  fêtes  de 
centenaire /^^ 

Tout  ce  que  l'on  peut  dire  d'un  centenaire 
se  groupe  sous  deux  titres:  la  préparation 
et  les  fêtes  du  centenaire;  ce  seront  aussi 
les  deux  chapitres  de  cette  troisième  partie 
de  notre  histoire. 


(1)  Paroles  de  M.  l'abbé  E.-J.  Auclair,  dans  la  Revue  Cana- 
dienne d'août-septembre  1920,  à  propos  du  sermon  prononcé 
aux  fêtes  du  centenaire  par  Monsieur  l'abbé  J.-D.  Nepveu, 
Ph.  Th.  D.,  curé  de  Saint-Anicet. 


(2)  Exactement,  c'est  le  centenaire  de  la  nomination  du  pre- 
mier prêtre  ayant  résidence  à  Beauharnois,  que  l'on  a  célébré 
en  jum  dernier.  La  date  exacte  eût  été  octobre  1919.  Mais 
les  travaux  de  restauration  de  l'éghse  paroissiale  n'étant  pas 
terminés  et  la  saison  d'automne  ne  se  prêtant  pas  toujours  à 
de  telles  manifestations,  les  fêtes  furent  remises  à  l'été  de  1920. 


230 


Centenaire  de  Beauharnois 


Salut  au  Centenaire 


(1) 


Tout  un  siècle  a  passé  sur  ma  ville  chérie; 
Ces  cent  ans  font  deuicfois  la  longueur  de  ma  vie. 
Toujours  mon  Beauharnois  se  mire  au  bord  du  lac 
Que  sillonnent  l'esquif,  le  navire  et  le  yacht. 

C'est  ma  ville  au  passé  théâtral,  romantique, 
Où  l'enfant  naît  rêveur,  et  doux,  et  poétique; 
Il  y  grandit  heureux,  admirant  tous  les  jours 
Le  Saint-Laurent  qui  passe  et  repasse  toujours. 

Que  ma  ville  est  jolie!  On  la  dit  immortelle. 
Serein,  son  cimetière  est  tout  vivant  comme  elle; 
L'ancêtre  y  repose  sous  un  doux  va-et-vient 
De  l'ami  qui  espère,  et  croit,  et  se  souvient. 

Ton  esprit  triomphant  des  âges  séculaires, 
Invite  les  Anciens  aux  fêtes  centenaires. 
Berceau  de  mon  enfance,  6  tombeau  des  aïeux. 
J'ai  gardé  pour  vous  seuls  mon  amour  et  mes  vœux! 

W.  A.  Baker. 


(1)  Un  enfant  de   Beauharnois,    Monsieur   l'avocat  W.-A.   Baker,   C.R., 
de  Montréal,  a  bien  voulu  préparer  ce  Salut  au  Centenaire. 


Préparation  du  Centenaire 


231 


CHAPITRE  PREMIER 


La  Préparation  du  Centenaire 


'EST  vers  1916  que  Monsieur 
le  curé  Nepveu  commença 
non  à  penser  au  Centenaire — 
depuis  longtemps  il  en  était 
question — mais  à  le  préparer. 
Ce  n'était  pas  trop,  pensait- 
il,  de  trois  ans,  pour  exécuter  tous  les  tra- 
vaux qu'il  projetait;  et  il  avait  raison:  à  la 
date  exacte  du  centenaire,  en  1919,  tout 


n'était  pas  terminé,  et  l'on  dut  reculer, 
jusqu'à  juin  1920,  la  célébration  de  cet 
événement. 

Dans  la  préparation  du  centenaire,  l'on 
peut  distinguer  deux  phases,  la  préparation 
lointaine  et  la  préparation  prochaine;  elles 
fournissent  la  matière  de  deux  articles 
distincts. 


ARTICLE  PREMIER— PRÉPARATIFS   ÉLOIGNÉS 


Trois  faits  ont  préparé  le  centenaire,  dont 
deux  dus  à  la  prévoyante  sollicitude  du 
curé  de  Beauharnois,  et  l'un  à  la  bienveil- 
lance de  Monseigneur  l'évêque  du  diocèse 
de  Valleyfield.  Les  deux  premiers  sont 
l'Histoire  de  Saint-Clément  et  les  travaux 
de  restauration  des  édifices  paroissiaux; 
le  troisième  est  le  canonicat  de  Monsieur 
le  curé  Nepveu. 

Histoire  de  Beauharnois 

Depuis  longtemps,  notre  curé  rêvait 
d'une  histoire  de  la  paroisse  de  Saint- 
Clément;  dès  les  premiers  mois  de  son 
arrivée  à  Beauharnois,  il  avait,  avec  Mon- 
sieur le  vicaire  J.-E.  Gauthier,  recueilli  et 
classé  beaucoup  de  notes  sur  le  passé  de 
Saint-Clément;  un  peu  plus  tard,  il  avait 
reçu  de  feu  Monsieur  l'abbé  C.-A.  Santoire, 
alors  curé  de  Saint-Louis-de-Gonzague,  un 
Précis  historique  sur  la  Seigneurie  de  Beau- 
harnois; le  centenaire  parut  être  une  bonne 
occasion  pour  exploiter  ces  richesses  docu- 


mentaires, et  la  tâche  honorable  d'écrire 
l'histoire  de  Saint-Clément  fut  confiée  à  un 
enfant  de  la  paroisse.  La  compagnie  de 
papier  Howard  Smith  facilita  le  projet  en 
donnant  tout  le  papier  nécessaire.^"  Tout 
d'abord  l'on  songea  à  faire  paraître  cette 
histoire  à  la  date  même  des  fêtes  du  cen- 
tenaire; plus  tard,  il  parut  préférable  d'in- 
sérer le  récit  des  fêtes,  et  voilà  pourquoi 
ce  volume  ne  paraît  qu'à  la  fin  de  1920. 

Que  les  paroissiens  de  Saint-Clément 
n'oublient  pas  que  si  quelques  pages  de  leur 
histoire  sont  pubUées,  ils  le  doivent  à  la  géné- 
rosité de  leur  curé  actuel,  qui  n'a  pas  craint 
d'assumer  les  risques  considérables  de  cette 
entreprise! 

Restauration  de  l'église^^) 

Monsieur  le  Curé  pensa,  en  outre,  que 
pour  les  fêtes  du  centenaire,  il  conviendrait 
de  donner  à  l'église  paroissiale  une  déco- 
Ci)  Notre  plus  grande  gratitude  est  due  et  assurée  à  la 
HoxDord  Smith  pour  ce  don  magnifique. 
(2)  Nous  avons  raconté  plus  haut  le  détail  de  ces  travaux. 


232 


Centenaire  de  Beauharnois 


ration  nouvelle  et  de  faire  certaines  amélio- 
rations; il  y  avait  au-delà  de  quarante-cinq 
ans  que  la  voûte  de  l'église  avait  été  décorée, 
et  au-delà  de  soixante  que  le  sanctuaire 
avait  été  doré  par  l'artiste  Manny;  sur  tous 
ces  travaux  le  temps  avait  déposé  beaucoup 
de  poussière,  et  l'église  n'avait  pas  la  clarté 
désirable.  Une  restauration  complète  fut 
décidée  et  a  été  exécutée;  et  quand,  le  matin 
du  15  juin  dernier,  les  anciens  de  Beauhar- 
nois franchirent  le  seuil  de  leur  église,  ils 
furent  agréablement  surpris  de  se  trouver 
dans  un  temple  décoré  avec  goût,  presque 
dans  une  église  neuve;  à  l'intérieur,  il 
faisait  clair;  les  lignes  d'architecture  étaient 
mieux  mises  en  relief;  au  centre  une  grande 
allée,  libre  de  bancs,  conduisait  à  une  riche 
table  de  communion,  et  au-delà,  à  un 
sanctuaire  pavé  en  marqueterie;  de  beaux 
tableaux  sollicitaient,  de  la  voûte,  le  regard 
du  fidèle;  et  lés  anciens  surent  bientôt  que 
la  joie  de  se  trouver  dans  un  si  beau  temple 
était  due  à  la  générosité  des  paroissiens  et 
à  l'inlassable  ténacité  et  à  l'habileté  admi- 
nistrative du  curé/'^ 

Tout  à  côté  de  l'église  est  le  presbytère; 
les  paroissiens  ont  tenu  à  ce  que  la  rési- 
dence de  leurs  prêtres  fût  propre  pour  les 
grandes  fêtes  du  centenaire;  à  cet  établisse- 
ment comme  à  l'église,  d'importantes  répa- 
rations ont  été  faites,  grâce  à  la  générosité 
des  marguilUers. 


Ces  travaux  ont  grandement  contribué 
à  assurer  le  succès  des  fêtes  du  14  et  du  15 
juin  1920;  nous,  les  anciens  de  Beauharnois, 
nous  nous  sommes  sentis  plus  attachés  à 
notre  paroisse  d'origine  en  retrouvant  si 
beaux  les  établissements  qui  en  sont  le 
centre  religieux. 

Canonicat  de  Monsieur  le  Curé  Nepveu 

En  janvier  1920,  Sa  Grandeur  Mon- 
.seigneur  l'évêque  de  Valleyfield  créait  un 
Chapitre  de  chanoines;  au  nombre  des 
chanoines  élus  était  Monsieur  l'abbé  Théo- 
dule  Nepveu,  Curé  de  Beauharnois  et 
Vicaire  Forain.  Les  paroissiens  de  Saint- 
Clément  comprirent  que  l'honneur  fait 
à  leur  curé  rejaillissait  sur  la  paroisse  et  ils 
tinrent  à  l'attester  solennellement.  Ils  ri- 
valisèrent d'entrain  pour  offrir,  en  don,  au 
nouveau  chanoine,  une  partie  des  insignes 
de  sa  nouvelle  dignité.  En  outre,  ils  vou- 
lurent lui  faire  fête.  Voilà  pourquoi,  le 
dimanche  qui  suivit  la  cérémonie  d'ins- 
tallation des  chanoines  à  Valleyfield,  c'est- 
à-dire,  le  dimanche  de  la  Quasimodo  1920, 
ils  se  rendirent  processionnellement  au 
presbytère  et  conduisirent  le  curé-cha- 
noine à  l'église;  là,  il  y  eut  adresse,  offrande 
d'une  bourse,  et  le  nouveau  dignitaire 
ecclésiastique  officia  à  la  messe  solennelle. 

Pour  les  fêtes  du  centenaire  de  la  paroisse, 
c'était  une  belle  préparation. 


ARTICLE    SECOND— LES   PRÉPARATIFS   IMMÉDIATS 


Nous  entendons  par  préparatifs  immédiats 
tout  ce  qui  a  été  fait  directement  et  offi- 
ciellement en  vue  de  la  célébration  du 
Centenaire. 

Comités   d'organisation — 

Les  8  et  15  février  1920,  au  prône  de  la 
messe  paroissiale,  Monsieur  le  Curé  convo- 
quait une  assemblée  des  francs-tenanciers 


de  la  paroisse  pour  délibérer  sur  l'organi- 
sation de  fêtes  pour  le  centenaire  de  Saint- 
Clément.  A  l'issue  de  la  messe,  le  15 
février,  les  francs-tenanciers  convoqués  se 
réunissaient  à  la  sacristie,  et  il  était  pro- 
cédé comme  suit: 


(1)  Ces  travaux  ont  été  faits  par  souscriptions  volontaires,  par 
organisations  (tombolas)  et  par  des  recettes  ordinaires  plus 
considérables. 


Préparation  du  Centenaire 


233 


"M.  J.-G.  Léonard,  secondé  par  M.  Fer- 
dinand Leduc,  propose  que  Monsieur  le  curé 
de  cette  paroisse  soit  nommé  président  de 
cette  assemblée.    Adopté  unanimement. 

"  M.  J.-G.  Léonard,  secondé  par  M. 
Ferdinand  Leduc,  propose  que  M.  Raoul 
Miron  soit  nommé  secrétaire.  Adopté  una- 
nimement." 

Après  pourparlers  et  délibérations,  il  fut 
décidé  qu'un  comité  devrait  être  formé 
pour  s'occuper  de  l'organisation  générale  de 
la  fête  du  centenaire,  et  M.  J.-G.  Léonard, 
secondé  par  M.  Delvini  Gendron,  proposa 
que  les  personnes  ci-après  nommées  for- 
massent ce  comité,  savoir:  M.  le  curé  Théo- 
dule  Nepveu;  MM.  L.-C.  Tassé,  N.  P., 
maire  de  la  ville  de  Beauharnois;  Benja- 
min Vinet,  maire  de  la  paroisse  Saint- 
Clément;  Auguste  Hébert,  maire  de  la 
ville  de  Maple  Grove;  Euclide  Montpetit, 
maire  du  village  du  Lac  Saint-Louis;  Jo- 
seph Lebœuf,  président  de  la  Commission 
scolaire  de  Saint-Clément;  J.-E.  Dussault, 
marguillier  en  charge;  Jean-Baptiste  Boyer 
et  Joseph  Gendron,  marguilliers  du  Banc  de 
la  Fabrique  de  la  dite  paroisse.  A  ce  comité 
général  on  donnait  "le  pouvoir  de  former 
des  sous-comités  et  de  s'adjoindre  toute 
personne  qu'il  jugera  nécessaire."  Cette 
assemblée  paroissiale  du  15  février  1920 
est  le  premier  acte  officiel  de  la  paroisse 
en  vue  de  la  célébration  du  centenaire. 

Le  deuxième  est  du  29  février.  Au  pres- 
bytère, ce  jour-là,  se  réunissaient  les  mem- 
bres du  Comité  général  d'organisation.  Il 
fut  décidé,  à  l'unanimité,  que  Monsieur 
le  Curé  serait  le  président  honoraire,  M.  le 
maire  Tassé  président  actif,  et  M.  Raoul 
Miron  secrétaire  du  Comité.  Il  fut  ensuite 
décidé,  sur  proposition  de  M.  Joseph  Le- 
bœuf, secondé  par  M.  Joseph  Gendron,  que 
les  sous-comités  suivants  seraient  nommés: 


Comité  de  Réception — 

Monsieur  L.-C.  Tassé,  président;  le  R. 
Fr.  Croisetière,  et  MM.  J.-E,  Dussault, 
Ferdinand  Leduc,  J.-C.  Trudeau,  L.-Z. 
Leduc,  J.-B.  Roy,  Isaïe  Dagenais,  Dr  G. 
Huot,  Dr  A.  Duquette,  H.-C.  Courtney. 

Comité  des  Finances — 

Monsieur  Benjamin  Vinet,  président; 
MM.  Jos.  Lebœuf,  Jos.  Gendron,  J.-B. 
Boyer,  Auguste  Hébert,  Jérémie  Bougie, 
Donat  Dagenais,  Dr  A.  Desgroseillers, 
J.-O.  Carignan,  A.  de  Laplante,  Euclide 
Montpetit,  Théodule  Olivier. 

Comité  de  la  Presse — 

Monsieur  l'abbé  D.  Saint-Aubin,  vicaire, 
président;  MM.  Pamphile  Laplante,  Tan- 
crède  Fortin,  Paul  Mercier. 

Comité  des  Amusements — 

Monsieur  l'abbé  J.-O.  Delisle,  vicaire, 
président;  MM.  Raoul  Miron,  H.  Roy, 
Aimé  Leduc,  Emery  Poirier,  Joseph  Lau- 
rin,  R.-N.  Sévigny,  Dr  A.  Boyer,  Ferd. 
Faubert,  Arthur  Leduc,  Armand  Thibert. 

Il  était,  en  outre,  décidé  que  tous  ces 
comités  devaient  agir  avec  l'assentiment 
du  Président  Honoraire,  Monsieur  le  Curé 
T.   Nepveu. 

Le  9  mars,  les  comités  commencent,  à  la 
salle  Vachon,  le  travail  d'organisation  des 
fêtes.  L'on  décide  que  Monsieur  le  Curé 
fera  partie  de  tous  les  Comités;  que  le  ban- 
quet du  15  juin  aura  lieu  sur  le  terrain  que 
les  Révérendes  Sœurs  Grises  de  l'Hospice 
veulent  bien  offrir  à  cette  fin;  que  le  prix  du 
billet  pour  le  banquet  sera  de  $5.00;  que 
Messieurs  Armand  Thibert  et  J.-O.  Ca- 
rignan iront  à  Montréal    pour  louer  la 


234 


Centenaire  de  Beauharnois 


vaisselle  nécessaire  au  banquet;  que  M. 
Armand  Thibert  sera  le  trésorier  du  Comité 
général. 

Le  17,  le  22  et  le  28  mars,  le  Comité  de 
Réception,  après  avoir  constaté  qu'il  ne 
peut  guère  s'occuper  de  la  préparation  du 
banquet,  en  donne  le  contrat  aux  restaura- 
teurs montréalais  Kerhulu  et  Oudiau. 

Quelques  jours  plus  tard,  le  Comité  re- 
tient les  services  d'orchestre  d'un  groupe 
d'artistes  diocésains  de  Valleyfield,  sous  la 
direction  de  M.  le  professeur  Arthur  Frap- 
pier. 

Le  Comité  fixa  aussi  le  programme  des 
fêtes,  choisit  les  orateurs  du  banquet  et  de 
la  soirée  du  15  juin,  détermina  le  parcours 
de  la  promenade  de  la  soirée  du  14  juin; 
en  un  mot,  il  s'occupa  de  toute  la  prépara- 
tion des  fêtes,  moins  ce  qui  ressortissait 
plus  spécialement  au  Comité  des  Amuse- 
ments et  à  celui  de  la  Presse. 

Parmi  les  invités  du  Comité,  plusieurs, 
qui  ne  purent  assister  aux  fêtes  du  Cente- 
naire, tinrent  à  s'excuser  en  termes  très 
sympathiques:  les  ministres  du  cabinet 
provincial  devaient  avoir,  le  jour  de  la  fête, 
une  importante  réunion  qui  rendait  im- 
possible leur  présence  à  Beauharnois;  des 
députés  des  comtés  voisins  étaient  retenus 
à  Ottawa  par  leurs  obUgations  parlemen- 
taires. 

Le  12  mai,  l'Honorable  Sénateur  A. -A. 
Thibavdeau,  un  paroissien  de  Saint-Clé- 
ment, regrettait  qu'un  voyage  en  France  le 
privât  du  plaisir  d'être  à  Beauharnois  le 
15  juin. 

L'Honorable  Athanase  David,  secrétaire 
provincial,  avait  espéré  être  à  Beauharnois 
le  15  et  avait  accepté  d'y  parler;  quelques 
jours  avant  les  fêtes,  il  dut  renoncer  à  ce 
projet  et  exprima  au  Comité  ses  "vifs  re- 


grets de  ne  pouvoir  assister  à  la  célébration 
du  centenaire." 

Le  1er  juin,  l'Honorable  Juge  P.-B. 
Mignault,  de  la  Cour  Suprême  du  Canada, 
s'excusait  de  ne  pouvoir  assister  aux  fêtes 
du  Centenaire  à  cause  des  devoirs  de  sa 
charge,  qui  devaient  le  retenir  à  Ottawa,  le 
jour  du  15  juin.  Il  ajoutait  ces  quelques 
lignes:  "Bien  des  souvenirs  nous  rattachent 
à  la  paroisse  de  Beauharnois  et  à  son  église. 
Pour  ma  femme,  c'est  le  lieu  de  sa  naissance; 
pour  moi-même,  c'est  celui  de  mon  mariage 
que  bénit  le  vénérable  curé  Lussier,  de 
sainte  mémoire." 

Messieurs  J.-W.  Kilgour  et  James  Wilson, 
deux  vieux  citoyens  anglais  de  Beauharnois, 
regrettaient  "that  they  will  not  be  able  to 
be  présent  at  the  célébration  of  the  Cen- 
tennial." 

Parmi  les  laïques,  des  hommes  de  marque, 
tels  que  l'Honorable  Honoré  Mercier,  l'Ho- 
norable Juge  W.  Mercier,  Messieurs  les  dé- 
putés L.-J.  Papineau  et  A.  Bergevin,  les 
ex-députés  A.  Plante  et  E.-A.  Robert,  M. 
Edouard  Montpetit,  secrétaire-général  de 
l'Université  de  Montréal,  Messieurs  les 
avocats  W.  Poitras,  John  Sullivan,  Tan- 
crède  Fortin,  Paul  Mercier,  M.  Howard 
Smith,  président  de  la  compagnie  de  papier 
du  même  nom,  acceptaient  l'invitation  et 
devaient,  par  leur  présence  et  leurs  paroles, 
donner  aux  fêtes  du  15  juin  un  éclat  plus 
grand. 

Le  Comité  avait  laissé  à  Monsieur  le  curé 
Nepveu  le  soin  d'inviter  les  personnages 
ecclésiastiques. 

Il  va  sans  dire  que  Mgr  l'Évêque  de 
Valleyfield  avait  été  le  premier  invité.  Mis 
au  courant  du  projet  des  fêtes  du  centenaire, 
il  l'avait  béni  et  encouragé,  et  lui  avait  pro- 
mis son  concours.  Il  avait  permis  tous  les 
travaux  de  restauration  de  l'église,  en  vue  du 


Préparation  du  Centenaire 


235 


centenaire.  D'autre  part,  il  avait  approuvé 
le  projet  de  l'Histoire  de  Beauharnois  et 
avait  exprimé  le  désir  qu'on  y  insérât  le 
récit  des  fêtes  du  14  et  du  15  juin.  Cette 
paternelle  bienveillance  et  cette  bénédic- 
tion du  Pasteur  assuraient  aux  fêtes  du 
Centenaire  un  succès  qui  ne  fit  pas  défaut. 

Monseigneur  J.-C.  Dorais,  P.A.V.G.,  ren- 
dit de  grands  services  au  Comité  des  Fêtes, 
qui  ne  recourut  pas 
en  vain  à  sa  bien- 
veillance   et    à    son 
expérience. 

Plusieurs  invités 
s'excusèrent  en  ter- 
mes non  moins  sym- 
pathiques que  ceux 
des  laïques. 

Monseigneur  l'ar- 
chevêque d'Ottawa, 
S.G.MgrC.-//.(?aw- 
thier,  faisait  répon- 
dre au  curé  de  Beau- 
harnois, par  son  se- 
crétaire: "Sa  Gran- 
deur est  bien  tou- 
chée de  votre  dé- 
marche et  vous  re- 
mercie cordialement 
pour  cette  délicate 
attention  de  votre 
part;  malheureuse- 
ment, Monseigneur 
ne  peut  accepter  d'ê- 
tre présent  à  vos  belles  fêtes.  Sa  tournée 
pastorale  est  déjà  annoncée.  Sa  Grandeur 
souhaite  à  vos  fêtes  tout  le  succès  possi- 
ble." 

Monseigneur  l'évêque  de  Nicolet,  S.  G. 
Mgr  H.  Brunault,  exprimait  son  profond 
regret  de  ne  pouvoir  changer  son  itinéraire 
de  visite  pastorale,  et,  par  suite,  de  ne  pou- 
voir assister  aux  fêtes  du  centenaire. 


Monseigneur  l'évêque  de  Joliette,  S.  G. 
Mgr  G.  Forbes,  ne  pouvait  venir,  lui  non 
plus,  à  cause  de  sa  visite  pastorale  au  delà 
des  Laurentides,  et  il  en  témoignait  son 
chagrin;  il  ajoutait:  "Il  me  reste  à  m'unir 
à  vous,  à  vos  paroissiens  et  à  vos  hôtes 
distingués  dans  le  devoir  de  la  reconnais- 
sance envers  Dieu  pour  ce  siècle  de  grâce, 
et  dans  l'expression  de  vœux  sincères  pour  la 

prospérité  spirituelle 
et  matérielle  de  votre 
belle  paroisse." 

Monseigneur  A.- 
P.  Duhuc,  P.D.,  que 
le  grand  âge  et  les 
infirmités  forcent  à 
garder  la  résidence, 
envoyait  à  Monsieur 
le  Curé  "ses  meil- 
leurs vœux  de  pleins 
succès,  tout  en  re- 
grettant de  ne  pou- 
voir accepter  la  bien- 
veillante invitation." 
Monseigneur  Ma- 
xime Pilon,  vicaire- 
général  d'Edmon- 
ton,  tenait  à  assurer 
M.  le  Curé  que,  fils 
du  diocèse  de  Val- 
leyfield,  il  s'intéres- 
sait au  centenaire 
d'une  paroisse  de  ce 
diocèse,  mais  qu'il 
fallait  se  rappeler  que  la  distance  de  500 
lieues  le  séparait  du  théâtre  des  fêtes  et  que 
sur  lui  seul  reposait  l'administration  de 
l'Archidiocèse,  sede  vacante. 

Monsieur  le  Chanoine  Pauzé,  supérieur  du 
collège  de  l'Assomption'"   regrettait  que  les 

(1)  Des  liens  étroits  unissent  la  paroisse  Saint-Clément  et  le 
collège  de  l'Assomption;  le  deuxième  curé  de  Saint-Clément, 
M.  François  Labelle,  est  l'un  des  fondateurs  du  collège  de 
r  Assomption. 


MGR  J.-C.  DORAIS,  P.A.V.G. 


236 


Centenaire  de  Beauharnois 


examens  de  baccalauréat  l'empêchassent 
de  se  trouver  aux  fêtes.  La  même  raison 
faisait  s'excuser  M.  l'abbé  Joseph  Lafer- 
rière,  docteur  es-sciences  morales  et  histo- 
riques, professeur  au  collège  de  Saint- 
Hyacinthe. 

Monsieur  l'abbé  L.-A.  Groulx,  professeur 
d'Histoire  du  Canada  à  l'Université  de 
Montréal,  écrivait  à  Monsieur  le  Curé  son 
regret  de  ne  pouvoir  être  présent,  et  il  ajou- 
tait: "C'est  une  idée  heureuse  que  de  fêter 
ce  centenaire  de  paroisse.  Nous  avons 
beaucoup  à  gagner  en  ces  pèlerinages  vers 
nos  origines.  Ils  nous  aident  à  ressaisir  nos 
vieilles  traditions,  et  peut-être  à  en  faire 
survivre  quelques-unes,  celles  du  moins,  il 
faut  l'espérer,  qui  tiennent  à  la  foi  comme  à 
l'intégrité  de  nos  mœurs." 

Parmi  toutes  les  autres  lettres  reçues,  la 
suivante  est  des  plus  touchantes.  Elle  vient 
du  Carmel  de  Montréal,  elle  est  signée  par 
une  enfant  de  Beauharnois  et  elle  traduit 
bien,  il  me  semble,  ce  qu'ont  dû  ressentir 
toutes  les  religieuses — enfants  de  Beau- 
harnois— que  le  devoir  d'état  a  retenues 
loin  de  Beauharnois,  le  15  juin  dernier. 

Monsieur  le  Chanoine, 

"Etant  la  prisonnière  du  Ùivin  Jésus,  il 
me  sera  impossible  de  me  rendre  dans  ma 
chère  paroisse  de  Saint-Clément,  que  j'ai  tant 
aimée!  Là,  j'ai  reçu  Jésus  pour  la  première 
fois!  Là,  j'ai  reçu  le  Saint-Esprit!  Là,  sous 
l'œil  vigilant  de  nos  bons  parents,  j'ai  grandi! 
Là,  dans  mon  bien-aimé  pensionnat  de  Jésus- 
Marie,  de  bonnes  maîtresses  m'ont  formée 
à  la  piété!  Ces  doux  souvenirs  réjouissent 
mon  cœur  et  me  font  bénir  le  Seigneur. 

"Le  15  juin,  je  m'unirai  à  vous  et  à  tous 
vos  paroissiens,  avec  ma  chère  Communauté, 
pour  remercier  Dieu  de  ses  bienfaits,  et  attirer 
ses  bénédictions  sur  la  ville  de  Beauharnois. 


"Daignez  agréer,  Monsieur  le  Chanoine, 
l'hommage  de  mon  religieux  respect. 

"Votre  très  humble  servante  en  N.S. 

Sœur  Thérèse  de  Jésus,  prieure^^^ 

Le  Comité  des  Fêtes  du  Centenaire  choi- 
sit, pour  le  banquet  du  15,  les  santés  et  les 
orateurs  dont  les  noms  suivent: — 

Monsieur  le  Curé  dirait  d'abord  quelques 
mots  de  remerciement,  puis  S.  G.  Mgr 
Emard  proposerait  la  santé  du  Pape.  M. 
le  maire  de  la  ville  proposerait  la  santé  du 
Roi.  Il  y  aurait  ensuite  un  Maître  des 
Santés,  qui  proposerait  brièvement  toutes 
les  santés  auxquelles  répondraient  quelques 
hôtes.  Le  Maître  des  Santés  choisi  fut  M. 
Tancrède  Fortin,  avocat,  C.R.,  fils  de  Beau- 
harnois. Les  orateurs  choisis  furent  r  Mgr 
E.-A.  Latulipe,  évêque  d'Haileybury,  pour 
la  santé  des  évêques;  l'honorable  H.  Mer- 
cier, pour  celle  de  nos  hommes  d'Etat;  le 
P.  Augustin  Leduc,  O.P.,  pour  celle  du 
clergé  paroissial;  l'honorable  Juge  W.  Mer- 
cier, pour  celle  de  Nos  Lois;  M.  Edouard 
Montpetit,  pour  celle  de  l'Education. 

Pour  la  veillée  patriotique  du  15,  les  dé- 
putés L.-J.  Papineau,  M. P.,  et  A.  Bergevin, 
M.P.P.,  l'ex-député  A.  Plante,  C.R.,  M. 
l'abbé  J.-E.  Gauthier  et  le  R.  P.  Marchand, 
O.P.,  Messieurs  les  avocats  W.  Poitras, 
John  Sullivan,  T.  Fortin  et  Paul  Mercier, 
furent  les  orateurs  désignés. 

Le  Comité  de  Réception  s'assura  un  bon 
service  de  voitures^^^  à  la  disposition  des 
hôtes  de  la  paroisse  pendant  la  durée  des 
fêtes. 

Par  son  empressement  et  son  activité,  le 
Comité  de  Réception  a  mérité  de  grands 
éloges. 


(1)  Née  Guimand. 

(2)  Les   citoyens  de  Beauharnois  mirent  généreusement  et 
gratuitement  leurs  voitures  à  la  disposition  du  Comité. 


Préparation  du  Centenaire 


237 


Pendant  ce  temps,  le  Comité  de  la  Presse 
s'acquittait  activement  des  fonctions  qu'on 
lui  avait  confiées:  intéresser  la  presse  lo- 
cale et  celle  des  grandes  villes  au  Centenaire. 

Dès  le  29  avril,  le  Progrès  de  Vallejrfield 
publiait,  sous  la  signature  de  Le  Comité  de 
Publicité,  l'article  qui  suit: — 

"Centenaire  de  la  paroisse  de 
Beauharnois" 

Dans  la  riante  petite  ville  de  Beauharnois, 
située  à  vingt  milles  de  Montréal,  sur  les  bords 
du  lac  Saint-Louis,  on  organise  depuis  quel- 
ques semaines  de  grandes  fêtes  pour  la  mi- 
juin.  On  y  célébrera,  avec  toute  la  solennité 
et  tout  l'éclat  possibles,  le  centième  anniver- 
saire de  la  fondation  de  la  paroisse. 

Il  y  a  déjà  quelque  temps,  les  principaux 
citoyens  de  la  ville  et  de  la  campagne  se  réunis- 
saient pour  procéder  à  l'élection  d'un  comité 
général.  Les  dignitaires  dont  les  noms  sui- 
vent furent  élus:  Monsieur  le  chanoine  Nep- 
veu,  curé  de  la  paroisse,  président  honoraire; 
MM.  L.-C.  Tassé,  N.P.,  président  actif; 
R.  Miron,  secrétaire;  J.-A.  Thibert,  trésorier; 
Ce  comité  général  s'est  adjoint  quatre  sous- 
comités  ayant,  comme  présidents:  pour  le 
comité  de  réception,  M.  L.-C.  Tassé,  maire  de 
la  ville;  pour  les  finances,  M.  Benjamin 
Vinet,  maire  de  la  municipalité  de  Saint- 
Clément;  pour  la  publicité,  M.  l'abbé  J.-D. 
Saint-Aubin,  et  pour  les  amusements,  M. 
l'abbé  J.-O.  Delisle. 

Depuis  bien  au-delà  de  cent  ans,  des  colons 
étaient  venus  s'implanter  ici,  puisque  le  27 
septembre  de  l'an  mil  huit  cent,  M.  l'abbé 
Deguire,  alors  curé  de  VauÂreuil,  vint  planter 
une  croix  sur  la  place  occupée  présentement 
par  l'église.  Mais  la  paroisse  existe  officielle- 
ment depuis  un  peu  plus  de  cent  ans.  Car  le 
19  novembre  1817,  à  la  demande  des  cotons, 


Monseigneur  Plessis  accordait  le  permission 
de  bâtir  une  chapelle,  qui  fut  achevée  et  bénite 
le  17  décembre  1818.  Elle  fut  immédiatement 
ouverte  au  culte  avec  M.  l'abbé  P.  Bourget, 
curé  de  Chateauguay,  comme  desservant. 
Détail  intéressant,  cette  première  chapelle 
agrandie  et  transformée  existe  encore. 

Le  premier  acte  officiel  dans  les  registres 
de  la  paroisse  est  daté  du  2  janvier  1819.  Le 
centenaire,  qui  aurait  dû  être  célébré  l'an  der- 
nier, a  été  forcément  remis  à  cette  année  à 
cause  des  réparations  considérables  faites  à 
l'église. 

Il  y  aura  fête  religieuse  et  profane. 

La  partie  religieuse  consistera  en  une 
messe  solennelle  célébrée  par  un  haut  per- 
sonnage ecclésiastique,  ainsi  qu£  quelques 
autres  cérémonies.  Un  des  articles  princi- 
paux de  la  fête  profane  consistera  en  un  ma- 
gnifique banquet  servi  aux  invités  et  à  la 
grande  famille  paroissiale.  On  travaille  à 
faire  de  cet  événement  historique  un  véritable 
succès. 

Une  fête  qui  commémore  une  période  de 
cent  ans  n'a  rien  de  banal;  elle  évoquera  des 
souvenirs  bien  profonds  et  bien  lointains. 
C'est  un  spectacle  qui  ne  se  présente  qu'une 
fois  dans  la  vie  d'une  génération.  Aussi,  les 
citoyens  de  la  paroisse  et  de  toute  la  région 
sont  anxieux  d'assister  à  ces  réjouissances 
publiques  et  solennelles.  Beauharnois  sera 
tout  particulièrement  heureux  de  revoir  ses 
anciens  paroissiens.  Ce  sera  une  belle  cir- 
constance pour  revenir  encore  une  fois  revivre 
pendant  quelques  heures  sous  les  frais  et 
abondants  ombrages  de  la  ville,  sise  agréable- 
ment au  bord  du  pittoresque  et  beau  lac  Saint' 
Louis. 

L'histoire  de  Beauharnois  paraîtra  à  l'épo' 
que  des  fêtes  dans  un  magnifique  volume  orné 
de  nombreuses  photographies. 


238 


Centenaire  de  Beauharnois 


Pour  se  procurer  des  billets  pour  le  banquet, 
on  peut  d'adresser  dès  maintenant  au  comité 
général,  ainsi  que  pour  tout  autre  renseigne- 
ment." 

Le  Comité  de  publicité. 

Le  6  mai,  dans  le  Progrès  de  Valleyfield, 
et  le  22  mai  dans  la  Presse^^^  de  Montréal, 
le  Comité  publiait  un  résumé  de  l'histoire 
religieuse  et  civile  de  Beauharnois. 

Le  22  mai,  En  pensant  au  centenaire, 
une  jeune  fille  de  Beauharnois  disait  aux 
lecteurs  du  Devoir,  de  Montréal,  sur  l'invi- 
tation du  Comité  de  Publicité,  ses  impres- 
sions, à  la  veille  des  grandes  fêtes  du  15 
juin.    Elle  méditait  ainsi: 

En  pensant  au  Centenaire 


Le  quinze  juin  prochain,  sera  fête  à  Saint- 
Clément  de  Beauharnois,  le  centenaire  de  fon- 
dation de  cette  coquette  petite  ville. 

Œuvre  dv£  tout  entière  au  courage  et  à  la 
vaillance  de  pionniers  qui  n'ont  jamais  failli 
à  la  tâche!  Beauharnois  s'achemine  sans 
heurts  ni  détours  vers  l'honneur  et  le  progrès. 
A  la  suite  de  ses  fondateurs,  que  notre  souvenir 
auréole,  elle  a,  à  son  actif,  le  dévouement  de 
travailleurs  inlassables  qui  ont  recueilli  de 
leurs  pères,  comme  héritage  sacré,  l'énergie  de 
l'effort,  la  force  d'endurance,  et  surtout,  la  foi, 
le  plus  précieux  des  legs. 

Qu'il  y  a  loin  de  nos  jours  à  ceux  du  bûche- 
ron abattant  les  arbres  de  la  forêt,  de  ses  hardis 
défricheurs  ouvrant  le  sol,  construisant  les 
premières  habitations,  plus  tard  jetant  les 
fondements  de  manufactures  de  toutes  sortes! 
Puis  il  ne  faut  pas  oublier  que  les  pères  de  nos 
pères  étaient  fervents  catholiques  et  que,  à  côté 
de  leurs  modestes  chaumières,  ils  aimaient  à 


(1)  Cet  article  de  la  Presse  reproduisait  presque  textuellement 
deux  articles  publiés  dans  le  même  journal  sur  le  même  sujet, 
le  9  mai  1903  et  le  18  janvier  1908;  il  ajoutait  des  notes  nou- 
velles, résumé  des  notes  de  M.  l'abbé  J.-E.  Gauthier. 


voir  pointer  au  bleu  du  ciel  le  grand  doigt 
béni   de   la   maison   de   Dieu.     Le   temple 

d'alors Ah!   .  .  .  si  son  âme  revit  avec 

nos  souvenirs  et  nos  évocations,  nous  vou- 
lons qu'elle  tressaille  d'aise,  qu'elle  chante 
avec  nous  les  louanges  de  Dieu. 

Au  début  de  toutes  nos  paroisses  cana- 
diennes, le  prêtre  nous  apparaît  le  premier, 
pionnier  entre  les  pionniers,  car  il  est  l'homme 
de  la  prière,  l'homme  aussi  de  l'action.  .  .  . 
et  à  toute  page  d'histoire  de  fondation,  il  y  a 
beaucoup  de  ses  sueurs,  un  peu  de  son  sang, 
tout  son  cœur.  Que  de  travail,  de  patience,  de 
lucidité  de  vues,  de  désintéressement  d'action, 
il  a  fallu  pour  arriver  aux  résultats  émer- 
veillants dont  nous  sommes  les  heureux  béné- 
ficiaires! 

Aujourd'hui,  Beauharnois  est  des  plus 
prospères  et  des  plus  visitées.  Elle  participe 
de  la  coquetterie  fashionable  de  la  ville,  et  de  la 
salutaire  villégiature  de  la  campagne.  Aussi, 
les  touristes  nombreux  viennent-ils  la  visiter, 
jouir  de  son  panorama,  de  ses  grandes  rues 
ombragées.  Les  magnifiques  résidences  qui 
s'alignent  le  long  du  canal  de  Beauharnois 
nous  disent  que  leurs  habitants  y  jouissent 
d'un  repos  et  d'un  air  salubre  que  leur  ont 
refusés  les  grands  centres.  Le  Saint-Laurent 
ne  ment  pas  plus  ici  qu'ailleurs,  tout  ce  qu'il 
salue  en  s' enfuyant  garde  la  fraîcheur  de  ses 
ondes  et  le  parfum  de  ses  poèmes. 

Faut-il  parler  des  édifices  qui  forment  nos 
joyaux  d'intérieur?  Le  couvent  des  Révé- 
rendes Sœurs  Jésus-Marie,  le  collège  dirigé 
par  les  Clercs  Saint-Viateur,  l'hospice  confié 
aux  Révérendes  Sœurs  de  la  Charité  font  notre 
orgueil,  comme  ils  font  notre  joie  par  la  bien- 
faisante et  solide  formation  religieuse  qu'ils 
impriment  à  notre  jeunesse  avide  du  beau  et  du 
bien;  'par  le  soulagement  qu'ils  donnent  aux 
malheureux,   aux  pauvres,   aux  souffrants. 


Préparation  du  Centenaire 


239 


Leur  éloge  n'est  pas  plus  à  faire  que  la  récom- 
pense de  leur  dévouement  n'est  attendue 
ici-has. 

Au  point  de  vue  commercial,  Beauharnois 
est  le  centre  de  l'activité;  des  manufactures 
déjà  anciennes  emploient  un  grand  nombre 
d'ouvriers;  leur  agrandissement  devenu  né- 
cessaire a  nécessité  aussi  une  augmentation 
de  main-d'œuvre.  Pendant  la  saison  d'été, 
les  fermes  par  delà  les  centres  de  la  ville  ré- 
clament les  travailleurs  des  champs.  Un  ba- 
teau à  vapeur  fait  le  service  régulier  entre 
Montréal  et  Bauharnois,  prouvant  à  sa  façon 
que  chez  nous  la  vie  est  active  et  pourtant  bien 
douce 

Mais,  .  ...  ce  n'est  peut-être  pas  encore 
l'heure  de  chanter  les  beautés  de  chez  nous,  de 
faire  l'éloge  des  hommes  éminents  qui  se  sont 
succédé  dans  le  travail  d'avancement  de  notre 
ville,  de  dire  le  dévouement  des  Pasteurs,  qui 
l'ont  gardée  jalousement  dans  le  sentier  du 
devoir. 

Ma  très  humble  plume,  peu  autorisée  d'ail- 
leurs, se  pose  silencieusement  sur  son  écritoire, 
mais  mon  cœur  s'apprête  à  palpiter,  mes 
mains  à  applaudir,  mes  yeux  à  pleurer  peut- 
être  au  jour  anniversaire  du  15  juin,  qui  s'an- 
nonce plein  de  solennité,  de  pompe  et  d'allé- 
gresse. 

Une  jeune  fille  de  Beauharnois. 

Quelques  jours  plus  tard,  le  comité  pu- 
bliait dans  les  journaux  montréalais  la 
note  suivante: 

Célébration  d'un  Centenaire  à,  Saint-Clément 
de  Beauharnois. 

Beauharnois,  26. — Le  15  juin  sera  fêté,  à 
Saint-Clément  de  Beauharnois,  le  centenaire 
de  la  fondation  de  cette  coquette  petite  ville. 
Déjà,  les  différents  comités  sont  à  l'œuvre  pour 
la  préparation  des  fêtes  qui  auront  lieu  dans 
cette  paroisse. 


Monseigneur  Vévêque  du  diocèse  a  bien 
voulu  accepter  l'invitation  et  fera  le  grand 
honneur  de  célébrer  la  messe  solennelle  d'ac- 
tion de  grâces.  Un  des  plus  distingués  et  des 
plus  éloquents  prédicateurs  du  diocèse  y  don- 
nera le  sermon.  La  vieille  coutume  de  la  dis- 
tribution du  pain  bénit  sera  ressuscitée  à 
cette  occasion. 

Au  banquet,  outre  Nos  Seigneurs  les  évêques 
présents,  d'autres  personnages  adresseront  la 
parole.  Plusieurs  ministres  de  la  Chambre 
de  Québec  assisteront  à  ces  fêtes. 

Un  des  plus  importants  restaurateurs  de 
Montréal  est  chargé  du  magnifique  banquet, 
qui  sera  servi  sous  la  tente.  Un  contrat  a  été 
donné  également  à  l'une  des  plus  importantes 
maisons  de  Montréal  pour  le  pavoisement  et 
l'illumination  générale  de  la  ville. 

Dans  la  soirée,  un  vrai  régal  oratoire  sera 
servi  en  plein  air  sur  la  place  publique,  devant 
l'église.  Plusieurs  orateurs,  tant  ecclésiasti- 
ques que  laïques,  ont  accepté  de  porter  la 
parole.  Pour  clore  la  série  des  discours  et 
autres  manifestations,  un  abondant  feu  d'ar- 
tifice sera  lancé.  Il  y  aura  réception  dans  les 
communautés  religieuses  et  promenades  dans 
la  ville  illuminée. 

Voilà  les  grandes  lignes  du  programme  de 
ces  fêtes.  Le  reste  sera  connu  d'ici  quelques 
jours.  Les  anciens  paroissiens  et  amis  de 
Beauharnois  sont  tout  particulièrement  in- 
vités. 

Seront  admis  au  banquet,  ceux  qui  se  seront 
procuré  des  billets  avant  le  premier  juin. 

"L'Histoire  de  Beauharnois" ,  volume  en 
préparation,  paraîtra  à  l'époque  des  fêtes;  on 
peut  retenir  des  exemplaires  en  s'adressant 
au  presbytère  de  Beauharnois. 

"Beauharnois  s'achemine  sans  heurts  ni 
détours  vers  l'honneur  et  le  progrès.  A  la 
suite  de  ses  fondateurs,  elle  a,  à  son  actif,  le 


240 


Centenaire  de  Beauharnois 


dévouement  de  travailleurs  inlassables  qui  ont 
recueilli  de  leurs  pères,  comme  héritage  sacré, 
l'énergie  de  l'effort,  la  force  d'endurance  et 
surtout  la  foi,  le  plus  précieux  des  legs." 

Enfin,  le  10  juin,  le  Progrès  de  Valleyfield, 
et  presque  simultanément  les  quotidiens  de 
Montréal,  faisaient  connaître  le  programme 
oflSciel  des  Fêtes  du  Centenaire: 

Le  Progrès  de  Valleyfield,  10  juin  1920. 

Programme  officiel 

des 

Fêtes   du   Centenaire   de   Beauharnois. 

Lundi    après-midi,    14   juin. 

A  5  heures: — Arrivée  de  Monseigneur  l'Ê- 
vêque  de  Valleyfield. 

7}/2  heures: — Réception  officielle  dans  l'é- 
glise paroissiale  restaurée.  Paroles  dehien- 
venue,  par  le  M.  Chanoine  T.  Nepveu,  curé  de 
la  paroisse.  Adresse  des  paroissiens,  par  M. 
le  maire  de  la  ville,  L.-C.  Tassé,  N.P.  Ré- 
ponse de  Sa  Grandeur  Monseigneur  J.-M. 
Émard.  Bénédiction  solennelle  du  T.S. 
Sacrement. 

8}/2  heures: — Réception  au  couvent  des 
Révérendes  Sœurs  Jésus-Marie.  Programme: 
— 1°  Ouverture:  "Le  Centenaire" ,  G.  Egge- 
ling;  2°  Chœur:  "Gloire  à  Dieu",  musique 
de  Meynne;  3°  Dialogue  de  circonstance; 
Ji°  Adresse  à  Sa  Grandeur  Monseigneur  J.- 
M.  Émard;  6°  Le  Chant  du  drapeau,  musi- 
que de  Vézina;  6°  Finale:  Carillon,  Cha- 
minade. 

9}/^  heures: — Promenade  à  travers  la  ville 
illuminée. 

Mardi  lô  juin 

9}/^  heures  a.m.: — Messe  solennelle  ponti- 
ficale. Sermon  de  circonstance. 

12  heures  (midi): — Grand  banquet  {sous  la 
tente) — Orchestre. 


Santés: — {Les  principaux  facteurs  du  pro- 
grès spirituel  et  matériel  de  la  paroisse). — 
1°N.S.  P.  le  Pape;  2°  S.  M.  le  Roi;  3°  Nos 
Évêques;  4°  Nos  Hommes  d'Etat;  5°  Le  Clergé 
paroissial;  6°  Nos  Lois;  7°  L'éducation. 

3  heures  p.m.: — Réception  à  l'hospice 
Saint-Joseph  des  Révérendes  Sœurs  Grises. 

Programme: — 1°  Marche  triomphale. — 
Piano:  E.-T.  Paul;  2°  Joyeuse  bienvenue. — 
Paroles  de  H.  Moreau,  musique  de  Chs 
Pourny;  3°  Grande  Cantate:  "Reconnais- 
sance"; 4°  Dialogue:  "En  Récréation" ; 
Chant:  "Sonnez  cloches";  Chant:  "Jeunes 
et  vieux",  paroles  et  musique  du  R.  P.  Paré, 
S.J.;  5°  Opérette  {en  trois  actes),  musique 
de  Aug.  Thibault — 1er  acte.  Un  beau  rêve; 
2e  acte.  Les  anges,  dignes  inspirateurs  des 
orphelins;  Se  acte,  Hommage  au  clergé;  6° 
Chant  final:  "Un  congé",  R.  P.  Paré,  S.J.; 
7°  Quid  Retribuam  Domino. 

7}/2  heures  p.m.: — Grande  veillée  patrioti- 
que {sur  la  place  de  l'église).  Discours  sur 
l'histoire  de  la  paroisse.  Perspectives  d'a- 
venir {6  ou  7  discours).  Fanfare  et  autres 
spectacles. 

10  heures  p.m.: — Brillant  feu  d'artifice. 

0  Canada! 

Chaque  jour,  le  Comité  continua  à  faire 
connaître,  par  les  journaux  de  Montréal, 
les  fêtes  du  centenaire,  et  il  s'assura  les 
services  de  nouvellistes  spéciaux  pour  la 
fête. 

11  s'occupa  aussi  de  faire  répandre  le 
volume-souvenir  du  centenaire  par  des 
annonces  dans  les  journaux  et  par  des  circu- 
laires qui  furent  distribuées  au  cours  des 
fêtes. 

Ces  diverses  publications,  dues  en  grande 
part  au  Président  du  Comité  de  Presse, 
furent  pour  beaucoup  dans  le  succès  des 
fêtes  du  14  et  du  15  juin. 


Préparation  du  Centenaire 


241 


Le  Comité  des  Amusements,  sous  la 
présidence  de  M.  l'abbé  Octave  Delisle, 
vicaire,  s'occupa  de  préparer  la  grande  tente 
du  banquet^'^  et  le  feu  d'artifice,  et  de  faire 
distribuer  des  boutons-souvenirs;  il  mena 
à  très  bonne  fin  ces  trois  objets.  La  dispo- 
sition des  tables  sous  la  tente  fut  heureuse, 
le  feu  d'artifice  eut  un  grand  succès;  et  les 
boutons-souvenirs  furent  vendus  en  très 
grand  nombre. 

Le  Comité  avait  songé  à  organiser  des 

jeux  publics  pour  l'après-midi  du  15;  il  y 

renonça  sagement,  prévoyant  que  le  temps 

ferait  défaut.     Comme  les  autres  comités, 

celui  des  Amusements  s'acquitta  bien  de  sa 

tâche. 

*  * 

* 

Au  Comité  des  Finances  incombait  la 
responsabilité  de  payer  les   dépenses  des 


fêtes  du  centenaire.    Ce  comité  ne  fit  qu'un 
avec  le  Comité  Général. 


Et  ainsi,  par  ces  Comités,  sous  la  haute 
et  prudente  direction  de  Monsieur  le  Curé, 
s'organisèrent  les  fêtes  de  notre  centenaire 
paroissial. 

A  ces  préparatifs  officiels  répondirent 
les  préparatifs  privés.  Chaque  famille 
tint  à  mettre  à  la  disposition  du  Comité 
toutes  les  chambres  disponibles  pour  la 
réception  des  hôtes.  Chacun  pavoisa  sa 
demeure  à  qui  mieux  mieux.  La  fanfare 
prépara  la  procession  du  14;  le  Chœur  de 
chant,  la  réception  du  14  et  la  messe  so- 
lennelle du  15  juin.  Lorsqu'on  arriva  au 
14  juin,  tout  était  prêt:  Beauharnois  at- 
tendait ses  hôtes  et  ses  enfants. 


(1)  Messieurs  Job.  Laurin,  Orner  Laurin,  T.  Olivier,   Is.  Dagenais,   Jos.  Gendron,  Jos.   Lebœuf,   et  Monsieur  le   Maire 
Tassé  s'occupèrent  très  activement,  avec  M.  l'abbé  Delisle,  de  ce  travail. 


Les  fêtes  du  Centenaire 


243 


CHAPITRE  SECOND. 


Les  Fêtes  du  Centenaire 


Journée  du  14  juin 


E  14  juin,  Beauharnois  a  un 
bel  air  de  fête;  les  derniers 
jours  ont  été  des  jours  d'ac- 
tivité intense,  presque  de 
surmenage.  Les  Comités  ont 
réglé  minutieusement  les 
moindres  détails  des  fêtes  qui  approchent. 
La  chorale  et  la  fanfare  ont  préparé  la 
musique.  Le  dimanche  13  juin,  un  enfant 
de  la  paroisse,  le  R.  P.  Mannes  Marchand, 
O.P.,  curé  de  Saint-Jean-Baptiste  d'Ottawa, 
a  chanté  la  messe  de  la  solennité  du  Sacré- 
Cœur.  Dans  les  demeures  privées,  les 
habits  de  fête  ont  été  soigneusement  mis  à 
neuf;  les  buffets  ont  été  abondamment 
garnis;  les  derniers  courriers  ont  annoncé 
les  parents  et  les  amis;  au  presbytère,  les 
travaux  de  restauration  sont  terminés;  à  la 
campagne  les  équipages  de  fête  sont  prêts. 

Et  maintenant,  les  fêtes  vont  commencer. 
Les  visiteurs  arrivent;  de  chaque  train  qui 
passe  plusieurs  descendent  et  se  hâtent 
vers  les  demeures  hospitalières  où  on  les 
attend;  il  en  vient  aussi,  et  en  grand  nombre, 
des  rivages  voisins,  par  yachts,  et  des  cam- 
pagnes par  voitures;  il  y  a  les  anciens,  ex- 
marchands, hommes  de  profession,  culti- 
vateurs qui  ont  voulu  revoir  les  lieux  où  ils 
ont  vécu  et  travaillé;  il  y  a  les  enfants  de 
Beauharnois;  ils  n'ont  guère  fait  que  passer 
et  s'en  sont  allés  jadis  vers  la  vie  religieuse 


ou  vers  le  travail  des  grandes  villes;  il  y  a 
ceux  dont  les  ancêtres  sont  au  cimetière  et 
qui  viennent  adresser  aux  vieux  disparus 
un  salut  ému,  le  dernier  peut-être;  et  il  y  a 
aussi  ceux  que  les  parents  attendent  au 
foyer  jamais  oublié;  il  y  a  les  prêtres  qui 
jadis  ont  donné  à  Beauharnois  les  pré- 
mices de  leur  zèle  sacerdotal,  et  d'autres 
qui  viennent  apporter  par  leur  présence,  à 
un  confrère,  un  gage  de  considération  et 
d'estime;  dans  quelques  heures,  il  y  aura 
les  prélats  dont  la  pourpre  jettera  sur  ces 
fêtes  un  lustre  éclatant;  il  y  a  les  amis  qui 
ont  connu  Beauharnois  et  qui  veulent  le 
revoir  sous  toute  la  parure  de  son  cente- 
naire; il  y  a,  enfin,  les  passionnés  d'histoire 
qui  viennent  chercher  ici  une  leçon  de 
vitalité  nationale  et  religieuse. 

Et  tout  ce  peuple  s'anime  et  s'égaie;  les 
poignées  de  main  s'échangent;  les  visages 
s'épanouissent;  les  connaissances  se  re- 
font; les  malentendus  s'oublient;  les  ami- 
tiés se  renouent.  L'on  parle  des  anciens  et 
l'on  s'inquiète  des  absents.  On  rit,  on  cause, 
on  se  promène.  Toutes  les  boutiques  sont 
closes;  c'est  fête  civique,  par  volonté  du 
conseil  de  ville,  depuis  le  14  à  midi  jusqu'au 
mardi  soir  le  15.  Dans  la  ville,  c'est  un 
va-et-vient  continuel;  sur  les  routes  de 
campagne,  les  belles  voitures  s'alignent 
comme  en  une  procession  et  les  chevaux 


244 


Centenaire  de  Beauharnois 


empanachés  viennent  passer  triomphale- 
ment devant  les  demeures  des  citadins. 
Les  maisons  et  les  rues  sont  décorées  à 
profusion;  aucune  qui  n'ait  pavoisé;  il  y  a 
le  bout  de  banderoUe  du  pauvre,  il  y  a  les 
ampoules  électriques  et  les  riches  tissus 
des  plus  fortunés;  partout  des  drapeaux, 
des  inscriptions  portant  le  chiffre  du  cen- 
tenaire ou  des  souhaits  de  bienvenue/'^ 
L'égUse  paroissiale  est  parée  comme  jamais 
elle  ne  le  fut;  au  collège,  les  Frères  ont  re- 
constitué, sur  le  mur  latéral  est,  les  lignes 
du  frontispice  de  l'ancienne  église;  au  pres- 
bytère, au  couvent,  à  l'hospice,  des  déco- 
rations de  goût  invitent  tous  les  regards; 
partout  l'émulation  la  plus  louable  pour 
faire  plus  beau  et  plus  solennel.  Du  village, 
monte  la  rumeur  des  milliers  de  voix  qui 
conversent,  et  le  bruit  des  automobiles  et 
des  yachts  en  mouvement.  Et  sur  tout 
cela  un  ciel  et  un  soleil  à  souhait,  qui  ne 
nous  quitteront  pas  des  fêtes. 

Ainsi  m'apparut  Beauharnois  l'après- 
midi  du  14  juin  1920,  lorsqu'on  vint  me 
rappeler  qu'à  5  heures  p.m.  arrivait  Sa 
Grandeur  Monseigneur  l'évêque  de  Valley- 
field.  C'était  le  premier  chapitre  du  pro- 
gramme des  fêtes. 


Monseigneur  l'évêque  fit  route  de  Valley- 
field  à  Beauharnois  dans  la  luxueuse  voiture 
de  Monsieur  le  notaire  J.-D.-S.  Tremblay, 
de  Valleyfield.  Sa  Grandeur  était  accom- 
pagnée de  Mgr  J.-C.  Dorais,  P.A.V.G., 
et  de  Monsieur  l'abbé  Oscar  Bissonnette, 
chancelier  de  l'évêché.      Un  malentendu 


occasionné  par  le  changement  d'heure  em- 
pêcha de  donner  à  la  réception  de  l'évêque 
toute  la  solennité  qu'avait  projetée  la 
paroisse.  Sa  Grandeur  fut  conduite  à 
l'Hospice  Saint-Joseph,  où  des  apparte- 
ments lui  avaient  été  réservés,  ainsi  qu'à 
sa  suite,  pour  la  durée  des  fêtes. 

A  réglise 

A  7.30  le  clergé  quitte  processionnelle- 
ment  l'Hospice  pour  l'église  paroissiale.  La 
fanfare  salue,  au  passage,  le  cortège.  A 
l'entrée  de  l'égHse,  une  foule  énorme,  qui 
s'engouffre  dans  le  temple  à  la  suite  de 
l'évêque.  Monsieur  le  chanoine-curé  pré- 
sente au  Pasteur  l'eau  bénite  et  l'encens,  et 
au  son  d'une  marche  brillante*^^  de  l'orgue, 
le  défilé  s'avance  jusqu'au  chœur. 

Le  spectacle  est  vraiment  émouvant. 
Au  trône,  du  côté  de  l'évangile,  est  l'évêque 
accompagné  des  chanoines  A.-C.  Dugas, 
doyen  du  chapitre  diocésain,  et  P.-J.  Bour- 
get,  curé  de  Saint-Régis;  en  face  S.  G.  Mgr 
E.-A.Latulipe,  évêque  d'Haileybury,  accom- 
pagné de  l'abbé  Dupuis  et  des  chanoines 
Deschamps  et  Clairoux;  dans  les  stalles  sont 
d'autres  chanoines,  des  prêtres  et  des  reli- 
gieux; dans  la  nef  les  hommes  ont  accepté 
de  rester  debout;  les  dames  occupent  toutes 
les  places  disponibles  de  banc.  Dans  les 
allées,  aucune  place  perdue,  et  au  dehors 
une  assistance  plus  nombreuse  encore  qu'à 
l'intérieur.  L'église  est  pavoisée  et  illu- 
minée avec  goût. 

Quand  l'orgue  a  sonné  les  dernières  notes 
du  morceau  d'ouverture.  Monsieur  le  Cha- 
noine-curé monte  en  chaire,  et  prononce 
les  paroles  de  bienvenue  suivantes: 


(1)  Qu'on  nobs  permette  de  mentionner  tout  spécialement  le  n    i-       i.  i  ui  -^  i  ,•  , 

musée  de  vieux  objets  de  M.  André  "Rov;  cet  infatigable  anti-  ^"ection  très  remarquable  ne  soit  pas  perdue  ou  dispersée, 

quaire  paroissial  avait  exposé,  à  côté  de"  sa  demeure,  une  foule  t^oiirquo'  n  en  composerait-on  pas  un  musée  pamissial  ? 
d'objets  de  l'ancien  temps.    Nous  exprimons  le  vœu  que  cette         (2)  La  Marche  des  Prêtres  de  Mendelssobn. 


Les  Fêtes  du  Centenaire 


245 


Bienvenue 

Le  voilà  enfin  arrivé,  le  grand  jour  que  nous 
attendions  depuis  si  longtemps,  que  nous 
appelions  de  tous  nos  vœux,  le  jour  oii  il  nous 
serait  donné  de  célébrer  le  centenaire  de  la 
fondation  de  notre  paroisse.  C'est  le  jour 
d'action  de  grâces  par  excellence    pour  tous 


réception  des  sacrements  de  pénitence  et 
d'Eucharistie  et  par  des  neuvaines  de  prières. 
Ils  ont  voxdu  que  ces  fêtes  fussent  en  premier 
lieu  des  fêtes  religieuses,  et  voilà  pourquoi 
nous  avons  sollicité  de  Votre  Grandeur  qu'elle 
nous  fasse  l'honneur  de  les  présider. 

Premier  Pasteur  de  ce  diocèse  depuis  28 


les  bienfaits  déversés  par  la  bonne  Providence  ans,  vous  avez  non  seulement  pourvu  à  sa  pre- 
mière organisation, 
mais  vous  en  avez 
suivi  et  guidé  les  dé- 
veloppements avec  une 
vigilante  sollicitude. 
Que  de  fois  nous  avons 
éprouvé  les  bienfaits 
de  votre  sage  adminis- 
tration par  les  direc- 
tions que  vous  nous 
avez  données,  par  la 
part  que  vous  avez 
voulu  prendre  aux  di- 
verses manifestations 
de  notre  vie  parois- 
siale. 

Aujourd'hui    vous 
mettez  de  côté  les  nom- 
breuses    occupations 
de  votre  charge  pasto- 
rale et  vous  nous  arri- 
vez, comme  un  père  au 
milieu  de  ses  enfants, 
pour   nous   encoura- 
ger   dans    cette    voie 
de  la  reconnaissance  envers  le  Bon  Dieu  et 
pour  nous  indiquer  les  leçons  que  nous  de- 
vrons tirer  de  ces  fêtes  pour  l'avancement  spi- 
rituel et  matériel  de  cette  paroisse.    Et  demain, 
au  milieu  de  la  pompe  des  cérémonies  de  la 
liturgie  catholique,  c'est  vous   qui  offrirez  le 
Sacrifice   d'action  de   grâces,  vous  imposant 
volontiers  les  fatigues  d'une  Messe  Pontificale 
afin  de  donner  à  nos  fêtes  un  éclat  des  plus 


sur  ce  coin  de  terre 
qui  s'appelle  la  pa- 
roisse de  Saint-Clé- 
ment de  Beauhamois. 
"Haec  est  dies  quam 
fecit  Dominus,  exul- 
temus  et  laetemur  in 
ea," pouvons-nous  dire 
avec  le  Psalmiste. — 
C'est  bien  le  jour  que 
le  Seigneur  a  fait. 
Soyons  dans  la  jubi- 
lation, que  la  joie  la 
plus  pure  inonde  tous 
les  coeurs. 

Pour  se  préparer  à 
ce  grand  jour,  Mon- 
seigneur, les  fidèles 
de  cette  paroisse,  avec 
votre  approbation  et 
votre  encouragement, 
ont  entrepris  de  res- 
taurer leur  église,  de 
lui  donner  une  toi- 
lette qui  la  rendrait 

moins  indigne  de  la  Majesté  du  Dieu  qui 
l'habite.  Ils  ont  cru,  selon  l'enseignement 
des  Livres  Saints,  qu'en  retour  des  sacrifices 
pécuniaires  qu'ils  s'imposent  pour  embellir 
sa  maison.  Dieu  prêterait  Une  oreille  plus 
attentive  à  leurs  prières  et  exaucerait  plus 
facilement  leurs  demandes.  Ils  ont  pensé 
aussi  au  temple  spirituel  que  sont  leurs  âmes 
et  ils  les  ont  préparées  à  ce  grand  jour  par  la 


s.  G.  MGR  J.-M.  ÊMARD, 

Evèque  de  Valley &eld,  Que. 


246 


Centenaire  de  Beauharnois 


brillants.  Soyez-en  béni,  Monseigneur.  "Be- 
nedictus  qui  venit  in  nomine  Domini,"  et 
soyez  le  bienvenu  parmi  nous. 

Soyez  aussi  le  bienvenu,  vous,  Monseigneur 
d'Haileybury,  qui  n'avez  pas  craint  les  fati- 
gues d'un  long  voyage  pour  venir  nous  honorer 
de  votre  présence  et  unir  vos  actions  de  grâces 
à  celles  du  Chef  spirituel  de  ce  diocèse.  Cette 
démarche,  de  votre  part,  Monseigneur,  nous 
fera  mieux  comprendre  l'importance  des  fêtes 
que  nous  avons  entrepris  de  célébrer  et  aussi 
l'intérêt  que  vous  continuez  à  porter  à  votre 
diocèse  d'origine.  Vous  avez  donc  un  titre 
spécial  à  notre  vénération  et  à  notre  reconnais- 
sance.   Soyez  le  bienvenu. 

Bienvenue  à  vous,  distingués  prélats  et  cha- 
noines, membres  du  Clergé  séculier  et  régulier, 
des  communautés  religieuses,  anciens  parois- 
siens et  amis  de  Beauharnois,  qui,  par  votre 
présence,  venez  rehausser  l'éclat  de  ces  fêtes. 
Soyez  bienvenus  pour  participer  aux  réjouis- 
sances qu'on  nous  promet  et  surtout  pour 
chanter  bien  haut  l'hymne  de  la  reconnais- 
sance.   Jubilemus  Deo  Salutari  nostro. 

La  Chorale  entonne  l'antienne:  Oremus 
pro  Pontijice  nostro  Medardo,  qu'elle  répète 
trois  fois/'' 

Monsieur  le  notaire  L.-C.  Tassé,  maire 
de  la  ville  de  Beauharnois,  s'avance  à  la 
balustrade,  et  lit  à  Monseigneur  l'Evêque 
la  magnifique  adresse  dont  voici  le  texte  :*^' 

A  Sa  Grandeur  Monseigneur  Joseph- 
Médard  Êmard,  Assistant  au  Trône  Ponti- 
fical, Évêque  de  Valleyfield,  à  l'occasion  du 
"Centenaire"  de  Beauliarnois. 

Monseigneur,  • 

La  paroisse  de  Saint-Clément  de  Beauhar- 
nois est  dans  la  jubilation.    Elle  fête  son  pre- 

(l)"Prions  pour  notre  Pontife  Médard;  Que  le  Seigneur  le 
conserve;  qu'il  le  vivifie,  qu'il  le  rende  heureux  sur  la  terre  et 

Su'Il  ne  le  livre  pas  aux  mains  de  ses  ennemis."  (Prière  du 
ituel). 


mier  centenaire  d'existence.  C'est  en  octobre 
1819,  en  effet,  il  y  eut  cent  ans  l'automne 
dernier,  que  Monseigneur  Plessis,  évêque  de 
Québec,  y  autorisait  d'une  manière  régulière 
et  permanente  les  exercices  du  culte  religieux, 
et  lui  donnait,  dans  la  personne  de  Messire 
Pierre  Clément,  celui  qui  devait  être  son 
premier  curé. 

Une  fête  de  paroisse.  Monseigneur,  c'est 
celle  d'une  grande  famille  du  diocèse.  Il  est 
naturel  que  la  présence  du  premier  pasteur 
ou  du  premier  père  en  Dieu  y  soit  respectueuse- 
ment désirée  et  sollicitée.  Votre  Grandeur  a 
répondu  à  l'un  de  nos  vœux  les  plus  chers  en 
nous  faisant  l'honneur  d'être  aujourd'hui  au 
milieu  de  nous. 

Huit  évêques,  cinq  de  Québec  et  trois  de 
Montréal,  Nos  Seigneurs  Hubert,  Denaut, 
Plessis,  Panet  et  Signay,  et  Nos  Seigneurs 
Lartigue,  Bourget  et  Fabre,  ont  successivement 
exercé  sur  nous,  avant  Votre  Grandeur,  la  juri- 
diction épiscopale.  Neuf  curés,  avant  celui  qui 
est  aujourd'hui  à  notre  tête.  Messieurs  Clé- 
ment, Labelle  et  Tétrault,  Quintal,  Carron  et 
Viau,  Charland,  Jasmin  et  Lussier,  ont  tour  à 
tour  veillé  sur  nos  destinées  spirituelles.  Aux 
uns  et  aux  autres.  Monseigneur,  aussi  bien 
qu'à  vous-même  aujourd'hui,  et  à  notre  digne 
curé,  nous  devons,  après  Dieu,  d'être  ce  que 
nous  sommes,  comme  paroisse,  et  de  posséder 
ce  que  nous  possédons. 

On  a  souvent  et  justement  répété  que  c^est 
à  leur  organisation  paroissiale  catholique  que 
les  fils  du  Canada  français  doivent  leur  meil- 
leure force  de  vitalité  nationale  et  de  miracu- 
leuse survivance.  Sans  nos  évêques  et  sans  nos 
curés,  en  effet,  sans  nos  églises  et  sans  nos 
écoles,  sans  la  vie  paroissiale  catholique  en 
un  mot,  que    serions-nous  devenus,   au   Ca- 


(2)  Le  travail  d'enluminure  de  cette  adresse  avait  été  exécuté 
par  une  religieuse  de  Jésus-Marie  d'Hochelaga,  Sr  M.  Eusto- 
chium,  et  constitue  une  œuvre  artistique  de  haute  valeur. 
Le  texte  est  encadré  de  motifs  empruntés  à  l'histoire  de  Beau- 
harnois. 


Les  Fêtes  du  Centenaire 


247 


nada,  comment  aurions-nous  pu  résister  aux 
tentatives  d'assimilation  qui  nous  ont  sans 
cesse  menacés? 

Comme  toutes  celles  qui  s'échelonnent  sur 
les  bords  de  notre  Saint-Laurent,  la  paroisse 
de  Saint-Clément  de  BeauJiarnois,  nous  ai- 
mons à  le  proclamer  en  cette  circonstance 
solennelle,  a  vécu  de  la  vie  de  l'Eglise,  en  écou- 
tant ses  leçons,  en  se  pénétrant  de  sa  doctrine 
et  en  essayant  de  pratiquer  sa  morale.  Ce  fut 
notre  grande  force  et  c'est  toujours  notre  plus 
bel  honneur. 

Depuis  vingt-huit  ans,  Monseigneur,  que 
vous  gouvernez  d'un  bras  sûr  et  avec  des  yeux 
qui  savent  voir — Video  ut  faciam —  le  nou- 
veau diocèse  de  Valleyfield,  tout  en  vous  don- 
nant à  tous,  vous  avez  trouvé  le  secret  d'être 
entier  à  chacun.  Nous  avons  eu  notre  large 
part  de  votre  bienveillance  pastorale  et  de  vos 
attentions  paternelles. 

Pas  moins  de  neuf  fois,  en  ces  vingt-huit 
ans.  Votre  Grandeur  est  venue  nous  visiter, 
confirmer  nos  enfants,  nous  prêcher  et  nous 
instruire.  Votre  parole,  pleine  de  doctrine  et 
toujours  si  pratique  et  si  vivante,  nous  a 
montré,  autant  de  fois,  la  route  à  suivre  pour 
le  progrès  dans  le  bien.  Plus  souvent  encore, 
vos  lettres  pastorales  et  vos  écrits  divers,  qui 
seront  devant  l'histoire  l'un  des  beaux  legs 
de  votre  épiscopat,  et  qui,  permettez-nous  de  le 
dire.  Monseigneur,  vous  placent  au  rang  de 
nos  plus  grands  évêques,  de  nos  Laval,  de  nos 
Plessis  et  de  nos  Bourget,  ont  répandu  sur 
notre  paroisse  et  sur  nous  leur  lumière  et  leurs 
conseils.  Soyez-en  béni,  Monseigneur,  et  que 
V Église,  en  votre  personne,  en  soit  à  jamais 
remerciée. 

Non  seulement  vous  nous  avez  instruits  et 
éclairés,  mais  en  même  temps,  et  bien  souvent 
aussi,  vous  nous  avez  honorés  et  consolés.  Les 
paroissiens  de  Beauharnois  se  souviennent 
qu'à  deux  reprises  vous  êtes  venu  présider, 


dans  leur  église,  à  l'ordination  sacerdotale  de 
quelques-uns  de  leurs  enfants.  Ils  vous 
voient  encore  pleurant  naguère  avec  eux  la 
mort  de  leur  ancien  et  regretté  curé,  M.  le 
chanoine  Lussier.  Ils  se  rappellent  vos 
visites  sympathiques,  au  cinquantenaire  de 
notre  couvent,  à  la  bénédiction  de  la  cloche  de 
notre  collège.  Ils  savent  qv£  toujours  leurs 
joies  ont  été  vos  joies,  comme  leurs  peines  ont 
été  vos  peines.  Ils  considèrent  que  c'est  pour  eux, 
en  cette  circonstance,  un  devoir  d'en  exprimer 
à  Votre  Grandeur  leur  respectueuse  gratitude. 

Tout  récemment.  Monseigneur,  vous  avez 
encore  pensé  à  nous,  en  invitant  notre  vénéré 
curé  à  faire  partie  du  nouveau  chapitre  de 
votre  église  cathédrale.  Nous  savons,  sans 
doute,  que  vous  récompensiez  ainsi  d'abord  le 
mérite  de  l'un  de  vos  prêtres  les  plus  distingués; 
mais  il  ne  nous  est  pas  défendu  d'estimer  que 
l'honneur  fait  à  M.  le  Chanoine  Nepveu,  notre 
curé,  rejaillit  sur  toute  la  paroisse  de  Saint- 
Clément  de  Beaufiarnois. 

Voici,  enfin,  qu'en  venant  présider  au- 
jourd'hui les  fêtes  de  notre  centenaire  d'exis- 
tence paroissiale,  Votre  Grandeur  veut  bien  lui 
donner  un  éclat  tout  particulier.  Dans  votre 
personne.  Monseigneur,  nous  aimons  à  le 
reconnaître  et  à  le  proclamer,  c'est  l'Église 
qui  vient  vers  nous,  qui  se  penche  sur  nous, 
pour  nous  bénir,  nous  et  nos  enfants,  comme 
elle  bénissait  autrefois  nos  pères,  quand  cette 
paroisse,  il  y  a  un  siècle,  naissait  à  la  vie. 

Nous  nous  inclinons  tous  avec  un  filial 
respect  sous  la  main  bénissante  de  notre 
évêque,  Monseigneur,  assurés  que  nous 
sommes  que  ce  geste  traditionnel,  si  familier  à 
nos  anciens,  reste,  pour  nous  et  pour  nos  en- 
fants, le  meilleur  gage  de  prospérité  et  de 
salut,  devant  les  hommes  et  devant  Dieu. 

Les  paroissiens  de  Saint-Clément  de  Beau- 
harnois. 

15  juin  1920. 


248 


Centenaike  de  Beauharnois 


Du  trône  épiscopal,  Monseigneur  l'évêque 
répond  aux  paroles  de  bienvenue  du  curé  et 
à  l'adresse  des  citoyens  en  une  allocution 
où  l'on  a  aimé  à  retrouver  les  qualités  de 
vigueur  doctrinale,  de  synthèse  historique, 
d'autorité  apostolique,  que  l'on  connaît  à 
Monseigneur  l'évêque  de  Valleyfield.  Nous 
n'avons  pas  le  texte  même  au  complet  de  ce 
discours  ;  voici  l'ordre  des  idées  développées  : 

Sa  Grandeur  rappelle  d'abord  comment 
le  Christ  a  protégé  notre  race,  comment 
nous  avons  dû,  peuple  jeune,  abandonné, 
conquérir  notre  existence  nationale.  "Et 
depuis  ce  jour,  on  peut  mesurer  ce  qui  s'est 
accompli;  en  ce  pays  l'Eglise  a  fait  des 
progrès  si  merveilleux."  Sa  Grandeur  in- 
vite à  la  reconnaissance  envers  Dieu  qui  a 
fait  pour  nous  de  si  grandes  choses. 

Puis,  l'orateur  raconte  la  fondation  et 
l'organisation  de  la  paroisse  et  la  part 
qu'y  ont  prise  les  évêques  de  Québec  et  de 
Montréal.  Il  rappelle  le  souvenir  de  nos 
anciens  curés. 

L'évêque  félicite  le  curé  actuel  de  l'orga- 
nisation des  fêtes  et  de  la  magnifique 
décoration  de  l'église  paroissiale. 

Il  invite  à  la  reconnaissance  envers  les 
anciens  qui  s'attachent  à  leur  église,  à  leur 
cimetière,  et  qui  ont  assuré  le  triomphe 
de  la  race  canadienne-française  et  catho- 
lique. "Quel  magnifique  spectacle  que 
celui  de  nos  pères  créant  un  peuple  à  tradi- 
tions religieuses!  Un  Dieu  a  fait  tout  cela, 
avec  le  ministère  de  ses  prêtres  et  des 
cœurs  honnêtes,  des  familles  complètement 
conservées." 

En  terminant,  l'évêque  exhorte  les  chefs 
de  famille  à  conserver  ce  qu'ont  transmis 
les  anciens  en  restant  toujours  fidèles  aux 
vraies  traditions  nationales  et  religieuses. 


(1)  Cor  Jesu,  de  Letondal;  Punis  Angelicus,  de  Lepage;  Salve 
Virgo  singularis,  de  Fabre;  Ecce  Fidelis,  xxx;  Tantum  Ergo, 
de  Miquel;  Marche  triomphale,  de  Lemmens. 


Après  l'allocution  épiscopale,  il  y  a  béné- 
diction du  Saint-Sacrement.  Monseigneur 
J.-C.  AUard,  P. A.,  curé  de  la  paroisse  voi- 
sine, de  Sainte-Martine,  officie.  Messieurs  les 
abbés  L.  Lafrance,  ancien  vicaire,  et  Aimé 
Hébert,  enfant  de  la  paroisse,  l'assistent 
comme  diacre  et  sous-diacre.  Le  chœur  de 
chant,  sous  la  direction  de  Monsieur  David 
Manny,  I.C.,  exécute  très  bien  un  joH  pro- 
gramme musical.''^ 

Et  la  foule  se  retire  après  la  bénédiction  ; 
l'on  échange  ses  impressions;  les  assistants 
vont  raconter  aux  absents  les  détails  de 
cette  première  cérémonie;  les  résidences 
s'illuminent,  car  tantôt  ce  sera  la  prome- 
nade générale. 

Au  couvent 

D?.  l'église,  le  clergé  se  rend  au  couvent; 
les  élèves,  sous  la  direction  des  religieuses 
des  Saints-Noms  de  Jésus  et  de  Marie, 
ont  préparé  un  très  joli  programme  qui  va 
être  très  bien  exécuté. 

L'on  se  rend  à  la  salle  de  réception.  Nos 
Seigneurs  Émard  et  Latulipe,  Mgr  J.-C. 
Dorais,  V.G.,  et  Monsieur  le  chanoine 
Nepveu  ont  des  sièges  d'honneur;  un  grand 
nombre  de  prêtres  les  entourent;  la  Très 
Révérende  Mère  Supérieure  générale  est 
venue,  accompagnée  de  la  T.  R.  Mère 
Dépositaire  Générale  et  de  F  ex-supérieure 
générale.  Sœur  Martin  de  l'Ascension,  une 
enfant  de  Beauharnois;  il  y  a  là  aussi  des 
ex-supérieures  de  Beauharnois,  telles  Sœur 
du  Saint-Esprit,  Sœur  Marie-Albertine, 
Sœur  Marie- Valentine,  des  supérieures 
des  couvents  les  plus  rapprochés,  et  un 
grand  nombre  d'anciennes  élèves  du  cou- 
vent, devenues  religieuses  ;  la  Révérende 
Sœur  Supérieure  du  Couvent,  Sr  du  Saint 
Nom,  est  là  avec  toutes  ses  religieuses. 
Quelques  notabilités  laïques  ont  aussi  leur 


Les  Fêtes  du  Centenaiee 


249 


place  réservée.  Et  c'est  devant  cet  audi- 
toire, dans  une  salle  délicieusement  ornée, 
que  les  élèves  du  couvent  vont  exécuter  le 
programme  suivant. 

Pbogramme 

I.  Ouverture:  Le  centenaire. G.  Eggeling 
II.  Chœur:  Louanges  à  Dieu 

Musique  de  Meynne 
III.  Dialogue  et  chant  de  circonstance. 
IV.  Adresse  à  Sa  Grandeur  Monseigneur 

J.-M.  Emard. 
V.  Le  Chant  du  Drapeau 

Musique  de  Vézina 

VI.  Finale.     Carillon Chaminade. 

D'abord  un  morceau  de  piano  bien  enlevé 
met  l'auditoire  en  joie:  puis,  le  chœur  des 
élèves  chante  avec  entrain  ces 

"Louanges  à  Dieu" 

Solo. 
1 

Loué  soit  le  Seigneur  par  les  voix  de  la  terre. 
Par  le  jour,  par  la  nuit,  par  les  flots  purs  et 

bleus. 
Par  l'enfant  qui  sourit  dans  les  bras  de  sa 

mère, 
Par  la  foi  qui  grandit  le  travail  salutaire. 

Gloire  à  Dieu  dans  les  cieux  ! 

2 

Loué  soit  le  Très  Haut  dans  sa  toute  puis- 
sance. 

Il  est  juste,  il  est  fort;  tout  le  montre  à  nos 
yeux. 

Il  soutient  ropprimé,dont  il  prend  la  défense, 

Il  est  de  l'univers  l'amour  et  l'espérance. 

3 

Loué  soit  l'Eternel  dans  sa  gloire  infinie. 
Dans  l'espace,  il  sema  les  soleils  radieux 
Dont  il  règle  à  jamais  l'immuable  harmonie. 
Tout  proclame  aux  humains  sa  justice  bénie. 
Gloire  à  Dieu  dans  les  cieux! 


Des  jeunes  viennent  ensuite  tenir  ce  dia- 
logue de  circonstance,  où  les  allusions 
délicates  et  les  remerciements  discrets  re- 
çoivent des  assistants  un  murmure  et 
souvent  des  applaudissements  approba- 
teurs : 

Dialogue 

— Enfin,  la  grande  fête  est  commencée. 

— Oui,  et  bien  commencée.  Nous  avons 
vu  le  beau  défilé;  les  évêques  avec  leurs 
beaux  grands  manteaux  violets;  les  cha- 
noines, les  prêtres  et  tout  le  monde. 

—Les  cloches  qui  sonnaient  à  mettre  la 
joie  dans  tous  les  cœurs;  l'éghse  qui  s'est 
illuminée  comme  par  enchantement  ;  l'orgue 
et  le  chant,  enfin  tout. — Oui,  c'était  ma- 
gnifique. 

— Il  faut  bien  que  ce  soit  ainsi,  le  cen- 
tenaire de  la  fondation  de  la  paroisse. 

— Cent  ans,  c'est  bien  long.  S'en  est-il 
passé  des  choses  pendant  ce  siècle  i 

— Toutes  ces  choses-là  vont  être  rappe- 
lées, on  nous  l'a  dit,  et  elles  vont  être 
écrites  aussi. 

— Tant  mieux,  on  pourra  les  Ure.  Car 
nous  autres,  nous  n'entendrons  pas  tout  ce 
qui  va  se  dire;  nous  sommes  trop  petites. 

— On  va  commencer  par  le  commence- 
ment, quand  Beauharnois  n'était  encore 
qu'une  forêt,  pleine  d'arbres,  pleine  d'om- 
bre, sur  le  bord  du  beau  lac  St-Louis,  qui, 
lui,  n'a  pas  changé. 

— Y  avait-il  encore  des  Iroquois? 

— ^Je  ne  pense  pas,  mais  peut-être.  Au 
moins,  ils  n'étaient  plus  méchants,  parce 
que  les  missionnaires  les  avaient  convertis 
depuis  longtemps. 

—Ensuite,  on  va  parler  des  premiers  ar- 
bres abattus,  des  premiers  champs  cultivés, 
du  premier  clocher  qui  s'est  élevé  avec  sa 


250 


Centenaire  de  Beauharnois 


croix  dans  les  airs,  des  maisons  qui  se  sont 
groupées  autour  d'abord,  puis  qui  se  sont 
bâties  à  la  file  en  suivant  le  fleuve. 

— Il  y  a  bien  de  la  différence  entre  ce 
temps-là   et   aujourd'hui. 

—Il  a  dû  en  falloir  du  courage,  du  tra- 
vail, pour  faire  avec  la  forêt,  une  belle  pa- 
roisse, une  ville  comme  la  nôtre. 

— On  ne  manquera  pas  d'en  parler,  vous 
vous  imaginez  bien. 

— Oui,  car  on  voUs  le  répète  tous  les  jours: 
le  travail,  le  courage,  la  religion,  c'est  ce 
qu'il  y  a  de  plus  beau,  c'est  ce  qui  donne  le 
pain,  la  santé,  le  bonheur. 

— Nous  autres,  nous  ne  pouvons  pas  dire 
grand'chose,  excepté  que  nous  aimons  bien 
notre  paroisse,  notre  maison  de  chez-nous  et 
notre  couvent. 

— Et  l'église  aussi,  qui  est  si  belle! 

— C'est  bien  entendu. 

' — Un  couvent,  ça  tient  une  grande  place 
dans  une  paroisse.  On  le  compare,  j'ai  bien 
écouté,  à  un  beau  jardin  où  il  y  a  des  fleurs 
qui  l'embellissent,  des  arbres  qui  donnent 
des  fruits,  des  oiseaux  qui  chantent,  des 
fontaines  d'où  coulent  des  eaux  fraîches  et 
limpides. 

— Alors,  un  paradis  terrestre. 

— Oui,  presque.  Aussi,  il  ne  s'était  pas 
écoulé  bien  des  années  depuis  la  fondation, 
que  Monsieur  le  curé  de  ce  temps-là  et  ses 
paroissiens  voulaient  avoir  un  couvent.  Ce 
qui  fut  dit  fut  fait. 

— Quand  a-t-il  été  bâti? 

— En  1853.  Et  depuis,  toutes  les  petites 
filles  de  Beauharnois  et  beaucoup  d'ailleurs 
sont  venues  au  couvent  cueillir  des  fleurs 
et  des  fruits,  chanter  avec  les  oiseaux,  boire 
aux  claires  fontaines. 


— C'est-à-dire  qu'elles  sont  venues  s'ins- 
truire comme  nous,  qu'elles  ont  été  entou- 
rées de  soins  et  de  dévouement,  comme 
nous  encore. 

— Nos  mamans,  nos  grand'mamans,  nos 
grandes  sœurs,  les  religieuses  anciennes 
élèves,  aiment  à  y  revenir,  au  cher  couvent, 
qu'elles  appellent  leur  Aima  Mater  parce 
qu'elles  y  ont  reçu  le  bienfait  de  l'éducation. 

—C'est  ce  qui  les  a  faites  si  bonnes,  si 
tendres  et  si  grandes. 

— Nous  ferons  de  même,nous  autres  aussi. 

— De  tout  temps,  MM.  les  curés  ont  été 
les  bienfaiteurs  insignes  du  couvent; ils 
l'ont  toujours  aimé  et  protégé. 

— Aussi,  aimons-nous  à  entendre  dire 
leurs  noms,  à  voir  leurs  portraits  dans  les 
albums  ou  sur  les  murs  de  nos  salles. 

— Moi,  je  les  sais  tous  par  cœur:  M. 
Charland,  M.  Jasmin,  M.  Lussier,  M. 
Nepveu,  et  je  les  connais  sur  leurs  portraits. 

— Moi  aussi,  et  je  sais  qu'ils  ont  tous  été 
très  bons  pour  le  couvent,  nos  maîtresses 
nous  le  disent.  Mais  pour  M.  le  curé  d'à 
présent,  on  le  sait  toutes  seules. 

— Nous  avons  encore  un  autre  pasteur 
avec  une  belle  houlette  d'or  qui  connaît, 
lui  aussi,  son  petit  troupeau,  qui  le  défend, 
le  chérit,  le  bénit  avec  tendresse.  Combien 
nous  le  vénérons,  notre  premier  pasteur,  et 
l'aimons  de  tout  notre  cœur! 

— Sa  présence  aujourd'hui  nous  comble 
de  joie. 

— De  même,  celle  des  dignes  prélats,  des 
prêtres  nombreux  qui  l'entourent,  de  nos 
parents  bien-aimés  et  de  toute  l'assistance. 

— Pour  les  remercier  tous,  et  leur  dire 
combien  nous  sommes  heureuses,  nous 
allons  chanter  nos  plus  jolis  couplets  de 
fête: 


Les  Fêtes  du  Centenaire 


251 


Chant  de  circonstnace 


Solo 


1 

Fêtons  ce  centenaire 

Avec  des  chants,  avec  des  fleurs. 

A  notre  vieille  terre, 

En  ce  beau  jour,  rendons  honneur. 

Refrain. 

Sous  les  fleurs  nouvelles, 
Bien  qu'elle  ait  cent  ans, 
Elle  est  fraîche  et  belle 
Comme  en  son  printemps. 


C'est  la  terre  charmante 
Où  Dieu  plaça  notre  berceau. 
Où  la  vie  est  riante, 
Où  le  soleil  est  toujours  beau. 


Que  notre  amour  la  chante. 
Chante  ses  blés,  ses  verts  buissons. 
Que  toujours  nous  enchante 
Son  lac  fermant  nos  horizons. 


Vive  ce  centenaire. 
Vive  sa  joie  et  sa  splendeur! 
Beau  jour  où  l'on  révère 
Et  la  bonté  et  la  grandeur. 

Refrain  final 

Offrons  en  hommage 
Nos  plus  belles  fleurs. 
C'est  le  doux  langage 
De  nos  jeunes  cœurs. 

Une  grande,  Mademoiselle  Lucienne  Le- 
duc, vient  ensuite  hre,  en  l'honneur  de 
Monseigneur  Émard,  l'adresse  dont  voici 
le  texte; 


A  Sa  Grandeur  Monseigneur  J.-M.  Émard, 
évêque  de  Valleyfield,  Assistant  au  Trône 
Pontifical. 

Monseigneur, 

Avec  quelle  allégresse  nous  voyons  luire 
les  jours  heureux  et  glorieux  du  centenaire  de 
notre  paroisse!  Pleins  de  promesses  de  jouis- 
sances pour  l'esprit  et  pour  le  coeur,  ils  se 
hâtent  ces  jours,  pensions-nous,  de  rem- 
plir à  notre  égard,  leurs  promesses  charman- 
tes, puisqu'il  nous  est  donné,  dès  ce  soir,  de 
recevoir  Votre  Grandeur  avec  le  brillant  cor- 
tège qui  l'accompagne. 

Un  centenaire  est  une  fête  de  souvenir,  oit 
tout  nous  invite  à  porter  nos  regards  vers  le 
passé.  Si  de  la  ville  aujourd'hui  en  liesse, 
nous  remontons  à  la  Seigneurie  du  vicomte  de 
Beauharnois,  quelle  transformation  s'est  opé- 
rée! Quelle  chaîne  merveilleuse  se  déroule 
devant  nous!  Et  de  quels  actes  de  dévouement, 
d'abnégation,  de  zèle  religieux  ou  social  cha- 
que anneau  n'est-il  pas  le  symbole! 

Aux  saints  prêtres,  aux  vaillants  pionniers, 
aux  âmes  énergiques  et  pacifiques  qui  les  ont 
accomplis  vont  notre  admiration  et  notre  re- 
connaissance. Les  apôtres,  les  défricheurs, 
les  semeurs  n'ont  pas  peiné  en  vain,  la  gerbe 
des  épis  d'or  est  aujourd'hui  débordante. 

Nous  avons  besoin  que  les  grandes  figures 
de  notre  passé  passent  en  notre  présence,  afin 
que  nous  puissions  reproduire  leurs  traits  et 
raviver  dans  nos  âmes  les  flammes  de  foi  pro- 
fonde  et  de  vrai  patriotisme  qui  les  animaient: 
"Les  âmes  ne  s'allument-elles  pas  les  unes  aux 
autres  comme  des  flambeaux?" 

Honneur  en  particulier  à  notre  Mère,  la 
Sainte  Eglise!  Ici  comme  ailleurs  dans  de 
semblables  circonstances,  son  rôle  a  été  admi- 
rable; elle  a  été  l'âme  de  la  nouvelle  paroisse, 
l'inspiratrice  de  ses  meilleurs  progrès.  C'est 
grâce  à  l'organisation  paroissiale  dont  elle 
dispose  que  la  Seigneurie  de  Beauharnois  a 


252 


Centenaire  de  BeÀ.uharnois 


pu  grouper  les  colons,  créer  un  centre  fécond 
et  prospère,  un  foyer  intense  où  se  conserve 
jalousement  le  trésor  de  notre  foi,  de  notre 
langue,  de  nos  plus  chères  traditions. 

Honneur  à  ceux  qui  ont  lutté,  travaillé  dans 
l'ombre  ou  dans  la  lumière!  Cette  fête  leur  est 
une  glorieuse  récompense. 

Pour  caractériser  l'action  de  la  femme  au 
cours  de  ce  siècle  de  fondation  et  de  formation, 
laissez-nous  emprunter  un  mot  charmant  et 
profond  d'un  écrivain  de  marqua:  "Chez 
nous,  la  vierge,  l'épouse  et  la  mère  ont  fait 
éclore  l'âme  de  la  patrie  au  souffle  de  la 
piété." 

Ces  hommages  d'affection  filiale,  de  respect 
attendri  que  nous  offrons  à  ceux  qui  firent 
notre  belle  paroisse,  à  ceux  qui  en  continuent 
les  destinées,  permettez-nous.  Monseigneur, 
de  les  adresser  d'abord  à  Votre  Grandeur. 
Vous  êtes  le  représentant  de  cette  Eglise  dont 
on  a  dit  qu'elle  était  l'âme  de  l'œuvre  que 
nous  célébrons  en  ces  jours;  vous  êtes,  depuis 
vingt-cinq  ans,  le  père  et  le  pasteur  de  ce 
peuple  que  vous  aimez  et  qui  vous  aime,  que 
vous  dirigez  par  des  voies  toujours  plus  lumi- 
neuses vers  des  biens  toujours  plus  grands. 
Aujourd'hui,  vous  venez,  par  votre  présence, 
consacrer  ces  fêtes  solennelles,  les  faire  res- 
plendir d'un  plus  vif  éclat,  les  bénir  avec 
effusion  afin  que  s'ajoutent  des  fruits  pré- 
cieux aux  fleurs  brillantes  dont  elles  se 
parent. 

Qu'il  nous  soit  permis  d'offrir  le  tribut  de 
notre  respectueuse  et  vive  gratitude  au  vaillant 
et  vénérable  évêque  Sa  Grandeur  Monseigneur 
Latulipe,  aux  membres  distingués  du  clergé 
venus  pour  honorer  de  leur  cordiale  sympathie 
notre  paroisse,  la  chère  paroisse  canadienne, 
et  qui  en  ce  moment  honorent  la  maison  qui  les 
■reçoit.  A  notre  bon  et  dévoué  curé,  aux  véné- 
rées religieuses  dont  plusieurs  sont  nos  sœurs 
aînées  en  cette  maison,  à  toute  cette  assemblée 


d'élite,    nos   remerciements   enthousiastes   et 
sincères. 

Couvent  SS.  NN.  de  Jésus  et  de  Marie, 
Beauharnois,  15  juin  1920. 

Des  bambines  viennent  présenter  aux 
prélats  de  riches  gerbes  de  fleurs,  et  Mon- 
seigneur fait  une  exquise  allocution. 

Parmi  tous  les  facteurs  de  progrès  dans 
nos  paroisses,  il  marque  admirablement  la 
place  de  la  femme  canadienne,  de  nos  mères 
au  foyer  et  des  religieuses  au  couvent;  il 
rappelle  le  rôle  du  couvent  dans  une  pa- 
roisse, et  il  exhorte  les  jeunes  filles  à  suivre 
les  exemples  de  vertus  chrétiennes  donnés 
par  nos  aïeules.  Et  Monseigneur  termine 
en  rendant  hommage  à  l'œuvre  éducatrice 
des  religieuses  enseignantes  au  Canada, 
particulièrement  à  l'œuvre  de  la  Commu- 
nauté des  Religieuses  des  Saints  Noms  de 
Jésus-Marie. 

Monseigneur  l'évêque  d'Haileybury  dit 
quelques  mots,  et  l'on  chante  le  Chant  du 
Drapeau. 

Le  Chant  du  Drapeau 

Chœur. 

Ouvre  large  ton  aile,  ô  drapeau  canadien, 
Emblème  d'un  peuple  fidèle.    Au  cœur  pa- 
triote et  chrétien. 

Solo. 
I 

O  blanc  lys,   d'où  viens-tu?.  .  .  De  cette 
France  ancienne 

Qui  ne  rougissait  pas  de  s'affirmer  chré- 
tienne; 

Tu  fus  l'orgueil  de  ses  beaux  jours.  .  .  Tu 
fus  l'orgueil  de  ses  beaux  jours. 

Nous,  de  notre  berceau.  .  .  Consacrant  la 
mémoire 

Héritons  de  sa  fleur.  .  .  .  Elle  a  conquis  la 
gloire; 
A  nous  de  la  garder  toujours.  .  . 


Les  Fêtes  du  Centenaire 


253 


II 

A  tes  milles  couleurs,  .  .  .  ô  feuille  incom- 
parable, 
Nous  avons  reconnu.  .  .  .  Notre  feuille  d'é- 
rable, 

Au  drapeau  fais-les  resplendir. 
Avec  toi.  .  .  .  Nos  forêts  acclamant  la  patrie 
Le   Canada   s'émeut,  ....  il   tressaille   et 
s'écrie; 

"Frémis,  nous  voulons  t'applaudir." 

III 

Feuille  d'érable,   azur.  .  .  Fleur  de  lys  et 
Croix  blanche. 

Et  toi,  Cœur  de  Paray,  .  .  .  Notre  âme  en 
vous  s'épanche; 
Fleurs  écloses  du  souvenir.  .  .  . 

Répandez  vos  parfums.  .  .  .  Avec  vous,  l'es- 
pérance, 

Comme   un    coin   de   ciel   bleu.  .  .  Par   la 
Nouvelle-France 

Darde  un  rayon  sur  l'avenir. 

Les  deux  évêques  donnent  la  bénédiction 
et  l'on  se  retire  aux  accords  d'un  Carillon 
de  Chaminade. 

Quelques  minutes  après  la  réception,  les 
voitures  s'alignent  pour  une  promenade  à 


travers  les  rues  de  la  ville.  En  tête  est  une 
cavalcade;  suit  la  fanfare;  puis  le  défilé 
s'avance.  Dans  une  première  voiture  est 
Monsieur  le  Chanoine  Nepveu,  curé;  avec 
lui  sont  Messieurs  les  Chanoines  A.-C. 
Dugas,  doyen  du  chapitre  cathédral  do 
Valleyfield,  et  A.-D.  Houle,  curé  de  Saint- 
Jacques  l'Achigan  (Joliette);  d'autres  sui- 
vent où  l'on  remarque  la  plupart  des  prêtres 
venus  aux  fêtes;  de  nombreux  paroissiens 
ont  tenu  à  prendre  rang  dans  la  procession. 
Pendant  une  heure  on  circule  à  travers  les 
rues;  le  parcours  suit  un  tracé  qui  permet 
de  passer  par  toutes  les  rues  principales: 
rues  de  l'Eglise,  Saint-Laurent,  Ellice,  Saint- 
Joseph,  Hannah,  Sainte-Catherine,  Nichol- 
son.  Le  spectacle  offert  est  réellement 
grandiose;  la  plupart  des  citoyens  sont 
chez-eux;  les  résidences  sont  décorées  et 
illuminées  magnifiquement.  .  .  .  Mais  il  faut 
s'arracher  à  ce  charme  et  vers  1 1  heures,  la 
cité  reprend  son  calme;  l'on  échange  des 
félicitations  et  l'on  va  prendre  quelques 
heures  de  repos.  .  .  .  non  sans  faire  une 
petite  prière  qui  demande,  pour  le  lende- 
main, une  température  qui  permette  de 
répéter  et  d'accentuer  le  succès  de  cette 
première  journée  de  fête. 


Journée  du  15  juin 


Mardi,  le  15  juin.  L'on  s'éveille  au  bruit 
du  tonnerre  et  à  la  lueur  des  éclairs;  et  la 
question  est  dans  toutes  les  bouches:  "Va- 
t-il  donc  faire  mauvais?^'  Mais  non,  les 
prêtres  n'auront  pas  dit  les  premières  mes- 
ses que  l'orage  aura  passé.  Et  c'est  par  un 
beau  soleil  qu'à  9.30  heures  précises  com- 
mence la  messe  du  centenaire. 

La  Messe 

A  9.30  le  clergé  quitte  le  presbytère  pour 
l'église.  Les  dignitaires  ont  des  places 
réservées  >iu  sanctuaire,  les  autres  prêtres 


ont  des  sièges  dans  l'allée  centrale  qui  leur 
est  réservée;  des  sièges  d'honneur,  au  pre- 
mier rang,  pour  des  laïques  de  marque: 
Nos  députés,  Monsieur  le  maire  de  la  ville, 
l'Hon.  Juge  Mercier,  M.  Edouard  Mont- 
petit  et  quelques  autres.  La  nef  est  bien 
remplie;  aux  abords  de  l'église,  une  foule 
compacte  espère  voir  ou  du  moins  entendre 
le  chant  et  le  sermon. 

Les  chanoines  récitent  Tierce  de  l'office 
du  jour. 

Les  cérémonies  commencent;  elles  sont 
sous  la  direction  de  M.  l'abbé  Ernest  Maheu, 


254 


Centenaire  de  Beauharnois 


un  fils  de  Beauharnois;  Monseigneur  Émard 
préside;  Mgr  J.-C.  Dorais,  V.G.,  l'assiste 
comme  archidiacre,  et  Messieurs  les  cha- 
noines L.  Cousineau,  de  l'archevêché  de 
Montréal,  et  J.-E.  Aubin,  supérieur  du  col- 
lège de  Valley field,  sont  diacre  et  sous- 
diacre  d'honneur.  Messieurs  les  abbés  G. 
Mailloux,  curé  de  Saint-Antoine-Abbé,  et 
Aimé  Hébert,  vicaire  à  Rigaud,  tous  deux 
enfants  de  Beauharnois,  sont  diacre  et  sous- 
diacre  d'office.  Les  servants  sont  Philippe 
Julien,  cérémoniaire';  Lucien  Primeau,  thu- 
riféraire; Rodrigue  Théoret  et  Adrien  Ger- 
vais,  acolytes;  Paul-Emile  Lorange,  porte- 
croix;  Léopold  Lamoureux,  porte-mître; 
Laurent  Leduc,  porte-crosse;  Adrien  Ber- 
gevin,  porte-livre;  Eugène  Boyer,  porte- 
bougeoir;  Alfred  Laliberté,  caudataire  ;  Ro- 
bert Daignault  et  Lucien  Laliberté,  fami- 
liers; Eucher  Théoret,  Rosario  Beau- 
champ,  Joseph  Lamoureux,  Gaston  Gen- 
dron,  Emile  Moreau  et  Gérard  Dorais  sont 
porte-flambeaux.  La  maîtrise  est  dirigée 
par  M.  David  Manny,  I.C;  et  Made- 
moiselle Hélène  Manny  est  à  l'orgue;  la 
messe  célébrée  est  la  messe  votive  du 
Sacré-Cœur;  la  messe  chantée  est  la  messe 
dite  de  Mitterer.^'^  Les  beaux  ornements  de 
drap  d'or  brillent  sous  les  feux  du  soleil;  le 
massif  calice  d'or  du  curé  Charland  sert  au 
sacrifice. 

Sa  Grandeur  Mgr  E.-A.  Latulipe  est 
assisté  de  Messieurs  les  Chanoines  I.  Glai- 
reux, curé  de  l'Epiphanie,  et  A.-E.  Des- 
champs, chapelain  de  l'Institution  des  Sour- 
des-Muettes. 

Le  représentant  de  Mgr  l'évêque  de 
Pembroke,  Mgr  N.-Z.  Lorrain,  est  aussi 
au  sanctuaire. 


Au  Gloria  Mgr  le  Célébrant  bénit  solen- 
nellement le  pain  selon  l'antique  tradition,'"^ 
aujourd'hui  tombée  en  désuétude;  ce  pain, 
don  de  M.  Achille  Bergevin,  M. P.P.,  sera,  à 
l'offertoire,  distribué  à  tous  les  assistants. 

Après  l'Evangile,  M.  l'abbé  J.-D.  Nepveu, 
Docteur  en  Philosophie  et  en  Théologie  de 
la  Minerve  à  Rome,  curé  de  Saint-Anicet, 
au  diocèse  de  Valley  field,  et  frère  du  curé 
de  Beauharnois,  fait  le  sermon  du  cente- 
naire. Il  parle  de  la  paroisse  en  général  et 
de  son  influence  spéciale  au  Canada,  il  rap- 
pelle brièvement  le  passé  paroissial  de 
de  Beauharnois,  il  indique  ce  que  doivent 
être  les  paroissiens  de  Saint-Clément  s'ils 
veulent  rester  fidèles  aux  traditions.  Bien 
pensé,  bien  écrit,  bien  récité,  ce  sermon  de 
haute  tenue  philosophique,  littéraire  et 
sacerdotale,  a  produit  une  profonde  impres- 
sion.   D'ailleurs,  en  voici  le  texte  même: 

Habebitis  autem  hune  diem  in  monumentum, 
et  celebrabitis  illam  solemnem  Domino  in  gène- 
rationibus  vestris  cultu  sempitemo. 

Vous  garderez  ce  jour  comme  mémorial,  et 
vous  le  consacrerez  solennellement  au  Seigneur, 
de  générations  en  générations,  par  un  culte 
étemel. 

Exode,  ch.  XII.  v.  H 

Mes  frères, 

Vous  célébrez  aujourd'hui  le  centenaire  de 
la  fondation  de  votre  paroisse.  Cent  ans 
d'existence,  c'est  plus  qu'une  vie  d'homme  or- 
dinaire; mais  il  me  semble  que  ce  soit  peu 
de  chose  dans  la  vie  d'une  paroisse.  Néan- 
moins, au  cours  de  cette  période  relativement 
brève,  vous  vous  êtes  développés  magnifique- 
ment; vous  avez  évolué  et  grandi  dans  le  sens 
du  progrès.    Votre  histoire  en  fait  foi. 

Avant  de  m'y  arrêter,  je  voudrais  pourtant, 
élargissant  le  cadre  de  ce  discours,  vous  parler 
de  la  paroisse  elle-même,  de  cette  institution 
admirable  de  l'Eglise,  à  laquelle,  au  Canada, 


(1)  Voici  le  programme  musical  complet:  Entrée:  Marche 
Pontijicale,  de  F.  de  la  Tombelle;  Messe  (à  trois  voix) 
d'Ignatius  Mitterer.    Sortie;  Marche  religieuse  de  Guilmant. 


(2)   Cette  coutume  du  pain  bénit  a  existé  à  Beauharnois 
comme  ailleurs;  on  l'observait  encore  entre  1860  et  1865. 


Les  Fêtes  du  Centenaire 


255 


nous  devons  à  peu  près  tout  ce  que  nous 
sommes. 

Pie  X,  de  pieuse  et  sainte  mémoire,  qui, 
pour  avoir  passé  par  tous  les  degrés  de  la  hié- 
rarchie, en  possédait  une  expérience  spéciale, 
avait  entrepris  de  rétablir  la  paroisse,  avec  ses 
règles  et  ses  exigences,  à  Rome  même  et  par 
toute  l'Italie. 

Uépiscopat  français,  qui  a  à  cœur  la  res- 
tauration spirituelle  du  peuple  au  beau  pays 
de  France,  ne  sait  pas  de  meilleur  moyen  d'y 
réussir,  qu'en  affermissant,  et  même  en  cer- 
tains cas,  en  ressuscitant  la  paroisse. 

Plusieurs  de  nos  évêques  canadiens-fran- 
çais, notamment  Mgr  Vévêque  de  ce  diocèse 
(Valley field)  dont  le  zèle  pour  le  salut  des 
âmes  et  le  maintien  des  saines  traditions 
n'a  d'égale  que  la  claire  vue  des  moyens 
à  employer,  ont  traité  ce  sujet,  avec  autant  de 
compétence  que  d'autorité,  dans  des  lettres 
pastorales,  pages  remarquables  de  patriotisme 
chrétien,  qui  resteront  d'excellents  sujets  d'ins- 
piration pour  tous  ceux  qu'intéresse  la  vie 
paroissiale. 

Nous  n'avons  pas  heureusement,  dans 
notre  catholique  Province,  à  remettre  en  hon- 
neur une  institution  à  laquelle  nous  devons 
tant  de  bienfaits,  depuis  les  origines  de  la 
colonie  jusqu'à  nos  jours;  mais  nous  avons 
le  devoir,  et  c'est  un  devoir  sacré,  de  maintenir 
dans  toute  son  intégrité  cette  belle  institution 
de  la  paroisse,  qui  a  été,  sur  ce  sol  d'Amérique, 
la  sauvegarde  de  notre  foi,  de  notre  langue  et 
de  notre  nationalité. 

Esquissons  d'abord  à  grands  traitt  ce  qu'a 
été  la  paroisse,  dans  le  cours  des  âges,  d'une 
façon  générale,  et  en  particulier  au  Canada. 
Nous  verrons  ensuite  ce  q\ie  vous  avez  "été, 
ici,  à  Beauharnois,  comme  paroisse.  Et 
enfin,  nous  dirons  ce  que  vous  devez  être  à 
l'avenir,  si  vous  voulez  rester  fidèles  à  vos 
traditions. 


D'abord,  mes  frères,  la  paroisse  remonte 
aux  premiers  siècles  de  l'Eglise.  J'en  vois 
une  première  manifestation  dans  ces  groupe- 
ments de  chrétiens,  qui,  pour  fuir  la  persécu- 
tion, se  réunissaient  dans  les  catacombes  ro- 
maines et  y  vaquaient  aux  exercices  du  culte. 
Ces  chapelles  souterraines,  que  l'on  visite 
encore  aujourd'hui,  et  dont,  on  le  constate, 
quelques-unes  pouvaient  contenir  un  bon 
nombre  de  fidèles,  étaient  des  lieux  de  réunion 
où.  fréquentaient  un  groupe  déterminé  de  chré- 
tiens. Qui  ne  voit  que  ces  groupes  consti- 
tuaient déjà  des  paroisses  en  germe? 

Au  sortir  de  l'ère  des  persécutions,  l'Eglise 
'Se  répand  à  l'extérieur.  Sous  l'impulsion 
de  Constantin,  converti  à  la  foi,  et  de  ses  suc- 
cesseurs chrétiens,  désormais  sympathiques 
aux  pontifes  de  Rome,  les  groupements  de 
chrétiens  se  multiplient  et  se  dessinent  de  plus 
en  plus  en  paroisse. 

Dès  cette  époque,  nous  voyons,  en  France, 
un  saint-Martin,  de  Tours,  un  saint  Hilaire, 
de  Poitiers,  un  saint  Césaire,  d'Arles,  un  saint 
Sulpice,  de  Bourges,  et  combien  d'autres,  for- 
mer, surtout  dans  les  centres  ruraux,  des 
groupements  vers  lesquels  ils  députent  des 
curés:  c'est  la  paroisse  catholique  qui  prend 
définitivement  naissance. 

Au  Ville  siècle,  sous  Charlemagne,  elle 
est  en  voie  de  s'organiser  de  mieux  en  mieux. 
Les  annales  du  temps  racontent  que  les  évêques 
visitent  leurs  paroisses  tous  les  ans,  et  que, 
également,  tous  les  ans,  les  curés  assistent  au 
synode  épiscopal.  Déjà  la  paroisse  existe  avec 
son  école  pour  les  enfants  et  sa  corporation 
de  pauvres  régulièrement  organisée. 

Au  X le  et  au  XI le  siècles,  la  célèbre  que- 
relle des  investitures,  qui  s'agite  autour  des 
nominations  aux  cures  tout  autant  qu'autour 
des  nominations  aux  évêchés,  met  en  pleine 


256 


Centenaire  de  Beauharnois 


lumière    l'existence    ordonnée    et    les    droits 
reconnus  des  paroisses. 

Au  XVIe  siècle,  les  curés  jouissent  par- 
tout dans  leur  paroisse  d'une  situation  pré- 
pondérante. Ils  sont  appelés  à  faire  partie 
des  conseils  de  la  commune.  Ils  traitent  en 
chaire  de  tous  les  intérêts,  même  matériels, 
de  leur  peuple. 

Au  XVIIe  et  au  XVIIIe  siècles  les  sages 
ordonnances  du  concile  de  Trente  augmen- 
tent encore  l'importance  du  système  parois- 
sial. La  lutte  qu'il  faut  soutenir  contre  la 
Réforme  protestante  oblige  le  clergé  et  le  peuple 
chrétien  à  vivre  davantage  sa  foi,  afin  de  résis- 
ter plus  fermement  aux  attaques  de  l'hérésie. 
L'organisation  paroissiale  y  pourvoit  excel- 
lemment, en  faisant  plus  que  jamais,  du 
curé,  le  père  et  Vaviseur  autorisé  de  la  grande 
famille  paroissiale. 

C'est  à  ce  moment  de  l'histoire  que  nous 
naissons  comme  peuple,  ou  comme  colonie  si 
vous  le  voulez,  au  Canada.  Issus  de  familles 
françaises  triées  sur  le  volet — nos  historiens 
l'ont  établi  avec  une  compétence  qui  les  honore 
autant  que  nous-mêmes — il  ne  fallait  rien 
moins  qu'une  parfaite  organisation  de  parois- 
se pour  répondre  à  leurs  justes  aspirations. 

M.  Olier  avait  fondé,  à  Paris,  une  paroisse 
idéale,  arbre  magnifique,  qui  couvrait  de  ses 
rameaux  vigoureux  une  population  assez  dense 
Or  ce  sont,  entre  plusieurs  autres,  ses  fds 
spirituels  que  la  Providence  appela  à  trans- 
planter sur  la  terre  du  Canada,  plus  parti- 
culièrement à  Montréal,  un  rameau  de  cet  ar- 
bre, qui  s'alimenterait  du  reste  à  la  sève  la  plus 
pure  de  France,  par  les  soins  de  Mgr  de  Laval, 
premier  évêque  de  Québec. 

C'est  de  France,  par  le  clergé  de  Québec  et 
par  celui  de  Montréal,  que  nous  avons  reçu 
en  héritage,  dès  les  premiers  jours  de  la  colo- 
nie, ce  système  d'organisation  paroissiale, 
perfectionné  au  cours  des  siècles,  et  qui  nous 


a  faits — proclamons-le  hautement    une  fois 
de  plus — à  peu  près  tout  ce  qu£  nous  sommes. 

Pendant  que,  sous  le  régime  français,  les 
hommes  d'armes  guerroient  contre  le  farouche 
Iroquois,  ou  défendent  pied  à  pied  le  sol  contre 
l'envahisseur  anglais,  alors  que  les  colons 
font  des  abatis  dans  la  forêt,  le  long  du  fleuve 
et  des  rivières,  les  curés,  puissamment  aidés 
par  les  intendants  de  France,  bâtissent  des 
chapelles  et  groupent  autour  de  leurs  clochers 
les  premiers  habitants  de  la  colonie.  Ils  les 
instruisent,  les  catéchisent  et  les  civilisent. 
Nulle  part,  mieux  que  chez  nous,  le  système 
d'organisation  paroissiale  n'a  été  appliqué 
avec  intelligence  et  avec  fruit.  Nulle  part 
mieux  que  chez  nous,  la  vie  paroissiale  n'a 
été  la  source  et  le  principe  de  la  vie  nationale. 

Le  passage  de  la  Nouvelle-France  sous  le 
régime  anglais  a  fait  saillir  encore  davantage 
l'admirable  et  bienfaisante  influence  de  la 
paroisse.  Elle  est  apparue  non  seulement 
comme  la  sauvegarde  de  la  foi  et  des  mœurs, 
mais  encore  comme  le  seul  foyer  de  nos  tradi- 
tions et  de  notre  vie  propre. 

La  vie  paroissiale,  chez  nos  pères,  a  d'a- 
bord, naturellement,  maintenu  la  vie  reli- 
gieuse. Elle  a,  de  plus,  recréé  la  vie  nationale. 
Elle  nous  a  enfin  préparés  à  la  vie  sociale  et 
politique.  Elle  a  été  un  centre  de  résistance 
contre  lequel  sont  venues  se  briser  toutes  les 
tentatives  d'assimilation.  Elle  a  été  la  véri- 
table cellule  sociale,  dont  la  multiplication  a 
fait  notre  peuple.  Elle  a  été  enfin,  et  elle  est 
restée,  la  pierre  angulaire  de  tout  notre  édifice 
national. 

II 

Pour  bien  comprendre,  mes  frères,  ce  que 
vous  avez  été  comme  paroisse,  au  cours  de  ce 
premier  siècle  de  votre  existence,  vous  n'avez 
qu'à  vous  procurer  Z'Histoire  de  Saint- 
Clément-de-Beauharnois,  qui  va  bientôt 
paraître.    L'auteur,  l'un  de  vos  coparoissiens, 


Les  Fêtes  du  Centenaire 


257 


fils  distingué  de  Saint-Dominique,  n'a  pas 
manqué,  grâce  aux  ressources  de  son  talent  et 
aux  belles  qualités  de  son  cœur,  de  mettre  en 
évidence,  dans  son  livre,  les  traits  les  plus 
saillants  et  les  plus  caractéristiques  de  votre 
vie  paroissiale.  Tout  y  est  raconté  par  le 
menu.  Tout  y  est  intéressant.  Tout  y  est 
édifiant. 

Un  enfant  bien  né  se  complaît  à  dire  et  à 
écrire  du  bien  de  sa  mère.  Vous  tiendrez  à 
honneur  de  connaître  vos  origines  paroissiales. 
Vous  lirez  votre  histoire  et  vous  la  ferez  lire  à 
vos  enfants.  Les  exemples  de  vertu,  de  dé- 
vouement, d'endurance  et  de  gaieté  toujours, 
d'héroïsme  parfois,  dont  vos  ancêtres  firent 
preuve,  vous  inciteront  à  ne  pas  vous  endor- 
mir sur  des  lauriers  trop  facilement  cueillis. 
Ils  vous  inviteront  à  accepter  l'épreuve,  quand 
elle  se  présente,  à  aimer  même  la  souffrance, 
la  bonne  souffrance,  quxind  la  Providence 
l'iynpose. 

Vos  débuts  furent  modestes,  comme  tous  ceux 
de  ces  paroisses  qui  sont  aujourd'hui  floris- 
santes, sur  les  deux  rives  de  notre  fleuve,  et  qui, 
toutes,  ont  remplacé  la  forêt  vierge  et  sont 
nées  dans  l'abatis.  Ce  qui  a  le  plus  contribué 
à  leur  évolution  normale  et  à  leur  développe- 
ment naturel,  c'est  l'esprit  qui  leur  a  été  infusé 
dès  leurs  premiers  moments  d'existence,  c'est 
l'âme  qui  leur  a  été  communiquée  et  qui  ne  fut 
rien  autre  que  l'âme  des  prêtres  préposés  à 
leur  garde. 

Or,  ces  prêtres,  ce  sont  les  curés.  Voyez- 
les  à  l'œuvre  dans  notre  paroisse.  Comme 
prêtres,  ils  se  montrent  excellemment  hommes 
de  Dieu,  partageant  leur  temps  entre  les  exer- 
cices de  piété,  l'étude  et  le  ministère  toujours 
absorbant.  Les  leçons  de  théologie  qu'on  re- 
cevait alors  n'étaient  peut-être  pas  ce  qu'elles 
sont  devenues  plus  tard.  Il  n'y  avait  qu'un 
séminaire  à  cette  époque,  au  pays,  et  ses  pro- 
fesseurs n'avaient  pas  conquis  leurs  grades 


aux  universités  romaines.  Nous  sortions 
meurtris  et  décimés  d'une  période  de  guerres 
qui  avait  été  dure.  Nous  ne  pouvions  nous 
relever  en  un  jour.  Les  clercs  souvent  ne 
pouvaient  suivre  longtemps  les  classes  du  seul 
séminaire  de  Québec.  Pour  subvenir  aux 
besoins  pressants  du  saint  ministère,  l'évêque 
devait  les  ordonner  jeunes.  Les  curés  de  ce 
temps-là  savaient  pourtant  leur  théologie 
positive,  ils  connaissaient  les  textes  des  Ecri- 
tures Saintes  et  les  témoignages  des  saints 
Pères,  ils  étaient  en  état  de  combattre  victo- 
rieusement l'erreur  et  de  défendre  leur  foi. 

Les  œuvres  extérieures,  si  nombreuses,  que 
réclament  les  paroisses  en  formation,  les 
constructions  d'églises,  de  presbytères,  de  cou- 
vents, d'écoles  ont  pu  étouffer  plus  d'un  ferme- 
propos  en  matière  d'études — et  je  n'oserais  pas 
dire  que  l'histoire  ne  se  répète  pas!  Quand 
même,  nos  bons  curés  d'autrefois,  sans  viser 
peut-être  à  se  donner  comme  des  intellectuels, 
étaient  suffisamment  avertis  et  documentés 
pour  bien  instruire  leurs  gens  et  diriger  sûre- 
ment leur  paroisse  dans  la  voie  du  progrès 
intellectuel,  moral  et  même  matériel. 

Ils  savaient  allier  aux  vertus  de  leur  état 
de  fort  belles  qualités  sociales.  Ils  étaient 
gais,  bienveillants,  hospitaliers,  généreux, 
tout  à  tous — omnia  omnibus. — Vos  curés, 
en  un  mot,  c'étaient  de  vrais  pasteurs  d'âmes! 

C'étaient  avant  tout  de  bons  catéchistes. 
Tous  n'étaient  pas  des  orateurs  ou  des  litté- 
rateurs brillants.  Mais  tous  étaient  suffisam- 
ment érudits  pour  exposer  dans  une  langue 
claire,  correcte  et  digne,  les  vérités  de  la  foi  et 
les  préceptes  de  Dieu  et  de  l'Église.  Quel 
dévouement  on  trouve  chez  eux  dans  la  pré- 
paration des  enfants  au  saint  jour  de  la 
première  communion!  Quel  soin  à  éclairer 
leur  foi  et  à  fortifier  leurs  convictions  reli- 
gieuses par  un  exposé  méthodique  et  raisonné 
des  vérités  de  la  religion! 


258 


Centenaire  de  Beauharnois 


Y  eut-il  vraiment,  dans  l'Église  de  Jésus- 
Christ,  des  prêtres  qui  rencontrèrent  mieux  les 
vues  du  Siège  Apostolique  et  des  conciles  en  ce 
qui  regarde  l'instruction  du  peuple,  que  les 
curés  préposés  à  la  direction  de  cette  paroisse 
depuis  sa  fondation?  Il  est  permis  d'en 
douter. 

Vos  curés  furent  encore  des  amis  et  des 
fervents  de  l'école.  Après  avoir  doté  leur 
lillage  des  meilleures  maisons  d'éducation, 
tenues  par  les  religieux  et  les  religieuses,  ils 
s'efforcèrent  toujours,  conjointement  avec  la 
commission  scolaire,  de  choisir,  pour  toutes 
leurs  écoles,  les  institutrices  les  plus  compé- 
tentes. Afin  de  les  encourager  à  se  dévouer 
sans  compter  à  leur  tâche  pénible,  difficile  et 
ingrate,  vos  curés  visitaient  régulièrement 
leurs  classes.  Tantôt  seuls,  tantôt  avec  les 
membres  de  la  commission  scolaire,  ils  fai- 
saient le  tour,  à  date  fixe,  de  toutes  les  écoles 
de  la  paroisse.  Et  ce  geste  est  plein  de  sens. 
De  la  voix,  du  regard,  d'un  bon  sourire,  au- 
tant que  par  des  questions  bienveillantes,  ils  se 
montraient  paternels  et  encourageants.  En- 
fants et  maîtresses  voyaient  en  eux  des  amis 
sincères  et  des  guides  naturels. 

Vos  curés  s'employèrent  encore,  pour  nour- 
rir la  foi  et  la  piété  de  leurs  paroissiens,  à 
rehausser  l'éclat  du  culte,  par  le  chant,  la 
musique  et  les  belles  cérémonies. 

Tous  donnaient  l'exemple  de  la  charité,  en 
visitant,  avec  une  particulière  affection,  les 
pauvres  et  les  malades,  consolant  ceux-ci, 
faisant  l'aumône  à  ceux-là,  versant  dans 
l'âme  de  tous  un  peu  de  leur  cœur  de  père,  pour 
guérir  ou  au  moins  panser  toutes  les  blessures. 

Vos  curés  furent  aussi  de  vrais  patriotes. 
Les  premiers  d'entre  eux  se  firent  souvent 
colons,  ou  furent  les  amis  du  colon.  Il  fallut 
défricher  ici  comme  ailleurs.  Là  où,  se  voient 
aujourd'hui  des  spectacles  si  riants,  cette 
campagne    riche    d'une    moisson    opulente. 


cette  jolie  ville  si  coquettement  assise  aux 
bords  du  grand  fleuve,  c'était  la  forêt,  la 
savane,  la  fondrière.  L'âpre  travail  d'un 
côté,  le  zèle  apostolique  de  l'autre,  ont  tout 
transformé.  Plus  tard,  l'ami  du  colon  se 
fait  l'ami  de  l'agriculteur,  le  curé  soutient 
de  tout  son  pouvoir  et  de  tout  son  prestige, 
l'habitant,  son  paroissien.  Il  favorise  les 
meilleures  méthodes  de  rendement,  combat  la 
routine,  entraîne  ses  gens  à  la  culture  pro- 
gressive. Le  curé  canadien  estime  qu'il  n'y  a 
rien  de  petit,  ni  de  vulgaire,  de  ce  qui  peut 
unir  le  peuple  au  clergé,  de  ce  qui  peut  pro- 
curer le  bien  du  peuple,  en  développant  l'in- 
fluence du  clergé.  La  science  supérieure  des 
choses  de  Dieu  n'exclut  pas  la  notion  exacte 
des  intérêts  de  ce  monde. 

Enfin,  toujours  vos  curés  se  sont  distingués 
par  un  culte  ardent  du  pays  natal,  comme 
aussi  par  une  conduite  loyale  envers  les  pou- 
voirs établis.  Ils  furent,  comme  leurs  con- 
frères des  autres  paroisses,  de  vrais  artisans 
de  la  fortune  publique  et  de  la  grandeur  na- 
tionale. 

Or,  si  tels  furent  vos  curés,  depuis  la  fonda- 
tion de  votre  paroisse  jusqu'à  nos  jours,  jugez, 
mes  frères,  de  ce  que  furent  vos  pères  dans  la 
foi  et  de  ce  que  vous  avez  été  comme  paroisse. 

III 

Voulez-vous,  mes  frères,  ajuster  votre  vie 
à  celle  des  ancêtres,  et  aller  toujours  votre 
marche  ascendante  vers  le  progrès?  Soyez  des 
enracinés  au  sol!  Aimez  ce  coin  de  terre  qui 
vous  a  vus  naître,  qui  a  été  arrosé  et  fécondé 
par  les  sueurs  des  aïeux.  Avec  quel  soin 
jaloux  ils  se  le  transmirent  de  génération  en 
génération,  de  telle  sorte  que  de  propriétaire 
à  propriétaire,  le  bien  transmis  conserva  pres- 
que toujours  le  même  nom.  Hélas!  quelle 
différence,  souvent,  aujourd'hui.  En  dépit  de 
nos  efforts  pour  enrayer  l'exode  des  campagnes, 
un  grand  nombre  de  nos  jeunes  gens,  ennuyés 


Les  Fêtes  du  Centenaire 


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Les  Fêtes  du  Centenaire 


261 


des  travaux  des  champs,  9'en  vont  dans  les 
grandes  villes  grossir  la  tourbe  des  déracinés, 
qui  y  végètent,  mangent  maigrement  leur  pain 
et  n'ont  pas  même  un  air  pur  pour  dilater 
leurs  poumons.  Se  peut-il  que  Von  n'aime 
plus  à  respirer  l'atmosphère  embaumée  et 
vivifiante  de  nos  prairies  émaillées  de  fleurs? 
Se  peut-il  que  l'on  n'aime  plus  à  contempler 
le  grand  spectacle  des  blés  jaunissants  ployant 
sous  la  caresse  de  la  brise?  C'est  cette  bonne 
odeur  des  champs  qui  grisait  d'une  douce  et 
sainte  ivresse  nos  ancêtres.  Et  Dieu  sait 
s'ils  se  portaient  bien!  Ah!  puissions-nous, 
à  leur  exemple,  aimer  notre  sol! 

Aimons  notre  langue  aussi.  Parlons-la 
avec  un  légitime  orgueil,  cette  belle  langue  fran- 
çaise, aux  périodes  sonores,  aux  expressions 
riches,  variées,  précises.  Nos  pères  nous 
l'ont  léguée,  c'est  un  précieux  héritage.  Nous 
l'avons  conservée  avec  toute  sa  saveur  antique. 
Enrichissons-la  d'expressions  et  de  tournures 
du  terroir — ce  qui  ne  veut  pas  dire  "Hors  le 
terroir,  point  de  talent!" — Mais,  surtout,  je 
le  répète,  parlons-la  notre  belle  langue,  à 
temps  et  à  contre-temps,  aussi  souvent  que  l'oc- 
casion se  présente,  même  en  nous  adressant 
à  nos  amis  de  la  prétendue  race  supérieure. 
Ne  cédons  pas  trop  facilement  à  la  vanité 
de  parler  une  langue  étrangère,  même  sous  le 
prétexte  que  nous  la  possédons  bien.  Imposons 
plutôt  la  nôtre.  Et  l'on  sera  forcé  d'admettre 
qu£  c'est  nous,  en  définitive,  qui  sommes  la 
race  supérieure.  Nos  pères,  les  habitants  d'au- 
trefois, sont  restés  profondément  attachés  aux 
syllabes  françaises  après  la  cession.  C'est  à 
zet  attachement,  qui  ne  souffrit  aucun  alliage, 
que  nous  devons  en  grande  partie  la  pureté 
de  notre  verbe. 

Et  puis,  mes  frères,  et  surtout,  pratiquons 
les  vertus  qui  ont  fait  la  force  de  nos  pères. 
Au  premier  plan,  plaçons  la  sanctification  du 
dimanche  par  un  saint  repos.      Tenons  à 


l'office  paroissial,  à  la  grand'messe  solennelle, 
et  au  prône  du  curé,  même  quand  il  n'est  pas 
très  intéressant.  Rappelons-nous  que  les 
pièces  d'éloquence  sacrée  produisent  une  ex- 
cellente impression,  mais  convertissent  rare- 
ment. Loin  de  moi  l'intention  de  généraliser, 
mais  n'imitons  pas,  mes  frères,  certaines  gens 
en  villégiature,  qui  se  contentent  d'une  messe 
basse  et  s'empressent  à  leurs  plaisirs  pour  le 
reste  de  la  journée.  Comment  expliquer  cette 
déperdition  d'esprit  paroissial  dans  les  pa- 
roisses où  la  villégiature  est  en  vogue?  Il 
faut  avoir  le  courage  de  le  dire,  au  risque  de 
déplaire  à  quelques-uns.  Bien  souvent  ces 
braves  gens  en  villégiature  ressemblent  à  des 
écoliers  en  vacances.  Ils  se  tiennent  pour 
le  moins  en  marge  de  l'esprit  de  la  paroisse 
où  ils  séjournent  et  n'édifient  pas  toujours 
sa  religieuse  population.  D'aucuns,  d'au- 
cunes, aussi,  se  montrent  parfois  bien  exi- 
geants en  matière  de  dévotion.  Parce  que 
toutes  les  confréries  ne  fonctionnent  pas  aussi 
régulièrement  que  dans  les  grands  centres, 
à  raison  des  distances  à  parcourir,  l'on  se 
permet  parfois  des  remarques  assez  peu  obli- 
geantes. L'on  oublie  trop  facilement  qu£ 
la  vieille  dévotion  à  l'office  paroissial  est  à 
la  base  de  toutes  les  autres,  et  qu'elle  a  suffi 
longtemps  à  garder  à  nos  bonnes  populations 
rurales  l'esprit  de  foi  qui  animait  nos  an- 
cêtres et  leur  permettait  de  conserver  leurs 
pieuses  et  saines  traditions.  Oh!  ces  braves 
gens  de  l'ancien  temps,  ils  n'avaient  pas  nos 
belles  routes  carrossables,  ni  nos  rapides 
moyens  de  transport.  En  revanche,  ils  avaient 
beaucoup  de  courage,  une  foi  inébranlable  qui 
leur  faisait  apprécier  le  jour  du  Seigneur 
comme  il  convient. 

Aimons  et  pratiquons  la  justice.  Nos 
pères  auraient  parcouru  un  long  chemin  et 
n'auraient  pas  laissé  coucher  le  soleil  avant 
de  remettre  une  pièce  de  monnaie  qu'on  leur 


262 


Centenaire  de  Beauharnois 


aurait  donnée  par  erreur.  Ils  étaient  francs, 
honnêtes  et  n'avaient  jamais  recours  à  la 
fraude  pour  faciliter  une  transaction.  Quand 
ils  prêtaient  de  l'argent,  toujours  sans  inté- 
rêt, quelques  centaines  de  francs,  à  un  voisin, 
ils  lui  recommandaient  de  n'en  pas  parler. 
Aucun  acte  notarié  n'en  gardait  le  souvenir. 
L'emprunteur  avait  donné  sa  parole,  cela 
suffisait.  Ca  valait  mieux  que  le  papier  tim- 
bré! Les  conditions  de  la  vie  ont  changé, 
mais,  grand  Dieu!  que  les  hommes  aussi  sont 
changés!  Aujourd'hui,  avec  notre  soif  insa- 
tiable d'aisance,  de  confort,  de  luxe,  il  nous 
faut  faire  fortune  rapidement,  par  n'importe 
quel  moyen.  C'est  le  grand  danger.  Et  cela  me 
remet  en  mémoire  ces  conseils  qu'un  ri- 
chissime anglais  donnait  à  son  fils  débutant 
dans  les  affaires:  "My  son,  make  money, 
honestly  if  y  ou  can,  but  make  money."  Voilà 
ce  que  font  pratiquement  bien  des  fils  de 
famille,  qui  n'ont  reçu  d'autre  incitation  à 
faire  fortune  que  l'exemple  des  parents  parfois 
trop  peu  scrupuleux.  Une  autre  justice  à 
laquelle  on  manque  encore  plus  fréquemment 
de  nos  jours,  c'est  celle  qui  consiste  à  respecter 
la  réputation  de  son  prochain.  L'on  se  fera 
scrupule  de  prendre  le  bien  d'autrui.  Mais, 
quel  cas  fait-on  de  son  honneur?  Est-ce  que 
partout  la  réputation  et  l'honneur  ne  valent 
pas  mieux  que  toute  fortune  d'or  et  d'argent? 
L'on  se  fera  scrupule  encore  de  retenir  le  bien 
d'autrui.  D'importantes  restitutions  sont 
faites  fréquemment.  Mais  quelle  démarche 
fait-on  pour  réparer  le  dommage  causé  au  plus 
précieux  des  biens  sur  cette  terre:  l'honneur 
d'un  nom  intact,  irréprochable?  Nos  ancêtres, 
reconnaissons-le,  comprenaient  mieux  que 
nous  le  double  précepte  de  la  justice  et  de  la 
charité  qui  résume  toute  la  loi  du  Christ. 

Ce  n'est  pas  tout  encore.  Voulez-vous,  mes 
frères,  ajuster  davantage  votre  vie  à  celle  de 
vos  pères  et  aller  votre  marche  ascendante 


vers  le  progrès?  Combattez  l'égoîsme.  Cette 
plaie  hideuse  est  en  train  de  paralyser,  chez 
nous  comme  ailleurs,  les  plus  nobles  énergies 
et  les  plus  généreux  sentiments.  Elle  fait  que 
ceux  qui  en  sont  atteints,  une  fois  campés 
confortablement  dans  quelques  positions  lu- 
cratives, oublient  complètement  ce  qui  se  passe 
autour  d'eux.  D'où  cette  anomalie  étrange: 
la  pauvreté,  l'indigence,  la  misère  côtoient 
l'aisance,  la  richesse,  le  luxe.  La  maxime 
ancienne,  c'était:  "Rien  de  ce  qui  intéresse 
mon  frère,  ne  doit  m' être  indifférent."  Aussi, 
il  est  bien  loin  ce  temps  où  les  païens  pou- 
vaient dire  des  chrétiens:  "Voyez  comme  ils 
s'aiment."  L'égoîsme  a  remplacé  la  charité, 
il  dessèche  et  avilit  l'âme,  il  engendre  les  vices 
les  plus  pervers. 

Enfin,  tenons-nous  en  garde,  mes  frères, 
contre  ce  vent  de  révolte,  qui  souffle  en  tempête 
à  travers  l'univers,  et  menace  d'ébranler  toutes 
les  institutions  d'ordre  et  de  stabilité  qui  ré- 
gissent le  monde.  Ce  bolchevisme — puisqu'il 
faut  l'appeler  par  son  nom —  se  manifeste  un 
peu  partout  dans  la  société,  jusque  dans  notre 
catholique  province  de  Québec.  Pourquoi  ces 
grèves  d'ouvriers  contre  leurs  patrons,  cette 
insolence  des  serviteurs  envers  leurs  maîtres, 
cette  tendance  à  niveler  toutes  les  classes? 
Parce  que  tous  les  hommes  ont  la  même  nature, 
en  peut-on  conclure  absolument  à  des  droits 
égaux  et  nier  la  variété  nécessaire  des  condi- 
tions humaines?  C'est  de  la  démocratie  exa- 
gérée. C'est  du  communisme  outrancier. 
Il  faut  revenir  au  vrai  communisme,  au  com- 
munisme chrétien,  qui,  lui,  n'exclut  ni  le  droit 
de  propriété,  ni  le  droit  de  succession.  Il 
faut  revenir  à  la  véritable  démocratie  des  pre- 
miers siècles  de  l'Eglise,  alors  que  la  charité 
était  si  florissante.  L'esprit  paroissial  se 
prête  admirablement  à  la  pratique  de  cette 
vertu,  qui  est  un  gage  et  une  promesse  de 
vrai  succès. 


Les  Fêtes  du  Centenaire 


263 


Développons  donc,  de  plus  en  plus,  dans  le 
sens  de  nos  traditions  ancestrales,  ce  puissant 
facteur  de  progrès,  cet  excellent  excitateur 
d'énergie.  Nous  lui  devons  le  degré  de  per- 
fection déjà  atteint.  Nous  lui  devrons  aussi  de 
tendre  sans  cesse  vers  l'idéal,  ce  qui  vous  per- 
mettra, mes  frères,  de  faire  de  votre  paroisse 
un  modèle  du  genre.  C'est  bien  le  désir  de  tous 
ceux  qui  assistent  à  cette  fête  de  votre  cen- 
tenaire. 

Permettez-moi,  en  terminant,  de  vous  offrir 
mes  plus  sincères  félicitations. 

0  belle  et  grande  paroisse  de  Saint-Clément 
de  Beauharnois,  par  ta  soumission  entière 
à  l'autorité  légitimement  constituée,  par  ton 
obéissance  fidèle  à  tes  pasteurs  dévoués,  par 
ton  zèle  discret  à  contribuer  aux  œuvres 
de  charité,  par  ton  culte  spécial  pour  la 
maison  de  Dieu, — cette  décoration  toute  fraîche 
et  de  bon  goût  est  à  ton  honneur  et  à  l'honneur 
de  l'artiste  qui  l'a  exécutée — tu  as  bien  mérité 
de  la  religion  et  de  la  patrie.  Voilà  pourquoi 
ses  représentants  les  plus  autorisés  sont  ici 
présents  pour  t'honorer.  Reconnais  ce  geste 
magnifique  de  leur  condescendance,  et  qu^  ton 
âme  soit  remplie  de  reconnaissance.  Que  ta 
reconnaissance  monte  plus  haut  et  s'élève 
jusqu'au  trône  de  Dieu,  en  ce  jour  de  jubila- 
tion et  d'actions  de  grâce!  Honneur  à  ton  ex- 
cellent esprit  paroissial!  Honneur  à  tes  pion- 
niers! Honneur  à  tes  curés! 

Mais  ne  vas  pas  l'arrêter  à  contempler 
trop  amoureusement  ces  lauriers  peut-être 
trop  facilement  cueillis.  Vas  plutôt  de  l'avant 
ton  chemin,  vers  de  nouvelles  luttes,  de  nou- 
veaux combats,  de  nouvelles  victoires,  qui 
seront  l'expression  magnifique  de  ta  marche 
ascendante  vers  tout  progrès  véritable.  Et 
alors,  "tu  garderas  la  mémoire  de  ce  jour, 
et  tu  le  consacreras  solennellement  au  Seigneur 
de  générations  en  générations,  par  un  culte 
éternel.  '  ' — Ainsi-soit-il. 


La  cérémonie  s'achève  dans  le  recueille- 
ment général.  Après  la  messe,  l'on  se  rend 
au  Banquet. 

Le  Banquet 

C'est  sur  le  terrain  dit  de  l'Hospice,  au- 
delà  de  la  voie  ferrée  du  New-York-Central, 
presque  en  face  du  cimetière,  qu'est  élevée 
la  grande  tente  du  banquet.  Un  orchestre 
de  Valley field  accueille  les  convives.  Le 
Comité  de  Réception  a  placé  à  l'entrée 
une  grande  table  dite  table  d'honneur.  Une 
quarantaine  de  personnes  s'y  asseoient: 
Mgr  J.-M.  Ëmard,  évêque  de  Valleyfield; 
Mgr  E.-A.  LatuUpe,  évêque  d'Haileybury; 
Mgr  J.-C.  Dorais,  vicaire-général  de  Val- 
leyfield; Mgr  N.-Z.  Lorrain,  vicaire-général 
de  Pembroke;  Mgr  J.-C.  Allard,  P.A.,  curé 
de  Sainte-Martine;  Mgr  J.-A.  Bélanger, 
P.D.,  curé  de  Saint-Louis  de  France,  Mont- 
réal; Mgr  J.-H.  Cousineau,  P.D.,  curé  du 
Sacré-Cœur  de  Montréal;  Mgr  L.-A.  Du- 
buc,  P.D.,  curé  de  Saint-Jean-Baptiste  de 
Montréal;  Mgr  J.-A.  Richard,  P.D.,  curé 
de  Verdun;  Messieurs  les  Chanoines  T. 
Nepveu,  curé  de  la  paroisse  de  Saint- 
Clément;  J.-E.  Aubin,  supérieur  du  collège 
de  Valleyfield;  A.-C.  Dugas,  doyen  du  cha- 
pitre de  Valleyfield;  L.-N.  Préville,  curé 
de  Saint-Jean-Chrysostôme;  R.  Chaput,  an- 
cien curé  de  Chateauguay;  S.-F.-B.  May- 
nard,  curé  de  Saint-Isidore;  R.-M.  Descar- 
ries,  curé  de  Saint-Henri  de  Montréal;  L.-A. 
Mousseau,  principal  de  l'École  Normale  de 
Valleyfield;  L.  Cousineau,  de  l'évêché  de 
Montréal;  M.  l'abbé  J.-D.  Nepveu,  Ph. 
Th.D.,  curé  de  Saint-Anicet;  les  RR.  PP. 
L.-J.  Morin,  C.S.V.,  assistant-provincial, 
et  N.  Vaillancourt,  C.S.V.,  représentant  le 
collège  Bourget;  M.  l'abbé  J.-C.  Chaumont, 
supérieur  du  collège  Sainte-Thérèse;  le  R 
P.  Aug.  Leduc,  O.P.;  chez  les  laïques,  M. 
le  notaire  L.-C.  Tassé,  maire  de  la  ville,  et 


264 


Centenaire  de  Beauharnois 


Mademoiselle  Tassé;  l'Honorable  juge  W. 
Mercier  et  Mademoiselle  Mercier;  l'Hono- 
rable H.  Mercier,  ministre  des  Terres  dans 
le  gouvernement  provincial;  M.  L.-J.  Papi- 
neau,  M.P.;  M.  Achille  Bergevin,  M.P.P., 
et  Madame  Bergevin;  M.  E.-A.  Robert  et 
Madame  Robert;  M.  Edouard  Montpetit, 
secrétaire-général  de  l'Université  de  Mont- 
réal, et  Madame  Montpetit;  M.  Arthur 
Plante,  ex-député;  M.  Howard  Smith,  pré- 
sident de  la  Compagnie  du  même  nom. 

Aux  autres  tables,  les  familles  se  sont 
groupées  autour  de  prêtres,  parents  ou  amis; 
il  y  a  ainsi  36  tables  de  12  personnes;  en 
tout  472  convives  prennent  part  au  festin. 

Après  la  bénédiction  de  la  table  par 
Monseigneur  Ëmard,  de  Valleyfield,  le  repas 
commence.  Les  convives  ont  devant  eux 
le  menu  suivant,  auquel  ils  auraient  mau- 
vaise grâce  de  ne  pas  faire  honneur:'^* 


Menu 


Céleri 


Radis 


Olives 
Potage  julienne 
Salade  de  homard 
Bouchée  de  volaille  Toulouse 
Jambon  Langue         Pâté  de  Foie 

Galantine 
Saucisson 
Aloyau  de  bœuf  rôti 
Pomme  purée 
Salade  chiffonnade 
Mokas,         Eclairs,         Présidents, 
Café  et  chocolat —  Mille  Feuilles 
Fruits  Café 

Le  service  des  tables  est  confié  à  la  maison 
Kerhulu  et  Oudiau,  de  Montréal,  qui  a 
charge  du  banquet;  le  repas  dure  une  heure. 


(1)  Un  paroissien,  M.  Legault,  avait  installé  sur  place  un 
filtre  de  son  invention,  ce  qui  valut  aux  convives  le  plaisir 
de  boire  une  belle  et  bonne  eau  bien  pure  de  "chez-nous." — 
Les  tables  avaient  été  décorées  avec  goût  et  ornées  de,  fleurs, 
don  de  Mademoiselle  Tassé  et  d'un  groupe  de  dames  de  la  ville. 


Tout-à-coup,  les  conversations  cessent: 
Monsieur  le  Curé  est  debout;  c'est  la  se- 
conde partie  qui  commence,  les  santés: 

Monseigneur,  dit  Monsieur  le  Curé,  '^'  nous 
sommes  arrivés  à  la  seconde  partie  du  Ban- 
quet. Je  n'ai  pas  l'intention  de  commencer 
la  série  des  discours.  Je  voudrais  simple- 
ment, Monseigneur,  vous  offrir  d'abord  mes 
plus  sincères  remerciements  pour  tout  ce  que 
vous  avez  fait  pour  la  paroisse  de  Saint-Clé- 
ment de  Beauharnois,  particulièrement  en 
cette  occasion  de  la  célébration  du  centenaire. 

Je  n'ai  pas  de  mots.  Monseigneur,  pour 
vous  exprimer  la  reconnaissance  que  je  res- 
sens pour  Votre  Grandeur  en  cette  occasion. 
Vous  me  permettrez  bien.  Monseigneur,  d'of- 
frir aussi  mes  sincères  remerciements  à  Mon- 
seigneur d'Haileybury,  qui  nous  honore  de  sa 
présence  aujourd'hui,  et  a  entrepris  un  long 
voyage  pour  revenir  dans  une  des  paroisses  de 
son  diocèse  d'origine. 

Je  voudrais  maintenant.  Monseigneur,  en 
quelques  mots,  remercier  les  distingués  prélats, 
les  membres  du  clergé,  les  honorables  magis- 
trats, les  dames  et  messieurs  qui,  aujourd'hui, 
nous  honorent  de  leur  présence.  Je  me  vois 
obligé  de  constater  que  je  suis  à  la  tête  d'une 
paroisse  qui  jouit  d'une  grande  considération, 
et  pour  m'en  convaincre,  je  n'ai  qu'à  jeter  un 
regard  sur  cette  assemblée  des  plus  distinguée. 

Monseigneur,  il  vous  appartient  d'ouvrir 
la  série  des  discours,  voilà  pourquoi  je  vous 
invite  à  présenter  la  santé  de  notre  Saint  Père 
le  Pape. 

Monseigneur  Émard  répond  dans  les 
termes  suivants: 

Monsieur  le  Curé,  nous  sommes  dans  un 
bon  moment  tous  les  deux.  Depuis  hier  nous 
nous  faisons  les  plus  beaux  compliments.  Eh! 
bien,  le  bon  Dieu  a  permis  que  je  puisse  en 

(2)  Nous  devons  à  l'obligeance  de  deux  sténographes,  M . 
Jean  Cotonnier,  d'Ottawa,  et  Melle  M.-A.  Salmon,  de  pouvoir 
reproduire,  à  peu  près  textuellement,  les  discours  du  banquet. 


Les  Fêtes  du  Centenaire 


265 


effet,  dans  le  cours  de,  ma  vie,  rencontrer  sur 
mon  chemin  de  ces  hommes  dont  la  droiture 
et  la  vigilance  permettent  de  tout  leur  confier; 
M.  le  Chanoine  Nepveu  en  est  un,  et  c'est  le 
compliment  qus  je  lui  offre  en  ce  moment.  Je 
parle  de  ce  que  j'ai  vu,  de  ce  que  les  circons- 
tances m'ont  permis  de  voir  en  différentes 
occasions.  Et  c'est  vrai,  j'aime  à  me  rappeler 
avec  grand  plaisir  la  première  visite  faite  à 


la  certitude  qu'on  fera  plaisir  à  tout  le  monde, 
mais  cette  fois  je  suis  assuré  de  mon  succès. 

La  première  est  celle-ci:  en  cette  circons- 
tance solennelle,  Monsieur  le  Maire,  qui  avait 
pensé  à  tout,  s'est  adressé  à  Sa  Sainteté  le 
Pape  Benoit  XV,  le  pontife  de  la  paix,  le 
pontife  de  l'amour  et  le  pontife  du  dévouement 
aux  hommes  et  à  la  charité  universelle,  et  qui, 
malgré  tout,  trouve  encore  le  moyen  de  s'in- 


LA  TENTE  DU  BANQUET 


Beauharnois  quelques  jours  seulement  après 
mon  sacre.  Dans  ce  temps-là,  c'était  le  révé- 
rend Monsieur  Lussier  qui  était  curé  à  Beau- 
harnois, et  je  viens  maintenant,  en  ce  jour  de 
centenaire,  présider  cette  belle  cérémonie,  et 
c'est  le  chanoine  Nepveu  qui  me  reçoit  au- 
jourd'hui.    Vous  en  êtes  fiers;  moi  aussi. 

Maintenant,  Mesdames  et  Messieurs,  je  vais 

vous  dire  deux  choses  bien  agréables;  ce  n'est 

pas  souvent  qu'on  commence  des  discours  avec 


térèsser  aux  choses  d'ordre  secondaire.  Mon- 
sieur le  Maire  avait  donc  envoyé  à  notre  Saint 
Père  le  Pape  une  demande  de  bénédiction 
spéciale  pour  lui-même  et  pour  tous  les  fidèles 
de  la  paroisse  de  Beauharnois  à  l'occasion  de 
cette  grande  fête,  et  je  vous  demande  d'entendre 
la  réponse  du  Saint-Père,  debout. 

L'immense  auditoire  se  lève  et  écoute 
avec  respect  le  télégramme  qui  apporte 
la  bénédiction  du  Souverain  Pontife: 


266 


Centenaire  de  Beauharnois 


Rome,   14  juin   1920. 

M.  Tassé,  Maire  de  Beauharnois,  Que. 

Saint  Père  très  sensible  hommage  filial 
attachement,  soumission  clergé,  communautés 
religieuses  et  fidèles  Beauharnois  réunis  sous 
présidence  leur  vénéré  évéque  pour  célébrer 
centenaire  fondation  cette  paroisse;  leur  en- 
voie de  tout  cœur,  avec  vœux  prospérité  et  ac- 
croissement vie  chrétienne  et  comme  gage 
faveurs  divines,  bénédiction  apostolique. 

Gard.  Gaspari. 

Ce  télégramme  répondait  au  message 
suivant  de  Monsieur  le  Maire: 

Beauharnois,  Que.,  Ganada,  8  juin  1920.     ■ 

A  Son  Éminence  le  Gardinal  P.  Gasparri, 
Secrétaire  d'État  de  Sa  Sainteté, 
Palais  du  Vatican, 

Rome,    Italie. 

Le  clergé,  les  communautés  religieuses  et  les 
fidèles  de  la  paroisse  de  Saint-Glément  de 
Beauharnois,  diocèse  de  Valleyfield,  réunis 
sous  la  présidence  de  leur  évéque  Monseigneur 
J.-M.  Émard,  pour  célébrer  le  Gentenaire  de 
la  fondation  de  leur  paroisse,  sont  heureux 
d'offrir  à  Sa  Sainteté  Benoit  XV,  l'hommage 
de  leur  respectueux  attachement  à  sa  personne 
vénérée  et  de  leur  filiale  smimission  à  son  auto- 
rité apostolique. 

Animés  de  la  plus  vive  reconnaissance  en- 
vers Dieu  et  désireux  de  profiter  pour  l'avenir 
des  leçons  qui  se  dégagent  de  cette  célébration, 
ils  se  prosternent  aux  pieds  de  Sa  Sainteté 
et  sollicitent  le  bienfait  de  sa  bénédiction. 

L.-G.  Tassé,  maire. 
Président  du  Gomité  du  Gentenaire. 

Monseigneur  continue  en  ces  termes: 

Voilà,  Mesdames  et  Messieurs,  un  docu- 
ment qui  va  clore  d'une  façon  plus  solennelle 
et  plus  digne  la  série  de  tout  ce  qui  se  rap- 


porte à  la  paroisse  de  Beauharnois,  et  je  rends 
hommage  à  Monsieur  le  Maire  pour  ce  docu- 
ment qui  lui  appartient  et  qui  fera  honneur, 
sans  doute,  à  la  paroisse  elle-même. 

Je  vous  ai  promis  deux  choses:  or,  voici: 
on  m'invite  à  présenter  la  santé  de  notre  Saint- 
Père  le  Pape,  eh!  bien,  il  est  dans  l'usage  géné- 
ral que  la  santé  du  Pape  soit  faite  en  silence, 
donc  mon  discours  est  fait  à  la  santé  de  celui 
qui,  évéque  de  Rome,  successeur  de  Pierre, 
vicaire  de  Jésus-Ghrist,  Pontife  de  l'Église 
universelle,  embrasse  de  son  cœur  de  Père 
tous  les  chrétiens  et  tous  les  catholiques  du 
monde  entier,  et  nous  n'avons  qu'à  nous  féli- 
citer d'être  l'objet  de  sa  tendresse  toute  mater- 
nelle. 

Après  ces  paroles,  Monsieur  le  Maire  se 
lève  et  dit: 

Monseigneur,  Messieurs  du  clergé.  Mes- 
dames et  Messieurs,  après  avoir  bu  à  la  santé 
de  notre  Souverain  Pontife,  il  convient  de 
boire  à  la  santé  de  Sa  Majesté  le  Roi;  je  pro- 
pose donc  que  nous  levions  nos  verres  à  la 
santé  de  Sa  Majesté  le  Roi." 

Les  convives  se  lèvent  et  boient  à  la  santé 
de  S.  M.  George  V,  pendant  que  l'orchestre 
joue  God  Save  the  King. 

Monsieur  Tassé  continue  comme  suit  : 

Mesdames  et  Messieurs,  avec  votre  con- 
sentement, je  nommerai  un  Maître  de  santés 
dans  la  personne  de  Monsieur  Tancrède 
Fortin,  avocat,  natif  de  la  ville  de  Beauharnois. 

Monsieur  l'avocat  Fortin,  à  partir  de  ce 
moment,  est  le  président  actif  du  banquet, 
et  il  s'acquitte  de  sa  tache  difficile  avec 
facilité  et  tact.    Il  débute  ainsi: 

Monseigneur,    Messieurs    du    clergé.    Mes- 
dames et  Messieurs, 

L'hiver  dernier,  en  février  je  crois,  le  dis- 
tingué pasteur  de  cette  paroisse  me  demandait, 
certainement  par  courtoisie,  si  j'aimerais  à 


Les  Fêtes  du  Centenaire 


267 


adresser  la  parole  au  cours  de  ce  banquet.  Je 
lui  ai  immédiatement  répondu — je  dois  vous 
V avouer — que  j'en  serais  très  orgueilleux,  par- 
ce que  l'occasion  est  exceptionnelle,  mais  j'ai 
tout  de  même  ajouté  qv£  je  ne  parlerais  pas. 
Pourquoi?  Parce  que  je  n'ai  aucun  titre 
pour  le  faire.  Je  suis  paroissien  de  Saint- 
Clément,  mais  rien  de  plus,  et  comme  on  doit 
limiter  les  discours,  si  toutes  les  personnes  qui 
ont  autant  le  droit  de  parler  que  moi  le  fai- 
saient, on  n'en  finirait  plus.  Cependant  on 
m'a  donné  un  rôle  à  remplir,  non  pas  de 
parler,  mais  de  faire  parler  les  autres. 

Eh!  vous  allez  voir  comme  je  vais  en  pro- 
fiter. ... 

Une  santé  qui  m'est  bien  chère  et  qui  n'est 
pas  sans  me  causer  une  bien  agréable  satisfac- 
tion, c'est  celle  de  nos  éoèques,  et  plus  parti- 
culièrement celle  de  Vévêque  de  notre  diocèse. 
Trop  de  souvenirs  inoubliables  sont  attachés 
à  sa  personne  pour  que  je  ne  puisse,  avec  sin- 
cérité et  reconnaissance,  lui  souhaiter  longue 
vie. 

Il  y  aura  bientôt  trente  ans.  Sa  Grandeur 
faisait  sa  première  visite  en  cette  paroisse; 
j'étais  du  nombre  des  enfants  que  notre  Évêque 
était  venu  enrôler  dans  l'armée  des  Soldats 
du  Christ. 

Quelques  années  plus  tard,  il  ouvrait  bien 
grandes  les  portes  de  son  collège  diocésain  à 
Valleyfield,  pour  y  préparer  aux  combats  de 
la  vie  ceux  qu'il  avait  confirmés  la  veille. 
Grâce  à  ce  zèle  et  à  ce  dévouement,  la  paroisse 
Saint-Clément  peut  se  vanter  d'avoir  fourni 
d'excellents  sujets:  au  clergé,  aux  professions 
libérales,  au  commerce,  à  l'industrie  et  à  la 
terre. 

Tout  récemment  encore  l' évêque  de  Valley- 
field a  voulu  témoigner  d'une  manière  toute 
particulière  son  attachement  à  notre  paroisse 
alors  qu'il  a  nommé  notre  curé  Chanoine  de  sa 
Cathédrale. 

Cette  nomination,  il  est  vrai,  était  due  au 


mérite,  mais  nous  remercions  le  ciel  que 
l'honneur  en  soit  tombé  sur  nous. 

Ce  zèle,  ce  dévouement  que  l'on  trouve  chez  un 
membre  de  l'épiscopat  canadien,  on  est  toujours 
certain  de  le  retrouver  chez  tous  les  autres  évê- 
ques  de  l'Église  Catholique  de  la  Puissance. 

C'est  le  cas  de  dire:  "Ab  uno  disce  omnes." 

Je  vous  invite  donc.  Mesdames  et  Messieurs, 
à  boire  à  la  santé  de  nos  Ëvêques  et  je  de- 
mande à  Monseigneur  Latulipe  de  bien  vou- 
loir répondre  à  cette  santé." 

Monseigneur  l'évêque  d'Haileybury  ré- 
pond par  la  belle  allocution  suivante  : 

Messieurs  du  clergé,  Mesdames  et  Messieurs, 
Je  trouve  que  l'auditoire  fait  acte  de  haute 
sagesse  en  applaudissant  parce  que,  lorsque 
Von  parle  sans  être  préparé,  je  crois  qu'il 
vaut  toujours  mieux  applaudir  avant  qu'après. 
Je  voudrais  vous  dire  d'abord  pourquoi 
j'assiste  aujourd'hui  à  ce  banquet.  C'est 
d'abord  pour  me  rendre  à  l'aimable  invitation 
de  Monsieur  le  Chanoine  Nepveu,  curé  de  la 
paroisse  de  Saint-Clément  de  Beauharnois, 
c'est  pour  répondre  à  une  vieille  amitié,  et 
comme  je  suis  heureux  de  pouvoir  lui  faire 
aujourd'hui  ce  petit  plaisir!  C'est  une  raison 
d'ordre  général,  parce  que  Monsieur  Nepveu 
exerce  la  même  attraction  sur  tout  le  monde, 
et  cela,  nous  le  savons,  date  depuis  bien 
longtemps. 

Je  disais  hier  soir,  devant  les  élèves  du 
Couvent  et  quelques  citoyens,  que  je  n'ai  pas 
l'honneur  d'être  l'évêque  de  Valleyfield;  c'est 
la  vérité,  mais  ce  n'est  pas  toute  la  vérité;  je 
dois  vous  dire  que  j'ai  failli  être  l'évêque  de 
Valleyfield;  il  n'y  avait  qu'une  raison  pour 
cela  et  c'est  une  bonne,  c'est  que  je  suis  né  à 
Saint-Anicet,  une  des  plus  gentilles  paroisses 
du  diocèse  de  Valleyfield;  et  vraiment,  en  en- 
tendant  ce  matin  le  curé  de  Saint-Anicet  en 
chaire,  on  se  demande  si  la  chance  est  perdue 
pour  toujours. 


268 


Centenaire  de  Beauharnois 


Maintenant,  on  me  demande  de  répondre  à 
la  santé  des  Êvèques;  je  dois  vous  dire  que  je 
suis  un  peu  embarrassé.  Ceci  peut  paraître 
un  peu  invraisemblable,  mais  je  dois  vous 
avouer  que  quoique  j'aie  soixante  ans  bien 
révolus,  c'est  la  première  fois  de  ma  vie  que 
j'ai  à  répondre  à  une  santé  quelconque;  vous 
me  direz  que  c'est  bien  le  temps  de  commencer^ 
Eh!  bien,  je  commence,  mais  embarrassé. 
Une  autre  raison  beaucoup  plus  délicate,  c'est 
qu'on  me  demande  de  parler  à  la  santé  des 
Évêqu£s,  et  je  vois  ici  une  multitude  de  curés  et 
de  chanoines  qui  trouvent,  même  parmi  les 
meilleurs,  que  les  Évêques  ont  toujours  une 
trop  bonne  santé.  Je  me  contenterai  donc  de 
vous  demander  de  boire  à  la  santé  des  Évêques. 

Je  dois  vous  avouer  maintenant  que  je  n'ai 
plus  rien  à  dire,  tout  a  été  dit  depuis  hier  soir, 
d'une  manière  si  parfaite,  d'abord  par  Mon- 
sieur le  Curé  et  Monsieur  le  Maire  de  Beau- 
harnois, et  enfin  par  Sa  Grandeur  l'Evêque  de 
Valleyfield;  je  crois  qu'on  ne  peut  rien  ajouter 
davantage;  j'aurais  voulu  aussi  parler  sur  les 
curés;  eh!  bien.  Monsieur  Nepveu,  ce  matin, 
nous  a  dit  le  bien,  je  crois,  que  l'on  peut  dire 
des  curés. 

Je  me  contenterai  donc  de  dire  quelques 
mots  sur  l'Évêque.  Mesdames  et  Messieurs, 
l'Êvêque  est  un  facteur  puissant;  il  est  le  lien 
matériel  et  spirituel  de  la  paroisse;  je  crois 
que  je  n'ai  pas  besoin  de  prouver  cela.  La 
paroisse  ne  peut  pas  naître  sans  le  concours 
efficace  de  l'Évêque;  et  qvMnd  elle  est  née,  il 
faut  que  l'Évêque  soit  toujours  là  pour  qu'elle 
se  développe  normalement,  pour  qu'elle  aille 
à  ses  destinées  et  qu'elle  remplisse  son  but. 

L'Évêque  a  bien  des  moyens  de  le  faire;  il 
a  sa  prière,  et.  Mesdames  et  Messieurs,  je  dois 
vous  dire  que  les  Évêques  prient  toujours  pour 
les  paroisses  de  leur  diocèse.  Ils  prient  à 
toutes  les  fêtes,  tous  les  dimanches  et  tous  les 
jours  de  l'année,  pour  chacun  de  ceux  que  la 


Providence  leur  a  confiés.  L'Évêque  a  encore 
ses  instructions,  ses  lettres  pastorales  qui 
viennent  porter  la  lumière  partout  où  il  y  a  be- 
soin de  lumière,  et  qui  empêchent  les  abus  qui 
paraissent  se  glisser  de  temps  en  temps  même 
parmi  les  meilleures  populations;  et  enfin 
l'Évêque  a  son  clergé  et  ses  communautés  reli- 
gieuses; il  a  ses  curés,  ses  prêtres,  et  c'est  sur 
eux  qu'il  compte  pour  travailler  et  faire  l'œuvre 
du  bon  Dieu  dans  son  diocèse;  ils  sont  les  col- 
laborateurs dévoués  jusqu'à  l'héroïsme  quel- 
quefois, et  j'en  sais  quelque  chose  dans  le 
nord.  Ah!  mes  frères,  si  je  n'avais  pas  mon 
clergé  là-bas  et  si  je  n'avais  pas  le  clergé  que 
j'ai,  je  ne  pourrais  jamais  implanter  l'Église 
catholique  dans  ces  régions  qui  n'ont  pas  tous 
les  avantages  de  vos  belles  paroisses  de  la 
province  de  Québec.  Et  je  tiens  ici,  au  nom 
de  l'Église,  à  remercier  les  prêtres  de  leur 
concours  si  efficace  et  à  leur  demander  de  con- 
tinuer toujours  à  être  les  aides  puissants  de 
VÉpiscopat.  Alors,  nos  paroisses  continue- 
ront à  faire  l'œuvre  qu'elles  ont  toujours  faite 
et  l'Eglise  catholique  sera  partout  respectée 
comme  elle  le  mérite.  Tout  ceci  est  de  la  théo- 
rie, mais  il  y  a  aussi  la  pratiqua.  Si  on  re- 
garde VÉpiscopat  depuis  le  commencement 
de  ce  pays,  on  verra  que  les  Évêques,  en  effet, 
ont  été  partout  et  toujours  à  la  tête  de  tous  les 
mouvements  religieux  et  nationaux,  toujours 
appuyés  par  le  clergé.  Je  n'ai  pas  besoin  de 
nommer  ceux  qu'on  a  nommés  hier  soir,  mais 
rappelons-nous  Mgr  Plessis,  Mgr  Bourget, 
de  sainte  et  vénérable  mémoire,  et  le  bon  Mon- 
sieur Fabre;  si  je  voulais  continuer,  je  pour- 
rais mentionner  Mgr  Émard,  mais  je  ne  veux 
pas  nommer  votre  nom,  Monseigneur,  parmi 
ceux  qui  sont  morts  quand  vous  désirez  vivre 
et  quand  tout  le  monde  le  désire  avec  vous. 

Quand  les  applaudissements  qui  saluent 
ces  belles  paroles  sont  finis,  Monsieur  le 
Président  du  Banquet  propose  en  quelques 


i/ES  FÊTES  DtJ  Centenaire 


269 


mots  la  santé  de  nos  Hommes  d'État,  et  il 
invite  l'Honorable  M.  Mercier,  représentant 
du  Cabinet  provincial,  à  répondre.  Celui-ci 
parle  en  ces  termes: 

Messeigneurs,  Révérends  Messieurs,  Mesda- 
mes et  Messieurs, 

S'il  m'est  permis  de  comparer  les  choses 
profanes  aux  choses  sacrées,  je  me  permettrai 
de  faire  une  suggestion  au  maître  des  Céré- 
monies, ce  que  l'on  appelle  en  français  le 
"Toast  M  aster,"  me  rappelant  quelques  paro- 
les de  Sa  Grandeur  Monseigneur  Émard  ap- 
pliquées à  la  province  de  Québec  ou  plutôt  aux 
hommes  d'État,  et  ce  qui  était  dit  tout  à  l'heure 
au  sujet  de  la  santé  de  Notre  Saint  Père  le 
Pape.  Monseigneur  nous  disait  que  c'est 
une  santé  qui  doit  se  boire  en  silence;  il  me 
semble  que  si  la  santé  de  la  province  de  Québec 
était  mise  sur  le  même  rang,  il  y  aurait  peut- 
être  beaucoup  d'hommes  d'Etat  qui  y  gagne- 
raient et  plus  particulièrement  celui  qui  a 
l'honneur  de  vous  adresser  la  parole.  Je  suis 
tenté  de  dire,  quoique  ce  soit  un  peu  banal, 
invité  à  la  dernière  heure  à  remplacer  aujour- 
d'hui l'un  de  nos  collègues  empêché  d'assister 
à  ces  fêtes  grandioses,  et  quoique  ayant  accepté 
de  venir,  à  titre  pur  et  simple  de  citoyen  de  ce 
diocèse  et  citoyen  de  la  paroisse  de  Chatau- 
guay,  la  paroisse  voisine,  j'ai  accepté  cepen- 
dant, je  vous  prie  de  le  croire,  vous  tous  de 
Beauharnois,  la  tâche  très  agréable  de  venir 
vous  transmettre  un  message  au  nom  du  Gou- 
vernement de  la  province  de  Québec;  ce  mes- 
sage, c'en  est  un  plein  de  souvenirs  des  choses 
du  passé,  un  message  de  félicitations  pour  le 
présent,  et  un  message  de  vœux  pour  l'avenir. 

En  célébrant  aujourd'hui  le  centenaire  de  la 
fondation  de  la  paroisse  de  Saint-Clément  de 
Beauharnois,  l'on  n'a  pas,  il  me  semble, 
voulu  seulement  célébrer  la  fête  d'un  tout  petit 
coin  de  la  Province;  comme  il  a  été  dit  à  mille 
reprises,  depuis  le  commencement  de  ces  fêtes, 


la  paroisse  a  été  indiscutablement  la  base  fon- 
damentale de  notre  province  et  même  de  ce  pays, 
et  si  nous  avons  pu  progresser  comme  nous 
l'avons  fait,  c'est  dû  à  nos  institutions  parois- 
siales, à  ceux  qui  les  ont  dirigées,  à  ceux  dont 
nous  avons  bu  la  santé. 

Il  y  a  quelques  instants,  vous  buviez  à  la 
santé  des  Evêques  qui  ont  contribué,  dans  les 
combats  difficiles,  à  maintenir  tout  ce  que  nous 
avons  de  sacré.  N'allez  pas  croire  pour  un 
instant  que  je  veuille  m' étendre  sur  le  sujet 
prolongé  d'avance,  dans  les  quelques  remar- 
ques qu£J'ai  l'honneur  de  vous  faire  ici.  Loin 
de  moi  cette  idée;  cependant,  si  j'avais  dans 
l'idée  de  me  laisser  emporter  peut-être  un  peu, 
parce  que  je  suis  avocat,  à  vouloir  vous  parler 
trop  longuement,  je  ne  pourrais  m'empêcher 
de  revenir  à  la  réalité,  parce  que  tout  à  l'heure 
j'entendais  murmurer,  pas  bien  loin  de  moi, 
que  les  discours  devaient  être  courts;  et  placé 
comme  je  le  suis  en  ce  moment,  je  cherche 
à  regarder  bien  loin,  mais  je  me  trouve  malgré 
moi  rappelé  au  sens  de  la  réalité  et  obligé  de 
baisser  les  yeux  un  peu,  parce  que  quelques- 
uns  de  mes  voisins  ont  placé  devant  eux  leur 
montre;  de  temps  à  autre,  dans  un  mouve- 
ment machinal,  ils  jouant  du  remontoir,  et 
j'en  conclus  que  mes  dix  minutes  sont  à  la 
veille  d'expirer.    Je  serai  excessivement    bref. 

Je  remercie  les  organisateurs  de  cette  fête 
d'avoir  bien  voulu  m'associer  à  ceux  qui  ont 
répondu  à  des  santés;  et  encore  une  fois,  au 
nom  du  Gouvernement  de  la  province  de  Qué- 
bec où  je  représente  le  district  de  Beauharnois, 
et  spécialement  prié  de  la  part  du  premier 
Ministre,  j'offre,  à  vous  citoyens  de  la  paroisse 
de  Beauharnois,  avec  nos  sincères  félicita- 
tions à  l'occasion  des  fêtes  qui  se  terminent 
aujourd'hui,  nos  vœux  les  plus  sincères  pour 
l'avenir. 

Monsieur  le  Président  propose  ensuite 
la  santé  du  clergé  paroissial.    Il  rappelle  que 


270 


Centenaire  de  Beauharnois 


"l'histoire  d'une  paroisse,  c'est  l'histoire  de 
son  clergé,"  et  il  invite  le  R.  P.  Augustin 
Leduc,  O.P.,  à  répondre  à  cette  santé,  ce 
qui  est  fait  dans  les  termes  suivants: 

Monseigneur, 

Hier  soir,  vous  avez  évoqué  le  magnifique 
rêve  de  Monseigneur  de  Laval  contemplant, 
250  ans  à  l'avance,  le  merveilleux  développe- 
ment de  son  église  canadienne.  Permettez 
qu'un  enfant  de  Saint-Clément  rappelle  le 
rêve  aussi  réel  dans  son  accomplissement, 
bien  que  plus  humble  dans  son  objet,  qu'il  fit, 
il  y  a  quelques  semaines,  quand  il  reçut  du 
Comité  des  Fêtes  du  Centenaire,  la  très  hono- 
rable invitation  de  dire,  en  cette  circonstance 
mémorable,  le  rôle  de  notre  clergé  paroissial. 

J'imaginai  donc.  Mesdames  et  Messieurs, 
qu'aujourd'hui  passerait  devant  nous  un 
long  cortège;  voici  ce  que  je  vis  et  ce  qu'il  me 
semble  qu£  je  revois  en  ce  moment. 

De  la  paroisse  voisine  de  Chateauguxiy  s'a- 
vance, vers  Beauharnois,  un  défilé:  en  tête 
est  la  croix  du  Christ  qui  s'empare  de  ce  nou- 
veau territoire;  elle  est  portée  par  l'ange  gar- 
dien de  la  paroisse.  Suivent  des  hommes 
vêtus  de  noir  qui  portent  au  front  le  caractère 
des  élus  de  Dieu;  ils  vont  par  groupes. 

Devant  le  premier  est  une  bannière  avec  ce 
mot:  ^^ précurseur" ;  ce  sont  des  religieux.  De 
Ville-Marie,  du  Sault  Saint-Louis,  ils  se  di- 
rigent vers  "les  pays  d'en  Haut";  ils  passent 
par  Beauharnois;  ils  s'arrêtent  au  Buisson, 
où  ils  évangélisent  les  sauvages;  sur  notre  sol 
ils  ont  dit  les  premières  messes.  Je  les  re- 
garde s'éloigner  avec  émotion,  je  les  salue: 
"Honneur  à  vous,  hérauts  du  Christ  et  de 
l'Evangile!" 


Un  deuxième  groupe  s'avance;  sa  bannière 
porte  ce  mot:  "fondateurs."  Il  y  a  là  l'abbé 


Deguire  qui,  en  1800,  a  planté  une  croix  où 
s'élève  l'église  actuelle;  ses  confrères,  les  curés 
de  l'Ue  Perrot  et  des  Cèdres,  sont  tout  près; 
souvent  ils  sont  venus,  sur  la  demande  de  l'évê- 
que  de  Québec,  secourir  leurs  paroissiens  émi- 
grés sur  nos  rives;  souvent,  ils  ont  dit  la  messe 
dans  les  demeures  privées.  Que  de  fois,  sans 
doute,  dans  la  halte  de  deux  courses  aposto- 
liques, ils  ont  gravi  la  colline  où  nous  sommes: 
d'ici,  par  dessus  les  grands  arbres,  au-delà  du 
lac,  leur  œil  voyait  le  clocher  de  l'Ile  Perrot, 
leur  cœur  devinait,  plus  loin,  ceux  de  Vau- 
dreuil,  des  Cèdres,-  de  Pointe-Claire  ou  de 
Chateauguay;  ils  rêvaient  d'une  autre  église 
qui  surgirait,  un  jour,  de  ce  sol,  dans  ce  coin 
de  nature  que  le  Créateur  a  fait  si  beau,  et  où 
commençaient  déjà  à  ensemencer  les  colons 
partis  de  "chez  eux." 

A  côté  d'eux,  je  vois  les  curés  de  Chateau- 
guay qui,  jusqu'en  1819,  ont  été  nos  curés; 
deux  d'entre  eux  ont  effectivement  fondé  la  pa- 
roisse, l'un,  l'abbé  Bruguier,  en  dirigeant  nos 
pères  vers  l'autonomie  religieuse,  l'autre, 
l'abbé  Bourget,  en  construisant  notre  première 
église  et  notre  premier  presbytère.  Et  je  songe 
à  leur  dévouement  et  à  leur  désintéressement 
au  service  de  nos  ancêtres. 

Puis,  je  vois  passer  l'abbé  Antoine  Man- 
seau,  qui  a  bénie  notre  première  église,  et 
l'abbé  Nicholas  Dufresne,  qui  y  a  célébré  la 
première  messe. 

Enfin,  derrière  eux  vient  un  prêtre  encore 
jeune;  c'est  l'abbé  Pierre  Clément,  notre  pre- 
mier curé;  pendant  plusieurs  années  il  a 
desservi  simultanément  Saint-Clément,  Sainte- 
Martine  et  Saint-Timothée;  c'est  lui  qui  a  or- 
ganisé ici  la  vie  paroissiale  avec  un  zèle  qu'ont 
reconnu  nos  ancêtres  quand  130  d'entre  eux 
ont  écrit  à  l'évêque  leur  regret  de  voir  partir 
un  pasteur  si  dévoué;  à  tous  ces  prêtres- 
fondateurs,  je  dis  au  passage:  "Honneur  à 


Les  Fêtes  du  Centenaire 


271 


vous!  S'il  y  a  à  Saint-Clément  une  paroisse, 
c'est  vous  qui  l'avez  donnée  à  l'Église!" 


Et  maintenant,  voici  venir  un  troisième 
groupe;  sur  sa  bannière  est  écrit:  "continua- 
teurs;" il  est  plus  nombreux;  j'y  compte  66 
personnes;  ce  sont  nos  neuf  curés,  nos  trois 
desservants  et  nos  cinquante-quatre  vicaires, 
qui,  depuis  l'abbé  Cléynent,  ont  continué  et 
affermi  l'œuvre  paroissiale. 

Ils  passent,  nos  curés:  Labelle,  Tétreau, 
Quintal,  Carron,  Viau,  Charland,  Jasmin, 
Lussier  et  Nepveu;  celui-ci  me  rappelle  qu'il 
a  fait  ériger  canoniquement  la  paroisse  en 
1829  (Labelle);  celui-là,  qu'il  s'est  dévoué 
pendant  l'épidémie  de  choléra  en  1832  (Té- 
treau); un  autre  me  dit  que  pendant  les 
troubles  de  1838,  il  a  guidé  ses  paroissiens 
selon  les  directions  de  l'autorité  (Quintal); 
d'autres  me  rappellent  qu'ils  ont  commencé 
la  construction  de  l'église  (Carron  et  Viau). 
Enfin,  en  voici  un,  à  l'air  austère,  qui  me  rap- 
pelle 36  ans  de  service  au  milieu  de  nous;  sous 
son  administration,  l'église  a  été  à  peu  près 
terminée,  une  salle  paroissiale,  un  presbytère, 
un  collège,  un  couvent,  des  écoles,  un  hospice 
ont  été  construits,  deux  paroisses  ont  été  déta- 
chées de  Saint-Clément,  trois  communautés 
religieuses  sont  arrivées  dans  notre  paroisse 
(Charland)  ;  un  dernier  fait  entendre  les 
orgues  qu'il  a  procurées  à  l'église,  et  indique 
les  Clercs  de  Saint-Viateur  qu'il  a  amenés 
ici  (Jasmin). 

Derrière  eux,  passent  deux  hommes  aux 
traits  mieux  connus:  le  premier  me  dit  qu'il  a 
fait  ériger  nombre  de  confréries  pour  aug- 
menter la  vie  chrétienne,  qu'il  a  aidé  à  la  so- 
lennité des  offices  divins  par  l'acJmt  de  riches 
ornements;  surtout,  il  montre  avec  joie  les  pau- 
vres et  les  malheureux  qu'il  a  aimés  d'un 
amour  de  prédilection;  sur  sa  bannière  est 


cette  devise:  "J'aimerai  tant  mes  paroissiens, 
qu'à  la  fin,  ils  m'accorderont  tout  ce  que  je 
demanderai" ;  et  à  cette  parole  de  charité  et 
de  bonté,  je  reconnais  notre  neuvième  curé,  le 
chanoine  Pierre-Eucher  Lussier,  de  sainte 
mémoire. 

Enfin,  un  homme  s'avance,  le  dernier  du 
groupe  des  curés;  il  regarde  le  cimetière,  qui 
est  son  œuvre  incontestée,  le  presbytère  où  il 
a  assuré  la  sécurité  des  archives  paroissiales 
.  .  .  et  celle  aussi  des  vicaires  par  d'opportunes 
améliorations,  l'église,  où,,  grâce  à  lui,  les  céré- 
monies sont  bien  ordonnées,  le  chant  liturgique 
plus  goûté,  l'église  que  la  générosité  des  parois- 
siens, le  goût  des  architectes  ei  des  peintres  et 
l'habileté  des  ouvriers  lui  ont  permis  de  faire 
si  belle  et  si  attrayante;  ses  traits  sont  révéla- 
teurs de  bonté,  de  fermeté  et  de  discrétion;  il 
porte  avec  une  dignité  parfaite  les  insignes  du 
chapitre  cathédral  de  Valleyfield:  vous  recon- 
naissez. Mesdames  et  Messieurs,  notre  très 
digne  curé,  Monsieur  le  chanoine  Théodule 
Nepveu. 

En  route,  trois  prêtres  sont  entrés  dans  le 
rang,  les  abbés  Bourassa,  Desmarais  et  Rou- 
leau; à  des  titres  divers,  en  1843, 1854  et  1881, 
ils  furent  les  desservants  de  Saint-Clément. 

De  tout  près  suit  le  groupe  des  vicaires; 
j'en  compte  54  de  1844  à  1919,  c'est-à-dire  de 
l'abbé  Fabien  Jeannotte  à  Messieurs  les  abbés 
Octave  Delisle  et  Damien  Saint-Aubin,  nos  si 
estimés  vicaires  d'aujourd'hui.  Je  n'ai  qu'un 
regret,  celui  de  ne  pouvoir  les  nommer  tous, 
mais  il  est  notoire  que  tous  ont  été  de  dévoués 
auxiliaires  de  nos  curés;  de  ces  54  prêtres,  les 
uns  sont  morts;  d'autres  sont  retirés  du  minis- 
tère après  une  longue  et  fructueuse  carrière 
sacerdotale;  d'autres  sont  à  la  tête  d'impor- 
tantes paroisses  ou  membres  de  chapitres, 
d'autres,  enfin,  sont  encore  vicaires.  Dans  ce 
groupe  un  homme  semble  s'attarder  à  Beau- 
harnais,  et  je  reconnais  celui  de  nos  vicaires 


272 


Centenaire  de  Beauharnois 


qui  a  eu  le  plus  long  séjour  au  milieu  de  nous, 
l'inoubliable  Monsieur  J.-E.  Gauthier. 


Et  ainsi,  ils  viennent  de  passer  devant  nous, 
les  précurseurs,  les  fondateurs,  les  continua- 
teurs de  notre  œuvre  paroissiale;  un  à  un, 
missionnaires,  curés,  desservants,  vicaires, 
ils  ont  défilé.  Je  regarde  s'éloigner  ce  beau 
cortège  sacerdotal;  en  un  dernier  coup  d'œil 
d'ensemble,  je  songe  à  tout  ce  que  représentent 
ces  existences  qui,  pendant  100  ans,  ont 
été  vécues  au  milieu  de  nous,  avec  nous, 
pour  nous.  Ces  prêtres  de  paroisse  ont  ac- 
compli ici,  comme  d'autres  ailleurs,  la  mis- 
sion de  l'Eglise:  mission  doctrinale  et  mis- 
sion pastorale  par  leur  parole  à  l'église,  à 
l'école,  dans  les  conversations;  mission  sanc- 
tificatrice par  leur  exemple  et  par  les  Sacre- 
ments. A  cette  œuvre  commune  chacun  a  ap- 
porté sa  note  distincte!  Cependant,  quels 
qu'aient  été  leur  tempérament  et  leurs  dons 
spéciaux,  de  quelque  durée  qu'ait  été  leur 
séjour  ici,  aujourd'hui,  après  cent  ans,  re- 
gardant les  œuvres  matérielles  et  spirituelles 
qiù  attestent  leur  activité,  il  faut  dire  que  notre 
clergé  a  fait  de  grandes  choses;  et  c'est  pour- 
quoi, au  nom  de  tous  ceux  qu'ils  ont  guidés 
et  servis,  au  nom  des  morts  qui  reposent  à 
côté  de  plusieurs  d'entre  eux,  au  nom  des 
vivants  présents  et  absents,  je  dis  à  nos  prêtres: 
"Honneur  à  vous!  Vrais  imitateurs  du  Christ, 
vous  êtes  passés  en  faisant  le  bien!  Que  votre 
mémoire  ne  cesse  d'être  en  bénédiction." 

Messieurs  du  clergé,  j'ai  dépassé  peut-être 
les  dix  minutes  réglementaires.  .  .  .  le  souve- 
nir de  vos  bienfaits  m'y  a  forcé;  permettez  que 
j'en  prenne  encore  quelques  autres  pour  asso- 
cier à  votre  œuvre  ceux  qui  n'en  ont  jamais  été 
séparés     en  réalité:  les  paroissiens!^^^     Les 


vieux: 


Dans  le  cortège  paroissial,  ce  groupe  a  sa 
place;  il  suit  de  très  près  ses  prêtres;  il  se 
compose  de  plusieurs  milliers  d'hommes,  de 
femmes,  d'enfants  et  de  vieillards.  Aux  pre- 
miers rangs  sont  les  pionniers-fondateurs: 
les  Hainault,  les  Hébert,  les  Lebœuf,  les 
Boyer,  les  Laberge;  ils  arrivent  avant  que  l'é- 
glise soit  construite;  ils  peuplent,  et  rapide- 
ment, les  bords  du  lac;  ils  s'élancent  dans  les 
bois,  ouvrent  les  rangs,  font  la  terre  neuve, 
bâtissent  église,  presbytère  et  écoles,  s'éten- 
dent jusqu'à  Saint-Timothée  et  Sainte-Mar- 
tine; là  ils  s'arrêtent,  parce  qu'un  clocher 
les  protège.  Ils  se  fixent  au  sol  qui  les  ac- 
cueille si  bien.  Puis,  les  générations  se  suc- 
cèdent, aux  fortes  vertus  de  la  race.  Ils  pas- 
sent, nos  syndics,  nos  marguiïliers,  nos  chan- 
tres, nos  organistes,  nos  bedeaux  et  nos  cons- 
tables;  ils  passent  nos  habitants — les  pre- 
miers— nos  ouvriers,  nos  marchands,  nos  ma- 
nufacturiers, nos  financiers,  nos  hommes  de 
profession;  ils  passent  nos  maires,  nos  con- 
seillers, nos  commissaires  d'école. 

Et  je  me  dis  que  tous  ces  hommes  et  toutes 
ces  femmes  ont  fait,  eux  aussi,  leur  part  dans 
la  vie  de  la  paroisse.  N'est-ce  pas  leur  dé- 
vouement et  leur  générosité  et  leur  foi  catholi- 
que qui  ont  permis  au  clergé  défaire  tant  et  de 
si  belles  œuvres?  Car,  qui  eût  bâti  les  églises 
et  les  presbytères  si  nos  ancêtres  n'avaient 
eu  le  courage  des  sacrifices  nécessaires? 
Et  à  quoi  eussent  servi  des  écoles  si  nos  vieux 
grands-pères  et  nos  grand'-mères  ne  les 
eussent  peuplées  d'enfants?  Et  comment 
eussent  vécu  nos  prêtres  si  les  paroissiens 
n'eussent  été  généreux?  Et  comment  la 
vie  chrétienne  se  fût-elle  conservée,  si  nos  vieux 
n'eussent  gardé  la  fermeté  de  foi  et  l'austérité 
de  mœurs  qui  l'entretiennent?  Ne  les  oublions 
pas,  nos  vieux.    A  eux  aussi  disons:  "Hon- 

(1)  Monsieur  le  Curé  avait  demandé  à  celui  qui  fut  chargé 
de  répondre  à  la  santé  du  clergé  de  ne  pas  oublier  les  parois- 


Les  Fêtes  du  Centenaire 


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Les  Fêtes  du  Centenaire 


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neur  à  vous!  Pendant  100  ans,  vous  avez 
marché  à  côté  et  presque  du  même  pas  que  nos 
prêtres!  Par  vous,  nous  gardons  nos  tradi- 
tions." 

*  * 

* 

Et  ainsi,  Mesdames  et  Messieurs,  tout  un 
monde  paroissial  passa  et  passe  encore  devant 
nous.  A  regret,  je  le  vois  s'éloigner.  Der- 
rière lui,  fermant  la  marche,  est  notre  céleste 
patron  saint  Clément.  Le  cortège  s'en  va, 
d'un  pas  alerte,  où  le  mènent  ses  destinées 
providentielles,  sous  la  conduite  de  l'ange  de 
la  paroisse  et  la  garde  de  son  patron.  Ces 
destinées  sont  déjà  fort  honorables;  qu'elles 
deviennent  de  plus  en  plus  glorieuses!  Qu'ici, 
pendant  le  siècle  d'histoire  qui  commence, 
clergé  et  paroissiens  continuent,  dans  la  paix, 
la  même  œuvre!  Que  selon  le  souhait  de  N. 
S.  P.  le  Pape,  il  y  ait  un  constant  accroisse- 
ment de  vie  chrétienne,  pour  l'honneur  de 
notre  paroisse  de  Saint-Clément  et  pour  la 
gloire  de  la  grande  paroisse  dont  nous  sommes 
tous  paroissiens,  Notre  Mère  la  Sainte 
Église." 

Monsieur  Fortin  propose  ensuite  la  santé 
de  Nos  Lois;  l'Honorable  Juge  W.  Mercier 
y  répond. 

Monsieur  le  Président, 
Messeigneurs, 

Mesdames  et  Messieurs, 

Je  violerais  les  lois  immuables  de  la  vérité 
si  je  ne  vous  disais  sincèrement  que  je  n'ai 
pu  accepter  la  gracieuse  invitation  de  dire 
quelques  mots  en  cette  circonstance  mémorable 
sans  être  saisi  d'un  sentiment  d'hésitation, 
{en  même  temps  que  d'un  sentiment  de  joie): 
d'hésitation,  d'abord,  à  la  vue  du  fardeau  que 
j'assumais  en  l'occurence;  de  joie,  ensuite,  à 
la  pensée  de  l'honneur  que  l'on  m'offrait  de 


participer  activement,  et  par  l'esprit  et  par  le 
cœur,  à  cette  fête  grandiose  dont  l'éclat  et  le 
souvenir  agréable  et  ineffaçable  seront  doré- 
navant enregistrés  en  lettres  d'or  dans  les  an- 
nales de  cette  paroisse  centenaire,  et  dans 
l'âme  de  ceux  qui  en  sont  les  heureux  témoins. 

Eloigné  depuis  douze  ans  de  la  tribune; 
chassé  gracieusement  des  rangs  du  Barreau 
oïl  parfois  encore  peuvent  avec  avantage  se 
déployer  les  ailes  de  l'éloquence,  vers  les  sphères 
plus  sereines  de  la  magistrature  où  presque 
toujours,  hélas!  l'éloquence  est  obligée  de  fermer 
ses  ailes,  vous  comprendrez  facilement  ce  senti- 
ment d'hésitation  dont  je  vous  ai  parlé  il  y  a  un 
instant. 

Cependant,  Mesdames  et  Messieurs,  il 
existe  dans  la  vie  de  l'homme  de  ces  occasions 
où  il  ne  peut  décemment  se  dérober  aux  obliga- 
tions que  la  vie  sociale  lui  impose,  et,  son 
amour  propre  dût-il  en  souffrir,  il  lui  faut 
obéir  à  la  voix  impérieuse  du  devoir  et  ré- 
pondre avec  empressement  à  l'appel.  Je 
plaide  les  circonstances  atténuantes  et  je  sol- 
licite donc  votre  indulgence,  cette  indulgence 
aimable  et  empressée  que  vous  n'avez  jamais 
refusée  à  personne  et  que  vous  avez  toujours,  au 
contraire,  accordée  à  l'effort,  à  la  bonne  vo- 
lonté et  au  courage  valeureux. 

Permettez-moi,  Messeigneurs  et  Messieurs, 
avant  de  toucher  au  sujet  qui  m'est  dévolu, 
d'ouvrir  une  parenthèse  et  de  vous  dire  que  je 
m'associe  du  plus  profond  de  mon  âme  à  cette 
fête  du  centenaire  de  la  fondation  de  cette  pa- 
roisse. Je  m'y  associe  d'autant  plus  cordiale- 
ment et  ardemment  que  depuis  ma  jeunesse 
j'ai  été  un  des  vôtres.  J'ai  vécu  de  votre  vie 
non  seulement  alors  que  je  venais  passer  mes 
vacances  d'été  sur  les  bords  de  votre  beau  lac, 
au  sein  de  la  famille  du  premier  magistrat 
qu'il  a  plu  au  gouvernement  de  Sa  Majesté 
de  vous  donner  pour  administrer  la  justice  des 
Cours  Supérieures  dans  ce  district, — je  veux 


276 


Centenaiee  de  Beauharnois 


parler  de  l'honorable  juge  Bélanger,  cet  émi- 
nent  jurisconsulte  qui,  pendant  trente  ans,  a 
fait  l'orgueil  de  votre  paroisse  et  l'a  édifiée  par 
son  grand  caractère  et  ses  grandes  vertus  civi- 
ques,— mais  également  pour  y  avoir  aussi  vécu 
moi-même  avec  ma  famille  depuis  de  nom- 
breuses années,  années  qui  compteront,  je  le 
confesse  avec  plaisir,  au  nombre  des  plus  heu- 
reuses de  ma  vie. 

Nous  venons  de  quitter,  Messeigneurs  et 
Messieurs,  le  temple  de  Dieu,  de  ce  Dieu  qui, 
il  y  a  cent  ans,  n'avait  pas,  dans  ce  joli  coin 
de  terre,  pour  abriter  sa  majesté,  le  temple 
imposant  d'où  nous  venons  de  sortir,  et  dont 
la  restauration  tout  récente,  due  à  l'ini- 
tiative et  à  l'effort  géant,  je  pourrais  dire,  de 
notre  vénéré  et  distingué  curé,  fait  l'orgueil 
non  seulement  de  notre  paroisse,  mais  égale- 
ment de  notre  province. 

Gloire  à  vous,  mon  cher  Monsieur  Nepveu, 
si  aujourd'hui  les  citoyens  de  cette  paroisse 
peuvent  se  glorifier  d'avoir  un  des  plus  beaux 
temples  de  cette  province!  Il  fera  bon  de  s'y 
rendre,  de  s'y  agenouiller,  d'adorer  le  Sauveur 
des  hommes  et  de  rendre  grâce  au  Très-Haut 
de  ses  bénédictions,  de  ses  faveurs  et  de  sa 
grande  miséricorde. — "Hosanna  in  Excelsis 
— pleni  sunt  Cœli  et  terra  gloria  tua." 

Je  quitte  à  regret  le  temple  de  Dieu  pour 
pénétrer  un  instant  dans  le  sanctuaire  de  nos 
lois.  Nos  lois:  deux  mots,  en  vérité,  bien 
laconiques,  mais  comportant  en  eux-mêmes 
une  importance  de  premier  ordre.  En  effet,  que 
serions-nous  si  nous  n'avions  à  la  base  même 
de  notre  société  des  codes  de  lois  constitution- 
nelles, politiques,  sociales,  civiles  et  religieu- 
ses? Que  serait  notre  pays?  Que  seraient  les 
neuf  grandes  provinces  de  la  Confédération 
canadienne,  si  nous  n'avions  l'Acte  de  l'Amé- 
rique Britannique  du  Nord,  cette  magnifique 
constitution  qui  a  créé  à  même  la  moitié  de 
l'Amérique  septentrionale  cet  immense  "Do- 


minion" dont  la  tête  altière  se  baigne  dans  les 
eaux  glaciales  du  Pôle  Nord,  dont  les  gigan- 
tesques épaules  sont  caressées,  l'une  tantôt 
mollement,  tantôt  impétueusement  par  les 
eaux  mystérieuses  de  l'Océan  Pacifique,  et 
l'autre  par  les  eaux  mieux  connues  de  l'Océan 
Atlantique,  et  dont  les  pieds  d'airain,  solides 
et  vigoureux,  reposent  avec  assurance  sur  sa 
frontière  méridionale  longue  de  3,000  milles? 
Que  serait  notre  société  civile  si  elle  n'était 
étayée  de  lois  régissant  et  réglant  avec  autorité 
les  rapports  des  citoyens  entre  eux;  les  diri- 
geant intelligemment  vers  une  fin  commune; 
l'amour  du  vrai,  du  beau  et  du  bien;  synthé- 
tisant, en  leurs  principes  mêmes,  cette  doc- 
drine  du  Christ:  aimez-vous  les  uns  les  autres; 
ne  faites  pas  aux  autres  ce  que  vous  ne  vou- 
driez pas  qu'on  vous  fît  à  vous-mêmes;  tra- 
duisant également  cette  doctrine  du  philosophe 
qui,  sans  doute,  l'avait  puisée  lui-même  dans 
les  enseignements  de  l'Homme-Dieu:  Soye 
honnêtes? 

Que  seraient,  en  effet,  nos  rapports  civils 
et  sociaux  si  nous  n'avions  à  la  base  même  de 
notre  organisation  sociale  nos  lois  civiles,  nos 
lois  de  procédure  civile  et  nos  lois  criminelles, 
les  premières  ayant  pour  fin  de  déterminer 
les  droits  et  les  obligations  d'un  chacun;  les 
deuxièmes,  le  mode  de  faire  valoir  ces  droits 
et  de  faire  exécuter  ces  obligations,  et  les 
troisièmes,  la  mise  en  accusation  et  le  châti- 
ment de  ceux  qui  les  transgressent? 

Que  seraient  nos  municipalités  sans  leurs 
lois  organiques  pourvoyant  à  leur  constitu- 
tion et  à  la  mise  en  mouvement  de  tous  ces 
rouages  indispensables  à  tout  territoire  bien 
organisé,  tendant,  dans  leur  ensemble  et  dans 
leurs  détails,  à  atteindre  la  fin  que  le  législa- 
teur a  eue  en  vue? 

Que  seraient  nos  paroisses?  Que  serait  notre 
paroisse  de  Saint-Clément,  dont  nous  célé- 
brons pompeusement,  ce  jour  même,  le  superbe 


Les  Fêtes  du  Centenaire 


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Les  Fêtes  du  Centenaire 


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centenaire,  s'il  n'y  avait  eu  pour  présider  à 
sa  naissance  et  à  sa  fondation,  nos  lois  parois- 
siales, cette  magnifique  législation,  la  résul- 
tante du  travail  d'esprits  supérieurs  et  pondé- 
rés, législation  qui  a  assuré  à  cette  province  le 
groupement  de  toutes  ces  belles  paroisses  éche- 
lonnées coquettement  sur  les  bords  de  notre 
grand  fleuve  et  à  l'intérieur  de  son  immense 
territoire? 

Puis-je  parler  de  lois,  Messeigneurs  et 
Messieurs,  sans  songer  un  instant  aux  Cois 
organiques  de  l'Eglise?  Que  serait  l'Eglise 
Catholique,  Apostolique  et  Romaine,  si  elle 
n'avait  ses  lois  éternelles  et  immuables  pro- 
clamées et  promulguées  par  Dieu  lui-même, 
par  saint  Pierre  et  ses  successeurs? 

Vous  m'avez  invité,  Monsieur  le  Président, 
à  vous  parler  de  nos  lois,  et  vous  m'avez  attri- 
bué pour  ce  faire  dix  minutes.  Dix  minutes, 
dis-je,  pour  conférer  d'un  sujet  aussi  ample, 
je  pourrais  dire,  que  le  monde.  Homme  de 
loi  vous-même,  vous  connaissez  mieux  qu'au- 
cun autre  toute  l'ampleur  de  la  proposition, 
et  ceux  à  qui  j'ai  l'honneur  d'adresser  la  pa- 
role auront  une  faible  idée  de  l'étendue  du  su- 
jet quand  je  leur  dirai  que  sur  les  lois  civiles 
seules,  Laurent,  le  grand  jurisconsulte  Lau- 
rent, a  écrit  33  volumes  de  plus  de  500  pages 
chacun. 

Loin  de  moi  la  pensée,  Messeigneurs  et 
Messieurs,  de  vous  retenir  bien  longtemps  sur 
cette  question  importante, — je  me  ferais  pro- 
fesseur, je  n'en  ai  ni  le  temps  ni  le  talent,  et  ce 
n'est  pas  non  plus  la  circonstance  de  le  faire. — 
Je  saisis  plutôt.  Monsieur  le  Président,  dans 
le  fait  de  votre  part  de  m'avoir  appelé  à 
adresser  la  parole  dans  cette  grande  fête  de 
famille,  la  pensée  délicate  de  faire  participer 
activement  votre  premier  Magistrat  à  cette 
imposante  démonstration  et  lui  donner  ainsi 
la  précieuse  occasion  d'élever  la  voix  au 
milieu  de  la  bonne  population  que  le  Gouver- 


nement de  Sa  Majesté  a  bien  voulu  soumettre 
à  sa  juridiction. 

Depuis  plus  de  dix  ans,  j'ai  l'insigne  hon- 
neur d'administrer  la  justice  dans  le  district 
de  Beauharnois,  et  je  n'ai  qu'à  me  féliciter  des 
bons  rapports  que  j'ai  eus  avec  mes  justicia- 
bles dont  les  dispositions  et  les  tendances, 
toujours,  je  suis  fier  de  le  proclamer  publique- 
ment, sont  plutôt  de  respecter  la  loi  qu£  de  la 
violer.  Honneur  à  eux,  car  oii  domine  le  res- 
pect des  droits  d'un  chacun,  la  paix,  l'ordre  et 
la  concorde  ne  peuvent  que  régner,  et  ce,  au 
grand  bénéfice  de  la  société. 

Je  vous  remercie.  Monsieur  le  Président, 
du  plus  profond  de  mon  cœur  de  ce  témoignage 
de  considération.  En  m'honorant  ainsi,  vous 
honorez  la  Magistrature  de  votre  province  dont 
je  s^lis  un  humble  représentant  et  dont  les 
fonctions  ne  tendent  qu'à  assurer  le  maintien 
de  l'édifice  social  et  de  contribuer  ainsi  à  la 
prospérité,  au  bonheur  et  au  développement 
chrétien  de  l'humanité. — Merci." 

Enfin,  c'est  la  dernière  santé  au  pro- 
gramme, celle  de  l'Éducation.  Pour  traiter 
le  sujet,  on  avait  invité  M.  Edouard  Mont- 
petit;  le  choix  était  doublement  heureux, 
d'abord  à  cause  de  la  compétence  de  l'ora- 
teur, et  ensuite  parce  que  Monsieur  Mont- 
petit  est  fils  de  feu  A.-N.  Montpetit,  litté- 
rateur de  marque  et  "enfant  de  chez  nous", 
comme  le  remarque  délicatement  M.  For- 
tin, dans  ses  paroles  de  présentation. 

Monsieur  Montpetit  ne  voulut  pas  se 
limiter  rigoureusement  à  l'éducation  ;  il  vou- 
lut, en  exploitant  des  notes  de  son  père,  nous 
parler  des  commencements  de  Beauhar- 
nois, et  cela  nous  a  valu  le  petit  chef- 
d'œuvre  qui  suit: 

Monsieur  le  Président, 

J'eusse  accepté  votre  invitation  quand  même 
la  double  fonction  que  l'on  a  bien  voulu  me 


2S0 


Centenaire  de  Beauharnois 


confier  depuis  deux  mois  eût  été  plus  lourde  et 
plus  absorbante   encore. 

La  fête  que  vous  célébrez  est  une  première 
et  suffisante  raison  de  répondre  par  Vem- 
pressement  à  V amabilité  de  votre  accueil. 

Un  centenaire,  c'est  l'occasion  de  rappeler 
une  naissance  et,  trop  souvent,  de  consacrer 
un  souvenir.  L'astre  immortel  se  lève  plus 
tôt  sur  la  tombe  du  juste.  Il  est  rare  qu'un 
homme  soit  de  tout  son  siècle.  On  n'atteint 
cent  ans,  chez  les  humains,  que  par  une  bien- 
veillante distraction  de  la  Providence,quoiquen 
pensent  les  austères  démographes  qui  tentent 
d'expliquer  par  le  climat  un  phénomène  où, 
par  une  amusante  inversion  de  la  langue 
populaire,  l'homme  mûr  redevient  vert. 

La  statistique,  qui  est  partout  et  qui  n'en 
sort  jamais,  enregistre  pieusement,  et  non  sans 
une  arrière-pensée  de  revanche,  le  nombre  des 
centenaires.  Les  bâtonnets  inscrits  aux  for- 
mules officielles  forment  une  haie  inutilement 
dressée  contre  l'inévitable  invasion.  Aussi, 
quelle  dut  être  la  stupéfaction  du  Directeur 
de  la  Statistique  française  lorsque,  procédant 
il  y  a  quelques  années  au  lourd  appareil  d'un 
recensement  général,  il  constata  que  les  cente- 
naires de  Paris  et  de  la  banlieue  s'étaient 
formidablement  multipliés.  Il  en  surgissait 
de  tous  les  quartiers.  En  dix  ans,  la  France 
paraissait  avoir  vieilli  de  cent.  Informations 
prises,  il  comprit  que  les  midinettes  s'étaient, 
faute  de  mieux,  payé  ce  qu'on  peut  appeler  par 
euphémisme  la  tête  de  l'Administration:  des 
centenaires,  la  plus  vieille  avait  peut-être 
vingt  ans!  N'est-ce  pas  votre  cas?  Pour  vous, 
avoir  cent  ans,  c'est  être  jeune  et  recevoir 
l'assurance  de  la  durée.  Vous  pouvez  faire 
bravement  l'avance  de  l'heure. 

Vous  offrez  mieux  que  cent  ans  de  vie  si 
vous  nous  donnez  la  précieuse  leçon  d'un 
siècle  d'histoire. 


Vous  dirais-je  à  mon  tour  la  fécondité  de  la 
paroisse  canadienne-française?  Vous  con- 
naissez l'aventure  d'un  prédicant  américain 
qui  parlait  sur  les  prophètes.  Longuement, 
il  avait  exposé  la  gloire  et  les  hauts  faits  des 
plus  grands  parmi  eux.  Puis,  avec  une  ai- 
sance qu'il  était  apparemment  seul  à  partager, 
il  dit:  "Nous  allons  maintenant  passer  aux 
prophètes  d'une  importance  moindre,  aux 
petits  prophètes.  Prenons  Malachie.  Quelle 
place  donnerons-nous  au  prophète  Malachie?" 
A  ce  moment,  une  voix  résolue  l'interrompt 
depuis  l'auditoire:  "Je  lui  céderai  bien  vo- 
lontiers la  mienne."  Je  ne  vois  guère  que  je 
puisse  faire  autre  chose,  ni  que  vous  puissiez 
exiger  moins. 

Et  pourtant!  Comment  ne  pas  revenir  à  ce 
spectacle  d'ordre  et  de  tradition  agissante  et 
sûre,  lorsque  les  esprits  s'inquiètent  de  l'avenir 
et  cherchent  à  ramener  la  paix  dans  une  so- 
ciété que  la  guerre  a  meurtrie  après  l'avoir 
brutalement  décimée?  La  paroisse  est  un  orga- 
nisme moral.  La  famille,  "société  domestique 
réelle  et  antérieure  à  toute  société  civile" ,  sui- 
vant le  mot  de  Léon  XIII,  constitue  ce  que 
Le  Play  appelle  la  "cellule  sociale."  Des  ro- 
manciers, d'un  mérite  littéraire  inégal  et  par- 
fois contestable,  ont  exprimé  la  permanence 
de  cette  forme  initiale  et  la  beauté  qu'elle 
révèle  et  l'apaisement  qu'elle  apporte  à  qui 
sait  reconnaître  la  nécessité  des  liens  qu'elle 
assure  et  qu'elle  projette  dans  le  temps.  La 
paroisse  nait  par  un  processus  comparable  à 
celui  qui  suscite  l'individu  humain:  par  le  dé- 
doublement des  cellules  sous  l'impérieuse  im- 
pulsion du  principe  vital,  par  la  coordination 
patiente  des  familles  qu'un  même  sort  rappro- 
che et  confond,  par  une  pensée  commune  faite 
de  foi,  de  confiance,  d'assistance,  presque  de 
parenté,  par  le  grand  devoir  d'unité  av/jnel 
tout  groupe  se  soumet  qui  veut  braver  demain. 
C'est  l'âme  de  ce  groupe  que  le  clocher  con- 


Les  Fêtes  du  Centenaire 


281 


centre,  pour  la  répandre  ensuite  sur  le  perpé- 
tuel recommencement  des  êtres  et  des  choses 
et  la  porter  comme  un  écho  dans  le  cœur  de 
ceux  qui  croient.  L'homme  connaît  ainsi  une 
seconde  intimité  et  reçoit  la  conscience  d'une 
force  éternelle. 

Pour  nous,  la  paroisse  garde  une  seconde 
signification.  Peuple  de  guetteurs,  nous 
avons  placé  sur  les  hauteurs  ce  feu  de  vi- 
gilance et  d'éveil.  C'est  là  que  s'est  tapie 
notre  résistance.  Elle  a  été  d'une  volonté 
constante  et  tenus.  Etroite  peut-être,  passive, 
routinière  et  têtus;  mais  comment  lui  en  faire 
un  reproche,  si,  à  cause  de  ces  bons  défauts 
qu'elle  tenait  des  ancêtres,  elle  a  été  en  défi- 
nitive victorieuse?  Là  s'est  accomplie  la 
petite  vie,  faite  chaque  jour  d'acceptation  et 
de  surveillance,  où  la  lutte  a  incessamment 
germé,  où  la  durée  s'est  formée  comme  un 
tissu  nouveau.  La  paroisse  a  été  le  salon  clos 
sur  un  parfum  ancien,  où  nous  avons  disposé 
nos  meubles  de  famille,  nos  bijoux,  nos  souve- 
nirs. De  temps  à  autre,  nous  y  avons  des 
réunions  comme  celle-ci.  Chacun  s'y  salue 
d'un  mot  resté  fidèle.  On  y  parle  des  siens , 
des  disparus,  des  aïeux  du  pays.  Et  l'un  de 
nous  chante  une  chanson  de  France. 

Aussi  bien  est-ce  vers  ce  salon  que  je  vou- 
drais plutôt  vous  conduire.  J'entends  vous 
faire  une  visite  non  de  politesse,  mais  de 
parenté.  J'ai  bien  vu  que  vous  le  saviez  au 
soin  que  vous  avez  mis  à  me  dire:  Entrez 
donc  vous  asseoir.  J'ai  cette  chance  inespérée, 
mais  si  vaine  pour  qui  a  renoncé  à  la  poli- 
tique, de  pouvoir  combattre  l'argument  "étran- 
ger" dans  deux  ou  trois  circonscriptions  de  la 
province:  né  à  Montmagny,  je  suis  venu  en 
droite  ligne  de  Montréal,  et  par  l'Ile  Perrot, 
à  Beauharnois.  Vous  pourriez  me  reprocher 
de  vous  avoir  oubliés.  Vous  auriez  tort.  Je  ne 
vous  ai  pas  laissé  un  instant  du  souvenir. 
Et  la  première  raison  qui  m'a  fait  accourir  à 


votre  appel,  c'est  que  je  suis  des  vôtres  par 
les  miens. 

L'Histoire  de  Beauharnois 

Avant  de  venir,  j'ai  revu  de  vieux  papiers 
de  famille.  J'ai  écouté  parler  mon  père  qui 
m'apparente  à  cette  paroisse.  Avec  une 
émotion  que  je  ne  peux  pas  taire,  j'ai  partagé 
son  sentiment  sur  ce  coin  de  terre  où  il  est  né 
et  dont  je  voudrais,  sous  sa  dictée  qui  m'est 
familière,   reprendre  quelques  traits. 

Les  commencements  de  Beauharnois  l'ont 
intéressé.  En  1885,  au  moment  de  Riel  à  qui 
il  devait  consacrer  une  ardente  poésie,  il 
revivait  la  première  heure  de  cette  terre  que  les 
bûcherons  avaient  soupçonnée  sous  la  sauvage 
sournoiserie  des  grands  pins. 

Je  retrouve  là  la  paroisse  gardienne  de  la 
tradition  et  centre  de  défense.  "Le  Canadien 
suit  les  églises  qui  sont  les  vrais  jalons  de  la 
civilisation" ,  écrit-il.  Il  n'y  avait  alors 
d'églises  qu'aux  Cèdres  et  au  sud  de  Chateau- 
guay;  la  forêt  du  milieu  était  encore  ignorée 
des  blancs.  Les  gars  de  l'Ile  Perrot  eurent  la 
confiance  de  la  conquérir.  Ils  plaçaient  plus 
haut  qu£  leur  peine  la  lourde  promesse  du  sol. 
Ils  vinrent  ici  fonder,  sûrs  de  trouver  ce  qui 
suffisait  à  leur  bonheur:  la  bonne  et  large 
simplicité  d'une  vie  de  travail.  Endurance  et 
gaieté,  voilà  la  devise  de  nos  premiers  gestes: 
elle  suffirait  à  caractériser  d'autres  faits 
accomplis  par  la  France,  dans  le  monde. 

Faut-il  redire  comment  le  pionnier  baptisa 
de  ses  sueurs  ce  pays  neuf  et  raconter  le  long 
corps-à-terre  qui  demeure  notre  titre  fonda- 
mental à  tous  les  respects?  L'homme  ouvre 
au  blé  le  sol  libéré  de  l'étreinte  des  racines,  et 
son  bras  abat  les  cimes  de  l'horizon.  A  son 
côté,  sa  compagne  "manie  la  faucille  après 
avoir  déposé  son  nourrisson  sur  une  javelle 
dorée,  au  milieu  des  souches  noircies,  à  demi- 
brûlées,  à  portée  de  sa  voix."   Bientôt,  auiour 


282 


Centenaire  de  Beauharnois 


du  premier  foyer, la  cristallisation  humaine 
s'opère.  Les  colons  viennent,  de  tout  près 
d'abord,  puis  de  la  Côte  Beaupré  et  de  VAca- 
die.  La  paroisse  s'ébauche  qui  réclamera 
demain  qu'on  la  reconnaisse,  qu'on  lui  trace 
des  bornes,  qu'on  lui  donne  des  chefs. 

Lointaine  époque  où,  le  luxe  en  est  encore 
au  Moyen-Age,  sinon  même  à  plus  loin,  où 
le  bûcheron  porte  son  blé  sur  l'épaule  et 
pendant  des  lieues  jusqu'au  moulin,  où  les 
patins  sont  des  côtes  de  bœuf  et  le  vêtement 
des  petits  "une  jaquette  de  peau  de  che- 
vreuil"; où  il  n'y  a  "pas  de  taxes,  de  coti- 
sations, pas  d'hommes  de  profession,  pas  de 
juges,  de  magistrats,  pas  d'huissiers,  de 
shérifs,  pas  même  de  politiciens" ;  et  pas  de 
médecins,  "car  on  ne  connaissait  qu'une 
maladie,  la  vieillesse";  où  "l'on  mourait 
comme  on  avait  vécu,  dans  les  bras  des  pa- 
rents et  le  regard  au  ciel" ;  où  les  plus  anciens, 
qui  avaient  connu  les  soldats  de  la  Légende, 
se  réunissaient  pour  espérer  plus  fort  en 
espérant  ensemble: 

Là,   des  héros  tombés  dans  le  dernier 

combat, 
On  pouvait  un  instant  s'entretenir  sans 

crainte  .... 

Dans  ces  cabanes  où,  dormait  l'armoire 
aux  habits  de  fête,  où,  "derrière  un  rideau  de 
droguet",  reposait  "la  carafe  remplie  de  bon 
rhum  blanc  de  la  Jamaïque"  qui  perlait 
l'hospitalité;  où  l'on  connaissait  peut-être 
Napoléon  et  à  peine  Papineau;  "dans  ces 
humbles  cabanes  de  pièces  sur  pièces,  bâties 
en  queues  d'aronde,  à  même  les  arbres  de  la 
forêt  dont  elles  prenaient  la  place,  il  y  avait 
plus  de  bonheur,  plus  d'espérances  légitimes, 
que  bien  des  maisons  bourgeoises  n'en  con- 
tiennent ou  n'en  contiendront  jamais.  On 
avait  de  la  jeunesse,  de  l'amour,  de  la  vi- 
gueur, de  la  santé;  cela  suffisait  pour  faire 
face  aux  privations  et  aux  plus  rudes  labeurs. 


Plus  on  avait  travaillé  le  jour,  mieux  on 
dormait  la  nuit.  Souvent  on  s'endormait 
à  genoux,  les  coudes  sur  l'escabeau  ou  la 
bûche  servant  de  siège,  au  milieu  d'un  cha- 
pelet interrompu  qu'on  laissait  au  bon  ange 
le  soin  d'achever.  Il  n'en  était  qu£  mieux 
dit  et  plus  méritoire." 

Désormais,  l'histoire  commence.  Des  mots 
nouveaux  font  parler  la  carte  naguère  muette: 
Saint-Timothée,  Saint-Clément,  Sainte-Ma- 
rie, Saint-Louis,  Saint-Etienne,  Sainte-Cé- 
cile, Salaberry  et  Valleyfield,  Beauharnois. 
Retenons  le  beau  son  historique  que  rend  ce 
dernier  nom.  Serait-ce  abuser  que  de  vous 
citer,  à  ce  propos,  une  autre  page  écrite  en 
1885  et  qu'on  croirait  pensée  d'hier?  Je  n'y 
ai  rien  changé,  par  pitié  filiale  sans  doute, 
mais  aussi  pour  montrer  ia  continuité  des 
résistances  que  nos  âmes  entretiennent  en  se 
succédant: 

Des  noms  glorieux 

"Quand  vous  énumérez  les  noms  de  nos 
anciennes  seigneuries  dont  plusieurs  ont  été 
retenus  par  des  comtés,  vous  croyez  voir  se 
lever  une  armée  de  héros  rangés  sous  le 
drapeau  de  la  Nouvelle^France.  C'est  Jac- 
ques-Cartier, Champlain,  Longueuil,  Rou- 
ville,  d'Iberville,  Contrecœur,  Chambly,  Cha- 
teauguay,  de  Bienville,  surnommés  les  ma- 
chabées  canadiens:  c'est  Laval,  Montcalm, 
Joliette,  Perrot,  Vaudreuil,  Rigaud,  Sou- 
langes,  Montmagny,  Lévis,  Lotbinière,  Ni- 
colet,  Verchères,  Boucherville,  Salaberry.  J'en 
omets,  et  des  plus  beaux,  des  plus  brillants, 
émerveillé  que  je  suis  de  leur  nombi'e,  ébloui 
de  leur  éclat.  Eh!  n'avons-nous  pas  constellé 
tout  le  continent  de  noms  canadiens?  Que 
de  villes  américaines  portent  orgueilleusement 
les  noms  des  découvreurs,  de  nos  mission- 
naires, de  nos  simples  aventuriers!  Le  peuple 
des  États-Unis  n'a  pas  cru  se  mésallier  en 
épousant  notre  gloire.    Que  le  Haut-Canada 


Les  Fêtes  du  Centenaire 


283 


n'a-t-il  été  aussi  bien  inspiré?  Kingston  ne 
s'appelait-il  pas  Frontenac?  Pourquoi  Va- 
t-on  débaptisé?  Mais  laissons  faire,  à  en 
juger  par  le  mouvement  de  notre  population 
vers  la  province  d'Ontario,  le  jour  n'est  pas 
éloigné  où  des  mains  françaises  iront  gratter 
le  plâtre  sur  lequel  a  été  inscrit  le  nom  de 
Kingston,  et  sous  le  plâtre  on  retrouvera  le 
nom  de  Frontenac  tout  rayonnant  de  splen- 
deur. 

"Qui  donc  a  pu  se  targuer  d'effacer  notre 
histoire,  lorsque  nous  avons  de  tels  morts  pour 
la  garder?  Ne  savent-ils  pas  que  le  Canada 
français  est  le  panthéon  de  l'Amérique?  Qui 
donc  a  pu  rêver  la  proscription  de  la  langue 
française  d'un  sol  dont  les  pierres  mêmes  ont 
des  noms  français  et  ne  parlent  qu£  de  la 
France!  Si  ces  projets  odieux  devaient  réussir, 
la  chrétienté  et  la  civilisation  en  seraient 
désorientées,  et  la  gloire,  se  voyant  arracher  ses 
fils  aînés,  réduite  à  maudire  sa  maternité, 
prendrait  le  voile  de  veuve,  en  face  de  bour- 
reaux eunuques  impuissants  à  féconder  ses 
flancs  généreux. 

"Dressez  un  monument  national,  ins- 
crivez tous  ces  noms  dessus  et  vous  aurez  une 
colonne  plus  radieuse  que  la  colonne  Ven- 
dôme avec  toutes  ses  victoires.  Car  avec 
l'épée,  la  croix  et  la  charrue,  ceux-là  ont  plus 
fait  pour  le  bien  de  l'humanité  que  Napoléon 
1er  par  toutes  ses  batailles  et  ses  conquÉtes." 

Depuis  le  jour  où  l'enfant  de  la  paroisse 
dont  je  vous  ai  apporté  le  témoignage  revenait 
d'une  pêche  au  Buisson,  heureux  comme 
trois  princes,  portant  "trois  ablettes  et  un 
vairon  dans  sa  petite  chaudière",  glorieuse- 
ment péchés  à  l'aide  d'une  "ligne  formée  d'une 
aiguillée  de  fil  de  chanvre,  armée  d'un  ha- 
meçon d'épingle  et  attachée  à  une  branche  de 
troène",  rêvant  d'être  un  jour  l'égal  du  père 
Fanfan  Brossait,  qu'est-il  advenu?  Le  pro- 
grès.    Les  usines  ont  remplacé  la  forêt:  un 


nouvel  orgueil  a  détruit  l'autre  au  prix  des 
nervosités  de  la  vie  moderne. 

Faut-il  le  regretter?  En  avons-nous  même  le 
loisir?  Craindrons-nous  les  lendemains  dont 
rêvaient  peut-être  nos  conquistadores  munis 
de  la  houe  et  de  la  cognée? 

La  question  de  l'enseignement 

C'est  poser  l'ensemble  de  notre  problème 
et,  par  suite,  la  question  de  l'enseignement 
qui  servit  de  prétexte  à  votre  charmante  invi- 
tation. Quelques  mots  l'énoncent:  adapter  nos 
traditions  aux  conditions  nouvelles  que  le 
temps  nous  impose.  Vivre  et  survivre. 
L'Ecole  qui  ne  peut  guère  sans  la  famille,  le 
quartier  et  la  rue,  assurerait  une  double 
solution  par  l'éducation  et  l'instruction,  deux 
choses  différentes  que  l'homme  doit  s'attacher 
à  confondre  en  lui-même. 

L'éducation  dresse  le  caractère  et  donne  la 
personnalité.  Son  programme,  comme  on  dit 
de  nos  jours,  les  hautes  raisons  de  notre 
passé  le  lui  tracent  nettement.  Il  y  a  sûre- 
ment des  "qualités  à  acquérir",  et  nos  voisins 
peuvent  nous  en  offrir  quelques-unes;  mais  le 
commandement  auquel  nous  obéirons  ne  vien- 
dra que  de  nous-mêmes.  Nous  sommes  des 
Canadiens-français.  C'est  un  titre,  et  singu- 
lièrement lourd.  Attachons-nous  donc  à 
notre  pays.  Apprenons  à  l'aimer.  Nous  ne  le 
connaissons  pas.  Nous  négligeons  ses  beautés 
et  son  histoire.  Nous  nous  fermons  ainsi  une 
des  sources  les  plus  vives  de  volonté  qu'un 
peuple  puisse  posséder.  Comment  défendre  ce 
que  l'amour  ignore?  Le  patriotisme  germe  du 
sol.  Comme  pour  l'art  et  la  littérature,  il 
faut  à  son  éclosion  un  milieu  qui  l'inspire, 
il  faut  à  son  rêve  un  horizon. 

Il  reste  notre  formation  française  dont  nous 
ne  ferons  un  juste  motif  qu'à  la  condition  de 
la  réaliser  pleinement.  Nous  réclamons  des 
autres  la  reconnaissance  de  nos  droits.   Nous 


284 


Centenaire  de  Beauharnois 


arrêtons-nous  suffisamment  à  rechercher  ce 
que  ces  droits  nous  imposent  de  devoirs? 
Offrons  au  respect  de  nos  concitoyens,  mieux 
qu'une  tradition  qui  s'effrite  au  lent  contact 
de  l'événement.  Plus  d'à  peu  près,  de  satis- 
faction hâtive  et  trop  vite  sûre  d'elle-même, 
d'ignorante  confiance,  de  paresseuse  et  cou- 
pable négligence.  Ayons  la  connaissance 
précise  de  nos  qualités  de  sang,  de  notre  es- 
prit qui  est  clair,  sage  et  modéré  de  son  na- 
turel, de  nos  mœurs  qui  achèvent  de  ca- 
ractériser  notre   inneité. 

L'Histoire  de  votre  paroisse  nous  incite  à 
remonter  jusqu'au  foyer  de  la  civilisation  que 
notre  vie  perpétue  si  "les  laizes  de  Beau- 
harnois sont  marquées  de  fleurs  de  lys." 
Retour  nécessaire  vers  les  origines;  consé- 
quence logique  d'une  évolution  qu'un  passé 
commun  mit  naguère  en  mouvement.  La 
France  nous  livrera  sa  généreuse  expression, 
vive  et  mobile,  son  goût  sobre,  la  finesse  de  sa 
pensée,  que  nous  mettrons  au  service  de  nos 
traditions  morales  et  intellectuelles.  Par  là, 
le  problème  s'élargit  jusqu'à  elle.  Nous  ver- 
rons qu'elle  tente,  en  ce  moment  même,  de 
sauvegarder  sa  culture  qiie  menace  l'invasion 
de  ceux  que  Gustave  Droz  appelle  "les 
nouveaux  barbares"  et  qui  sont  les  instru- 
ments souvent  aveugles  et  bornés  qu'une  force 
domine  et  mène:  l'argent. 

Voilà  le  mot  lâché  qui  ferme  le  dilemme  où  se 
débat  l'humanité.  D'aucuns  n'hésitent  pas 
à  conseiller  la  poursuite  de  la  fortune.  Ils  n'y 
voient  pas  un  mal  certain.  Ils  y  cherchent 
une  puissance  pour  le  bien  et  le  salut  des 
nôtres.  Le  passé  de  notre  peuple  nourrit  leur 
optimisme.  N'avons-nous  pas  trouvé  tou- 
jours l'attitude  de  défense  appropriée?  Pour- 
quoi en  serait-il  autrement  aujourd'hui  que 
l'avenir  paraît  réservé  à  la  conquête  écono- 
mique? L'argent  et  l'or  ne  sont  rien,  même  en 
économie  politique:  c'est  le  produit  qui  compte, 


qui  s'échange,  qui  enrichit,  qui  demeure. 
Ainsi  en  morale,  l'or  et  l'argent  sont  mépri- 
sables: ce  sont  les  œuvres  qui  valent.  Ini- 
tiatives sociales,  maisons  d'enseignement,  uni- 
versités: voilà  par  quoi  les  fortunes  se  font 
pardonner.  Dans  ces  institutions  où  l'ins- 
truction jouira  largement  son  rôle,  nous 
formerons  des  hommes  sachant  leur  métier, 
qui  grandiront  la  nation  de  leur  valeur  propre, 
de  ces  compétences  dont  on  m'a  fait  trop 
l'honneur  puisque  je  n'ai  fait  que  réfléchir, 
en  les  réclamant,  à  ce  qui  nous  manque,  et 
que  répéter  en  cela  même  ce  que  bien  d'autres 
avaient  dit  d'ailleurs  avant  moi.  La  compétence 
n'est  qu'un  moyen  vers  la  supériorité,  qui 
importe  au  plus  haut  point:  supériorité  dans 
tous  les  domaines  et  sans  une  seule  faiblesse. 
Qui  a  choisi  d'être  français  a  renoncé  à  être 
inférieur. 

L'intelligence  et  l'argent,  peut-on  unir  ces 
deux  choses?  Comment  les  plier  à  l'idéal? 
L'une  ne  sera-t-elle  pas  vaincue  par  l'autre? 
Le  dire,  ce  serait  oublier  les  forces  morales  et 
le  sûr  triomphe  d'une  civilisation  formée  aux 
leçons  de  l'expérience  et  du  temps. 

Regardons,  pour  nous  en  convaincre,  ce 
qui  s'est  passé  ici  même. 

Les  premières  années  de  la  paroisse  de 
Beauharnois  n'ont  pas  créé  d'école.  Une 
vieille  femme.  Madame  Salé,  faisait  de 
l'enseignement  un  métier  ambulant:  elle  allait 
de  porte  en  porte  avec  un  livre  de  lecture  et 
un  catéchisme.  Elle  était  d'un  autre  âge, 
et  mon  arrière-grand' mère  la  croyait  fille  de 
Mathieu  Salé,  ce  qui,  pour  elle  qui  n'avait 
pas  de  Saintes  Lettres,  traduisait  tout  bonne- 
ment Mathusalem.  Depuis,  les  choses  ont 
avancé  rondement.  La  fortune  vous  a  permis 
de  bâtir.  Je  pourrais  vous  faire  compliment 
de  votre  collège  classique,  de  votre  collège 
commercial,  de  votre  École  normale  pour 
jeunes  filles,  de  votre  École  des  Arts  et  Mé- 


Les  Fêtes  du  Centenaire 


285 


tiers,  de  vos  quatre  couvents,  de  votre  Jardin 
de  l'Enfance,  de  vos  cinquante  écoles  élé- 
mentaires, que  sais-je  encore? — de  votre  Aca- 
démie anglaise,  dont  votre  député,  suivant  une 
tradition  établie  par  les  nôtres  à  McGill, 
sortit  naguère  bon  premier.  Mais  c'est  ail- 
leurs que  je  veux  chercher,  et  plus  profondé- 
ment encore,  la  confirmation  de  mes  espoirs. 

Peu  de  temps  avant  sa  mort,  en  1897,  A.-N. 
Montpetit  publiait  une  courte  note  sur  un 
tableau  de  Rapin.  La  toile,  "un  peu  plus 
grande  que  la  main",  représentait  le  cime- 
tière de  Saint-Timothée  endormi  dans  la 
pénombre  d'un  soir  de  juin, 

"Lisez  les  noms  gravés  sur  le  marbre, 
écrivait  l'auteur,  tracés  sur  ces  croix  rustiques, 
étudiez  les  dates,  les  âges,  les  conditions,  et 
vous  repassez  toutes  les  pages  de  l'histoire  de 
la  paroisse,  les  unes  à  demi  effacées,  déchi- 
rées, hélas!  Mais  d'autres  entières  et  bien 
conservées.  Le  sol  que  nous  foulons  est 
grouillant  de  souvenirs;  pas  un  brin  d'herbe, 
pas  un  grain  de  sable  qui  n'ait  son  mot  à 
dire.  Le  silence  même  est  d'une  éloquence 
sublime  qui  trouve  autant  d'échos  que  l'on 
compte  ici  de  tombes. 

"Il  y  a  cent  ans  à  peine  que  la  paroisse  de 
Saint-Timothée  est  née  pour  avoir  ses  morts 
à  elle  et  les  conserver  au  cimetière  comme  des 
livres  dans  une  bibliothèque.  Déjà  pourtant 
ces  fmuvres  morts,  quoique  peu  exigeants,  se 
trouvent  à  la  gêne.  Un  siècle  de  vie  dans  une 
paroisse  canadienne-française,  tant  petite 
qu'elle  puisse  être,  produit  bien  des  milliers 
de  vivants,  et  partant  autant  de  morts.  Et 
dans  Saint-Timothée  les  gens  émigrent  peu. 
Le  sol  est  plantureux  et  les  cœurs  sont  bons. 

"Rarement  le  berceau  y  fait  faillite  à  la 
tombe.  Mais  les  cimetières  vieillissent  et 
meurent  à  leur  tour  quand  ils  sont  gorgés  de 
morts.  Ici,  le  cimetière  du  colon,  du  bûche- 
ron, de  rabatteur  de  chênes,  du  défricheur,  du 


pionnier  est  disparu,  enfoui,  enterré  sous  un 
second  cimetière  plus  jeune,  modernisé,  mis 
à  la  mode  du  jour.  C'est  que  les  ravageurs  de 
forêts,  les  potassiers,  tour  à  tour  trappeurs  et 
colons,  sont  remplacés  par  d'autres  géné- 
rations, soumis  à  d'autres  fortunes,  par  des 
cultivateurs,  des  hommes  de  calcul,  des  in- 
dustriels, des  commerçants,  des  bourgeois, 
qui  vivent  grassement  et  font  des  morts  plus 
fiers,  habitant  des  cercueils  en  acajou,  en 
bronze,  plaqués  d'argent,  doublés  de  satin, 
couverts  de  fleurs  et  scellés  d'une  pierre  de 
marbre,  d'un  cippe,  d'un  monolythe  qu£lcon- 
que.  Mais  fouillez  un  peu  le  sol,  et  sou^  ces 
monuments  d'une  pieuse  vanité,  vous  trouve- 
rez, en  guise  de  racines,  des  croix  vermoulues 
ou  désarticulées,  faites  de  baliveaux  de  la 
forêt  primitive,  abattues  pour  faire  place  à  des 
tombes  chrétiennes,  sillons  profonds  destinés  à 
germer  les  semences  de  foi,  de  progrès  et  de 
civilisation  dont  nous  récoltons  les  fruits." 

Est-il  un  exemple  plus  vivant  que  celui  qui 
lève  ainsi  de  la  mort?  L'éternité  continue  la 
paroisse.  Fondateurs  et  descendants,  colons 
des  premières  battues  et  industriels  de  l'âge 
d'acier,  gueux  et  riches,  humbles  et  grands, 
tous  continuent  d'en  être  pour  les  centenaires 
à  venir.  Leur  dernier  sommeil  garde  le  même 
rêve.  Ceux  qui  demeurent  les  vénèrent  encore 
du  même  serment,  quoique  le  siècle  ait  changé. 
Ils  ont  la  consolation  suprême  de  lier  à  eux  la 
nation  et  de  continuer  leur  œuvre  de  liberté, 
vers  la  vie. 

Après  ce  discours  longuement  applaudi, 
Monseigneur  Êmard  mit  fin  au  banquet  en 
ces  termes: 

"N'ayez  pas  peur,  je  ne  ramperai  pas  le 
charme,  vous  me  le  reprocheriez  et  je  m'en 
voudrais  à  moi-même.  Nous  allons  rester 
avec  la  douceur  et  le  charme  des  mots  que  nous 
venons  d'entendre  et  ce  sera  le  meilleur  sou- 
venir de  cette  journée.    Maintenant,  gloire  à 


286 


Centenaire  de  Beauharnois 


Dieu,  au  Ciel,  félicitations  réciproques  à 
chacun  de  nous  les  uns  envers  les  autres  pour 
cette  belle  fête." 

L'on  fit  les  prières  d'actions  de  grâces,  et 
l'on  se  dirigea  vers  l'hospice  pour  la  ré- 
ception des  petits  orphelins. 

A  l'Hospice 

Le  clergé  se  rend  à  l'hospice  Saint-Joseph. 
Les  enfants  et  les  religieuses  attendent  avec 
impatience:  les  derniers  jours  ont  été  bien 
remplis  par  les  répétitions;  et  aujourd'hui, 
c'est,  pour  les  enfants,  le  grand  jour  où 
plusieurs  d'entre  eux  vont  jouer  un  rôle 
pour  la  première  fois.  C'est  d'abord  l'adres- 
se de  bienvenue  :^'' 

Vient  ensuite  un  "Chant  de  reconnais- 
sance:" 

1er  Couplet: 

Le  ciel  sourit  à  notre  enfance, 
Nous  fêtons  un  grand  Jubilé. 
Chantons  dans  la  reconnaissance. 
Ce  jour,  par  les  vœux  appelé. 
Montez  vers  Dieu,  sainte  prière! 
Oui,  montez  de  nos  cœurs  d'enfants; 
Beauharnois,  paroisse  si  chère, 
A  vu  fleurir  son  beau  cent  ans. 

Chœur 

0  douce  Providence, 
Entends  nos  chants  d'amour. 

Du  céleste  séjour 
Souris  à  l'innocence. 

2ÈME  Couplet: 

En  ce  beau  jour,  le  cœur  déploie. 
Pour  chanter  ses  moments  heureux. 
Tout  ce  qu'il  a  de  douce  joie, 
De  noble  amour  et  de  bons  vœux. 
Ces  noces  rares  et  très  joyeuses 
Viennent  couronner  un  long  cent  ans. 
Combien  elles  sont  glorieuses. 
Pour  leurs  Pères,  pour  leurs  enfants. 


Chœur  : 

0  douce  Providence, 
En  ce  jour  de  bonheur. 

Bénis  nos  bons  Pasteurs, 
Souris  à  l'innocence. 

Puis,  l'on  assiste  à  une  récréation  où 
garçons  et  fillettes  discutent  du  centenaire, 
parlent  de  M.  le  Curé,  de  M.  le  Maire,  des 
"Jeunes  et  Vieux"  de  la  paroisse. 

Puis,  c'est  une  opérette:  "Un  beau  rêve"; 
nous  entendons  les  anges  répondre  aux 
vœux  des  petits  enfants  qui  rappellent  la 
charité  des  pasteurs  et  des  paroissiens  pour 
les  orphelins,  sans  oublier  la  vénérable  fon- 
datrice des  Sœurs  Grises;  et  le  tout  s'achève 
en  un  cantique  d'action  de  grâces:  Quid 
retribuam  Domino? 

Les  enfants  de  Beauharnois,  comme  de 
partout,  aiment  les  congés.  Ils  le  demandent 
à  Sa  Grandeur  en  ces  termes: 

Il  est  un  mot,  petit,  charmant. 
D'un  effet  magique  vraiment. 
Connaissez-vous  ce  mot  riant. 
Tout  harmonieux  et  chantant? 
Pas  n'est  besoin  de  vous  le  dire, 
Ce  mot  charmant  et  gracieux 
Qui  rendrait  nos  cœurs  bien  joyeux. 
Dans  nos  yeux,  vous  pouvez  le  lire. 
Congé,  congé,  oh!  quel  mot  charmant. 
Congé,  congé,  oh!  oui  vraiment. 
Un  grand  congé  par  excellence. 
Père,  si  vous  le  voulez  bien. 
Petite  clochette  demain 
Sonnera  la  réjouissance. 
Cloches,  sonnez,  pour  tous,  présents. 
Et  pour  nous,  congé  de  Cent  Ans. 

Une  dernière  adresse  des  enfants  à  l'audi- 
toire: l'on  remercie  et  l'on  demande  une 
bénédiction. 


(1) — Voir  appendice,  p.  305. 


Les  Fêtes  du  Centenaire 


287 


Il  appartenait  à  Sa  Grandeur  de  la  don- 
ner. C'est  ce  que  fit  Monseigneur  l'évêque, 
en  l'accompagnant  de  quelques  paroles 
d'hommage  à  la  Communauté  des  Sœurs 
Grises  pour  l'œuvre  accomplie  depuis  une 
soixantaine  d'années  dans  l'hospice  de  Beau- 
harnois.  Conseils  paternels  aux  enfants; 
joie  d'avoir  entendu  et  vu  de  si  belles 
choses. 

Et  l'on  quitte  à  regret  ces  petits  enfants 
qui  ont  parlé,  de  façon  si  touchante,  du 
passé  de  Beauhamois.  Et  une  fpiis  de  plus, 
l'on  admire  le  dévouement  des  religieuses 
qui  se  sacrifient  pour  donner  à  ces  orphelins 
et  à  ces  orphelines  un  peu  de  bonheur! 


*       * 

* 


Les  fêtes  s'achèvent  déjà.  Plusieurs  mem- 
bres du  clergé  ont  dû  quitter  Beauharnois 
inomédiatement  après  le  banquet. 

Maintenant,  c'est  l'heure  du  départ  de 
Monseigneur  l'évêque  de  Valleyfield.  Un 
dernier  échange  de  saluts  aux  prêtres  pré- 
sents, un  dernier  mot  de  féUcitation  à  Mon- 
sieur le  Curé,  une  visite  à  la  famille  Gui- 
mond,  qui  a  mis  à  la  disposition  de  Sa 
Grandeur  sa  magnifique  automobile  Packard 
pour  le  voyage  de  retour  à  Valleyfield,  et 
Monseigneur  laisse  Beauharnois  qui  se  sou- 
viendra longtemps  de  la  nouvelle  preuve 
de  haute  bienveillance  que  lui  a  donnée  le 
Pasteur  du  diocèse  en  ces  fêtes  du  Cente- 
naire. 

C'est  ensuite  le  souper  avant  le  dernier 
article  du  programme. 

La  veillée  patriotique 

De  bonne  heure,  la  place  de  l'église  est 
envahie;  plusieurs  attendent,  depuis  des 
heures,  pour  être  sûrs  de  pouvoir  entendre 
les  orateurs  et  voir  le  feu  d'artifice.  VeJrs 
8    heures,   plusieurs  milliers  de  personnes 


sont  réunies;  les  abords  du  collège,  du  cou- 
vent, du  presbytère,  de  l'église,  la  côte  de 
l'église  jusqu'au  Bureau  d'Enregistrement 
sont  occupés  par  une  foule  évaluée  entre 
7  à  8,000  assistants,  avides  de  ne  rien 
perdre.  Les  orateurs  annoncés  ont  de  la 
réputation,  et  le  feu  d'artifice  préparé  par 
le  Comité  des  Amusements  a  coûté  cher, 
assure-t-on;  donc  ce  sera  beau. 

Devant  le  presbytère  est  le  groupe  du 
clergé;  l'estrade  fait  face  à  l'église;  on  a 
disposé  des  bancs  pour  les  dames  et  les 
enfants;  la  fanfare  égaie  la  soirée  d'airs 
nationaux. 

Bientôt  paraît  le  groupe  des  orateurs: 
Monsieur  le  Maire,  Messieurs  les  Députés 
Papineau  et  Bergevin,  l'ex-député  Monsieur 
Arthur  Plante,  Messieurs  les  avocats  W. 
Poitras,  E.  Montpetit,  J.  SuUivan,  Paul 
Mercier,  Monsieur  l'abbé  E.  Gauthier;  et 
la  fête  commence. 

Monsieur  le  Maire  invite  M.  l'avocat 
T.  Fortin  à  présider  à  la  soirée  comme  il 
l'a  fait  au  Banquet;  et  celui-ci  accepte  à  la 
satisfaction  de  tous. 

Le  premier  orateur  est  M.  L.-J.  Papineau, 
M.P.;  il  rappelle  comment  l'histoire  de 
Beauharnois  est  l'histoire  de  la  paroisse 
canadienne  et  l'histoire  de  la  paroisse 
l'histoire  de  notre  nationalité.  En  des 
pensées  très  justes  et  très  élevées,  il  dit  la 
signification  de  nos  paroisses  et  la  place 
qu'elles  n'ont  cessé  de  tenir  dans  notre  vie 
reUgieuse  et  nationale. 

Monsieur  Achille  Bergevin,  M.P.P.,  en 
un  vibrant  discours,  dégage  de  nos  fêtes 
plusieurs  leçons  opportunes.  Il  évoque 
avec  bonheur  le  souvenir  des  anciens — 
parmi  lesquels  ses  ancêtres — qui  sont  venus 
fonder  Beauharnois;  il  loue  leur  magnifique 
courage  qui  s'obstine  à  demander  au  sol  le 
bien-être,  et  qui  sait  à  l'occasion,  comme  en 


288 


Centenaire  de  Beauharnois 


1812,  défendre  la  patrie;  il  fait  le  tableau 
de  l'austérité  de  mœurs  de  nos  aïeux;  il 
nous  rappelle  ce  que  nous  devons  à  nos 
mères  qui  ont  transmis  les  vieilles  tradi- 
tions. Il  rend  un  délicat  hommage  à  l'oeu- 
vre bienfaisante  de  la  religion  en  ce  milieu  : 
"C'est  de  la  religion,  s'écrie  l'orateur,  aux 
applaudissements  de  tous,  que  sont  nés 
tous  les  dévouements  qui  ont  fait  cette 
paroisse."  L'orateur  invite  aussi  les  assis- 
tants à  ne  pas  oublier  de  garder  le  souvenir 
de  l'ancienne  mère-patrie,  la  France;  il 
nous  exhorte  à  être  toujours  français  par  la 
culture  intellectuelle  et  par  le  cœur,  tout  en 
étant  de  loyaux  sujets  de  la  Couronne  bri- 
tannique à  laquelle  la  volonté  mystérieuse 
de  la  Providence  nous  a  soumis.  Dans  une 
péroraison  émue  et  véhémente,  l'orateur 
adjure  les  paroissiens  de  rester  fidèles  aux 
vieilles  traditions  et  de  garder  les  vertus 
qui  ont  fait  notre  race. 

Monsieur  Edouard  Montpetit  veut  bien 
dire  quelques  mots  avant  son  départ  pour 
Montréal;  il  adresse  un  salut  ému  "à  ceux 
qui  sont  plus  près  du  sol"  et  il  les  encourage 
à  l'endurance  et  à  la  gaieté  dans  leur  besogne 
si  méritoire  et  si  nationale. 

L'orateur  suivant  est  Monsieur  Arthur 
Plante,  ex-M.P.P.  ;  il  prononce  le  beau 
discours  dont  voici  le  texte: 

M.  le  Maire, 
Messeigneurs, 

Mesdames,  Messieurs: 

Nous  sommes  rendus  au  soir  d'un  jour 
mémorable  qui  sera  marqué  d'une  pierre 
blanche  dans  l'histoire  de  la  vie  paroissiale 
de  cette  paroisse.  Cent  ans!  Cela  résume  toute 
une  série  de  luttes  ardentes  contre  la  forêt, 
d'efforts  constants,  de  travaux  inlassables,  de 
dévouements  obscurs    et  d'énergies  indomp- 


tables. C'est  la  fête  du  Souvenir.  Il  nous  est 
donné  aujourd'hui  de  contempler  et  de  tou- 
cher du  doigt  l'œuvre  admirable  accomplie  par 
ceux  qui  furent  les  pionniers,  les  défricheurs, 
les  fondateurs  de  cette  superbe  paroisse  de 
Saint-Clément  de  Beauharnois.  Paroisse- 
type,  et  qui  n'est  en  somme  que  le  duplicata 
de  centaines  d'autres  paroisses  échelonnées  sur 
les  deux  rives  de  notre  grand  fleuve,  et  se- 
mées un  peu  partout  au  cœur  de  la  forêt,  soiis 
la  poussée  combative  et  patriotique  de  nos 
gens  qui  n'ont  pas  craint  de  lutter  toujours 
contre  les  obstacles  de  toute  nature,  pour 
fonder  des  foyers,  garder  fidèlement  les  tra- 
ditions ancestrales,  agrandir  le  domaine  na- 
tional, et  assurer  ainsi  la  survivance  de  la 
race. 

Oui,  c'est  le  soir  d'un  beau  jour,  et  re- 
cu£illons-en  ensemble  les  douces  émotions 
qu'il  nous  a  procurées,  et  les  enseignements 
salutaires  qui  s'en  dégagent.  Plus  tard,  il 
nous  fera  plaisir  à  nous  aussi  de  répéter  les 
paroles  du  poète  latin,  en  pensant  à  cette 
fête  inoubliable:  "Forsan  et  haec  olim  me- 
minisse  juvabit." 

C'est  une  vérité  historique  maintenant  re- 
connue que  le  système  paroissial  nous  a 
sauvés  au  lendemain  des  jours  sombres  de  la 
conquête.  Nos  ancêtres  se  sont  groupés  au- 
tour du  clocher  et  de  nos  prêtres  dévoués,  et, 
ici  comme  ailleurs,  ils  ont  gardé,  pur  de  tout 
alliage,  le  dépôt  sacré  de  la  langue  française 
et  de  nôtre  foi  catholique. 

Pour  nous.  Canadiens-français,  la  Parois- 
se, c'est  la  petite  patrie  dans  la  grande.  Elle 
parle  un  langage  bien  doux  et  bien  cher  à 
nos  cœurs. 

En  effet,  c'est  un  symbole  qui  résume  toute 
notre  vie  composée  de  rêves,  de  revers,  de 
regrets  et  d'espoirs. 

La  paroisse,  pour  les  Canadiens-français, 
c'est  le  clocher  surmonté  du  coq  gaulois,  qui 


Les  Fêtes  du  Centenaire 


289 


chante   partout   le   cocorico   de    l'expansion 
nationale. 

La  paroisse,  c'est  le  vieux  cimetière  géné- 
ralement adossé  à  l'église,  où  sont  les  chers 
disparus,  où  dort  la  cendre  des  aïeux. 

La  paroisse,  c'est  la  petite  école  en  bois  au 
coin  du  rang,  ou  dans  la  rue  principale  du 
village,  où  nous  avons  appris  pour  la  pre- 
mière fois  à  balbutier  les  paroles  harmo- 
nieuses et  sonores  de  la  belle  langue  française. 

La  paroisse,  c'est  encore  le  banc  paroissial, 
où  chaque  dimanche  le  chef  de  famille  va, 
de  génération  en  génération,  rendre  hommage 
à  son  Créateur,  entouré  de  sa  famille,  et  donner 
l'exemple  des  plus  belles  vertus  familiales. 

La  paroisse,  c'est  tout  cela,  et  plus  qu£  cela, 
c'est  la  chaîne  ininterrompue  de  nos  cou- 
tumes, de  nos  traditions,  qui  fait  la  force  de 
notre  race,  et  assure  sa  survivance  dans  l'avenir. 

Et  voilà  pourquoi,  M.  le  maire,  je  ne  pou- 
vais résister  à  la  délicate  attention  que  vous 
avez  eue  de  m'inviter  à  dire  qv£lqu£S  mots 
à  l'occasion  de  ce  centenaire.  Car,  voyez- 
vous,  je  me  sens  un  peu  de  la  famille,  et 
Valleyfield,  après  tout,  n'est  qu'un  démem- 
brement de  Beauharnois. 

Après  s'être  fortement  implantés  dans 
cette  paroisse,  nos  gens  ont  continué  à  re- 
monter le  fleuve  en  quête  d'arbres  à  abattre, 
de  terres  à  défricher,  de  cabanes  à  bâtir,  et 
voilà  comment  les  paroisses  de  Saint-Timo- 
thée,  de  Saint-Louis-de-Gonzagu£  et  de 
Sainte-Cécile  ont  successivement  surgi  du 
sol  et  pris  naissance. 

D'ailleurs,  en  prenant  part  à  cette  fête  du 
souvenir,  j'obéissais  à  deux  sentiments  bien 
puissants:  ceux  de  l'amitié  et  die  la  recon- 
naissance. 

La  voix  de  l'amitié. — En  effet,  je  ne  puis 
oublier  que  lors  de  mes  premières  luttes  dans 
la   vie   publique,  j'ai   rencontré   dans   cette 


paroisse  de  Saint-Clément,  des  mains  ou- 
vertes, des  cœurs  sympathiques  et  des  amis 
précieux  qui  ont  été  des  guides  siïrs  et  fidèles. 

La  voix  de  la  reconnaissance. — Au  risque 
d'être  un  peu  personnel,  je  ne  peux  oublier 
non  plus  les  témoignages  de  confiance  qu£ 
j'ai  reçus  à  maintes  reprises  des  paroissiens 
de  cette  paroisse,  et  je  saisis  cette  occasion 
pour  leur  dire  un  cordial  merci. 

Ce  matin,  le  prédicateur,  dans  une  reoue 
magistrale,  nous  a  fait  la  genèse  de  la  tenure 
paroissiale,  depuis  le  troisième  siècle,  en 
Europe,  jusqu'à  nos  jours,  en  Canada,  et  a  su 
en  tirer  d'utiles  et  réconfortantes  leçons  pour 
l'avenir. 

Cet  après-midi,  un  enfant  de  cette  paroisse, 
dans  un  langage  bien  senti,  nous  a  fait 
assister  au  défilé  glorieux  de  cette  longue 
procession  de  curés  et  de  vicaires  qui  ont  pré- 
sidé depuis  cent  ans  aux  destinées  de  cette 
paroisse  de  Saint-Clément. 

Puis,  un  autre  petit-fils  de  la  paroisse, 
dont  le  nom  du  père  est  si  bien  connu  des 
générations  scolaires  du  passé,  nous  disait, 
avec  l'accent  prophétique  d'un  penseur,  que  ce 
qui  avait  fait  la  force  de  nos  pères  qui  ont 
fondé  cette  paroisse,  c'est  qu'ils  s'étaient 
fortement  attachés  au  sol. 

Oui,  c'étaient  des  passionnés  du  sol.  Après 
s'être  battus  contre  les  arbres  de  la  forêt,  ils 
en  sont  devenus  les  maîtres  et  les  rois. 

L'un  des  plus  célèbres  économistes  de  notre 
époque,  qui  a  consacré  sa  vie  à  l'étude  de  la 
question  sociale  et  religieuse,  est  arrivé  à  la 
conclusion  que  la  virilité  des  nations  et  des 
familles  gît  dans  l'attachement  au  sol,  et  dans 
l'accomplissement  des  devoirs  religieux.  Or, 
c'est  ce  qu£  vos  pères  ont  fait,  et  c'est  ce  que 
l'on  constate  chez  vous,  messieurs  les  pa- 
roissiens de  cette  belle  paroisse.  Je  ne  puis 
m'empêcher  de  formuler  un  souhait  en  ter- 
minant ces  remarquas:  Si  vos  pères  ont  pro- 


290 


Centenaire  de  Beauharnois 


fondement  poussé  dans  le  sol  les  racines  du 
grand  arbre  paroissial,  qv£  les  rameaux  pro- 
jetés par  la  sève  du  tronc  n'en  soient  jamais 
séparés  par  l'abandon  du  coin  de  terre  natal, 
et  le  mirage  de  la  vie  bruyante  et  factice  des 
grandes  villes. 

En  d'autres  termes,  si  vos  pères  ont  été  des  en- 
racinés, que  les  fils  ne  soient  pas  des  déracinés. 

Dans  ce  coin  de  terre  privilégié  si  poétique- 
ment baigné  par  les  eaux  du  grand  fleuve, 
continuez,  chers  amis,  la  chaîne  des  tra- 
ditions sous  l'œil  doux  et  paternel  de  votre 
Curé,  qui  est  le  digne  continuateur  de  ces 
Curés,  qui  ont  été  à  la  fois  des  prêtres  dé- 
voués et  de  grands  citoyens. 

Continuez  à  cultiver  cette  bonne  terre,  qui 
en  retour  vous  donnera  le  calme,  la  sérénité, 
la  santé  et  une  honnête  aisance.  Gardez  vos 
fils  autour  de  vous.  Et  en  constatant  la 
bonne  entente,  l'union,  le  contentement  et  la 
saine  mentalité  dont  cette  paroisse  donne  le 
spectacle,  l'on  ne  pourra  s'empêcher  de  ré- 
péter, en  vous  les  appliquant,  ces  paroles  de 
Virgile:  "0  fortunatos  nimium  svxi  si  bona 
norint  agricçlas." 

C'est  là  l'une  des  leçons  salutaires  qui  se 
dégagent  de  ces  fêtes,  et  le  souvenir  ému  que 
j'en  rapporte,  M.  le  maire,  et  qus  je  garderai 
précieusement  dans  l'avenir. 

Après  ce  discours,  M.  l'avocat  W.  Poi- 
tras,  d'Ottawa,  enfant  de  Beauharnois, 
sinon  par  naissance,  du  moins  par  éduca- 
tion, et  dont  le  père  a  été  l'un  des  construc- 
teurs de  notre  église  actuelle,  lit  la  belle 
poésie  de  circonstance  suivante,  que  tous 
écoutent  avec  bonheur: 

Salut  aux  Anciens 

Sur  la  baie  ombreuse  et  féconde, 
Où,  ses  toits  et  clochers  d'argent 
Se  bercent  aux  baisers  de  l'onde 
Qui  baigne  son  bord  ''erdoyant. 


Beauharnois  s'éveille,  fière, 
Comme  une  aïeule  aux  traits  sereins 
Qui,  pour  fêter  son  centenaire. 
Voit  accourir  ses  fils  anciens. 

Les  drapeaux  flottent  sous  la  brise, 
Les  fleurs  pleuvent  sur  le  chemin, 
Et  l'on  dirait  que  l'air  se  grise 
De  joie  intense  et  de  parfum. 

Tout  chôme  dans  la  ville  en  liesse! 
La  Pointe  Saint-Louis  étend 
Un  bras  charmant  qui  la  caresse. 
Chargé  de  feuillage  chantant; 

Et  là-bas,  sur  les  eaux  tranquilles, 
Comme  des  corbeilles  de  fleurs, 
Emergent  ses  coquettes  îles 
Se  ressemblant  comme  des  soeurs. 

C'est  la  nature  qui  t'acclame, 
0  Beauharnois,  riant  séjour! 
Aussi,  l'on  sent  passer  ton  âme 
Dans  les  rayons  de  ce  beau  jour. 

Ainsi  choyée,  et  comme  éprise 
De  tout  ce  séduisant  tableau. 
On  dirait  que  ta  vieille  église 
En  tressaille  sur  le  coteau. 

Heureux  qui  naquit  sur  ta  rive! 
Heureux  qui  vécut  sur  ton  sol. 
Dont  l'existence  productive 
Sur  ton  sein  suspendit  son  vol! 

Heureux,  ô  belle  centenaire, 
Les  descendants  des  anciens  preux, 
Qui  dorment  dans  ton  cimetière; 
Ils  te  reviennent,  dignes  d'eux. 

De  tes  temples,  l'ombre  propice 
Inspira  leur  cœur  et  leur  foi; 
Prompts  à  l'appel,  au  sacrifice. 
Ils  n'ont  jamais  rougi  de  toi. 


Les  Fêtes  du  Centenaire 


291 


L'insatiable  destinée 
Un  jour  les  ravit  à  ton  cœur, 
Et  tout  remplis  de  ta  pensée 
Tu  les  vis  dresser  leur  labeur. 

Dans  le  commerce,  l'industrie, 
La  mécanique  aux  cent  ressorts; 
L'agriculture,  où  La  Patrie 
Sème  l'espoir  de  ses  trésors; 

Dans  le  génie,  aux  vastes  ailes. 
Qui  plane  sur  les  éléments. 
Semblant,  aux  voûtes  éternelles, 
Seules,  arrêter  ses  élans; 

Et  dans  la  région  dorée 
Qu'immortalisent  les  beaux-arts. 
Combien  déjà  la  renommée 
Fait  rayonner  sou^  tes  regards. 

Dans  le  Temple  de  la  Justice 
Que  de  fils  ne  comptes-tu  pas. 
Dont  la  voix  mâle  et  protectrice 
T'enorgueillit  de  leurs  débats? 

Et  dans  les  champs  humanitaires 
D'Esculape,  fils  d'Apollon, 
Que  de  médecins  salutaires 
Ont  illustré  ton  beau  renom! 

De  ces  activités  humaines, 
Si  tu  te  sens  fière  en  ce  jour. 
Que  de  voix  saintes  et  sereines 
Doivent  vibrer  dans  ton  amour! 

Quand,  les  yeux  fixés  sur  l'église, 
Témoin  des  plus  grands  dévouements. 
Tu  vois  défiler,  l'âme  éprise. 
En  robe  noire,  tant  d'enfants. 

Apôtres  du  Christ,  et  de  l'âme, 
Gardiens  de  la  foi  des  aïeux. 
Si  l'Orangisme  les  condamne 
C'est  que  nous  survivons  par  eux. 


Religieux,  vertueux  prêtres, 
Devant  vous  s'inclinent  nos  fronts, 
En  vous  espéraient  nos  ancêtres. 
En  vous  au^si,  ncnis  espérons. 

Salut!  Anciens,  vieille  garde! 
Beauharnois  vous  ouvre  les  bras. 
Et  le  sol  natal  qui  vous  garde. 
Tressaille,  joyeux,  sou^  vos  pas. 

J.-W.    POITRAS. 

Monsieur  le  Président  invite  ensuite  M. 
l'abbé  J.-E.  Gauthier,  curé  de  Bellerive,  et 
ancien  vicaire  à  Saint-Clément,  à  nous 
parler  des  vicaires  et  des  curés  de  Beau- 
harnois. Monsieur  Gauthier,  en  un  lan- 
gage tantôt  familier,  tantôt  élevé,  fait 
passer  devant  l'auditoire  la  série  des  curés 
et  des  vicaires,  surtout  des  plus  récents. 
Les  paroissiens  n'ont  pas  de  peine  à  recon- 
naître leurs  anciens  pasteurs,  et  ils  goûtent 
tout  particulièrement  l'hommage  rendu  à  la 
mémoire  inoubliée  de  Monsieur  le  Curé 
Lussier  et  de  Monsieur  le  Curé  Charland. 


Le  Comité  des  Fêtes  avait  aussi  officielle- 
ment invité  le  R.  P.  M.  Marchand,  O.P., 
et  Messieurs  les  avocats  J.  Sullivan  et  Paul 
Mercier  à  parler;  voici  leurs  discours: 

R.  P.  M.  Marchand,  O.P. 

"Nos  Institutions  Paroissiales" 

Mesdames  et  Messieurs, 

Il  est  fort  expressif,  le  spectacle  qu£  nous 
présente  le  groupe  des  monuments  les  phis 
beaux  de  la  ville,  qu£  la  piété  des  fidèles  a 
construits  pour  enseigner  à  leurs  descendants 
les  trois  amours  qu'ils  avaient  et  qu'ils  ont 
encore  au  cœur:  l'amour  des  choses  de  l'esprit, 
et  ce  sont  vos  écoles  qui  le  rendent  sensible; 
l'amour  évangélique  de  vos  frères  malheureux, 
et  votre  hospice  rend  un  éclatant  témoignage 


292 


Centenaire  de  Beauharnois 


à  votre  piété  fraternelle;  l'amour  des  choses 
de  Dieu,  et  c'est  par  votre  église  paroissiale 
que  vous  manifestez  votre  religion. 

Les  édifices  religieux  sont  les  legs  qu'un 
peuple  fait  aux  générations  à  venir;  chaque 
pan  de  muraille  dit  éloquemment  votre  géné- 
rosité et  votre  esprit  chrétien.  Sans  doute  le 
temps  rongera  les  pierres  et  lézardera  ces 
édifices,  mais  elles  apprendront,  les  géné- 
rations, elles  découvriront  toujours  les  sources 
sacrées  de  ces  amours  et  tiendront  à  honneur 
de  ne  pas  les  laisser  tarir  .  .  . 

En  jetant  un  regard  sur  votre  école,  sur  vos 
écoles,  je  mets  à  jour  une  de  ces  sources:  la  foi. 

C'est  là  la  demeure  de  la  plus  solide  des 
vertus  chrétiennes.  L'intelligence  et  la  science 
ne  sont  données  à  l'homme  que  pour  se  rap- 
procher de  Dieu:  toute  science  est  vaine,  dit 
Bossuet,  qui  ne  se  tourne  pas  vers  Dieu.  Or, 
Messieurs,  en  confiant  vos  enfants  à  des 
maîtres  et  à  des  maîtresses  éprouvées,  à  des 
savants  et  à  des  religieux,  vous  ouvrez  des 
perspectives  infinies  à  leur  intelligence  encore 
inexpérimentée. 

Les  hommes  pourront  se  succéder,  la  doc- 
trine restera  la  même;  les  communautés  pour- 
ront se  remplacer,  le  principe  d'éducation  ne 
variera  pas,  il  se  maintiendra  attaché  au  Dieu 
de  toute  vérité. 

Chez  nous,  l'école  n'est  pas  seulement  un 
endroit  où,  l'on  donne  quotidiennement  un 
enseignement  profane  quelconque,  mais  c'est 
un  atelier  où  l'on  forge  des  intelligences,  où 
l'on  rend  malléable  des  âmes  pour  leur  donner 
cette  souplesse  et  cette  solidité  qui  sont  les 
bases  d'une  vie  sérieuse.  En  mêlant  harmo- 
nieusement les  éléments  du  savoir  humain 
aux  principes  d'une  vie  religieuse  et  morale 
convaincue,  en  étayant  les  mystères  de  la  foi 
sur  la  science  rationnelle,  les  vaillants  Frères 
des  Ecoles  Chrétiennes,  les  premiers  maîtres, 
nos  doctes  Clercs  de  S.  Viateur,  les  maîtres 


actuels  de  nos  enfants,  les  distinguées  Sœurs 
de  Jésus  et  de  Marie  et  les  maîtresses  de  nos 
"petites  écoles"  livrent  à  leurs  élèves  le  vrai 
sens  de  la  vie.  Est-il  surprenant  que  les  en- 
fants, et  c'est  un  fait  constaté  partout,  formés 
dans  les  écoles  catholiques  et  congréganistes, 
deviennent  de  meilleurs  citoyens?  Ils  greffent 
sur  leur  vie  naturelle  les  poussées  vigoureuses 
du  surnaturel  divin;  à  l'âge  adulte,  ils  seront 
des  chrétiens  fermes  et  fervents.  N'ai-je  donc 
pas  raison  de  dire  que  l'école  nous  rappelle  la 
vertu  sainte  de  la  foi? 

Elle  nous  y  fait  penser  encore,  parce  que  la 
science  se  livre:  elle  est  basée  uniquement  sur 
l'autorité  et  le  témoignage.  Tout  maître  est  un 
témoin  de  la  vérité.  Habitué  à  croire  dans  les 
petites  choses,  sans  souvent  comprendre  la 
force  d'une  vérité,  l'enfant  accepte  plus  facile- 
ment l'autorité  souveraine  qui  lui  transmet  des 
vérités  capitales  sur  ses  destinées  et  sur  l'au- 
delà,  c'est-à-dire,  la  parole  de  Dieu  que 
l'Église  ne  fait  que  rendre  publique  et  offi- 
cielle en  définissant  un  dogme.  N'est-ce  pas 
derrière  ces  murs  que  s'illumine  peu  à  peu  le 
vaste  domaine  des  connaissances  presqu'ex- 
clusivement  appuyées  sur  l'autorité  humaine 
ou  divine?  .  .  .  La  foi  est  donc  rendue  vivante 
par  l'école;  votre  foi  est  palpable.  Messieurs, 
dans  vos  écoles. 


*      * 

* 


C'est  une  autre  vertu,  bien  divine  celle-là, 
que  j'aperçois  sous  le  toit  hospitalier  de  votre 
hospice;  ce  sont  des  anges  que  je  vois  silen- 
cieusement parcourir  les  corridors-  de  cet 
asile;  c'est  une  autre  source  de  votre  amour  qui 
s'épanche  de  toutes  les  salles  de  cet  édifice:  la 
charité  chrétienne,  les  anges  de  charité  que 
Dieu  a  répandus  à  profusion  sur  la  terre  pour 
rendre  plus  rayonnant  son  enseignement  di- 
vin et  plus  expansif  son  amour  infini. 

Ceux  que  l'âge  ou  les  malheurs  de  la  vie  ont 
courbés  et  accablés,  ceux  que  le  monde,  trop 


Les  Fêtes  du  Centenaire 


293 


pressé  ou  égoïste,  ne  comprend  qu'imparfaite- 
ment peuvent  venir  avec  confiance  demander 
aux  Sœurs  Grises  le  pain  quotidien  qu'ils  ne 
peuvent  plus  gagner,  le  toit  qu'ils  ne  trouve- 
ront nulle  part  ailleurs,  le  lit  bien  chaud  qui 
fera  oublier  que  leur  sang  est  déjà  refroidi, 
surtout  le  cœur  généreux  jusqu'à  l'héroïsme 
qui  les  aimera,  qui  les  aimera  tendrement 
jusqu'à  la  fin  et  qui  trouvera  encore  une  prière 
fervente  et  une  larme  maternelle  pour  déposer 
sur  la  couche  mortuaire  de  ceux  qui  s'en  vont .  . 

Cette  charité,  vaste  comme  le  cœur  du 
Maître  qui  l'engendre  et  l'entretient,  s'étend 
au  berceau  de  la  vie.  Il  suffit  de  frôler  les 
orphelins,  si  dignes  de  pitié  dans  leur  dé- 
laissement et  leur  sérieux  prématuré  qui  dit 
éloquemment  que  le  sourire  ou  le  baiser  d'une 
mère  ne  vient  pas  illuminer  leurs  grands  yeux 
tristes,  pour  admirer  ce  que  peut  la  charité 
dans  le  cœur  d'une  femme  et  d'une  religieuse. 
Pauvres  déshérités,  petits  malheureux,  ne 
craignez  plus,  n'envisagez  plus  l'avenir  avec 
effroi  .  .  .  Venez  à  l'hospice  de  votre  paroisse, 
blottissez-vous  dans  les  bras  de  ces  secondes 
mères,  aimez-les  de  toutes  les  forces  de  votre 
cœur,  donnez-leur  toute  votre  pure  affection 
et  vous  n'égalerez  pas  encore  l'amour  sincère 
qu'elles  trouveront  pour  vous. 

Et  vous,  Messieurs,  qui  avez  su  trouver 
dans  votre  bourse  l'aumône  nécessaire  à  la 
construction  de  cette  demeure  de  la  paix  et  de 
la  joie,  soyez  remerciés,  au  nom  du  Christ, 
pour  le  bonheur  que  vous  avez  semé  dons  les 
âmes  des  malheureux  et  que  vous  continuerez 
à  répandre  autour  de  vous.  C'est  un  exemple 
admirable  qui  dit  bien  clairement  la  source 
féconde  de  votre  amour  pour  la  vertu  divine  de 
charité.  Les  pierres  qu£  vous  avez  assemblées 
pour  élever  ce  monument  de  charité  pourront 
se  désagréger,  mais  votre  nom  que  Dieu  a 
gravé  dans  son  cœur  ne  craindra  pas  la  mor^ 
sure  du  temps;  il  ne  s'effacera  pas,  ce  sera 
votre  récompense. 


Ce  n'est  pas  tout.  A  contempler  votre 
église  dont  les  deux  flèches  semblent  deux 
doigts  qui  nous  indiquent  le  ciel,  qui  n'aper- 
çoit cette  non  moins  belle  vertu:  l'espérance? 

Si,  un  jour,  les  églises  catholiques  de  la 
terre  sombraient  dans  un  cataclysme  hypo- 
thétique, il  me  semble  qu'elles  entraîneraient 
dans  leur  ruine,  qu'elles  cacheraient  sous  leurs 
décombres  l'espérance. 

Tout  nous  parle  d'espérance  dans  le  temple 
catholique:  il  est  comme  un  vestibule  du  ciel; 
le  son  de  ses  cloches  qui  voltige  dans  l'air 
attire  notre  pensée  en  Haut:  l'encens  qui 
monte  devant  le  tabernacle  rappelle  la  prière 
du  chrétien  qui,  elle  aussi,  monte  vers  le  Roi; 
le  chant  religieux  qui  se  perd  dans  les  voûtes 
sonores  évoqua  celui  des  Bienheureux  devant 
le  trône  de  Dieu.  Surtout  l'Ami  de  l'Autel, 
qui  vous  parle  qui  vous  appelle,  qui  vous 
attend,  ne  dit  qu'une  seule  chose:  je  veux  me 
donner  à  toi  pour  toujours,  je  n'exige  qu'un  seul 
don:  votre  amour  tout  entier,  non  pas  pour  un 
jour,  mais  pour  l'éternité.  Et  l'espérance 
nous  rend  familière  cette  idée  d'un  bonheur 
éternel  .  .  . 

Les  cérémonies  qui  se  déroulent  dans  voire 
temple  nous  parlent  d'espérance,  les  lois  et 
les  doctrines  qui  s'échappent  de  la  chaire  de 
vérité  sont  des  lois  d'espérance,  les  forces  que 
vous  puisez  dans  les  sacrements  sont  décu- 
plées par  l'espérance  .  .  .  C'est  donc  un 
hommage  à  cette  vertu  que  vous  avez  rendu  en 
faisant  surgir  cette  église  comme  un  témoi- 
gnage d'amour  de  Dieu.  Et  votre  digne  pas- 
teur, en  faisant  plus  beau  votre  temple,  n'a 
rendu  qv£  plus  vive  votre  espérance. 

Et  si  je  détache  mes  yeux  de  votre  clocher 
pour  les  laisser  tomber  à  l'ombre  qu'il  pro- 
jette sur  le  sol,  je  sens  mon  cœur  s'attrister  un 
peu  .  .  .  N'est-ce  pas  devant  nous  que  sont 
rangés  nos  aînés,  nos  amis,  nos  parents? 
Chaque  pierre  de  votre  cimetière  abrite  et 


294 


Centenaire  de  Beauharnois 


protège  une  parcelle  de  notre  cœur  dans  les 
restes  vénérés  d'un  membre  de  nos  familles. 
Votre  cimetière,  je  l'aime  particulièrement, 
parce  que,  à  côté  de  vos  morts,  repose  aussi 
une  mère  que  j'ai  toujours  aimée  et  que  j'aime 
plus  encore  depuis  qu'elle  est  partie  pour  le 
ciel .  .  .  Et  à  faire  revivre  les  disparus,  ceux 
que  nous  avons  semés  le  long  de  notre  vie, 
notre  espérance  en  un  monde  meilleur,  en  un 
bonheur  plus  solide  et  plus  durable,  grandit, 
se  fortifie  et  s'étend  jusqu'aux  séjours  infini- 
ment beaux  qui  nous  rassemblera  tous  dans 
le  cœur  de  Dieu. 

Honneur  donc.  Messieurs,  aux  trois  amours 
que  vous  avez  extériorisés  dans  ces  monuments 
de  votre  piété.  Honneur  à  vos  écoles,  les  grands 
centres  où  se  fabriquant,  dans  des  intelligences 
d'enfants,  les  grands  idéals  qui  font  les  grands 
citoyens  et  les  grands  chrétiens!  Honneur  à 
votre  hospice,  foyer  de  charité  et  de  dévoue- 
ment, qui  fait  resplendir  les  ravissants  char- 
mes de  l'oubli  de  soi  pour  le  bonheur  d'au- 
trui!  Honneur  à  votre  temple,  qui  crie  dans 
chacune  de  ses  pierres  votre  attachement  à 
Dieu!  Honneur  et  reconnaissance  à  votre 
vénérable  curé,  M.  le  Chanoine  Nepveu, 
l'âme  de  votre  paroisse,  le  soutien  de  vos 
édifices,  le  restaurateur  de  votre  église,  le 
pilier  de  votre  foi  et  l'ami  le  plus  sincère  que 
Dieu  vous  ait  donné.  Puissent  ces  fêtes  pa- 
roissiales resserrer  les  liens  fraternels  qui 
font,  de  tous  les  paroissiens,  une  famille,  le 
troupeau  dont  il  est  fait  mention  dans  l'Évan- 
gile, qui,  scms  la  direction  du  Pasteur,  se 
dirige  lentement  mais  sûrement  vers  un  séjour 
éternellement  beau  que  vous  donnera  votre 
foi,  votre  espérance  et  votre  charité. 

Monsieur  l'avocat  John  Sullivan,  de 
Montréal,  et  enfant  de  Beauharnois: 

Vou^  comprenez  facilement  mon  émotion, 
ma  reconnaissance  et  le  plaisir  infini  que 
j'éprouve  en  ce  moment .  .  .  Depuis  ce  matin, 


j'ai  senti  passer  en  mon  âme  bien  des  senti- 
ments variés  faits  tous  de  la  plus  pure  amitié 
et  j'ai  apporté  à  cette  fête  un  cœur  étroitement 
uni  aux  vôtres,  mes  concitoyens,  et  un  désir 
ardent  de  travailler  dans  une  communion  de 
sentiments. 

Ce  matin,  dans,  ce  temple  magnifique  où,  la 
foule  se  pressait  dans  une  pensée  de  pieuse 
commémoration,  en  face  de  cette  merveille  de 
l'art  chrétien,  et  ce  midi  au  dîner  où  des  voix 
éloquentes  évoqunient  l'image  de  nos  chers 
disparus,  rappelant  les  généreuses  illusions 
et  les  sincères  enthousiasmes  qui  animaient 
leurs  âmes,  quelle  âme  n'a  vibré,  à  ces  pieux 
et  nobles  accents,  et,  se  repliant  sur  elle-  même, 
n'a  laissé  échapper  un  soupir  confondu  avec 
une  larme,  un  soupir,  une  espérance! 

Cette  fête  du  souvenir,  c'est  la  fête  suprême 
de  l'amitié.  C'est  la  fête  du  plus  parfait  de 
tous  les  sentiments  de  l'homme. 

En  ce  jour,  de  toutes  parts  sont  accourus  les 
enfants  de  Beauharnois.  Us  y  sont  venus  le 
cœur  gros,  âpre  d'une  communion  intime 
avec  les  vivants  et  avec  les  morts.  Les  morts, 
ce  sont  nos  pères,  les  fondateurs,  les  pionniers, 
les  premiers  habitants  de  cette  ville.  Ceux 
qui  ne  sont  plus  mais  dont  l'ombre  flotte 
encore  au-dessus  d'elle  et  qu£,  le  soir,  vous 
pouvez  entendre  à  la  nuit  tombante  lorsque  les 
échos  de  cette  vallée  se  répercutent  sur  le 
grand  lac.  Ils  vous  parlent,  ils  vous  parlent 
avec  le  vent  du  large,  avec  la  brise;  et  leur 
murmure  saisit.  Fermez  vos  yeux,  ouvrez  vos 
âmes,  ils  indiquent  la  grande  route,  la  voie  des 
grandes  actions  et  vous  invitent  au  devoir. 
Us  ont  aimé  cette  ville;  partis,  peut-être,  ils  y 
sont  souvent  revenus,  et  ce  culte  ils  l'ont  légué 
à  leurs  fils.  C'est  une  partie  de  leur  testament. 
Ils  nous  ont  légué  un  sentiment  d'amitié,  le 
culte  du  souvenir  à  notre  ville  natale.  Aur 
jourd'hui,  cette  ville  est  le  foyer,  c'est  la  mère 
qui  appelle  ses  enfants,  pour  les  compter, 


Les  FÈtes  du  Centenaieë 


295 


LES  ORATEURS  DES  FÊTES  DU  CENTENAIRE 

(1)  S.  O.  Mgr  J.  M.  Émard.— (2)  S.  G.  Mgr  E.-A.  Latulipe.— (3)  M.  le  Chanoine  T.  Nepvcu,  V.F.— (4)  M.  l'abbé  D.  Nepveu, 
Ph.  Th.  D— (5)  M.  L.-J.  Panineau,  M.P.— (6)  M.  A.  Bergevin,  M.P.P.— (7)  R.  P.  A.  Leduc,  O.P.— (8)  T.  R.  P.  M.  Marchand, 
O.P.— (9)  M.  L.-C.  Tassé.  ^I.P  ,  Maii«.— (10)  S.  H.  le  Juge  W.  Mercier.— (11)  L'Hon.  H.  Mercier.— (12)  M.  A.  Plante,  C.R.— 
(13)  M.  E.  Montpetit.— (14)  M.  J.  Sullivan,  avocat.— (15)  M.W.  Poitras,  avocat —(16)  M.  Paul  Mercier,  avocat.— (17)  M. 

l'abbé  J.-E.  Gauthier.— (18)  M.  T.  Fortin,  C.R. 


■  3v<- 


Les  Fêtes  du  Centenaire 


29- 


pour  les  rappeler  aux  enseignements  de 
l'enfance,  pour  les  rajeunir,  pour  leur  ou- 
vrir son  cœur  maternel,  afin  que  tous  y 
puisent  les  leçons  du  passé  avec  un  chant 
d'amour. 

Et  comme  le  pasteur  à  la  brebis  de  l'Évan- 
gile, il  semble  que  c'est  l'enfant  parti  qui  sent 
le  plus  son  cœur  se  gonfler  d'une  émotion 
intense  à  cet  appel.  Nous  revenons  chez  nous, 
aux  lieux  bénis  qu'aima  notre  enfance. 

Ah!  Mesdames  et  Messieurs,  comment 
puis-je  ne  pas  mentionner  les  souvenirs  qui 
me  sont  chers!  La  vieille  maison  sur  la  rus 
Saint-Laurent,  le  vieux  puits  dans  la  cui- 
sine est  encore  là.  Les  maisons  voisines  y  sont 
presque  toutes.  De  nouvelles  ont  surgi.  Mais 
que  sont  devenus  les  vieux  amis  .  .  .  M.  Eïliott, 
M.  Gariépy,  mon  ami  Lemoy  .  .  .  La  côte  de 
la  prison!  Cette  prison  toute  remplie  de 
fantômes  dont  la  peuplait  notre  jeune  ima- 
gination, etc.,  et  que  d'autres  souvenirs  per- 
sonnels je  pourrais  évoquer!  Comment,  par 
exemple,  n'être  pas  ému  en  voyant  cette 
église  où,  depuis  quarante  ans,  repose  ma 
mère?  .  .  . 

Nos  morts,  ne  les  oublions  pas;  le  culte  des 
morts.  Mesdames  et  Messieurs,  c'est  la  foi  en 
l'immortalité.  L'espérance,  Messieurs,  c'est 
le  sentiment  de  vitalité,  c'est  la  force  de  vivre, 
c'est  le  levier.  Et  sans  espérance,  un  peuple 
meurt,  un  individu  dépérit,  une  âme  s'arrête. 
C'est  le  désespoir  qui  rend  Dante  si  terrible 
lorsqu'il  écrit  aux  portes  de  son  enfer  "0  vas 

qui las  date  hic  ogui  speranzia." 

Mais  c'est  l'espérance  qui  relève  Ganelon 
coupable  lorsqu'il  dit  à  son  fils:  "Moi,  je 
suis  le  passé;  toi,  marche  vers  l'avenir." 

Nous  avons  ici  le  passé,  nous  le  fêtons, 
nous  le  célébrons  avec  enthousiasme,  avec 
gloire.  Ce  passé  n'est-il  pas  un  gage  d'avenir, 
ces  souvenirs  ne  sont-ils  pas  une  promesse? 
Et  toute  cette  jeunesse,  enfants  de  cette  ville, 


notre  petite  patrie,  ne  voient-ils  pas  dans  les 
morts  la  source  de  vie,  l'inspiration  à  des 
grandes  et  nobles  choses,  le  désir  de  continuer 
des  traditions,  l'enthousiasme  devant  le  de- 
voir? 

Oh!  belle  jeunesse  de  ma  ville  natale, 
pourrai-je  vous  dire  avec  Platon:  "Espérance 
et  printemps  de  la  Patrie.  Oh!  jeunesse, 
soyez  donc  l'enthousiasme  devant  le  devoir, 
l'indignation  devant  l'iniquité,  la  protes- 
tation devant  la  veulerie  universelle,  si  vous 
voulez  être  un  jour  l'action  fière  et  boire  au 
calice  de  la  victoire.  Chantez-vous  à  vous- 
mêmes  les  grandes  choses  que  vous  verrez  plus 
tard,  l'avenir  entrevu  dans  la  nuée  lumineuse 
des  saints  rêves." 

Enfin,  Monsieur  l'avocat  Paul  Mercier, 
fils  de  M.  le  juge  W.  Mercier,  parle  en  ces 
termes  : 

"Souvenons-nous" 

La  commémoration  grandiose  d'un  siècle 
touche  à  sa  fin.  Les  derniers  feux  du  soir 
seront  suivis  d'une  nuit  d'espérances  multi- 
ples annonçant  l'aurore  d'une  ère  nouvelle 
pour  notre  paroisse.  Chers  concitoyens,  notre 
pèlerinage  du  retour  à  la  terre  ancestrale 
achève.  Nous  regagnerons  bientôt  nos  cités, 
nos  villages,  nos  hameaux  et  nos  champs, 
mais  toujours  nous  nous  souviendrons  de  ce 
qu£  nous  avons  vu  et  entendu  en  ce  grand  jour 
de  fête.  Notre  cœur  conservera  le  culte  du 
souvenir;  notre  esprit  et  notre  jugement  en- 
seigneront à  nos  fils  la  mentalité  de  chez  nous 
pour  qu'elle  se  perpétue  dignement.  C'est 
l'héritage  sacré  des  aïeux  qui  doit  être  trans- 
mis à  nos  descendants. 

En  vérité,  ce  centenaire  d'existence  cano- 
nique de  notre  paroisse  a  passé  aujourd'hui 
dans  nos  âmes  comme  une  réalité  tangible, 
en  un  présent  lumineux.  Nous  avons  vécu 
de   délicieux   souvenirs.      Nous   nous   sou- 


298 


Centenaire  de  Beauharnois 


viendrons  du  passé  et  sur  lui  nous  bâtirons 
notre  avenir.  Si  nou^  voulons  être  jugés  dignes 
de  nos  ancêtres,  il  nous  faut  prouver  par  nos 
actes  quotidiens  que  nous  sommes  de  leur 
race.  Il  me  semble,  chers  concitoyens,  qu'en 
cette  fête  de  famille,  il  est  un  devoir  pour  nous 
de  jeter  un  coup  d'ceil  sur  le  passé  et  de  penser 
aux  hommes  qui  ont  contribué  à  sa  gloire,  à  son 
succès.  En  d'autres  termes,  si  nous  sommes  à 
l'honneur,  à  titre  de  vivants,  nos  morts  ont 
droit  d'y  être  également  par  la  bouche  de  ceux 
qui  bénéficient  de  la  magnifique  récolte  de 
bien-être  et  de  paix,  suites  naturelles  de  leurs 
semences  répétées  de  travail  infatigable,  arrosé 
de  leurs  meilleures  sueurs. 

En  effet,  si,  réunis  ce  soir  devant  cette 
église  paroissiale  qui  a  plutôt  l'air  d'une 
cathédrale  tant  son  style  et  sa  masse  en  im- 
posent, nous  jetons  un  coup  d'oeil  dans  la 
plaine,  vers  la  vallée  du  lac  Saint-Louis,  nous 
apercevons  la  ville  de  Beauharnois.  De  prime 
abord,  nous  voyons  que  ses  nombreuses  mai- 
sons et  les  grandes  cheminées  industrielles  se 
détachant  à  l'horizon,  aux  limites  urbaines, 
comme  des  sentinelles,  indiquant  un  progrès 
apparent,  un  avenir  assuré;  puis,  si  nous 
embrassons  d'un  regard  la  campagne  envi- 
ronnante nous  verrons  l'œuvre  d'un  défriche- 
ment consommé,  le  blé  qui  lève,  les  vergers  en 
fleurs,  la  mince  colonne  de  fumée  montant 
lentement  et  gaiement  à  travers  l'espace  et 
disant  même  en  des  signes  sténographiques,  au 
Créateur,  le  bonheur  et  la  joie  de  vivre  de 
chacun  dans  ces  hameaux. 

Mais,  chers  concitoyens,  cette  ville  avec  ses 
maisons,  ces  champs  avec  leurs  hameaux,  ce 
sont  notre  chez-nous.  C'est  l'œuvre  d'un 
siècle  qui  passe.  Tout  cela,  est  partie  l'œuvre 
de  nos  pères  et  partie  la  nôtre.  Beauharnois 
n'a  pas  surgi  du  sol  en  un  jour.  Il  a    été 


créé  et,  sa  fondation  ayant  été  heureuse,  il 
s'est  développé.  Dieu  aidant,  d'une  façon 
merveilleuse.  Notre  passé  fut  l'œuvre  de  Dieu, 
sous  les  efforts  de  ses  premiers  colons  et  des 
générations  qui  ont  suivi.  Le  Clergé  et  l'État, 
dans  Beauharnois,  ont  toujours  marché  de 
front,  uni  leurs  efforts,  et  aussi  la  récolte 
a  été  belle,  toujours  de  plus  en  plus  pros- 
père en  fait  de  bien  public  et  de  paix  reli- 
gieuse. Le  progrès  matériel  a  été  intime- 
ment lié  au  progrès  religieux  pour  les  intérêts 
de  la  communauté.  Ceux  des  nôtres  qui  ne 
sont  plus,  dormant  leur  sommeil  éternel, 
dans  le  plus  beau  coin  de  terre  de  notre  do- 
maine, qui  ont  concouru  toute  leur  vie  au 
développement  civil  et  religieux  de  cette  ville, 
de  cette  paroisse,  si  de  leurs  tombes  ils  voient, 
comme  ils  doivent  être  heureux  en  ce  moment 
de  contempler  les  fruits  que  leurs  œuvres  ont 
produits;  ils  ont  vécu  eux-mêmes  de  ce  bon- 
heur, mais  nous  en  ont  laissé  la  meilleure 
partie.  Paix  et  éternité  bienheureuse  à  leurs 
cendres!  Tous,  souvenons-nous  de  ces  grands 
disparus,  nos  distingués  aïeux.  Déposons 
sur  la  tombe  de  ces  fondateurs  de  cité  et  de 
paroisse,  d'immenses  couronnes  tressées  des 
plus  jolies  fleurs  de  l'amitié  et  de  la  recon- 
naissance  éternelles. 

Et  nous,  leurs  fils,  tirons  profit  des  leçons 
de  vie  chrétienne,  de  travail,  d'amour  et  de 
respect  mutuels  qu'ils  nous  ont  léguées.  Mé- 
ditons sur  leurs  œuvres,  notre  confort  actuel. 
Faisons  notre  vie  meilleure;  contribuons  de 
toutes  nos  forces  au  progrès  civil  et  religieux  de 
cette  ville  et  de  cette  paroisse.  Dans  un  amour 
mutuel  nous  y  puiserons  une  force  nouvelle 
pour  les  luttes  du  moment  et  du  lendemain. 
Chers  concitoyens,  rappelons-nous  ces  vers 
de  Sully  Prud'homme,  ce  grand  poète  fran- 
çais, qui  ne  sont  qu£  trop  vrais  à  l'heure  pré- 
sente: 


J 


Les  Fêtes  du  Centenaire 


299 


"Viens!  ne  marche  pas  seul  dans  un  jaloux 

sentier, 
"Mais  suis  les  grands  chemins  que  F  humanité 

foule; 
"Les  hommes  ne  sont  forts,  bons  et  justes, 

qu'en  foule; 
"Ils  s'achèvent  ensemble,  aucun  d'eux  n'est 

entier." 


*  * 

* 


Après  ces  discours  éclatèrent  les  pièces 
pyrotechniques,  pendant  tout  près  d'une 
heure;  de  l'aveu  unanime  des  assistants,  ce 
feu  d'artifice  a  été  l'un  des  plus  brillants 
qui  se  soient  vus. 

Puis  la  fanfare  jeta  dans  les  airs  les  notes 
bien  connues  de  0  Canada,  et  chacun  rentra 
chez  soi. 

Le  lendemain,  Beauharnois  reprenait  sa 
vie  ordinaire.    Les  décorations  s'enlevaient 


des  demeures  et  des  rues;  les  étrangers 
quittaient  la  ville;  des  fêtes,  il  ne  restait 
plus  qu'un  souvenir,  inoubUable  à  la  vérité. 

D'avoir  revu  des  parents  et  des  amis 
très  chers,  d'avoir  vu  de  si  belles  cérémonies 
et  entendu  tant  de  si  réconfortantes  paroles, 
d'avoir  évoqué  le  passé  paroissial,  d'avoir 
pensé  aux  disparus,  ne  pouvaient  pas  ne  pas 
laisser  dans  l'âme  plus  d'une  leçon.  Ces 
leçons — de  fidéhté  aux  traditions  familiales, 
paroissiales  et  nationales,  d'endurance  au 
devoir,  de  vie  chrétienne  plus  intense,  de 
vie  civique  de  plus  en  plus  dévouée  au  bien 
commun,  d'union  et  d'harmonie  dans  la 
poursuite  du  même  idéal — nous  voudrions 
que  les  pages  de  ce  livre,  écrites  pour  nos 
concitoyens,  les  gravassent  à  jamais  et 
aidassent  à  les  transmettre  de  génération 
en  génération. 


A  titre  documentaire,  voici  la  liste  com-    munautés  religieuses  qui  ont  assisté  aux 
plète  des  membres  du  clergé  et  des  com-    fêtes  du  centenaire: 


Le  Clergé 

Liste  des  membres  du  clergé  qui  ont  assisté  aux 
fêtes  du  Centenaire  de  la  paroisse  de 
Saint-Clément  de  Beauharnois. 


S.  G.  Mgr  J.-M.  Êmard,  Évêque  de 
Valleyfield,    Que. 

S.  G.  Mgr  E.-A.  LatuUpe,  Évêque  de 
Haileybury,  Ont. 

Mgr  Jean-de-la-Croix  Dorais,  P. A.,  Vie. 
général  de  Valleyfield. 

Mgr  Z.  Lorrain,  Vie.  général  de  Pem- 
broke. 

Mgr  J.-C.  Allard,  P. A.,  curé  de  Sainte- 
Martine.  (Val.) 

Mgr  J.-A.  Bélanger,  P.D.,  curé  de  Saint- 
Louis   de   France.    (M), 


Mgr  J.-H.  Cousineau,  P.D.,  curé  du 
Sacré-Coeur  de  Jésus.  (M). 

Mgr  L.-A.  Dubuc,  P.D.,  curé  de  Saint- 
Jean-Baptiste.    (M). 

Mgr  J.-A.  Richard,  P.D.,  curé  de  N.-D. 
des  Sept  Douleurs  de  Verdun.    (M). 

M.  le  Chanoine  J.-S.  Edm.  Aubin,  Supé- 
rieur du  Collège  de  Valleyfield. 

M.  le  Chanoine  P.-J.  Bourget,  mission- 
naire à  Saint-Régis.  (Val.). 

M.  le  Chanoine  L-R.  Chaput,  A.C., 
Maisonneuve.  (M.). 


300 


Centenaire  de  Beauharnois 


M.  le  Chanoine  Isaïe  Clairoux,  curé  de 
l'Epiphanie.  (J.). 

M.    le    Chanoine    L.-E.    Cousineau,    de 
l'Archevêché  de  Montréal. 

M.  le  Chanoine  R.-M.  Décary,  curé  de 
Saint-Henri  de  Montréal. 

M.    le    Chanoine   Alph.-E.    Deschamps, 
aumônier  des  Sourdes-Muettes.  (M.). 

M.  le  Chanoine  A.-C.   Dugas,  curé  de 
Saint-Poly carpe .  ( Val .  ) . 

M.   le   Chanoine  A.-O.   Houle,   curé  de 
Saint-Jacques  l'Achigan.  (J.). 

M.  le  Chanoine  S.-F.-B.  Maynard,  curé  de 
Saint-Isidore  de  Laprairie.  (M.). 

M.  le  Chanoine  L.-U.  Mousseau,  princi- 
pal de  l'École  Normale  de  Valleyfield. 

M.  le  Chanoine  Théodule  Nepveu,  curé 
de  Beauharnois. 

M.  le  Chanoine  L.-N.  Préville,  curé  de 
Saint-Chrysostôme .  (Val .  ) . 

M.  le  Chanoine  T.-Z.  Simon,  curé  de  la 
Cathédrale  de  Valleyfield. 

M.  Emile  André,  curé  de  Saint-Rédemp- 
teur. (Val). 

M.    Oscar    Bissonnette,    Chancelier    du 
diocèse  de  Valleyfield. 

M.  Louis  Boissonneault,  curé  de  Saint- 
Vincent  de  Paul.  (M.). 

M.    Louis   M.    Borrel,  vicaire  au  Saint- 
Enfant-Jésus  de  Montréal. 

M.    Anthime    Boucher,    curé   de    Saint- 
Stanislas  de  Kostka.    (Val.). 

M.  J.-Naz.  Bourbonnais,  curé  de  Cha- 
teauguay.  (Val.). 

M.   Augustin  Carrière,   curé  de  Sainte- 
Marie-Salomé.  (J.). 

M.  Valérien  Carrière,  vicaire  à  Sainte- 
Martine.  (Val.). 

M.  J.  Conrad  Chaumont,  Supérieur  du 
Séminaire  de  Sainte-Thérèse. 

M.  Edouard  Contant,  curé  de  Maison- 
neuve.  (M.). 


M.  J.-Octave  Delisle,  vicaire  à  Beauhar- 
nois. (Val.). 

M.  J.-Albert  Dérome,  curé  de  Hunting- 
don.  (Val.). 

M.  Alphonse  Dupuis,  chancelier  du  dio- 
cèse de  Haileybury. 

M.  L.-A.  Gagnier,  curé  de  Sainte-Philo- 
mène.  (Val.). 

M.  Jérémie  Gagnon,  vicaire  à  Saint- 
Isidore  de  Laprairie.  (M.). 

M.  J.-E.  Gauthier,  curé  de  N.-D.  de 
Bellerive.  (Val.). 

M.  Arthur  Goyette,  professeur  de  théo- 
logie à  Valleyfield. 

M.  Wilfrid  A.  Goyette,  curé  de  Sainte- 
Barbe.  (Val.). 

M.  Alexandre  Gratton,  curé  de  Lachute. 

(M.). 

M.  Aimé  Hébert,  vicaire  à  Rigaud.  (Val.). 
M.   Henri  Juhen,  vicaire  à  Saint-Louis- 
de-Gonzague.   (Val.). 

M.  Elzéar  Laberge,  professeur  au  Collège 
de  Valleyfield. 

M.  Lucien  Lafrance,  vicaire  à  Côteau- 
du-Lac.  (Val.). 

R.  P.  Augustin  Leduc,  O.P.,  Sous-Prieur 
du  Couvent  d'Ottawa. 

M.  Joseph-E.  Levac,  vicaire  à  la  Ca- 
thédrale de  Valleyfield. 

M.  D.-R.  McDonald,  de  l'évêché  de 
Valleyfield. 

M.  Ernest-C.  Maheu,  vicaire  à  Saint- 
Timothée.  (Val.). 

M.  Gustave  Mailloux,  curé  de  Saint- 
Antoine- Abbé.  (Val.). 

R.  P.  M.  Marchand,  O.P.,  curé  de  Saint- 
Jean-Baptiste  d'Ottawa. 

R.  P.  L.-J.  Morin,  C.S.V.,  Assistant 
Supérieur  Provincial. 

M.  Siméon  Morin,  curé  de  Sainte-Clo- 
thilde. (Val.). 


Les  Fêtes  du  Centenaire 


301 


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Les  Fêtes  du  Centenaire 


303 


M.  Gaspard  Miron,  en  repos  à  Montréal. 

M.  J.-Delphis  Nepveu,  curé  de  Saint- 
Anicet.  (Val  ). 

M.  Avila  Papineau,  curé  de  Sainte- 
Catherine  à  Montréal. 

M.  Albert  Peladeau,  retiré  à  Montréal. 

M.  F.-X.  Pelland,  curé  de  Saint-Étienne 
de  Beauharnois. 

M.  Adélard  Perreault,  curé  de  Saint- 
Timothée.    (Val.). 

R.  P.  J.-Avila  Perreault,  C.S.V.,  du 
Noviciat  de  Joliette. 

M.  Ls.-Philippe  Perrier,  curé  du  Saint- 
Enfant  Jésus  de  Montréal. 

M.  Jean-Marie  Phaneuf,  curé  de  Ho- 
wick.  (Val.). 

M.  A.-J.  Préfontaine,  curé  de  Saint- 
Jean  de  la  Croix.  (M.). 

M.  Thomas  Préville,  curé  de  Saint- 
Zotique.  (Val.). 

M.  J.-Albini  Primeau,  curé  de  Rigaud. 
(Val.). 

M.  Victor  Primeau,  curé  à  Chicago, 
États-Unis,    d'Amérique. 


M.  J.-N.  Rémillard,  curé  de  Soulanges. 
(Val.). 

M.  R.-Ls  Rolland,  vicaire  à  Saint- 
Polycarpe.  (Val.). 

M.  A.-P.  Sabourin,  curé  de  Saint-Louis 
de-Gonzague.    (Val.). 

M.  J.-Damien  Saint-Aubin,  vicaire  à 
Beauharnois.  (Val.). 

M.  F.-X.  Tisseur,  curé  du  Côteau-du- 
Lac.    (Val.). 

M.  H.-U.  Tremblay,  a.c,  retiré.  (Val.). 

R.  P.  N.  Vaillancourt,  C.S.V.,  du  Collège 
Bourget.  (Val.). 

M.  Emile  Véronneau,  en  repos.  (Val.). 

M.  Gérasime  Bonnier,  diacre,  du  collège 
de  Valleyfield. 

M.  David  Mailloux,  diacre,  du  collège 
de  Valleyfield. 

Et  plusieurs  religieux  au  nombre  des- 
quels on  remarquait  le  Rév.  Fr.  P.  Croise- 
tière,  C.S.V.,  Directeur  de  l'Académie  Saint- 
Clément  à  Beauharnois,  et  le  Rév.  Fr. 
Marois,  C.S.V.,  Directeur  de  l'Académie 
de  Saint-Timothée. 


Au  Couvent 


Noms  des  Sceurs  présentes  aux  fêtes  {Couvent  des  SS.  NN.  de  Jésus-Marie.) 


1.  Mère  Marie  de  Bon-Secours,  supé- 
rieure générale. 

2.  Mère  Mechtilde  du  St-Sacrement, 
dép.   générale. 

3.  Mère  Martin  de  l'Ascension,  ex- 
supérieure générale  et  supérieure  provin- 
ciale d'Ontario. 

4.  Mère  Marie  Jean  Gualbert,  supé- 
rieure provinciale  de  Valleyfield. 

5.  Sœur  Marie  du  St-Esprit. 

6.  Sœur  Marie- NathaUe. 

7.  Sœur  Marie-Alice. 

8.  Sœur  Marie-Lucille. 

9.  Sœur  Marie-Damien. 


10.  Sœur  Marie-Eugénie. 

11.  Sœur  Marie- Albertine,  supérieure  de 
l'école  de  St-Léonard  de  Port-Maurice. 

12.  Sœur   Marie-Célanie,    supérieure  de 
l'école    de  St-Josaphat,  Longueuil. 

13.  Sœur   Marie-Placide,   supérieure  du 
couvent   de   St-Chrysostôme. 

14.  Sœur    Marie-Léonie,    supérieure    du 
couvent  du  Mont-Royal. 

15.  Sœur  Marie  du  St-Nom  de  Jésus, 
supérieure  du  Couvent  de  Beauharnois. 

16.  Sœur   Marie-Laurent-Justinien. 

17.  Sœur    Marie-Albine,    supérieure    du 
couvent  de  St-Timothée. 


304 


Centenaire  de  Beauharnois 


18.  Sœur   Marie-Eulalie,    supérieure   du 
couventde  St-Louis-de-Gonzague. 

19.  Sœur  Marie-Eucher. 

20.  Sœur  Marie- Valentine,  supérieure  du 
couvent  de  Valleyfield. 

21.  Sœur  Marie-Epiphane. 

22.  Sœur  Marie-Tarcisius. 

23.  Sœur  Marie-Maximilienne. 

24.  Sœur  Marie-Symphorien. 

25.  Sœur  Marie-Félix,  supérieure  de  St- 
Médard  (Coteau  Station). 

26.  Sœur  Marie-Paul  de  Ste-Marie,  su- 
périeure de  St-Clément  de  Maisonneuve. 

27.  Sœur  Marie-Paul  de  Nicée. 

28.  Sœur  Marie-Stanislas. 

29.  Sœur  Marie-Norbert,    supérieure   de 
l'École  Chartierville. 

30.  Sœur  Marie-Jeanne-Françoise,   supé- 
rieure de  l'Ëcole  des  SS.  AA. 

31.  Sœur  Marie-Madeleine  du  Calvaire. 

32.  Sœur  Marie  des  Séraphins. 

33.  Sœur  Marie  Aladius. 

34.  Sœur  Marie-Joseph  de  Cupertino. 

35.  Sœur  Marie- Antoine- Alphonse. 
Sœur  Marie  de  Jérusalem. 
Sœur  Marie-Joseph. 
Sœur  Marie-Françoise  du  St-Sacre- 


36. 
37. 
38. 
ment 
39. 
40. 
41. 
42. 


Sœur  Jean-Cassien. 
Sœur  Aimée  de  Jésus. 
Sœur  ApoUonie. 
Sœur  Paule. 

43.  Sœur  Thérèse  de  St- Augustin. 

44.  Sœur  Vincent-Ferrier. 

45.  Sœur  Véronique  du  Calvaire. 

46.  Sœur  Célina. 

47.  Sœur  Philomène  de  Rome. 

48.  Sœur  Théodule  de  Rome. 

49.  Sœur  Thérèse  de  Notre-Dame. 

50.  Sœur  Floriana. 

51.  Sœur  Louise-Emilie. 

52.  Sœur  Pierre  de  Sienne. 

53.  Sœur  Pierre  Eucher. 


54.  Sœur  Georges  de  Palestine. 

55.  Sœur  Paul  de  Jésus. 

56.  Sœur  Marie-Clément. 

57.  Sœur  Marie-Césarie. 

58.  Sœur  Marie-Césarine. 

59.  Sœur  Marie-Rébecca. 

60.  Sœur  Marie-Biaise. 

61.  Sœur  Marie-Julien. 

62.  Sœur  Marie-Annette. 

63.  Sœur  Marie-Amabilis. 

64.  Sœur  Marie-Constant. 

65.  Sœur  Marie-Adelinde. 

66.  Sœur  Marie-Philorome. 

Hospice 

Mère  Piché,  Supérieure  générale. 

Mère  Dionne,  assistante  générale. 

Mère  Letellier,  Supérieure  provinciale. 

Sœur  Dubord,  Supérieure  de  l'Hospioe 
St- Joseph. 

Sœur  Desmarais,  ex-Supérieure  de  l'Hos- 
pice St- Joseph. 

Sœur  St-Donat,  ex-supérieure  de  l'Hos- 
pice St-Joseph. 

Sœur  Pommin ville. 

Sœur  Charron. 

Sœur  Sauvage. 

Sœur  Lefrançois. 

Sœur  Faubert. 

Sœur  de  Labossière. 

Sœur  Léger. 

Sœur  Dupont. 

Sœur  Boileau. 

Sœur  St-Aglaé. 

Sœur  M.-Ange  Paré. 

Sœur  M.  Denis. 

Sœur  V.  DeUsle. 

Sœur  Limoges. 

Sœur  Cardinal. 

Sœur  Elphège. 

Sœur  Fougère. 

Sœur  Larose. 


Appendice 


305 


APPENDICE 

(Voir  p.  266). 

ADRESSE  DES  ORPHELINS  DE  L'HOSPICE, 
le  15  juin  1920. 


Révérendissimes  Seigneurs, 
Messieurs  les  Curés, 
Bons  Pères, 

Mesdames  et  Messieurs, 

Benjamins  de  la  grande  famille  paroissiale, 
nous  osons  faire  humble  et  faible  écho  aux 
hymnes  d'honneur  qui  vibrent  depuis  quelque 
temps  en  ce  lieu:  ne  dit-on  pas  que  la  louange 
des  petits  est  agréable  à  Dieu?  Et  puis,  nous 
tenons  beaucoup  à  vous  exprimer,  avec  res- 
pect et  confiance,  combien  nous  apprécions 
la  condescendance  bienveillante  dont  vous 
nous  favorisez  par  votre  honorable  présence. 

Nos  voix,  et  surtout  nos  cœurs,  ont  essayé 
de  chanter  leur  note  de  joyeuse  gratitude  pour 
les  grâces  du  ciel  sur  cette  paroisse,  pour  le 
saint  zèle  des  dix  premiers  et  dévoués  prêtres 
qui  l'ont  administrée:  administration  intel- 


ligente qui  se  continue  aujourd'hui,  la  preuve 
en  est  publique. 

Nous  avons  à  cœur  de  faire  honneur  et 
plaisir  à  ceux  qui  nous  instruisent  et  pro- 
tègent, et  naïvement  nou^  croyons  qus  vos 
sourires  bons  et  indulgents  applaudissent 
à  nos  faibles  efforts. 

Gloire  à  Dieu!  Bonheur  à  vos  Grandeurs, 
Messeigneurs,  à  vous  Révérends  Pères  et 
Messieurs  les  Curés!  Bonheur  à  tous!  Pros- 
périté à  Saint-Clément  de  Beauharnois! 

Daigne  ,  Révérendissimes  Seigneurs,  sanc- 
tionner ces  vœux  d'une  spéciale  bénédiction. 

Les  Orphelins  de  l'Hospice 
Saint-Joseph. 

Beauharnois,  le  15  juin  1920. 


Table  alphabétique 


307 


Table  alphabétique  des  noms  de  personnes 


A. 

AUard,  Alphonse 141 

Allard,  Charles   9,  20 

AUard,    Joseph 60 

Allard,   (l'Hon.)    201 

Allard,    Marguerite 106 

Allard,  Mgr  J.-C.  130,  248,  263,  299 

Allard,  Octave   93,  141 

Allard,    W 217 

Allard,    Wilfrid    197 

Allary,  Michel 176,  177,  178 

Anderson,  Alex 184 

Andersen,  Eév.  J.  D 133,  134 

André,  Emile   (curé)    300 

Arehambault,     (capitaine)     ....   175 
Archambault,  Chas,  20,  99,  158,  171, 

174,   226 
Archambault,  l 'abbé  Urgel   ....     41 

Archambault,   M 32 

Archambault,   J.   G.    (Ptre.) 81 

Archambault,  P.  S.  (Ptre.)    81 

Arpin,  Joseph    109 

Aubin  (chanoine  J.-E.),  254,  263,  299 

Auclair,  E.-J.  (l 'abbé)    229 

Auclair,    Irénée     109 

Audet,  F.  J in 

Augée,    Louis    9 

Auge,    Pierre    9,    10 

Aylmer,  Lord 21,  137 

B. 

Baillard,    Joseph     9 

Baillargeon,  Sophie  Bella 61 

Baker,  Nahum,   226 

Baker,  L.  R 85,  103,  109,  149 

150170,173,178,183,188,190,    208 

Baker,  W.  A 169,  170,  230 

Banville,  Philomène 106 

Barrette,    Augustin    19 

Barrette,  Sophie   60 

Barthélémy,  Louis   9 

Baudrault,  N 150 

Baudry,  Chambord 226 

Baunier,  Antoine    69 

Bayard,  François-Xavier   62 

Bazinet,  Augustin    62 

Bazinet,  F.   C.    ..    94,  172,  173,  178, 

189,  218 

Beauchamp,  J.  B 41 

Beauchamp,  Bosario    254 

Beaudin,  Alfred    208 

Beaudoin,  Frs   20 

Beaudry,    G.-A 218 

Beaudry,  Louis, 163,  164,  218 

Beaudry,  Malvina   58 

Beaudry,    Pierre-Jan vier-Ubald. .  164, 

173 

Beauvais,  M 194 

Becket,  William   208 

Beffre,  T 215 

Béïque,  Jos.  Flavien  187 


Béïque,  l 'hon.  F.  L 161 

Béïque,  Mlle  Eva   71 

Belaige   (avocat)    169 

Belair,  Pierre    19 

Bélanger,   (M.  le  juge  L.) . .   85  113 

164,  276 

Bélanger,   Mgr  J.   A 263,   299 

Bélanger,    P 149 

Béliveau,  M 122 

Bell,  W 92 

Bellefleur,  J.   C 71 

Bénard,  Toussaint   104 

Bennett,   J 172 

Bennett,  Eév.  T 133 

Bérard,  Gaspard 42 

Bérard,  Philippe 41 

Bergeron,  Grégoire 21,  22,  70  80 

Bergeron,  J.  M 19,  21 

Bergeron,  Jos 19 

Bergeron,  M.  P.  (J.  6.  H.),  113,  161 

Bergevin    XVI 

Bergevin,  Achille. .  85,  161,  217,  234, 
236,  254,  264,  287,  288 

Bergevin,  Adrien   254 

Bergevin,  Célestin   85,  138,  161 

Bergevin,  Charles 20,  141 

Bergevin,  Delphis   152,  187 

Bergevin,  Frs    10 

Bergevin,   Grégoire    172 

Bergevin,  Honoré 61 

Bergevin,  Jean,  Jr     9 

Bergevin,  Louis    62 

Bergevin,  Marie 62 

Bergevin,  Mme  A 264 

Bergevin,  Olivier   103 

Bergevin,  Pierre   9,  10,  171 

Berlinguette,  Amable   105 

Bertrand,  L.  A..  .  54,  70,  71,  83,  103, 

138 
Bertrand  (M.  l'abbé  Augustin)  45 
Bertrand,    Télesphore.  .    54,    58,    69, 

126,  141 

Bigras,   Mlle    IV 

Billet,  Eémy 141 

Birtz,  E 187 

Bisaillon,  Jacques    194 

Bisaillon,  Louis 173,  178 

Bisson,   Albina    71 

Bisson,  Alexis  E 218 

Bisson,    Elle   Hercule,    XVI,   59,    60, 
103,  113,  149,  150,  161,  164,  218 

Bissonnet,  Malvina   59 

Bissonnette  (Abbé  G.)   244,  300 

Blondin,  Abbé  Léonide  8 49 

Blondin,  E.  N 181 

Blondin,   Jean-Bte    51,    58 

Blondin,  Louis    49 

Blondin,  M.  L 47 

Blyth,   E.    (Ptre.)    81 

Bocage,  Ls     149 

Bogue,  Henry  ..70,  80,  138,  183,  208 

Boissonneault,   Fra     142 

Boissonneault,  Louis  (curé)  ....   300 
Bond,  W.  B 134 


Bonhomme,   J.-B.. .    10,  70,   80,   150, 
152,  173,  217 

Bonhomme,    Jeanne 114 

Bonnier,   Damase 141 

Bonnier,    Jean-Baptiste ....    53,    225 
Bonnier,   Joseph   Antoine   Géra- 

sime    53,  303 

Booth,  Thomas  D 187 

Borrel     (M.    l'Abbé    Louis-Ma- 
rie)        45,   300 

Boucher,  Anthime  (curé)   300 

Bouchette,  Joseph,  XII,  179,  189,  194 

Boudreault,  Firmin    9 

Boudreault,  M 125 

Boudria,  Sophie    54 

Bougie,  Chas    10,  19,  21,  95 

Bougie,  Frs    19 

Bougie,  Jacques   9,  19 

Bougie,  Jacques  Sr   9 

Bougie,  J.-B.   19 

Bougie,  Jérémie..    69,  103,  141,  233 

Bougis,   Louis    9,   10 

Bougis,    Pierre    9 

Bougy,  Jacques,  Jr   9 

Bourassa,  A.  J 173 

Bourassa,  J.  B 38 

Bourassa    (M.   l 'abbé)    271 

Bourassa,   P 33 

Bourbonnais,  Amable    64 

Bourbonnais,  Désiré   176,  178 

Bourbonnais,   Frs     10 

Bourbonnais,  Jacques 9,  10 

Bourbonnais,  Joseph    64 

Bourbonnais,   J.  N.    (curé) 300 

Bouroier,   Adèle    61 

Bourcier,    Joséphine    63 

Bourdignon,    Michel    9 

Bourdon,   Am 10 

Bourdon,   Célina   50 

Bourdon,  Charles    9,  171 

Bourdon,  Geoffroy    20 

Bourdon,   J.-Bte    20 

Bourdon,  Léon 10,  20 

Bourdon,  W...  53,  103,  147,  150,  208 

Bourdon,  Mme  W 215 

Bourget,  Mgr  I.,  7,  10,  20,  21,  22,  28, 
31,  32,  72,  79,  80,  82,  114,  126,  170, 
246,  268. 
Bourget  (l'abbé  Jean-Baptiste).  72 
Bourget,  (l'abbé  P.)..  237,  244,  299 
Bourget,    Eévérend   Messire,    11,    12, 

24,  42 

Bourgie,   A 215 

Bourgie,    Em 123 

Bourgie,    H 151,    152 

Bourgie,   P 217 

Bourgie,   Ph 208 

Boursier,  Basile    60 

Boursier    dit   Lavigne,    Bose-de- 

Lima    50 

Boursier,    Etienne    60 

Boursier,   Marie    49,  51,  61 

Boursier,  P 171 

Bouthillier,   Flavien   Guillaume.   152 


308 


Table  alphabétique 


Boyé,  Dme  Vve  Antoine   9 

Boyé,  Joseph   9 

Boyd,  Eév.  J.  M 133 

Boyer,  A 233 

Boyer,  Angélique    46,  57 

Boyer,  Ant..  .•  6,  7,  9,  19,  64,  69  107, 

142 

Boyer,  Catherine 57 

Boyer,  Célestin..   51,  62,  70,  80,  172 
Boyer,  Charles.  .  54,  69,  93,  103,  141 

Boyer,  Emélie   114 

Boyer,  Eug 254 

Boyer,  Eusèbe    93,  151 

Boyer,   H 103,   141,   225 

Boyer,  J.-Bte 69,  103,  105,  233 

Boyer,  Joseph 93.  141 

Boyer,   Jules    141 

Boyer,    Michel     151 

Boyer,  Moïse 62,  150 

Boyer,  Nicolas, 21,  70,  80 

Boyer,  Pascal    64 

Boyer   Philistin,    20 

Boyer,   Pierre    10,   272 

Boyer,   Bose-Anna    106 

Boyer,  Télesphore 141 

Boyer,  Trefflé   93 

Boyer,   Zéphirin    187 

Bradgley   (Hon.  Juge)    163 

Brais,   Joseph    187 

Branchaud,  Arthur 215 

Branehaud,  Athanase.  .  169,  184,  217 

Branchaud,  C.  H 215 

Branchand,   Chs    9 

Branchaud,   Franc...    9,    10,    69,    76, 

80,  81,  89,  94,  143,  168 

Branchand,  J.  B...   9,  19,  20,  79,  80, 

99,  226 

Branchaud,  Jos 20 

Branchaud  (les  entrepreneurs),  81,  89 

Branchaud,  Moïse..   70,  83,  164,  168, 

169,  184,  215 

Brault,  Bénoni    105 

Brault,   Hercule    63 

Brault,  Julie    59 

Brazeau,   Florida    106 

Brazeau,  Louis   69,  93,  141 

Brazeau,   P 154 

Brien   (Dr)    176,  177 

Brière,  L 217 

Brière,  Omer   141 

Brisebois,  David   93 

Brock,  Georges   141 

Brodeur,  Solyme  A III,  164 

Brossoit,  Alfred    225 

Brossoit,  Amable   9 

Brossoit,    Augustin    20,    21 

Brossoit,  J..  .  19,  58,  81,  143,  172,  218 
Brossoit,  Michel..   10,  20,  21,  70,  80 

Brossoit,  Numa   168,  169 

Brossoit,  Thomas. .  94,  103,  150,  152, 
168,   169,   217,   218 

Brouillet,   Anna    53 

Brown,  C 173 

Brown,    James    175 

Brown,  L.  G XV,  99,   142,  163, 

172,   176,   193 
Browning   (agent  seigneurial)       XV 

Bruchési,    Mgr    130 

Bruguier,  Eévérend  Messire,  6,  9,  24, 

270 

Brunault,  Mgr   H 235 

Brunel,  Jacques   23 


Brunelle,  Sophranie   62 

Brunet,  Alexis 60 

Brunet,   Alfred    208 

Brunet,  Luc   149 

Brunet,   P 33 

Brunette,  Narcisse 141 

Bruyère,  Capt 174 

Bryson     176 

Brysou,  John   226 

Buntin,   Alex 184 

Bureau,  J.  O XV 

Burke,    M 22 

0. 

Cadieux,    Antoine    60 

Cadieux,   J 173 

Cadieux,  J.  B 173,  218 

Caisse,  F.  X.   (abbé)    22,   38 

Cam,  l 'ingénieur 153 

Campbell,    capitaine    177 

Campeau,  Augustin' 64 

Campion,   Micheal    141 

Camyré,  J.-N 217 

Cantwell,   Herbert    126 

Carignan,  J.-0 233 

Carmichael,    Colonel    177 

Caron,  Marie   106 

Caron,    Victoire    62 

Carrière,  Augustin   (curé) 300 

Carrière,  Valérien   (abbé)    300 

Carron,  Jean  Zéphirin  (curé),  28,  29, 
38,   41,  80,  81,  94,   134,   246 

Cartier,    A 211 

Cartier,    Dr 225 

Cartier,    J.-A 217 

Cartier,   Jacques    V 

Cartier,  Sir  6.  E 161 

Cartier,  Michel VIII 

Gasev    Mlle   IV 

Cassidy,  John  L..  .  143,  190,  208,  215 

Cassidy   (M.  l'avocat)    168 

Caverhill,  6 215 

Caverhill,    John    143 

Caverhill,  T 190,  208 

Caylay,  Henri   225 

Caylay,    Michel..    30,    94,    130,    158 

161,  168 

Céeyre,  Evélina   53,  62 

Chaboillez,    L.,    N.P VIII,    6 

Châles,  Jean-Baptiste    58 

Challier,    Jos 172 

Champeau,  Chs  T.  Jr 143 

Champeau,  Toussaint 142,  172 

Champoux,   C.   (Ptre)    81 

Chapleau,  Sir  J.  A XIX 

Chaput,  M 30,  37 

Chaput,  E.  (curé)    263,  299 

Chardron,   Félix    149 

Charest,   Isaïe    211,    215 

Charest,  Paul   113,  123 

Charette,   Cora    106 

Charland,  (curé)..  22,  29,  30,  31,  32, 

81,   82,   85,   91,   94,   103,   107,   114, 

121,    123,    124,    125,    130,    158,    159, 

172,  246,  250,  271,   291 

Charland,  Isidore   30 

Charland,  Joseph    59 

Charlebois,  Aldéa   106 

Charlebois,  Ant 10 

Charlebois,    Arsène    141 

Charlebois,  Damase   69 

Charlebois,  J.  B...   69,  108,  141,  175 


Charlebois,  Joseph   85 

Charlebois,  Marie-Louise 59 

Charlebois,  Omer    141 

Charlebois,  Osias    141 

Chasles,  Angélique 53,  58 

Châtigny,   Charles    9 

Châtigny,    Joseph     9 

Châtillon    (l'abbé  Pierre)    41 

Châtillon,   divine    53 

Chaumont,  J.-C 263,  300 

Cherrier    (Mgr   A.  A.)    109 

Chèvrefils    149,    177 

Chèvremont,  Mtre   VII 

Chiniquy,  P 130 

Clairoux   (Chanoine)..   244,  254,  300 

Clark,   Sir   Alured    157 

Clément,    Amable .     45 

Clément,  Arthur   188 

Clément,  Jean-Bte    25 

Clément,    Jos 20 

Clément  (l'abbé  Venceslas) .  .  45,  47 

Clément,   Léon    20 

Clément,  Eévérend  Messire  Pier- 
re,  12,  13,   17,   18,   25,   77,   78,   89, 
91,  246,  271 

Cliché,    Claire 61 

Cliff,   William    ^. .  .   193 

Clitherow   (le  major)    T. .  .   177 

Cloutier,  L.  P 217 

Colborne     177 

Colonnier,   Jean    264 

Colreigh,  Eobert 141 

Colville,  Eden   XIII,  158 

Contant,  Albert 71,  129 

Contant,  Cyr..  .  82,  125,  143,  149,  189 
Contant    (l'abbé    Edouard),   42,    300 

Contant,  Stanislas    61 

Content,  Alphonse    92 

Cook,    Joseph     188 

Côté,   A 225 

Côté,  Eugène   60 

Côté,  Moïse   58 

Cotrez,  Pr 9 

Cotua,  Pierre  10 

Couillard,  D 69 

Couillard,  Délima   106 

Couillard,    Edouard    169 

Couillard,   Florida    106 

Couillard,   Françoise    12 

Couillard,  J.-B 168 

Couillard,  Jacques   58 

Couillard,   Joachim    106 

Couillard,  Jos 19 

Couillard,   Octavie    106 

Couillard,  Suphrénie    54 

Courtney,  H.  C 233 

Cousigny,    Charles    9 

Cousineau   (chanoine  L.) .  .   254,  263, 

300 

Cousineau,   Hedwidge    61 

Cousineau,  Mgr  J.  H 263,  299 

Coûtant,   Pierre    9 

Cowan,  Francis  134 

Craite,  Nicolas    20 

Crevier,  C 215 

Crops,  William 141,  143 

Cross   &  Park   208 

Crowny,  Mary  60 

Cusson,  V 167 

Cuvillier,  Augustin    157 

Cuvillon,  J.  M 10 

Cyr    149 


Table  alphabétique 


309 


Dagenais,  Ab 105 

Dagenais,   Anna   106 

Dagenais,  Donat   103,233 

Dagenais,  Isaïe    151,  233,241 

Dagenais,  Pierre 149 

Dagenais,  T 215 

Daigle,   A IV 

Daignault,  Adélaïde   58 

Daignault,  Archange   114 

Daignault,  Françoise 61 

Daignault,   Joach 20 

Daignault,  Joseph 64,  172,  215 

Daignault,  Olivine   63 

Daignault,   Paul    20,   57 

Daignault,  Robert    254 

Daignault,  Victoire   62 

Daigneau,  Antoine   9,  10 

Daigneau,  Joseph   ....   9,  10,  20,  99 

Daigneau,  Rosanne    106 

Daigneault,   Antoine    70,   89 

Daigneault,  Chs  20 

Daigneault,  F.  X 69 

Daigneault,    G.-H 122,123 

Daigneault,  L.-J ;   122,  123 

Daigneault     (l 'abbé    Joseph-Ca- 
mille)          41 

Daigneault,   Ls 187 

Daigneault,  M 71 

Daigneault,  Marie    53 

Daigneault,  Robert 113 

Daigray,   Pierre    9 

D'Allainville,  Sieur VIII 

Daly    174 

Daly,  D 21 

D 'Amour,  J.  Bte 164 

Dandurand,  Augustin    20 

Dandurand,    Christophe    172 

Dandurand,    Françoise    54 

Dandurand,  Frs  Marg.,  19,  21,  64,  172 

Dandurand,    Jos 20 

Dandurand,    Toussaint    141 

Danjou,   Jos 69 

Dansereau,  E 225 

Daoust,  Adèle   114 

Daoust,    Augustin    64 

D 'Aoust,  C.  R 226 

Daoust,  Casimir   69,  70,  80 

D 'Aoust,   Chs  ..    10,   20,   54,   64,   99, 
158,   161,   168,   169,   171 

Daoust,  Elmire    58,  61 

Daoust,  Elzéar    53 

Daoust,  Etienne    54 

Daoust,    Euphrasine    63 

Daoust,  Frs 10,  20,  64,  80,  141 

Daoust,  Gabriel   19,  64 

Daoust,  Jos.,  19,  62,  64,  69,  103,  183 

Daoust   (l'architecte)    85,  86 

Daoust,  Octave    103,  173 

Daoust,  Ovila    69,  141 

Daoust,  Pierre   64,  150 

Darling    82 

D 'Arpentigny  Guillaume   20 

D 'Arpentigûy,  Joach 10 

Darpentigny,  Joseph    9 

Darche,   Marie-Anne    30 

D 'Aut,  Augustin    9 

D 'Aut,  Charles   9 

David,  Athanase    (l 'hon.) 234 

David,  J 85 

Dazé,  Catherine   53 


De   Beauharnois,    Charles    (mar- 
quis)    VI,  vn 

De  Beauharnois,  Claude   . .    VI,  VII 
De  Beauharnois,  F.  . .  VI,  VII,  VIII 

De  Blanzy,  (notaire)   VIII 

De  Boucherville,  C.  B.,  Hon.   . .     34 

De  Boucherville,  Colonel    171 

De  Boucherville,  P.  B 172,  225 

De  Boucherville  Eoy,  I.  C 226 

Déguire,   J.   Bte    24 

Déguire    (M.   l'abbé)    237,   270 

Déguire,  Révérend  Messire   ....       9 

Dejerlay,  John    VIII 

De  Laplante,  A 233 

Delisle,  J.  (l 'abbé)    233,  237 

Delisle,   J 103,  113,   150 

Delisle  (l'abbé  Octave),  45  241,  271, 

300 

Delisle,  M.  A 43 

De  Lorimier,  Guillaume 157 

De  Lorimier  (le  chevalier)    ....   176 

De  Lorimier,  J.  C 178 

De  Lorimier,  James   .  .    62,  173,  177 

De  Lotbinière,  G.  E VIII 

De  Martigny,  A 187 

De  Martigny,  CL 225 

De   Martigny,   Chas     149 

De  Martigny,  V.  A.  L.,  108,  130,  167 

Demers    (Institutrice)     100 

Demers,  Louis  9,  171 

Denault,   Constant    9 

Denault,   Mgr    7,   9,   246 

Denault,   Bellarmin    71 

Denault,   Elodie  • 53 

Denis,  Paul 158,  168,  169 

De  Rocheblave,  Pierre  137 

Dérôme,  J.  A.   (curé)    300 

De  Salaberry,  Louis    157 

De  Salaberry    (major)    174 

Descarries    (l 'abbe    Louis-Théo- 
phile)       42,  85 

Descarrie   (M.  le  chanoine),  42,  263 

300 
Deschambault  (colonel)..  174,  175 
Deschamps  (chanoine),  244,  254,  300 

Deschamps,  Joseph 9,  21,  215 

Deschamps,  M 9 

Doschamps,    Mère 124 

Deschamps,  Michel    9,  10,  20 

Deschènes,  Jos.  Miville 187 

Descôtes,  J.  B 10 

Desgrais,  Jos 10 

Desgrais,  P 10 

Desgroseillers,   Frs     20 

Desgroseillers,  M.  le  Dr,  103,  225,233 

Desjardins,  J.  8 157 

Deslauriers,  Jos.,  103,  150,  164,  173, 

178 
Deslauriers,  Jos. . .  103,  150,  164,  173 

178 
Deslauriers,  Narcisse .  .    69,  103,  131, 

150,  151 

Deslauriers,  Philippe 84 

Desmarais,  Eug.  (Ptre),  31,  113,  271 

Desparois,  Anna   63 

Després,  Joseph    19 

Després,  Pierre   19 

Desrochers,   J.   A 184 

Desrosiers,  Olivier   150 

De  Witt,  Jacob 158,  184 

Dickner,    Ernest    53,215 


Dickner,    Marie- Anne 106 

Dickson,    James    150 

Dickson,  John   188 

Dionne,    (Mère)    125 

Dolan    (l'abbé   William)    41 

Donaldson,    William    193 

Dorais,  Frs    10 

Dorais,  Gérard 254 

Dorais,  Louis  7 

Dorais,  Mgr.  .  244,  248,  254,  263,  299 

Dorais,  Stan 103,  150,.  151 

Dorais,  W ,...  122,  123 

Doray,  François    9 

Dorion,  Henri  188,  189 

Doray,  Joseph  9 

Doray,    Louis    9 

D'Os,  Chs    9 

Doughty,  M IV 

Doutre,   A 183 

Doutre,   J.-Bte    141,    169 

Doutre,   Joseph    141,  169 

Doutre,    Léon    168 

Doutre,    M 193 

Doyon,  F 123 

Doyon,  Flor 122 

Droz,    Gustave     284 

Drapeau    (l 'entrepreneur)    82 

Drummond    (lieutenant-général).  175 

Dubreuil,    Justine     61 

Dubue,  Blanche   Yvonne    106 

Dubuc,   Délima    62 

Dubuc,  Mgr  A.  P 235 

Dubuc,  Mgr  L.  A 263,  299 

Dubuc,  Sir  Joseph   109 

Ducharme,  G.  N. 201 

Ducharme    (Institutrice)    100 

Ducharme,   Odylle    106 

Duchesnay,  Louis  Juchereau  .  . .   174 

Dufort,  C.  S.  V.  (L)    113 

Dufresne,    M 77,   153 

Duf  resne,  Nicolas 24,  270 

Dugas,  A.  C.(curé),  244,  253,  263,  300 

Duhamel,   Joseph    60 

Duhamel,   Mgr    49 

Dumas,   Michel    105 

Dumouchel,  Ls    20,  176,  177 

Dumouchel,  L.   N 149 

Dumouchelle,  Jos 176,  177 

Duncan,  Geo.  B 143,  184 

Dunkin  (Hon.  Juge)    164 

Dunscorab,  John   Ulm 158 

Dupont,  Jos 20 

Dupras,  Louis   49 

Dupras,  M.  l 'abbé  Aimé   49 

Dupras,   R.   P.   Réginald  Zenon, 

O.  P 49 

Dupuis  (Abbé) 244,  300 

Dupuis,    Apolline    106 

Dupuis,    C.-0 217 

Dupuis  et  Cartier   215 

Dupuis,   F.-X 169 

Duquette,  A 219,  225,  233 

Duquette,  Antoine 103,  138 

Duquette,  Elmire   59 

Duquette,    N 215 

Duquette,  0 215 

Duranceau,  P.  C 94,  103,  149, 

164,  168 

Durocher,  C.  8.  V.  (CE.)   113 

Durocher,    Marie-Bose    121 

Dussault,  J.   E 69,   233 


310 


Table  alphabétique 


E. 

Ellice,  Alex    VIII,   XI,  75 

Ellice,  T.  Hon.  Edouard,  XI,  XH,  133 

Ellice,  Edward   (Jr),  Xn,  XV,  176 

Ellice,  Georges   XI 

Ellice,   Madame    XI,   28,  176 

Ellice,  E XI,  215 

Ellice,  Seigneurs XII,  124,  132, 

133,  142,  143,  154,  193,  194 

EUiott,  George    141 

Elliott,  J.-K 151,  168,  226 

EUiott,   Thomas    198 

Emard,  Antonio    113 

Emard,  Mgr  J.  M.. .  I,  7,  49,  50,  53, 
113,  121,  125,  129,  131,  236,  240, 
245,  246,  248,  251,  254,  263,  264, 
266,   268,   269,   285,   299. 

Emard,  Mme  A 215 

Emard,  J.-E 123 

Emard,    Jos 150 

P. 

Fabre,  Mgr  E.  C. .  7,  33,  34,  37,  84, 
121,  129,  246,  268 

Fabre,  Surveyer,  Juge  E 218 

Faubert,   Alexis    141 

Faubert,  Damase    62 

Faubert,  Edwidge    53 

Faubert,    Etienne    9 

Faubert,   Ferd.    233 

Faubert,    Frs     9 

Faubert,  Jean-Bte   9 

Faubert   &   Morrisseau    215 

Faubert,   F 154 

Faubert,   Joachim    9,    20 

Faubert,   Jos 173 

Faubert,    Marie-Bibiane     53 

Faubert,  Mlle  R 215 

Faubert,  Siméon   71 

Fichault,  Joseph 103,  141 

Filgate    ("capitaine)     : .   184 

Fiset,    P.     33 

Fisher    '. .   141 

Fison,   P 20 

Fitzgerald    (l'abbé   Guillaume).     41 

Fleming,   C 218 

Fleury-Groulx,  l'abbé  Antoine..     38 

Forbes,  Mgr  S.  G 235 

Forest,  A 123 

Forest   (l 'abbé  Joseph)    42 

Forsyth,  John   75 

Fortier,  J 147,   215 

Fortin,  Alésire    105 

Fortin,    Clara    71 

Fortin,   Cyprien.  .    71,   93,    103,    113, 
122,  150,   152,  188,  189,  198 

Fortin,  L 225 

Fortin   (l 'abbé  Pierre)    41 

Fortin,   Mlle   E 71 

Fortin,  Tancrède,  C.E.. .  167,  169,  223 
233,  234,  236,  266,  287 

Fortune,  Annie   106 

Fournier,    Camille    121 

Fournier,  Hégésippe    71 

Fournier,    J 141 

Fournier,   Paul    10,   20 

Frappier,    Arthur     234 

Frédéric,  B.  P 131 


Frenette,   Marie-Louise    61 

Fr.  AdalbertuB  108 

Fr.  Albran   108 

Fr.  Amulwyn   108 

Fr.  Aubin,  A 110 

Fr.  Bacon,  A 110 

Fr.  Beauchemin,  G 110 

Fr.  Beaudoin,  A 110 

Fr.  Beauregard,  A 110 

Fr.  Beauregard,  E 110 

Fr.  Bélair,  J.-E 109,  110 

Fr.  Bernier,  0 110 

Fr.  Bertrand,  Louis    54 

Fr.  Bessette,  J.  E 110 

Fr.  Biron,  F.  X 110 

Fr.  Blain,  A 110 

Fr.  Bonin,  Ménard 54 

Fr.  Boucher,  David 54 

Fr.  Bourdon,  Eaflil 53 

Fr.  Bourget,    G 110 

Fr.  Breton,  V 110 

Fr.  Brodeur,  Edmond 110 

Fr.  Catulius 108 

Fr.  Charette,  D 110 

Fr.  Chenette,  Z 110 

Fr.  Coderre,  W 110 

Fr.  Coulombe,   H 110 

Fr.  Coulombe,  J 110 

Fr.  Coulombe,  E 110 

Fr.  Coutu,  Z 110 

Fr.  Croisetière,  P,  110,  233,  303 

Fr.  Daigneault,  P 110 

Fr.  D  ' Aoust,  Arthur   53 

Fr.  Daoust,  Léopold    54 

Fr.  Degrandpré,  0 110 

Fr.  de  la  Salle,  J.  M 110 

Fr.  Delisle,  H 110 

Fr.   Delisle,   Ad 110 

Fr.  Denis,  W 110 

Fr.  Descôtes,  J.  A 109,  110 

Fr.  Desjardins,  N 110 

Fr.  Desehênes,   F 110 

Fr.   Desrosiers,   A 110 

Fr.  Dionne,  J 110 

Fr.   Dickner,   P 53 

Fr.   Ducharme,   L 110 

Fr.  Dufort,  L.  B 110,  113 

Fr.  Dutil,  H 110 

Fr.  Ethier,  A 110 

Fr.  Ethier,  J 110 

Fr.  Fafard,  J 110 

Fr.  Faucher,  U 110 

Fr.  Faireau,  J 110 

Fr.  Fernet,  T 110 

Fr.  Fournier,  Z 110 

Fr.  François  de  Sales   108 

Fr.  Gagné,  0 110 

Fr.  Gareau,   B 110 

Fr.   Gariépy,   E 53 

Fr.   Gascon,   W 110 

Fr.  Gauthier,   H 110 

Fr.    Gélasien    108 

Fr.  Généreux,  A 110 

Fr.  Geoffroy,  E 110 

Fr.  Girard,  J 110 

Fr.    Goyet,   Jos 110 

Fr.  Gravel,  L 110 

Fr.  Gravel,  T 110 

Fr.  Grondin,   0 110 

Fr.   Guévremont,   V 110 

Fr.  Hieron^rmus   108 


Fr.  Hiérôm     108 

Fr.  Hosia 108 

Fr.  Houle,  A 110 

Fr.  Jacques,   A 110 

Fr.  Jalbert,  0 110 

Fr.  John    108 

Fr.  Ladouceur,  J 110 

Fr.  Laferrière,  L 110 

Fr.  Lafleur,  A 110 

Fr.  Langlois,  H 110 

Fr.  Laporte,  J.  B 110 

Fr.  Larose,  J.  A 110 

Fr.  Latour,   H 110 

Fr.  Laurendeau    110 

Fr.  Lauzon,  J.  B 110 

Fr.  Lavoie,   N 110 

Fr.  LeBel,  P.  A 110 

Fr.  Lebrun,  T 110 

Fr.  Leduc,  Joseph-Clovis   53 

Fr.  Lefebvre,   Z 110 

Fr.  Lefebvre,  L.  J 53 

Fr.  Lorrain,  J 110 

'  Fr.  Lussier,  A 110 

Fr.  Lussier,    J.-B 110 

Fr.  Lussier,    N 110 

Fr.  Lussier,   0 53 

Fr.  Maheu,  J.  Z 53 

Fr.  Manès,  Irénée    54 

Fr.  Marois     303 

Fr.  Marr,  J 110 

Fr.  Martel,  P 110 

Fr.  Martin     108 

Fr.  Maximilien 

Fr.  Maximinian    54 

Fr.  Maximinus    54 

Fr.  Morin,  E 110 

Fr.  Morrisseau,    Normand    ....  53 

Fr.  Nadeau,   V 110 

Fr.  Paquette,   G 110 

Fr.  Paquet,    A 110 

Fr.  Paré,  A 110 

Fr.  Pelletier,  Z 110 

Fr.  Perreault,  L 110 

Fr.  Piette,   Z 110 

Fr.  Pineault,  G 110 

Fr.  Pineault,  T 110 

Fr.  Poirier,   H 110 

Fr.  Poupart,  A 110 

Fr.  Primeau,  0 110 

Fr.  Eaymond,  J.-C 109,  110 

Fr.  Eichard,  A.-D 110 

Fr.  Eichard,  J 109,  110 

Fr.  Eichard,  N 110 

Fr.  Eobert,   H 110 

Fr.  Eobillard,  J 110 

Fr.  Bousseau,    E 110 

Fr.  Eoy,   Ad 110 

Fr.  Eoy,   C 110 

Fr.  Eoy,  H 110 

Fr.  Eoy,  J.-A 110 

Fr.  Eoy,  P 110 

Fr.  Eoyer,   T 110 

Fr.  Salutian     108 

Fr.  St.  Jacques,  A 110 

Fr.  Stephen    108 

Fr.  Tardif,  T 110 

Fr.  Théoret,    P 53 

Fr.  Viau,  A 110 

Fr.  Vincent,   V 110 

Fr.  Viger,  L.-M.J 110 


Table  alphabétique 


311 


o. 

Gaboury,  E.  A 187 

Gadbois,    G.-H 173 

Gadoury  (l'abbé  Jos.-Edouard).     62 

Gagné,  Louis 69,  103,  141 

Gagné,  L.  Ovide 69,  93,  141 

Gagnier,  L.  A.   (curé)    300 

Gagnon,  Marie   Anne    27 

Gagnon    178 

Gagnon,   Jérémie    (l 'abbé)    300 

Gaigner,   François    9 

Galipeau,   Bazil    9 

Garand,  Blanche 106 

Garand,  Isaïe    69,  141 

Garand,   M 218 

Gareau,    Marcelline 59 

Gariépy,  Antoine    215,   217 

Gariépy,    Chas     123 

Gariépy,   Désiré    59,   151 

Gariépy,    Ed 123 

Gariépy,  Eugène  123 

Gariépy,   Flavie    50 

Gariépy,  Médard    71 

Gariépy,  Nazaire   53 

Gariépy,  Siméon   149 

Gasparri  (S.  E.  le  cardinal)   ...   266 

Gaucher,   notaire    218 

Gauthier     (M.     l'abbé     Joseph- 
Exéas),  m,  45,  231,  236,  272,  287, 
291,  300 

Gauthier  (M.  l'architecte)    85 

Gauthier,  Mgr.  G.  H 235 

Gauthier,  Pierre   141 

Gauvreau,   Clovis    . 10 

Gendron,    Arthur    141 

Gendron,  Cha 19 

Gendron,    D 233 

Gendron,  E 123,  215 

Gendron,   F.  Jos 20 

Gendron,  François 9 

Gendron,   Gaston    254 

Gendron,  Henri   103,  141 

Gendron,   Jacques    9 

Gendron,  J.  B.,  fils   19 

Gendron,  J.  B.,  9,  10,  20,  21,  69,  71, 

92,  103 

Gendron,  Jérémie   69,  141 

Gendron,   J.   M 9 

Gendron,  Joach 19,  93 

Gendron,  Joseph  10,  69,  143,  233,  241 

Gendron,  L.  8 9 

Gendron,   Louis    9,    22 

Gendron,  Michel    69,  141 

Gendron,  Narcisse-Alphonse    .  .  .   155 

Gendron,    0 215 

Gendron,    Octavie    106 

Gendron,  Paul,  9,  10,  69,  70,  89,  90 
103,  141,  143 

Gendron,  Pierre 9,  57,  143,   149 

Gendron,   Dr    20 

Gendron,  Thomas   9 

Geoffroy    (l'abbé   François-   Xa- 
vier)          41 

Gernon,  J.  H 149 

Gervais,   Adrien    ; .   254 

Gervais,   J.   B 10,   19 

Gervais,  Louis   95,  218 

Gervais,    Orphir    113 

Gervais,  René   113 

Gervais,    Z 215 

Gibeau,  Alexis    141 


Gigoux,  Jean-F 71,  96 

Giguère,  M.  Antoine 22 

Ginestet,   Jean    70,  99 

Gingras,  8y 103,  150 

Girouard,  H.  L.  (Ptre)   .  .  81 

Giroux,    Jos 19 

Giroux,    Phil 173 

Giroux,  Philomène   61 

Giroux,  Pierre 149,  172,  198,  208 

Giroux   &   Oie    208 

Gobert,    Joach 10 

Godfrey,  Thomas   187 

Godin,  F.-X 151,  152 

Godin,   Herménégilde    105 

Goyette,  Jacques   20 

Concourt,    Jos 9 

Goodfellow,  D.  K 151 

Gorman,    Timothy    141 

Gosselin,    Alexina    53 

Gougeon,    E 123 

Gougeon,  Lionel 151,  152 

Gouin,  Sir  Lomer    162 

Goyette,  Adélard 105 

Goyette,  Alphonse 50,  150 

Goyette,  Arth 69,  103,  141,  300 

Goyette,    Côme     151 

Goyette,   Delphis    173 

Goyette  et  Marcil   208 

Goyette,  Ferdinand 69,  138,  141 

Goyette,  Jacques.  10,  90,  99,  176,  177 

Goyette,  Jos 63,  69,  141,  176 

Goyette,  Juge  H.  A 109,  169 

Govette,  M.  l'abbé  Arthur..   50,  129 

Goyette,  N 109 

Govette,   Narcisse    69 

Goyette,    0 169,    170 

Goyette,  W.  (l 'abbé)    300 

Graham,  John   141 

Grandbois,  Alex   20 

Grandbois,  Paul  F 20 

Grand,   C.  W 171 

Gratton,  Alexandre   (curé)    ....   300 
Gravel    (l'abbé    Louis-Napoléon 

Alphonse)     42 

Gravel,  Mgr   XIX,  120 

Gravelle,  Charles 71 

Greenshields,  N 167 

Grenier,  Félix   10 

Grenier,   Frs    9,   10 

Grenier,  J.  Bte   149 

Grenier   (l 'abbé  David) 46 

Grenier,   Marie   60 

Groulx,  A.   (Ptre)    81 

Groulx,  Edmond   187 

Groulx,  J.  B 69 

Groulx   (l 'abbé  L.  A.)    236 

Groulx,    M 22 

Guigues,  P.  B.  M.  1 33 

Guimond,  Cyrille..  93,  103,  113,  149, 
172,  178,  188,  198,  201 

Guimond  et  Carignan   208 

Guimond  &  Lapointe 190 

Guimond,   J.   B 63 

Guimond,    Jos 151 

Guimond,   Justina    50 

Guimond,  J.  L.  E 103,  152 

Guimond,   L 218 

Guimond,   Mlle  A 71 

Guimond,  0 225 

Guernon,  Dr 225 

Guy,  Hon.  juge    163 

Guyon,   Marguerite    60 


Haig,  Bév.  Thomas 133 

Hainault,   Alfred    141,   155 

Hainault,  Arthur 103,  141 

Hainault,  Etienne 105,  171,  174 

Haineau,  Florida    106 

Hainault,  Jos 9,   10,  64,  94,  95 

Hainault,  J.   Bte    141 

Hainault,   Louis. .    m,   70,   83,   104, 

105,   107,   138,   141,   164,   176,   178, 

188,  218. 

Hainault,   Marguerite    57 

Hainault,  Pierre   141 

Hains,  Geo 217 

Hall,  Robert 141 

Hamel,   Cajétan    188 

Hamilton,   W 172 

Handerson,  James   126 

Harbourg,  Angélique 58 

Hardy,  l 'abbé  Nazaire  41 

Hardy,   Nazaire    22 

Harvey,    E 215 

Harvey,   Maxime    71 

Hawker,    James    96,    97,    99 

Hayle,  Robert  226 

Hébert,    A 215 

Hébert,  Adrien 9,  10,  12,  20,  171 

Hébert,    Adrien    19 

Hébert,   Adrien,   Jr     9 

Hébert,  Alexis 22,  53 

Hébert,  Amand    9,  10,   20 

Hébert,  André   9,  10 

Hébert,  Auguste..   69,  141,  154,  183, 

233 

Hébert,   Domina   141 

Hébert,  Félicité   54 

Hébert,   François. .    9,   12,   141,   154, 

171,  226 
Hébert,  Geoffroy..    10,  69,  141,  172 

Hébert,  Henri 126,  141,  154 

Hébert,  Ignace  9,  10 

Hébert,  Isidore   138,  141 

Hébert,    J.-B 10 

Hébert,  Jos 10,  20,  172 

Hébert,  Louis.  .  7,  9,  10,  20,  141,  175 

Hébert  (M.  l 'abbé  Aimé) . .  53,  129, 

248,   254,   300 

Hébert   (M,  M.  A.)    47 

Hébert,    Moïse     217 

Hébert,  Paul..   5,  9,  10,  20,  64,  272 

Hébert,    Roger    150 

Hébert,  Wilfrid 141,  154 

Hébert,  Zoé   62 

Hénault,  Etienne 9,  10,  272 

Hénault,   François    9,   21 

Hénault,  Joseph,  Sr 9 

Hénault,   Jos 20 

Hénault,  Michel   20 

Hénault,  N.  P.,  Louis,..    69,  80,  94 

Hénault,  On 69 

Hénault,   Pierre VII,  9,   64 

Héneau,   Hyac 10,  20 

Héncau,  Michel   10,  21 

Henderson,  Wm    143,  149,  208 

Henry,  Erme    157,  171 

Héroux,   Honorine    62 

Héroux,   M 71 

Hervieux,  Henri  225 

Holmden,  M IV 

Holmes,  W 197 

Hould,   Louis-J 164 


312 


Table  alphabétique 


Houle,  O.   (chanoine) 253,  300 

Houle,    Antoine    9,    95 

Houle,  Frs     20,   141 

Houle,  J.  B 69 

Hubert,  Mgr   7,  246 

Hudon,  Hyacinthe    20 

Huneau,   Angélique    62 

Huneau,  F 70 

Huneau,  Jos 19 

Huot,   Alexandre    59,   62 

Huot,  B.  (Mlle)    215 

Huot,  C 123 

Huot,  G 103,  150,  173,  225,  233 

Huot,  Marie- Anne    71 

Huot,  J 225,   226 

Hurons     ^ 

Hurteau,  François   9 

Hurtubise,  Bachel   60 


I. 


Intemoscia  (Mtre) 169 

Iroquois     ^ 

Ives  &  Cie,  H.  B 92 


Jasmin  (curé),  94,  109,  246,  250,  271 

Jasmin,  M.  R.  C 22,  31,  32,  38 

Jeannot-Lachapelle  (l'abbé  Jean 

Baptiste  Edmond)    42 

Jeannotte  (l'abbé  Fabien-Sébas- 
tien)        38,    271 

Jean-Marie    (R.P.) 93 

Joachim,  Benjamin 71,  95 

Johnson  (Hon.  Juge)   164 

Johnston,  Robert.  .  142,  143,  198,  208 

Joliette,  Barthélémy   175 

Joseph,  0 164,  169 

Jourdain,   Michel    9 

Judah,  Henry   XII 

Julien,  H.   (l'abbé)    300 

Julien,   J.  Baptiste    70 

Julien,    Joseph    71 

Julien,  Louis 5,  9,  10,  141,  171 

Julien,  Ls,  Jr   9 

Julien,  L.  8 9 

Julien,  Philippe    254 

K. 

Kemerer,  J.  G 150,  151,  197 

Keith,  James  ....  XVI.  124,  143,  184 

Kelly,   Brigid    59 

Kenny,  M 73 

Kenny,  M.  . IV 

Kerhulu  et  Oudiau 234,  264 

Kilgour,  J.  W 150,  173,  194,  234 

Kilgour  (Manufacture)   ....  134,  193 
Kilgour,  J.  W  &  Bros.,  Ltd.,  194,  195, 

208 

Kilgour,   Wm     194 

Knight,   James    126 

L. 

Labelle,  Albertine   106 

Labelle,  A.  M 173 

Labelle   (curé)..    19,  26,  57,  78,  91, 
95,  235,  246,  271 

Labelle,    Hedwidge    106 

Labelle,  M 149 


Labelle,   Marguerite    106 

Laberge    177 

Laberge,  Augustin  83 

Laberge,  Charles 5,  6,  9,  10,  20 

Laberge,   Charles,  Sr 9 

Laberge,    Délima    59 

Laberge,   Edouard    61 

Laberge,   Elzéar    (l'abbé)    300 

Laberge,   Frs     20 

Laberge,  G 10,  175 

Laberge,  Guillaume 10,  20,  272 

Laberge,  Ignace 70,  80,  172 

Laberge,    Isaïe     141 

Laberge,    Israël    23 

Laberge,  Joseph    141 

Laberge,    Jules     225 

Laberge,   Julie    57 

Laberge,  Louis    69,   70,   80 

Laberge,    Michel    20 

Laberge,  Napoléon.  .  58,  85,  103,  139, 

141 
Laberge,  Philémon,  103,  109,  164,  225 

Laberge,  Pierre 57,  63,  85,  171 

Laberge,    Théodore    62 

Laberge,   Toussaint    10,   60 

Labombarde,  Michel   20 

Labrecque,    Louis     19 

Lacerte   (M.  J.  A.)    45 

Lachapelle,    Ernestine    61 

Lachapelle    (l 'abbé)    42 

Lacoste,  Sir  A XXX 

Lacroix,    Célina    61 

Lacroix,  Joseph   (capitaine)    .  . .   175 

Lacroix,   Paul-Joseph    137 

Laf errière,  Auastasie    57 

La  Perrière,  C.  S.  V.  (N.A)   ....   113 
Laf  errière  (l'abbé  Joseph)    ....   236 

Lafleur,    Aug 10 

Lafleur,  Bélonie    19 

Lafleur,  Dr.   225 

Lafortune   (chanoine  Lamase)  .  .     42 

Lafortune   (M.  M.  A.)    43 

Lafrance,  F.  X 59 

Laf  rance 187 

Lafrance    (M.  l 'abbé  Lucien) . .    45, 

248,  300 
Lafrance-Darragon,  Arthémise.  37 
Lagacé    (l'abbé   Octavien)    ....     42 

La  Jambe,  Jacques    226 

Lajambe,  Pierre   141 

Laliberté,  Alfred   254 

Laliberté,    Lucien     254 

Lalonde,    Antoine     64 

Lalonde,   G 10 

Lalonde,    Hyacinthe    64 

Lalonde,  Joseph   , .     64 

Lalonde,    Michel    20 

Lalonde,   Narcisse    60 

Lalonde,   Pierre    9,   10 

Lamarre,  Eachel 49 

Lambert,  Joseph 59 

Lambert,   Oméline    114 

Lamontagne,  Caroline   114 

Lamontagne,  Gabriel 193 

Lamontagne,    Jacob    142 

Lamoureux,    Augustin     105 

Lamoureux,  Célina   114 

Lamoureux,    Jos 254 

Lamoureux,  Léopold   254 

Lanaud,  Virginie    59,   63 

Lanctôt,   Denise    106 

Lauctôt,   Husmer    167 


Lanctôt    (l 'inspecteur)     108 

Langelier,  Sir  François XXX 

Langevin,  Eustache 173,  178 

Langevin,   Jean    9 

Langevin,  Jean  Baptiste   9 

Langlois  &  Groulx 215 

Lapensée,  Chs  Roy   64 

Laplante,    A 152 

Laplante,  Ant 10 

Laplante,  Henri   60 

Laplante,  J.  B.  B 169 

Laplante,    0 215 

Laplante,  Pamphile,   168,  233 

Laplante,   U 151,   152 

Lapointe,   Azilda    59 

Lapointe,  Eustache-Audet   69 

Lapointe,  J.  A...    III,  IV,  149,  150, 

164,  173,  208 

Lapointe,  Marie  Françoise    ....     25 

Lapointe   Raymond    164 

Lardon,  François    9 

Larichelière,    Euclide    217 

Laroche,  Charles   9,  108 

Larocque,  Mgr  Charles 30 

Larocque,  Mgr  Joseph    30 

Lartigue,  Mgr..   6,  7,  18,  20,  27,  38, 
79,   94,  95,   126,   246 

Lassiserait,  Tous 9 

Latour,    Olivier    58 

Latremouille,   J.    M 20 

Latulippe,  Mgr  E.  A...   50,  236,  244, 
248,  252,  254,  263,  267,  299 

Laurencel,    Pierre    187 

Laurendeau,    C 169 

Laurendeau,  J.  G.,  93,  103,  150,  167, 

169 

Laurin,  Adolphe   61 

Laurin,   Jos 233,    241 

Laurin,  Louis    183 

Laurin,    Marie-Louise 53 

Laurin,  Oct..  .  113,  150,  183,  208,  217 

Laurin,  Orner   141,  241 

Lavallée,   F.   A.    (Ptre) 113 

Lavoie    (l'abbé   Louis- Amable) .     41 

Lawande,  J 215 

Lawson,    T 173 

Lazure,  Michel    20 

Leblanc,    Ludger    94 

Leblanc  (M.  l'avocat)    III,  168 

Leblanc,   O.,  III,   20,  21,  38,  64,   99, 
158,  163,  172,  218 

Leblanc,    Victor    109 

Leboeuf,  Alexis. .  20,  64,  80,  105,  172 

Leboeuf ,  Anita   106 

Leboeuf,   Basil 9 

Leboeuf,   Bella    106 

Leboeuf,   Chs     9,   10 

Leboeuf,  Evariste    126 

Leboeuf,  Léocadie   114 

Leboeuf,   (Mme  Charles)    93 

Leboeuf,   Délia    106 

Leboeuf,    Etienne    9,   20 

Leboeuf,    Eustache    54 

Leboeuf,  François 9,  10 

Leboeuf,  Jacques 9,  10 

Le   Boeuf,  Jean    226 

Leboeuf,  J.-Bte   9,  10,  272 

Leboeuf,   Jos..    9,   10,   20,   103,   138, 

233,  241 

Leboeuf,  Josaphat   126 

Leboeuf,  Maggie   106 

Leboeuf  dit  St-Jean,  Marguerite     12 


Table  alphabétique 


313 


Leboeuf,  Marie  106 

Leboeuf ,  Martine  62 

Leboeuf,  Michel  69,  141 

Leboeuf,  Paul..  10,  20,  58,  69,  93, 
103,  141,  175 

Lebrun,    Charles-M 218 

Lecavalier,  Madeleine 54 

Leclair,   Jean    20 

Leclaire,  Narcisse    173 

L 'Ecuyer,    Emélie    58 

Lécuyer,   Pierre    58 

Leduc,  Aimé   ....   104,  198,  217,  233 

Leduc,    Albert     141 

Leduc,  Albini 105,  138,  141 

Leduc,   A.   Michel    64 

Leduc,  André.  .  57,  69,  103,  138,  150, 
172,  173,  183,  208 

Leduc,  Angèle  114 

Leduc,   Antoine..    9,   10,   19,  54,   57, 
58,  59,  61,  64,  75,  171 

Leduc,  Arthur 141,  215,  233 

Leduc,  Augustin,   9,  19 

Leduc,   Augustin,   R.   P.,  I,  41,   236, 
263,  270,  300 

Leduc,   Bazil    9 

Leduc,  Benjamin    22 

Leduc,    Charles    9,    64 

Leduc,  Charles-Eené    64 

Leduc  dit  Pilote,  Pierre   21 

Leduc,   Eliza    106 

Leduc    &   Fortin..    IV,   85,   92,    125, 
187,  190,  193,  198,  199,  201,  208 

Leduc,  Euphrasie   63 

Leduc,  Ferdinand..    34,  69,  93,   103, 

145,  150,   173,   178,  189,  198,   215, 

233. 

Leduc,   Fernand    225 

Leduc,  François,  53,  58,  103,  138,  141 

Leduc,  Frs   9,  10,  22,  69 

Leduc,  F.  Gustave 215,  217 

Leduc,   François-Guillaume    ....     64 

Leduc,  François-Xavier    ....    50,   71 

Leduc,  F.  X..  .  69,  103,  106,  141,  150, 

151,  152,  187,  190,  208,  215 

Leduc,    Glaphyre    54 

Leduc,  Guillaume 9,  64,  69,  141 

Leduc,  J.  B 69,  141 

Leduc,  Joseph   10,  20,  95 

Leduc,  Jos.  Eug..  .  122,  123,  141,  154, 

181,188 

Leduc,  Joseph  Médard   113 

Leduc,  Mme  Julien   106 

Leduc,  Josephte    114 

Leduc,  Julien..   IV,  69,  85,  93,  103, 

113,  141,  149,  150,  188,  189,  190,  201 

Leduc,  Laurent   9,  254 

Leduc.   Louis    9,  144 

Leduc,  Lucie   100 

Leduc,    Lucienne    251 

Leduc,    Lydie    114 

Leduc,  L.  Z. .  103,  151,  188,  189,  217, 

233 

Leduc,    Marie    106 

Leduc,  Marie-Anne 187 

Leduc,  Marie-Louise 53,  59 

Leduc,  Michel 10,  21 

Leduc,  Michel-Bené 64,  103 

Leduc,  Mme  F.  X 215 

Leduc,  Pierre 9,   10,  19,   80,  95 

Leduc,  Pierre,  Guillaume   64 

Leduc,  Pierre  M 64,  141,  172 

Leduc,  B 215 


Leduc,  Zoé   62 

Lefebvre,  Adélaïde   60 

Lefebvre,  Amable    20 

Lefebvre,  Angélique    57 

Lefebvre,    Ant..  .    59,    69,    103,    149, 
150,  183,  208 

Lefebvre,  Arthur   187 

Lefebvre,  Aug VIII,  10,  64 

Lefebvre,   Catherine    60 

Lefebvre,   Chs     20 

Lefebvre,    Delphine     59 

Lefebvre,    Eucher    113 

Lefebvre,  François    103 

Lefebvre,  Hyacinthe..   9,  19,  62,  64 

Lefebvre,  Israël   59,  139,  141 

Lefebvre,  J.-Bte   143 

Lefebvre,   Joachim    9 

Lefebvre,  Joseph   9,  69 

Lefebvre,   Joséphine    106 

Lefebvre,  Louis 19 

Lefebvre,   Louis-Joseph    53 

Lefebvre,    Marcelline    58,   59 

Lefebvre,    Marguerite     58 

Lefebvre,  Néhémias   150,  151 

Lefebvre,  Oliv   69,  103 

Lefebvre,  Paul    10 

Lefebvre,    Pierre    9 

Lefebvre,   l 'abbé   Pierre    42 

Lefebvre,    Raoul    . .  .• 123 

Lefebvre,  Beine    57 

Lefebvre,   Tous 10 

Lefebvre,    Urgel    139,    141 

Lefebvre,   Venance    9 

Lefebvre,    Venant    10 

Lefebvre,    W 215 

Lefebvre,  Zoé   58 

Leford,    Malvina    106 

Lefrançois,   Joseph    62 

Legault,     264 

Legault,    Amable    ;     58 

Legault,  Arsène    208 

Legault,  Chas    141 

Legault,  J.  A 215 

Legault,   P 113,    149,   150 

Legault,    Pierre    103 

Léger,   Alfred    217 

Léger,    Ant 10,    19 

Léger,    Charles    64 

Léger,   François    20 

Léger,   Elie    22 

Léger,  Etienne    10,  64 

Léger,  J.  B 10 

Léger,    Jos 10 

Léger,  Eév.  L.  P 133 

Léger,  Michel    64 

Léger,  Paul    10 

Lemai,    Louis    2^^.' 

Lemay,    E 122 

Lemay,  Pierre    9,   10,   19 

Lemay  (Scolastique)   54 

Lemerise,  David 143 

Lemieux,  Alexis 103,  126,  141 

Lemieux,    Amable    105 

Lemieux,    Toussaint    103 

Lemire   (Eév.  P.  C.)    93 

LeMoyne  (M.  T.  N.)   42 

Léon  XIII  S.  8 85 

Léonard,  J.  B 145 

Léonard,   J.   0...    69,   103,   150,   151, 

152,  215,  233 

Léonard    (Mtre    Joseph,    N.P.),    83, 

143,  149,  218 


Léonard,  R.  W 133,  134 

Lepailleur   (Mgr  J.  0.)    130 

Lépine,   A 122 

Lépine,    Franc    9 

Letellier,    (Mère)    125 

Létourneau,  Dr   225 

Levac,  J.  E.  (l 'abbé)   300 

Lévêque   (l'architecte) 82,  83 

Lévêque,    Paul    61 

Lever,  John   172 

Lévesque    (capitaine)    174 

Levington,  D 226 

Lightall,  D.  K 167 

Limoges,  Alf 150,  151,  152,  215 

Lindsay,    Rév.    8.-B 134 

Loiselle,    Célina    59 

Loiselle,  Laura   106 

Loiselle,  Louis    60,  61,  138 

Lonergan  (l'abbé  Jacques)    ....     41 

Longpré,   Adolphe    183 

Longpré,  J.  G 143,  172,  218 

Longtin,  Ignace    20 

Longtin,    Jérôme 141 

Longtin,  Joseph  Marie   174 

Longtin,  Michel 105,  176,  178 

Longuetin,  Michel..    10,   20,   21,  64, 
70,  80,  89 

Lorange,  P.  E 254 

Loranger  (Hon.  Juge  T.  J.  J.) . .   163 

Lorrain,  Mgr   254,  263,  299 

Lupien,  Pierre   VIII 

Lussier,    Antoine    32 

Lussier,  C.  8.  V.  (J.) 113 

Lussier,  Octavie   61 

Lussier,    Pierre   Eucher    (curé) .  .    32 

34,  37,  83,  85,  93,  103,  113,  125,  246, 

247,  250,  265,  271,  291. 

Lynch,  J 149 

Lynch,  Owen  184,  190,  208 

Lynch,  Patrick   60 

M. 

Machabé,   Catherine    12 

MacPherson,  C.  A 187 

Madore,  Marie 61 

Madore,  Pacifique    61 

Maheu,    Charles    53 

Maheu,  l 'abbé  Ernest  . .  53,  253,  300 

Maheu,  Léandre  53,  62 

Maheu,  Louis 105,  141,  181 

Mailhot    175 

Mailhot,  Alfred 122,  123 

Maillon,    Aug.,    10 

Mailloux,  Augustin    50 

Mailloux    (abbé  D.)    50,  303 

Mailloux,  M.  l'abbé  G...  47,  50,  254, 

300 

Mailloux,  Hercule    215 

Mailloux,  Joseph    176 

Mailloux,  Lucienne 106 

Mailloux,    M 215 

Mailloux,   Pauline    106 

Mainville,  A.   (l'abbé)    HI 

Malette,   Jean-B 20 

Malette,  Jean  Louis   46 

Malette,   (l 'abbé  Joachim)    46 

Malette,  Luc   142 

Malette,  Vitalino   106 

Manny,  David. .  71,  153,  226,  248,  254 

Manny,   E.   A 149,   150,   208 

Manny,   Eugène    , 103 


314 


Table  alphabétique 


Manny  (Mlle  H.) 71,  254 

Manny   (la  famiUe)    201 

Manny,  Nicolas,  81,  83,  94,  149,  232 
Manseau,  M.  Antoine..    24,   77,   270 

Manuel,  Charles 94,  97,  99,  126, 

163,  226 
Marchand,  Achille..  50,  85,  208,  215 

Marchand,  Antoine   70,  80,  172 

Marchand,   C 123 

Marchand,  Mme  Elie 93 

Marchand,  Isidore   58 

Marchand,  J 62,  69,  150,  172 

Marchand,  J.  M 215 

Marchand,   L 215 

Marchand,  (Kév.  Père  M.  E.) . .     41 
236,   243,   291,   300 

Marchand,   Nie 10 

Marchand,  Octave   103 

Marchand,  01 69 

Marchand,  Orner. .  93,  103,  150,  151, 

215 

Marchand,    Baoul    21S 

Marchand,  René   215 

Marcille,  Noël  141 

Marcoux    (M.    l'abbé)     91 

Marcoux,  Joseph    20 

Maréchal  (Mme)  J.  B.. .  93,  105,  208 
Marie  de  l'Ange  Gardien  (Mère)    63 

Marie  Véronique  (Mère)    119 

Marleau,  Nicolas    183 

Marleau,   Virginie    106 

Marois,  J.  Bte   9 

Marois,  J.  Bte,  8r     9 

Marois,   Jos 10,    19 

Marois,  Paul   9 

Martel,  C.  8.   V 113 

Martel  l 'abbé    (Elie) 42 

Martel   (M.  l'abbé  Joseph  Hor- 

midas)     45 

Martin,  Arthémise   114 

Martin,  Cyp 151,  152,  215 

Martin    (Général)     175 

Martin    (le   capitaine)    178 

Martin,  Michael 143,  173 

Martin,   Mlle   Philomène    114 

Martin,  Saûl   ê  173 

Martineau    (l'abbé   Marcel)....     41 

Martineau,    Lormière    41 

Masse,  Jos.  Abraham 187,  218 

Massieotte,  Z III,  XV 

Masson,  Chs  Faubert   69 

Masson,  D 97,  99,  183 

Masson,    E 99 

Masson,  L.  H 218 

Masson,  Marc-Damase,  172,  208,  209 

Mathieu,  Amédée    150,   215 

Mathieu,  Ant 10 

Mathieu,  Aug 9 

Mathieu,  Augustin  20 

Mathieu,  Bazil   9,  19,  21 

Mathieu,  J.  B 215 

Mathieu,  Jean 9 

Mathieu,    Jos 10,    20 

Mathieu,  Juge  M 164 

Mathieu,   Olier    197 

Matthieu,   Pierre    21 

Mayer,  J...    103,   110,   167,   218,   221 

Mayer,  Léo   151,  152 

Maynard,  S.  F.  B.    (curé),  263,  300 

Mayoux,  Amable    9 

MoArthur,    Crosbie    183 

McArthur,  Peter    / . . .   193 


McCord   (Hon.  Juge)    163 

McCord,  Thomas  XV 

McCully,   James    58,   149 

McDonald,  D.  R.  (l'abbé)    300 

McDonald,   T 183 

McDonell,    Duucan   A 187 

McFarlane,  H.  H 143 

McFee,   Col 149,   190,   208 

McGill,  John    141 

McKenzie,  Sir  A 157 

McLaren   (M.  l'avocat)    168 

McLean,    Wm      9 

McMartin,  Alex 142,  143,  172 

McMaster,  Donald   167 

Meloche,    Jos 69,    172,    184 

Meloche,   Rosalie    58 

Meloche,    Xavier    138 

Meilleur,  Marguerite  32 

Mercier,   Albert    9,   10 

Mercier,   Mlle    263 

Mercier  (l'hon.  Honoré)..   234,  236, 

263,  269 

Mercier,  P..  .  169,  233,  234,  236,  287, 

288,  291,  297 

Mercier  (Hon.  Juge  W.) .  .    164,  234, 

236,  253,  264,  275,  297 

Mercier,    Pierre    19 

Merlin,   Ann    60 

Metcalfe,  Lord   137 

Mignault,  l 'hon.  P.  B 234 

Migneron,  Amable    9,  10 

Miller,  Louis  Joseph   61 

Mills,  James 141 

Milne,  Mr.,  XVI,  11,  13,  171,  174,  226 

Miron,  R.  Gaspard 300 

Miron,  Raoul 130,  151,  152,  217 

233,  237 

Mitohell,    (l 'avocat)    168 

Moisan,  Josephte    62 

Mondelet  (M.  le  uge)    91 

Mongeau   (l 'abbé  Joseph  Louis)     41 

Monk,  F.  D 170 

Monk  (Hon.  S.  C.)   124 

Montmarquette,  F.  X 105,  143 

Montmarquette,  Honorine    106 

Montpetit,  A.  E 169 

Montpetit,   A.   N...    XVI,   XIX,   96, 

279,  285 

Montpetit,  Alphonse    58,   59 

Montpetit,    André    130 

Montpetit,    Antoine     187 

Montpetit,    Apolline    51 

Montpetit,  Beuoni.  .    70,  80,  83,   141 

Montpetit,   Benoit    69 

Montpetit,    Célina    58 

Montpetit,   Claver    113 

Montpetit,   E..  .    113,   154,   233,   234, 

236,  253,  264,  279,  287,  288,  289. 

Montpetit,  Et..  XIX,  9,  10,  21,  64,  80 

Montpetit,   François    64 

Montpetit,    Frs     69 

Montpetit,  G.. .  70,  103,  150,  164, 170 
Montpetit,  H.,  9,  10,  19,  21,  63,  64,  80 
Montpetit   dit   Pot-de-Vin,   Hya- 
cinthe        70,   75 

Montpetit  dit  Pot-de-Vin,  Joseph 

70,  75 
Montpetit,  J.  B...    10,  19,  20,  21,  64 

Montpetit,  Joseph   10,  21 

Montpetit,    Mme   E 264 

Montpetit,   P 10 

Montpetit,  Pierre 9,  20,  64,  126 


Montpetit,  Trefflé    138 

Moreau,  l 'abbé  E 32 

Moreau,   Emile    254 

Moreau  (M.  l 'abbé  H.) 83 

Morin,  Louis   172,  187 

Morin,  (R.  P.  L.  J.)   263,  300 

Morin,   Siméon    (curé)    303 

Morrisseau,   Alfred    197 

Morrisseau,  Arthur    53 

Morrisseau,   E 176 

Morrissette,    M 218 

Morrisson,  Rév.  M.  J.  D 134 

Mount,  Réy.  A.  E 134 

Mousseau,  L.  A.  (chanoine),  263,  300 

Munro,  John   167 

N. 

Nareau,    W 104,    152 

Nareau  &  Poissant    215 

Nelson   175 

Nepveu,   Alphonse    61 

Nepveu,  Augustin,   37 

Nepveu  (abbé  J.  D.) .  .  254,  263,  303 
Nepveu  (M.  le  chanoine  Théo- 
dule),  III,  IV,  37,  38,  84,  85,  86, 
93.  103,  104,  122,  125,  130,  181, 
198,  226,  229,  231,  233,  236,  237, 
240,  247,  248,  250,  253,  263,  267, 
271,  276,   294,   300. 

Neuveu,   Michel    171 

Nicholson,  Kutusoff.  .    XV,  143,   172 

Nicholson,   Philomène 106 

Nicol,  James 172 

Nicoletti,  Joseph    153 

Noël,   Jos 19 

Noël,    Pierre    7 

Noël  Cliché,  Zoé  46 

Normand,  David 163,  176 

Normandeau,   H 113,    150 

Normandeau,  Napoléon 60 

Normandeau,    Odèle    62 

Norval,  Rob.  H.  .  . .  99,  163,  172,  176 

O. 

O  'Doherty,    Charles    50,    225 

Ouimet,   Chs    164 

Ouimet,  Gédéon   158,  159 

O  'Sullivan,  J.  H 226 

O  'Sullivan,  John   85,  103,  221 

O  'Sullivan,  Michael,  137,  157,  171 174 

Olivier,  Maxime    175 

Olivier,  Théodule,  103,  104,  150,  233 

241 
Olivier,  W 62,  217 

P. 

Paiement,    Toussaint     105 

Palade,  Lambert 19 

Paladeau,  Eustaehe   64 

Paladeau,  Guillaume    64 

Panet,  Mgr   .  7,  12,  19,  20,  21,  28,  246 

Panet,  Jean-Antoine    157 

Papineau,  André 61,  176,  178 

Papineau,  Avila   (curé)    303 

Papineau,  L.  J.  (M.P),  161,  169,  234, 

236,  264,  287 

Papineau,  Narcisse  ....  161,  169,  198 

Paquet,  Luc   70,  83,  103 

Paquet,  Odilon    69 


Table  alphabétique 


315 


Paquette  et  Granger   201 

Paquette,    Marie    61 

Paquette,   Théophile    141 

Paradis,    Edouard     169 

Paré,   Augustin,    103 

Paré,   Dr     225 

Paré,  Louis   130,  168 

Paré,   Pierre    10 

Parent,   Aimé    122 

Parent,  E 123 

Parent,   Ernest    113 

Parker,  M IV,  96,  99 

Parrée,    Pierre    9 

Patenaude,    Alexandre    63 

Patenaude,  Eléonore    58 

Patenaude,  Josephte    60 

Patenaude,    Olivier    187 

Patenaude,  Ozauna    62 

Patry,   Mme    IV 

Paul,  E.  T 240 

Pauzé    CM.,  le  chanoine)    235 

Payer,   J 215 

Payment,  Ovide 143,  149,  183 

Payment,   Toussaint    142 

Péladeau,    Albert 303 

Péladeau,   Bertha 106 

Péladeau,  Eustache    9 

Péladeau,    Lambert     10 

Péladeau,   Osias    141 

Pelland     (M.    l'abbé     François- 
Xavier) 42,    300 

Pelletier  (l'abbé  Pierre)    42 

Peltier,   Pierre    10,   19,    21 

Pélodeau,  Eustache    61 

Pépin,    M 32,   34 

Périnault,    Joseph    157 

Perkins,    Catherine    59 

Perrault,  Joseph  François 157 

Perreault   (M.  l'abbé   Adélard)      42, 

303 

Perreault,    Dr    85 

Perreault,  F 225 

Perreault   (l'abbé  Félix)    41 

Perreault,    ( J.  Avila)    303 

Perrier,  Ls  Phil.  (curé)    303 

Perrigo,  Jas    ....   163,  175,  177,  178 

Perron,  Joseph    61 

Petit,   Alexis 105 

Petit,    François     20 

Petit,    P 21 

Petit,  Pierre    20 

Petitvierge,   Chs     10 

Phaneuf,  J.  M.  (curé)    303 

Picard,   A 154 

Pieard-Dequoy  (l 'abbé  Louis  Al- 
fred)          41 

Picher,  J.  G 93 

Picard,  Marie    60 

Pilon,  Adolphe    155 

Pilon,    Angélique    54 

Pilon,   Mgr   Maxime    235 

Pilon,  Bosanna   59 

Pinaud,  Marguerite   49 

Pinault,  Marguerite   57,  58 

Pitre,  Igance    10,  20,  64,  172 

Pitre,   Jean    9 

Pitre,    Jean-Bte    9 

Pitre,    Joseph    9 

Pitre,    Pierre    9,    10,    64 

Pitre  dit  Lajambe,  Pr 20 

Plante,  A.  (C.R.) 161,  234,  236, 

264,  287,  288 


Plante,   M 161 

Platt,   John    171 

Plessis,  S.  6.  Mgr    .  7,  10,  11,  13,  72, 
76,  89,  246,  268 

Poirier,  Angélique 54 

Poirier,    Aug 10 

Poirier,  Charles   10,  12 

Poirier,   Elle    164 

Poirier,  Emery,151,  152,  187,  208,  233 

Poirier,    Frs     10 

Poirier,  J.  B.  . .  10,  20,  21,  97,  99,  172 

Poirier,  Joseph   9,  20,  21 

Poirier,  Josephta    12 

Poirier,  P 10 

Poirier  et  Parent 208 

Poirier-Lafleur,  J.  B 64,  141 

Poirier,  Léandre   54 

Poirier,  Pierre   9,  95 

Poissant,  E 215 

Poissant,  Eva    106 

Poissant,  J.  A 217 

Poissant,  Pierre 59,  141 

Poisson,  Pierre    20 

Poitra,    Jos    9 

Poitras,    B 20 

Poitras,  P.  X 81 

Poitras,  J.  R 83 

Poitras,  Lucius 173,  178 

Poitras,  W..  .  169,  170,  234,  236,  287, 

290,  291 

Polette,  Hon.  Juge 163 

Porteous,    Charles    175 

Potvin,  A.  Montpetit   64 

Poulin,  Nathalie  61 

Pouliot,   Pierre    59,   69 

Pouillot,  Rosalie 106 

Préfontaine,  A.  J.  (curé)   303 

Prégent,    Elise    106 

Prégent,   G 126 

Prégent,    Hervé     126 

Prégent,    Joaehim    57 

Prégent,  Jos 69,  103,  141,  172 

Prégent,    Léon    187 

Prégent,   Louis    64 

Préville,  L.  N.   (chanoine),  263,  300 

Prévillc,   Thomas    (curé)    303 

Prévost,   F.   X 176,   178 

Prévost,   Georges    61 

Prévost,  Sir  George 175 

Prieur,  F.  X 176,  177,  208 

Prieur  (l'abbé  Joseph  Edouard)     42 

Primault,   Etienne    9 

Primault,  Hyacinthe    9 

Primault,  Joaehim   9 

Primeau,  A.,  Dr    71,  149 

Primeau,   Adolphe    154 

Primeau,  Alphonse 169 

Primeau,    Antoine    103 

Primeau,  A.  0 215 

Primeau,  A.  B 225 

Primeau,    Arthur    105 

Primeau,  Cyrille   71 

Primeau,   Frs     69,   141 

Primeau,  F.  X 69 

Primeau,  J.   Albini    (curé)    ....   303 

Primeau,  J.  Bte.  .   69,  103,  113,  123, 

150,  151,  215 

Primeau,   Julien    150 

Primeau,  Louis,  63,  141,  150,  151,  152 

Primeau,  Lucien 113,  254 

Primeau,   M 32 

Primeau,  Nap 161 


Primeau,   P 149,   150,  151 

Primeau    (abbé   V.)    45,  303 

Prince,  Mgr   81,  126 

Proulx,   A 215 

Provost   (l'abbé  Azarie)    42 

Provost,  Céline   60 

Prud'homme,   Jean-Marie,   164,  173, 

178,  208 

Prud'homme,  J.  M.  Phil..    173,  218 

Prud'homme,  Juge   L.  A.,   109,  122, 

164,  169,  218 

Prud  'homme,  Olier    226 

Purcele,  Christophe   99 

Q- 

Quebillon,  Maurice 20 

Quenneville,   Délima    61 

Quig,    Hélène    58 

Quintal  (curé) .  .  28,  79,  96,  100,  134, 
176,  246,  271 

B. 

Racine,  l 'hon.  A 162 

Ranger,   Gabriel    10,   20 

Ranger,    Joseph    10 

Rapin,   Chas     143 

Rapin,  F.   X 172,  178 

Rapin,    Virginie    59,    60 

Raymond,    Jean-Bte    157 

Raymond,    Jean-Moïse    157 

Reed,  M.  W 109,  215 

Reid,   A 188 

Reid,  Alphonse 71,  154,  164 

Reid,  Antoine    69 

Reid   (M.  le  curé  François),  49,  129 

Reid,  Joseph    141 

Reid,  Vitaline   59 

Rémillard,  J.  N.  (curé)   303 

Renaud,  Edouard   58 

Renaud,  l'hon.  L 161,  162,  215 

Renaud,    M 86 

Renaud,  M.  J 86 

Renaud,  T.  X 85 

Renaud,   Walter    113 

Bepentigny,   Toussaint    64 

Richard,  Mgr  J.  A 263,  299 

Richard,  J.   M 198,  208 

Richardson,   James    100,    134 

Bichardson,  Hon.  John 75 

Roach,  Walter  132,  133 

Robert,   Al 226 

Robert,  E.  A...    134,  161,  194,   215, 
217,  234,  264 

Robert,  Emmanuel 104,  120 

Robert,  J.   A 215 

Robert,   J.   B..  .    150,   152,   191,   193, 
194,   208,   215 

Robert,  Mme  E.  A 264 

Robert,   W.   H 191,   194 

Robertson,    W 168 

Robidou,    Joseph    9 

Bobillard,  J 198 

Robillard,    Rosalie    60 

Robillard,    Ulysse-Janvier.  .    59,    63, 
69,  122,  149,  158,  190,  208 

Bobinault,  F 215 

Robinson,  Wm     187 

Roch-Célérier,   Marie-Anne    ....     32 

Rochon,    Dori    121 

Rochon,    Toussaint. .    69,    142,    143, 
149,  172,  176,  177,  208 


316 


Table  alphabétique 


Bodier,  Charles-Séraphin..   172,  178, 

193 

Rodier,  L 217 

Rolland    208 

Rolland,  l'hon.  J.  D 162 

Rolland    (l'abbé  Louis) 45,   303 

Rollin  dit  Malonnois,  Pierre   ...        6 

Rollin,   Jos 10 

Ross,  James  Hope    126 

Ross,  John 172,  183,  208 

Rouleau,  l'abbé  Siniéon 31,  271 

Rousselle,  Mlle    120 

Roussin    (l'abbé  Joseph-Octave)     42 

Roux,    François    9 

Roy,    Alphonse    71 

RoV,  André 22,   147,   152,   244 

Roy,  Basile 10,  64,  176,  178 

Roy,  Bazil,  Jr    9 

Roy,  Bazil,  Sr    9 

Roy,  C 113 

Roy,  Charles   178 

Roy  dit  Lapensée,  Chs  ....  20,  176 
Roy  dit  Lapensée,  Joseph,  20,  70,  75, 

176,  178 

Roy,  Elmire   106 

Roy,  F.  B 21 

Roy,  H 217,  225,   233 

Roy,  Horm 104,   151,  152,   188 

Roy,  J.  B.  .  .  151,  189,  201,  215,  233 
Roy,  J.  Bte  (photoghaphe),  103,  104, 

143,  149,  152 

Roy,  J.  Bte  (sellier)    103 

Roy,  J.  H 217,  215 

Roy,  Jos.,  Jr 19 

Roy,  Joseph.  .   9,  10,  54,  64,  69,  149, 

172,  176,  178 

Roy,  L.  G 226 

Boy,  Louis   10 

Roy,   Michel    9,   10,  20 

Roy,  Michel,  Jr    9 

Roy,    Norbert    187 

Roy,  Paul....   9,  10,  21,  70,  80,  105 

Boy,  P.   G VI 

Rufiange,  dit  Laviolette,  J.  Bte         9 

Rufîange,  J.  Bte   9 

Bussell,  John    141 


S. 


Sabourin,  Dominique 64 

Sabourin,    Moïse,    94,    143,    172,    219 

225 

Salé,  Madame    96,   284 

Salomon,  Mlle  M.  A 264 

Sanford,  John   175 

Santennes,    Julie    62 

Santoire,  C.  A.   (l'abbé),  III,  1,  37, 

231 

Sarault,   Léocadie    114 

Sarault,  Louis.  .   III,  10,  75,  76,  89, 

158,  218 

Sarault,   N.    T 143 

Sarault,   Paul   A 20,   99 

Sarault,   Pierre    57,   142,   172 

Sauriol,  F.  X.  (l 'abbé)   41 

Sauvageau,   Alexis.  ...    25,   171,   174 

Sauvée,   Charles    9 

Sauvé,  François    64 

Sauvé,  Louis    59 

Schiller    174 

Scott   (Banquier)    XII 


Scott,  Colonel   174 

Scrimgour,   Rév.  C.  E 134 

Secours,  Frs     143,  149 

Secours,    Jos 9,  10 

Seers,  L.  A...    IV,  85,  93,   103,  109, 

145,   149,    150,   168,    172,    188,  218 

Selkirke,  Robert   141 

Sellar,   Robert    VI 

Severs,  John    141 

Sévigny,  R.  N 233 

Sewell,   Stephen    157 

Shayer,  Joseph    141 

Shortis,  Peter   164,  167 

Signay,  Mgr 7,  246 

Simon,  T.  Z  (chanoine)   300 

Simpson,    Alexandre    9 

Simpson,   Alexis    9 

Simpson,   John    193 

Smith,    Howard,    IV,    149,    193,  201, 

205,  207,  208,   233,  264 

Smith,  James   149,  173 

Smith,   John   A 126 

Smythe    73 

Sourte,  notaire   .  . .  .  , VIII 

Sr  Adalbert   120 

Sr  Adélaïde 119 

Sr   Adélie    120 

Sr  Adéline    60 

Sr  Adélinde   120,  304 

Sr  Adhémard    58 

Sr  Adolphe     119 

Sr  Adrien   119 

Sr  Aglaé    304 

Sr  Agnès    119 

Sr  Agnès  de  Jésus   63 

Sr  Aimé  de  Jésus   120,  304 

Sr  Albert  de  Bome 120 

Sr  Alberta    63 

Sr  Albertine    119,  248,  303 

Sr  Albine   303 

Sr  Albinus    119 

Sr   Alexandra    119 

Sr    Alexandre    59 

Sr   Alice    303 

Sr  Alix    57 

Sr  Alodius    120,  304 

Sr  Alphonse 60,  119 

Sr  Alphonse  Liguori   119 

Sr  Amabilis   304 

Sr  Ambroise 54,  57 

Sr  Amroise  de  Sienne   60 

Sr  Amut    120 

Sr  Anatole   119 

Sr  André  Avellin 120 

Sr  André  de  Florence 120 

Sr  Ange  du  Sacré-Cœur   119 

Sr  Angèle   119 

Sr  Angèle  de  Foligno 119 

Sr   Angèle   Marie    120 

Sr  Angéline    119 

Sr  Angélique   119 

Sr  Annette  304 

Sr  Anseline   57,  119 

Sr  Anselma    62 

Sr   Anselme    119 

Sr  Apollinaire   58 

St  Anthime  de  Jésus 119 

Sr  Antoine  119,  120 

Sr  Antoine  Alphonse 59,  304 

Sr  Antoine  de  Jésus 119 

Sr  Antoine  de  Milan 60 

Sr  Antoine  de  Padoue   120 


Sr  Antoinette,  120 

Sr  Apollinie    120,  304 

Sr   Arthur    119 

Sr  Augustin 120 

Sr  Aurélien    119 

Sr  Aveline   119 

Sr  Azarie   119 

Sr  Bayard    62 

Sr  Béatrix 119 

Sr   Beaudrv    119 

Sr    Bénilda    120 

Sr    Benoit     119 

Sr    Berdina    120 

Sr    Bérence    119 

Sr    Bernadine    119 

Sr    Berteline    120 

Sr    Béthanie    119 

Sr   Bertheline    119 

Sr     Bertielle    119 

Sr    Bibiane    119 

Sr    Biaise    120,    304 

Sr     Boileau    304 

Sr    Boniface    119 

Sr   Boyer    62 

Sr     Brigide    119 

Sr    Bruni    119 

Sr    Canut    120 

Sr   Cardinal    304 

Sr   Cassien    119 

Sr  Casimir   119 

Sr  Catherine    119 

Sr  Catherine  d'Alexandrie    ....   120 

Sr  Catherine  de  Gênes   119 

Sr  Catherine  de  Sienne 119 

Sr  Cécile  119 

Sr  Célanie   60,  303 

Sr  Célina   119,  304 

Sr   Céline    119 

Sr  Cézarie 58,  120,  304 

Sr   Césarine   58,  120,  304 

Sr  Charles   54,  119 

Sr  Chrales  Borromée   119 

Sr  Charles  de  Blois   120 

Sr  Charles  Edouard   61 

Sr  Charles  Henri   119 

Sr  Charles  Joseph    119 

Sr  Charles  Spinola 119 

Sr  Charron   304 

Sr  Christin    120 

Sr   Claire  de  la  Croix 119 

Sr   Clarence    119 

Sr  Clarisse   119 

Sr  Clément   57,  62,  304 

Sr  Cléophas   119 

Sr  Cœur  de  Marie 120 

Sr  Colette   119,  120 

Sr  Colombine 119 

Sr  Constancia    119 

Sr  Constant 120,  304 

Sr  Crooks   124 

Sr   Damien  119,  303 

Sr  Damase   119 

Sr  Damien    58 

Sr  Daniel   119 

Sr  de  Bon  Secours 119,  303 

Sr  de  Gonzague 59,  119 

Sr  de  Grandpré    125 

Sr  de  Jérusalem   61,  304 

Sr  de  Labossière  304 

8r  de  la  Conception 119 

Sr  de  la  Foi   ;  119 

Sr  de  la  Garde   119 


Table  alphabétique 


317 


Sr  de  la  Passion  59 

Sr  de  l 'Ange  Gardien 57 

Sr  de  la  Présentation 119 

Sr  de  la  Providence    119 

Sr  de  la  Purification   119 

Sr  de  la  Salette   119 

Sr  de  l 'Assomption    54 

Sr  de  la  Ste  Famille   60 

Sr  de  la  Trinité   61 

Sr  de  l 'Enfant- Jésus 120 

Sr  de  l 'Incarnation   119 

Sr  Delisle  (V.) 304 

Sr  de  Lorimier   62 

Sr  Denis  CM.)    304 

Sr  de  Portugal    120 

Sr  Desmarais 125,  304 

Sr  des  Sept  Douleurs 120 

Sr  des  Séraphins 120,  304 

Sr  de  Viterbe    63 

Sr  de  Suède 119 

Sr  Dionue   304 

Sr   Dismas    120 

Sr   Dolorès   120 

Sr  Domilien   119 

Sr  Dominique    119 

Sr  Dorothée   57 

Sr  Dosithée  119,  124 

Sr  du  Bon  Pasteur   57 

Sr  du  Bon  Secours 119 

Sr  Dubord 125,  304 

Sr  du  Crucifix 63,  119 

Sr    Dupont    304 

Sr  du  Eédempteur   119 

Sr  du  Saint-Esprit,  114,  119,  248,  303 

Sr  du  Saint-Nom 119,  248,  303 

Sr  du  Scapulaire    57 

Sr   Edmond    119 

Sr  Electa  du  Sacré-Cœur   60 

Sr  Elisa    120 

Sr   Elise    62 

Sr     Elizabeth    119 

Sr  Elizabeth  de  Marie   119 

Sr  Eloi    119 

Sr    Elphège    304 

Sr  Emélie   119 

Sr   Emérentienne    119 

Sr  Emilien   119 

Sr    Emilienne    119 

8r   Emmanuel    119 

Sr  Epiphane 120,  304 

Sr  Ernest   119 

Sr  Ernestine    119 

Sr  Eueher  58,  304 

Sr  Eudoxie  57,  120 

Sr  Eugène  58,  119 

Sr  Eugène  de  Rome    119 

Sr  Eugénie   119,  303 

Sr    Eugénius    59 

Sr   Eulalie    119,  304 

Sr    Eùlalie  de  Barcelone    119 

Sr    Euphrasie    119 

Sr    Eustache    119 

Sr   Eustachium    246 

Sr   Faubert    62,  304 

Sr  Fébronie   119 

Sr  Félicienne  60 

Sr   Félicité    54,  119 

Sr   Félix    119,  304 

Sr    Ferdinand    119 

Sr    Firmin    120 

Sr  Flavieu    119 

8r  Florentine 60,  119 


Sr  Floriana    304 

Sr  Fortunate    119 

Sr    Fougère    304 

Sr  François  d'Assise   119,  120 

Sr  François  de  Borgia   119 

Sr  François  de  Paul   120 

Sr  François  de  Sienne   119 

Sr  Françoise  de  Ste  Marie   ....     59 
Sr  Françoise  du  St-Sacrement,  58,  304 

Sr  François  Edmé    120 

Sr   Gabriel    119 

Sr  Gaétan  119 

Sr    Gaspard    120 

Sr    Gaston    61 

Sr  Gédéon  119 

Sr  Geneviève   de  France   61 

Sr   Geoffroy    119 

Sr  Georges  de  Palestine  ....   61,  304 

Sr    Georgine    63 

Sr    Gérard    119 

Sr  Gertrude   61 

Sr  Guimond   61 

Sr  Edwidge   119 

Sr    Hélène    119 

Sr    Héliana    59 

Sr  Héliodore    60 

Sr  Henri  de  Citeaux   58 

Sr  Henri  de  Jésus   119 

Sr  Henriette    119 

Sr   Herménégilde    119 

Sr   Hermite    119 

Sr  Hildegarde   60,  119,  120 

Sr  Hippolyte   60 

Sr    Honorine    , 119 

Sr   Hyacinthe    57,    119 

Sr    Ignace     '  119 

Sr   Imelda    119 

Sr  Irénée    58 

Sr    Isabelle    119 

Sr   Isaïe 119 

Sr   Isidore    120 

Sr  Marie   Israël    59 

Sr  Jean  Cassien   304 

Sr  Jean  Chrysostôme    119 

Sr  Jean  Colombini 119 

Sr  .lean  de  Dieu 60 

Sr  Jean  de  la  Paix 119 

Sr  Jean  d'Aza 120 

Sr   Jean   Gualbert    303 

Sr  Jeanne  de  la  Croix '     61 

Sr  Jeanne  du  Carmel 59 

Sr  Jeanne  Françoise   304 

Sr  Jérôme  119 

Sr   Joachim    119 

Sr  Josepli 59,  119,  304 

Sr   Joseph    Alfred    120 

Sr  .loseph  de  Cupertino   304 

Sr  Joseph  de  Palestine 119 

Sr  Joséphine    119 

Sr  Jude   119 

Sr  Jules    119 

Sr  Julien    304 

Sr  Julienne    120 

Sr  Juste   119 

Sr  Justina   119 

Sr  Justine  119 

Sr  Juvénal   : 120 

Sr   Labre    119 

Sr   Ladislas    119 

Sr  Larose   304 

Sr  Laurent  Justinien 120,  303 

Sr   Laurence    58 


Sr  Léger  304 

Sr  Léocadie  57 

Sr  Léon  119 

Sr  Léonard  119,  120 

Sr  Léonide  119 

Sr  Léonie  58,  119,  303 

Sr  Léontine   119 

Sr  Letellier    304 

Sr   Limoges    304 

Sr  Louis  Bertrand 58,  119 

Sr  Louis  Cozaki   120 

Sr  Louis   David    119 

Sr  Louis  de  Toulouse 119 

Sr  Louise    119 

Sr  Louise  Emélie 59,  304 

Sr  Luce  119 

Sr  Lazarre   120 

Sr  Lef rançois    62,  304 

Sr  Lucie   119 

Sr  Lucien   119 

Sr  Lucille  303 

Sr   Ludger    120 

Sr    Ludivine    119 

Sr    Ludgarde   58 

Sr    Macaire    120 

Sr    Madeleine    119 

Sr  Madeleine   Angélique    61 

Sr  Madeleine  de  la  Croix 119 

Sr  Madeleine  de  Pazzi 119 

Sr  Madeleine  de  Saint-Joseph  .  .  119 
Sr  Madeleine  du  Calvaire.  .  120,  304 

Sr    Magloire    119 

Sr    Mailhot    125 

Sr  Malcport  124 

Sr  Marceline    119 

Sr   Marcienne    120 

Sr    Marguerite     71,  119 

Sr  Marguerite  d 'Ecosse 120 

Sr  Marguerite  de  St-Joseph  ....  58 

Sr   Marie    119 

Sr  Martial    120 

Sr   Martin    119 

Sr  Martin  de  l'Ascension,  57,248,303 

Sr    Martine 119 

Sr  Maximilien    119 

Sr  Maximilienne   58,  304 

Sr  Mechtilde  du  Saint-Sacrement  303 

Sr  Mélanie  54,  119 

Sr -Michel   119 

Sr    Michel    119 

Sr  Minélas  119 

Sr  Monique    119 

Sr  Narcisse    119 

Sr  Nathalie   57,  119,  303 

Sr  Noël   61 

Sr  Norbert   60,  61,  304 

Sr    Olivier    62 

Sr  Pacifique   119 

Sr  Pacôme   119 

Sr   Papineau    61 

Sr  Paré  M.  Ange 304 

Sr  Patrice 120 

Sr  Patrick  de  l 'Enfant- Jésus .. .  119 

Sr  Paul   119 

Sr  Paul  de  Jésus 120,  304 

Sr  Paul  do  Nicée   58,  304 

Sr   Paul   de   Ste-Marie    60,  304 

Sr   Paul    Miki    120 

Sr   Paul   Suzuki    119 

Sr  Paule    120,  304 

Sr  Pauline   11» 

Sr  Philippe    119 


318 


Table  alphabétique 


8r  Philippe  de  Jésus 119 

8r  Philippe  de  Nérie 60,  119 

8r  Philomène  de  Rome 61,  304 

Sr  Philorum  304 

Sr  Piché   304 

Sr  Pierre 57,  119,  120 

Sr  Pierre  d 'Alcantara    57 

Sr  Pierre   Damien    119 

Sr  Pierre  de  St-Joseph   119 

Sr  Pierre  de  Sienne 59,  304 

Sr  Pierre  d'Yéda   119 

Sr  Pierre  Eucher   59,  304 

Sr  Pierre  Maurice   120 

Sr  Placide    303 

Sr   Pomminville    304 

Sr    Prosper    119 

Sr   Praxède    119 

Sr   Raymond 119 

Sr    Rébecca    304 

Sr    Robertine     120 

Sr  Rodrigue   120 

Sr  Rodrigue?,   119 

Sr  Rose  de  Marie 119 

Sr  Rose  de  St-Dominique 59 

Sr  Rose  du  Calvaire   119 

Sr  Rose  du  Crucifix    119 

Sr  Rose  du  Sacré -œur 119 

Sr   Saint-Clément    62 

Sr   Saint-Donat    125,  304 

Sr   Saint-François   Régis    62 

Sr  Saint-Marc   62 

Sr    Saint-Pierre  de  Damas 62 

Sr    Sainte-Euphosyne    62 

Sr   Samuel    119 

Sr  Saturnin  119 

Sr  Sauvage  304 

Sr  Sauvé  124,  125 

Sr  Scholastique    119 

Sr  Sébastien 119,  120 

Sr   Silvina    119 

Sr   Siméon ; 119 

Sr   Simon    119 

Sr   Soltys    119 

Sr  Sophie   119 

Sr  Sophie   d 'Ancône    120 

Sr   Stanislas 119,  304 

Sr   Suzanne    119 

Sr   Sylvestre    125 

Sr  Symphorien   58,  304 

Sr    Tarcicius    304 

Sr   Tessier    62 

Sr  Théodosie   119 

Sr   Théodore    62 

Sr  Théodule 119,  120 

Sr  Théodule  de  Rome 61,  304 

Sr  Théophile   119 

Sr   Théotiste    119 

Sr  Thérèse  de  Jésus.  .  63,  119,  120 
Sr  Thérèse  de  Notre-Dame,  61,  304 
Sr   Thérèse   de   St-Augustin,   59,  304 

Sr  Thérèse  de  St-Joseph 120 

Sr  Thérèse  Marguerite   119 

Sr  Thomas  de  Jésus 119 

Sr  Tisseur 61 

Sr   Uldéric    119 

Sr   Valentine 119,  248,  304 

Sr  Valérie  de  l'Espérance 119 

Sr  Véronique  du  Calvaire   . .   61,  304 

Sr   Victorin    119 

Sr    Vincent    120 

Sr   Vincent  Ferrier    120,  304 

Sr  Virginie    119 


Sr  Zénaïde   119,  120 

Sr   Zenon    119 

Sr  Zéphyrin    58,  162 

Sr  Zéphirine    119 

Sr  Zite    119 

Sr  Zoé   119 

Sr   Zozime    119 

8t- Amour,    IV 

8t-Amour,  D.  A IV,  108,  149 

St-Amour,  D.  A.   (Mme) 71,  120 

8t-Athanase    59 

St-Aubin,  Damien   (l'abbé),  45,  122, 
233,  237,  271,  303 

St-Cyr   (Magistrat)    167 

St-Denis,  E.  H IV 

St-Denis,   Michel    64,   69 

St-George  Dupré,  Hippolyte  ....    157 

St-Germain,  Hyacinthe   175 

Saint-Jean,  Basile    10 

St-Michel,  J.  B 9,   10 

St-Michel,    Wilbrod     59 

St-Onge,  Adrien    109 

St-Onge,    Nie 10 

St-Pierre,   H.   C.    (l'hon)..    164,   167 

St-Pierre,  M.   (Mlle)    114 

St-Pierrc,   Mlles    106 

Stagui,  8.  E.  Mgr   50 

Starncs,  Henry,  l 'Hon 162 

Sullivan,  E.  H 170 

Sullivan,  J.   H 92,   149,   150 

Sullivan,  John,  59,  169,  170,  234,  236, 
287,   291,   294 

Suite,  B 174 

Surveyer,  Dr 81,  215,  218 

Surveyer,  L.  J.   A 215,   218 

Swanston,  John 31,  123,  184 

Sym,  Rév.  P 133 

T. 

Taillefer,   Joseph    130 

Tarte,    J IV 

Tassé,  Joseph    159 

Tassé,  L.  C.  .  103,  113,  150,  151,  152, 
218,  233,  237,  240,  244,  246,  263 

Tassé,   Mlle    263 

Tassé,    F 123 

Tate,  John   172 

Tellier,    Hilaire     10 

Tessier,  Albert    71 

Tessier,  Alfred    61 

Tessier,  Angélique   57,  62 

Tessier  dit  Lavigne,  Ant 21 

Tessier,    Antoine    20 

Tessier,  Charles 51,  105 

Tessier,  Frs 9,  10,  19,  20,  64 

Tessier,  Ignace 9,  10,  30,  54,  64 

Tessier,   Jean-Baptiste    62 

Tessier,  J.  Bte,  Mme 10 

Tessier,  Jacques   9 

Tessier  dit  Lavigne,  Joseph   ...        9 

Tessier,  Jos 9,  151,  215 

Tessier,  Louis    9,   10 

Tessier,    Marguerite    12 

Tessier,   Pierre    149 

Tétreau,  Hubert-Joseph,  27,  246,  271 
Tétreau,  Ducharme  J.  Bte  ....  27 
Texier  dit  Lavigne,  Ignace,  70,  75,  77 

Thain,  Alexander   75 

Théoret,  Dollard 122,  123 

Théoret,  Eucher    254 

Théoret,   Euclide,  53,   103,  145,   151, 
152,  181,  194 


Théoret,   Rodrigue    254 

Thérien,   0 173 

Thibaudeau,  A.  A 85,  217,  234 

Thibaudeau,  F.  Arthur  (l'abbé)     43, 

45 

Thibault,  Célarine    106 

Thibault,   F.   X 169 

Thibault,  Jos 142 

Thibault,   Louis    69,   172 

Thibert,  Armand 233,  237 

Thibert,    Edmour 113 

Thisdale,    Lucien-O    164 

Tholin,    P 20 

Thomas,   Camile    109 

Tisseur,  F.  X.   (curé) .  .   49,  129,  303 
Tisseur,  J.  Bte,  49,  57,  61,  69,  93,  141 

Tisseur,  Joseph    103,  141 

Tondu  dit  St-Onge,  Antoine   .  .  .   175 

Tondu,  Chs       141 

Tondu  dit  St-Onge,  Mich 20 

Tondu,  J.  B 21 

Tondu,   M 21 

Tondu,  P 21 

Touchette     177 

Touchette,  Martin   ., 106 

Touchette,    Narcisse    69 

Tougos,   Marie- Anne    61 

Toupin,  F.  A.  A.  (l'abbé)   41 

Tourville,  Louis    198 

Tranchemontagne,  J.  R 225 

Tranehemontagne,  Mme   85 

Tremblav,  Edouard 176,  178 

Tremblay,  Isidore..  69,  141,  176,  178 

Tremblay,  J.  D.  8 244 

Tremblay,  Herménégilde   (curé).     42 

303 

Tremblay,   Philippe    176,  178 

Trottier,  Alfred    123 

Trottier,  Bibiane    54 

Trottier,  P.  N 85,  109,  149,  150 

Trudeau,    Arthur    208 

Trudeau,    C.  .    XVI,    176,    208,    217 

218,  233 

Trudel,  Aimé  105 

Trudel,  André   69 

Trudel,  F.  X.  A 161 

Trudel,  Louis,  9,  19,  20,  21,  64,   70, 
80,  99,  172 

Trudel,  l'avocat 168,  169 

Trudel,    Théophile    141 

Trudelle,    Emélie    57 

Trudelle,   Louis    105,  141 

Trudelle,  Théophile   138 

Turcot   178 

Turcot,   Louis    20 

Turgeon,   Jos 175 

Turgeon,  Lt.  Colonel 174 

Turgeon,  P.  H 6 


Vachon,  L 149,  150,  173 

Vaillancourt,  W 263,  303 

Vallée,   Antoine    171 

Vallée,   Elise    106 

Vallée,   Frs 93 

Valiquette,  l'entrepreneur....  82,  83 

Valois,  Marguerite  60 

Vanier,  Guy   122 

Vanier,  J.  E 152 

Vannutelli,  Vincent,  (cardinal).  129, 

130 


Table  alphabétique 


319 


Venne,  l 'architecte    125 

Vérity,  Frédéric   60 

Véronneau,  Emile  (l'abbé)    303 

Vézina,    Dayid    109 

Vézina,  F.  X.  L.  (l'abbé)    41 

Viau,  Ant 150,  193 

Viau,  (curé) ....  21,  29,  81,  246,  271 

Viau,  David 69,  70,  80,  114 

Viau,    Malvina    59 

Viau,  Marguerite   63 

Viau,    Moïse    93 

Viau,    Kégina    106 

Viau,  Stanislas   193 


Viau,  Yvonne   106 

Villeneuve,  J.  0 161 

Vincent,  Commodore   184 

Vincent,  Léon  69,  93 

Vincent,  Trefflé    141 

Vinet,   Aurèle    103 

Vinet,  Benjamin. .  103,  141,  233,  237 

W. 

Wakefield,  Edward  G 158 

Waller,  Wm   XI 

Webb,  Dr  S 133 

Wattier,   J 177 


Wattier,  notaire vill 

Weir,  l 'Hon 201 

Westherston,  E 172 

Weston,  James   83,  84 

Williams  (Général)   XV 

Willis    215 

Wilson,   J 197 

Wilson,  James  . .  100,  134,  150,  152, 

194,  234 

Wilson,   J.   C 134 

Wilson,  J.  0 194 

Wilson,  Robert   134,  142,  172 

Winter,  Francis      XI,  XVI,  193,  226 
Wright,  James    172 


Table  des  gravures 


A.  C.  J.  C 123 

Académie   Saint-Clément    107 

Académie    Saint-Clément    et    ses 

directeurs   111 

Administration   municipale    ....  151 

AUard,  Alphonse  139 

AUard,   Octave    139 

Anciens  professionnels  de  Beau- 

harnois    219 

Anderson,  J.  Kév 132 

Archambault,   Urgel,    (l 'abbé) .  .  39 

Baker,  L.  B 145 

Baker,   W.   A 221 

Banques  de  Beauharnois    188 

Bazinet,  F.  C 219 

Beauchamps,  J.  B.  (l'abbé)   ....  39 

Beaudry,  Louis  et  Ubald   165 

Beauharnois  judiciaire    165 

Beauharnois  politique 159 

Béïque,  F.  L 159 

Beffre,  T 211 

Bélanger,   Louis    165 

Bérard,   P.    (l'abbé)    39 

Bergeron,  J.  G.  H 159 

Bergevin,   A 159,  295 

Bergevin,   C 159 

Bergevin,   Delphis    185 

Bertrand,   Louis- Antoine    84 

Bertrand,    Télesphore    67 

Bisson,  E.  H ■  145,  159,  165 

Bonnier,  G.,   (l 'abbé)    47 

Bonnier,  Antoine    65 

Bonnier,    Damase 101 

Bonnier,   Dr 221 

Borrel,  L.  M.  (l 'abbé)    43 

Bougie,  Jérémie    67 

Bourdon,   W 147 

Bourget,  J.  B.   (l 'abbé)    39 

Bourgie,  H 145,  209 

Bourgie,   P 211 

Boyer,  Antoine   65 

Boyer,  Charles   67,  139 

Boyer,   Eus 147 

Boyer,  H 223 

Boyer,  Henri   101 

Boyer,  J.  B 67 

Boyer,  Joseph   138 

Boyer,   Télesphore    139 

Brais,   Donat    185 

Brais,   Joseph    185 

Brais,  WilUe   186 


Branchaud,  A.  L 213 

Branchaud,  Ath 221 

Branchaud,  C.  H 213 

Branchaud,  François   79 

Branchaud,  J.-Bte    79 

Branchaud,   M 221 

Branchaud,  Moïse    84 

Brazeau,  Louis    67 

Brazeau,  P 153 

Brière,  Omer    139 

Brodeur,  S.  A 165 

Brossoit,  Alfred    221 

Brossoit,  N 221 

Brossoit,   T 221 

Brossoit,  Thomas    145 

Bureau  d 'enregistrement   167 

Caisse,  F.  X.   (l'abbé)    39 

Cartier,  A 211 

Cartier,  G.  E.    (Sir) 159 

Carignan,   J.   0 211 

Caverhill,    J 213 

Cayley,  M 159 

Centenaire   (Après  la  messe)    .  .  259 

"          (La  tente  du  banquet)  265 

"          (Le  banquet)    .  .    273,  277 

'  '          (Les  orateurs)   295 

"  (Religieuses  des  Saints 

Noms   présentes) .  301 

Charest,    T 211 

Charland,  Louis-David    (l'abbé)  30 

Charlebois,  Damase   65 

Charlebois,    H 221 

Charlebois,  J.  B 138 

Charlebois,  Osias    139 

Charrette,   U 211 

Chatillon,  P.  Godin,    (l'abbé)..  39 

Cimetière    93 

Cimetière,  paroissial    94 

Cinquantenaire  de  la  maison  Le- 
duc   &   Fortin 199 

Clément,  Pierre  (l 'abbé)   25 

Commision  scolaire  de  Saint-Clé- 
ment   101 

Conseil  de  ville  de  Maple  Grove.  153 
Conseil  du  village  du  Lac  Saint- 
Louis   155 

Conseillers  de  8t-Clément 139 

Constructeurs  de  l 'église  actuelle  79 

Contant,  J.  E.  (l 'abbé) 43 

Côté,  A.  T 219 

CoaiUard,  David    67 


Crête,  Etienne  XVII 

Couvent  des  SS.  NN.  de  Jésus  et 

de   Marie    115 

Crabtree,   H 203 

Courtney,  H.  C 203 

Dagenais,   Donat    101 

Dagenais,  1 211 

Daignault,  G.  H 120 

Daigneault,  J.  C.  (l'abbé)   39 

Daigneault,   J.   E 211 

Daigneault,   Louis    185 

D 'Aoust,  C 159 

Daoust,  Etienne   139 

Daoust,  Ovila   67 

David,  J 86 

De  Beauharnois,  Marquis VII 

de  Boucherville,  P.  V.  B 219 

DeUsle,  O.  (l'abbé)   43 

De  Lotbinière,  G.  E IX 

Denis,   P 169 

Descarries,  R.  M.  (l'abbé)    39 

Desgroseillers,  A 223 

Deslauriers,  Jos 145 

Deslauriers,  Jos 166 

Deslauriers,  Nare '  146,  209 

Desrochers,  J.  A.  A 185 

Dessaint   197 

Desservants    31 

Dickner,  E 211 

Directrices  du  Couvent 117 

Dorais,   Mgr    236 

Dorais,  Stan 147 

Doutre,  A 209 

Doutre,  E 211 

Doutre,  Jos 221 

Duf resne,  Nicholas  (l 'abbé)    ...     12 

Dupuis,  C.  O;   211 

Duquette,  A 223 

Duranceau,  P.  C 145,  166,  219 

Dussault,  Jean  E 67 

Eehevins  de  Beauharnois 147 

Eglise  actuelle  de  Beauharnois. .     78 

Eglise  anglicane  133 

Eglise  presbytérienne   132 

EUice,  Edouard  (l'hon.)    XII 

Elliott,  J.  K 219 

Emard,  Mgr 246,  296 

Etablissement  J.  B.  Robert  ....  191 
Etablissement  J.  W.  Kilgour  & 

Bros,  Ltd. 196 


320 


Table  alphabétique 


Evêques    7 

Ex-eommissaires  des  écoles   ....   104 

Fortier,  J 147,  211 

Fortin,    Cyp 201 

Fortin,  Louis    221 

Fortin,  Abbé  P 39 

Fortin,  T 221,  395 

Fr.   Adalbertus    107 

Fr.  Bertrand,  L 51 

Fr.  Bourdon,  R 51 

Fr.  Croisetière,  P 111 

Fr.  Daoust,  J 51 

Fr.  Daoust,  L 51 

Fr.  Denis,  W 111 

Fr.   Diekner,  P 51 

Fr.  Dufort,  L.  B 111 

Fr.   Gariépy,   E 51 

Fr.   Hiérom    107 

Fr.   Hiéronymus    107 

Fr.  Larose,  J.  A 111 

Fr.  Leduc,  J.  C 51 

Fr  Lef ebvre  L.  J 51 

Fr.   Maheu,   J.   Z 51 

Fr    Manès-Irénée    51 

Fr.    Maximilien    51 

Fr.   Maximinus    51 

Fr.  Morrisseau,  N 51 

Fr.  Lussier,  0 111 

Fr.   Nethelm    108 

Fr.   Poupart,   A 111 

Fr.    Théoret,   P 51 

Fr.  Raymond,  J.  C 111 

Fr.  Richard,  A.  D 111 

Gadoury,  J.  E.   (  'abbé) 43 

Gagné,  Euclide   197 

Gagné,  Louis  65 

Gagné,    Ovide    67 

Garand,  Isaïe    101 

Gariépy,  Antoine   213 

Gauthier,  J.  E.   (l'abbé)   43,  295 

Gauthier  et  Daoust 86 

Gauthier,  Pierre   138 

Gendron,  Arthur 139 

Gendron,  D 211 

Gendron,   Henri    139 

Gendron,  J.  B 104 

Gendron,  Jérémie   65 

Gendron,  Joseph   67 

Gendron,   N.   A 155 

Gendron,    Paul    65 

Geoffroy,  F.  X.   (l'abbé 39 

Giroux,  F.  X 101 

Gougeon,  Lionel    147 

Gouin,  L,    (Sir)    159 

Goyette,   A 221 

Goyette,  A.  (l 'abbé)    47 

Goyette,  Alph 147,  209 

Goyette,  Ferdinand 67 

Goyette,  H.  A 221 

Goyette,  J.   Arthur    67 

Goyette,  Joseph    65 

Goyette,  Narcisse    65 

Guimond,  C 145 

Guimond,  J.  L.  E 147 

Guimond,   L 221 

Guimond,   0 221 

Grenier,  D.  (l 'abbé)    47 

Groulx,  Edmond   185 

Groulx,   Edmond-Joseph    185 

Hainaiilt,   Alfred    155 

Hainault,    Arthur     139 

Hainault,  Joseph   XVII,  65 


Hainault,  L 221 

Hainault,  Louis 84,  165 

Hainault,  Onésime   65 

Hamcl,  C 209 

Harmonie  de  Beauharnois   255 

Hébert,   A.    (l 'abbé)    47 

Hébert,  Adrien   76 

Hébert,    Auguste    153 

Hébert,   Domina    139 

Hébert,    Frs     153 

Hébert,   Geoffroy    65 

Hébert,  H.   . . . .' 153 

Hébert,    Henri     139 

Hébert,    Rog 147 

Hébert,   Wilfrid    153 

Hervieux,  H 219 

Hommes   d 'affaires  de  Beauhar- 
nois    209,  211,  213 

Hommes  de  profession    223 

Hospice   Saint-Joseph    124 

Howard  Smith  Paper  Mills,  203,  205, 

207 

Huard    197 

Huot,  G 223 

Huot,  J 223 

Intérieur  de  l 'église  actuelle.  ...     87 
Jasmin,  M.  R.  C.   (l'abbé)    ....      32 

Joseph,   0 165 

Julien,  J.  B 71 

Julien,   Jos 71 

Kilgour,  J.  W 197 

Laberge,  Dr  J 221 

Laberge,    Napoléon 139 

Laberge,  Philémon   165 

Lacerte,  J.  A.  (l'abbé)   43 

Lachapelle,  J.  B.   (l'abbé)    ....     43 

Lafortune,   D.    (l'abbé)    43 

Lafrance,   L.    (l'abbé)    43 

Lagacé,  O.    (l'abbé)    43 

Lamoureux     197 

Laplante,  J.  B.  R 219 

Laplante,  W 147 

Lapointe,  A 165 

Latulipe,  Mgr  E.  A 295 

Laurendeau,  J.   C 145 

Laurendeau,  J.  G 145,  219 

Laurin,  Jos 197 

Laurin,  Octave   209 

Lavoie,  L.  A 39 

Leboeuf ,  Alexis  65 

Leboeuf ,  Joseph  141 

Leboeuf,  Paul  65 

Leduc,  A 211 

Leduc,  Aimé    104 

Leduc,   Albini    155 

Leduc-,  André   104,  141 

Leduc,  Antoine    65,   70 

Leduc,  Arthur   155 

Leduc,  Augustin,  B.  P 47,  295 

Leduc,  F 221 

Leduc,  F.  X 67,  104,  211 

Leduc,    Francis     65 

Leduc,   Ferd 145,   201 

Leduc,  G 213 

Leduc,  J.  E 209 

Leduc,  Julien   145,  209 

Leduc,  L.  Z 211 

Leduc,   Z 145 

Lef  ebvre,   Ant 145,   209 

Lef  ebvre,    Arthur    185 

Lefebvre,  Israël    139 

Lefebvre,  J  oseph   67 


Lefebvre,  Olivier   65 

Lefebvre,  Urgel    139 

Legault,   A 211 

Lemay,   E 123 

Lemieux,  Alexis   101 

LeMoyne,  T.  N.  (l 'abbé)   43 

Léonard,  G 145 

Léonard,  J : 219 

Léonard,  J.  G 211 

Limoges,   Alf 147 

Loiselle,   Louis    141 

Lonergan,  J.    (l 'abbé)    39 

Longpré,  J.  G 219 

Lussier,  P.  E.  (chanoine)   33 

Lynch,  J 145 

Maheu,  abbé  E 47 

Maheu,  Léandre   101 

Maheu,   Louis    138 

Mailloux,  abbés  D.  et  G 47 

Mailloux,  H 213 

Maires  de   Beauharnois    145 

Maires  de  Saint-Clément   138 

Maires  de  Saint-Clément  qui  ont 

été  préfets  dn  comté   141 

Malette,  abbé  J 47 

Manny,  D 223 

Manny,  E 211 

Manny,   Nicolas    82 

Manoir    120 

Manseau,  abbé  Antoine    11 

Marchand,  Achille   209 

Marchand,   J 211 

Marchand,  R.  P.  M 47,  295 

Marchand,  Omer  104 

Marchand,  Raoul    213 

Marchand,    René    213 

Marguillers  de  Beauharnois.  .   65,  67 

Marleau,  N 211 

Martel,  J.   H 43 

Mathieu,   Am 147 

Martin,  Cyp 147 

Martin  de  l 'Ascension  (Mère)  . .     55 

Martineau,  abbé   M 39 

Masson,    D 209 

Mayer,  J 219 

Mercier,   H.    (Hon.)     295 

Mercier,  P 223,  295 

Mercier,  Wilfrid  (l'hon)   ..   165,  295 

Miron,  B 145,  211 

Mongeau,   Abbé   J.   L 39 

Montpetit,    Antoine     185 

Montpetit,  A.  N XVI 

Montpetit,   Bénoni    84 

Montpetit,   E ^ 295 

Montpetit,   Euclide    155 

Montpetit,   G 71 

Montpetit,  Gilbert   165 

Montpetit,   Trefflé    141 

Mount,  Bév.  A.  E 133 

Nareau,   W 147 

Navigateurs   de  Beauharnois    .  .   185 

Nepveu,   abbé  D 295 

Nepveu,  chanoine  Théodule.    35,  295 

Olivier,    Th 104 

O  'Sullivan,  J 219 

Ouimet,    (l 'Hon.  G.)    159 

Palais  de  justice  et  prison   ....   165 

Papineau,    L.    J 159,    295 

Paquette,  Luc   84 

Paquette,   Odilon    67 

Paquette,   Théophile    139 

Paré,    Joseph     101 


Table  alphabétique 


321 


Patenaude,    Armand    185 

Patenaude,    Louis    185 

Patenaude,    Olivier    185 

Patenaude,  Toussaint    185 

Patriotes   de   1838    170 

Pelland,  Abbé  F.  X 43 

Perrault,  Abbé  P 39 

Perreault,  Abbé  A 43 

Picard,  Abbé  L.  A 39 

Pieard-Dequoy,  Abbé  L.  A 39 

Pilon,  Adolphe 155 

Pionniers    XVII 

Plan  de  la  paroisse   15 

Plante,   A 159,  295 

Plante,    M 159 

Poirier,  Emery    185 

Poitras,  F.  X 79 

Poitras,   W 295 

Prégent,  Joseph    65 

Prégent,  Joséphine   XVII 

Prégent,  Léon   185 

Première  église  de  Beauharnois.  73 

Presbytère    90 

Prêtres  nés  à  Beauharnois.  .    47,  49 

Prieur,  Abbé  J.  E 43 

Primeau,  A.  E 145,  219 

Primeau,   Adolphe    153 

Primeau,  J.  B 145 

Primeau,  L 147 

Primeau,  Louis   138 

Primeau,   Nap 147 

Primeau,  Abbé  V 43 

Prud  'homme,  J.  M 165 

Prud  'homme,  L.  A 165,  219 

Provost,   Abbé   A 43 

Quintal,    Abbé    Michel     27 

Racine,  l 'hon.  A 159 

Rapport   d 'école    97 

Reed,   W 213 

Reid,    Antoine     67 

Religieuses    de    Beauharnois,    55,  63 

Religieux  nés  à  Beauharnois  ....  51 

Renaud,  l 'hon.  L 159,  209 

Restaurateurs  de  l 'église   86 

Robert,    Ad 211 

Robert,  E.  A. 159,  213 

Robillard,  U.  J 145,  159 

Robinault,   F 211 

Rodier,    C.   S 209 

Rolland,  l 'hon.  D 159 

Rolland,  Abbé  L 43 

Boss,  W 211 


Roussin,  Abbé  J.  0 43 

Roy,  And 147 

Roy,  B.  de  B 221 

Roy,  H 147,  211,  2Ï9 

Roy,  J.  B 104,  147,  211 

Sabourin,    M 219 

Sacristains     71 

Sauriol,  Abbé  F.  X 39 

Scènes  de   vie  paroissiale   à  St- 

Clément 127,  219 

Seers,   L.   A 145,   219 

Seigneurie   de   Beauharnois  sous 

les  Ellice   XIII 

Seigneurs  de  Beauharnois VII 

Seigneurs  de  Lotbinière    IX 

Smith,    Howard     203 

Sr    Adhémar    55 

Sr  Agnès  de  Jésus 63 

Sr   Albertine    117 

Sr  Ambroise   de  Sienne    55 

Sr    Arthur    117 

Sr   Cécile    117 

Sr   Céline    55 

Sr    Damase     117 

Sr  de  Bon  Secours 117 

Sr  de  le  Conception   120 

Sr  de  la  Présentation   117 

Sr  de  Saint  François  d'Alverne.     63 

Sr  des  Sept-Douleurs 120 

Sr   du   Crucifix    55 

Sr  du  Saint-Esprit   117 

Sr  du  Saint  Nom  de  Jésus   ....   117 

Sr   Elizabeth    117 

Sr    Eueher    55 

Sr   Eudoxie    55 

Sr   Eugénie    117 

Sr    Euphrasie   ' 117 

Sr    Gertrude    63 

Sr    Goyette     55 

Sr    Guimond    55 

Sr  Henri  de  Citeaux   55 

Sr   Hyacinthe    55 

Sr  Irénée    55 

Sr    Joseph     55 

Sr   Jude    120 

Sr   Laurence    55 

Sr  Léonie   55 

Sr  Louis  Bertrand   55 

Sr  Louise   117 

Sr   Louise   Emélie    55 

Sr   Marguerite   de   8t-Joseph    .  :     55 


Sr    Maximilienne     55 

Sr    Michel    117 

Sr   Modeste    55 

Sr   Norbert    55 

Sr  Paul  de  Nicée    55 

Sr   Pierre    55 

Sr  Pierre  d 'Alcantara    55 

Sr  Pierre  de  Sienne   55 

Sr   Rose   de   Viterbe    55 

Sr    Seholastique    117 

Sr    Stanislas    117 

Sr  Symphorien    55 

Sr  Thérèse  de  Jésus   117 

Sr    Valentine     117 

Sr   Véronique    117 

St.  Amour,  D.  A 104 

St.   Aubin,   Abbé   D 43 

St  Onge,  Antoine XVII 

Sullivan,  John 115,  221,  295 

Surveyer,  J 219 

Surveyer,  L.  J.  A 213 

Syndics    de    1871    84 

Tassé,  L.  C 147,  223,  295 

Théoret,    E 197 

Théoret,    Eug 145 

Thibaudeau,  A.  A 211 

Thibaudeau,  F.  A.,  abbé   43 

Thibault,  Louis  XVII 

Tisseur,  F.  X 47 

Tisseur,  J.   B 67 

Tisseur,   Jean-Baptiste    65 

Tisseur,   Joseph    101 

Toupin,  Abbé  A.  A 39 

Tremblay,   Abbé   H 43 

Trudeau,  J.  C 223 

Trudel,    André    67 

Trudel,  l'hon.  F.  X.  A 159 

Trudel,   Loui» 65 

Trudel,    Théophile    138 

Vachon,    L 209 

Vallé,    François    139 

Vézina,  Abbé  F.  X.  L 39 

Viau,   David    65 

Viau,    Stanislas    101 

Vicaires    39,    43 

Vincent,    Léon    67 

Vincent,  Trefflé    138 

Vinet,   Aurèle    101 

Vinet,   Benamin    138 

Vues  de  Beauharnois  227 

Wilson,   J 197 

Wilson,  J.  W 145 


^ 


Le  papier  {Velour  Art)  sur  lequel  est 
imprimé  cet  ouvrage  est  un  don  de  la  Com- 
pagnie Howard  Smith  Paper  Mills  Limited, 
138,  rue  McGill,  Montréal.  (Moulins  à 
Beauharnois.) 


Le  volume  a  été  imprimé  aux  ateliers  de 
la  Compagnie  d' Imprimerie  d'Ottawa,  3,  5, 
rue  Mosgrove,  Ottawa. 


Les  photographies  reproduites  dans  ce 
volume  sont,  pour  la  plupart,  l'œuvre  de 
M.  Élie  Gendron,  photographe,  Beauhar- 
nois. 


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